Publié le 12 octobre 2020
Par Indigenous Action Media
Photos et vidéo ©Rafael Samanez
Traduction Christine Prat

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Contacts :
O’odham Anti Border Collective oabc1853@gmail.com
Defend O’odham Jewed Defendoodhamjewed@gmail.com

La Patrouille des Frontières et la Police de l’état d’Arizona ont violemment attaqué une Cérémonie Autochtone de Protection de la Terre, pacifique et non-violente. Ils ont utilisé des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène, le Jour des Peuples Autochtones.

Des protecteurs des terres sacrées O’odham et de l’eau ont tenu ce matin [12 octobre] une cérémonie à un des points de contrôle de la patrouille des frontières, sur des terres non-cédées, pour prier pour des sites sacrés et des tombes démolies par le Mur de frontière raciste. La Patrouille des Frontière, des Troupes de l’état d’Arizona et le Service de Sécurité Publique les ont attaqués avec du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc, ont touché au moins un O’odham qui priait à la poitrine, avec des balles en caoutchouc, et ont arrêté au moins huit Autochtones, le Jour des Peuples Autochtones.

Jour des Peuples Autochtones 2020 ; Autoroute 85, territoire Hia Ced O’odham – Ce matin vers 7h, environ trente protecteurs de la terre sacrée et de l’eau O’odham et soutiens, ont tenu une action pacifique à un point de contrôle de la patrouille des frontières sur des terres O’odham non-cédées, pour prier pour des sites sacrés et funéraires détruits par le Mur frontière et la militarisation de la frontière. Des familles, avec des enfants, de toutes les Nations O’odham (Hia Ced O’odham, Tohono O’odham et Akimel O’odham) assistaient à la cérémonie de prières. Les précautions liées au COVID-19 avaient été prises. Cette cérémonie de prières marquait le Jour des Peuples Autochtones, alors que les O’odham sont toujours confrontés à la violence de la militarisation de la frontière, et des exactions de tous genres de la Patrouille des Frontières contre les communautés O’odham.

Pendant la cérémonie, les O’odham ont chanté des chants traditionnels, prié et tenté de discuter de la Loi sur la Liberté de Religion (1978), qui décriminalisait les religions des Autochtones et ouvrait la voie pour la protection des sites sacrés, des membres de la Patrouille des Frontières et des Troupes de l’état d’Arizona et du Service de la Sécurité Publique étant présents pour être formés dans le contexte des protections religieuses Autochtones.

La Patrouille des Frontières, les Troupes de l’état et le Service de la Sécurité Publique d’Arizona, ont réagi par la violence pour interrompre la cérémonie de prière. Les agents des trois institutions ont ordonné aux enfants et aux personnes de santé fragile, qui suivaient la cérémonie de leurs véhicules, d’en sortir, puis les ont gazés. Les agents de la Patrouille des Frontières, des Troupes de l’état et du Service de la Sécurité Publique d’Arizona, ont alors saisi les enfants qui s’étaient trouvés dans des véhicules et les ont arrachés à leurs parents – l’abduction d’enfants de leurs parents Autochtones pour avoir pratiqué leur religion est une violation évidente de la Loi sur la Liberté de Religion et de la Loi sur la Protection des Enfants Indiens.

Après avoir gazé les protecteurs et arrachés les enfants à leurs parents, la Patrouille des Frontières, les Troupes de l’état et le Service de la Sécurité Publique d’Arizona ont avancé sur la foule, tirant sur les O’odham en train de prier avec des balles en caoutchouc et touchant un O’odham à la poitrine. Nous cherchons des informations sur son état et celui d’autres qui auraient été touchés et nous publierons des mises à jour quand nous les recevrons. La Patrouille des Frontières, les Troupes de l’état et le Service de la Sécurité Publique d’Arizona ont alors arrêté au moins huit protecteurs de la terre et en ont pourchassé d’autres, y compris des observateurs des médias et des journalistes.

« Pour nous, c’est obscène et insultant que les gouvernants locaux et de l’état célèbrent le Jour des Peuples Autochtones alors que le gouvernement fédéral fait sauter nos sites sacrés, vole nos enfants, occupe nos communautés militairement et tire sur des Autochtones en train de prier pour protéger notre terre et nos ancêtres de la profanation. Ils veulent s’approprier nos cultures, mais ne veulent pas que nous pratiquions nos religions pour protéger nos terres » dit une Tante O’odham à la cérémonie d’aujourd’hui.

Nous demandons ce qui suit :

  • La libération immédiate de ceux qui ont été arrêtés aujourd’hui
  • Que tous les mineurs enlevés par l’état aujourd’hui soient relâchés
  • Des informations sur des réparations pour tous ceux qui ont été blessés aujourd’hui
  • La fin des points de contrôle et le retrait des Patrouilles des Douanes et des Frontières des terres O’odham
  • L’interruption immédiate et illimitée de la construction du Mur de frontière aux Sources de Quitobaquito et dans tous les territoires O’odham
  • La suppression immédiate du Mur frontière Blanc et suprémaciste et la restauration de tout le territoire
  • La démilitarisation immédiate des terres O’odham
  • Le retrait des Tours Intégrées Fixes [tours d’espionnage]
  • La fin du profilage racial et du harcèlement des peuples Autochtones
  • La fin de l’incarcération et de la déportation de O’odham des terres O’odham par la patrouille des frontières
  • La fin de la violence sexiste et genrée par la patrouille des frontières
  • La fin des attaques suprématistes blanches, des incarcérations et des déportations de réfugiés et de migrants sur des terres Autochtones
  • Le soutien de l’autonomie Autochtone contre les frontières coloniales

Infos sur les organisations :

Le Collectif O’odham Anti Frontière est un collectif de base de membres et descendants des tribus Akimel O’odham, Tohono O’odham et Hia Ced O’odham, dédié à l’unification de tous les peuples O’odham, à la régénération du himdag (traditions, spiritualité, langue et culture), et à la protection du O’odham jewed (terres d’origine), par le démantèlement des frontières coloniales.

Défendre le Jewed O’odham est un mouvement de base dirigé par des u’uwi (femmes) O’odham et une campagne d’action directe spirituelle pour protéger les terres sacrées O’odham de la profanation et de la violence.
Contacts oabc1853@gmail.com et Defendoodhamjewed@gmail.com

Dons :

Cashapp: $DefendOodhamJewed
Venmo: @DefendOodhamJewed
PayPal: paypal.me/DefendOodhamJewed
We also have bail fund for land and water protectors here: www.gofundme.com/f/defend-oodham-land-bail-fund

Faites savoir:

www.facebook.com/AntiBorderCollective/

Instagram: @OodhamAntiBorder, @DefendOodhamJewed

 

Contexte: Les Akimel O’odham luttent depuis des années contre un project de prolongement du périphérique 202, qui longe leur Réserve et les menace d’une pollution aggravée, et, surtout, implique de faire sauter une bonne partie de leur Montagne Sacrée, à laquelle ils n’ont plus librement accès à cause des travaux. Ce périphérique n’est qu’une petite portion du project CANAMEX, qui doit relier le port de Guaymas, au Mexique, à Edmonton en Alberta, au Canada, c’est-à-dire aux Sables Bitumineux. La Réserve – Communauté Indienne de Gila River – accolée à Phoenix, a déjà été lourdement touchée par l’assèchement définitif de la Rivière Gila. Depuis toujours, ils utilisaient l’eau de la Gila pour arroser leurs cultures et y pêchaient du poisson. L’assèchement, causé par la construction de barrages, a brutalement changé leur régime alimentaire (agriculture remplacée par un supermarché), avec pour conséquence que la communauté a le plus fort taux de diabète et d’obésité au monde. Le projet autoroutier ne peut qu’aggraver leur situation, en amenant la pollution d’une circulation accrue et du transport de matériaux très sales et probablement de la drogue. Pour plus de détails, voir l’article que j’ai écrit en 2015, qui donne quelques explications sur les projets CANAMEX et ‘Corridor du Soleil’, et la vidéo d’une interview d’Andrew Pedro sur les effets possibles du 202. Salt River, également citée dans l’article, est aussi définitivement à sec dans la région de Phoenix.

 

L’EXTENSION DU PERIPHERIQUE 202 LE LONG DE LA RESERVE DE GILA RIVER CONTINUE

 

Interview d’Andrew Pedro, Akimel O’odham
Le 2 octobre 2017, à la limite de la Réserve
Article et traduction Christine Prat English
Novembre 2017

 

Le périphérique 202 est une bretelle d’autoroute autour de Phoenix, Arizona. Il existe déjà à l’est de la ville, et est actuellement prolongé vers l’ouest. La décision de prolonger le périphérique 202 par la Montagne du Sud a été prise en 1986. L’approbation officielle de l’extension a été accordée le 10 mars 2015. La construction devrait être terminée en 2019. Cette extension implique la destruction d’une portion importante de Moadag Do’ag, ou Montagne du Sud, un site sacré pour les Akimel O’odham. La destruction a malheureusement déjà commencé, mais le rythme s’accélère.

Le périphérique 202 doit aussi faire partie du “Corridor du Soleil”, un projet ‘touristique’, qui vise à développer une mégapole de Phoenix à Tucson, peut-être même de Prescott à Nogales [frontière avec le Mexique].

En fait, l’extension du périphérique 202 s’inscrit dans un projet infiniment plus vaste, le CANAMEX. C’est un projet routier pensé dans le cadre de l’ALENA, l’accord de libre-échange entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, mis au point en 1993 et signé par Bill Clinton en 1994.

