DES FEMMES AUTOCHTONES RÉAGISSENT AUX PROJETS DU SERVICE DES FORÊTS DES ETATS-UNIS VISANT À VIDER DE LEUR CONTENU LES PROTECTIONS DE LA FORÊT NATIONALE DE TONGASS, EN ALASKA

Par le Réseau International des Femmes pour l’Action pour la Terre et le Climat (WECAN)

[Women’s Earth and Climate Action Network International]
osprey@wecaninternational.org
Sur Censored News
26 septembre 2020

SAN FRANCISCO BAY AREA, Californie – Alors que des incendies incontrôlés ravagent la Forêt Amazonienne et les états de l’ouest des Etats-Unis – et que la crise climatique et la dégradation de l’environnement ne cessent de s’accroîtrent – les efforts pour supprimer les protections de l’environnement continuent de s’étendre. Actuellement, le Service des Forêts des Etats-Unis (USFS) intensifie les projets de renversement de protections existant depuis longtemps contre l’exploitation forestière et la construction de routes dans la Forêt Nationale de Tongass, en Alaska. Aujourd’hui, l’USFS a annoncé une Déclaration d’Impact Environnemental Définitive (FEIS – Final Environmental Impact Statement) et a fait un pas de plus pour exempter la forêt de Tongass, connue comme la « forêt climatique » de la nation, de la Règle Nationale de non-construction de Routes, obtenue par un dur combat.

La Règle Nationale de 2001 établit la prohibition de construction de routes dans les Forêts Nationales des Etats-Unis, mettant fin à des décennies d’exploitation forestière. En octobre 2019, le Service des Forêts a publié son plan pour abroger la Règle de non-construction de routes dans le Tongass. Cette exemption devrait supprimer les protections sur plus de 36 000 km² du Tongass, ce qui affaiblirait dangereusement les standards nationaux en permettant aux lobbies de l’exploitation forestière de percer des routes au bulldozer, d’accélérer le développement de l’exploration minière, et de couper des arbres anciens dans des zones du Tongass qui sont hors limites depuis des décennies.

L’exemption proposée est le dernier exemple en date du racisme environnemental envers les communautés Autochtones des Etats-Unis. Le Tongass se trouve à l’intérieur des territoires traditionnels des peuples Tlingit, Haida et Tsimshian. Protéger la forêt est crucial pour assurer la sécurité alimentaire dans les communautés Autochtones et combattre des siècles de politiques coloniales visant à déplacer les peuples Autochtones de chez eux. Si c’est approuvé, ça perturbera les modes de vie traditionnels, les médicaments et les systèmes d’alimentation des communautés Autochtones de la région ; ça violera la souveraineté Autochtone et mettra en danger leur survie culturelle. En juillet 2020, neuf tribus du sud-est de l’Alaska ont présenté une pétition pour préserver la Règle Nationale contre la construction de routes, et leurs territoires et foyers traditionnels.

En tant que plus grande forêt vierge tempérée intacte, le Tongass abrite plus de 400 espèces sauvages terrestres et marines, et fournit des opportunités économiques à des milliers de résidents. Alors que l’Alaska subit des températures record, maintenir intact l’écosystème du Tongass est une solution cruciale pour les problèmes climatiques des Etats-Unis et du reste du monde. Les climatologues sont d’accord : les forêts sont cruciales pour stabiliser le climat, absorber le carbone et fournir un refuge pour conserver des écosystèmes à la biodiversité unique.

Dans 30 jours, l’USFS publiera un Rapport de Décision qui finalisera son projet d’éliminer la Règle contre la construction de routes de la Forêt Nationale de Tongass. Cependant, la protection et la continuation de la Règle est toujours soutenue par le public. Quand le Service des Forêts a proposé de supprimer les protections pour la première fois, il y a eu plus de 250 000 commentaires soumis dans tout le pays, et 96% des commentaires jugés uniques étaient pour le maintient de la Règle contre les routes.

En réponse à la Déclaration Finale d’Impact Environnemental, les Représentantes du Tongass au WECAN ont publié les déclarations suivantes :

