‘BIG MOUNTAIN: LA TERRE, LA RESISTANCE ET LA HAINE DES AUTOCHTONES QUI SE DECHAINE’

Par ©NaBahe Katenay Keediniihii
Publié avec permission sur Censored News
Le 5 septembre 2019
Traduction Christine Prat
(Sur l’histoire de Big Mountain voir aussi article de 2015, sur ce site)

L’histoire des Amérindiens a été réécrite au profit du patriotisme requis par l’agression capitaliste. L’Amérique Autochtone d’avant, possédait déjà la vie intellectuelle, l’éducation et l’autogouvernement. L’égalitarisme était, avec la spiritualité, la valeur suprême. Ce blog espère présenter des idées et une discussion fondées sur la conscience de cela. – Sheep Dog Nation Rocks

Les terres étaient plus sauvages que jamais avant l’invasion européenne. Cependant, les effets graves ou mineurs des sécheresses périodiques au cours des 25 dernières années est évident. Beaucoup de sources naturelles ont disparu. Certaines broussailles et herbes autochtones sont maintenant peu abondantes et disséminées, comme la Rose des falaises qui se maintient à peine en vie. La forêt de genévriers et les prairies ont des couleurs gris sombre ou orange, parce que les prairies de sauge ont cessé d’exister, tout comme les pins donnant des pignons sont en train de s’éteindre. Les loups, les élans, les chevreuils, les lynx et les renards sont plus nombreux. Les plantes envahissantes comme le brome faux-seigle, le chardon russe, les bourgeons de tamaris, absorbent le peu d’humidité qu’il y a dans le sol. Les animaux envahissants, le bétail, ou le bœuf comme ressource, continuent d’avoir tous les droits légaux d’exister. Les herbages sont abondants après un hiver pluvieux, mais ceux qui y broutaient avant, les troupeaux de moutons et de chèvres d’une culture pastorale d’autrefois, ont pratiquement disparu.
Les humains qui y vivaient avant, les Diné (Les Gens) sont peu nombreux, résidant illégalement ou strictement légalement, sont éparpillés sur des kilomètres de vide, laissé par d’anciens voisins qui ont été déplacés de force. Ce traumatisme humain actuel n’implique pas une population de millions de gens ou vivant sous les bombes, mais ça cause tout de même d’horribles souffrances, au moyen d’une agression psychologique subtile et bien pensée. Les enfants des Anciens traditionnels qui ont autrefois développé une résistance culturelle fondée sur la terre, contre la politique fédérale, sont maintenant des gens très âgés à leur tour. Comme la végétation ou les sources naturelles qui meurent autour d’eux, ils s’accrochent à un style de vie qui est en train de se réduire à un souvenir et un rêve. Ils ne peuvent s’occuper de leurs troupeaux de moutons et de chèvres qu’au jour le jour, mois après mois, malgré tous leurs problèmes de santé. Les pratiques de guérison anciennes, fragmentées pendant le choc de la politique de déportation, et les soins médicaux modernes, sont à des heures, par les pistes pour véhicules tout-terrain, qui mènent à ces résistants Diné.

Le combat Diné, qui défie depuis 42 ans la dure loi de l’apartheid, n’est pas terminé. Les résistants et leurs familles étendues réclament toujours du soutien. Ceux qui peuvent paraître n’être qu’une poignée des collectifs de l’extérieur, un mélange de Blancs et non-Blancs, continuent à consacrer leurs congés pour venir soutenir les résistants. C’est une résistance qui a été représentée de diverses manières, de “cœur du mouvement autochtone souverain” à un “génocide politisé, au nom de l’extractivisme de carburants fossiles.” Beaucoup de ceux qui sont sur place et ceux qui les soutiennent relient ce qui se passe pour les Diné à Big Mountain aux luttes universelles, culturelles et sociales, pour la libération et la protection des environnements naturels. C’est toujours une résistance et un combat incessants, pour lesquels les Diné sont aidés par des bénévoles, des gens qui viennent chez eux pour garder les moutons, ou fournir une thérapie mentale en ce lieu oublié, vide et lointain. Des caravanes de soutien sont organisées pour amener des équipes saisonnières pour ramasser du bois de chauffage, réparer les abris et les routes, et livrer de la nourriture et des ustensiles. Ce n’est en aucun cas une forme de protestation organisant des blocages sur des propriétés d’une ville ou d’une entreprise. C’est une véritable solidarité de travail productif et de résultats, entièrement conduite par des Autochtones, des Diné, de ces terres ancestrales particulières.

Les reportages de l’époque, sur les origines de la loi sur la déportation et le partage du territoire reviennent souvent comme gros titres des grands médias, “Le Conflit Territorial Diné-Hopi.” Il faut savoir que, selon les sources historiques, il n’y a jamais eu d’invasion Diné de Black Mesa, qui aurait pillé les Hopis. C’est la résurgence de l’histoire d’une prétendue dispute intertribale qui fait que les Services Policiers Hopi, modernisés et restructurés, subdivision des Services Hopi des Ressources, s’imposent sur les terres ou les pâturages des résistants Diné.
Bien sûr, toutes ces terres de Big Mountain et Black Mesa étaient la copropriété des ancêtres des Diné et des Hopis, et c’était une coexistence Autochtone des villages et des sociétés spécifiques de la région. La politique américaine et la loi tribale imposée par le gouvernement fédéral sont identiques. D’où leur soudaine introduction de cette mentalité raciste et de la “haine” envers les résistants Diné. En générale, les explications ne vont pas plus loin, parce que selon la loi des Etats-Unis, ces gens traditionnels et leurs familles étendues enfreignent un vieil ordre d’expulsion. On dit aux résistants: arrêtez immédiatement de réparer, débarrassez-vous du bois neuf ou des matériaux pour la toiture, le troupeau est hors des limites, vous devez avoir un permis en règle pour couper et transporter du bois de chauffage, toute nouvelle structure pour tirer de l’eau ou récolter doit être démantelée.
Aujourd’hui, cette politique antihumaine et anti-nature des Etats-Unis dans cette région du pays Indien, va bien au-delà des violations des droits humains habituelles. Peut-être est-ce une injonction de suivre la norme du monde où les gens naturellement simples sont déplacés, leur population réduite et torturée jusqu’à l’extinction.
Les Anciens, résistants de Big Mountain, pour la plupart encore traditionnels, avec une connaissance limitée de l’anglais, ne peuvent pas aller à leur rendez-vous chez le médecin ou obtenir les médicaments sur ordonnance, parce que leur Transport Médical Non-Urgent (NEMT) est menacé par les patrouilles de police Hopis. Des membres du personnel des transports agréés et autorisés par le Service de Santé Navajo, ont été menacés par les services Hopi de saisie de leur véhicule. Quelque soient les moyens juridiques ou les réglementations du gouvernement tribal employés, les Anciens dans les territoires soumis à l’apartheid ont de graves problèmes médicaux. Certains pourraient mettre leur vie en danger ou poser des problèmes de santé plus graves encore. Cela se produit au moment où j’écris. Une dame âgée qui a besoin d’un checkup régulier et d’un examen des yeux, ne sait pas si le chauffeur du NEMT arrivera jusque chez elle. Le NEMT et les Infirmières de Terrain prennent déjà beaucoup de risques en prenant les longues pistes pour véhicules tout-terrain, plus deux heures sur les routes goudronnées, et deux allers-retours par jour.
Une Ancienne dit “si les Hopis veulent imposer leur autorité partout, même dans la Nation Navajo, ils doivent commencer par permettre à leur centre médical tribal de se charger des visites d’infirmières et du transport. Mon frère et moi sommes malades à tour de rôle et avons besoin d’aide médicale. C’est déjà assez dur pour les chauffeurs du NEMT et les Infirmières de Terrain, vu que nous vivons dans une zone isolée, loin de l’hôpital.”
Et il y a cette impuissance, à laquelle on ne peut rien faire pour rendre la police responsable. Le pire est que ça se passe dans une région isolée du pays Indien, où il n’y a personne pour faire des rapports sur le nombre de résistants Diné auxquels on refuse une visite au médecin.
De plus, ce problème de résistance à la loi de déportation n’a jamais été vu comme “un Conflit Territorial Navajo-Hopi” par les Anciens de Big Mountain, mais plutôt comme une question de profit pour les grandes entreprises d’extraction des ressources. Ce que les nouveaux Hopis font, c’est de semer la haine et la terreur. Partout dans le monde, les gens voient les Hopis comme un peuple à la culture pittoresque avec des spectacles de danses uniques, et savent que leur nom signifie ‘Gens de la Paix’. Ce que font ces nouveaux Hopis n’a rien à voir avec la paix.

Le charbon de Black Mesa
Oui, si nous l’appelons Notre Mère la Terre, nous sommes à son image. Le mouvement de résistance des Anciens de Big Mountain a ramené beaucoup d’anciens enseignements pour l’humanité, et l’un d’entre eux était “Le Charbon est le foie de la Montagne Féminine. Et si l’extraction du carburant fossile continue, la Montagne Féminine sera vidée de tous Ses fluides, les eaux, le pétrole et son sang.”
Il y a une sorte de soulagement étrange et malsain, suite à la fermeture de la mine de charbon de Peabody. La centrale au charbon qui brûlait le charbon de Black Mesa fermera bientôt aussi. Tout cela est mauvais, parce que personne ne parle de la loi de déportation de 1974 [PL 93-531], qui a pour but de dépeupler Big Mountain pour industrialiser d’autres gisements de charbon. Mauvais et étrange, parce que les lois d’apartheid resteront, mais pour quelle sorte d’extraction de carburant fossile?
A propos de ces fermetures, des Anciens de Big Mountain disent:
“Maintenant, il n’y a plus réception pour les téléphones portables, ou ça revient seulement brièvement. La compagnie Peabody Coal dit que toutes les tours de réception pour téléphones lui appartenant sont en train d’être démantelées.” [Le téléphone portable est le seul moyen de communication avec le monde extérieur – NdT].
“Les résidents Diné – Navajo – aux abords des mines ont eu la priorité pour emporter les déchets de métaux et d’acier. On leur a proposé un prix très bas et beaucoup de gens des environs ont transporté des tonnes d’acier.”
Je me demande:
“Que vont faire les gens avec des tonnes de métal et d’acier? Forger des barbecues, des clôtures pour le bétail, et des poêles à bois pour les vendre? Pourquoi les gens ne sont-ils plus capables de penser?! Où est passée la conscience?! Nos Réserves ont besoin de petits ponts au-dessus des lits de rivières dangereux!”
Les mineurs, les travailleurs des mines, et les employés des centrales électriques sont apparemment bornés. La dernière chose que les patrons de leur entreprise feront, c’est d’accuser Wall Street. Il vaut mieux dénoncer les soi-disant “amoureux de la terre et les écologistes”, ceux qui ont causé la perte de leurs emplois. Plus de haine, comme s’il n’y en avait pas assez.