En septembre 2015, j’avais rencontré Andrew Pedro, un activiste Akimel O’odham, pour parler des conséquences du projet pour la Tribu, et de la lutte contre. Début octobre 2017, nous nous sommes à nouveau rencontrés pour parler de la situation actuelle de la construction et de la lutte.

“C’est l’automne 2017, et la construction du 202 continue” dit Andrew. Il évoqua ensuite l’aspect légal du problème. La plainte en justice contre le projet est actuellement examinée par la Cour d’Appel du 9ème Circuit de San Francisco. Des arguments devaient être entendus le 28 octobre. Andrew Pedro m’a alors écrit: “Des gens du Conseil Tribal y sont allés. Maintenant, c’est à nouveau l’incertitude. La Cour pourrait mettre six mois pour prendre une décision. Une autre partie impliquée, PARC, dit que c’est probablement sans espoir pour eux. Ils ne croient pas que la Cour Suprême acceptera d’examiner l’affaire”. Il n’est pas sûr du tout que la décision de la Cour puisse donner un espoir d’arrêter la construction, étant donné que les trois juges du 9ème Circuit ont déjà rejeté des injonctions en ce sens. Andrew souligne que, l’affaire étant aux mains de la Justice, la construction devrait être suspendue. Cependant, le Service des Transports de l’Arizona, ADOT, responsable du chantier, a au contraire accéléré les travaux, très probablement dans l’espoir que, lorsque la Cour prendra une décision, il serait trop tard pour que ça ait un effet notable sur le projet.

Début octobre, les travaux avaient essentiellement lieu sur ce qu’ils appellent la section de Pecos, dans la ville d’Ahwatukee, le long de la Route de Pecos. Beaucoup de gens d’Ahwatukee, qui est en territoire ‘blanc’, mais où vivent aussi des O’odham, sont également contre le périphérique.

Les activistes qui luttent contre le projet n’ont jamais espéré grand-chose du système judiciaire, sachant que les tribunaux ne sont pas avec eux. “… d’un côté, ils pourraient protéger les enfants et les ressources de l’Arizona, ce qui concerne surtout des Blancs qui vivent hors d’Ahwatukee, mais il y a aussi la Communauté Indienne de Gila River [la Réserve] avec ses propres lois. Mais les plaintes sont jointes, donc, si une partie perd, l’autre aussi. Donc, nous avons aussi un gros problème de ce côté-là.” Ils ne font pas non plus confiance à leur Conseil Tribal, qui “ne remplit pas vraiment ses obligations de protéger la communauté, de protéger nos sites sacrés, et de protéger notre droit inhérent d’être sur ces sites”.

Il y a d’autres zones en travaux. Entre autres, la section de Salt River, à l’ouest de la Montagne, où la construction d’un pont est sur le point de commencer. Ils ont déjà amené des piliers et du ciment. Il y a aussi des travaux sur l’autoroute I10, la 79ème Avenue, jusqu’à la 43ème Avenue, et entre elles, ils construisent un échangeur important.

“Pour nous, les O’odham, c’est difficile de se concentrer sur les zones qui doivent être défendues convenablement et en priorité. Parce que le périphérique est un grand projet, de plus de 35 km. Et avec tous ces travaux, c’est difficile de décider de ce qui pourrait les arrêter dans une zone, étant donné qu’ils continueraient dans une autre” dit Andrew. “Cependant, ceux d’entre nous qui font le travail n’ont pas perdu l’espoir de sauver notre Montagne de la destruction totale, de davantage de destruction.”

Beaucoup de gens sont démoralisés et se sentent vaincus, mais, dit Andrew “nous devons continuer.”

Bien que beaucoup de non-Autochtones ne voient que les actions et les manifs, et donc voient le problème comme étant essentiellement politique, les O’odham, et les autres Peuples Autochtones, voient un autre aspect, l’aspect culturel, c’est-à-dire “qui nous sommes”. “… c’est plus puissant que le monde politique, parce que ça nous lie à notre sol, ça nous ramène à nos racines et à d’où nous venons, et ça explique pourquoi ces choses sont importantes pour nous et pourquoi ces lieux, ces montagnes sont importants pour nous à la base.”

Ensuite, Andrew explique comment d’autres gens viennent aider, des Autochtones qui comprennent l’aspect culturel. Et aussi, “parce que maintenant, de plus en plus de gens de partout s’intéressent à la lutte, parce que ça va toucher d’autres régions aussi. Que ce soit la Nation Tohono O’odham, et même Salt River, déjà traversée et affectée par le périphérique 101. Alors, ils savent ce que nous ressentons, là-bas. C’est la même chose, parce que nous sommes tous O’odham, à Salt River, ils sont aussi O’odham…”

Les effets des ‘grands projets’, le Corridor du Soleil et CANAMEX, touchent aussi des Autochtones en dehors de la Communauté Indienne de Gila River. Le CANAMEX est un projet de super autoroute de Guaymas, au Mexique, à Edmonton, en Alberta, au Canada. Des constructions et des réparations de routes ont déjà commencé, à Tucson, Nogales, Phoenix et Casa Grande. A Case Grande, une ‘zone de libre-échange’, un carrefour international de commerce, appelé Phoenix Mart, doit ouvrir l’année prochaine. “De cette façon, ils continueront à empiéter de plus en plus sur nos territoires. Nous nous trouvons toujours coincés là où un soi-disant progrès doit avoir lieu, et où le développement doit arriver” dit Andrew. Bien sûr, la politique du Conseil Tribal suit, vu que les responsables ne voient que l’argent qui pourrait en venir. Pourtant, c’est moins que certain que le développement amène un quelconque progrès pour les gens, comme le montre l’exemple de l’autoroute I10: lorsqu’elle a été construite dans la Rivière Gila, ils ont promis des routes, des logements, des emplois… mais rien n’est venu, “si vous circulez sur l’I10, c’est complètement vide”. Avec les nouveaux développements – le Phoenix Mart, les travaux à Tucson – “…ces villes s’approchent de nous, et c’est un exemple de ce qui va arriver à long terme, elles pourraient nous passer dessus. […] Avec le 202, les gens qui circulent sur la Route de Pecos maintenant, voient d’un côté Ahwatukee, de l’autre, la Réserve.”

Cependant, la portion importante, c’est la Montagne. C’est au centre, c’est la section centrale du périphérique. Il y a aussi un projet de construction de logements, dans un quartier d’Ahwatukee, entre les crêtes de Moadag Do’ag. Ce projet est indépendant de l’autoroute, ce n’est pas le Service des Transports d’Arizona (ADOT), mais c’est peut-être dans le passage. Ils ont déjà fait sauter une partie de la Montagne pour une route. “Ces travaux ne sont pas finis non plus, mais c’est là, la terre a été balayée et détruite entre les crêtes, et nous avons une Montagne qui a déjà été suffisamment profanée. Et ce n’est même pas la moitié de ce que l’ADOT veut faire” dit Andrew.

La route actuelle a deux voies, le périphérique doit en avoir quatre de chaque côté, “c’est une brèche énorme dans la Montagne”.

Ce qui est fait est déjà désastreux, mais “il y a encore un combat à venir, la guerre n’est pas finie” ajoute Andrew Pedro, “parce que le projet est à bien plus grande échelle”. Le projet est en fait le Corridor CANAMEX, qui va empiéter sur beaucoup d’autres territoires Autochtones, jusqu’au Mexique: le territoire O’odham est coupé par la frontière. Les territoires Tohono O’odham et Hia C-ed O’odham traversent la frontière. Des villages de l’autre côté seront touchés aussi.

Andrew Pedro déclare: “Nous sommes attaqués ici, dans le centre de l’Arizona, les O’odham sont attaqués par le 202, la Nation Tohono O’odham est attaquée par la frontière, et, dans le Nord, il y a beaucoup de luttes, des mines d’uranium à la station de ski Snowbowl. L’Arizona est bien connu pour ses attaques contre les Autochtones.”

La raison de ces attaques a un nom: le Capitalisme. “C’est ce qui relie tout ça. Parce que ce qui arrive a pour but de faciliter le commerce. C’est le Capitalisme en Arizona, si on veut vraiment trouver la racine de ce qui nous arrive. Ce sera toujours l’argent qui sera la force motrice derrière ces projets.” Le 202 est un couloir commercial, le Corridor du Soleil aussi. Ces projets sont supposés amener du business et du développement à la région, mais ils n’ont pratiquement pas d’effet sur l’économie locale. “Ça n’aide vraiment personne. Mais ce faisant, ils ignorent les Autochtones. Ils ne pensent pas à ce qui va advenir de nos lieux cérémoniels et de nos sites sacrés.”

Dans la Réserve, la Communauté Indienne de Gila River, l’ADOT emprunte illégalement les routes. En tant qu’entité non-tribale, elle devrait demander un permis pour utiliser ces routes, surtout dans la mesure où le périphérique est juste à la limite extérieure de la Réserve. Mais ils utilisent ces routes pour gagner un peu de temps.

La construction a terriblement restreint l’accessibilité à la Montagne sacrée pour les O’odham. Ça a bousculé les sépultures des Ancêtres, des restes humains ont été exhumés et sont toujours retenus par l’état d’Arizona. Les gens craignent les effets sur leur santé de la pollution accrue.

Andrew Pedro conclut: “Nous continuerons à nous battre, parce qu’il faut qu’ils sachent qu’ils devront payer pour ce qu’ils ont fait, d’une manière ou d’une autre. Nous ferons tout ce que nous pouvons. Même si ça implique des manifestations et des actions directes… C’est un risque, mais les gens doivent savoir ce que cette Montagne représente pour nous et pourquoi il est important de prendre des risques.”

