Des délégués du Conseil Navajo ont signé la prolongation du contrat de la Centrale au charbon NGS [Navajo Generating Station], l’une des centrales les plus polluantes d’Amérique du Nord, qui empoisonne les Navajos de la Réserve, bien qu’ils n’aient pas l’électricité ni l’eau courante. La centrale sert essentiellement à alimenter les grandes villes du Sud-ouest.
L’article ci-dessous est une traduction du communiqué de presse conjoint des associations Diné CARE et Tó Nízhoní Ání. Plus bas, vous trouverez une traduction française d’un commentaire de Klee Benally sur l’accord, publié sur Facebook le 3 juillet 2017

 

 

 

Communiqué de presse
Du 27 juin 2017
Publié sur Censored News
Traduction Christine Prat

 

Contacts:
Carol Davis, Diné CARE, (00 1) 928-221-7859, caroljdavis.2004@gmail.com
Percy Deal, Diné CARE, (00 1) 928-205-7332, deal.percy@gmail.com
Nicole Horseherder, Tó Nizhóní Ání, (00 1) 928-675-1851, nhorseherder@gmail.com
Jessica Keetso, Tó Nizhóní Ání, (00 1) 505-228-7085, jkeetso@yahoo.com

 

WINDOW ROCK, Arizona – Des délégués du Conseil de la Nation Navajo, ont voté lundi, tard dans la soirée, l’approbation d’un nouveau contrat qui permettra à la Navajo Generating Station [Centrale Electrique Navajo] de continuer à fonctionner pour deux ans et demi de plus, mais qui en plus, comprend des amendements qui affaiblissent le contrôle de la Nation Navajo sur la date de fermeture de la centrale.

“Il n’est pas possible de le dire autrement: avec cet accord, la Nation Navajo s’est lié les mains derrière le dos. Nous nous retrouvons avec des millions de dollars de dettes”, dit Adella Begaye, de l’association communautaire Navajo Diné CARE. “L’accord a été passé de force en retenant le Conseil Tribal Navajo en otage durant un ultimatum de 11 heures, par les personnes mêmes qui ont été autorisées à exploiter et piller nos ressources naturelles.”

Les délégués tribaux, qui ont approuvé le contrat par un vote de 18 contre 4, ont renoncé à leur droit de régler des conflits devant des tribunaux Navajo, en ce qui concerne la plus grande centrale au charbon de l’Ouest, et ils ont cédé leur droit de superviser le démantèlement et la dépollution, qui devront commencer quand la centrale fermera, fin 2019.

“Nous respectons les ouvriers Navajo, dont le niveau de vie serait affecté par la fermeture de la Centrale et en conséquence, de la Mine de Kayenta, mais nos dirigeants ont donné leur accord pour un héritage de déchets et de pollution pour les générations de nos enfants et petits-enfants” dit Percy Deal, membre de Diné CARE et membre du conseil tribal.

En février, la SRP et les autres propriétaires de la centrale, ont décidé que financièrement, le plus sûr était de fermer la centrale, parce qu’ils perdaient 100 millions de dollars par an, ou plus, en gérant la centrale dans un marché de l’énergie qui offre des alternatives bien meilleur marché.

“Le reste du monde déclare emphatiquement se tourner vers une économie de l’énergie propre. Les services se détournent de la NGS et du charbon le plus vite possible, parce que le charbon ne peut plus concurrencer les sources d’énergie plus propres”, dit Nadine Narindrankura, de Tó Nizhóní Ání, une autre association Navajo. “C’est grotesque de la part de nos dirigeants, de s’accrocher au charbon. Lier notre peuple à un navire en train de couler ne fera que nous mettre en faillite et repousser l’inévitable pour deux petites années.”

Diné CARE et Tó Nizhóní Ání ont été profondément impliquées dans les problèmes concernant les centrales au charbon et l’extraction de charbon dans la Réserve Navajo depuis des années. Ils continuent d’affirmer que sous la promesse des services de maintenir la survie du charbon, il y avait un plan secret pour aider les propriétaires de la NGS à échapper à leurs responsabilités financière et éthique, bien que depuis des décennies, ils s’enrichissent en exploitant les ressources naturelles des Navajo, polluent les terres tribales et empoisonnent l’air que les familles Navajo respirent.

“Nous n’oublierons jamais les générations de familles Navajo perdues par la déportation forcée. C’est sur le dos des Navajos et des Hopis que l’Arizona vit confortablement alors que nos familles n’ont ni l’eau courante ni l’électricité” dit Robyn Jackson, de Diné CARE. “La direction Navajo a maintenant deux ans et demi pour créer un projet de transition solide et ne peut pas perdre de temps, en le gaspillant à courte vue pour que la centrale continue à tourner après 2019 ou en ayant la stupidité d’acheter la Mine de Kayenta.”

L’eau est l’un des problèmes les plus importants pour les Navajos, et les associations citées sont préoccupées par les 62 millions de m³ du bassin hydrologique du Haut Colorado, qui doivent à juste titre être rendus à la Nation Navajo. En dépit de la déception que constituent d’autres éléments de l’accord, Diné CARE et Tó Nizhóní Ání sont soulagés que les termes de l’accord original de 1969 pour la NGS, concernant les droits sur l’eau, aient été inclus dans un amendement, comme ils l’avaient suggéré aux délégués, pendant les audiences législatives sur le contrat. Les termes de l’amendement sur l’eau ne sont pas contraignants, mais seront une base solide pour que les Navajos récupèrent tous leurs droits sur cette eau.

La Nation Navajo a un vaste potentiel pour développer l’énergie solaire et éolienne, et Diné CARE et TNA ne voient pas d’avenir dans le charbon. Au contraire, ils exigent des dirigeants tribaux qu’ils travaillent à construire une économie qui permette à la Nation Navajo de subvenir aux besoins de son peuple pour des générations à venir, pas seulement pour quelques années.

“Maintenant, la nation dans son ensemble doit s’engager à une transition économique et énergétique, ainsi que de direction politique” dit Jessica Keetso de TNA. “Les élections de 2018 approchent, et nous devons élire des dirigeants qui savent ce que changement climatique veut dire, et sont conscients de l’importance de développer des entreprises et une infrastructure durables. La Nation Navajo doit développer l’énergie solaire et éolienne, sur le site de la NGS, ou à proximité, afin que nous puissions utiliser les lignes électriques et recevoir les revenus pour notre Nation.

“C’est la seule chose sensée, et ce sera l’une des rares bonnes choses sorties de cet accord idiot de contrat de remplacement.”

 

Emplacement avec point de vue sur la Centrale au charbon, à quelques centaines de mètres

 

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COMMENTAIRE DE KLEE BENALLY, sur Facebook, le 3 juillet 2017

 

La pire fausse nouvelle #fakenews jamais publiée par la Nation Navajo.

Absolument ‘laver plus vert’ #greenwashing.

