Casey Camp-Horinek, Ponca, screen capture by Censored News

 

CASEY CAMP-HORINEK, PONCA, DECLARE : L’HOMME BLANC S’EST RETOURNE CONTRE LUI-MEME, EN REQUISITIONNANT LES TERRES DE FERMIERS ET D’ELEVEURS

 

Par Brenda Norrell
Censored News
See original article in English
Jeudi 24 avril 2014
Traduction Christine Prat

 

WASHINGTON D.C. – Casey Camp-Horinek, une Ponca, dit que l’homme blanc s’est retourné contre lui-même. Des fermiers et éleveurs blancs se trouvant sur le trajet prévu pour le pipeline Keystone XL doivent faire face aux mêmes réquisitions de terres et destruction que les Autochtones.

Dans un discours prononcé dans le cadre de l’action ‘Rejeter et Protéger’ de l’Alliance Cowboys-Indiens à Washington, C. Camp-Horinek dit que les sables bitumineux avaient déjà dévasté les territoires de leurs parents des Premières Nations au Canada et visaient maintenant les Autochtones et leurs parents du sud.

Rejointe par des éleveurs du Nebraska, C. Camp-Horinek a déclaré « Ils doivent faire face à la même chose que nous, pendant tous ces siècles de dévastation de notre terre, quand l’homme blanc arrivait et prenait ce qu’il voulait ».
« Maintenant il s’est retourné contre les siens. Il va chez les éleveurs et les fermiers et fait la même chose avec eux ».

C. Camp-Horinek dit qu’une alliance puissante s’était formée entre les Autochtones, les fermiers et les éleveurs au sein de l’Alliance Cowboys-Indiens.

A propos des femmes Autochtones qui ont monté des tipis sur le National Mall, Casey Camp-Horinek dit « Nous sommes des femmes de pouvoir. Nous allons changer les structures parce que nous avons un intérêt particulier dans les générations à venir ».
« Nous sommes déterminées à ce que nos petits-petits-petits-petits-petits-petits-petits-enfants puissent manger, boire et respirer ».

Casey Camp-Horinek est une activiste Autochtone de longue date, une écologiste et une actrice. En tant que Gardienne du Tambour pour la Pa-tha-ta Ponca, la Société de la Danse du Scalp de la Femme, C. Camp-Horinek aide à maintenir l’identité culturelle de la Nation Ponca d’Oklahoma pour elle-même, sa famille et sa communauté.

C. Camp-Horinek a récemment témoigné devant le Tribunal pour les Droits de la Nature en Equateur . Elle a voyagé dans le monde entier pour la défense de Notre Mère la Terre et s’est adressée à des rassemblements lors de la Conférence sur le Climat des Nations Unies à Cancun, au Mexique, en 2010.
Lorsqu’elle a témoigné en tant qu’expert au Tribunal pour les Droits de la Nature en Equateur, en janvier, elle a expliqué la responsabilité de ceux qui prennent soin de la Terre et ceux qui la défendent. Elle a témoigné sur les forages pétroliers et gaziers, ainsi que sur la fracturation hydraulique, qui dévastent des terres Indiennes aux Etats-Unis.
Le Tribunal en Equateur faisait suite à la Conférence sur Notre Mère la Terre de Cochabamba, en Bolivie, en 2010.
Suite au rassemblement de Peuples Autochtones du monde entier en Bolivie, la Bolivie et l’Equateur ont adopté des lois affirmant les Droits de la Nature.

En Equateur, Casey Camp-Horinek avait dit « Nos prophéties et enseignements nous disent que la vie sur notre Mère la Terre est en danger et atteint une époque de grande transformation. En tant que Peuples Autochtones du Sud et du Nord, nous acceptons la responsabilité indiquée par nos prophéties de dire au monde que nous devons vivre en paix les uns avec les autres et notre Mère la Terre pour assurer l’harmonie dans la Création. » (voir article du 19 février 2014)

au micro, Faith Spotted Eagle, à sa droite sur la photo Casey Camp-Horinek

FAITH SPOTTED EAGLE : LES FEMMES SONT LA POUR NOURRIR, MAIS ELLES SONT AUSSI DES ‘MERES OURS’, PRETES A DEFENDRE LA TERRE ET L’EAU

Par Brenda Norrell
Censored News
See original article in English
Mardi 22 avril 2014
Traduction Christine Prat

 