 

Le Projet CANAMEX

 

 

 

AKIMEL O’ODHAM: CONSTRUCTION OF LOOP 202 IS STILL CONTINUING AND ENCROACHING ON US

 

Andrew Pedro, Akimel O’odham
October 2, 2017
Interview and article by Christine Prat  Français

The Loop 202 is a freeway leading around Phoenix, Arizona. It is partly existing east of the city and is now being extended westward. The decision to include the South Mountain Freeway in Loop 202 was taken in 1986. The final approval to extend it was received on March 10, 2015. The construction is planned to be completed in 2019. The extension implies destruction of a huge part of Moadag Do’ag, or South Mountain, which is sacred for the Akimel O’odham. A lot of destruction has already happened, but it is rapidly going on.

The Loop 202 is also part of the “Sun Corridor”, a ‘recreation’ project, meant to develop a megacity from Phoenix to Tucson, maybe even from Prescott to Nogales.

As a matter of fact, Loop 202 extension is part of a much bigger project, the CANAMEX* project. It is a road project devised as part of NAFTA, a free trade agreement between the USA, Canada and Mexico, designed in 1993 and signed by Bill Clinton in 1994.

In September 2015, I had talked with Andrew Pedro, Akimel O’odham activist, about the consequences of the project for the Tribe, and their struggle against it. At the beginning of October 2017, we met again, to talk about the present situation, regarding the construction and the struggle against it.

“It’s the fall of 2017, and the construction of the 202 is still continuing” said Andrew. He went on talking about the legal aspect of the issue, as a court case against construction is now in the Court of Appeal of the 9th Circuit in San Francisco. Arguments were supposed to be heard on October 28th. Andrew Pedro wrote then “People from the Tribal Council went and attended the oral arguments. Now it’s in a state of limbo again. The Court could take as long as six months to make a ruling in the case. The other litigants, PARC, said this is probably the end for them. They don’t believe that the Supreme Court will take the case”. It is not sure that the ruling will give more hope of stopping the construction, as the 9th Circuit three judges already denied injunctions to stop construction. Andrew Pedro pointed out that, the project being in a Court case, construction should be held. However, ADOT has just stepped up construction speed, very likely hoping that when the Court will make a ruling, it will be too late to have a substantial effect on the project.

At the beginning of October, construction was mainly happening in what they call the Pecos segment, in the town of Ahwatukee, along the Pecos road. Many people in Ahwatukee, which is in ‘white’ territory, but where some O’odham live, are also against the Freeway.

The activists struggling against the project never expected much from the Court system, knowing that courts are not on their side. “… on one hand, they would protect Arizona’s children and resources, which is predominantly a White group of people based out of Ahwatukee, and then you have the Gila River Indian Community with all their own legislation, but the lawsuits are joined, so that, if one case loses, the other case loses. So, we’re kind of in a big mess with that as well.” They don’t trust their Tribal Council either, who “are not really fulfilling their purpose of protecting the community and protecting our sacred places and protecting our inherent right to be at these places”.

There are other areas under construction. Among others, the Salt River segment, on the west side of the mountain, where bridge construction was about to start, pillars and concrete having been already brought. There is also construction on Interstate 10, 79th Avenue, to 43rd Avenue, in between, a major freeway interchange is being built.

“For us, as O’odham people, it is hard to really put a focus on which areas need to be handled properly and first. Because that freeway is one big project and is 22 miles long, and with all those constructions happening, it’s hard to say what could really stop them in one area, as they’ll continue in another area” Andrew stated. “Nonetheless, those of us who do this work have not lost hope that we can still save our mountain from being destroyed, from further destruction.”

A lot of people are demoralized and feel defeated, but, says Andrew, “we just got to keep moving forward.”

Although outsiders mainly see the actions and protests, and thus view the issue as mainly political, O’odham people, and other Indigenous peoples, see another side to it, the cultural side, meaning “who we are.” …”that is more powerful than the political world, because that keeps us grounded, it keeps us back to our roots and where we really come from, and why these things are important to us and why these places and these mountains are important to us in the first place.”

Then Andrew explains that there are some new people coming in to help, Indigenous people who understand the cultural side. And also, “because now, there are more people from all over taking interest in the struggle itself because it’s gonna later on affect other areas too. Be it in Tohono O’odham Nation, even in Salt River, already affected by the 101 freeway, because that crosses their area. So, they know how we’re feeling out here. It’s the same thing because we are O’odham people, Salt River is O’odham people…”

The effects of the ‘greater’ projects, the Sun Corridor and the CANAMEX, are also felt by Indigenous people outside the Gila River Indian Community. The CANAMEX project is a super highway from Guaymas, in Mexico, to Edmonton, in Alberta, Canada. Road construction and repair has already started, in Tucson, Nogales, Phoenix and in Casa Grande. In Casa Grande, a ‘free trade zone’, an international trade hub, called Phoenix Mart, is supposed to open next year. “So, it will just keep them encroaching and encroaching on us. We are still stuck in the middle of where so-called progress is supposed to be made, and development is supposed to come from” Andrew stated. Of course, tribal politics go with it, as they only see the money that could be made. However, it is less than certain that development brings any progress to the people, as the example of Interstate 10 shows: when it was built through the Gila River, they were promised roads, housing, jobs… but none of it happened, “if you drive through the I10 now, it’s completely bare.” With the new developments – Phoenix Mart, development in Tucson – “…these cities are coming closer to us, and that’s the example of what’s going to happen to us in the long run, we’ll possibly get run over. …With the 202, people who drive over the Pecos Road right now, looking one way, they see Ahwatukee, looking the other way, they see the Reservation.”

However, the important part is the mountain. It is in the center, it is the central segment of the freeway. There is also a housing development, a subdivision of Ahwatukee, between the ridges of Moadag Do’ag. The project is independent from the freeway, it is not ADOT, but possibly in the way. The mountain has already been blasted for a road. “That construction is also not finished, but it’s there, the land has been wiped and destroyed in the middle of those ridges, and we’re left with a mountain that has already been desecrated enough. And it’s not even half of what ADOT wants to do” says Andrew.

The present road is a two lanes road, the freeway is supposed to be four lanes on each side, “which is a massive cut in the mountain”.

What has already been done is bad enough, but “there is still another fight coming, the war isn’t over,” adds Andrew Pedro, “because the scale of the project is much larger”. The project is in fact the CANAMEX Corridor, which will encroach on many other Indigenous areas, down to Mexico: the O’odham territory is cut by the border. Tohono O’odham and Hia C-ed O’odham territory goes across the border. Villages on the other side will be affected too.

Andrew Pedro states “We are being attacked here, we are in the center of Arizona, the O’odham people are here being attacked by the 202, the Tohono O’odham Nation is being attacked with the border, and then, in the North, there are plenty of struggles, from uranium mines to Snowbowl. Arizona is pretty much known for its attacks against Indigenous People.”

The reason for these attacks has a name: Capitalism. “That’s what kind of connect it all. Because the development that is happening is to help facilitate trade. That is Capitalism in Arizona, if you really want to get down to the root of what is happening to us. It’s always gonna be the money that is the driving force behind a lot of these projects.” The 202 is a trade corridor, so is the Sun Corridor. Those projects are supposed to bring business and development to the region, but it hardly has any effect on the local economy. “It doesn’t help anybody at all. But by doing so, they bypass Indigenous People. They don’t think about what’s going to happen to our ceremonial grounds and our sacred places.”

In the Gila River Indian Community, ADOT illegally uses Reservation roads. As a non-tribal entity, they should have a permit to use those roads, specially as the freeway is just off the Reservation. But they use those roads because it is a little quicker to reach the construction sites.

Construction has drastically restricted O’odham people’s accessibility to the sacred mountain. It has disturbed ancestors remains, human remains have been excavated and are still withheld by the state of Arizona. People fear the increased pollution which will affect their health.

Andrew Pedro concludes “We will continue to fight, as they have to know they’re going to pay for this, somehow. We will do everything we can. Whether that means protests and direct actions… It is a risk and people do need to realize what this mountain means to us and why these risks are important.”

 

*The CANAMEX Project

 

 

ANARCHISTES AUTOCHTONES, ANARCHISTES BLANCS

Andrew Pedro, Akimel O’odham
2 octobre 2017
Interview, enregistrement, traduction Christine Prat
Version anglaise publiée sur Censored News

 

“Les Révolutionnaires et les Anarchistes, les gens qui se définissent comme Anarchistes, ont toujours une mentalité très coloniale. En particulier ici, car beaucoup d’entre eux ne se rendent pas compte de ce qu’ils disent et comment ça touche les Autochtones. C’est en grande partie parce qu’ils n’ont pas de valeurs culturelles, spirituelles ou religieuses, et ce n’est pas à moi de résoudre le problème, formulez-le comme vous voulez, nous avons une vision différente. Pour moi, qui me considère Anarchiste, l’Anarchisme est une couche à la surface de ce que notre mode de vie traditionnel signifie pour nous. Parce que pour moi, l’Anarchisme est l’idée d’être libéré de toutes ces formes d’oppression, et c’est comme ça que nous vivions il y a longtemps. D’après ce que j’en sais, en tant que peuple O’odham, nous étions libres de nous déplacer dans notre territoire. Il y avait des Tohono O’odham, des Akimel O’odham, des Hia C-ed O’odham, mais il n’y avait pas vraiment de frontière, ça ne voulait pas dire que nous n’étions pas autorisés à aller dans certaines zones pour faire ce que nous avions à y faire, il y avait seulement du respect pour les gens qui y vivaient. Pour moi, beaucoup d’Anarchistes Blancs, y compris ceux d’origine Latino, ce genre d’Anarchistes et beaucoup d’autres gens à Phoenix, et dans toute l’Arizona, ne reconnaissent pas vraiment cela. Nous sommes toujours là, nous avons toujours ces valeurs culturelles et spirituelles, mais pour eux, c’est un obstacle. Ils voient surtout le fait que ce n’est pas de l’athéisme. Je n’ai pas de problèmes avec l’athéisme, mais c’est leur choix, et, nous O’odham, n’imposons pas nos croyances à qui que ce soit, nous n’obligeons pas le gens à les comprendre, parce qu’elles sont seulement pour les O’odham. C’est comme certains lieux où nous allons, certaines de nos cérémonies, dont nous ne parlons même pas aux autres Tribus, parce que c’est pour nous, les O’odham. Et je suis sûr que c’est la même chose pour les autres Tribus.