 

Premièrement, la Nation Navajo a été établie en tant que “Tribu de l’Energie”, au profit de l’état-nation colonial, de colonisation de peuplement massive, appelé les “Etats-Unis”.
La Nation Navajo n’est pas un “état de ressources naturelles” (comme le porte-parole Bates aime à le proclamer), c’est, et a toujours été une colonie de ressources naturelles. Si c’était un état de ressources naturelles, ou “une tribu de l’énergie”, nous n’aurions pas la disparité actuelle dans l’accès à l’énergie dans la Réserve, n’est-ce pas?
Depuis qu’il a été imposé en 1923, le rôle du gouvernement de la Nation Navajo a été de légitimer et maximiser l’extraction de ressources par le gouvernement des Etats-Unis, et c’est ce que nous appelons un colonialisme de ressources. Nous avons un nuage de méthane de la taille du Delaware au-dessus de nos têtes, dans la région de Four Corners, plus de 20 000 Diné touchés par la déportation forcée liée à l’extraction de charbon de l’une des plus grandes mines à ciel ouvert de l’Amérique du Nord, sur Black Mesa, 523 mines d’uranium abandonnées, et le plus grave accident nucléaire de l’histoire des Etats-Unis, à Church Rock, pour le prouver.

Deuxièmement, prolonger le contrat de la NGS, signifie qu’elle continuera à brûler 24 000 tonnes de charbon par jour jusqu’en 2019, il n’y a absolument rien de “vert” là-dedans. En plus, ça signifie que la firme Peabody Energy, précédemment en faillite, continuera à extraire du charbon de Black Mesa.
La NGS fournit la troisième contribution à l’émission de gaz à effet de serre du pays, et essayer de faire passer cet accord pour “vert” représente le niveau de bassesse que la stratégie du marketing est en train d’atteindre.
Mais bien sûr, que pouvons-nous attendre d’un Conseil Tribal qui a “été établi à l’origine pour que le Bureau des Affaires Indiennes approuve les accords avec les compagnies pétrolières Américaines, qui étaient pressées de commencer les opérations de forages sur les terres Navajo.” ( http://www.nnogc.com/about-us.html, en anglais)

Quand notre Mère la Terre est attaquée, que faisons-nous?

https://theanarchistlibrary.org/library/various-authors-ecodefense-a-field-guide-to-monkeywrenching (en anglais)

https://www.sproutdistro.com/2011/10/07/new-zine-what-is-security-culture/ (en anglais)

Lire (en anglais) le brillant essai de John Redhouse “Géopolitique du ‘Conflit Territorial’ Navajo-Hopi, pour le contexte

Quelques-uns de mes travaux sur la question [Traduction française]:

http://www.chrisp.lautre.net/wpblog/?p=2820 et [en anglais] http://www.indigenousaction.org/nnact/

Communiqué de presse (en anglais) sur la signature de l’accord: http://mailchi.mp/f80145b6c725/press-release-signing-of-ngs-extension-lease-positions-navajo-nation-to-become-an-energy-tribe

 

NihigaalBeeIina10-7-2015ToKayenta

 

La Troisième Marche Navajo pour l’Existence se poursuit.

2 juillet 2015

Nous avons parcouru 137 km de notre voyage jusqu’à Dibé Nitsaa [Mont Hesperus]. Nous avons marché pendant 5 jours, avons fait des offrandes cérémonielles pendant 2 jours et avons déclenché avec succès 3 manifestations. Le jour le plus chaud, il faisait 41 degrés. Aujourd’hui nous nous sommes protégés de la chaleur dans un tunnel sous l’ancienne route 89, à 8 km de Bodaway/Gap. Quand nous sommes arrivés à Gap, nous avons marché dans une tempête de pluie et de grêle et avons été complètement trempés. Ce soir nous n’avons pas été autorisés à loger au siège du Chapitre, mais nous sommes contents d’avoir chaud et d’avoir campé l’estomac plein. Ces 8 jours ont été extrêmement éprouvants, mais ce soir, en regardant les éclairs au loin, nous ressentons les bénédictions et réaffirmons notre but.
Nous appelons nos GUERRIERS DINE à prendre position pour défendre nos territoires ancestraux et perpétuer notre mode de vie. Nous sommes en CRISE. En marchant, nous voyons notre beau pays être transformé en terrain de déchets toxiques où ne nous pourrons plus vivre. Ce qui arrive à ce territoire arrive aussi aux gens. Dans beaucoup de communautés, les gens ne peuvent pas boire l’eau, respirer l’air, et sont minés par la maladie. Les choses ne feront qu’empirer si nous N’ENTREPRENONS PAS d’action. Venez marcher avec nous en priant dans notre voyage vers nos lieux sacrés et faire les offrandes que nos ancêtres ont toujours faites pour réaffirmer notre mode de vie. Notre prière collective est que nos jeunes exaucent les prières de nos ancêtres en réalisant la beauté du pays et en se levant pour défendre notre territoire. Çà dépend de vous ! Facebook, 2 juillet 2015

 

6 juillet 2015 (publié sur Censored News)

NihigaalBeeIinaAtNavajoG6-7-2015SmallQuand nous avons marché dans Coppermine, nous avons demandé combien de membres de notre communauté étaient employés à la Centrale ‘Navajo’ [Navajo Generating Station]. Arrivés à Lechee, nous avons été arrêtés par des employés de la Centrale qui savaient que nous marchions dans la région et nous ont exprimé des paroles d’encouragement et de soutien. Ce n’est pas une coïncidence si les seules alternatives économiques qui nous sont offertes sont celles qui nous exploitent et cherchent à nous détruire. CE QUI ARRIVE A LA TERRE ARRIVE AUX GENS.
NihigaalBeeIinaWithNavajoG6-7-2015SmallNous sommes ici, en ce moment et à cette heure, en train de nous battre pour maintenir un mode de vie qui n’est pas fondé sur les concepts de dollar, capitalisme, oppression du peuple et destruction de notre Mère et du sol. Ce système américain, adopté par la Nation Navajo, a prospéré grâce à un manque de compréhension des réalités du coût véritable de l’énergie qui alimente une consommation inconsciente. La Centrale Navajo est toujours l’un des plus grands Naayéé (monstres) que nous devons affronter sur notre territoire. A l’heure actuelle, les émissions de la Centrale sont : 4076 tonnes de SO2, 20633 tonnes de NOx, 19859 millions de tonnes de CO2, de 420 à 566 livres de mercure. Ces polluants très toxiques sont bien connus comme causes de maladies respiratoires comme l’asthme, la bronchite, la pneumonie, l’emphysème pulmonaire, de maladies pulmonaires, de convulsions, de cécité, d’hypertension, de perte de mémoire, de dépression, de cancer, d’infertilité, et de pluies acides. La Centrale cause 29% des émissions dues à la production d’énergie en Arizona. L’enfer de cette Centrale consomme 15 tonnes de charbon de la mine de Kayenta, sur Black Mesa, chaque minute, 24 heures par jour, tous les jours, depuis 42 ans. La Centrale utilise 37 millions de m³ d’eau du Fleuve Colorado pour le refroidissement. L’exploitation du Pays Diné, des Diné et de l’eau Diné fournit de l’eau et de l’énergie ultra bon marché à Phoenix, Tucson et au reste du sud de l’Arizona. Facebook 6 juillet 2015, publié sur Censored News

 

10 juillet 2015

Nous avons été logés par Shonto Begay hier. Aujourd’hui nous marchons sur la route 160 jusqu’à Kayenta. Merci à tous ceux qui ont prié pour nous dans la poursuite de notre voyage. Facebook, 10 juillet

11 juillet 2015

Nous entrons dans Kayenta sur la route 160 ! Nous allons directement au parc de skate pour la fête de ce soir. S’il vous plait, venez marcher avec nous !