« Je m’appelle Kashudoha Wanda Loescher Culp ; Je suis Tlingit, Autochtone de la Forêt Nationale de Tongass, dans le sud-est de l’Alaska, je suis chasseuse, pêcheuse et cueilleuse des cadeaux de la Nature. Je suis aussi coordinatrice du Tongass pour WECAN International, et je m’exprime contre les effets hors de proportion pour ma communauté, causés par la domination des corporations industrielles sur la gouvernance fédérale et celle de l’état, afin de favoriser la saisie massive de ressources naturelles et publiques sur des terres Autochtones. Les recommandations du gouvernement Trump d’abroger la Règle de 2001 est un abus sournois de l’autorité du Congrès et la bataille continuera. La pandémie de COVID a ouvert les yeux sur les effets dégoûtants que l’industrie a sur nos vies et sur tout le vivant. Quand « le peuple » s’investit, les communautés ont le pouvoir et la décision pour contrôler les environnements menacés et les économies en notre sein. Nous nous levons à nouveau pour demander que non seulement la Règle soit maintenue telle quelle, mais nous voulons aussi que la Règle contre les routes soit codifiée en une loi fédérale. Toutes les voix Autochtones du Tongass doivent être entendues, et les Peuples Autochtones du monde entier doivent participer à la prise de décision quand il s’agit de créer des solutions pour la survie même de tous. » Kashudoha Wanda Loescher Culp, Tlingit, activiste et coordinatrice du WECAN.

« Je m’appelle Rebekah Sawers, je suis Yupik et ma famille est de la baie de Hooper, en Alaska. Je parle au nom de la plupart des gens de l’Alaska quand je dis que la Règle contre la construction de routes ne doit pas être abrogée. Actuellement, la Règle est en place depuis 20 ans, protégeant les arbres de l’exploitation forestière massive, et permettant à la forêt de guérir. Il est important que cette terre reste sauvage et libre. Je ne parle pas seulement pour ma fille, je me bats pour tous les 70 000 frères, sœurs, grands-pères et grand-mères qui vivent dans le Tongass. Je suis pour l’alternative de NE RIEN FAIRE, et je dirai fort et fièrement que nous protégeons notre forêt et que nous devons le dire, l’écrire, l’envoyer par email et le partager, à nos sénateurs et au Ministre de l’Agriculture Sonny Purdue. Nous devons faire savoir que ce qu’ils font est mal et les tenir pour responsables ! Nous le pouvons [We Can] ! » Rebekah Sawers, Yupik, étudiante et Représentante du WECAN pour le Tongass.

« La recommandation de la Déclaration Finale d’Impact Environnemental est scandaleuse et ne représente pas les gens. Je suis Tlingit de la Forêt de Tongass. En tant que Peuple de la Forêt, Peuple de la Mer, nous devons parler pour les petits-enfants de nos enfants, pour protéger cette terre que nous appelons chez nous, et le climat. Les effets des opérations forestières industrielles du siècle dernier par tous ceux qui y ont participé, ont impacté négativement et hors de proportion la terre et les eaux que nous, Tlingit, avions préservées avec succès à travers les temps. Vu que la plupart de gens de l’Alaska sont d’accord, je veux que la Règle contre la construction de routes soit maintenue. » Adrien Nichol Lee, Tlingit, Présidente du Camp 12 des Sœurs Autochtones d’Alaska, Représentante du WECAN pour le Tongass.

« Je suis une Autochtone de la Nation Tlingit, de L’uknaxh.ádi, le Clan du Saumon Coho, sous le groupe du Corbeau de la Maison de la Grenouille. Je suis profondément enracinée dans cette terre depuis des milliers de générations comme gardienne de cette terre. Selon nos anciens, nous sommes ici depuis des temps immémoriaux et je suis les traces de pas de mes ancêtres. L’actuelle Règle contre la construction de routes doit être renforcée, pas allégée. Nous devons garder le Tongass hors de mains du gouvernement Trump qui s’apprête à supprimer les protections. Dans le Tongass, il y a d’innombrables populations de poissons et de gibier, et des opportunités de loisirs et de commerce incomparables. La pêche et le tourisme sont des industries qui valent des milliards, c’est sur quoi sont fondées les économies du sud-est de l’Alaska. Ça affecte nos droits culturels et Autochtones de protéger Haa Aani, Notre Pays. Je suis une forte femme Tlingit, soutenant le Tongass, m’exprimant pour les Aas Kwaani, le Peuple des Arbres, et je continuerai à me battre pour le Tongass, malgré la décision du gouvernement de soutenir l’industrie contre les gens. C’est notre façon de vivre que de nous battre pour nos droits Autochtones en tant qu’Êtres Humains qui vivent dans la Forêt et la Marée, les Tlingit. » Kari Ames, Tlingit, Guide de l’Héritage Culturel des Voix Autochtones d’Alaska, Représentante du WECAN pour le Tongass.