NaBahe SheepDog Keediniihii

Pas un Indien typique. Ai grandi sur les terres sauvages de Big Mountain, élevé par des parents intelligents et aimants, qui ne parlaient pas anglais, mais qui suivaient encore les traditions anciennes d’un mode de vie naturel et durable. Aujourd’hui, je n’ai pas tellement peur d’être un Solitaire, mais je suis très fier et honoré de transmettre les sagesses enseignées par ma Maman et mon Papa, et tous les sages du pays de Big Mountain. Yea’go’h, Ni’zhoni !

 

DE BIG MOUNTAIN A NEW YORK POUR DEMANDER JUSTICE, DES NAVAJO ET DES HOPIS EXIGENT LA FERMETURE DE LA CENTRALE AU CHARBON DE PEABODY COAL

 

Par Katherine Davis-Young
Public News Service, Arizona
10 septembre 2018
Également publié sur Censored News
Traduction Christine Prat

PAGE, Arizona, 10 septembre 2018 – Des membres de la Nation Navajo sont à New York, ce lundi, pour attirer l’attention sur la plus grande centrale au charbon de l’Ouest.

La Centrale ‘Navajo’ [Navajo Generating Station], dans le nord de l’Arizona, doit fermer l’année prochaine. Mais la firme d’investissements de New York, Avenue Capital Group, envisage de l’acheter.

La centrale au charbon fournit des centaines d’emplois aux Navajos et est une source importante de revenus pour la tribu. C’est capital dans la réserve Navajo, où le taux de chômage est d’environs 45%. Ainsi, beaucoup de Navajos soutiennent la vente et la continuation des activités de la centrale.

Mais Nicole Horseherder, directrice exécutive du groupe environnemental Navajo To Nizhoni Ani, dit que la centrale au charbon pollue l’air et l’eau, et a des conséquences sur la santé des gens des environs. [Il est bon de rappeler que beaucoup de Navajos vivant à proximité n’ont pas l’électricité, la centrale alimente surtout les grandes villes du sud-ouest – NdT].

“Je pense qu’il est important pour les gens là-bas de savoir que le type d’emplois et de revenus dont nos avons besoin, sont de ceux qui ne tuent pas les gens et ne détruisent pas l’environnement,” dit-elle. “Donc, nous disons aux gens qui sont inquiets pour les emplois et les revenus, nous le sommes aussi.”

Le Groupe de Travail pour l’Air Pur [Clean Air Task Force] fait savoir que la pollution de l’air par la Centrale Navajo contribue à l’asthme et aux crises cardiaques dans la région.

Photo Desmog Blog

 

Des données de l’Agence pour la Protection de l’Environnement montrent que la centrale est l’une des plus grandes sources d’émission de carbone du pays.

  1. Horseherder et plusieurs autres membres de la Nation Navajo espéraient rencontrer un PDG d’Avenue Capital Group à New York. Elle dit qu’elle voulait que l’acheteur potentiel entende les gens dont la santé est touchée par l’énergie du charbon.
  2. Horseherder s’inquiète de ce que la Nation Navajo soit trop dépendante de la centrale. Elle dit qu’avec ou sans repreneur, l’énergie du charbon finira par décliner.

“Comme chacun sait, le charbon n’est pas illimité,” fit-elle remarquer. “Un jour, il n’y aura plus de charbon dans le sol, il sera épuisé. Que ferons les gens, alors? Allons-nous continuer à abandonner le sort de nos vies et de notre avenir à l’industrie et aux services?”

La Centrale Navajo fournit de l’énergie à l’Arizona, au Nevada et à la Californie, et aux pompes qui apportent de l’eau au centre et au sud de l’Arizona.

Mais les services publics d’Arizona, qui font fonctionner la centrale, ont trouvé des alternatives meilleur marché dans le gaz naturel, ces dernières années.

La centrale et la Mine de Kayenta toute proche doivent fermer en 2019, si elles ne sont pas vendues.

Katherine Davis-Young

 

Cette photo et la précédente: Cronkite News

 

Quelques témoignages de participants (publiés sur le site Wakelet):

 

Nicholas Ashley et sa fille, à New York dimanche 9 septembre 2018:
Des membres de ma famille sont morts et d’autres ont été blessés au cours d’accidents sur les sites d’industries d’extraction. Je vais à New York pour faire savoir au capital financier mondial que les Diné ne mettront plus en jeu leurs corps et leurs terres pour les multinationales. En tant que Diné, notre existence même est liée au sort de notre terre, notre eau et notre air. Ma fille est ma raison d’agir. Son avenir sur cette terre vaut la peine de se battre.
– Nicholas Ashley, 24 ans, coordinateur de Tó Nizhóni Clean Energy pour un Arizona Sain, Big Mountain.

 

Mikayla Johnson et Ryan Simonson préparent des pancartes pour la manifestation devant le siège principal d’Avenue Capital sur Park Avenue.
L’entreprise Avenue Capital de Marc Lasry, qui prend parti pour Peabody Energy et le gouvernement Trump, essaie de renflouer une Centrale Navajo non rentable, de baisser fortement les coûts et de prolonger les opérations charbonnières dans la Nation Navajo, à une époque où le Sud-ouest est en train de passer à l’énergie solaire et éolienne.

 

Le monde entier se tourne vers l’énergie renouvelable et la Nation Navajo restera en arrière. Je suis de la jeune génération de Black Mesa. Ma vision c’est de voir mon peuple Navajo avoir des opportunités économiques qui ne détruisent ni notre culture ni notre langue.
– Rene Simonson, 19 ans, étudiant, de Big Mountain.

 

 

 

 

 

“MINES ET RESISTANCE EN PAYS DINE [NAVAJO]”

 

D’après une émission de Laura Flanders
Du 7 juillet 2016,
The Real News Network
Publié sur Censored News
Le 12 juillet 2018
Traduction Christine Prat

 

Un documentaire spécial, filmé sur place, en Dinétah, le nom du Pays des Navajos, qui couvre des territoires en Arizona, au Nouveau-Mexique, dans le Colorado et en Utah. 21 milliards de tonnes de charbon, la plus grande réserve des Etats-Unis, estimée à 100 milliards de dollars, sont restées intactes jusqu’en 1966. Cette année-là, Peabody Coal Company a signé un bail avec un conseil tribal Hopi qu’elle avait contribué à créer. En 1974, le Congrès a adopté la Loi sur la Résolution des Terres Navajo et Hopi, plus connue comme “loi de déportation”. Elle divisait environs 8000 km² de terres entre les tribus Diné et Hopi. Quasiment du jour au lendemain, des dizaines de milliers de Diné et quelques centaines de Hopi étaient devenus “illégaux”.

Depuis, on estime que de 10 000 à 20 000 Diné ont été déplacés de force. Aujourd’hui, seul un petit groupe de Diné, pour la plupart des personnes âgées, continuent d’y vivre, et ceux qui restent subissent des pressions pour partir. Plus de 40% des foyers n’ont pas l’eau courante. Les deux mines de Peabody Energy ont extrait plus de 400 millions de tonnes de charbon et pompé 70% de l’ancienne nappe aquifère. La mine de Peabody à Kayenta alimente la Centrale Navajo, propriété du Ministère de l’Intérieur des Etats-Unis, qui fournit de l’eau et de l’électricité à Phoenix, Tucson, Las Vegas et Los Angeles. Quel est le coût, en vies humaines Navajo, de l’eau et de l’énergie fournies à ces villes? Le jour de la fondation des Etats-Unis, nous avons rendu visite à des jeunes et Anciens Diné, qui se rejoignent pour se battre pour la survie de leur culture, en luttant contre la déportation causée par la politique du gouvernement des Etats-Unis, et contre l’exploitation causée par l’extraction minière et d’autres industries polluantes.

Un officiel a déclaré au Congrès en février 2016 que les familles qui restent seraient chassées fin 2018.

 

Vidéo en cours de traduction, en attendant, cliquer sur cc pour des sous-titres en anglais.
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Chant de l’AIM par Blackfire

 

 

LA CONVENTION DE L’ONG [NAVAJO] DINE CARE DENONCE LES DEGATS DE L’EXTRACTIVISME ET LA POLLUTION EXTREME DES TERRITOIRES AUTOCHTONES

 

La Convention de l’ONG Diné CARE [Citizens Against Ruining our Environment – Citoyens Contre la Destruction de notre Environnement] pour les Gens de l’Ouest de la Nation Navajo, a débuté le 1er juin 2018 à Dilkon dans la Nation [Réserve] Navajo. Une seconde Convention, pour l’Est de la Nation Navajo, a eu lieu du 21 au 23 juin 2018, à Counselor et Lybrook, au Nouveau-Mexique. Diné CARE fête ses vingt-huit ans d’existence.

