COMMUNIQUE DE PRESSE

Mardi 7 novembre 2017
Contact: Klee Benally
stopcanyonmine@gmail.com
https://www.haulno.org
Egalement publié sur Censored News
Traduction Christine Prat

 

La ville de Flagstaff adopte une résolution contre l’extraction et le transport d’uranium
Elle s’engage à mener une action légale aux niveaux fédéral, de l’état, et municipal

Crédit photos: Caleb Eckert

 

Flagstaff, Arizona – Le Conseil Municipal de la ville de Flagstaff a adopté une résolution s’opposant à l’extraction et au transport d’uranium de Canyon Mine, une mine située à 10 km de la Rive Sud du Grand Canyon du Colorado.

Le scrutin a été de six voix pour et une contre, celle du conseiller Scott Overton.

Leilani Clark, une bénévole de Haul No! a déclaré au conseil: “Adoptez la résolution, adoptez un arrêté municipal, faites tout ce que vous pouvez, parce que nous, le public, ferons tout, par tous les moyens nécessaires, pour empêcher des camions transportant du poison de traverser nos communautés.”

Après le vote, Clark a déclaré “L’acte du Conseil Municipal de la ville de Flagstaff de ce soir est une des nombreuses mesures à prendre pour soulager le traumatisme historique et la souffrance des Peuples Autochtones, causés par l’industrie nucléaire. Nous ferons tout pour nous assurer que nos communautés, les sites sacrés, l’eau si précieuse et le Grand Canyon soient à l’abri des effets toxiques de l’extraction d’uranium.”

Plus de 100 personnes s’étaient entassées dans la salle du conseil, dont une écrasante majorité en faveur d’une action allant plus loin qu’une résolution symbolique. Les personnes présentes ont exprimé leurs inquiétudes face à la perspective de voir jusqu’à 12 camions par jour, transportant chacun 30 tonnes de minerai d’uranium hautement radioactif de Canyon Mine. Le minerai d’uranium serait transporté sur un total de près de 500 km, par Flagstaff et les communautés de la Réserve [Navajo], jusqu’à l’usine de retraitement controversée d’Energy Fuels Inc., “White Mesa Mill”, près de Blanding, en Utah, située sur des terres ancestrales des Ute de Ute Mountain.

Des membres de communautés Autochtones de la région, dont six représentants du Conseil Tribal Havasupai, ainsi que des représentants des nations Diné (Navajo), Hopi, Apache et Pueblo, étaient présents pour être témoins de l’adoption de cette résolution historique. Et on pouvait ressentir de la solidarité à l’échelle de tout l’état, étant donné que des habitants de l’Arizona étaient venus d’aussi loin que Phoenix et Tucson pour manifester leur soutien à l’adoption de la résolution par le Conseil, et pour appuyer un futur arrêté municipal.

Ophelia Watahomigie-Corliss, membre du Conseil Tribal Havasupai, s’est exprimée au nom de tout le Conseil Tribal pour soutenir la résolution et un arrêté municipal: “Depuis plus de 40 ans, la Tribu Havasupai a systématiquement utilisé tous les moyens possibles pour s’opposer à l’extraction d’uranium sur le Plateau du Colorado. Nous considérons l’extraction d’uranium et de métaux lourds dans notre région comme une menace pour notre eau, notre territoire, nos sites sacrés, et notre survie même en tant que peuple.”

Watahomigie-Corliss dit qu’elle était parfaitement consciente des inquiétudes du Conseil Municipal de Flagstaff quant à des conflits possibles avec la loi fédérale, si un arrêté était adopté, [mais] “c’est aussi du pouvoir que d’essayer de créer un précédent en faveur des citoyens, dans un mouvement positif qui durera pendant des générations après la fin de votre mandat.” Watahomigie-Corliss a aussi parlé des inquiétudes causées par l’annonce récente du gouvernement Trump, envisageant d’annuler un moratoire de 2012 sur de nouvelles mines d’uranium autour du Grand Canyon. “Cela rend notre coopération d’autant plus urgente. Nous nous considérons tous chez nous sur ce territoire et nous devons nous unir pour protéger les citoyens et l’environnement des effets nocifs de l’extraction d’uranium.”

Canyon Mine est située près de Red Butte, une montagne sacrée et une Propriété Culturelle Traditionnelle de la Nation Havasupai. La Nation Havasupai a poursuivi en justice le Service des Forêts des Etats-Unis pour ne pas avoir effectué de consultation effective à propos de Canyon Mine, dans sa Déclaration d’Impact Environnemental de 1986. Une décision de la Cour d’Appel du 9ème Circuit pourrait tomber d’un jour à l’autre.

Milton Tso, Président du Chapitre de Cameron, dans la Nation Diné, a mis la menace de l’uranium en perspective, étant donné que sa communauté compte plus de 100 mines d’uranium abandonnées. Pendant qu’il s’adressait aux conseillers de Flagstaff, son fils brandissait des photos de pancartes prévenant des dangers de l’exposition à la radioactivité. “C’est notre réalité, à Cameron. Ces pancartes se trouvent près d’habitations, près d’enfants. Si ça passe par Flagstaff, ça passera dans ma ville. Nous ne sommes pas seulement contre l’extraction d’uranium, mais contre tout type d’activités minières qui détruit notre eau, et pour beaucoup d’entre nous, nous sommes touchés personnellement par l’uranium. J’ai un grand-père en train de mourir lentement, il était mineur, et ils n’avaient pas été instruits sur les dangers de l’uranium. Donc, ça me touche personnellement, ainsi que ma petite sœur ici présente, qui va avoir un bébé. Ils habitent juste sous cette pancarte. Le danger n’est pas de savoir si un accident va arriver, mais quand. Dans ma ville, nous sommes mal préparés pour quelque chose de ce genre. Nous n’avons pas eu d’instructions sur le nettoyage des fuites importantes. Nous avons toujours des puits ouverts autour de ma ville. Nous avons perdu beaucoup de parents morts de cancers, beaucoup de gens de la région de Cameron ont des cancers à cause des mines. C’est là, et on nous ignore. Je vous en prie, prenez position et combattez ça” dit Tso.