Les O’odham ont toujours été très ouverts aux autres peuples. Certains disent que si nous avons tenu jusqu’à aujourd’hui, c’est pour avoir été amicaux avec les autres peuples, avec la Chrétienté elle-même, avec les Blancs, avec les Espagnols. Cette bonté a toujours existé et nous a amenés à la situation où nous sommes maintenant. Je crois que c’est grâce à la foi solide et aux fortes valeurs culturelles que nous avions. C’est la raison pour laquelle nous sommes toujours en vie.

Il y a eu des temps où les O’odham se sont révoltés contre l’Eglise et ont brûlé toutes les églises. Des choses comme ça ont eu lieu. Personne ne s’en souvient vraiment, et les Anarchistes étant presque totalement athées, et leurs croyances et leurs valeurs y étant intrinsèques, ils voient n’importe quelle religion comme oppressive. Mais ce n’est pas toujours le cas. D’abord, les Autochtones et l’Anarchisme sont des idées très nouvelles. Pour nous, nous sommes des Autochtones, et je pense qu’également ceux qui se définissent comme Anarchistes du point de vue politique, voient l’indigénéité comme venant toujours d’abord.

Pour moi, l’Anarchisme est la couche supérieure, le niveau de surface de ce que Himdag [mode de vie traditionnel] signifie pour moi, parce toutes ces choses se recoupent. Nos idées et nos façons de faire les choses se recoupent dans différentes cultures, de différentes manières. Ce que je ressens, la société O’odham, comment elle m’a été expliquée, les temps passés et le monde tel qu’il est maintenant, tout cela est similaire à ce que l’Anarchisme veut être, mais il n’y est pas encore tout à fait. Spécialement dans la façon dont l’Anarchisme fonctionne, ces lieux où ils vont qui n’autorisent pas les objets religieux, et d’autres choses comme ça. Ils ne veulent pas vraiment discuter de ce que ça signifie pour certains peuples. A beaucoup d’égards, il y a une perte. Il y a une perte, parce qu’au départ, ils ne sont pas chez eux ici. Ils n’ont pas de connexion avec la terre, ils n’ont pas de connexion avec toutes ces choses.

Mon plus grand espoir pour les Anarchistes Blancs, surtout en Arizona, c’est qu’ils comprennent qu’ils peuvent nous aider dans les luttes Autochtones, mais ça n’a pas à être au sens spirituel. Ils n’ont pas besoin de comprendre le caractère sacré de ce que Moadag Do’ag [la Montagne du Sud] signifie pour nous. Il y a le Capitalisme, allez le combattre, allez combattre ce que vous connaissez! Ils n’ont pas besoin de comprendre ce que ça signifie pour nous, parce que ces enseignements sont pour nous, pour un certain groupe de gens. Et ce n’est pas la même chose qu’être ouverts ou repousser les gens.

Ça fait des centaines d’années, certains disent des milliers, que nous avons suivi ces idées et cette culture, et nous les suivons toujours. Tandis que les gens, les ancêtres – appelez-les comme vous voulez – de ces Anarchistes Blancs ne viennent probablement même pas d’Arizona, si on remonte à quelques générations. Mais nous, nous avons toujours été ici, donc nous avons ces connexions et une compréhension plus profonde de ce que ça signifie, de ce que ce désert signifie pour nous. La vie de toutes ces plantes, tous ces animaux, ça signifie quelque chose pour nous. Ils n’ont pas ça, et ils ne savent quoi penser parce qu’ils ne comprennent pas. Beaucoup de problèmes Autochtones – le colonialisme en est un à la base – font partie de ce qui pousse ces Anarchistes Blancs à se battre, au départ. Le Capitalisme en est une des racines principales. Et si vous ne combattez pas vraiment les deux, qu’êtes-vous en train de faire? Vous n’aidez personne, en fait, vous allez avoir un comportement colonial vis-à-vis de ces combats, et vous ne penserez pas aux Autochtones. Je ne veux pas d’un Sauveur Blanc pour sauver la mise, et je ne vais pas rester là à tenir la main d’un Anarchiste Blanc pour leur montrer la voie tout le temps. Ils doivent juste comprendre que certaines choses sont pour eux et d’autres ne le sont pas, et il n’y a rien de mal à ça! Souvent, les Anarchistes Blancs se sentent floués quand nous leur disons “nous n’allons pas participer, parce que nous avons nos vies, nous avons un tout autre monde dont nous devons nous occuper. La Réserve est un autre monde. Ça ne va pas si vite, on y fait les choses différemment, ce sont des valeurs culturelles différentes qui y ont cours. Même si les gens n’ont pas de culture particulière, ils ne peuvent pas avoir la compréhension de tout ce qui y est différent. La façon dont nous analysons les choses dans notre tête n’est pas la même que celle des gens des villes…

Ainsi, c’est assez difficile d’avoir des conversations utiles avec beaucoup d’Anarchistes Blancs, parce qu’ils sont coincés dans leur monde, dans le genre “j’ai raison”, et c’est en quelque sorte une mentalité coloniale. Ces gens ne savent pas de quoi on parle, ils ne vivent pas ici, cependant, c’est notre territoire!

Par le passé, il y a environ 5 ans, nous avons eu pas mal de problèmes avec un nouveau groupe anarchiste, ils venaient plus ou moins du mouvement “Occupy”. Ils sont toujours très “de gauche” dans leur façon de s’organiser, et ils s’allient souvent aux groupes “de gauche” de Phoenix. Je suppose que ce n’est pas vraiment compris, peut-être même pas par eux, peut-être qu’ils ne savent pas bien ce qu’Anarchisme veut dire pour eux. Ce qui cause des encore plus de problèmes, de ne pas savoir ce qu’on fait ni pourquoi on le fait. Même certains groupes Antifa, maintenant, commencent à faire la même chose, et ne sont donc pas très ouverts envers les Autochtones. Ils sont mal à l’aise, parce qu’ils nous voient d’une manière très “Blanche”. Il y a eu un groupe, qui n’existe plus vraiment maintenant, qui se définissait comme Anarchiste, “combattons le Capitalisme”, “Combattons ceci, cela”, mais ce n’étaient que des mots. Le plus grand projet capitaliste d’Arizona, c’est le périphérique 202, le Sun Corridor, et personne ne sait de quoi on parle, quand on essaie d’en parler avec eux. C’est une partie du problème. Ils devraient d’eux-mêmes apprendre ce qui se passe dans la région où ils habitent. Et savoir qu’il y a une connexion avec les Autochtones. Mais pour cela il n’est pas nécessaire de comprendre complètement qu’il y a des choses sacrées, qu’il faut une vie entière pour comprendre, que cela prend toute la vie, que c’est quelque chose que nous ne pouvons pas expliquer simplement, dans une vidéo ou un email. Ces choses prennent toute notre vie et une connaissance complète de ce qui arrive. En ce qui les concerne, nous disons qu’ils ne comprendront pas, à cause de ce qu’ils sont, ce sont des Blancs, ce sont des Latinos, et ils ne le comprendront pas comme nous le comprenons.

Ces choses les touchent différemment de nous, parce que nous avons la ferme croyance que ça ira bien pour nous, en fin de compte. Même si dans 20 ans – et j’espère que ça n’arrivera pas – mais dans 20 ans, si ces autoroutes sont là, certains d’entre nous seront toujours en vie et pratiquerons notre culture, et nous les ferons payer, d’une façon ou d’une autre. Avec les Anarchistes, ce n’est pas comme cela. Je vois souvent l’Anarchisme Blanc comme une histoire de victoires à très court terme, c’est intrinsèque à leur croyance qu’ils peuvent occuper le terrain, mais qu’est-ce que ça veut dire “occuper le terrain” en territoire occupé? Avoir une librairie anar quelque part, si vous ne reconnaissez pas les Autochtones, pour moi c’est colonial. C’est une partie du problème. Je pense que vous êtes Anarchiste si vous êtes anticapitaliste dans tous les sens du terme, antifasciste, etc., mais si vous n’avez pas une position politique anticoloniale, vous ne valez pas mieux que n’importe quel autre.”

 

Une déclaration de deux Akimel O’odham – représentant respectivement ‘Gila River Contre le Périphérique 202’ et le ‘Collectif de Jeunesse Akimel O’odham’- expliquant leur non-participation à une conférence ‘anticapitaliste’ organisée par un groupe se disant anarchiste. Si les organisateurs ont envoyé des invitations à quelques Autochtones ne résidant pas en Arizona, ils ont négligé de consulter les Akimel O’odham, le peuple d’origine de la région de Phoenix.