NihigaalBeeIinaKayenta11-7-2015Small

 

 

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NICOLE HORSEHERDER DENONCE LA CENTRALE AU CHARBON TRES POLLUANTE EN PAYS NAVAJO, QUI FOURNIT ESSENTIELLEMENT DE L’ELECTRICITE A PHOENIX ET TUCSON ET EMPOISONNE LES NAVAJOS

 

Par Nicole Horseherder
Article paru dans l’ ‘Arizona Republic’
et publié par Indigenous Resistance avec la permission de Nicole Horseherder
le 22 août 2014
See article in English
Traduction Christine Prat

 

Le Président Obama et son Agence de Protection de l’Environnement [EPA] font pression pour que soit nettoyée la plus vieille et la plus polluante des centrales au charbon de notre nation.

Malheureusement, pour les Diné (Navajos), ce sera une longue route. La Centrale Navajo [Navajo Generating Station], la seule centrale au charbon dont le gouvernement des Etats-Unis est l’un des gestionnaires, serait le bon endroit pour commencer.
Au lieu de cela, les gens de la Nation Navajo continueront à respirer des poisons et de l’air pollué pendant trois décennies de plus.

La centrale est située au nord-ouest de la Nation Navajo sur 70000 km², près de Page, c’est la plus grande centrale au charbon du Plateau du Colorado et l’un des dix plus grands pollueurs du pays. Maintenant, après des années de retard, plutôt que d’imposer aux propriétaires fédéraux les exigences de la Loi sur l’Air Pur, l’Administratrice de l’EPA, Gina McCarthy a reculé.

Dans un éditorial du 28 juillet, ce journal [l’Arizona Republic] faisait l’éloge de la décision de G. McCarthy pour avoir trouvé un équilibre « entre un air plus propre et le bon sens économique ». Mais compromettre la santé et l’intégrité culturelle de gens dont les foyers entourent la centrale pour des emplois dans le charbon et de l’énergie bon marché à tirer des eaux du Colorado n’est pas un bon équilibre.

Mon peuple continue à manger les moutons et autre bétail qu’ils élèvent, tout comme le maïs et les courges qu’ils cultivent. Nos animaux et nos récoltes sont touchés directement par la pollution émise par cette centrale vieille de 40 ans. Mon peuple ne respire pas seulement la pollution mais ingère aussi les toxines qui se déposent sur la végétation, les cultures et les animaux.

L’EPA était supposée nettoyer les émissions nocives de la Centrale Navajo en cinq ans. Mme McCarthy aurait dû exiger du gestionnaire fédéral, le ‘Bureau of Reclamation’ [responsable de la gestion de l’eau aux Etats-Unis – NdT], de réduire la formation de fumées d’oxyde d’azote rejetées par les cheminées de 85% d’ici à 2020.
Ces améliorations auraient mis fin à des générations de problèmes de santé hors de proportion pour mon peuple, occasionnés par la pollution de la centrale et aurait dégagé la vue embrumée sur le Parc National du Grand Canyon. Supprimer les intérêts du gouvernement des Etats-Unis dans cette centrale polluante aurait été un incitatif pour investir dans les énergies renouvelables sur les terres tribales et maintenu la fourniture d’eau aux métropoles toujours assoiffées, bénéficiant ainsi aussi bien aux Arizoniens qu’à ma communauté.

Au lieu de cela, parce que la Centrale Navajo est située dans une Réserve Indienne, l’EPA a dilué les exigences de la Loi sur l’Air Pur et adopté un projet pour laisser la centrale polluer jusqu’en 2044, continuant ainsi à nous léguer un héritage d’asthme et de bronchite et de brume étouffante.

Il y a cinquante ans, le Ministère de l’Intérieur, en promettant des emplois et une source de revenus stable, a persuadé la Nation Navajo et les Hopi de renoncer à une part substantielle de leurs droits sur l’eau et d’autoriser la construction de la Centrale Navajo. Certains emplois existent encore. Mais la plupart des revenus ont fui vers l’extérieur, tout comme l’électricité, tandis que la suie, le smog, le mercure et les déchets toxiques de la combustion de charbon restent.

La Maison Blanche et l’EPA auraient dû commencer le nettoyage des centrales polluantes par les systèmes d’énergie sale qu’ils contrôlent directement. Au lieu de cela, ils ont décidé de faire attendre le plus longtemps des familles qui vivent à l’ombre de ces cheminées, pour avoir de l’air pur et un environnement sain.

Nicole Horseherder est co-fondatrice de To Nizhone Ani (‘La Belle Eau Parle’), un groupe écologiste Autochtone travaillant à protéger l’héritage naturel Navajo.

 

Leupp, Nation Navajo – Photo Christine Prat

 

CALVIN JOHNSON, NAVAJO : ‘ON A BESOIN DE GUERRIERS NAVAJO POUR DEFENDRE NOTRE EAU’

LA NATION NAVAJO ABANDONNE L’EAU AU CHARBON POLLUANT ET LAISSE LES NAVAJO DANS LE BESOIN

 

Par Calvin Johnson, Diné
Leupp, Nation Navajo
Publié par Censored News
16 juillet 2013
See original article in English

Traduction Christine Prat

 

Notre Gouvernement Navajo Démocratique n’est pas si Démocratique que cela, en fin de compte. La semaine dernière, le Conseil de la Nation Navajo a abrogé le CAP-21-13 et approuvé la Législation No. 0177-13 qui essentiellement prolonge le contrat de la Centrale Navajo [Navajo Generating Station, NGS], qui date du 23 décembre 1969.

Je dis que notre nation n’est pas démocratique parce qu’actuellement les Délégués au Conseil de la Nation Navajo ont à l’esprit qu’ils ont été élus par le peuple. Le Titre 2 du Code de la Nation Navajo stipule qu’ils – les membres du Conseil de la Nation Navajo – seront l’organe gouvernant de la Nation Navajo. Ainsi les délégués choisissent de prendre une décision qui ne vous profite pas (vous, les Générations de Navajo) – seules les grandes compagnies en profitent en agitant un billet d’un dollar au bout d’une ligne.