Wenona Benally, membre de la Chambre des Représentants d’Arizona, District 7, a assisté à la réunion et s’est engagée à soutenir l’impulsion du Conseil Municipal de Flagstaff pour prévenir l’extraction et le transport d’uranium, au niveau de l’état et au niveau fédéral.

Wenona Benally déclara “Ce soir, la Sénatrice de l’état Jamescita Peshlakai, le Représentant de l’état Eric Descheenie et moi-même avons publié une déclaration écrite au Conseil Municipal de Flagstaff, soutenant l’adoption de la Résolution No. 2017-38, qui s’oppose au transport de minerai d’uranium par la ville de Flagstaff et les territoires Autochtones. Notre district est malheureusement connu pour son héritage empoisonné de l’extraction d’uranium. Nous remercions la Ville de Flagstaff d’adopter cette résolution et d’accepter de se joindre à nous pour arrêter le cycle mortel qui a ravi des vies dans notre peuple et détruit nos communautés.”

Juste avant que la résolution ne soit soumise au vote, le Maire de Flagstaff, Coral Evans dit “Je veux parler de l’aspect constitutionnel et légal de ceci. Dans sa ‘Lettre de la Prison de Birmingham’, le Dr. King parle de ce qu’il appelle des lois justes et injustes. Je voudrais dire que dans ce pays, historiquement, nous avons vu plusieurs lois changer ou être abolies, au cours des temps, parce que nous, le peuple, avons jugé qu’elles étaient injustes.”

“L’héritage des mines d’uranium dans le Nord de l’Arizona est injuste. Je crois que cela a été clairement démontré par les routes que prend ce minerai… [et] clairement démontré par le taux de cancer et les morts par cancer chez le Peuple Autochtone de notre région.

“Nous avons des voisins Autochtones qui se sont battus et ont demandé de remédier à ce problème depuis des décennies, depuis des générations. Et ils nous demandent, en tant que principale ville du Nord de l’Arizona, de les aider.”

La Conseillère Celia Barotz s’apprêtait à voter et était secondée par la Conseillère Eva Putzova. Celia Barotz déclara: “Avant de passer au vote de la résolution, je veux rappeler à tous que ce n’est qu’un début et que nous allons avoir besoin de vous tous pour nous aider à tous les stades des diverses procédures, au niveau de l’état et au niveau fédéral, si nous voulons réaliser des changements significatifs au cours des prochaines années. Le conseil municipal ne peut certainement pas le faire seul, je vous invite donc tous à rester engagés, ceci n’est qu’un début.”

Après le vote, Eva Putzova fit la déclaration suivante: “Avec cette résolution, le Conseil Municipal rejoint les communautés Autochtones dans leur combat pour la justice sociale et environnementale. Je suis impatiente de travailler avec notre représentant au Congrès et les représentants de l’état à une législation qui interdirait pour de bon l’extraction d’uranium et le transport du minerai.”

Après le vote en faveur de la résolution, un tonnerre d’applaudissements éclata dans la foule.

Haul No! a réussi à obtenir des résolutions s’opposant au transport de minerai dans des communautés Diné comme Cameron, Coal Mine, Oljato, Monument Valley, Kayenta, l’Agence Navajo de l’Ouest, et des Tribus Hualapai et Havasupai.

Flagstaff est la première communauté hors réserves à adopter une résolution et pourrait être la première communauté à prendre un arrêté municipal défiant l’autorité fédérale sur le transport d’uranium de Canyon Mine.

 

Pour plus d’informations (en anglais): https://www.haulno.org/

 

 

 

Haul No! Rassemblement à Flagstaff et Réunion du Conseil Municipal

Par Haul! Administrateurs
13 octobre 2017
Traduction Christine Prat

 

Flagstaff, Arizona – Mardi 10 octobre 2017, le Conseil Municipal de Flagstaff a tenu une session de travail pour discuter, entre autres, de la possibilité d’adopter une résolution et une ordonnance pour empêcher le transport d’uranium à travers la commune. Plus de 75 personnes s’étaient rassemblées à l’extérieur, avant la réunion.

“Nous avons besoin d’eau, l’eau c’est la vie” dit Odettie Jones, de la Tribu Havasupai, “Il y a beaucoup d’armes nucléaires déjà fabriquées. Pourquoi ont-ils besoin de plus d’uranium? C’est déjà fait. Laissez-le dans le sol.” Odettie Jones faisait partie d’une délégation d’une douzaine de membres de la Tribu Havasupai, venus du Grand Canyon pour exprimer leur opposition à la mine dite Canyon Mine.

Canyon Mine est une mine d’uranium située près de Red Butte, une montagne sacrée et Propriété Culturelle Traditionnelle, à seulement 10 km du bord sud du Grand Canyon. Une compagnie canadienne, Energy Fuels Inc. (EFI), projette d’en extraire de l’uranium en 2018.

Jusqu’à 12 camions par jour, transportant chacun 30 tonnes de minerai d’uranium hautement radioactif, devraient traverser des communautés, pour la plupart dans la Réserve. L’uranium serait transporté sur une distance totale de près de 500 km jusqu’à l’usine controversée d’EFI de White Mesa, près de Blanding, en Utah. L’usine de White Mesa est située sur les terres ancestrales des Ute de Ute Mountain et est la seule usine de retraitement d’uranium commerciale aux Etats-Unis.