« Les crises enchevêtrées du COVID-19, du racisme structurel et la crise climatique, demandent de cesser le ‘business as usual’ et que nous placions les gens et la planète avant le profit. Nous devons protéger la Forêt Vierge de Tongass en Alaska, un écosystème forestier ancien, sacré pour les Peuples Tlingit, Haida et Tsimshian, et crucial pour leur survie culturelle et pour notre bataille globale contre le chaos climatique. La dernière Déclaration d’Impact Environnemental du Gouvernement Trump suit des décennies de modèles économiques coloniaux extractivistes, qui ont conduit à l’exploitation forestière à l’échelle industrielle – détruisant le précieux écosystème du Tongass, qui a été surnommé la ‘Forêt Climatique de l’Amérique’. Maintenant que des tentatives sont faites pour supprimer les dernières protections, les solutions et les voix de ceux qui sont sur les lignes de front ne pourraient être plus importantes. Le WECAN soutient les dirigeantes Autochtones d’Alaska pour dire non à de nouvelles dégradations de leurs territoires, et oui au maintient de la présente Règle contre la construction de routes. Nos forêts naturelles sont les poumons essentiels de la Terre. » – Osprey Orielle Lake, Directrice Exécutive du Réseau des Femmes pour l’Action pour la Terre et le Climat (WECAN International – Women’s Earth and Climate Action Network).

www.wecaninternational.org – @WECAN_INTL

Le 26 septembre 2020

OWE AKU INTERNATIONAL JUSTICE PROJECT
Également publié sur Censored News
26 septembre 2020
Traduction Christine Prat

Déclaration d’Owe Aku concernant notre dirigeante Debra White Plume

Beaucoup d’entre vous nous ont consulté à propos de la santé de Debra White Plume et nous désirons vous informer sur son état. Les médecins ont découvert une grosseur à un poumon et quelques grosseurs dans son abdomen. Vu la gravité de cette découverte, les docteurs ont décidé de commencer une chimiothérapie et des rayons avant même de recevoir les résultats de la biopsie de la Clinique Mayo. Debra a suffisamment de confort et est entourée de sa famille élargie, et elle a déclaré que les « médicaments anti-nauséeux marchaient vraiment bien. » Owe Aku, particulièrement l’Ama’s Freedom School, continuent de fonctionner et Debra y participe, comme toujours, avec sa sagesse et ses conseils, et nos jeunes dirigeants s’efforcent de remplir le vide créé par sa maladie. Nous continuons à être encouragés par les prières et la chaleur des messages venus du monde entier, et nous sommes reconnaissants à tous nos soutiens, amis, alliés et plus particulièrement au tiyospaye.

Pour ceux qui veulent aider, les dons, argent ou fournitures, peuvent être envoyés à la résidence temporaire de Debra, près de l’hôpital de Rapid City.

Debra White Plume
3813 Parkview Dr.
Rapid City, SD 57701

Quelques recommandations pour les dons:

  • Aide pour le loyer d’une maison médicalisée. Plutôt que de faire 350 km par semaine pour les rendez-vous et le traitement, Debra a trouvé une maison à louer près de l’hôpital de Rapid City, dans le Dakota du Sud.
  • Payer les frais de la maison (électricité, internet, téléphone).
  • Payer l’essence pour le transport et le coût des soignants.
  • Des bons-cadeaux de Walmart, Target ou Safeway pour acheter de la nourriture de régime à base de plantes, les ustensiles pour la tenue de la maison et les objets personnels nécessaires.
  • Payer un service de livraison de nourriture pour soulager les aidants de la préparation de repas : à Rapid City, Grub hub.

Pour plus d’informations, contacter oweakuinternational@me.com . Wopila.

Photo by Ryan Vizzions Standing Rock NO DAPL

DES MEMBRES DU CONGRÈS, DES TRIBUS, DES GOUVERNEMENTS D’ÉTATS, SE JOIGNENT OFFICIELLEMENT POUR APPELER À FERMER L’OLÉODUC DAKOTA ACCESS

Maintenant, 24 membres du Congrès, 27 Tribus et organisations Tribales, et 29 gouvernements d’états,    soumettent des mémoires soutenant le combat de la Tribu Sioux de Standing Rock contre l’oléoduc.

Nous sommes reconnaissants que tant de membres du Congrès, de Tribus et de gouvernements rejoignent la Tribu Sioux de Standing Rock pour dire ‘non’ au DAPL. Ces dirigeants comprennent que la Tribu Sioux de Standing Rock ait le droit de rejeter un oléoduc passant à travers ses terres – Jan Hasselman, Avocat, Earthjustice.

Par Earthjustice
Censored News
23 septembre 2020
Traduction Christine Prat

WASHINGTON, D.C. – Des membres du Congrès, des Tribus, et des gouvernements d’états, ont remis ce jour des mémoires soutenant la fermeture de l’oléoduc Dakota Access à la Cour d’Appel du Circuit de D.C.