Depuis la réduction du Conseil Tribal Navajo de 88 à 24 membres, nos Diné [Navajo] étaient optimistes et espéraient que de meilleurs guerriers avec le sens de la transparence, de la responsabilité et de l’autorité protègeraient, préserveraient et combattraient pour la Nation Navajo et les Droits sur l’Eau de son peuple – pas qu’ils les abandonneraient à l’avidité des états et des grandes compagnies dont ils sont partenaires contre les intérêts des Navajo.

Qu’est-ce qui empêche les Navajo d’être prospères ? Ce sont des Propriétaires comme Salt River Project (SRP) et des dirigeants Navajo (Délégués au Conseil/Président) qui se prosternent pour des campagnes de dons, des déjeuners gratuits et du favoritisme. Regardez notre nation : nous n’avons pas de Safeway, de Lavomatic, d’épiceries, de meilleur bétail, d’électricité, ni, le plus important de tout, DE L’EAU. Maintenant regardez à l’extérieur de la réserve. Vous avez des Wal-Mart, des stations de lavage de voitures, des terrains de golf, des parcs avec de l’eau, des routes goudronnées, des Lavomatics, des supermarchés, de l’agriculture, de l’électricité et DE L’EAU.

Les Délégués au Conseil de la Nation Navajo viennent juste de voter et d’approuver le fait de garder la Nation Navajo dans l’état actuel pour les 31 prochaines années. La Nation Navajo a emprunté 200 millions de dollars pour construire le Casino de Twin Arrows – nous aurions pu utiliser cet argent pour construire le « NAP – Projet d’Aqueduc Navajo » de LeChee à Leupp et à Indian Wells et de Kaibeto à Pinon et Chinle. Cela aurait bénéficié à 30 Chapitres comptant 60 000 Navajos au lieu des 450 Navajo employés par la Centrale Navajo, NGS.

Pour quoi auriez-vous voté ? Pour l’infrastructure pour L’EAU, les moutons, les chèvres, le bétail gras, les chevaux, les champs de maïs, de luzerne, les pastèques ? Ou pour les 608 400 dollars donnés à la Nation Navajo et dont les Navajo ne voient pas un centime ? L’Election de 2014 arrive, et il est temps de repenser notre direction et de voter pour des guerriers qui nous feront devenir une Nation meilleure en 2014.

 

Calvin Johnson
Leupp, Arizona

 

Voir d’autres traductions d’articles sur la Centrale Navajo

AngelaMarieDavis

ANGELA MARIE DAVIS, DINE : L’ENNEMI DE L’INTERIEUR : LA CENTRALE NAVAJO

 

Publié par Censored News
Dimanche 24 février 2013
See original article in English
Traduction Christine Prat

 

Angela Davis, Diné, écrit au Délégué au Conseil d’Alamo à propos de son soutien à l’extension du contrat pour la Centrale Navajo [Navajo Generating Station], l’une des centrales au charbon les plus polluantes des Etats-Unis. Elle est alimentée avec du charbon arraché à la terre par les profiteurs de Peabody Coal, qui entretiennent les souffrances des Navajos de Black Mesa pour fournir de l’électricité au Sud-ouest, alors que de nombreux Navajos doivent s’en passer.

 

A l’Honorable George Apachito
P.O. Box 827
Magdalena, NM 87825
Nouveau-Mexique

 

Cher Délégué Apachito,

Yah’at’eeh. J’ai appris que vous avez récemment soutenu une résolution (004-13) qui recommande que la Nation Navajo prolonge le contrat de la Centrale Navajo. Je vous écris pour vous presser de suspendre le vote de cette résolution jusqu’à ce qu’elle ait été étudié plus avant et passée en revue par tous nos délégués tribaux. Je pense que prendre plus de temps pour décider peut assurer que la Nation Navajo obtienne un maximum de compensations économiques pour nos ressources naturelles et nos investissements. Cette question implique de trop nombreuses parties (le Projet d’Energie et Amélioration Agricole de Salt River Project, l’Energie et Eau de Los Angeles, le Service Public d’Arizona, l’Energie du Nevada et la Compagnie d’Energie Electrique de Tucson, par exemple) pour prendre une décision si monumentale dans le cours lapse de temps accordé actuellement. Je comprend qu’il y ait des pressions de tous côtés pour que le vote se fasse rapidement, mais je pense qu’il vaut la peine d’attendre pour assurer le meilleur résultat pour tous, spécialement pour notre tribu.

Il me semble qu’en dehors des groupes d’intérêts, ce sont surtout les compagnies d’énergie qui profiteront le plus de la résolution dans son texte actuel. Bien que la Nation Navajo doive recevoir 43 millions de dollars par an jusqu’en 2044 si l’accord est passé, je ne pense pas que ce soit suffisant pour justifier l’extension du contrat aussi rapidement. Si la résolution passe et les extensions sont accordées sans étude adéquate, nous pourrions ne jamais savoir comment nous aurions pu obtenir plus d’avantages et nous serons liés aux compagnies d’énergie pour des décennies. Je vous demande instamment de penser aux générations futures et de vous demander comment cette décision les affectera financièrement, écologiquement et, plus important, sur le plan de la santé. Investir plus d’argent dans l’énergie sale des centrales au charbon n’est pas une bonne décision à long terme, ni sur le plan écologique, ni sur le plan financier ni sur le plan physique. Investir dans l’énergie solaire et/ou éolienne est plus sain, plus sûr pour l’environnement et techniquement efficace. Je suis bien consciente que 538 travailleurs, dont quatre-vingt trois pourcent sont Navajos, travaillent à la Centrale Navajo. Il est important que leur emploi soit préservé et c’est pourquoi j’encourage une transition graduelle et en douceur du charbon à l’énergie solaire/éolienne. Peut-être peuvent-ils conserver leurs emplois pendant la transition, d’autant plus que l’industrie du charbon est mourante et que d’autres sources d’énergie sont actuellement explorées.

En conclusion, je souhaite exprimer ma déception de vous voir soutenir cette proposition. Vous êtes le représentant officiel de mon chapitre [­circonscription] et je pensais que vous feriez preuve de plus de conscience lorsqu’il s’agit de l’environnement et de la protection de nos ressources naturelles, étant donné que vous vous êtes récemment opposé à l’exploitation de mines d’uranium à l’est. Beaucoup de gens accusent les Navajos d’Alamo d’être des traitres à notre tribu et nous sommes souvent nommés « le Navajo ennemi ». Je trouve très triste que le fait que vous souteniez cette proposition risque de faire de nous justement cela – le Navajo ennemi ; nous serons considérés dans l’histoire comme la bande de Navajos qui ne se soucie ni de la santé ni de l’environnement, ni de la gestion juste et honnête de nos ressources, ni, par-dessus tout, de la santé de notre peuple. Changeons cette vision négative de nos gens. Je sais que vous pouvez trouver dans votre cœur ce qu’il faut pour faire le bon choix et retirer votre soutien à cette proposition ou au moins geler la discussion jusqu’à ce que des recherches supplémentaires puissent être faites. Merci beaucoup pour le temps que vous m’accorderez. Ahe’he’he’

Sincèrement,

Angela Marie Davis

Artiste, écrivain

 

La Centrale Navajo (Navajo Generating Station) – Photo Christine Prat

LA CENTRALE AU CHARBON DU PRESIDENT OBAMA…

Par Wahleah Johns
De Black Mesa Water Coalition
Publié par Huffingtonpost
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2 février 2013
Traduction Christine Prat

 

Le Président Obama possède une centrale au charbon. Une grande.