La Nation Havasupai a poursuivi en justice le Service des Forêts des Etats-Unis, pour ne pas avoir effectué de consultation significative à propos de Canyon Mine, dans leur Déclaration d’impact Environnemental de 1986. Une décision de la Cour d’Appel du 9ème Circuit pourrait tomber d’un jour à l’autre.

Bien que la Nation Navajo ait interdit le transport d’uranium sur son territoire depuis 2012, EFI obtiendrait l’autorisation de l’état d’Arizona, pour des questions de juridiction.

Une possible pollution radioactive du sol, de l’eau et de l’air par la Mine du Canyon, l’usine de White Mesa et le transport d’uranium affecterait le nord de l’Arizona, le sud-est de l’Utah, le fleuve Colorado, le cours d’eau Moenkopi, la rivière San Juan, et les territoires et ressources culturelles des peuples Havasupai, Hopi, Navajo, Ute et Paiute.

“Ça va toucher chacun d’entre nous, les gens basanés, les Noirs, les animaux, le ciel… Connaissant le gouvernement, ils ne vont pas le bloquer pendant le transport” dit Frankie Tso, Diné, résidente de Cameron, “C’est un acte de génocide, un génocide nucléaire. Des gens meurent. Tout récemment, une de mes grand-mères est décédée d’un cancer, elle avait des plaies ouvertes sur tout le corps. Elle vivait à 400 mètres d’une des mines abandonnées les plus radioactives de Cameron.” F. Tso ajoute, “Nous sommes ici pour que ça s’arrête, nous n’allons pas risquer un essai, nous allons le bloquer. Les gens avant le profit!”

La bénévole de Haul No! Leilani Clark, Diné (Navajo) et Santa Clara Pueblo, raconta comment le Conseil Municipal de Flagstaff avait d’abord supprimé la discussion de son agenda. “En 24 heures, la question était revenue sur l’agenda,” dit L. Clark, “et ceci parce que vous vous êtes mobilisés et vous êtes assurés que la Ville prendrait le problème au sérieux. Merci.”

Le Conseil est prêt à agir et Envisage de combattre les Règles Fédérales

Cinq membres du Conseil Municipal de Flagstaff ont immédiatement exprimé leur soutien à une résolution. Ils ont aussi appelé à une action de plus grande envergure, sous la forme d’une ordonnance interdisant le transport sur une petite section de la route sur laquelle la ville a juridiction.

Donn Pillmore, représentant EFI, a contredit une déclaration antérieure du président de la compagnie, Mark Chalmers, lors d’une session précédente du Conseil Municipal. Chalmers avait dit “les trajets projetés ne devraient pas passer par Flagstaff”, malgré le fait qu’en 1986, le Service des Forêts ait approuvé deux trajets, l’un traversant Flagstaff et un autre passant par une route d’accès du Service des Forêts et des terre privées au nord de Flagstaff. Le Service des Forêts avait indiqué dans sa déclaration d’impact environnemental, que le trajet par Flagstaff était l’option “préférée”.

Des membres du Conseil ont discuté une série d’options, dont une régulation plus stricte du transport d’uranium, en utilisant des containers “plus sûrs” que de simples bâches goudronnées. L’équipe de la Ville a déclaré ne pas pouvoir adopter une ordonnance limitant le transport, à cause de la “préemption” des règles Fédérales. La membre du Conseil Putzova a réagi, déclarant “ça ne me gênerait pas de demander au gouvernement Fédéral de changer ses règles concernant l’uranium.”

La Vice-Maire Jamie Whelan dit “Nous devons agir, même si nous semblons ne pas avoir de pouvoir là-dessus.” Coral Evans, Maire de Flagstaff, déclara “Je suis très troublée par le fait que les communautés [Autochtones] doivent supporter l’essentiel des risques.” C. Evans dit aussi qu’elle avait dû faire face au cancer du sein par deux fois et que ça pourrait être génétique, sa mère ayant vécu ‘sous le vent’. J. Whelan dit aussi avoir eu un cancer. “Quand la question s’est posée, d’un cancer de la gorge, le chirurgien m’a demandé ‘Combien de temps avez-vous passé dans la réserve? Et ce n’est pas bon” dit J. Whelan.

Ophelia Watahomigie-Corliss, membre du Conseil Tribal Havasupai, dit “Je vous implore de vous activer pour remettre en cause [les règles Fédérales].” Elle parlait de l’impact que l’extraction d’uranium pourrait avoir sur des millions de gens.

Sarana Riggs, de la Nation Diné (Navajo) et bénévole de Haul No!, a remis au conseil une déclaration écrite en ces termes: “Nous avons organisé ce soir un rassemblement, auquel non seulement des résidents de Flagstaff étaient présents, mais où sont venus des gens de toute la région, d’aussi loin que Havasupai, Tucson, Las Vegas, Gallup et Albuquerque. Canyon Mine n’est qu’à 10 km du bord sud du Grand Canyon – l’une des destinations touristiques les plus importantes au monde, pour sa beauté et son caractère sacré – cela aura un impact énorme sur les conditions de vie hors de la région – sans parler des territoires ancestraux et actuels des peuples Havasupai et Hualapai, qui ressentent directement les effets de l’exposition à l’uranium et de la profanation de Sites Sacrés, si ceci est autorisé. Le Fleuve Colorado, qui coule dans le Grand Canyon et contribue à la vie des régions autour, y compris la Californie et le Nevada, sera irréversiblement détruit.”