Les mémoires viennent après qu’un juge fédéral ait statué en juillet 2020 que l’oléoduc violait la loi fédérale et ait ordonné sa fermeture en attendant une déclaration d’impact environnemental évaluant les impacts que le DAPL aurait pour la Tribu Sioux de Standing Rock. L’affaire est actuellement en appel devant le tribunal du Circuit de D.C., qui a programmé une audience pour le 4 novembre 2020.

Ce qui suit est une déclaration de Jan Hasselman, l’avocat de Earthjustice, qui représente la Tribu Sioux de Standing Rock dans son combat contre le DAPL:

« Nous sommes reconnaissants que de nombreux membres du Congrès, de Tribus et de gouvernements d’états soient aux côtés de la Tribu Sioux de Standing Rock pour dire ‘non’ au DAPL. La décision si le DAPL doit continuer est finalement une décision politique, et ces dirigeants comprennent que la Tribu Sioux de Standing Rock a le droit de rejeter un oléoduc passant à travers ses terres. »

Mémoire présenté par des Membres du Congrès (en anglais)

Chambre des Représentants

Raúl M. Grijalva, Representative of Arizona
Nanette Diaz Barragán, Representative of California
Earl Blumenauer, Representative of Oregon
Bonnie Watson Coleman, Representative of New Jersey
Gerald E. Connolly, Representative of Virginia
Adriano Espaillat, Representative of New York
Ruben Gallego, Representative of Arizona
Jesús G. “Chuy” García, Representative of Illinois
Jimmy Gomez, Representative of California
Deb Haaland, Representative of New Mexico
Jared Huffman, Representative of California
Alan Lowenthal, Representative of California
Gwen Moore, Representative of Wisconsin
Grace Napolitano, Representative of California
Eleanor Holmes Norton, District of Columbia
Delegate Alexandria Ocasio-Cortez, Representative of New York
Chellie Pingree, Representative of Maine
Darren Soto, Representative of Florida
Jackie Speier, Representative of California
Nydia M. Velázquez, Representative of New York

Sénat

Jeffrey A. Merkley, Senator of Oregon
Tom Carper, Senator of Delaware
Elizabeth Warren, Senator of Massachusetts
Ron Wyden, Senator of Oregon

Mémoire présenté par des Tribus et organisation Tribales (en anglais)

Tribal Governments

Bay Mills Indian Community
Confederated Salish and Kootenai Tribes of the Flathead Reservation
Confederated Tribes of the Umatilla Indian Reservation
Hoonah Indian Association
Kickapoo Tribe of Indians of the Kickapoo Reservation in Kansas
Little River Band of Ottawa Indians
Little Traverse Bay Bands of Odawa Indians
Lower Brule Sioux Tribe
Lumbee Tribe of North Carolina
Lytton Rancheria of California
Miccosukee Tribe of Indians of Florida
Nez Perce Tribe
Nottawaseppi Huron Band of the Potawatomi
Ponca Tribe of Nebraska
Pueblo of Tesuque, New Mexico
Red Lake Band of Chippewa Indians
Sault Ste. Marie Tribe of Chippewa Indians
Stockbridge-Munsee Community
Winnebago Tribe of Nebraska
Yurok Tribe

Tribal Organizations Affiliated

Tribes of Northwest Indians
Association on American Indian Affairs
Great Plains Tribal Chairmen’s Association
Inter-Tribal Association of Arizona
Midwest Alliance of Sovereign Tribes
National Congress of American Indians Fund
United South and Eastern Tribes Sovereignty Protection Fund

Mémoire présenté par des gouvernements d’états (en anglais)

Massachusetts, California, Connecticut, Delaware, Illinois, Maine, Maryland, Michigan, Nevada, New Jersey, New Mexico, New York, Oregon, Rhode Island, Vermont, and Washington, and the District of Columbia, the Territory of Guam, and Harris County, Texas.

Par Brenda Norrell
Exclusivité Censored News
©Censored News
15 septembre 2020
Traduction Christine Prat

WINDOW ROCK, Arizona – Des Navajos sont déjà utilisés pour des transfusions de plasma au coronavirus par des chercheurs de l’Université Johns Hopkins, financés par le Ministère de la Défense des Etats-Unis.

Les transfusions controversées, qui ne sont pas approuvées par la FDA [Food and Drug Administration – supposée surveiller et autoriser ou non les produits alimentaires et les médicaments], sont déjà en cours, effectuées sur des Navajos dans les hôpitaux du Service de Santé Indien [IHS] à Shiprock, dans la partie de la Réserve Navajo au Nouveau-Mexique, et à Gallup, Nouveau-Mexique, à l’hôpital du Service de Santé Indien. La Nation Navajo l’a confirmé.