D’accord, pas M. Obama personnellement. Mais le gouvernement fédéral est le plus gros propriétaire de la plus grande centrale au charbon de l’ouest des Etats-Unis : la Centrale Navajo [Navajo Generating Station] de 2250 mégawatts près du Grand Canyon, dans la Réserve Navajo au nord de l’Arizona.

Dans la promesse de son discours d’investiture de faire quelque chose pour remédier au désastreux changement climatique, le président a dit que l’Amérique devait être à la tête de la transition vers les sources d’énergie durables. Nouvelle encourageante pour nos enfants, mais qu’en est-il des détails ?

Beaucoup ont mis en avant la décision à venir sur l’oléoduc Keystone XL qui doit transporter les sables bitumineux. Mais tout aussi révélateur sera le rôle du Gouvernement dans les décisions qui planent au-dessus de la Centrale Navajo.

Il y a des centrales au charbon dans tout le pays, mais celle-ci est différente. Le gouvernement des Etats-Unis est copropriétaire de la centrale afin de fournir de l’électricité aux pompes qui font remonter par un canal les eaux du Colorado sur 500 km, de l’ouest de l’Arizona au centre et au sud de l’état.

La Centrale Navajo [Navajo Generating Station] date d’il y a près de 40 ans, lorsque j’étais petite et fréquentais un pensionnat à Shonto, dans la Réserve Navajo, à environs une heure de route de la centrale au charbon. Je me souviens qu’on venait me chercher à l’école le vendredi et que nous allions avec ma famille à Page pour faire les courses avant de rentrer à la maison. Je me demandais pourquoi ils avaient des lumières et pas nous, si cela voulait dire que nos terres ressembleraient un jour à une grande ville. A l’époque, la plupart des habitations dans la réserve, comme celle de ma grand-mère, n’avaient ni électricité ni eau courante.

Aujourd’hui, des décennies plus tard, c’est toujours à peu près la même chose. La centrale et la mine fonctionnent toujours et beaucoup de foyers Navajo dans la région n’ont toujours pas d’électricité ni d’eau courante.

Mais les temps et les points de vue ont changé. Aujourd’hui les communautés de la région sont très préoccupées par l’eau. La Centrale Navajo utilise environs 40 millions de m³ d’eau par an et l’extraction de charbon sur Black Mesa a vidé des nappes aquifères fossiles qui ne peuvent pas être reconstituées.

Les gens s’inquiètent pour leur santé. La Centrale Navajo est l’une des pires des Etats-Unis pour les émissions d’oxyde d’azote, qui réagit dans l’atmosphère et produit une pollution sous forme de fines particules, l’une des pollutions de l’air les plus dangereuses.

Suite à des super tempêtes et à la sécheresse, la Centrale Navajo est en train d’acquérir une notoriété comme principale source de réchauffement climatique à cause de la pollution au carbone. A l’heure actuelle, les résidents de la région qui essaient de vivre de l’élevage, de l’agriculture, du tissage ou autres activités qui demandent beaucoup d’eau et un environnement sain s’inquiètent pour leur avenir.

C’est dans ce contexte qu’approche la prise de décisions au sujet de la Centrale Navajo cette année, des décisions qui incombent en partie au Gouvernement Obama. Faudrait-il investir des ressources dans l’installation de moyens de contrôle modernes pour cette centrale vieillissante, comme c’est exigé par la Loi sur l’Air Propre, pour poursuivre ses activités ?

Ou bien, après près de 40 ans, est-il temps de se tourner vers un futur économique différent pour la réserve Navajo, de planifier une transition vers de l’énergie, des emplois et des revenus tirés de sources d’énergie non polluantes si facilement accessibles grâce au soleil qui brille constamment sur notre territoire ?

Les directions de trois institutions fédérales – le Ministère de l’Intérieur, celui de l’Energie et l’Agence de Protection de l’Environnement – ont annoncé qu’elles allaient travailler ensemble sur la question de la Centrale Navajo. Mais leurs buts sont vagues. Vont-elles appliquer la mission du discours d’investiture du Président Obama promettant des sources d’énergie propres, pour maintenir notre vitalité économique et préserver notre planète ?

De grandes entreprises comme Peabody, la multinationale charbonnière qui fournit la Centrale Navajo, ne vont certainement pas rester les bras croisés. M. Obama a admis dans son discours que la voie vers l’énergie durable serait parfois difficile. Cette centrale au charbon près du Grand Canyon sera un test pour sa détermination, un baromètre à surveiller pour la politique énergétique de second mandat.

 

Navajo Generating Station (Centrale ‘Navajo’) près de Page, Arizona
Photo Christine Prat, avril 2011

La Centrale en question, située sur la réserve Navajo, n’a de ‘Navajo’ que le nom. Elle est gérée par la société privée – non-Autochtone – Salt River Project.

Cette centrale au charbon est l’une des plus polluante des Etats-Unis.

LE CONSEIL NAVAJO REJETTE LE REGLEMENT NAVAJO-HOPI SUR L’EAU DU LITTLE COLORADO

Original article in English

Par Brenda Norrell, Censored News

Traduction Christine Prat

Jeudi 5 juillet 2012

 

WINDOW ROCK, Arizona – Le Conseil de la Nation Navajo a rejeté l’Accord de Règlement pour la rivière Little Colorado jeudi après-midi. Le vote a été de 15 contre, 6 pour et 3 abstentions.

Les Navajos opposés au règlement disent qu’il s’agit d’un plan concocté par des sénateurs d’Arizona, des politiciens corrompus et des avocats non-Indiens pour voler les droits sur l’eau des Navajos, au profit de la Centrale Navajo, une des centrales au charbon les plus sales des Etats-Unis, et pour que les non-Indiens d’Arizona puissent conserver leurs modes de vie reposant sur le gaspillage.

La déléguée du Conseil Navajo Katherine Benally dit « Je parle pour les générations futures. Je vous ai entendu, mon cher peuple. Ce règlement est le Génocide de notre nation et comme dirigeante, je ne l’autoriserai pas. En tant que femme, je prie pou l’eau, je suis derrière l’eau et prie pour elle. J’admire les efforts de mon peuple et je vous demande de me soutenir, de nous soutenir, nous les leaders dans notre progression. Saisissons-nous de ce document négatif et faisons en quelque chose de positif. Un document qui revigorera notre peuple ».

Dans son compte-rendu fait dans la chambre du conseil, l’organisation Diné Water Rights [Droits sur l’eau Navajos] dit qu’à ce jour, la plupart des délégués se sont opposés à la combine. Cette combine avait été mise en avant par les Sénateurs d’Arizona Jon Kyl et John McCain, avec les conseillers juridiques non-Indiens de la Nation Navajo. Le règlement priverait les Navajos d’onéreux droits sur l’eau selon la Doctrine Winter.