Brenda Norrell était sur place, en compagnie de Govinda Dalton, de ‘Spirit Resistance Radio’, et elle a transmis des articles sur les sujets discutés. Vous trouverez ci-dessous l’historique du mouvement et un résumé des principales interventions, essentiellement celles qui dénoncent l’extractivisme dont la Nation Navajo est victime depuis des décennies – et même depuis plus d’un siècle, si on prend en considération la déportation, mortelle pour beaucoup, de milliers de Navajos, de 1864 à 1868, suite à une annonce finalement fausse de la probable existence de mines d’or dans leur territoire. Certaines interventions ont déjà été traduites et publiées, si vous ne les avez pas déjà lues, vous les trouverez en cliquant sur le lien “lire la suite”.

Christine Prat

 

 

 

NAISSANCE DU MOUVEMENT POUR LA JUSTICE ENVIRONNEMENTALE, DINE CARE, À DILKON, NATION NAVAJO, EN 1990

Par Brenda Norrell
Publié sur Censored News
6 juin 2018
Traduction Christine Prat

 

DILKON, Nation Navajo – Les photos sont passées et les souvenirs s’effacent. Mais il y a la liste de 127 noms, et les mots des légendes de ce mouvement qui transcendent les années de lutte – 28 ans depuis que la lutte pour la justice environnementale a débuté, comme mouvement de l’époque moderne.

Le Chef Johnny Jackson, Cascade Klickitait, était venu de la Rivière Columbia, le Hopi Thomas Banyacya était présent, et une délégation de Séminoles de Floride s’était jointe à ceux qui combattaient les décharges toxiques, l’extractivisme, l’exploitation forestière, les tests nucléaires, les fuites d’uranium et les attaques secrètes contre les territoires et les peuples Autochtones.

Aujourd’hui, pour célébrer ce mouvement à la Convention de Diné CARE, nous avons lu les paroles de Thomas Banyacya, qui avait prononcé le message des Anciens Hopi lors du premier rassemblement, le 29 juin 1990.

“Peut-être pouvons-nous emmener un peu de ces fuites d’uranium à Washington et les répandre autour de la Maison Blanche et leur dire ‘Ne vous inquiétez pas, ça ne va pas vous faire de mal,’ ” avait dit Banyacya.

Maintenant, 28 ans plus tard, Earl Tulley, vice-président de Diné CARE, revient sur la façon dont le rassemblement original, ici à Dilkon, a donné naissance au mouvement moderne pour la justice environnementale, et comment Indigenous Environmental Network [IEN – Réseau Autochtone pour l’Environnement] et Honor the Earth [Honorez la Terre] sont nés de ce premier rassemblement.

Etaient présentes aujourd’hui, Adella Begaye et Robyn Jackson, respectivement l’épouse et la fille de Leroy Jackson. Leroy a été retrouvé mort en 1993, alors qu’il avait combattu et arrêté l’exploitation forestière dans la forêt aux arbres anciens des Monts Chuska, dans la Nation Navajo.

Adella est aujourd’hui présidente de Diné CARE. Robyn était encore en bas âge quand sont père a été trouvé mort. Elle est actuellement la coordinatrice avec l’extérieur, chargée de l’énergie. Diné CARE veut protéger et défendre le territoire. “Il y a beaucoup de travail à faire. Mon père n’est plus là. C’est pourtant quelque chose dont il faut parler” dit Robyn.

Il y a 28 ans, Wilbur Slockish du Projet de Défense de la Rivière Columbia, à Dalles, dans l’Orégon, et Ray Slockish Sr., de l’état de Washington, étaient parmi ceux qui étaient venus parler des droits de pêche. Beaucoup d’entre eux avaient été en prison pour avoir défendu leurs droits de pêche.

Louise Benally, de Big Mountain, était déjà là il y a 28 ans, et elle l’est de nouveau aujourd’hui. Elle a passé sa vie à lutter, pour combattre la déportation forcée, l’épuisement de la nappe aquifère de Black Mesa par Peabody Coal, la très polluante centrale au charbon appelée Navajo Generating Station [la centrale n’a de Navajo que le nom, ceux qui vivent à proximité ont la pollution mais pas d’électricité – NdT] qui fournit la lumière au sud de l’Arizona – et pour la vérité et la justice. “Ces grandes compagnies mentent” avait dit Louise il y a 28 ans, et elle le répète aujourd’hui.

Parmi les 127 noms de la liste, il y a celui de Winona LaDuke, de Moose Factory dans l’Ontario, et du Réseau des Femmes Autochtones.

Harry H. Lord, Inupiat, était venu du pôle nord, en Alaska, pour le rassemblement d’il y a 28 ans. James Main Sr., Gros Ventre, qui a maintenant rejoint le monde des esprits, était venu de Fort Belknap, dans le Montana. Le Chef Fraser Andrew, de Mount Currie, était venu de Colombie Britannique.

Danny Billie, Séminole de Floride, était venu parce que les producteurs d’agrumes et de canne à sucre défrichaient le territoire et polluaient l’eau. Billie avait dit alors qu’il était venu pour en apprendre plus sur les incinérateurs qui polluaient l’air.

Au cours de ce premier rassemblement, Paul Rodarte, Paiute et Shoshone de Stillwater dans le Nevada, avait expliqué comment le “développement économique” était utilisé pour empoisonner le sol, l’eau et l’air. Rodarte dit que les contractants grassement payés pour amener des déchets hautement toxiques, avaient promis de l’argent et des emplois, puis n’avaient embauché localement que pour des emplois subalternes.

Citoyens Contre la Destruction de notre Environnement [C.A.R.E.]

Le discours du président de C.A.R.E d’alors, Al Joe, qui a été préservé depuis 28 ans, montre à quelle opposition ils ont dû faire face, quand ils se sont rassemblés pour s’opposer à la destruction et la pollution des territoires Amérindiens. “Nous avons été traités de causeurs de troubles et de militants” avait dit Joe, qui succédait à Jane Yazzie au poste de président de CARE.

Lori Goodman, qui a grandi ici à Dilkon, était parmi les fondateurs de Citoyens Contre la Destruction de notre Environnement. Sa sœur Carol et elle, issues d’une famille de neuf enfants, sont ici aujourd’hui. Lori et Carol dirent qu’elles avaient grandi avec des parents qui leur enseignaient les valeurs traditionnelles Diné. Lori a expliqué comment le CARE local avait surgi après le déversement de déchets toxiques, qui avait menacé Dilkon à la fin des années 1980. Le déversement avait été interrompu par cette lutte. Lori dit que le nom était devenu Diné CARE après que l’organisation nationale CARE les y ait forcés. Lori dit que le premier rassemblement de 1990 avait été au départ organisé pour célébrer le fait que la communauté de Dilkon avait interrompu le déversement de déchets toxiques, qui avait été soutenu par le gouvernement tribal Navajo. Après que des Autochtones soient venus de toutes régions, y compris le grand nord, il était clair que les déchets toxiques, les déchets nucléaires, l’extractivisme, la destruction et les arrestations des défenseurs des droits de pêche, concernaient tous les territoires Indiens.

Le mouvement pour la justice environnementale était né.

Les Légendes de 1990

Sur la liste de 127 noms, il y a Jo Ann Tall, Oglala de Porcupine, à Pine Ridge, et Guy White Thunder, Lakota de Pine Ridge. Ron Hill et Clifford Cornelius venaient d’Oneida, dans le Wisconsin. Le Chef Andrew King, de la Bande Lucky Man, de Saskatoon, dans l’Ontario, était venu avec Rod King, en 1990. Suzanne Brent, Mohawk de la Baie de Quinte, était présente. Norman Under Baggage, Oglala, venait de Kyle, à Pine Ridge, Harry Chison venait du Pueblo Zuni. La délégation Havasupai était composée de Leata Watahomigie, Rex Tilousi et sa famille, et M. et Mme Raph Rogers. Joe Sanchez, Shoshone de l’Ouest, venait du Nevada.

Des Navajos de Church Rock, qui avaient survécu à la plus grande catastrophe nucléaire de l’histoire des Etats-Unis, étaient venus, alors que les eaux radioactives de la rivière Puerco coulaient vers l’Arizona, laissant derrière elles une série de cancers pour les Navajos et tous ceux qui vivaient là-bas. [En 2015, le chercheur Navajo Tommy Rock s’est aperçu qu’un puits d’eau ‘potable’, à Sanders, au bord du Puerco, était encore radioactif – NdT]. L’Association Eau Propre pour la Vallée du Puerco [Puerco Valley Clean Water Association], de Wingate, au Nouveau-Mexique, fait partie de la longue liste d’organisations qui méritent d’être honorées.

Des Navajos de toute la Nation Navajo et de la région étaient présents au premier rassemblement. Tom Bedonie de Big Mountain; Eugene Hasgood de Keams Canyon; Nelda Dugi de Teesto; Carol Goldsmith de Kayenta; Ted Silversmith de Church Rock; Raymond Morgan de Fort Wingate; Mary et Lisa Spencer de Winslow; Alfred Joe et Robert Joe Sr. de Winslow. Alva Morrison et Kristi Jo McKnight, de Citoyens Concernés par la Sécurité Nucléaire [Concerned Citizens for Nuclear Safety] étaient venues du nord du Nouveau-Mexique, où le laboratoire de Los Alamos avait depuis longtemps empoisonné la terre, l’eau et l’air des Pueblos et du Nouveau-Mexique. [C’est à Los Alamos qu’ont été mises au point les bombes d’Hiroshima et Nagasaki – NdT].

Parmi les organisations de première ligne qui se sont rassemblées ici en 1990, il y avait le Projet d’Organisation du Sud-ouest d’Albuquerque [Southwest Organizing Project], représenté par Joe Madeline Montoya et Danny Pena. Chris Peters représentait le Seventh Generation Fund [Fonds pour la Septième Génération].