Vous trouverez d’abord, ci-dessous, le commentaire de Klee Benally – Navajo, anarchiste … – qui est d’ordre plus général, et plus bas la traduction de la Déclaration des représentants Akimel O’odham.

Christine Prat

 

COMMENTAIRES D’ANDREW PEDRO ET LINDA PALOMA ALLEN, AKIMEL O’ODHAM, ET DE KLEE BENALLY, SUR UNE CONFERENCE PRETENDUMENT ANTICAPITALISTE ORGANISEE PAR DES SOI-DISANT ANARCHISTES

 

DE LA POSTURE ANTICOLONIALE

Par Klee Benally, publié le 2 février 2016

Cet évènement a été problématique dès le départ.

De la posture Anticoloniale.
Lorsque ça a été lancé sous la forme d’un texte intitulé ‘Soufflez sur les Flammes’, ‘Un Incendie sur la Montagne’ (une foire aux livres Autochtone/Anarchiste que j’avais organisée), Carpe Locus, les organisateurs de cette conférence anticapitaliste à Phoenix, ont été mis au défi par moi-même et un autre Autochtone sur ce qu’ils ne se soient pas engagés de manière significative avec les Autochtones dans le pays desquels ils vivent en colons. Après tout, c’était peut-être le message le plus important pendant ‘Un Incendie sur la Montagne’. Il y a un schéma de pose anticolonialiste perpétué par des groupes comme Carpe Locus et c’est la raison pour laquelle des lieus comme Taala Hooghan Infoshop se sont affirmés comme force opposée (bien que le collectif Taala Hooghan se soit temporairement effondré à cause d’une série de problèmes, entre autres un subterfuge de mâle Blanc). Dans le meilleur des cas, la pose est relativement inoffensive, constituant un vernis assez mince pour laisser voir où ces gens se situent. Au pire, c’est proclamé bruyamment et imposé par-dessus, et malgré, les analyses critiques et les problèmes exprimés (directement ou indirectement) par les Peuples Autochtones. La posture anticolonialiste cherche à se justifier et se légitimer aussi bruyamment que possible, quelquefois sciemment, d’autres fois pour la bonne cause, noyant toute expression Autochtone critique. Habituellement avec le vacarme familier d’une rhétorique visant à délégitimer et mettre la question de côté dans des discussions privées d’individu à individu (qui n’en sont pas plus fiables), des déclarations en ligne exposant le point de vue Blanc (qui signifie ‘nous ferons ce que nous voulons de toutes façons, nous n’avons fait que vous ‘entendre’), ou la tactique la plus courante qui consiste à vous ‘inviter à présenter vos problèmes’. Cette tactique est assimilationniste et extrêmement cynique. Vous voulez que nous apparaissions à votre manifestation pour dire combien c’est problématique, mais cependant ne rien faire qui pourrait changer ce que vous faites en réalité ? Ça n’a strictement rien de radical.

C’est le fascisme de l’alliance colon/blanc, c’est en réalité anti-Autochtone. Cette forme de pose radicale a un besoin tellement désespéré d’être validée qu’elle cherche agressivement ceux qui pourraient s’y conformer, et quand elle les trouve, les objective et capitalise sur leur participation. Ce n’est pas une forme de solidarité, c’est de l’exploitation perverse. C’est de la violence structurelle.
C’est là que la fausse alliance des colonialistes rejoint le capitalisme. Pour être clair, la pose anticolonialiste maintient la suprématie blanche et le capitalisme.
La forme la plus primaire de blanchiment du colonialisme anticolonial résulte en un masque Indien de façade. En l’état actuel, il y aura toujours quelques loups prêts à danser et là où il y a une chance de gagner une position sociale ou du pouvoir par la proximité avec les blancs, les loups sortent.
La pose anticolonialiste prospère grâce à la violence collatérale.
Jouer les radicaux et réduire au silence ceux qui pourraient ne pas être d’accord est le moyen pour la suprématie blanche de se perpétuer. En tant que radicaux, anarchistes, anticapitalistes, antiautoritaires Autochtones, nous en sommes familiers, vu que nous y avons déjà été confrontés et subissons ses coups constamment. Evidemment, nous sommes confrontés tous les jours au fait que nous sommes des gens dont on peut se passer et qui peuvent être éliminés. Les communautés et les lieus radicaux ne font pas exception à moins d’être les nôtres, à moins qu’un long travail en profondeur pour établir des relations dans le combat, pour devenir de vrais complices et pas des ‘alliés’, n’ait été accompli. Mais encore, l’importance de cette relation ne sera jamais déterminée par les colons blancs. Jamais.

 

COLLECTIF DE JEUNESSE AKIMEL O’ODHAM
26 janvier 2016

REFUS DE PARTICIPATION A LA CONFERENCE ANTICAPITALISTE
(Texte qui doit être lu à la 3ième Conférence Anticapitaliste de Phoenix, Arizona, samedi 13 février 2016)

Vu le peu d’attention manifestée à l’égard des Akimel O’odham, le Peuple Premier de la région de Phoenix, le Collectif de Jeunesse Akimel O’odham et Gila River Contre le Périphérique 202 ne participeront pas cette année à la Conférence Anticapitaliste de Phoenix. Carpe Locus n’a pas consulté les Akimel O’odham sur les effets du capitalisme à Phoenix, qui est un territoire Akimel O’odham occupé, avant d’organiser la Conférence Anticapitaliste de Phoenix de cette année.

Depuis trois ans que le Collectif Carpe Locus organise la Conférence Anticapitaliste de Phoenix, il y a eu fort peu d’efforts pour prendre contact avec les Akimel O’odham. Cela maintient la suprématie blanche en faisant taire et en se débarrassant socialement des activistes Autochtones que le collectif Carpe Locus n’approuve pas. Depuis trois ans, Carpe Locus n’a pas manifesté de solidarité significative contre l’extension du Périphérique 202, à part des ‘j’aime’ et des partages dans les réseaux sociaux. Ce projet d’autoroute à 2 milliards de dollars est le plus grand projet d’infrastructure de l’état d’Arizona, et par conséquent, le soutien anarchiste anticapitaliste doit aller plus loin que les réseaux sociaux. L’extension par la Montagne du Sud est un projet de trajet commercial qui doit détruire la Crête de la Montagne du Sud, considérée comme sacrée par les Akimel O’odham et les Pee Posh, ainsi que par 21 autres tribus.

Le combat Autochtone mené depuis 7 ans contre l’autoroute a été largement marginalisé par Carpe Locus, qui a envoyé des invitations pour la Conférence Anticapitaliste de cette année à des activistes Autochtones en dehors de l’état d’Arizona et appartenant à d’autres tribus. C’est une pose anticoloniale. Le fait que la conférence n’inclut quasiment pas le contexte Autochtone local dans une lutte basée à Phoenix, c’est le réduire à un simple symbole. L’une des oratrices prévus pour la conférence de cette année s’est déjà retirée à cause de la marginalisation des luttes O’odham par Carpe Locus, et Carpe Locus n’a pas réagi publiquement à cette annulation. C’est anti-Autochtone, et une insulte au travail de l’auteur Autochtone qui s’est retirée par respect. Cette annulation aurait pu servir de leçon à Carpe Locus, mais Carpe Locus a continué à ignorer les problèmes Autochtones, ou a réduit le conflit à une affaire de personnes.

Ceci en revient en partie à ne pas accepter le protocole Autochtone – quand on organise une action ou une manifestation anticolonialiste avec des buts qui mettent en lumière la lutte Autochtone, il est d’importance capitale, avant toute chose, d’obtenir les conseils, le consentement et la participation des gens qui sont originaires du territoire. Cependant, aucun membre des tribus O’odham n’a été impliqué dans l’organisation ou le planning de la conférence. Si une large base de leaders Autochtones avait été consultée convenablement, nous aurions fait savoir que, vu l’échelle colossale de menaces pesant sur les territoires Autochtones occupés en Arizona, ce n’est pas suffisant d’organiser une conférence pour y discuter seulement d’idées. Cette manifestation doit avoir des résultats qui affrontent directement et déstabilisent les capitalistes (leaders municipaux, compagnies minières, Service des Transports d’Arizona, la station de ski Snowbowl, l’équipe de football Washington NFL, etc.) et les services d’applications de la loi [la police] qui protègent le capital.

Les luttes anticapitalistes sont toutes liées. Ces dernières années, les Autochtones ont vu des réformes législatives, économiques et commerciales qui ont toutes eu pour résultat final de dévorer encore plus de territoires Autochtones au profit des colons. Nous sommes tous touchés et nous devons donc être tous unis dans le combat contre les projets de l’Etat. C’est en sachant tout cela que nous publions cette déclaration sur la marginalisation constante des Akimel O’odham par le collectif Carpe Locus dans l’organisation de la Conférence Anticapitaliste de Phoenix de cette année.

Linda Allen, de Gila River Contre le Périphérique 202
Andrew Pedro, du Collectif de Jeunesse Akimel O’odham

 

Commentaire de Linda Paloma Allen : Je suis l’une des auteurs de la déclaration diffusée par Klee sur Facebook. Il y a beaucoup plus à dénoncer des agissements de Carpe Locus depuis des années, mais Andrew Pedro et moi nous sommes intentionnellement limités à deux aspects, dans cette déclaration.
1) Ne pas se préoccuper de l’annulation de la première intervenante Autochtone, ce qui, comme nous l’avons dit dans la déclaration, est une insulte à son travail et représente un mépris supplémentaire des problèmes Autochtones.
2) Ne pas avoir planifié et organisé cette manifestation anticapitaliste avec les Akimel O’odham est néocolonialiste, étant donné que Phoenix est un territoire O’odham occupé.