La déléguée Benally dit au conseil « Nous devons protéger ce qui nous appartient de droit. L’avidité de la compagnie Peabody et le non-respect de notre eau et de nos ressources doit cesser. » Elle est déléguée au Conseil Navajo pour Chilchinbeto, Dennehotso et Kayenta, Arizona, dans la région où Peabody Coal exploite les mines de charbon de Black Mesa. Le charbon est utilisé pour alimenter la Centrale Navajo près de Page.

K. Benally a déclaré au conseil que les communautés Navajos avaient été désinformée à propos du règlement. K. Benally dit que seulement dix fermes étaient déclarées dans le règlement. Elle a ajouté que le Conseil de l’Agence de l’Ouest avait voté unanimement contre ce règlement.

« Nous ne pouvons pas faire confiance à Kyl ! Il était l’avocat d’APS ! Il a gagné en leur faveur et trompé les indigènes ».

« Les Nations Tribales dans tout le pays nous regardent, elles attendent de voir si nous nous mettrons à genoux et plierons devant le gouvernement fédéral. Ne nous contentons pas de ne pas laisser tomber notre peuple, tous les Peuples Indigènes des Etats-Unis » dit K. Benally d’après le reportage de Diné Water Rights au conseil d’aujourd’hui, jeudi 5 juillet 2012.

Le Conseil Navajo a voté en faveur d’une législation séparée, s’opposant à la combine. Le conseil a voté à 15 contre 1 et 8 abstentions en faveur de la législation soutenue par la déléguée Benally. Avec ce texte, le conseil a voté en opposition à l’Accord de Règlement Navajo-Hopi pour la Rivière Little Colorado et à l’extension du bail pour la Centrale Navajo, tels que mentionnés dans la Loi Sénatoriale US SB 2109.

Alors que de nombreux Navajos vivent sans eau courante et sans électricité, ils vivent avec la pollution et les maladies causées par l’extraction du charbon et les centrales au charbon, en plus des puits de pétrole et de gaz et des mines d’uranium abandonnées, datant de la Guerre Froide. A part les maladies et la pollution, le sol de Black Mesa a été dévasté par l’extraction de charbon et le niveau d’eau a baissé dans les sources et les nappes aquifères, afin que Peabody Coal et la Centrale Navajo puissent produire l’électricité qui s’échappe de Navajoland [La Réserve Navajo] vers les grandes villes du sud-ouest.

 

Louise Benally, Navajo, éclipse Obama

Original article in English

Par Brenda Norrell

Censored News

Vendredi 2 décembre 2011

 Traduction Christine Prat

 

TEMPE, Arizona –  Des Amérindiens protestant contre une centrale au charbon et la rapacité des grandes compagnies ont éclipsé le Président Obama. Bien qu’à chaque extrémité du pays, Louise Benally, une Navajo protestant en Arizona, et Obama, ont commencé à parler au même moment en direct sur le web, vendredi 2 décembre.

Louise Benally, une Navajo qui résiste à la déportation de Big Mountain, dans la Nation Navajo, a éclipsé Obama qui, à Washington s’adressait à la Conférence des Nations Tribales à la Maison Blanche.

La rhétorique d’Obama a paru fade à côté des mots puissants de Louise Benally sur les dégâts des centrales à charbon à la manifestation de protestation en Arizona.

L. Benally a dit, « Nous n’avons pas d’eau dans notre communauté. Les puits s’assèchent, le niveau des points d’eau et de la nappe aquifère diminue, beaucoup de polluants sont rejetés dans les eaux sous-terraines. Des terres se lézardent, ce qui ne s’était jamais produit auparavant. La végétation est totalement empoisonnée par l’anhydride sulfureux . »

Des Amérindiens ont protesté contre le Projet Salt River au cours de quatre jours de manifestations contre l’American Legislative Exchange Council (ALEC) et son exploitation raciste en Arizona au profit des grandes compagnies.

Le Projet Salt River gère la centrale au charbon située en Nation Navajo, près de Page, Arizona. La dite Centrale Navajo (Navajo Generating Station) fournit de l’électricité à ses clients en Arizona, au Nevada et en Californie et fournit l’énergie pour pomper de l’eau pour le Central Arizona Project. Pendant ce temps, les Navajos doivent vivre avec les maladies dues à la pollution. Beaucoup de Navajos vivent sans eau courante et sans électricité. L. Benally a décrit comment les activités du Projet Salt River détruisent l’environnement et des vies humaines sur le territoire de la Nation Navajo.

« Nous essayons de leur inculquer, de leur faire comprendre, que ce qu’ils font, que leurs pratiques sur Black Mesa frappent nos communautés. Nous avons beaucoup de problèmes de santé qui ne sont pas pris en compte. »

L. Benally dit que le charbon est vendu aux centrales pour un prix dérisoire, au tarif des années 1960. Les Navajos ne veulent plus vendre de charbon à des prix bien inférieurs à ceux du marché.

L. Benally a dit aussi qu’il est temps d’amorcer la conversion aux énergies revouvelables.

« Le fuel fossile est près de sa fin. »

L. Benally dit que des décennies d’exploitation du charbon à Black Mesa ont laissé les Navajos souffrant de beaucoup de problèmes de santé.

« J’ai de l’asthme. J’ai beaucoup de problèmes de santé. Quatre-vingt dix pour cent des gens de ma communauté ont des problèmes de santé. Les enfants naissent avec ces problèmes. Les gens développent toutes sortes de maladies qui n’existaient pas avant que l’exploitation des mines de charbon ne commence. »

Elle dit que les mines de charbon et les centrales électriques relâchent beaucoup d’agents polluants, entre autres de l’arsenic et du mercure. Les émanations sont quotidiennes – 24 heures par jour et 7 jours pas semaine – et les compagnies concernées ne font rien.

L. Benally dit aussi qu’un officiel du SRP avait accepté une lettre de la communauté, mais qu’il était impossible de savoir si la compagnie donnerait suite et ferait quelquechose.

Elle dit qu’à l’intérieur du QG, des Amérindiens s’étaient enchaînés afin de faire passer leur message.

Elle dit que ce qui se passe à Black Mesa est révélateur des problèmes généraux de changement climatique. Le SRP et les autres compagnies produisant de l’énergie ignorent délibérément les règles de l’Agence pour la Protection de l’Environnement (EPA – Environmental Protection Agency – NdT), et les règles Américaines sur la pureté de l’eau et de l’air.