Jill Jim, directrice exécutive du Service de Santé Navajo, a répondu aux questions de Censored News mardi soir [15 septembre 2020].

« L’Université Johns Hopkins a reçu des fonds pour ces transfusions expérimentales. Des fonds du Ministère de la Défense et de la Fondation Bloomberg, pour effectuer ces essais cliniques, supervisés par la FDA » dit-elle à Censored News.

Les transfusions de plasma contenant le coronavirus à des Navajos n’ont pas été connues du grand public, jusqu’à ce que le gouvernement Navajo encourage des Navajos à se porter volontaire pour un deuxième projet de recherche médicale controversée, l’expérimentation de vaccins contre le coronavirus.

Les deux projets sont menés par l’Université Johns Hopkins, et non par le Service de Santé Indien. L’IHS est partenaire des expériences médicales, a dit le Service de Santé Navajo à Censored News.

Cependant, l’IHS n’a pas répondu à la question de Censored News, à savoir si le Service est effectivement partenaire des expériences médicales sur des Navajos.

En bref, l’Université Johns Hopkins se livre à de la recherche expérimentale sur des Navajos, elle a reçu des fonds du Ministère de la Défense en juillet [35 millions de dollars] pour effectuer les transfusions de plasma. Tout cela soulève des questions troublantes sur le fait que des Navajos soient utilisés pour la recherche sur le coronavirus, financée par le Ministère de la Défense et des firmes pharmaceutiques.

Le Président Navajo Jonathan Nez a dit vendredi que l’expérience sur les vaccins – Etude COVID-19 Pfizer BioNTech – serait dirigée par le Centre Johns Hopkins pour la Santé Amérindienne à Chinle, Arizona, à Shiprock, Nouveau-Mexique, les deux se trouvant dans la Réserve Navajo, et à Gallup, au Nouveau-Mexique.

La firme pharmaceutique Pfizer a son siège à New-York, la firme BioNTech en Allemagne.

Les risques associés à la recherche expérimentale ne sont pas toujours expliqués aux participants. Ce sont souvent les plus vulnérables qui sont visés, surtout quand la recherche peut se dérouler en secret. La question est toujours de savoir si les participants ont donné leur accord en étant totalement informés.

L’Université Johns Hopkins était responsable de contamination d’Autochtones du Guatemala avec des MST, au cours de recherche médicale secrète, dans les années 1940. Il a fallu des décennies avant que la vérité soit dénoncée, et l’affaire est actuellement devant les tribunaux des Etats-Unis.

Les transfusions de plasma contenant le coronavirus ne sont pas approuvées par la FDA

Le plasma est prélevé sur des gens qui ont eu le coronavirus et ont guéri. Il est injecté à des gens qui ont une forme bénigne de la maladie, ou à des gens qui ont été exposés au virus. On n’en a pas beaucoup parlé dans les médias du pays Indien.

La FDA n’a pas approuvé les transfusions, mais les a autorisées dans la mesure où il n’y a pas de traitement prouvé efficace. Ça reste dans la phase expérimentale.

Le Service de Santé Navajo dit à Censored News : « Le plasma de convalescents est une thérapie prometteuse, approuvée pour le traitement de patients atteints de COVID-19 hospitalisés. » Il dit aussi : « Le but de ces études est de déterminer si le plasma de convalescent marche sur des malades atteints de forme bénigne et empêche de développer une forme plus grave, et si ça peut empêcher des gens de tomber malade après avoir été en contact avec quelqu’un qui a la maladie. »

L’expérimentation de vaccins dans les hôpitaux Navajo est la prochaine phase

L’expérimentation de vaccins, le deuxième projet controversé, a été approuvé par la Nation Navajo. Le Président Navajo Jonathan Nez encourage les Navajos à se porter volontaire.

Des experts médicaux font remarquer que le vaccin de Pfizer BioNTech produit de la fièvre et des frissons comme effets secondaires. Il y a aussi le risque que le vaccin aggrave la maladie.

Le Service de Santé Navajo a déclaré que l’étude était menée par l’Université Johns Hopkins en partenariat avec les centres de santé de l’IHS. Cependant, quand Censored News a contacté l’IHS, ses représentants ont pris leurs distances avec le projet, disant de s’adresser à la Nation Navajo et à Johns Hopkins.

Ce qui est clair, c’est que des expériences sur le coronavirus sont effectuées dans les hôpitaux de l’IHS de la Nation Navajo et à l’hôpital de l’IHS dans la ville-frontière de Gallup, au Nouveau-Mexique. [Ici, ‘ville-frontière’ signifie à la frontière de la Réserve Navajo].