WASHINGTON D.C. – Faith Spotted Eagle, Ihanktonwan Oyate (Yankton Dakota) a déclaré aujourd’hui, au cours de l’action ‘Rejeter et Protéger’ qui résiste au pipeline pour sables bitumineux Keystone XL, que les femmes Indiennes sont prêtes à protéger leur territoire contre l’invasion projetée du Keystone XL et de la violence des camps masculins dans les deux Dakota.
Faith Spotted Eagle, guide spirituelle et Ancienne Ihanktonwan Oyate, dit que les Ponca du sud, les Pawnee et des Premières Nations (Canada) alliées ont signé un traité international, pour protéger le territoire du Keystone XL, en janvier 2013.
« Avec ce Traité, nous sommes sérieux ».
Pendant l’action sur le National Mall, elle a aussi parlé du rôle des Peaux de Bisons et des Couvertures Etoilées pour honorer les gens. Elle a été rejointe par Casey Camp-Horinek, Ponca d’Oklahoma.
Faith Spotted Eagle dit que les femmes sont la colonne vertébrale de la nation. Elles sont co-créateurs. Le rôle des femmes est de donner la vie, un rôle qui requiert de l’humilité de leur part.
« Nous devons faire preuve d’humilité parce que nous donnons aussi la vie. Nous devons suivre la voie de la mémoire. »
« Nous avons une responsabilité mais nous nous changeons aussi en Mère Ours ».
« C’est en tant que Mères Ours que nous résistons pour défendre notre terre, nos fermes, nos ranchs, notre territoire selon les traités. Ils violent notre territoire et notre eau reconnus par traités ».
« Nous sommes venues ici pour dire ‘Assez !’ Nous ne laisserons pas TransCanada passer par notre territoire reconnu par les traités ».
F. Spotted Eagle a dit que les ‘camps masculins’ pour les équipes des compagnies pétrolières avaient accru la violence envers les Nations Indiennes. Une femme Yankton sur trois a été agressée sexuellement par des non-Indiens, dit-elle.
« Quand vous nous agressez, vous agressez Notre Mère la Terre ».
Actuellement, des Camps Spirituels Autochtones sont établis le long du trajet projeté par TransCanada, pour défendre et protéger.
F. Spotted Eagle dit que le premier camp spirituel se trouvait en terre Ponca en Oklahoma, puis dans le Dakota du Sud sur le territoire Lakota de Rosebud, et le suivant sur le territoire de la réserve de Cheyenne River. Les camps spirituels vont se propager en territoire Lakota dans la réserve de Lower Brule et celle de Pine Ridge dans le Dakota du Sud. Le site Ihanktonwan est là pour « garder la porte ».

 

Photo Bora Chung

 

Voir de nombreuses photos et vidéos sur Censored News

PRESENTATION DU RESEAU ENVIRONNEMENTAL AUTOCHTONE ET DES PEUPLES AUTOCHTONES DE NOTRE MERE LA TERRE ; LES GRAND-MERES ET LES GENERATIONS FUTURES

Discours de Casey Camp-Horinek (Ponca d’Oklahoma, USA) au Tribunal sur l’Ethique des Droits de la Nature, le 17 février 2014 à Quito, Equateur

Publié par Global Alliance for the Rights of Nature et Censored News

See original text in English on Rights of Nature or on Censored News

Traduction Christine Prat

Nos prophéties et enseignements nous disent que la vie sur notre Mère la Terre est en danger et atteint une époque de grande transformation. En tant que Peuples Autochtones du Sud et du Nord, nous acceptons la responsabilité indiquée par nos prophéties de dire au monde que nous devons vivre en paix les uns avec les autres et notre Mère la Terre pour assurer l’harmonie dans la Création.

Les Peuples Autochtones sont des gens de la terre et des eaux ; et nous sommes confrontés à de nombreux défis : des défis tels que des changements extrêmes du climat, des phénomènes météorologiques extrêmes, un développement extrême de l’énergie et la pression constante de la mondialisation économique et la perpétuation des formes occidentales de développement.

Le développement d’énergies fossiles dans les territoires, le sol, l’eau, et les mers des Peuples Autochtones s’accroît. Les affaires continuent. Les industries du pétrole et minières, avec l’aide des gouvernements, étendent la prospection pour trouver plus de carburants fossiles, développer l’addiction à l’énergie et les hauts niveaux de consommation.

La survie de cultures, langues et communautés Autochtones continue d’être affectée par un monde moderne industrialisé qui n’a ni conscience de, ni respect pour le caractère sacré de notre Mère la Terre.

Notre Mère la Terre est la source de la vie. L’eau est son sang vital. Le bien-être de l’environnement détermine la longévité physique, mentale, émotionnelle et spirituelle de nos communautés.

La santé de Notre Mère la Terre, de sa nature et celle des Peuples Autochtones sont intimement liées. En tant que Peuples Autochtones, nous sommes de la Terre et la Terre est à nous. Notre Mère la Terre est la vie. Cette relation indissociable doit être respectée par des moyens fondés sur des droits pour nos générations futures et pour le bien de la Terre elle-même, pour tous les gens et toute la vie.