« Nous sommes venus ici pour leur faire savoir que nous ne sommes pas aveugles. Nous continuerons à exercer des pressions sur eux. Leur rapacité frappe notre communauté à grande échelle. »

Elle dit que l’exploitation des mines de charbon et les centrales électriques vident la nappe aquifère locale et détourne les eaux du fleuve Colorado. « Nos eaux sont détournées vers Phoenix, Tucson et d’autres communautés du Sud-ouest. »

« Beaucoup de gens ont été déportés ou déplacés à cause de Peabody Coal, SRP et la Centrale Navajo. »

L. Benally dit que les représentants officiels de SRP « doivent venir rencontrer les membres de la communauté, s’asseoir et parler directement avec nous, sans que le gouvernement tribal ne prenne des décisions nous concernant, étant donné que nous ne votons pas pour ses membres. C’est une extension du gouvernement fédéral. »

Les Navajos du Nord de l’Arizona ont été rejoints par des Tohono O’odham (Pima pour les Blancs – NdT) de la frontière sud entre les Etats-Unis et le Mexique, pour protester contre le SRP.

Ofelia Rivas, fondatrice de la VOIX O’odham contre le Mur, était aussi venue protester contre le SRP. Madame Rivas, une Ancienne et militante, dit qu’ « en tant que Peuple Autochtone nous comprenons que l’équilibre de la terre est l’équilibre de notre peuple et que toute rupture de cet équilibre est extrêmement destructeur, non seulement de notre santé spirituelle, mais de notre profonde connexion avec la terre et tout ce qui vit. En tant que Peuple Autochtone nous ne sommes pas séparés de notre environnement. Nous sommes profondément liés à tout ce qui existe dans l’univers : la terre, les montagnes, l’eau, l’air et toute vie végétale et animale. »

O. Rivas dit que la construction de l’autoroute, y compris le projet de bretelle 202 qui menace la Montagne du Sud (près de Phoenix – NdT), ravagera d’avantage de terre sacrée. De plus, les O’odham s’opposent à la poursuite de la construction du mur de frontière entre les Etats-Unis et le Mexique et à sa militarisation.

« Les politiques commerciales telles que NAFTA et CANAMEX altèrent notre mode de vie et menacent notre Him’dag (mot Pima, qui n’a pas de traduction officielle dans les langues occidentales, mais désigne plus ou moins un mode de vie, une culture, allant « en équilibre » – NdT). Nous n’accepterons pas plus longtemps la violence que l’état essaie de nous imposer le long de leur frontière, et plus particulièrement la législation agressive de l’ALEC. Les Peuples Autochtones exigent l’application de la Déclaration des Droits des Peuples Autochtones, ainsi que des droits de notre Mère la Terre » dit O. Rivas. « La coupe est pleine, la limite est atteinte, maintenant c’est fini ! »

Les canaux construits à profusion avant l’invasion coloniale des terres O’odham sont maintenant utilisés par le Projet Salt River. La culture O’odham est profondément enracinée dans cette région, qui va de la vallée de Pheonix au Nord, à la côte du Mexique aujourd’hui appelée Rocky Point à l’Ouest, à la rivière San Pedro à l’est et jusqu’aux montagnes Hermosillo et à la Sierra Madres au sud.

Ray Aguilar dit que « la climatisation et l’électricité dont nous profitons et l’eau que nous buvons viennent au prix de la souffrance causée par le SRP et Peabody au pays et aux gens. Quand nous rendrons nous compte que c’est le fondement de nos privilèges ? Nous devons agir. Je viens de passer une semaine à fournir de l’aide directe, sur place, aux habitants de Black Mesa, pour leurs besoins humanitaires de base. C’est pourquoi je suis ici aujourd’hui. Cette situation dramatique n’existerait pas sans ces compagnies rapaces. »

Peabody Energy, qui est aussi membre de l’ALEC, est la plus grande compagnie charbonnière privée du monde. Avec, en 2010, la vente de 246 millions de tonnes et presque 7 milliards de dollars de revenu, Peabody produit 10% de l’énergie des Etats-Unis et 2% de l’électricité dans le monde.

Depuis 1974, plus de 14 000 familles Diné (Navajo) ont été déplacées par la force de leurs terres ancestrales, en grande partie à cause des conseils tribaux soutenus par les Etats-Unis et de l’exploitation des mines de charbon.

 

Voir aussi les deux articles précédents

Et pour plus d’informations en Anglais www.ALECexposed.org

 

De : ResistALEC Media <azresistsmedia@gmail.com>
Date: Vendredi 2 décembre 2011 à 10h23 (heure d’Arizona)
Sujet : DERNIÈRES NOUVELLES : Des Anciens Autochtones et des sympathisants occupent le Quartier Général du Projet Salt River, membre d’ALEC

Traduction Christine Prat

 

COMMUNIQUÉ

Vendredi 2 décembre 2011

Media Contact:
Stormy Staats (530) 598-1670
Louise Benally 510-390-5017
Email: AZresistsmedia@gmail.com
Websites: www.azresistsalec.wordpress.com
www.ShutDownALEC.org

 

Dernières nouvelles : Des Anciens Autochtones et des sympathisants occupent le Quartier Général du Projet Salt River, membre d’ALEC

TEMPE, Arizona – Des Indigènes Diné (Navajo) et des Anciens O’odham (Pima) et des sympathisants ont entrepris une action directe en occupant le quartier général du Projet Salt River (SRP) ce vendredi à 10 heures du matin. Cette action se déroule alors que le Conseil d’Echanges Législatifs Américain (ALEC) tient son « Sommet sur la politique des Etats et de la Nation » à Scottsdale, Arizona. Le SRP est membre du Conseil Administratif d’ALEC.

Louise Benally, une habitante de Black Mesa, une région (de la Réserve Navajo –NdT) touchée par les opérations du SRP, transmet au SRP une lettre décrivant les graves problèmes causés à sa communauté. Elle déclare « Ma communauté est lourdement touchée par les activités d’extraction de charbon et d’eau du Projet Salt River. Le SRP est intimement lié aux activités d’exploitation minière massive de la firme Peabody Energy et à la Centrale Navajo dont ils sont copropriétaires. Leurs activités causent des problèmes respiratoires à grande échelle, des maladies pulmonaires, et d’autres problèmes sanitaires concernant les hommes, l’environnement et tout ce qui vit. »

« … Nous exigeons que le SRP et Peabody impliquent effectivement les communautés qu’ils touchent et qu’ils se reconvertissent dans des sources d’énergie non-fossiles et prennent des mesures pour remédier aux conséquences de leur activité sur la santé de nos communautés. »

« … ALEC, qui agit pour les intérêts commerciaux du SRP et de Peabody Energy, perpétue des politiques et des activités qui non seulement dévastent des communautés et des écosystèmes entiers, mais de plus, déstabilisent le climat de notre planète pour le profit de quelques-uns, ceux qu’on appelle les 1% » a déclaré Louise Benally.