Censored News a demandé si la Nation Navajo bénéficierait financièrement des expériences. Le Service de Santé Navajo dit qu’aucun des partenaires de l’étude dans la Nation Navajo n’avait d’intérêt financier dans le vaccin. Les participants à l’étude recevraient une compensation pour leur temps.

Censored News a aussi demandé si la Nation Navajo était responsable au cas où le vaccin entrainerait des maladies, des handicaps ou des morts. Le Service de Santé Navajo a répondu que « la Nation Navajo n’est pas responsable. Les participants signent un formulaire de consentement, ce qui explique que le sponsor (BioNTech/Pfizer) couvre les frais de traitement rendus nécessaires par un accident de la recherche. »

Le Service de Santé Navajo dit aussi : « Les participants sont soumis à un processus complet d’accord informé pour s’assurer qu’ils comprennent ce que l’étude implique, les risques et les bénéfices, et la participation est volontaire. »

Les réponses aux questions de Censored News ont été faites par Jill Jim, directrice exécutive du Service de Santé Navajo. Jill Jim dit que les réponses avaient été faites en coordination avec Laura Hammitt, directrice des Programmes sur les Maladies Infectieuses du Centre Johns Hopkins pour la Santé Amérindienne.

Une firme pharmaceutique avait déjà essayé de profiter du hantavirus dans la Nation Navajo

Ce n’est pas la première fois que les Navajos sont visés par des firmes pharmaceutiques. En 1993, une tentative de pression sur le Conseil de la Nation Navajo a eu lieu, pour qu’ils acceptent de stocker du Ribavirin pendant l’épidémie de hantavirus. La membre du Conseil Genevieve Jackson a empêché le stockage. L’origine inexpliquée du hantavirus, suivie de la tentative d’une compagnie pharmaceutique d’en profiter, a causé un tollé chez les Navajos, qui ont dit qu’ils en avaient assez d’être utilisés comme cobayes de la recherche médicale. L’affaire a mis au grand jour les complicités des lobbyistes du Congrès, des politiciens et des firmes pharmaceutiques.

Le Service de Santé Indien – IHS – a une longue histoire de violations des droits des patients et est entre autres responsable de la stérilisation de femmes Autochtones contre leur volonté, au cours du 20ème Siècle.

L’Université Johns Hopkins a effectué des recherches médicales dans les hôpitaux de l’IHS dans la Réserve Navajo pendant des décennies, au moins depuis le début des années 1980.

D’après ce qu’ils avouent sur leur site, l’Université Johns Hopkins a commencé ses recherches en 1980, sur les Apaches de White Mountain, puis a continué dans la Réserve Navajo. Actuellement, ils disent être engagés dans le traçage du coronavirus et de la sérologie.

***

Sur l’auteure : Brenda Norrell, éditrice de Censored News, a commencé sa carrière de journaliste au Navajo Times, pendant les 18 ans où elle a vécu dans la Nation Navajo. Elle a été pigiste pour Associated Press et USA Today, écrivant sur la Nation Navajo et les tribunaux fédéraux. Après avoir été longtemps reporter pour Indian Country Today dans le Sud-ouest, elle a été censurée et licenciée en 2006. Elle a été journaliste en Pays Indien pendant 38 ans et a un master en santé internationale.

Article ©Brenda Norrell, Censored News, ne peut être reproduit sans autorisation. Vous pouvez partager le lien.

Ofelia Rivas est la fondatrice de Voix O’odham Contre le Mur et elle porte de la nourriture du côté sud de la frontière pendant la pandémie.

O’odham VOICE Against the WALL
Par Censored News
14 Septembre 2020
O’odham Solidarity Website
Traduction Christine Prat

En mai 2002, Ofelia Rivas a collecté ses propres fonds pour participer au premier et aux quatre forums consécutifs, du Forum Permanent des Nations Unies pour les Questions Autochtones à New-York, pour donner des informations sur les violations des droits humains dans les communautés O’odham le long de la frontière Etats-Unis/Mexique.

Après le 11 septembre 2001, la Patrouille des Frontières des Etats-Unis a commencé à commettre des attaques violentes persistantes contre les O’odham et imposé des restrictions aux droits des O’odham de traverser librement la frontière par les trajets O’odham traditionnels.

Après avoir épuisé diverses possibilités locales, Ofelia a fait campagne continuellement dans les médias pour que les O’odham et autres peuples traditionnels vivant des deux côtés, passent la frontière pour les cérémonies.

Il s’en est suivi un blackout total des médias par les autorités, mais Voix O’odham Contre le Mur a invité le New York Times, le Los Angeles Times, et, à l’international, le Guardian et Reuters à venir sur la petite terrasse d’Ofelia pour parler de ces questions de violations des droits humains, de restriction de la mobilité, du déplacement et des arrestations et déportation de O’odham à l’intérieur des territoires O’odham traditionnels.

