Earl Tulley et Ofelia Rivas

 

OFELIA RIVAS, O’ODHAM, ET EARL TULLEY, DINÉ: REFLEXIONS SUR LE CARACTERE SACRE DE LA VIE

 

Interview du 1er juin 2018
Govinda Dalton, Spirit Resistance Radio
Article de Brenda Norrell
Publié sur Censored News
Le 12 juin 2018
Traduction Christine Prat

 

DILKON, Nation Navajo, 1er juin 2018 – Ofelia Rivas, Tohono O’odham, et Earl Tulley, Diné, ont parlé des modes de vie culturels et des fondements spirituels de leur peuples, au cours de la Convention de Diné CARE pour l’ouest [de la Nation Navajo]. Ofelia commença par décrire les vastes territoires qui constituaient les terres ancestrales des Tohono O’odham dans ce qui est maintenant l’Arizona, Etats-Unis, et le Sonora, Mexique.

“Nos terres sont très vastes” dit Ofelia, au cours de la conversation avec Earl Tulley, un Diné de Blue Gap, pour Spirit Resistance Radio.

Le territoire ancestral Tohono O’odham s’étendait d’Hermosillo, à des centaines de kilomètres de la frontière actuelle, et au nord jusqu’à Phoenix, à l’est jusqu’à Benson, à la Rivière San Pedro, et jusqu’à la Mer de Cortez, dans le Sonora, au Mexique, dit-elle.

La vie des plantes – médicinales et alimentaires – et la vie animale, nourrissaient les gens. “Nos histoires sur la Création disent que nous étions là dès le début, pour être témoins de la formation de nos Montagnes Sacrées.” “Le commencement de nos Montagnes Sacrées est le commencement de qui nous sommes.”

La culture O’odham est fondée sur les pluies qui apportent de l’eau au désert, dit-elle. “Les chants et les cérémonies les plus sacrés reconnaissent la mer, et le lieu où les nuages se forment et traversent les terres pour apporter la pluie à la saison où on plante, et qui renouvelle notre nourriture, sur les terres.”

Ofelia a été élevée dans la tradition O’odham, dans laquelle les femmes s’asseyaient à part et ne disaient rien. Mais tôt dans sa vie, elle a été reconnue par les Conducteurs de Cérémonies pour son rôle. “Ça commence par la prière” dit-elle du cycle Cérémoniel, et dit comment de jeunes hommes continuent la tradition cérémonielle.

Quand le saguaro [cactus typique du sud-ouest] mûrit, fin juin ou début juillet, c’est le Nouvel An des O’odham.

Pour Ofelia, la résistance est de parler sa langue et de continuer le mode de vie O’odham. Ofelia encourage les autres à, comme elle, survivre aux pensionnats et maintenir la vie suivant les pratiques traditionnelles.

Earl Tulley demanda à Ofelia comment elle saluait d’autres gens qui venaient dans son pays. “Nous sommes toujours là”, dit Earl, à propos du salut Diné Ya’at’eeh. Ofelia répondit que la façon traditionnelle était de faire savoir que vous êtes présent et la personne de la famille présente donne de l’eau et de la nourriture.

Earl dit que les jeunes Diné qui ne parlent pas la langue, utilisent souvent des signes de la main, ou de la tête, pour communiquer et montrer du respect aux Anciens qui ne parlent que Diné. Il dit aussi qu’avant les temps du Traité, les Diné vivaient selon des lois naturelles, en comprenant la lune et le soleil.

Selon Ofelia, les O’odham ne séparent jamais la vie du monde naturel dans des mots comme “environnement”.

“Les femmes avaient leur propre rôle, et étaient très puissante” dit-elle.

Elle dit que pendant des milliers d’années les O’odham récoltaient du sel de la mer. “Il faut connaître les chants, pour récolter cette médecine appelée le sel.” Quand il n’était pas récolté de la manière appropriée, ça causait un déséquilibre. Elle ajouta que quand les gens ne sont pas connectés aux lois naturelles, ça provoque un déséquilibre.

“Nous espérons que la Septième Génération apprendra ce que nous avons appris en grandissant,” dit Ofelia.

Il y a beaucoup de manque de respect parce que les gens ne parlent ni ne comprennent le O’odham. Ofelia dit de son peuple, “Je suis du peuple, des Etoiles qui Apparaissent.” Aujourd’hui, les jeunes gens sont déconnectés, et ils prononcent mal, même à la radio. Elle donna l’exemple de l’expression “maïs qui commence à pousser,” et comment les Anciens disent qu’une légère erreur de prononciation peut être un manque de respect.

Ofelia parla du respect pour les montagnes et la terre, et pour les gens qui y ont été autrefois, quand on marche sur le territoire.

Earl dit qu’avoir grandi, pour un enfant, de façon traditionnelle, est un mode de vie, comme offrir du pollen de maïs au lever du jour. Il parla de la façon dont l’éduction est vue des nos jours, et comment la société actuelle appelle l’imitation “éducation”, qu’on considère souvent comme “devenir instruit.” Mais traditionnellement, l’éducation a une signification différente, qui inclut des accords tacites, comme quel membre de la famille doit parler.