Ofelia Rivas, une Ancienne et militante pour les O’odham, Peuples Autochtones sur la frontière entre l’Arizona et le Mexique, déclare « En tant que Peuple Autochtone, nous comprenons que l’équilibre de la terre est en fait l’équilibre de nos peuples et que tout déséquilibre est catastrophique, non seulement pour notre santé spirituelle, mais pour notre santé physique en générale, et pour celle de tout ce qui vit. En tant que Peuple Autochtone, nous ne sommes pas séparés de notre environnement. Nous sommes profondément connectés à chaque chose dans l’univers : la terre, les montagnes, l’eau, l’air et toute vie végétale ou animale. »

« … La bretelle 202 proposée comme extension de l’autoroute, qui menace la Montagne du Sud et la construction toujours en cours du Mur à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique et sa militarisation, des politiques commerciales telles que NAFTA et CANAMEX changent notre mode de vie et menancent notre Him’dag. Nous n’accepterons plus la violence que l’état essaie de nous imposer le long de leur frontière. Et certainement pas la loi agressive de l’ALEC. Nous vous demandons de reconnaître la Déclaration Universelle des Droits des Peuples Autochtones et les Droits de notre Mère la Terre. La coupe est pleine, maintenant c’est fini ! »

Les canaux construits à profusion avant l’invasion coloniale des terres O’odham sont maintenant utilisés par le Projet Salt River. La culture O’odham est profondément enracinée dans cette région, qui va de la vallée de Pheonix au Nord, à la côte du Mexique aujourd’hui appelée Rocky Point à l’Ouest, à la rivière San Pedro à l’est et jusqu’aux montagnes Hermosillo et à la Sierra Madres au sud.

Ray Aguilar dit que « la climatisation et l’électricité dont nous profitons et l’eau que nous buvons viennent au prix de la souffrance causée par le SRP et Peabody au pays et aux gens. Quand nous rendrons nous compte que c’est le fondement de nos privilèges ? Nous devons agir. Je viens de passer une semaine à fournir de l’aide directe, sur place, aux habitants de Black Mesa, pour leurs besoins humanitaires de base. C’est pourquoi je suis ici aujourd’hui. Cette situation dramatique n’existerait pas sans ces compagnies rapaces. »

Peabody Energy, qui est aussi membre de l’ALEC, est la plus grande compagnie charbonnière privée du monde. Avec, en 2010, la vente de 246 millions de tonnes et presque 7 milliards de dollars de revenu, Peabody produit 10% de l’énergie des Etats-Unis et 2% de l’électricité dans le monde.

Depuis 1974, plus de 14 000 familles Diné (Navajo) ont été déplacées par la force de leurs terres ancestrales, en grande partie à cause des conseils tribaux soutenus par les Etats-Unis et de l’exploitation des mines de charbon.

 

Pour protester contre l’héritage mortel de destruction environnementale et culturelle causée par la collusion avec Peabody Energy, les participants à la manifestation ont déclaré ce qui suit :

 

Big Mountain, Nation Diné Souveraine
P.O. Box 23501
Flagstafff, AZ 86001
A:
Salt River Project
1521 N. Project Drive
Tempe, AZ 85281
David Rousseau, President
John R. Hoopes, Vice President
CC:

American Legislative Exchange Council
Ben Shelly, Navajo Nation President
LeRoy N. Shingoitewa, Hopi Tribe Chairman
Barack Obama, United States President
Jan Brewer, Governor of Arizona
Gregory H. Boyce, CEO, Peabody Energy
Peabody Energy Corporate Headquarters
Navajo Nation Human Rights Commission
Ben Nuvamsa, Former Chairman, Hopi Tribe
Black Mesa Water Coalition
Black Mesa Trust
Forgotten People
Gila River Indian Community
Zuni Salt Lake Coalition
Indigenous Environmental Network
Center for Biological Diversity
International Indian Treaty Council
Aux Propriétaires, aux Opérateurs, et aux Bénéficiaires du Projet Salt River,

Nous sommes une communauté qui a été gravement touchée par les activités d’extraction de charbon et d’eau du Projet Salt River. Nous sommes particulièrement touchés par les opérations minières de Peabody Energy à laquelle vous êtes intimement liés, par la Centrale Navajo dont vous êtes copropriétaires et par l’exploitation de l’eau souterraine de nos terres ancestrales. Nous souhaitons vous exprimer officiellement quelques problèmes graves concernant notre communauté.

La Centrale Navajo et les mines de Peabody provoquent à grande échelle des problèmes respiratoires, des maladies pulmonaires, de l’asthme et d’autres dégâts sanitaires chez les humains, dans l’environnement et à tout ce qui vit. Nous n’avons pas droit à l’assurance maladie. Les plantes et les animaux sont touchés, mais il n’y a pas d’études sur le sujet. Il n’y a pas de remèdes en l’état actuel des choses.

Peabody est une entreprise qui n’a aucun respect pour quoique ce soit, ils détruisent tout pour extraire du charbon. Notre Mère la Terre et nos ressources culturelles comme les sites sacrés ne sont absolument pas respectés. Dans les années 90, des grand-mères défendaient les terres où les mines gagnaient de plus en plus de terrain, et où nous voyions des tombes totalement détruites par les bulldozers. Ils ont exploité et détruit des lieus sacrés, et personne n’en parle.

Sans parler des cendres de charbon dont ils essaient de se débarrasser sur nos terres à présent – et qui ne diffèrent pas vraiment de l’uranium dont nous souffrons depuis tant d’années. C’est toxique, c’est du poison, et il n’y a pas de lieu sûr pour entreposer les cendres de charbon.

L’exploitation minière doit cesser. D’ici là, nous exigeons que vous respectiez la loi sur la pureté de l’air et les normes maximales de l’Agence de Protection de l’Environnement des Etats-Unis (EPA) en installant la meilleure technologie disponible pour réduire la pollution au mercure, l’arsenic et autres produits toxiques que la Centrale Navajo rejette dans l’air.

Notre eau a été exploitée et nos nappes aquifères vidées depuis des décennies, entraînant le tarissement des sources et un changement de la végétation. Le Projet Salt River doit cesser de manipuler les gouvernements tribaux Navajo et Hopi et de les forcer à signer des accords sans le consentement des membres des tribus. Nos ressources aquifères ne sont pas remplaçables et sans eau, nous ne pouvons pas maintenir notre mode de vie.

Les bénéficiaires de l’énergie et de l’eau que vous vendez doivent se rendre compte que nos souffrances sont le résultat direct de leur consommation. Ils doivent comprendre que continuer à puiser dans des « ressources naturelles » finies crée des déséquilibres qui menacent toutes les générations futures.

Ces questions ne sont pas entendues : Cessez d’exploiter et de détruire nos terres ancestrales. Cessez de nous empoisonner. Cessez de vous réunir derrière des portes closes. Cessez de « verdir » (Néologisme : équivalent écolo de ‘blanchiment’ d’activités inavouables – NdT) vos pratiques injustes et nocives. Reconnaissez que vous êtes les seuls à avoir la possibilité et donc la responsabilité d’y mettre fin, et qu’en ne le faisant pas vous vous nuisez aussi à vous-mêmes.

 

Pour l’historique voir : http://www.blackmesais.org

Pour plus d’information sur l’opposition à l’ALEC : http://azresistsalec.wordpress.com et http://www.alecexposed.org