Un petit groupe a protesté contre l’arrivée de plus d’agents de la patrouille des frontières et le point de contrôle illégal à la frontière est de la Nation Tohono O’odham.

Voix O’odham Contre le Mur est un petit groupe de gens traditionnels de la base. Ofelia les a représentés aux Nations Unies, mais aussi en Bolivie, au Sommet Mondial Autochtone sur le Changement Climatique, où elle a été distinguée et a fait partie d’un groupe de 7 présidents chargés d’écrire les Droits de Notre Mère la Terre, un texte présenté aux Conseil Général des Nations Unies par le Président Bolivien Evo Morales.

En 2010, Ofelia a participé à la Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique, à Cancun, au Mexique, où les Etats-Unis ont empêché tous les observateurs inscrits d’assister à toute la session.

Après Standing Rock, Ofelia a été déléguée à la Session Générale de la Commission Mondiale sur les Droits Humains, en Jamaïque, pour présenter les impacts de la militarisation dans les territoires des communautés Autochtones, et les attaques comme celles contre les terres O’odham et le rassemblement de prières pacifique à Standing Rock.

Plus récemment, il y a des projets de soutien continu aux O’odham vivant le long de la frontière U.S./Mexique, comme des livraisons de nourriture vitales et des voyages pour remettre des documents aux gouvernements locaux, pour les informer de la maltraitance et des intrusions continuelles dans les communautés, et des attaques dangereuses contre les O’odham.

Ofelia n’est soutenue que part des amis et soutiens de longue date. Voix O’odham Contre le Mur et le Collectif de Femmes O’odham soutiennent la livraison annuelle de jouets. Ces organisations sont à but non-lucratif. Tous les dons sont gérés et utilisés uniquement au profit des O’odham.

Dans cet article, nous témoignons du travail local et international d’Ofelia Rivas, fondatrice de Voix O’odham Contre le Mur.

En ces temps critiques de pandémie et de dangereux conflit à propos d’activités illégales à la frontière, de nombreuses organisations ont commencé à imiter notre travail de si longtemps et à créer des sites de collecte de fonds sur internet. Ces nouvelles organisations ne travaillent pas avec ou en association avec les habitants locaux ni avec les gens vivant dans les territoires O’odham touchés.

Nous vous demandons de faire les dons que vous pouvez pour soutenir notre travail. Nous sommes dans le besoin. Cette année nous avons dépensé 800 dollars pour acheter de la nourriture et payer le carburant pour aider les gens des deux côtés de la frontière. Nous avons aussi dépensé 600 dollars pour la réparation de véhicules pour pouvoir continuer notre travail. Nous apprécions sincèrement et à l’avance tout soutien.

La VOIX O’odham Contre le MUR protégera toujours ses Anciens et tous les membres de la communauté contre l’exploitation et la coercition.

photo Jason Jaaks

En lire plus, en français sur ce site, en anglais sur le site d’Ofelia où vous pouvez aussi faire des dons.

Publié par Censored News
12 Septembre 2020
Photos de Carl ‘Bad Bear’ Sampson (voir plus de photos)
Traduction Christine Prat

RENO, Nevada, 12 septembre 2020 – l’AIM du Nord du Nevada et des familles protestent contre l’assassinat de leurs proches par la police, et demandent Justice pour les Autochtones Assassinés ou Disparus. Ils exigent la libération de Leonard Peltier. Ils ont rejoint les membres de Cop Watch [Surveillance des Flics] de Reno, devant le bâtiment fédéral, pour exiger la justice pour les victimes de l’emploi excessif de la force pas la Police.



Remerciements au photographe de presse et participant aux Longues Marches, Carl Bad Bear Sampson, Shoshone, pour avoir partagé ses photos avec Censored News.

Photos ©Carl Sampson ©Censored News

 

Indigenous Action
9 Septembre 2020
Contact: O’odham Anti Border Collective, oabc1853@gmail.com
Traduction Christine Prat

Quitobaquito Springs, Arizona – Ce matin, deux membres du Collectif O’odham Contre la Frontière et Défendre O’odham Jewed [le pays O’odham] ont entrepris une action directe pour bloquer la construction du Mur frontière qui menace A’al Vappia/les sources Quitobaquito, dans le Hia C-ed O’odham Jewed (Terres O’odham), près de Ajo, en Arizona. Cette action directe était conduite par une O’odham u’uwi (femmes). Les sources, une des seules sources d’eau dans le désert, sont situées dans le Monument National du Cactus Tuyau d’Orgue, sur la frontière US/Mexique. Tandis qu’un des défenseurs de la terre occupait un bulldozer, ils ont déclaré : « Vous n’avez pas la permission d’être ici, c’est le Pays O’odham. C’est une zone sacrée. » Alors que des agents de la Patrouille des Frontières et des sheriffs arrêtaient les deux défenseurs, ils ont déclaré : « Cette terre représente tellement plus qu’un mur. »