Des représentants de Haul No! ont appelé le conseil à se préoccuper de la profanation des sites sacrés. “En tant que partie prenante dans cette affaire, nous pressons le Conseil de demander des contributions des résidents Autochtones touchés et des voisins, sur comment la ville peut soutenir leurs efforts pour protéger des sites sacrés et écologiques importants, comme Red Butte et les San Francisco Peaks.”

Benjamin Jones, du Service Havasupai des Ressources Naturelles, dit “Canyon Mine est située sur une Propriété Culturelle Traditionnelle des Havasupai, notre montagne sacrée Red Butte, et juste au-dessus de notre nappe aquifère. Nous sommes ici pour protéger nos eaux souterraines de la pollution. Je suis ici en tant que gardien du Grand Canyon. Nous sommes unis, ici, aujourd’hui, pour parler de l’eau. L’eau c’est la vie.”

Red Butte est située sur des terres ancestrales des Havasupai, ils appellent le site sacré Wii’i Gdwiisa, ou “montagne au poing serré.”

Energy Fuels: un Palmarès d’Irresponsabilité

Le Directeur des opérations d’Energy Fuels Inc. (EFI), Donn Pillmore, répondit à des questions de membres du Conseil sur le trajet de transport. Il dit que la compagnie avait une équipe qui s’occuperait des fuites de minerai d’uranium qui pourraient se produire en route.

La membre du Conseil Eva Putzova demanda: “Alors, si [un accident] devait se produire à Flagstadf ou près de Flagstaff, d’où votre équipe serait-elle envoyée?”
Pillmore répondit: “Nous avons un officier pour la sécurité des radiations en poste à notre usine de Blanding.”
E. Putzova demanda alors “A quelle distance, à combien d’heures de Flagstaff est-ce?”
Pillmore: “…de Flagstaff, c’est à environ 3 heures et demie.”

Alicyn Gitlin, résidente de Flagstaff et membre de la section du Grand Canyon du Sierra Club dit: “Pouvons-nous faire confiance à l’industrie de l’uranium pour tenir à cœur nos intérêts? Pouvons-nous leur faire confiance pour nous protéger de la contamination, de la poussière, et des accidents?” A. Gitlin rapporta un point d’histoire concernant les accidents de transport d’uranium dans la région. “Avant 1986, date où le compte-rendu de décision de Canyon Mine a été signé par le Service des Forêts, cinq fuites s’étaient déjà produites de camions transportant du minerai des mines du plateau du Colorado, l’un d’entre eux en ayant renversé plus de deux tonnes. Dans l’un des cas, des officiels de la Nation Navajo ont trouvé en arrivant des ouvriers recouvrant de sable à coup de pied le minerai renversé.” A. Gitlin ajouta “En 2015 et 2016, il y a eu deux fuites de camions transportant des matériaux radioactifs et une autre fuite en janvier 2017. A. Gitlin signala le fait que EFI avait refusé de mettre à jour le Plan d’Opérations de Canyon Mine de 1984, et la Déclaration d’Impact Environnemental de 1986, ainsi que le compte-rendu de Décision. “Les opérateurs de la mine nous disent que l’extraction d’uranium est plus propre et plus sûre aujourd’hui qu’il y a 30 ans. Mais pas à Canyon Mine!”

Des intervenants ont continué toute la nuit à parler du bilan d’irresponsabilité d’EFI et des menaces à la santé et la sécurité que l’entreprise fait peser.

En mars 2017, des bénévoles de Haul No! ainsi que des représentants du Sierra Club, du Centre pour la Diversité Biologique, de Diné No Nukes et de Clean Up The Mines, ont découvert que Canyon Mine avait été inondée, parce que des ouvriers avaient percé par inadvertance une nappe aquifère de surface. Il a été établi que l’eau contenait de l’uranium et un fort taux d’arsenic, et était pulvérisée dans l’air pour “s’évaporer”. Une enquête plus poussée a révélé que l’eau avait été illégalement transportée par camions en Utah, en violation de la loi de l’état d’Arizona.

Le 24 mars 2017, un accident majeur s’est produit à Canyon Mine, interrompant les travaux de construction du puits pour des mois. Les accidents doivent être signalés à l’Administration de la Sécurité des Mines (MSHA), dans les 15 minutes. Au lieu de cela, un anonyme a finalement alerté la MSHA, qui est venue enquêter, et a finalement découvert que la scène de l’accident avait déjà été compromise.

Alycin Gitlin demanda “Alors, pourquoi devrions-nous faire confiance à Energy Fuels s’ils conduisent leurs camions à travers le nord de l’Arizona? Pourquoi devrions-nous leur faire confiance en quoique ce soit? Pourquoi leur confierions-nous notre santé et notre sécurité?”

Leona Morgan, Diné (Navajo) et coorganisatrice de Haul No!, s’adressa au Conseil au sujet de propositions de sites d’enfouissement dans le sud-est du Nouveau Mexique et à Yucca Mountain, pour les déchets de réacteurs nucléaires. Leona Morgan expliqua que cela signifierait que des déchets au taux radioactif mortel seraient transportés à travers Flagstaff, sur l’autoroute I-40, et par rail de plus de 100 réacteurs dans le pays. “Je vous implore de prendre en considération la question du transport, au-delà de la simple extraction d’uranium.”

Haul No! a déjà réussi à obtenir des résolutions opposées au transport de minerai, de plusieurs communautés Diné, comme celles de Cameron, de Coal Mine, d’Oljato, de Monument Valley, de Kayenta, de l’Agence Navajo de l’Ouest, et des Tribus Hualapai et Havasupai.

Flagstaff serait la première communauté hors-réserve à adopter une telle résolution, et pourrait être la première communauté à adopter une ordonnance qui défierait l’autorité Fédérale en ce qui concerne le transport d’uranium de Canyon Mine.