Notre marginalisation est aggravée par le fait que Carpe Locus a invité à participer d’autres Autochtones, d’autres tribus et d’autres états que l’Arizona.

Dans leur réaction à notre déclaration, Carpe Locus n’a toujours pas parlé de l’annulation de la participation d’orateurs Autochtones, ce qui, à mon avis, contribue à démontrer que ces orateurs étaient invités de manière symbolique. Carpe Locus n’essaie même pas de limiter les dégâts en ce qui concerne ces annulations. Il semble que le retrait d’orateurs Autochtones qui avaient été d’abord confirmés n’a aucune importance pour le collectif.

Il y a de nombreux précédents en Arizona d’activistes Autochtones et non-Autochtones travaillant ensemble contre le racisme systématique et la violence structurelle. Donc, je ne dis pas que ça ne peut pas se faire.

 

Depuis plusieurs années, des membres de la communauté Autochtone de Gila River, et plus particulièrement le Collectif de Jeunesse Akimel O’odham [Akimel O’odham Youth Collective – AOYC], s’opposent au projet d’extension du périphérique 202 à travers leur Réserve, et à travers Moadak Do’ag, la Montagne du Sud, sacrée pour les O’odham. Le projet détruirait la Montagne du Sud sur une largeur d’autoroute à 8 voies, et par endroits sur une hauteur équivalent à deux étages. Des terres seraient détruites, ainsi que des maisons, et des habitants devraient déménager. De plus, la pollution – et les maladies pulmonaires qu’elle provoque – augmenterait considérablement, la drogue et les armes à feu entreraient encore plus facilement dans la région et les Réserves.
C’est ce dont parle Andrew Pedro, membre du Collectif de Jeunesse Akimel O’odham dans la vidéo ci-dessous, enregistrée le 28 septembre 2015.

 

 

LE PERIPHERIQUE 202 FAIT PARTIE D’UN PROJET INFINIMENT PLUS VASTE

Par Christine Prat
In English

Le projet d’extension du périphérique 202 – une bretelle qui contourne Phoenix par l’est pour l’instant – à travers le territoire Akimel O’odham de Gila River, s’inscrit dans un projet beaucoup plus vaste. Il est question de créer un axe de transports commerciaux allant du port de Guaymas, au Mexique, jusqu’en Alberta, au Canada, dans la région où sont extraits les désastreux sables bitumineux. L’axe doit aussi passer à proximité des sables bitumineux d’Utah et de gisements de gaz de schistes. Cet axe emprunte des autoroutes existantes, mais de nouvelles portions doivent être construites là où les routes existantes ne permettent pas une circulation intense de poids lourds. Entre autres, une prolongation de la bretelle 202 vers l’ouest de Phoenix, à travers la Montagne du Sud, sacrée pour les Autochtones, et la construction d’une nouvelle autoroute entre Phoenix et Las Vegas, la route actuelle n’étant pas adaptée au trafic prévu. Le projet comprend aussi la construction de ‘ports intérieurs’ avec des ‘zones de commerce extérieur’ qui permettraient un allègement des taxes pour les entreprises privées.

L’ALENA (NAFTA) ET LE CANAMEX
En fait, ces projets autoroutiers ont été pensés dans le cadre de l’ALENA [NAFTA en anglais], un accord de libre échange de 1993 entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, signé par Bill Clinton en 1994. L’axe autoroutier (et dans le futur ferroviaire, portuaire, incluant peut-être des pipelines, etc.) baptisé CANAMEX, a été conçu dès la mise au point de l’accord. Entretemps, et vu que des protestations s’élèvent, les promoteurs du projet prétendent que le CANAMEX a pour but de désengorger les ports de la côte ouest des Etats-Unis en faisant passer une partie des marchandises échangées avec les pays du Pacifique par le port de Guaymas, au Mexique, dont la capacité devrait être doublée. Cependant, il est évident que le fait que les dockers mexicains sont beaucoup moins payés, ont beaucoup moins de protections sociales et des règles de sécurité beaucoup moins strictes que les dockers syndiqués des Etats-Unis, et que c’est donc beaucoup moins cher pour les entreprises de passer par Guaymas, pèse de tout son poids dans le projet. Plus généralement, lorsque l’ALENA a été conçu, ses promoteurs affirmaient que çà créerait des emplois dans les trois pays. Evidemment, il n’en est rien. De nombreux emplois ont été délocalisés, des usines se sont installées à la frontière, côté mexicain, pour employer des immigrants refoulés, qui n’ont même pas assez d’argent pour retourner dans les régions d’où ils viennent, qui doivent travailler pour presque rien et sans aucune garantie – ils travaillent quand ça arrange l’entreprise et ne sont pas payés quand on n’a pas besoin d’eux (voir l’article d’Anne Vigna dans ‘Manière de Voir’ 128, avril-mai 2013).

carte-CANAMEX2small

Depuis, l’ALENA (NAFTA) doit être prolongé par le TTP – TransPacific Partnership [Partenariat Trans Pacifique, jusqu’à maintenant, 12 pays sont arrivés à un accord : L’Australie, Brunei, le Canada, le Chili, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle Zélande, le Pérou, Singapore, les Etats-Unis, et le Vietnam] – et par le TAFTA à travers l’Atlantique.
A part le CANAMEX, le Canada veut aussi construire des pipelines allant d’Alberta à la côte du Pacifique pour transporter ses sables bitumineux à travers le territoire des Autochtones Unist’ot’en et le territoire Wet’suwet’en, qui n’a jamais été cédé légalement, et dont les habitants continuent à résister. Il y a également de la résistance au Mexique contre La Parota Dam et la privatisation.

PARTENARIAT PRIVE PUBLIC
Les pouvoirs publiques des trois pays concernés, (fédéraux, des états et des municipalités) n’ont jamais eu les moyens de financer le projet CANAMEX et ont donc conclu des ‘Partenariats Privé-Public’ ou P3, qui pratiquement en reviennent à une quasi privatisation du projet et des terres confisquées : les entreprises privées avancent l’argent, mais les autorités doivent bien sûr rembourser et de plus garantir des bénéfices aux investisseurs. Dans le cas du CANAMEX, il a même été envisagé de faire des autoroutes à péage, ce qui jusqu’à maintenant n’existe pas aux Etats-Unis. [Pensez au Partenarial Privé-Public entre les pouvoirs publics français et Vinci !]

LA FRONTIERE
Si l’ALENA devait imposer la liberté totale de circulation des marchandises, il n’en est pas de même pour les humains. L’accord a donc été accompagné d’une politique délirante contre l’immigration, la militarisation des zones frontalières, la construction d’un mur par endroits, d’une barrière ailleurs, l’instauration de visas (au prix inabordable) pour les Autochtones dont le territoire a été divisé par les conquêtes des Etats-Unis sur le Mexique officialisées par le Traité de Guadalupe Hidalgo en 1848, de caméras de surveillance pas toujours dirigées vers le Mexique, de drones, de flics de la patrouille des frontières qui arrêtent qui bon leur semble, roulent à tombeau ouvert sur les pistes des réserves au prix de nombreuses vies de piétons, etc. La création de ‘ports intérieurs’ avec des ‘zones de commerce extérieur’ impliquerait la présence d’agents de la Protection des Douanes et des Frontières, ce qui accroitrait considérablement l’insécurité des immigrés bien au-delà des régions frontalières.

LE ‘CORRIDOR DU SOLEIL’
Outre l’axe CANAMEX, le périphérique 202 doit aussi faire partie d’un projet appelé ‘Corridor du Soleil’, qui a pour but de créer une mégalopole allant de Phoenix à Tucson, et peut-être même de Prescott à Nogales. Phoenix a déjà plus de 6 millions d’habitants, Tucson a des rues de 40 km ou plus. Ces villes consomment une quantité d’énergie et d’eau bien au-dessus de la capacité de cette région désertique. Les rivières, les nappes souterraines – surtout celles des Réserves Autochtones – sont pillées et s’épuisent. Dans la Réserve dite de Gila River, la Gila est à sec, ainsi que la Salt River au niveau de Phoenix. Pendant des années, les résidents de Gila River ont été privés d’eau et ont dû renoncer à une bonne part de leur agriculture, avec pour résultat des taux d’obésité et de diabète exceptionnels (les produits de l’agriculture traditionnelle étant remplacés par des supermarchés). Plus récemment, les autorités leur ont fourni beaucoup d’eau, mais il est trop tard pour rétablir les cultures traditionnelles, des terres sont réquisitionnées pour le projet d’autoroute et il est probable que l’eau soit objet de commerce. La pollution due au trafic routier cause déjà de nombreuses maladies pulmonaires, ce sera décuplé si le périphérique 202 est prolongé à travers la réserve. Et, une fois de plus, des sites sacrés pour les Autochtones seront détruits.

 

La Montagne du Sud: les cordelettes jaunes indiquent ce qui doit être détruit
Les rubans rouges indiquent les cactus qui doivent être supprimés

 

Sources (en anglais):
Interview de Kevin et Andrew, Akimel O’odham (voir vidéo)
Akimel O’odham Youth Collective
Stop CANAMEX

 

https://aoycblog.files.wordpress.com/2015/09/12083746_10207852765501420_606342089_n.jpg

 

Publié par Indigenous Action Media
Le 30 septembre 2015
Publié à l’origine sur le site du Collectif de Jeunesse Akimel O’odham
Traduction Christine Prat

https://aoycblog.files.wordpress.com/2015/09/12077501_10207852774741651_972328235_n.jpgPhoenix, Arizona – Le matin du 29 septembre 2015, le Service des Transports d’Arizona (ADOT) a tenu une réunion préliminaire à appel d’offres pour l’extension projetée du périphérique 202 au Centre de Convention de Mesa [banlieue de Phoenix]. La réunion a débuté à 9h et environs 15 O’odham et soutiens ont protesté à l’extérieur.