Bertha Mitchell, Hoopa, était venue de Californie. Des Navajos étaient venus de toute la région, parmi eux, Anna Rondon. Mike Flores, Tohono O’odham, était venu de la soi-disant frontière sud, où la Patrouille des Frontières des Etats-Unis maltraite les gens en tant qu'”armée d’occupation”. Laurie Weahkee, du Pueblo Cochiti, était là en 1990 et de nouveau 28 ans plus tard. Lex Gladstone était venu de l’Association Nationale des Indiens Blackfeet de Seattle. Le photographe Hopi/Navajo Larry Gus était là aussi. Il y avait aussi Cate Gilles, longtemps reporter en territoires Navajo et Hopi, trouvée morte à Tucson plus tard. Dès le début, Cate avait fait des reportages de la ligne de front, sur les déportations. Cate a été aussi la première à dénoncer convenablement la pollution à l’uranium dans la région du Grand Canyon.

Vickie McCullough, de Native Americans for a Clean Environment [Amérindiens pour un Environnement Sain], de Tahlequah, en Oklahoma, était présente. Pat Moss était venu d’Oklahoma pour parler des prisonniers Autochtones. Viola Hatch, Cheyenne Arapaho, était venue d’Oklahoma. Des membres de Greenpeace étaient venus de Californie, entre autres Iretta Tiger, des membres Séminoles de Floride, et Bradley Angel, aujourd’hui membre de Green Action, ainsi qu’une délégation de Greenpeace Canada. DNA Legal Services, Public Health Nursing de Dilkon, et Préservation Navajo avaient également envoyé des représentants.

Convention de 2018, La Lutte Continue

Aujourd’hui, en 2018, Nicole Horseherder, Navajo, et sa fille, ont parlé de la lutte ultime pour défendre les droits sur l’eau et la protéger. Nicole Horseherder a expliqué que le but des soi-disant “colonies pour les droits à l’eau” avait souvent été un moyen pour les non-Indiens d’accaparer l’eau des Autochtones.

En cette chaude journée de juin 2018, tandis que les cuisiniers du camp, ici à Dilkon, préparent la bouillie de maïs bleu [blue corn mush, plat traditionnel Navajo] et les crêpes de maïs bleu [plutôt Hopi] pour le petit-déjeuner, les jeunes agriculteurs Nate Etcitty et Roberto Nutlouis, membres de Black Mesa Water Coalition, donnent des nouvelles sur l’alimentation durable, la permaculture et le ‘dry farming’ [agriculture sans irrigation].

Herb Yazzie, ex-président de la Cour Suprême de la Nation Navajo, a parlé de Hweeldi [déportation des Navajos au camp de Fort Sumner, premier camp de concentration, en 1864, beaucoup sont morts en route, les autres sur place], du Traité de 1868 [libération des survivants de Fort Sumner et ‘attribution’ du territoire de la première réserve Navajo], et du lien vers la Souveraineté. Yazzie parlait de Ceux qui Résistent.

Sam Sage, Diné, a parlé de la façon dont les Diné combattent la fracturation hydraulique, le cancer, les émissions mortelles, le bruit insupportable et la violence des ‘camps masculins’, résultant des forages pour le pétrole et le gaz dans la Région de Chaco et l’est de la Nation Navajo.

La Convention de Diné CARE pour les habitants de l’est de la Nation Navajo a eu lieu du 21 au 23 juin, à Counselor et Lybrook, au Nouveau-Mexique.

Brenda Norrell, qui publie Censored News, faisait partie des journalistes qui ont couvert le premier rassemblement à Dilkon, en juin 1990, et a également fait des reportages en direct du rassemblement de 2018. En 1990, elle était journaliste pour Associated Press et vivait dans les Monts Chuska, dans la Nation Navajo.

 

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1er juin:

PREMIER JOUR DE LA CONVENTION DE DINE CARE POUR LES GENS DE L’OUEST, A DILKON, NATION NAVAJO

Par Brenda Norrell
Publié sur Censored News
Transmis en direct par Spirit Resistance Radio
1er juin 2018
Traduction Christine Prat

Ce jour, des membres fondateurs de Diné CARE ont expliqué comment l’organisation avait été fondée, suite aux menaces pesant sur leurs territoires Diné, à la fin des années 1980. Lori Goodman parla des premiers jours, et Anna Frazier, de Dilkon, éducatrice, dit comment elle avait été impliquée. Sam Shepherd, de l’Agence de l’est, raconta comment il avait été mis de force dans un pensionnat et s’était échappé. Adella Begaye, Présidente et membre fondatrice de Diné CARE, a raconté comment elle s’est engagée, alors qu’elle était infirmière à Tsaïle. Adella est la veuve du regretté Leroy Jackson, cofondateur, retrouvé mort après avoir empêché l’abattage d’arbres anciens dans les montagnes de Chuska et près de Tsaïle. Ofelia Rivas, O’odham vivant à la frontière US/Mexique, parla des luttes de son peuple. Earl Tulley, cofondateur, dit comment Diné CARE avait commencé le combat pour la justice environnementale, qui s’est développée en de nombreux mouvements, résultant finalement dans la création de l’IEN, Indigenous Environmental Network [Réseau Autochtone pour l’Environnement] et d’autres.

 

OFELIA RIVAS, O’ODHAM, ET EARL TULLEY, DINÉ: REFLEXIONS SUR LE CARACTERE SACRE DE LA VIE

Interview du 1er juin 2018
Govinda Dalton, Spirit Resistance Radio
Article de Brenda Norrell
Publié sur Censored News
Le 12 juin 2018

Traduction Christine Prat

DILKON, Nation Navajo, 1er juin 2018 – Ofelia Rivas, Tohono O’odham, et Earl Tulley, Diné, ont parlé des modes de vie culturels et des fondements spirituels de leur peuples, au cours de la Convention de Diné CARE pour l’ouest [de la Nation Navajo]. Ofelia commença par décrire les vastes territoires qui constituaient les terres ancestrales des Tohono O’odham dans ce qui est maintenant l’Arizona, Etats-Unis, et le Sonora, Mexique.

“Nos terres sont très vastes” dit Ofelia, au cours de la conversation avec Earl Tulley, un Diné de Blue Gap, pour Spirit Resistance Radio.

Le territoire ancestral Tohono O’odham s’étendait d’Hermosillo, à des centaines de kilomètres de la frontière actuelle, et au nord jusqu’à Phoenix, à l’est jusqu’à Benson, à la Rivière San Pedro, et jusqu’à la Mer de Cortez, dans le Sonora, au Mexique, dit-elle.

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2 juin:

SAM SAGE, DINE: “FRACTURATION HYDRAULIQUE, DESTRUCTION ET CANCER DANS L’EST DE LA NATION NAVAJO ET LA REGION DE CHACO”

Par Brenda Norrell
Publié sur Censored News
Le 6 juin 2018
Résumé et traduction Christine Prat

DILKON, Nation Navajo – Sam Sage décrit comment les forages de pétrole et de gaz et la fracturation hydraulique détruisent le sol et empoisonnent l’air de l’est de la Nation Navajo et la région de Chaco.

Sage, qui s’exprimait au cours de la Convention de Diné CARE pour les Peuples de l’Ouest, samedi 2 juin, a déclaré que le Sénateur Démocrate Tom Udall était dans la poche de l’industrie.

Actuellement, alors que plus de 100 organisations combattent le forage et la fracturation dans la région de Chaco, les Navajos sont assiégés par le bruit, la pollution et la destruction du sol, selon Sage. Les femmes sont atteintes de cancers.

Sage expliqua ce qui s’était passé dans sa propre communauté de Counselor, au Nouveau-Mexique, et dans la zone comprise entre Farmington et Cuba, quand la course au développement a commencé, au Bureau d’Aménagement du Territoire [Bureau of Land Management, BLM] en 2013.

Au début, les compagnies pétrolières et gazières ont dit qu’elles faisaient des forages exploratoires.

“En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, c’était devenu de la fracturation industrielle” dit-il, expliquant comment le sol, qui borde des maisons Navajos, avait été détruit par les forages pour le pétrole et la fracturation pour le gaz.

“Certaines sources ont arrêté de couler.”

Les puits avaient été asséchés depuis les années 1990.

Ce fut seulement lorsqu’une des compagnies eut un accident, et qu’un des ouvriers fut tué, qu’on commença a en parler.

Sage dit que la compagnie avait essayé d’empêcher l’information, selon laquelle un ouvrier était mort sur un terrain du BLM, d’être publiée. La communauté Navajo ne l’a su que six jours plus tard.

Puis il y eut une visite du Sénateur Tom Udall, Démocrate du Nouveau-Mexique. “Tom Udall nous a surpris, en arrivant en hélicoptère.” “Nous lui avons dit: vous avez déjà été acheté et payé. Vous êtes déjà dans la poche de l’industrie.”

Sur le territoire, il y a des camions très lourds. Les traces font jusqu’à 15 cm de profondeur. Quand il pleut, ils utilisent des pneus munis de chaines. Quand ils roulent sur le terrain, ils laissent de grands trous et détruisent la route. Des lumières violentes sont allumées à 23h et il y a beaucoup de bruit.

Des Navajos de la région se sont plaint des dégâts faits au sol et aux routes, et du bruit, mais ça dépendait du responsable sur place du BLM, l’affaire a été transmise à Washington. Le Gouvernement Navajo ne voulait pas aider les gens de la région, il fallait trouver de l’aide à l’extérieur.

Sage dit “Daniel Tso a amené le Sierra Club et les choses ont commencé à bouger.” “Maintenant, il y a 111 groupes qui nous aident et nous assistent” dit-il, parlant de la Coalition de la Région de Chaco [Greater Chaco Coalition]. “Nous avons demandé de l’aide”.

Sage dit que la Coalition voulait formaliser le groupe et avoir des représentants officiels, mais, dit-il “ça ne marcherait pas ici. Beaucoup de gens se retireraient si nous formalisions [la Coalition].” Actuellement, ce n’est pas une organisation formelle.