L’organisation de Phoenix ‘l’Arizona Résiste’ a organisé un rassemblement de solidarité au siège principal du Service de la Qualité de l’Environnement d’Arizona (ADEQ) à Phoenix, Arizona, le même jour. L’ADEQ a la responsabilité de délivrer des permis environnementaux de l’Etat d’Arizona pour Canyon Mine.

Pliny Draper, un Diné de Chinle, en Arizona, s’est adressé au rassemblement pour dire: “Moi, je ne n’hésite pas à défendre ceux dont j’ai la responsabilité… Quel genre de dirigeants avons-nous élu, qui nous laissent tomber comme cela? Ce sont des gens diaboliques. Nous devons en finir avec ça. Je ne sais pas pourquoi ils ont l’idée de sortir cet uranium du sol.” Draper dit aussi qu’il connaissait bien la menace de l’uranium, étant donné qu’il a quatre mines d’uranium abandonnées, qui n’ont jamais été décontaminées, sur son terrain.

Pour plus d’informations (en anglais) et des actions: https://www.haulno.org

 

 

Le Conseil Tribal Havasupai accueille un rassemblement de 3 jours, à Red Butte, pour défendre la terre et l’eau sacrées contre l’extraction et le transport d’uranium.
Les Supai, Gardiens ancestraux du Grand Canyon, ont commencé leur rassemblement par une marche de prière. Le rassemblement a eu lieu du 23 au 25 juin 2017.

 

 

 

 

LES FAITS: LA MINE DU CANYON ET L’USINE DE WHITE MESA

Par Haul No!
Photos du rassemblement par Haul No!
Photos ci-dessus et lien publiés sur Censored News le 25 juin 2017
Traduction Christine Prat

 

Qu’est-ce que la Mine du Canyon?

La Mine du Canyon est une mine d’uranium située près de Red Butte, une montagne sacrée et classée Propriété Culturelle Traditionnelle, à moins de 10 km de la Rive Sud du Grand Canyon. Une compagnie Canadienne, Energy Fuels, a creusé le puits de mine et avait l’intention de commencer à extraire de l’uranium dès maintenant. La compagnie opère selon un Plan d’Opérations et un Rapport Environnemental datant de 1986, et le Service des Forêts [qui délivre les permis d’exploiter dans les Parcs Nationaux] n’a pas consulté la Tribu Havasupai selon les règles avant d’autoriser l’exploitation de la mine.

La Tribu Havasupai, le Grand Canyon Trust, le Centre pour la Diversité Biologique et le Sierra Club ont attaqué en justice la décision du Service des Forêts des Etats-Unis d’autoriser Energy Fuels Resources à rouvrir la mine d’uranium du Canyon, qui avait été approuvée dans les années 1980 et était fermée depuis 1992.

– La production annuelle est de 109 500 tonnes de minerai d’uranium à haute teneur.
– L’EFI a autorisé de stocker jusqu’à 13100 tonnes d’uranium à la Mine du Canyon.
– Elle se trouve dans un périmètre de plus de 4000 km² soustrait à l’extraction minière en 2012, suite à des inquiétudes quant aux menaces environnementales et culturelles posées par l’extraction d’uranium, au bassin hydrologique du Grand Canyon.

Des faits concernant le trajet de transport de Canyon Mine:

– Près de 500 km
– 25 camions (dans les deux sens), pouvant transporter jusqu’à 30 tonnes de minerai hautement radioactif chaque jour.
– Seulement couverts d’une bâche goudronnée.
– Passant par des villes comme Valle, Williams et Flagstaff; à travers des communautés dans la Réserve Navajo, entre autres Cameron, Tuba City et Kayenta; et finalement arrivant à l’usine de retraitement d’Energy Fuel, White Mesa, à seulement 5 km de la Communauté Tribal Ute de White Mesa, Ute Mountain, en Utah.

 

 

Sites sacrés; Eau Précieuse:

Red Butte est située dans la Forêt Nationale de Kaibab, dans le comté de Coconino, en Arizona, sur des terres ancestrales Havasupai. Elle est connue dans la nation Havasupai sous le nom de Wii’i Gdwiisa, “Montagne du poing serré,” et est considérée comme sacrée depuis des temps immémoriaux.

– Désignée comme pouvant figurer au Registre National des Lieux Historiques comme Propriété Culturelle Traditionnelle en 2009.
– La Mine du Canyon est située à l’intérieur des limites de la Propriété Culturelle Traditionnelle de Red Butte.
– Red Butte a également une signification culturelle pour les nations Diné (Navajo) et Hopi.

On estime que 40 millions de gens dépendent de l’eau du Fleuve Colorado qui coule dans le Grand Canyon. Déjà, 20 ruissellements et sources de la région du Grand Canyon présentent, à cause de l’extraction d’uranium passée, des concentrations d’uranium dissous supérieures aux standards applicables à l’eau potable. La Mine du Canyon menace d’aggraver ces effets, et le trajet de transport passe par deux affluents essentiels du Fleuve Colorado – la San Juan et le Petit Colorado.

Qu’est-ce que l’usine de White Mesa?

L’usine de White Mesa est la seule usine de retraitement conventionnelle autorisée à opérer aux Etats-Unis. Energy Fuels Inc. possède et opère l’usine et les mines d’uranium du Plateau du Colorado, entre autres Canyon Mine, qui alimentent l’usine en minerai. L’usine n’est qu’à 5 km de la communauté Ute de White Mesa, Ute Mountain, et à 10 km au sud de Blanding, en Utah.

