PROMOTEUR ET DIRECTION POLITIQUE NAVAJO VEULENT UNE TELECABINE SUR LE GRAND CANYON
Original article in English:
http://www.adventure-journal.com/2012/08/developer-navajo-want-grand-canyon-gondola/

Par Brendan Leonard
29 août 2012

Traduction Christine Prat

 

Si les promoteurs et le président de la Nation Navajo obtiennent ce qu’ils veulent, les descentes en radeau sur le Grand Canyon pourraient passer par une nouvelle étape près de la confluence entre le Colorado et le Petit Colorado : un restaurant au bord de l’eau et un amphithéâtre, avec une télécabine pour trimbaler les visiteurs d’une hauteur de 1000 mètres à partir du bord du canyon.

Le Président de la Nation Navajo Ben Shelly et un promoteur de Phoenix (Arizona) se sont mis d’accord pour entamer une étude de faisabilité pour un projet à 120 millions de dollars de construction d’un village touristique sur un site isolé et encore sauvage sur le bord est du Grand Canyon. Le projet s’est heurté à l’opposition de divers groupes, pour des raisons écologiques, historiques, spirituelles et esthétiques.

Nikki Cooley, président de l’Association des Guides du Fleuve du Grand Canyon, et citoyen de la Nation Navajo, dit que le projet est une idée grotesque qui altérerait définitivement l’une des Sept Merveilles du Monde naturelles et que de plus, ce n’a pas été discuté adéquatement avec les membres de la tribu Navajo.

« Cela pose des questions sérieuses sur l’impact de trois millions de touristes par an sur un site isolé et écologiquement sensible, sacré pour de nombreuses tribus » dit Cooley. « Parmi ces problèmes il y a un changement irrévocable du paysage, des questions d’eau, des questions sanitaires, l’impact potentiel pour des espèces menacées et l’écosystème fragile de la région, la pollution par les détritus, la lumière et le bruit, et cette liste n’est pas exhaustive ».

Le projet prévoit un tramway partant du bord est du Grand Canyon, sur le site encore sauvage à environs 55 km de Tuba City, Arizona. Le promoteur, Confluence Partners, dit que les trois millions de passagers escomptés pour le tramway amèneraient des emplois et un boum économique à la région en difficulté de Bodaway Gap, dans la Nation Navajo – il parle de jusqu’à 2000 emplois et de 50 à 95 millions de dollars par an.

En 2009, le Président Obama a signé l’abrogation du Gel de Bennett, une interdiction imposée en 1966 qui empêchait les Navajo de développer une région de plus de 6000 km2 pendant 40 ans, un blocage qui a laissé la région dans un état d’arriération par rapport au reste de la réserve. L’initiative d’Obama permet aux promoteurs de s’engouffrer et de proposer des projets tels que l’Escalade.

L’administration de Bodaway/Gap dans la Nation Navajo, qui a juridiction sur les terres au bord du canyon, s’oppose au développement et a passé plusieurs résolutions pour protester officiellement contre le projet. La Tribu Hopi dit que le tramway dérangerait la Hopi Salt Trail (‘piste du sel’), une voie traditionnelle marquée par des pétroglyphes et des lieus de sacrifice qui se termine à la confluence. Il y a aussi un conflit à propos de la propriété du terrain à la confluence des deux rivières, là où devrait être le terminus du tramway ; le Service des Parcs Nationaux et le Bureau of Land Management disent que c’est un terrain fédéral relevant de leur compétence, alors que les dirigeants de la Nation Navajo et les promoteurs disent en avoir la propriété. Les problèmes environnementaux concernent les effets du traitement de l’eau, de l’évacuation des eaux usées et de l’impact sur le gila cypha (ou humpback chub, poisson rare du fleuve Colorado), une espèce menacée, dans le Petit Colorado, où les embarcations n’ont pas accès.

Confluence Partners fait l’éloge du tramway comme moyen « de fournir au touriste ordinaire une possibilité unique et inégalable de visiter le fond du canyon et le Fleuve Colorado », ce qui serait une première dans une zone sauvage depuis toujours uniquement accessible à pied, à dos de mule ou en barque. (Les hélicoptères qui promènent les touristes au-dessus du Grand Canyon n’ont pas le droit de se poser dans les limites du Parc National).

L’Association des Guides du Grand Canyon n’est pas d’accord. « Le projet implique des installations au fond du Grand Canyon, ce qui signifierait qu’elles se trouveraient sur ou juste à côté d’une zone sauvage dont la protection est proposée au niveau fédéral » dit Cooley. « Et regardons les choses en face : la magnifique vue naturelle sur la Confluence du Petit Colorado serait gâchée pour toujours, par les projets de quelques hommes qui veulent remplir leurs portefeuilles ».

Les constructions au fond du canyon consisteraient en une promenade de 300 mètres le long de la rivière, un restaurant et un amphithéâtre. Et sur le bord est :
– Une station de tram
– Des boutiques
– Un chalet/restaurant de 250 à 300 chambres
– Un parking de 1200 places
– Un Musée/Office du Tourisme/Centre Culturel
– Des galeries
– Des motels et des restaurants
– Un parc pour camping cars
– Des infrastructure (bureaux, station d’épuration des eaux usées, station d’essence, etc.)

Les appels téléphoniques et les emails adressés au bureau du Président Navajo Ben Shelly sont restés sans réponse.

 

Pour plus d’information (en anglais) :

Grand Canyon Escalade: http://grandcanyonescalade.com/
Save the Confluence: http://savetheconfluence.com/
Office of Navajo Nation President: http://www.president.navajo-nsn.gov/

 

One Response to PROJET DE DEVELOPPEMENT D’UN SITE TOURISTIQUE DESTRUCTEUR A LA CONFLUENCE DU COLORADO ET DU PETIT COLORADO

  1. […] des restos, des parkings, un terrain pour camping-cars, un tramway, une télécabine, etc. (voir http://www.chrisp.lautre.net/wpblog/?p=1176 […]