Ils ont commencé à se rendre compte que des femmes mouraient de cancers. Ils ont commencé à évaluer l’état du sol et à contrôler l’air. Les alliés des Navajos étaient prêts à payer les tests onéreux. L’eau a été testée, l’eau potable a été testé.

“Nous avons dû faire tout ça nous-mêmes” dit Sage.

Des Navajos les ont aidés, entre autres le regretté Larry Emerson, Herbert Benally, David Tsosie et beaucoup d’autres.

Entretemps, les crimes violents augmentaient, à cause des ‘camps masculins’ des compagnies pétrolières et gazières.

Et, étant donné que la fracturation utilise énormément d’eau, et crée beaucoup de déchets, les Navajos posent toujours des questions. Tandis qu’ils se battent contre la fracturation, Daniel Tso emmène des gens pour des ‘tournées réalité’. Tso s’est aperçu que des puits fuyaient.

Et puis il y a la puanteur, et les gaz toxiques. “Quand le temps est couvert et qu’il n’y a pas de vent, ont peut vraiment les sentir.”

Sage remercia la jeune Diné Kendra Pinto, et dit qu’elle comptait beaucoup pour le groupe. “Elle est revenue dans la communauté et a voulu aider,” dit Sage.

Après le discours de Sage, Earl Tulley, de Diné CARE, dit que les forages de pétrole et de gaz causaient des explosions et des fuites de produits chimiques, et qu’il fallait contrôler l’air. Ça touche le bétail et les gens. “Nous n’allons pas émigrer” dit Tulley. “Ici, c’est chez nous.”

 

LEONA MORGAN: LES ETATS-UNIS VISENT LES AUTOCHTONES ET LES PAUVRES AVEC LES DECHETS NUCLEAIRES, LE TRANSPORT ET L’EXTRACTION D’URANIUM

Intervention de Leona Morgan à la Convention de l’ONG Navajo Diné CARE, le 2 juin 2018, diffusée en direct sur Spirit Resistance Radio et transcrite par Brenda Norrell pour Censored News.

Article de Brenda Norrell
Publié sur Censored News
Le 8 juin 2018
Traduction Christine Prat

DILKON, Nation Navajo – Leona Morgan, Diné, a passé sa vie à combattre les mines et le transport d’uranium, et la décharge de déchets. Actuellement, les Etats-Unis visent les pauvres du sud du Nouveau-Mexique pour décharger des déchets nucléaires, et l’extraction d’uranium menace à nouveau le Mont Taylor, site sacré, dans le nord du Nouveau-Mexique.

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3 juin:

BIG MOUNTAIN: LA LUTTE QUI N’EN FINIT PAS, EN DES TEMPS OU IL NE PLEUT PAS – LOUISE BENALLY

Article de Brenda Norrell
Publié sur Censored News
Le 10 juin 2018
Traduction Christine Prat

 

DILKON, Nation Navajo – Louise Benally, de Big Mountain, a raconté la lutte interminable contre la déportation, Peabody Coal et les confiscations de bétail. Maintenant, il ne pleut pas, la nourriture reste absente, et les moulins à vent à sec.

Pendant des décennies de lutte, les Hopis traditionnels se sont joints aux Diné de Big Mountain qui résistent au déménagement forcé. Ils se sont tous rendu compte que la déportation causée par [la compagnie charbonnière] Peabody Coal est un vol de terres, un vol de terres pour le charbon, pour faire de l’électricité pour d’autres gens, ailleurs.

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Tous les articles, ©Censored News, publiés avec autorisation, utilisation commerciale strictement interdite. Photos de 2018 ©Brenda Norrell, Photos de 1990, ©C.A.R.E., prêtées par Lori Goodman.

 

Photo Brenda Norrell

 

Le 3 juin 2018, Louise Benally, de Big Mountain, s’est exprimée au cours de la Convention de l’ONG Diné CARE.

 

BIG MOUNTAIN: LA LUTTE QUI N’EN FINIT PAS, EN DES TEMPS OU IL NE PLEUT PAS – LOUISE BENALLY

Article de Brenda Norrell
Publié sur Censored News
Le 10 juin 2018
Traduction Christine Prat

 

DILKON, Nation Navajo – Louise Benally, de Big Mountain, a raconté la lutte interminable contre la déportation, Peabody Coal et les confiscations de bétail. Maintenant, il ne pleut pas, la nourriture reste absente, et les moulins à vent à sec.

Pendant des décennies de lutte, les Hopis traditionnels se sont joints aux Diné de Big Mountain qui résistent au déménagement forcé. Ils se sont tous rendu compte que la déportation causée par [la compagnie charbonnière] Peabody Coal est un vol de terres, un vol de terres pour le charbon, pour faire de l’électricité pour d’autres gens, ailleurs. [Note: il n’y a pas d’électricité à Big Mountain].

Au cours de son intervention à la Convention de Diné CARE, Louise a parlé de la résistance contre la colonisation et l’extractivisme depuis les années 1960, sur Black Mesa.

Dans une interview pour Spirit Resistance Radio, Louise dit que Peabody Coal était arrivé en 1968 et avait commencé à aménager le terrain pour l’extraction de charbon.

“Comme cela, le reste des Etats-Unis aurait de l’électricité et de l’eau à volonté,” dit Louise.

La loi rédigée en 1974, appelait au déplacement de plus de 10 000 Navajos et plus de 200 Hopis. Les Etats-Unis ont tracé les limites sans le consentement des communautés locales.

“Ma communauté a décidé de ne pas déménager.” Louise dit que les gens parlaient des Diné de Black Mesa au passé, mais ils sont toujours là. “Nous sommes toujours là. Nous continuons à vivre selon notre mode de vie.” “Nous continuons à mettre en pratique nos traditions d’unité avec la nature.”

Louise dit qu’ils combattent et font tout pour annuler ce vol de terres. Elle dit aussi que la Centrale [au charbon] Navajo, Navajo Generating Station, près de Page, Arizona, pourrait fermer en 2019. “Nous l’espérons” dit-elle, ajoutant qu’il était temps que l’énergie solaire remplace les centrales au charbon.

Toute la région des Quatre Coins [entre l’Arizona, l’Utah, le Colorado et le Nouveau-Mexique, voir carte] a des puits de pétrole et de gaz, des mines de charbon, et il y a sept centrales électriques dans la région. Tout cela produit beaucoup de gaz à effet de serre, dit-elle.

“Ça nous frappe, nous avons beaucoup de problèmes de santé” dit Louise, citant les toxines et les eaux polluées. “Beaucoup de gens ont perdu la vie, en luttant contre ces maladies et la pollution toxique de l’air, de l’eau et de l’environnement.”

“Il n’y a pas de règles officielles pour ces centrales au charbon.”

Maintenant, c’est la sècheresse. “Nous n’avons pas eu d’hiver en 2017” dit-elle, ajoutant qu’il y avait eu fort peu de pluie. “La terre est en train de mourir.” “Nous n’avons pas d’herbe verte.” C’est une catastrophe. Notre nourriture n’est pas revenue. Nous espérons et prions pour qu’ils ferment ces centrales au charbon.”

La lutte a été interminable. En se joignant au rassemblement de Diné CARE, Louise dit qu’ils pratiquaient tous les vieilles traditions et que les différentes étiquettes mises sur les gens n’avaient pas d’importance. “Nous devons nous unir et être solidaires du mieux que nous pouvons.”

Le niveau de la nappe phréatique a baissé, la nappe aquifère ne peut plus fournir assez d’eau pour les moulins. L’eau aux alentours de Peabody Coal est polluée, et les gens vont chercher leur eau là-bas. Louise dit que les Diné pouvaient creuser dans les ravins de Big Mountain, quand elle était petite, et que le matin suivant de l’eau en sortait. Ça ne se produit plus. L’eau a été pompée de la nappe aquifère pour faire l’électricité qui alimente le sud de l’Arizona [où se trouvent les grandes villes].

“La sècheresse est tellement sévère, qu’il n’y a plus d’eau dans certains des moulins.” “L’eau c’est la vie, tout ce qui vit a besoin d’eau.”

Elle dit que les grandes compagnies voulaient toute l’eau, qu’il n’y avait pas de négociations possibles pour laisser de l’eau au gens.

“Les gens ne veulent pas voir la réalité” dit Louise, expliquant que les Diné n’étaient pas totalement impliqués dans les échanges sur ce qui se passe, ni dans la discussion sur l’eau depuis 20 ou 30 ans.

Louise vit à 25 km de la mine de charbon et elle n’a ni électricité ni énergie, et parce que les sont des résistants, ils n’ont pas accès aux services sociaux de la Nation Navajo, du gouvernement des Etats-Unis ou de quiconque.

“Ils essaient de nous affamer.” Et maintenant, les rangers Hopi “volent nos animaux”. C’est la nourriture des gens, dit-elle. “Nous ne sommes pas autorisés à cultiver pour notre nourriture. Il y a des montagnes de lois contre nous.”

Louise encouragea les gens à parler. Elle dit qu’elle pouvait recevoir des messages sur Facebook, à Louise Benally. Louise dit qu’il y a d’énormes besoins et que les gens peuvent aider. Elle a besoin d’un véhicule pour transporter de l’eau, et de fenêtres pour sa maison. Le toit de sa cave s’est effondré parce que des rangers Hopi avaient roulé dessus.

Il y a actuellement un camp de résistance où les gens peuvent venir.

Louise expliqua que le gouvernement de la Nation Navajo n’était qu’un bras du Gouvernement Fédéral, elle dit que le gouvernement de la Nation Navajo “couchait avec” les grandes compagnies, signant tous les contrats qui liquident les ressources.

“Nous disons NON.”