– Elle a été construite en 1979 pour traiter le minerai d’uranium du Plateau du Colorado.
– En 1987, elle a commencé à traiter “du matériau d’alimentation alternative” (des déchets toxiques contenant de l’uranium et radioactifs) de toute l’Amérique du Nord.
– Energy Fuels se débarrasse des restes de déchets radioactifs dans des “zones de rétention” qui occupent plus de 110 hectares à proximité de l’usine.

Qu’est-ce que les zones de rétention de déchets?

– Il y a actuellement cinq zones de rétention de déchets (cellules 1, 2, 3, 4A et 4B) dans les 110 hectares du système de gestion des déchets de l’usine. Ces zones reçoivent des déchets, y compris des restes de solutions de traitement, chargés d’éléments radioactifs et toxiques.

Quelles sont les dangers pour la santé et l’environnement?

– Les cellules 1, 2, et 3 de l’usine de White Mesa ont été construites avec de fines couches de plastique placées entre deux couches de roche pulvérisée. Ces couches de plastique avaient une durée utile de 20 ans quand elles ont été installées au début des années 1980, et elles n’ont jamais été remplacées.
– Le système de détection de fuites des cellules 1, 2 et 3 n’a pas de double couche de plastique et ne détectera pas les fuites avant que l’eau souterraine n’ait déjà été contaminée.
– L’usine émet dans l’air des polluants radioactifs et toxiques, entre autres du radon et du thoron (gaz) et de l’anhydride sulfureux et des oxydes d’azote (particules). Le vent emporte les particules et les gaz hors du site. Energy Fuel a entreposé du minerai et des matériaux d’alimentation alternative sur le site. La plupart des matériaux entreposés ne sont pas suffisamment couverts et peuvent aussi être emportés par le vent hors du site. Les résidents de White Mesa se plaignent de l’odeur de polluants de l’usine.
– Des camions chargés de minerai dangereux circulent sur les autoroutes de l’Arizona et de l’Utah pour arriver à l’usine. Les matériaux d’alimentation alternative sont généralement déchargés des trains à Cisco, en Utah, et transportés par camion par la nationale 70, à l’est sur l’autoroute 191, et au sud à travers Moab, Monticello et Blanding, jusqu’à l’usine.
– Il y a des courants contenant des niveaux de plus en plus élevés de nitrate, de nitrite et de chlorure dans la nappe aquifère sous le site de l’usine.

Quelles sont les autres inquiétudes de la communauté?

– L’usine a été construite sur des terres sacrées ancestrales de la Tribu Ute de Ute Mountain. Plus de 200 sites rares et d’importance culturelle se trouvent sur le site de l’usine. Il y a entre autres des sites funéraires, de grandes kivas et des maisons souterraines, des puits de stockage et des objets archéologiques. Quand l’usine et ses zones de stockage de déchets ont été construites, plusieurs sites archéologiques importants ont été détruits. Entre autres, des maisons souterraines, des kivas, des sites funéraires et des structures d’entreposage de la nourriture.
– Beaucoup de résidents des communautés de White Mesa et de Bluff craignent que la nappe aquifère Navajo Sandstone, qui fournit l’eau potable de la région, ne soit contaminée. Cette source d’eau potable primordiale se trouve sous le site de l’usine.

 

Photo Haul No!

 

 

Par Indigenous Action Media
22 novembre 2013
See original article in English
Traduction Christine Prat

 

Grand Canyon, Arizona – Energy Fuels Resources Inc. a dû interrompre le fonctionnement de deux mines d’uranium controversées près du Grand Canyon du Colorado.

Se référant à la baisse du prix de l’uranium, Energy Fuels fermera aussi temporairement son usine de traitement White Mesa Mill à Blanding, Utah. White Mesa Mill est actuellement la seule usine de traitement de l’uranium en activité aux Etats-Unis.

Les deux mines d’Energy Fuels sont situées à l’intérieur du périmètre de « retrait minier » créé par le gouvernement Obama en 2012 pour protéger la ligne de partage des eaux du Grand Canyon. Le retrait interdit toute nouvelle concession minière mais les concessions préexistantes étaient autorisées.

Depuis des décennies, des Peuples Autochtones, des résidents et des groupes de protection de l’environnement ont travaillé ensemble pour protéger des territoires du sud-ouest des menaces créées par l’exploitation de l’uranium.

Jeudi 21 novembre 2013, un groupe appelé Université du Nord de l’Arizona (Northern Arizona University – NAU) Contre l’Uranium a organisé une manifestation intitulée « La Jeunesse Parle pour la Défense du Canyon » à Flagstaff, Arizona. Les étudiants de la NAU ont dénoncé leur exclusion – étant nés après 1986 – du processus de consultation publique concernant la mine d’uranium dite « du Canyon » d’Energy Fuels. Les étudiants se sont joints à des membres de la Nation Havasupai pour exiger une nouvelle Déclaration d’Impact Environnemental pour la mine.

Vidéo: Carletta Tilousi, Havasupai, s’adresse aux étudiants de la NAU

Le 5 novembre 2013, suite à une plainte déposée en 2012 par la Nation Havasupai, le Sierra Club, le Grand Canyon Trust et le Centre pour la Diversité Biologique, Energy Fuels a accepté d’interrompre temporairement sa Mine du Canyon. La Mine du Canyon, située à une dizaine de kilomètres du Grand Canyon, constitue toujours une menace grave pour Red Butte, site sacré pour la Nation Havasupai.

La poursuite en justice affirme que le Service des Forêts des Etats-Unis n’a pas effectué les consultations requises avec les tribus et n’a pas mis à jour le rapport environnemental fédéral de 1986. La Mine du Canyon est située dans les limites de la Propriété Culturelle Traditionnelle de Red Butte, que le Service des Forêts a classée en 2010 pour son importance religieuse et culturelle pour les Peuples Autochtones.