Cette réunion préliminaire faisait partie du processus d’accord de Partenariat Public Privé (P3) pour l’autoroute de la Montagne du Sud. Les accords P3 sont un accord commercial entre une entité publique (ADOT) et une entité privée (les entreprises). L’état d’Arizona n’a pas les moyens de construire l’autoroute seul et les contrats P3 sont la solution pour l’état. Il y a trois groupes qui pourraient emporter le contrat P3 : le Groupe Mobilité de la Montagne du Sud, le Groupe Développement de la Montagne du Sud et les Partenaires pour Connecter le 202. L’offre gagnante recevra des fonds fédéraux, mais les compagnies privées supporteront le reste des coûts, environs 2,3 milliards de dollars. Le contrat P3 donne aux entreprises privées quelques responsabilités pour les plans et l’entretient, et au fil des temps l’état les remboursera avec intérêts.

https://aoycblog.files.wordpress.com/2015/09/nosouthmtnfreewaycop.jpgLes manifestants se sont rassemblés devant l’entrée de l’immeuble brandissant des pancartes, scandant des slogans et chantant des chants O’odham. Le groupe a tenté d’entrer dans l’immeuble mais des policiers de Mesa et la sécurité privée ont bloqué l’entrée. La manifestation a forcé ceux qui assistaient à la réunion préliminaire à sortir par une autre porte, bien que les protestataires continuaient à défiler, essayant de trouver d’autres entrées du bâtiment. « Nos actions et notre présence aujourd’hui sont un exemple pour les entreprises impliquées, leur signifiant qu’elles ont tort de détruire nos sites sacrés » dit Deran Martinez, 25 ans, du village de Vah KI. « C’est (la Montagne du Sud) une part énorme de notre culture et nous ne nous retirerons pas en silence. » Vu que c’était une réunion préliminaire, il est très probable qu’il y en aura une autre dans les mois à venir, la date de construction d’ADOT se rapprochant, elle est actuellement prévue pour mars 2016. Il est aussi possible que la date de construction soit à nouveau repoussée à cause des poursuites en justice de la PARC (Protection des Ressources et des Enfants d’Arizona) et de la Communauté Indienne de Gila River. Le Collectif de Jeunesse Akimel O’odham continuera à fournir des mises à jour sur les réunions futures et les évènements concernant l’ADOT et les soumissionnaires au contrat P3, nous sommes persuadés qu’il y aura une autre occasion de viser l’ADOT et ces groupes de développement. Nous continuerons à nous opposer à la construction de l’extension de l’autoroute de la Montagne du Sud.

Collectif de Jeunesse Akimel O’odham
akimeloodhamyc@gmail.com

 

https://aoycblog.files.wordpress.com/2015/09/12071837_10207852777741726_1523239190_n.jpg

 

 

 

ECRASONS LE PROJET D’AUTOROUTE DE LA MONTAGNE DU SUD: CE PREMIER MAI, PORTONS UN COUP AU SYSTEME MONDIAL DU TRAVAIL

Lundi 30 mars 2015

Par un groupe d’Anarchistes de Phoenix
Traduction Christine Prat

Ce Premier Mai, nous appelons ceux qui s’opposent au système mondialisé du travail à se rassembler à Phoenix pour manifester jusqu’au siège du Service des Transports d’Arizona (ADOT). L’ADOT est la bureaucratie des transports derrière les 30 ans de pressions pour construire une extension du périphérique 202, qui détruirait les crêtes ouest de la Montagne du Sud et prolongerait la branche sud du 202.

Cette autoroute n’entrainerait pas seulement l’expansion des banlieues et des centres commerciaux dans le désert, elle élargirait aussi le projet des bureaucrates et des capitalistes de construire le couloir de commerce international de CANAMEX du Mexique au Canada. La lutte contre les accords commerciaux du NAFTA et du TAFTA prend ici chez nous la forme de la résistance aux infrastructures de transport. L’extension du périphérique 202 à travers la Montagne du Sud et son rôle de raccourci pour les camions, tout comme les projets de l’ADOT de route Nationale 11 et du couloir de CANAMEX, sont des pièces maîtresses de cette infrastructure. Les accords commerciaux internationaux, leurs routes et leur développement sont supposés doper l’économie, ce qui ne nous profite pas, et puis, à quel prix ?

Cette extension est combattue depuis longtemps par les Autochtones Akimel O’odham de la Communauté Indienne de Gila River (GRIC), qui se sont opposés à toutes les propositions d’autoroute de l’ADOT. Pour les Akimel O’odham, la Montagne du Sud est un site sacré et toute démolition de la montagne constituerait une profanation d’un lieu saint. Le Collectif de Jeunesse Akimel O’odham est un groupe de résidents de la GRIC qui se sont organisés contre l’autoroute. Sur leur blog ils expliquent le genre de dommages que l’extension du périphérique 202 à la Montagne du Sud causerait :

Des membres de la Communauté Indienne de Gila River s’opposent à ce projet depuis les années 1980. Les dégâts résultant de la construction d’une autoroute sont nombreux, entre autres la destruction des villages préhistoriques de Villa Buena et Pueblo del Alamo, la destruction d’habitats d’espèces animales menacées, et la destruction de plantes qui sont au centre de la culture O’odham traditionnelle. Des études d’impact environnemental du 202 indiquent également que l’habitat des chevaux sauvages de Gila River serait irréversiblement perdu si l’autoroute était construite, et qu’il n’y a pas d’habitats alternatifs permettant aux chevaux sauvages de survivre.

Des résidents de la région au nord de la GRIC s’opposent également à l’autoroute, ainsi des résidents Ahwatukee ont protesté et se sont aussi organisés pour bloquer l’éventualité d’une autoroute. Le projet le plus important organisé contre l’autoroute est Protéger les Ressources et les Enfants d’Arizona (PARC – Protecting Arizona Resources and Children). PARC a l’intention de déposer une plainte en justice dans le but de bloquer l’extension de l’autoroute en assignant l’ADOT et l’Administration Fédérale des Autoroutes devant un tribunal sur les questions de santé et d’environnement.

En ce qui nous concerne, nous avons choisi le Premier Mai pour manifester contre l’ADOT et dénoncer l’extension du périphérique 202 parce que nous nous opposons aux routes commerciales du capitalisme mondialisé qui déplacent des marchandises et des gens, accroissant la misère de la vie quotidienne dans cette société obsédée par le travail. Nous marcherons aussi sur le siège de l’ADOT parce que l’autoroute détruira des habitats, polluera l’air et abaissera la qualité de la vie des humains et des animaux.

Le Premier Mai est maintenant considéré comme le jour des travailleurs contre le capitalisme, mais à la racine du Premier Mai il y a une célébration de la connexion des ‘humains’ avec la terre. Comme Peter Linebaugh le rappelle dans son Histoire du Premier Mai :

En Europe, comme en Afrique, les gens honoraient les bois de diverses manières… Ils le faisaient en Mai, mois nommé d’après Maia, la mère de tous les dieux d’après les Grecs anciens, qui avait enfanté Zeus.

En Grèce, à Rome, en Ecosse, en Scandinavie et ailleurs, les gens le célébraient avec de la musique, des activités communes, des danses, des feux, en plantant des arbres et en érigeant des mâts de mai.

Dans l’esprit des célébrations précapitalistes du Printemps début mai, et des manifestations actuelles de résistance au capitalisme, nous en appelons à tous ceux qui s’opposent à ce qu’une autoroute de plus cause des destructions à la terre, l’air et l’eau. Vu que nous sommes contre le travail, nous en appelons à tous ceux qui s’opposent au système mondial du travail et au rôle de l’autoroute pour accélérer la circulation des marchandises et des travailleurs sur son parcours.

Nous en appelons aussi à ceux qui croient que la ‘décolonisation’ à l’intérieur de soi et le ‘retour à l’état sauvage’ ne peuvent se substituer à l’action anticoloniale contre les colons sur des terres volées. Comme il est écrit dans l’article Contre le Complexe Industriel de la ‘Solidarité’ : Pas d’Alliés, des Complices : « Peu importe à quel point vous êtes libérés, si vous occupez toujours des terres Autochtones, vous êtes des colonisateurs. »

Nous croyons que les anti-autoritaristes et anarchistes engagés dans des projets de luttes écologiques, contre l’infrastructure ou contre la militarisation doivent aussi entrer en relation avec les Autochtones de ce pays occupé. En écho à l’appel formulé dans Pas d’Alliés, des Complices, nous affirmons qu’une lutte contre le colonialisme doit attaquer les structures et les idées coloniales. Que vous puissiez nous rejoindre à Phoenix ou que vous soyez dans d’autres régions d’Arizona, nous vous encourageons à organiser un Premier Mai anticolonial.

Vendredi 1er mai à 10h du matin, manifestation jusqu’au siège de l’ADOT. Rassemblement au Parc Cesar Chavez, entre Washington St. Et Jefferson St., à l’ouest de la 1ère Avenue au centre de Phoenix.

Un groupe d’Anarchistes de Phoenix
phoenixmayday15@gmail.com

 

Voir de nombreux articles traduits en français sur la lutte contre le périphérique 202

 

 

PAS D’AUTOROUTE SUR LA RESERVE DE GILA RIVER!