A cause de cette résistance, le gouvernement de la Nation Navajo “ne veut rien faire pour nous.” “C’est une entité du Gouvernement Fédéral.” Les Diné traditionnels sont des gens ancrés dans la terre et très différents du gouvernement de la Nation Navajo. Les gouvernements résultants de l’Indian Reorganization Act de 1934 sont ceux qui ont toujours travaillé avec les grandes corporations pour signer des contrats d’énergie. L’argent des contribuables des Etats-Unis rendent ces transactions possibles, dit-elle.

Pour conclure, Louise dit “Priez pour que nous ayons de la pluie.”

 

 

Louise Benally, Diné, de Big Mountain, qui résiste à la déportation depuis 40 ans. Photo Christine Prat

 

 

Dans la nouvelle série de Censored News, Racisme en Amérique, notre amie Louise Benally a envoyé la lettre suivante:

 

Bonjour Brenda,

Comme tu sais, le Racisme est toujours vivant et triomphant dans la Belle Amérique, dans toute la politique vis-à-vis des Indiens, sur les droits sur l’eau et les terres.

L’actuelle Loi de déportation 93-531 est une loi extrêmement raciste, qui existe encore aujourd’hui.

Cette loi veut l’eau et la terre de notre communauté, ici, à Black Mesa – charbon et eau – pour maintenir en vie le centre et le sud-ouest des Etats-Unis, en ce qui concerne ses besoins en énergie.

La raciste Hillary, encore lycéenne à l’époque, a aidé Barry Goldwater à rédiger le projet de loi.

Merci Louise (Brenda Norrell, Censored News)

 

D’après un article de factcheck.org de 2008, en 1964 Hillary Clinton, encore lycéenne, était membre des Jeunes Républicains et “Goldwater girl” pendant la campagne électorale d’alors. Toujours d’après l’article, elle a rejoint le Démocrate Eugene McCarthy en 1968 et soutenu la campagne de McGovern en 1972.

L’article la cite aussi disant “je ne suis pas née Démocrate”. Mais apparemment, elle l’est devenue quand elle a remarqué qu’il y avait des gens aussi réactionnaires au Parti Démocrate qu’au Parti Républicain. D’ailleurs, il faut noter que le Parti Démocrate a d’abord été le parti des Sudistes qui se battaient pour maintenir l’esclavage, le Parti Républicain était celui d’Abraham Lincoln et des Nordistes. (Il ne faut pas se faire d’illusions: si les Nordistes voulaient supprimer l’esclavage, c’était parce que les villes industrielles étaient en plein boom, et les patrons trouvaient plus avantageux de payer des salaires de misère aux ouvriers Noirs et de les laisser se débrouiller pour se loger et se nourrir, tandis que pour les planteurs du sud, ça revenait moins cher de loger leurs esclaves dans une grange et de les nourrir avec ce qui poussait sur leurs immenses propriétés). Le Parti Démocrate a viré à gauche délibérément au début du 20e siècle, afin d’éliminer les partis effectivement de gauche qui avaient encore beaucoup d’électeurs à l’époque).

Christine Prat

 

 

Des délégués du Conseil Navajo ont signé la prolongation du contrat de la Centrale au charbon NGS [Navajo Generating Station], l’une des centrales les plus polluantes d’Amérique du Nord, qui empoisonne les Navajos de la Réserve, bien qu’ils n’aient pas l’électricité ni l’eau courante. La centrale sert essentiellement à alimenter les grandes villes du Sud-ouest.
L’article ci-dessous est une traduction du communiqué de presse conjoint des associations Diné CARE et Tó Nízhoní Ání. Plus bas, vous trouverez une traduction française d’un commentaire de Klee Benally sur l’accord, publié sur Facebook le 3 juillet 2017

 

 

 

Communiqué de presse
Du 27 juin 2017
Publié sur Censored News
Traduction Christine Prat

 

Contacts:
Carol Davis, Diné CARE, (00 1) 928-221-7859, caroljdavis.2004@gmail.com
Percy Deal, Diné CARE, (00 1) 928-205-7332, deal.percy@gmail.com
Nicole Horseherder, Tó Nizhóní Ání, (00 1) 928-675-1851, nhorseherder@gmail.com
Jessica Keetso, Tó Nizhóní Ání, (00 1) 505-228-7085, jkeetso@yahoo.com

 

WINDOW ROCK, Arizona – Des délégués du Conseil de la Nation Navajo, ont voté lundi, tard dans la soirée, l’approbation d’un nouveau contrat qui permettra à la Navajo Generating Station [Centrale Electrique Navajo] de continuer à fonctionner pour deux ans et demi de plus, mais qui en plus, comprend des amendements qui affaiblissent le contrôle de la Nation Navajo sur la date de fermeture de la centrale.

“Il n’est pas possible de le dire autrement: avec cet accord, la Nation Navajo s’est lié les mains derrière le dos. Nous nous retrouvons avec des millions de dollars de dettes”, dit Adella Begaye, de l’association communautaire Navajo Diné CARE. “L’accord a été passé de force en retenant le Conseil Tribal Navajo en otage durant un ultimatum de 11 heures, par les personnes mêmes qui ont été autorisées à exploiter et piller nos ressources naturelles.”

Les délégués tribaux, qui ont approuvé le contrat par un vote de 18 contre 4, ont renoncé à leur droit de régler des conflits devant des tribunaux Navajo, en ce qui concerne la plus grande centrale au charbon de l’Ouest, et ils ont cédé leur droit de superviser le démantèlement et la dépollution, qui devront commencer quand la centrale fermera, fin 2019.

“Nous respectons les ouvriers Navajo, dont le niveau de vie serait affecté par la fermeture de la Centrale et en conséquence, de la Mine de Kayenta, mais nos dirigeants ont donné leur accord pour un héritage de déchets et de pollution pour les générations de nos enfants et petits-enfants” dit Percy Deal, membre de Diné CARE et membre du conseil tribal.

En février, la SRP et les autres propriétaires de la centrale, ont décidé que financièrement, le plus sûr était de fermer la centrale, parce qu’ils perdaient 100 millions de dollars par an, ou plus, en gérant la centrale dans un marché de l’énergie qui offre des alternatives bien meilleur marché.

“Le reste du monde déclare emphatiquement se tourner vers une économie de l’énergie propre. Les services se détournent de la NGS et du charbon le plus vite possible, parce que le charbon ne peut plus concurrencer les sources d’énergie plus propres”, dit Nadine Narindrankura, de Tó Nizhóní Ání, une autre association Navajo. “C’est grotesque de la part de nos dirigeants, de s’accrocher au charbon. Lier notre peuple à un navire en train de couler ne fera que nous mettre en faillite et repousser l’inévitable pour deux petites années.”

Diné CARE et Tó Nizhóní Ání ont été profondément impliquées dans les problèmes concernant les centrales au charbon et l’extraction de charbon dans la Réserve Navajo depuis des années. Ils continuent d’affirmer que sous la promesse des services de maintenir la survie du charbon, il y avait un plan secret pour aider les propriétaires de la NGS à échapper à leurs responsabilités financière et éthique, bien que depuis des décennies, ils s’enrichissent en exploitant les ressources naturelles des Navajo, polluent les terres tribales et empoisonnent l’air que les familles Navajo respirent.

“Nous n’oublierons jamais les générations de familles Navajo perdues par la déportation forcée. C’est sur le dos des Navajos et des Hopis que l’Arizona vit confortablement alors que nos familles n’ont ni l’eau courante ni l’électricité” dit Robyn Jackson, de Diné CARE. “La direction Navajo a maintenant deux ans et demi pour créer un projet de transition solide et ne peut pas perdre de temps, en le gaspillant à courte vue pour que la centrale continue à tourner après 2019 ou en ayant la stupidité d’acheter la Mine de Kayenta.”

L’eau est l’un des problèmes les plus importants pour les Navajos, et les associations citées sont préoccupées par les 62 millions de m³ du bassin hydrologique du Haut Colorado, qui doivent à juste titre être rendus à la Nation Navajo. En dépit de la déception que constituent d’autres éléments de l’accord, Diné CARE et Tó Nizhóní Ání sont soulagés que les termes de l’accord original de 1969 pour la NGS, concernant les droits sur l’eau, aient été inclus dans un amendement, comme ils l’avaient suggéré aux délégués, pendant les audiences législatives sur le contrat. Les termes de l’amendement sur l’eau ne sont pas contraignants, mais seront une base solide pour que les Navajos récupèrent tous leurs droits sur cette eau.

La Nation Navajo a un vaste potentiel pour développer l’énergie solaire et éolienne, et Diné CARE et TNA ne voient pas d’avenir dans le charbon. Au contraire, ils exigent des dirigeants tribaux qu’ils travaillent à construire une économie qui permette à la Nation Navajo de subvenir aux besoins de son peuple pour des générations à venir, pas seulement pour quelques années.

“Maintenant, la nation dans son ensemble doit s’engager à une transition économique et énergétique, ainsi que de direction politique” dit Jessica Keetso de TNA. “Les élections de 2018 approchent, et nous devons élire des dirigeants qui savent ce que changement climatique veut dire, et sont conscients de l’importance de développer des entreprises et une infrastructure durables. La Nation Navajo doit développer l’énergie solaire et éolienne, sur le site de la NGS, ou à proximité, afin que nous puissions utiliser les lignes électriques et recevoir les revenus pour notre Nation.

“C’est la seule chose sensée, et ce sera l’une des rares bonnes choses sorties de cet accord idiot de contrat de remplacement.”

 

Emplacement avec point de vue sur la Centrale au charbon, à quelques centaines de mètres

 

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COMMENTAIRE DE KLEE BENALLY, sur Facebook, le 3 juillet 2017

 

La pire fausse nouvelle #fakenews jamais publiée par la Nation Navajo.

Absolument ‘laver plus vert’ #greenwashing.