D’après le Sierra Club, la Mine du Canyon « menace des valeurs culturelles, la vie sauvage et l’eau, y compris les nappes aquifères qui alimentent les cascades du Grand Canyon ».

Cet été, un groupe connu sous le nom de Momma Bear’s Brigade a établi un camp de protestation près du Grand Canyon pour arrêter l’activité de la Mine du Canyon.

Le 30 août 2013, Energy Fuels a acquis Strathmore Minerals Corp. Strathmore détenait 60% du projet de mine d’uranium Roca Honda située près de Grants au Nouveau-Mexique. La mine Roca Honda est controversée depuis longtemps étant donné qu’elle menace de profaner le Mont Taylor, une montagne sacrée pour les Diné (Navajo), Acoma, Hopi et d’autres Nations Autochtones.

D’après le site d’Energy Fuels, « La Compagnie croit que des effets de synergie importants pourraient être obtenus en transportant les ressources [en uranium] de Roca Honda à son usine de retraitement White Mesa Mill. La firme japonaise Sumitomo détient les 40% restant de Roca Honda ».

D’après Energy Fuels Inc. « … vu que le Japon remet en route ses réacteurs et que de nouveaux sites nucléaires apparaissent dans le monde entier, la fourniture d’uranium aux sites nouveaux et existants pourrait devenir incertaine » et Energy Fuels Inc. croit que ceci pourrait résulter dans « une augmentation potentielle du prix de l’uranium ».

Energy Fuels déclare s’attendre à ce que « d’autres annulations ou reports de projets puissent être annoncées dans les mois à venir ».

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Voir aussi:

Article précédent sur l’arrêt de la Mine du Canyon
– L’exploitation de la mine Arizona 1 (rive nord du Grand Canyon) commence, article de Klee Benally, mars 2010
– L’Arizona octroie un permis d’exploiter la Mine du Canyon près de Red Butte, mars 2011
– Commémoration de la catastrophe de Church Rock, dans la réserve Navajo, la plus grande catastrophe nucléaire de l’histoire des Etats-Unis, article de juillet 2011
– Des Navajos meurent encore à cause de la radioactivité, article de novembre 2011
– La Cour d’Appel se prononce en faveur de la mine d’uranium Arizona 1, article de Christine Prat, mars 2013
– Projet de mine d’uranium, Roca Honda, sur le Mont Taylor, au Nouveau Mexique, deux articles, du 10 avril et du 23 avril 2013

 

Publié par Indigenous Action Media
6 novembre 2013
See original article in English
Traduction Christine Prat

 

Grand Canyon, Arizona – D’après un communiqué de presse publié par le Sierra Club, Energy Fuels Resources, Inc. a « décidé de placer la [Mine du Canyon] sous statut non opérationnel mardi ». L’arrêt devrait durer jusqu’à la décision de la Cour en décembre 2014.

La Mine du Canyon (Canyon Mine) représentait une grave menace pour Red Butte, un site considéré comme sacré par la Nation Havasupai.

 

Voir articles précédents:

LA TRIBU HAVASUPAI ET DES GROUPES DE PROTECTION DE LA NATURE ATTAQUENT EN JUSTICE LA MINE D’URANIUM QUI MENACE LE GRAND CANYON DU COLORADO, 7 mars 2013

L’exploitation de l’uranium Commence près du Grand Canyon, par Klee Benally, mars 2010

 

Ci-dessous, le communiqué intégral du Sierra Club:

Pour publication immédiate, 6 novembre 2013

Contacts :
Roger Clark, Grand Canyon Trust, (928) 890-7515
Robin Silver, Center for Biological Diversity, (602) 799-3275
Sandy Bahr, Sierra Club, (602) 253-8633

 

La Mine ‘Zombie’ du Grand Canyon arrêtée

PARC NATIONAL DU GRAND CANYON – Pour la seconde fois au cours de nombreuses décennies, les opérations d’ouverture de la mine d’uranium du Canyon, à une dizaine de km au sud du Parc National du Grand Canyon, ont été suspendues. La Tribu Havasupai, qui avait déjà par le passé engagé des poursuites contre la mine, et des groupes pour la conservation du site s’efforcent d’arrêter le développement de cette mine à cause des dégâts potentiels pour les eaux et la vie sauvage dans le Grand Canyon, ainsi qu’à des ressources culturelles.

Suite à un accord avec la Tribu Havasupai et les groupes de protection, et citant des « raisons économiques », Energy Fuels Resources, Inc. a décidé mardi de placer la mine sous un statut non opérationnel. Les prix de l’uranium ont baissé pendant les trois derniers mois au niveau le plus bas depuis cinq ans. La mine avait déjà été arrêtée en 1992, après que les prix de l’uranium soient tombés à un niveau exceptionnellement bas. La compagnie a repris les opérations de fonçage de puits au début de 2013 ; la présente interruption doit durer au moins jusqu’à ce qu’une décision de justice soit prise ou jusqu’au 31 décembre 2014.

« La Mine du Canyon fait courir des risques de dégâts irréversibles pour les Havasupai et l’eau du Grand Canyon, la vie sauvage, le tourisme et l’économie, donc cette fermeture est une très bonne nouvelle » dit Roger Clark, du Grand Canyon Trust. « La fermeture est temporaire. Suivant la politique actuelle, les administrations fédérales autoriseront cette mine tout comme d’autres ‘mines zombies’ de la région à rouvrir l’année prochaine, ou dans 10 ou 20 ans sans nouvelle étude environnementale ou réparation. Çà doit changer ».