Nos Peuples Autochtones croient que le système de gouvernance doit refléter notre croyance dans l’équilibre et l’harmonie. Nous croyons dans l’équité vis-à-vis de toute la Création, pas seulement nous-mêmes. Les animaux, les plantes, les pierres et tous les éléments ont autant de droit à l’existence que les gens.

Çà ne signifie pas que nous ne puissions faire aucun mal à une autre créature vivante, étant donné que nous devons nous nourrir de plantes et d’animaux, mais nous devons respecter le sacrifice fait par les animaux et les plantes. Ces sacrifices faisaient partie des Instructions des Origines de se respecter les uns les autres, de prendre soin les uns des autres, parce que nous sommes tous liés, comme frères et sœurs.

Nous croyons qu’en observant les Lois Naturelles de notre Mère la Terre, nous serions capables d’apprendre le mode de vie juste – la bonne manière de vivre, et de trouver l’équilibre et l’harmonie avec la Nature.

Les Peuples Autochtones sont des gens très légalistes. Des Peuples Autochtones Haudenosaunee du Nord de l’Amérique à nos Peuples Ponca, nous reconnaissons nos responsabilités et nos devoirs vis-à-vis des lois naturelles de la Création, telles qu’elles ont été définies dans nos Instructions des Origines.

Nos Instructions des Origines déclarent et nous enseignent les quatre éléments sacrés de la vie : l’air, la lumière/le feu, l’eau et la terre, avec son pollen et ses graines sous toutes leurs formes qui doivent être respectés, honorés et protégés, car ils entretiennent la vie. Notre Loi Naturelle nous apprend à respecter toute la Création, de notre Mère la Terre et notre Père le Ciel à toute la Vie, qui ont leurs propres lois et ont le droit et la liberté d’exister. Elle nous apprend que nous devons traiter ce lien sacré avec amour, compassion et respect, sans exercer de domination, car nous ne sommes pas propriétaires de notre Mère.

Les droits et libertés des gens à utiliser les éléments sacrés de la vie mentionnés ci-dessus et d’utiliser la terre, la nature, les sites sacrés et les autres êtres vivants doivent s’accomplir suivant les protocoles de respect adéquats, les rites de remerciement et les offrandes. Ces pratiques culturelles et spirituelles doivent être protégées et préservées, parce qu’elles sont le fondement de nos cérémonies, de notre héritage et de nos modes de vie Autochtones. C’est le devoir, la responsabilité et l’obligation de nos Peuples Autochtones de protéger et préserver la beauté du monde naturel pour les générations futures.

Historiquement, la Doctrine de la Découverte a été utilisée pour justifier la première vague de colonialisme, ici dans les Amériques, en alléguant que les Peuples Autochtones n’avaient pas d’âmes, et que nos territoires étaient « terra nullius », terre de personne. Notre Mère la Terre est la source de la vie qui doit être protégée, pas une ressource à exploiter et transformer en marchandise comme ‘capital naturel’.

Nous ressentons la douleur de la désharmonie quand nous sommes témoins du déshonneur de l’ordre naturel de la Création et de la colonisation économique et de la dégradation continuelles de notre Mère la Terre et de toute vie.

Pour rétablir notre Mère la Terre dans l’équilibre de sa nature, le monde doit passer d’une philosophie de contrôle et de domination sur la nature et d’un système légal de droits de propriété à une relation de compréhension et de respect des Lois Naturelles et d’amour pour la beauté de l’énergie féminine créatrice de notre Mère la Terre.

Cette relation indissociable entre les humains et la Terre, inhérente aux Peuples Autochtones, doit être apprise, être adoptée et respectée par tous les peuples, pour le bien de toutes les générations futures et toute l’humanité.

Les droits de notre Mère la Terre sont intrinsèques. Toute loi qui nie ces droits fondamentaux est illégitime et constitue une violation des Lois Naturelles de la Création.

Nous pouvons préserver, protéger et remplir nos devoirs sacrés de vivre dans le respect de cette merveilleuse Création. Nous avons le pouvoir et la responsabilité du changement.

Un paradigme, fondé sur la pensée et la philosophie Autochtones, qui accorde des droits égaux à la nature et rend honneur à l’interrelation de toute vie, doit être mis en avant.

C’est le plus grand défi auquel est confrontée l’humanité, que ce soit ici, au milieu de la Terre en Equateur, ou mondialement : reconnaître ses responsabilités, ses devoirs et ses obligations envers les droits de notre Mère la Terre.

Mitakuye Owasin