 

Premièrement, la Nation Navajo a été établie en tant que “Tribu de l’Energie”, au profit de l’état-nation colonial, de colonisation de peuplement massive, appelé les “Etats-Unis”.
La Nation Navajo n’est pas un “état de ressources naturelles” (comme le porte-parole Bates aime à le proclamer), c’est, et a toujours été une colonie de ressources naturelles. Si c’était un état de ressources naturelles, ou “une tribu de l’énergie”, nous n’aurions pas la disparité actuelle dans l’accès à l’énergie dans la Réserve, n’est-ce pas?
Depuis qu’il a été imposé en 1923, le rôle du gouvernement de la Nation Navajo a été de légitimer et maximiser l’extraction de ressources par le gouvernement des Etats-Unis, et c’est ce que nous appelons un colonialisme de ressources. Nous avons un nuage de méthane de la taille du Delaware au-dessus de nos têtes, dans la région de Four Corners, plus de 20 000 Diné touchés par la déportation forcée liée à l’extraction de charbon de l’une des plus grandes mines à ciel ouvert de l’Amérique du Nord, sur Black Mesa, 523 mines d’uranium abandonnées, et le plus grave accident nucléaire de l’histoire des Etats-Unis, à Church Rock, pour le prouver.

Deuxièmement, prolonger le contrat de la NGS, signifie qu’elle continuera à brûler 24 000 tonnes de charbon par jour jusqu’en 2019, il n’y a absolument rien de “vert” là-dedans. En plus, ça signifie que la firme Peabody Energy, précédemment en faillite, continuera à extraire du charbon de Black Mesa.
La NGS fournit la troisième contribution à l’émission de gaz à effet de serre du pays, et essayer de faire passer cet accord pour “vert” représente le niveau de bassesse que la stratégie du marketing est en train d’atteindre.
Mais bien sûr, que pouvons-nous attendre d’un Conseil Tribal qui a “été établi à l’origine pour que le Bureau des Affaires Indiennes approuve les accords avec les compagnies pétrolières Américaines, qui étaient pressées de commencer les opérations de forages sur les terres Navajo.” ( http://www.nnogc.com/about-us.html, en anglais)

Quand notre Mère la Terre est attaquée, que faisons-nous?

https://theanarchistlibrary.org/library/various-authors-ecodefense-a-field-guide-to-monkeywrenching (en anglais)

https://www.sproutdistro.com/2011/10/07/new-zine-what-is-security-culture/ (en anglais)

Lire (en anglais) le brillant essai de John Redhouse “Géopolitique du ‘Conflit Territorial’ Navajo-Hopi, pour le contexte

Quelques-uns de mes travaux sur la question [Traduction française]:

http://www.chrisp.lautre.net/wpblog/?p=2820 et [en anglais] http://www.indigenousaction.org/nnact/

Communiqué de presse (en anglais) sur la signature de l’accord: http://mailchi.mp/f80145b6c725/press-release-signing-of-ngs-extension-lease-positions-navajo-nation-to-become-an-energy-tribe

 

 

LOUISE BENALLY: ‘L’AGENCE DE PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT (EPA) NIE LE DESASTRE CAUSE AUX NAVAJOS PAR L’EXTRACTION MINIERE’

Lettre de Louise Benally (Diné, de Big Mountain) à l’Agence de Protection de l’Environnement fédérale.
Publiée sur Censored News, Nederlands
Vendredi 18 mars 2016
Traduction Christine Prat
Photos Christine Prat*

Hello Reyes [responsable de l’EPA- NdT],

J’appartiens à la Nation Navajo et j’y ai vécu toute ma vie, et nos ressources ont été polluées par l’extraction de Charbon dans la région de Black Mesa, par l’Uranium dans les régions du Nouveau-Mexique et certaines régions en Arizona l’ont été également par le Pétrole et le Gaz, et dans les régions de notre Réserve au Nouveau-Mexique et en Utah, et l’EPA n’a rien fait pour nous aider, et pourquoi ? Nous exigeons pour ces sites qui en ont tant besoin, un plan de décontamination à mettre en route le plus vite possible. Nous sommes toujours très inquiets à propos de ces problèmes environnementaux qui ont touché les terres de la Réserve depuis les années 1940 jusqu’à aujourd’hui. Nous exigeons que des Politiques de Justice Environnementale soient appliquées à nos Terres et nous exigeons que tout exploitant de carburant fossile soit déclaré responsable et doive rendre des comptes.

Merci, Louise Benally

 

Carte de la Réserve Navajo: Big Mountain en rouge, mine de Peabody en noir, Church Rock dans la réserve Navajo juste au-dessus de Gallup, Blue Gap à l’est de la réserve Hopi

Photo 1: Louise Benally chez elle à Big Mountain, septembre 2015
Photo 2: Mine de Peabody Coal, septembre 2012 (Peabody est actuellement en faillite, cependant, il est fort probable qu’une autre compagnie reprendra l’affaire)
Photo 3: Church Rock, Nouveau-Mexique, Réserve Navajo, site du plus grave accident nucléaire de l’histoire des Etats-Unis
Photo 4: Blue Gap, Arizona, Réserve Navajo, eau radioactive

 

UN APPEL URGENT DE BIG MOUNTAIN

On November 2, 2015, in Big Mountain/Black Mesa, by Chris P

 

La situation à Big Mountain est de plus en plus difficile. Les gens, pour la plupart âgés, se sentent abandonnés et se demandent pourquoi ils ne voient plus les bénévoles qui venaient les aider autrefois.
Le texte ci-dessous est un appel urgent de NaBahii Keediniihii, de Big Mountain, publié par Censored News. Il est bien entendu difficile pour des gens qui vivent très loin de Big Mountain de s’y rendre en novembre. Cependant, le texte donne aussi beaucoup d’informations sur la situation actuelle, en particulier la volonté d’expansion de la multinationale du charbon Peabody Coal, et nous demande de ne pas oublier et de les aider quand nous pourrons (la semaine de solidarité est organisée du 21 au 27 novembre, mais après, en plein hiver, ils auront encore plus besoin d’aide). Ils ne demandent pas d’argent, mais la présence physique de gens qui peuvent aider les gens trop vieux à garder les moutons et couper de bois, mais surtout être témoins si les flics débarquent (la présence de Blancs modère toujours les flics, même en Palestine).

Christine Prat

 

 

BIG MOUNTAIN : RASSEMBLEMENT DECOLONISE ET SPIRITUEL SUR PLACE, DU 21 AU 27 NOVEMBRE ET APRES

Par Nabahii Keediniihii
Publié sur Censored News
29 octobre 2015
Traduction Christine Prat

Yaa’at’eeh (salutations) Parents et Camarades,

J’espère que vous et vos familles apprécient le climat automnal et le changement de saison, et que vous êtes plein de gratitude pour chaque jour que vous vivez.

Nous, moi-même et quelques non-Autochtones et Diné [Navajos], souhaitons vous informer d’une situation d’urgence, en ce moment, sur les terres lointaines de Big Mountain. Nous souhaitons également transmettre ce message au nom de quelques Anciens, qui se sont soulevés contre les politiques génocidaires des Etats-Unis et de Peabody depuis plus de 40 ans. Si vous savez au moins ce que ‘traditionnel’ veut dire, ou ce qu’est la résistance sur sa propre terre, vous comprendrez que ces Anciens Diné ici ont eu de l’influence sur le monde moderne et l’activisme Autochtone moderne. Maintenant nous entrons dans une ère nouvelle, une ère à laquelle ils ont essayé de résister parce que ça finirait par détruire leur vision d’un futur de traditions et d’existence liée à leur terre.

Il est naturel que la vieillesse entraîne beaucoup de vulnérabilité, un affaiblissement physique et des problèmes de santé, et ces anciens guerriers traditionnels continuent à faire tout ce qu’ils peuvent pour rester sur leurs terres chéries. Durant la plupart des saisons, ils sont seuls et la plupart du temps ils n’ont pas de visites de leurs familles parce que la vie urbaine américaine les a engloutis. Cependant, l’agression de la Loi des Etats-Unis sur les Indiens et de Peabody continue et progresse, avec une surveillance policière quotidienne et des intimidations, tandis que Peabody attend le feu vert du Bureau des Affaires Indiennes pour s’étendre.

C’est la ligne de front de l’extraction et exportation de carburants fossiles pour produire toujours plus d’électricité et de maximiser les profits des multinationales. Sans parler des émissions continues de gaz à effet de serre de la Centrale Navajo, et des politiques gouvernementales qui ont attiré l’activisme Autochtone vers le siège des compagnies, loin de la ligne de front. Si nous n’arrêtons pas cette invasion quasi militarisée des compagnies privées, plus de 180 000 hectares de terres vierges de Big Mountain disparaitront sous les champs industriels empoisonnés, la poussière de charbon étouffante et un interminable réseau de routes créées pour développer la fracturation hydraulique. La société jusque là traditionnelle de Big Mountain disparaitra, et c’est l’un des derniers bastions autochtones traditionnels qui restent aux Etats-Unis.

En ce moment, des Anciens résistants se demandent ce qui est arrivé aux mouvements nationaux et internationaux défendant notre Mère la Terre, et surtout pourquoi n’y a-t-il pas de présence physique et de soutien ici même.

Bessie Begay de Mesquito Springs, le 20 octobre 2015 : « Où sont les bergers, ceux qui venaient nous soutenir ? Notre situation n’a pas changé. Ils sont peut-être quelque part dans le coin ? Nous n’entendons pas parler d’eux… »

D’autres Anciens sont occupés par des visites à l’hôpital et ne s’aventurent pas dehors, leurs moutons ne sortent pas dans les pâturages, et leurs provisions de bois se réduisent.