La Tribu Havasupai et les groupes de protection ont poursuivi le Service des Forêts des Etats-Unis pour sa décision de 2012 d’autoriser la mine controversée à ouvrir sans les consultations préalables requises avec les tribus et sans mettre à jour le rapport environnemental fédéral de 1986. La mine est située dans les limites de la Propriété Culturelle Traditionnelle de Red Butte, que le Service des Forêts a classée en 2010 pour son importance religieuse et culturelle pour les tribus, spécialement les Havasupai. Elle menace des valeurs culturelles, la vie sauvage, et l’eau, y compris les nappes aquifères qui alimente les cascades du Grand Canyon.

La procédure en cours accuse le Service des Forêts d’enfreindre la Loi Nationale sur la Préservation Historique, pour n’avoir pas consulté la Tribu Havasupai pour déterminer si les impacts de la mine sur Red Butte pouvaient être évités avant d’approuver l’exploitation minière. Elle suppute également des infractions à la Loi Nationale sur la Politique Environnementale pour n’avoir pas analysé les nouvelles circonstances et découvertes scientifiques depuis le rapport dépassé de 1986 sur l’impact environnemental. Ces circonstances incluent la désignation de Red Butte comme Propriété Culturelle Traditionnelle, la réintroduction du condor de Californie menacé et de nouvelles découvertes scientifiques montrant que l’extraction d’uranium pourrait contaminer des nappes aquifères profondes et les suintements et les ruisseaux du Grand Canyon.

« Il est clair depuis des années que le public ne veut pas d’exploitation d’uranium autour du Grand Canyon. Maintenant que l’activité de cette mine est à l’arrêt, le Service des Forêts a une nouvelle occasion de faire ce qu’il faut : protéger les gens, la vie sauvage et ce paysage incroyable de l’exploitation minière à l’échelle industrielle et de toute la pollution et destruction qui l’accompagnent » dit Robin Silver du Centre pour la Diversité Biologique.

La mine se trouve dans le périmètre de la zone de « retrait minier » approuvée par le gouvernement Obama en janvier 2012 pour protéger la ligne de partage des eaux du Grand Canyon des impacts d’une nouvelle exploitation de mines d’uranium. Le ‘retrait’ interdit de nouvelles concessions minières et l’exploitation de vieilles concessions n’ayant pas de « droits valables existants » d’exploiter. En avril 2012, le Service des Forêts a déterminé qu’il y avait des droits valables existants pour la Mine du Canyon et a publié en juin un rapport justifiant sa décision d’autoriser l’ouverture de la mine sans mettre à jour le rapport environnemental vieux de 27 ans.

« Il est temps de fermer cette mine de façon permanente » dit Sandy Bahr, directrice du Sierra Club du district du Grand Canyon. « C’était une mauvaise idée il y a 27 ans quand la déclaration d’impact environnemental dépassée a été émise, c’est une mauvaise idée aujourd’hui, et ce sera très certainement une mauvaise idée demain. Maintenant, nous en savons encore plus sur la menace que la Mine du Canyon fait peser sur l’eau, la vie sauvage et les ressources culturelles du Grand Canyon ».

Les requérants dans l’affaire sont la Tribu Havasupai, le Grand Canyon Trust, le Centre pour la Diversité Biologique et le Sierra Club.

 

Historique

La Mine du Canyon est située dans la Forêt Nationale de Kaibab, à une dizaine de kilomètres au sud du Parc National du Grand Canyon. L’approbation initiale de la mine en 1986 a fait l’objet de protestations et de poursuites judiciaires de la part de la Tribu Havasupai et d’autres objectant les impacts potentiels de l’exploitation d’uranium pour les eaux souterraines de la région, les sources, les ruisseaux, les écosystèmes et les valeurs culturelles attachées à Red Butte.

L’infrastructure au sol a été construite au début des années 90, mais l’effondrement des prix de l’uranium a entraîné la fermeture de la mine avant que les puits aient été creusés. Des forages d’exploration ont drainé l’eau souterraine sous le site de la mine, éliminant selon les estimations 40 millions de litres d’eau par an des sources de la région alimentées par les eaux souterraines. En 2010, un rapport de l’US Geological Survey a noté que des échantillons d’eau souterraine sous la mine présentaient des concentrations d’uranium dissout supérieures aux normes pour l’eau potable. Les eaux souterraines menacées par la mine alimentent des puits municipaux et des eaux de suintement et des sources dans le Grand Canyon, entre autres les Sources Havasu et le ruisseau Havasu. Les Permis de Protection de la Nappe Aquifère délivrés pour la mine par l’ADEQ, Service de la Qualité de l’Environnement d’Arizona, n’exigent pas la surveillance des nappes aquifères profondes et ne comprennent pas de plan ou d’exigence pour remédier à la contamination des nappes aquifères profondes.

La mine, à l’origine propriété d’Energy Fuels Nuclear, a été achetée par Denison Mines en 1997 et par Energy Fuels Resources Inc., l’actuel propriétaire, en 2012. Energy Fuels a géré la mine depuis avril 2013, procédant au fonçage du puits et préparant la mine pour l’extraction du minerai d’uranium.

Le Grand Canyon Trust est une organisation de conservation protégeant et réhabilitant le Plateau du Colorado.

Le Sierra Club est une organisation de conservation de 2.1 millions de membres et supporters dans tous le pays et des districts dans chaque état, dont le district du Grand Canyon en Arizona. La mission du Sierra Club est d’explorer, apprécier et protéger les zones sauvages de la planète.

Le Centre pour la Diversité Biologique est une ONG nationale de plus de 625 000 membres qui se consacre à la protection des espèces menacées et des endroits sauvages.