Agissez dès maintenant :

      • Mobilisez-vous : Le Collectif O’odham Contre la Frontière et Défendre O’odham Jewed appelle à une mobilisation immédiate pour arrêter la profanation des sources sacrées. Prenez contact avec eux, oabc1853@gmail.com ou (+1 480) 404 2543.
      • Faites des dons :
        Cashapp : $DefendOodhamJewed
        PayPal : paypal.me/DefendOodhamJewed
        Ou au Collectif Contre la Frontière : Missy Land Back @defendoodhamjewed
      • Et pour des actions futures : www.gofundme.com/f/defend-oodham-land-bail-fund
      • Faites savoir :www.facebook.com/AntiBorderCollective/

  • Les deux activistes ont été libérés, mais ils peuvent encore être poursuivis pour trouble à l’ordre public et autres délits du même genre. Mais ils étaient sur leur territoire, ce sont les bulldozers qui ont été amenés sans leur autorisation !

Le Mur frontière – dont la construction a commencé bien avant Trump – divise des populations, des familles, des villages.

La frontière actuelle est le résultat d’une guerre déclarée par les Etats-Unis au Mexique en 1846, qui s’est terminée par le Traité Guadalupe-Hidalgo, par lequel les Etats-Unis ont conquis un immense territoire.

Voir de nombreux articles sur les problèmes posés par le mur aux populations.

Les Autochtones des Etats-Unis sont entièrement solidaires du mouvement Black Lives Matter. Il faut dire qu’ils subissent le même sort depuis 1492, quelques soient les gouvernements. Malheureusement, en France, les médias dominants ont depuis longtemps fait croire à l’opinion publique que les Autochtones étaient en voie de disparition, quasiment inexistants, et qu’hélas il est trop tard pour s’en préoccuper. En fait, depuis que ça ne se fait plus d’exterminer des populations ouvertement, la population Autochtone a recommencé à augmenter, et ne veut plus se laisser faire. En proportion de la population, encore plus d’Autochtones sont incarcérés et tués par des flics que de Noirs. Actuellement, non seulement les flics n’hésitent pas à tuer dans les manifestations, mais des groupes fascistes, racistes et néo-nazis, convaincus de leur impunité, attaquent les manifestants, les gens de couleur, les LGBTQ, et, bien sûr, les Autochtones.

Christine Prat

PARLEZ AUX FASCISTES DANS UN LANGAGE QU’ILS PEUVENT COMPRENDRE

Par Indigenous Action
Septembre 2020

Notre interprétation de la classique assertion antifasciste, à savoir que des protestations pacifiques n’arrêteront pas le fascisme.

Ceux qui appellent à des « manifestations pacifiques » ignorent la réalité, que la guerre de colonisation brutale et sanglante n’a jamais cessé. Honorer nos ancêtres et les générations à venir signifie défendre activement nos communautés et nos terres.

Pour les vies perdues au cours du puissant soulèvement #BlackLivesMatter . Pour tous ceux qui, dans les rues, ne reculerons pas face à la violence fasciste. La solidarité signifie attaquer.

Un poster réalisé par Indigenous Action Media, pour lutter contre l’alcoolisme chez les Autochtones.

Par Indigenous Action
Septembre 2020

NOTRE CULTURE EST PLUS FORTE QUE LEUR POISON

L’alcool est une arme économique et politique utilisée par les colonisateurs pour manipuler, contrôler et anéantir les Peuples Autochtones. Par des actes racistes déshumanisants, beaucoup des nôtres sont devenus un stéréotype haï par la société colonialiste de peuplement. Cette déshumanisation permet à la violence perpétrée contre nous et le territoire de devenir une pratique acceptée. C’est aussi une violence que certains des nôtres internalisent et redirigent contre eux-mêmes, leurs familles et leurs communautés. Nous encourageons à limiter ces dommages et cherchons à briser la stigmatisation sociale en politisant la discussion autour de la sobriété. En nous efforçant de maintenir nos vies indépendantes de l’influence des poisons du colonisateur, nous célébrons le caractère sacré de la sobriété et honorons nos ancêtres. Brisez le cercle pour les générations futures. Un Autochtone sobre est un Autochtone dangereux.