Par Akimel O’odham Youth Collective
6 juillet 2013

Akimel O’odham Youth Collective
E-mail: akimeloodhamyc@gmail.com
Phone: 520-510-3407
http://www.AOYCBlog.wordpress.com

See original article in English

Traduction Christine Prat

(Voir aussi ci-dessous traduction de l’article d’Allison Hurtado dans Ahwatukee Foothills News)

 

Mercredi 3 juillet 2013, le Conseil de la Communauté Indienne de Gila River (GRIC) a tenu sa première réunion régulière du mois. L’enquête sur l’initiative des Propriétaires terriens organisée par la firme Pangea était au programme, en particulier l’exclusion de signatures tenues pour avoir été obtenues de manière frauduleuse selon une enquête de la police de la GRIC. Le but de l’initiative des Propriétaires était – si le conseil de la GRIC l’avait adoptée – d’annuler le vote de la Communauté de février 2012 dont le résultat a été une victoire pour les partisans de l’option de « Non-Construction » de l’extension du Périphérique 202 dans la région de la Montagne du Sud [Site sacré pour les Autochtones – NdT]. L’initiative des Propriétaires forcerait la GRIC a organiser un autre vote, cette fois avec une formulation qui n’autoriserait que deux options : Oui ou Non, et exclurait l’option de Non Construction.

En mai 2013, une réunion spéciale du conseil de la GRIC a été organisée pour prendre connaissance des résultats de l’enquête de la police de la GRIC. A cette réunion, le service de police de la GRIC a révélé que des preuves de fraude et de tromperie avaient été découvertes dans les méthodes employées par Pangea pour obtenir des signatures. Ceci constitue une violation directe du Code de la Communauté Indienne de Gila River, qui stipule qu’ « une personne est coupable d’obtenir une signature par tromperie si, dans l’intention de frauder, elle obtient la signature, sur un document écrit, d’une autre personne en travestissant délibérément ou en omettant des faits importants pour le document ou la transaction ». Depuis que la Compagnie Pangea en collaboration avec les Propriétaires de la Communauté ont commencé à collecter des signatures, il y a toujours eu des preuves officieuses dans la Réserve, que les employés de Pangea faisaient du porte à porte pour dire aux membres de la Communauté qu’ils collectaient des signatures pour une pétition pour le « Non à l’autoroute ».

Nathaniel Percharo, un porte-parole des Propriétaires de la GRIC, a admis être au courant de plusieurs types de fraude lors de la collecte des signatures. Après avoir enquêté sur ces allégations de fraude et de tromperie, à la réunion du conseil de mai 2013, la police tribale a déclaré qu’il y avait des preuves de fraude. Lorsqu’ils ont pris contact avec des individus dont le nom figurait sur la pétition, certains ont dit ne l’avoir jamais signée. Lorsque la pétition a été présentée pour la première fois au programme d’élections tribales, 750 des 1509 signatures ont été exclues, c’est presque les deux tiers de la totalité. Au lieu d’abandonner l’initiative des Propriétaires, le Conseil de la GRIC l’a renvoyée aux opérations de vérification du Programme d’Elections Tribales pour voir s’il y avait assez de signatures valables pour continuer le projet. L’Initiative devait alors être examinée lors de la première réunion régulière de juillet pour prendre connaissance des conclusions de l’enquête.

Le 3 juillet, jour de la réunion du conseil, il n’y avait pas trace des fondateurs de Pangea, ni de propriétaires à part Nathaniel Percharo et son épouse. C’était très inhabituel, alors qu’auparavant, quand une question concernant Pangea figurait à l’agenda du conseil, les salles du conseil étaient remplies de propriétaires que Pangea amenait dans des bus de luxe loués par la firme. Les porte-parole de Pangea, Joseph Perez et Christi Perez n’étaient pas présents non plus à cette réunion du conseil, le jour où le sort de l’initiative de leur entreprise devait être décidé.

Avant que les intervenants puissent parler, la membre du conseil Jennifer Allison présenta deux motions. La première était d’accepter les conclusions de la police tribale et d’exclure encore 176 signatures de la pétition de Pangea, vu qu’il y avait lieu de croire qu’elles avaient été falsifiées. Des 1509 signatures présentées par la firme Pangea et le groupe de Propriétaires Terriens de la GRIC, plus de la moitié se sont révélées avoir été obtenues frauduleusement ou par tromperie. Avec les 750 signatures initialement exclues, puis les 176 de plus, on arrivait à un total de 926 invalidées. Ce qui ramenait le nombre de signatures valables en dessous des 643 nécessaires pour continuer.

La deuxième motion du conseil a pour conséquence de mettre un terme à l’initiative des Propriétaires de forcer à un nouveau vote sur la question du passage du Périphérique 202 sur des terres tribales de Gila River. Ceci signifie que le vote pour la « Non-Construction » de février 2012 est toujours en vigueur en tant que position de la communauté. Il n’y aura pas d’alignement du territoire de la réserve pour le projet d’extension du Périphérique 202 de la Montagne du Sud.

Il reste à voir si les employés de Pangea et les membres du groupe de Propriétaires Terriens de la GRIC encourront des condamnations telles qu’elles sont définies sous le Titre 5, Chapitre 6, Section 5.602 (B) du Code de la Communauté Indienne de Gila River, qui stipule que « la peine pour l’obtention d’une signature par tromperie sera au maximum 180 jours de prison ou une amende de 500 dollars maximum, ou les deux ». Si des condamnations sont prononcées pour chaque acte individuel de tromperie, Percharo et Perez pourraient devoir plus de 400000 dollars à la Communauté Indienne de Gila River (500 dollars pour chacune des près de 800 signatures invalidées) ou risquer jusqu’à 144000 jours de prisons, c’est-à-dire 394 ans.

 

Akimel O’odham Youth Collective et Gila River Against Loop 202

 

——————————————————————————–

 

GILA RIVER (ARIZONA) : LE PERIPHERIQUE 202 NE PASSERA PAS SUR LES TERRES TRIBALES

Par Allison Hurtado, Ahwatukee Foothills News
Vendredi 5 juillet 2013

Traduction Christine Prat

See original article in English

 

Une tentative de la dernière chance pour obtenir l’approbation de la Communauté Indienne de Gila River (GRIC), pour que l’extension du Périphérique 202 près de la Montagne du Sud passe sur des terres tribales au lieu de suivre la Route de Pecos, a échoué.

Le Conseil Tribal a appris mercredi que lorsque les signatures frauduleuses seraient retirées de la pétition, il devrait annuler le vote de la tribu, étant donné qu’il ne resterait plus assez de signatures pour continuer.

Les signatures avaient été recueillies par un groupe connu sous le nom de propriétaires terriens de GRIC. Le groupe possède des terres allouées le long de la frontière formée par la Route de Pecos et croit qu’autoriser la portion d’autoroute à passer sur des terres tribales non seulement apporterait un bénéfice économique à la tribu, mais serait la seule façon de sauver la Montagne du Sud.

La tribu a organisé un vote en février 2012, demandant aux membres de la communauté si la portion d’autoroute devait être construite sur des terres tribales, en dehors des terres tribales, ou ne pas être construite du tout. L’option de « Non Construction » à remporté la majorité des voix, mais ce seront le Service des Transports d’Arizona et l’Administration Fédérale des Autoroutes qui décideront en dernière instance.

Etant donné que la Montagne du Sud est sacrée pour la GRIC, les Propriétaires Terriens ont décidé d’organiser une pétition qui annulerait le vote précédent et amènerait à en organiser un autre. Le nouveau scrutin ne donnerait que deux options à la communauté : oui ou non […au passage sur les terres tribales : l’option de non-construction serait supprimée, or, les Autochtones pour qui la Montagne du Sud est sacrée, craignent les effets de la pollution – NdT].

Plus de 1500 signatures ont été présentées au bureau des élections tribal en septembre 2012. Les Propriétaires de terres croyaient que plus de 800 de ceux qui avaient signé la pétition étaient inscrits comme votants et que seulement 643 signatures étaient nécessaires pour organiser des nouvelles élections.

En février dernier, l’initiative a été bloquée vu qu’il avait été demandé à la police tribale d’enquêter sur des affirmations selon lesquelles des signatures seraient frauduleuses. La police tribale est venue déclarer au conseil qu’il y avait des signatures frauduleuses. Dès qu’elles ont été retirées, il n’y avait plus assez de signatures pour assurer la validité de la pétition, selon le bureau des élections tribal.

Christi Perez, co-fondatrice de Pangea Corporation, la compagnie qui a aidé les Propriétaires de terres, a déclaré que les Propriétaires mettaient en question la validité de ces résultats.

« Les Propriétaires sont certains qu’il y avait assez de signature » dit-elle. « Il y a eu plusieurs rapports indiquant le nombre de signatures validées et dans tous les cas elles étaient suffisantes, excepté ce dernier chiffre. Nous ne savons pas exactement ce que les Propriétaires peuvent faire, mais nous allons enquêter ».

Les membres de la communauté qui se battent contre l’autoroute et soutiennent le choix de « Non-Construction » se disent satisfaits des résultats.

« Je suis heureux » dit Andrew Pedro, membre de Gila River Contre le 202. « Je suis tout simplement content de voir que nous avons fait un pas de plus vers la défaite de l’autoroute. Il faut espérer que çà continuera dans ce sens et amènera notre gouvernement tribal à soutenir l’option de ‘Non-Construction’ plus qu’ils ne l’ont fait jusqu’à maintenant ».

 

——————————————————————–

Voir aussi les articles précédents traduits en français sur la lutte contre le périphérique 202