NOUS n’avons pas l’intention de faire un discours, puis de vous laisser là avec un ‘ça doit cesser !’
Plutôt, nous souhaitons vous fournir un guide et vous informer que les outils sont ici pour faire que ça cesse. NOUS AVONS BESOIN DE VOTRE PRESENCE PHYSIQUE ICI ! NOUS ne vous demandons pas d’argent, seulement votre bonne volonté de venir pour quelques jours/semaines/mois et de vous immerger dans notre communauté culturelle qui vit sous la menace, et accepter les défis quotidiens qu’implique le soutien apporté à ces Anciens Autochtones. Et effectivement, nous ne demandons pas d’argent, parce que nous voulons maintenir la souveraineté humaine, pas chercher des avocats ou voyager vers des villes lointaines pour protester. Cependant, vous devez amener vos propres moyens pour séjourner et si vous souhaitez partager le travail réparateur d’amour et de nourritures, ce sera bienvenu.

Collectif des Bergers Saisonniers non-Autochtones : « Les libertés et l’autonomie que les habitants Autochtones de Big Mountain méritent, sont bafoués tous les jours. Se tenir à l’écart n’est pas un choix. Soutenez les Autochtones qui prennent soin de Black Mesa dès aujourd’hui ! »

Etre berger est un travail dur, mais si vous aimez faire des excursions et êtes passionnés par la nature, çà peut-être une expérience enrichissante. Couper du bois et aider à d’autres travaux sont des tâches ininterrompues. Rien n’est automatisé ici, mais les terres possèdent beaucoup d’énergie positive et sont dans un état vierge. Faites l’expérience de la vie quotidienne de ces Diné Anciens et de toutes les générations passées, base de l’écologie. Peut-être devez-vous voir cet engagement en comprenant que votre futur en dépend, que c’est la survie, et un peu de compréhension spirituelle. J’espère que vous quitterez ce territoire glorieux avec une meilleure connaissance des outils de la résistance, qui vous donneront la capacité de survivre naturellement, et des outils qui assurent un degré beaucoup plus élevé de résilience.

Mais cet appel s’adresse aussi et spécialement à la jeunesse Autochtone et Diné. Un travail effectif chez nous, sur notre terre (Diné-Hopi) ancestrale, est un élément clef, pour affirmer notre position souveraine et décolonisée contre les invasions des multinationales.
Nous avons tenu des discours sans fin devant les sièges de l’empire coloniale, devrions-nous continuer sur les même voies pour les 20 ans à venir ?

Faisons-le ensemble, au cœur de Big Mountain, du 21 au 27 novembre :

– Boycotter la ‘Semaine de Couverture du Génocide’ (qu’ils appellent Thanksgiving) et nous rendre au domaine des Blackgoat sur Thinrock Mesa,

– Garder les moutons pour une famille, pendant votre premier jour, afin que les Anciens puissent se reposer et s’occuper d’activités culturelles importantes,

– Amener votre propre véhicule ou votre tronçonneuse, pour aider à plusieurs projets,

– Vous joindre aux équipes de ramassage de bois de chauffage et effectuer quelques travaux nécessaires de réparation des routes

– Assister à l’assemblée du dernier jour, pour fêter et célébrer la solidarité, vendredi 27 novembre 2015.

Enfin, le changement climatique nous menace, alors soyez prêts pour un mauvais temps soudain, prenez de bonnes bêches, des vêtements appropriés et même des chaînes pour les pneus. Prenez contact aux adresses ci-dessous pour coordonner vos arrivées et départ, ou pour toute autre question. N’oubliez pas, c’est de l’Action Directe loin de chez vous.

Nous voulons vous remercier encore pour le temps que vous nous accordez. En notre nom et en celui de résistants Diné Anciens et traditionnels, nous espérons vous voir ou avoir de vos nouvelles bientôt,

Sincères salutations,

Kat (Bahe)
Contacts :

Danny Blackgoat: dblackgoat@mac.com or (00 1) 928-587-2860

Owen: (00 1) 434-607-7677
Nephew Jake: (00 1 ) 937-479-4214

Black Mesa Indigenous Support: blackmesais@gmail.com

 

 

 

Vidéo enregistrée le 10 septembre 2015, chez Louise Benally, à Big Mountain

 

LOUISE BENALLY DE BIG MOUNTAIN: LES PROBLEMES SONT TOUJOURS LA, NE NOUS OUBLIEZ PAS!

Le 10 septembre 2015, j’ai été invitée à Big Mountain par Louise Benally, qui résiste depuis toujours aux pressions de ceux qui veulent en chasser les derniers Navajo, sous prétexte que la zone où ils vivent depuis toujours a été attribuée à la Réserve Hopi en 1974. Louise demande qu’on n’oublie pas Big Mountain et la situation dramatique de ses habitants, qu’on en parle, qu’on les soutienne.

Christine Prat

 

 

En 1974, le Congrès des Etats-Unis a adopté la loi PL 93-531, qui décidait du partage d’une zone jusque là commune aux Navajo et aux Hopi, et de la déportation et ‘relocalisation’ forcée de milliers de familles Navajo de Big Mountain. La loi a été votée en plein scandale du Watergate, par conséquent, la plupart des Sénateurs et Représentants étaient absents des discussions de la loi PL 93-531, ne venaient que quand ils entendaient la cloche annonçant le moment de voter, demandaient à leurs assistants quelle était la position des Sénateurs-vedettes afin de décider de leur vote. A l’époque, le plus célèbre et influent était le Sénateur d’Arizona Barry Goldwater, ex-candidat aux présidentielles, connu alors en Europe comme démagogue populiste d’extrême droite.
Juste avant que la question de Big Mountain ne soit noyée par le scandale du Watergate, le conseiller juridique – Mormon – de la tribu Hopi, qui s’est avéré plus tard avoir été aussi le conseiller juridique de la firme Peabody Coal – fondée par des Mormons – (qui est toujours la plus grande compagnie charbonnière du monde), et avoir travaillé pour la firme de Relations Publiques – Mormone – qui se chargeait de manipuler les médias, avait réussi à présenter l’affaire comme une guerre tribale dévastatrice entre les Hopi et les Navajo. C’était bien sûr un mensonge ridicule. En réalité, il y avait bien eu des problèmes de voisinage, des conflits entre familles, mais pendant tous ces siècles depuis lesquels les Hopi et les Navajo sont voisins, il n’y a jamais eu de guerre généralisée entre les deux tribus. Il y a aussi toujours eu des mariages mixtes, et beaucoup de familles appartiennent aux deux tribus. En fait, c’était surtout les dirigeants Hopi de l’époque, occidentalisés – et, pour certains, convertis à la religion des Mormons – intéressés par les profits rapportés par l’exploitation du charbon, qui avaient choisi Peabody, contre leurs voisins Navajo et leurs propres administrés ‘traditionnels’, qui n’apprécient pas non plus la pollution au charbon de l’air qu’ils respirent, et l’épuisement des ressources en eau déjà rare.

Les Diné (Navajo) qui sont restés chez eux envers et contre tout, sont des résistants, des gens qui n’abandonneront jamais. Louise Benally est l’une d’entre eux et sans doute la plus active.

Des articles ont été publiés l’an dernier, lorsque des habitants très âgés de Big Mountain ont été brutalement agressés par la police Hopi venue saisir leurs moutons. Mais quand il ne se passe rien de spécial, ils sont oubliés. Cependant, la situation à Big Mountain ne s’est pas améliorée. Les gens n’ont pas l’eau courante, l’eau des sources est épuisée et ils doivent avoir recours à des procédés ingénieux (voir vidéo) pour recueillir l’eau de pluie, ils n’ont pas d’électricité – alors que le charbon extrait par Peabody fournit des centrales électriques très polluantes, qui alimentent les grandes villes de la région, mais pas les Navajo qui vivent à proximité –, ils n’ont pas de routes goudronnées – les pistes se transforment en torrents de boue dès qu’il pleut. Selon PL 93-351, ils sont ‘illégaux’ sur leurs propres terres et n’ont donc aucun droit. Pendant des années, ils n’étaient pas autorisés à effectuer la moindre réparation dans leurs maisons à cause d’une loi connue aux Etats-Unis sous le nom de ‘Bennett Freeze’, beaucoup de maisons sont donc en mauvais état, et beaucoup de gens n’ont pas les moyens de les réparer. La plupart des résistants sont âgés, les jeunes ont tendance à partir chercher du travail ailleurs, ce qui rend la situation d’autant plus difficile pour ceux qui restent. En plus des conditions de vie très dures, ils subissent un harcèlement quasi constant de la part de la police et des ‘Rangers Hopi’, leur bétail est saisi, ce qui aggrave le manque de nourriture. Une bonne part de leur bétail, qui fournit de la viande à manger et de la laine à vendre, avait déjà été saisie l’an dernier, en octobre, juste avant l’hiver, période où ils ont particulièrement besoin de nourriture, vu les difficultés de circulation sur les pistes boueuses et dans la neige. Il y a eu de nouvelles saisies de bétail au printemps dernier, les bêtes ont été vendues aux enchères, et des gens ont dû s’endetter pour racheter leurs propres bêtes.

Bien sûr, le harcèlement a pour but de pousser les gens à partir, étant donné que Peabody veut s’étendre. Des Hopi, au Conseil Tribal, soutiennent Peabody, vu qu’ils ont besoin de l’argent que çà leur procure. Les dirigeants Navajo ont aussi des intérêts dans l’exploitation des ressources – la mine principale est en territoire Navajo – et ont récemment donné leur accord pour prolonger le permis d’exploitation de Peabody de 25 ans.

Les gens en ont assez d’être empoisonnés par le charbon, et de manquer d’eau à cause des quantités phénoménales utilisées par Peabody pour extraire le charbon.

Dans la vidéo ci-dessus, Louise Benally parle du manque d’eau et des projets qu’elle a implémenté sur sa propre terre pour compenser un peu les effets du vol d’eau.
Son message est qu’il ne faut pas oublier Big Mountain, les problèmes s’aggravent, Peabody veut s’étendre, les gens vieillissent, ils sont harcelés, ils manquent d’eau, de nourriture, de communications et ils ont besoin d’attention et de soutien !

Christine Prat