“Celui qui Fait la Terre nous donne nos talents” dit Earl.

A propos de l’éducation moderne, Ofelia raconta que son neveu avait dit que ses diplômes étaient sans valeur, quand la Rivière San Juan a été polluée par une mine d’or, parce qu’il ne pouvait pas empêcher la pollution.

Ofelia se souvient avoir écouté les Anciens et suivi la lune, et le monde naturel. Aujourd’hui, dit Ofelia, les O’odham sont forcés de parler anglais pour pouvoir parler à d’autres. Les Peuples d’Origine du Territoire sont connectés à l’univers, et les Chants et les Prières sont pratiqués chaque année pour la régénération, dit-elle.

Earl raconta comment certains, qui avaient fréquenté des écoles comme Carlisle, avaient appris des techniques, comme par exemple fabriquer des chaussures. Mais quand ils retournaient au Pays Navajo, les gens portaient des mocassins, pas des chaussures. “Ils se sont enfuis à cause de cela,” dit-il, parce que leurs capacités n’avaient plus de place chez eux.

Se souvenant des paroles des Anciens O’odham, Ofelia dit “Quand le vent souffle, nous devons nous courber pour ne pas casser.”

Ofelia dit que le gouvernement tribal était bureaucratique et n’avait pas encouragé les jeunes à partir pour acquérir une éducation et revenir au Pays O’odham avec ce qu’ils avaient appris. Les jeunes O’odham sont partis, ont acquis une éducation et doivent être encouragés à revenir, même ceux qui ont appris à s’occuper d’argent. Elle dit qu’elle avait cessé de travailler au problème de la frontière pendant cinq ans, et attendu que les jeunes reviennent avec des solutions, mais aucun n’est venu avec des solutions contre les exactions de la Patrouille des Frontières, qui se perpétuent actuellement.

Elle expliqua comment travailler avec les jeunes. Ils plantent des graines, les arrosent, puis regardent grandir les plantes et les protègent pendant qu’elles poussent. Le savoir de base peut être utilisé à tous les niveaux, dit-elle. Les jeunes ont besoin de leur éducation.

Earl dit que nous vivions dans un monde où on peut manger des choses hors saison, mais que ce n’est pas pareil. Il dit aussi que le respect ne devait pas être oublié, comme laisser son siège à une personne âgée, ou la laisser passer en premier dans la queue pour la nourriture. Earl dit que la connaissance n’est pas faite pour être gardée pour soi, mais pour être partagée. Il dit aussi que beaucoup de Diné avaient des enfants et des petits-enfants et étaient liés à d’autres peuples.

Ofelia dit que cependant, dans une Cérémonie, c’est inclusif, qu’il n’y a ni couleur ni race. “Ça nous enrichit” dit-elle des O’odham qui sont O’odham et d’autres tribus. Elle dit que si nous savons qui est notre grand-mère, il n’y a pas de déconnexion.

Earl dit que dans l’histoire, il n’y avait pas d’école, ni personne qui pouvait supprimer la langue d’origine. “Nous nous le faisons à nous-même.” Il dit qu’au pensionnat, ils étaient forcés de répéter le Serment d’Allégeance tous les matins. Mais ils disaient le mot Diné signifiant “les moutons arrivent” au lieu du mot “Amérique”.

Earl dit que les prières Diné demandaient la bénédiction de tous ceux A Cinq Doigts, c’est-à-dire tous les gens.

“Nous sommes tous un seul peuple”, dit Ofelia. “Où que nous allions, nous devons nous en souvenir, Nous sommes un seul peuple, et nous avons tous nos façons d’être.”

A propos de la violence domestique, Earl dit “si nous sommes de vrais guerriers, nous devons comprendre notre rôle particulier et que la vie est sacrée.” “C’est alors que Celui qui Fait la Terre sera très fier de nous.”

Ofelia dit que les produits chimiques dans la nourriture et les médicaments devaient être supprimés.

Earl dit que Ceux Qui Ont Deux Esprits avaient des points de vue différents et devaient être respectés. Aujourd’hui, Ceux Qui Ont Deux Esprits ne sont pas complètement acceptés.

“Toute vie est sacrée” dit Ofelia.

 

©Ofelia Rivas et Censored News. Article traduit avec autorisation. Utilisation commerciale strictement interdite.

 

La Réserve Tohono O’odham actuelle, avec la frontière tracée sur une carte à la règle. Certains villages ont le même nom des deux côtés, parce qu’ils ont été coupés en deux par la frontière.

 

 

 

Il y a quelques semaines, une caravane de migrants du Honduras était attendue à la frontière Etats-Unis/Mexique. A cette occasion, Michelle Cook avait interviewé Ofelia Rivas, Tohono O’odham, qui habite près de la frontière. Depuis, on a appris que ces immigrants et d’autres étaient arrivés à la frontière de la Californie. Brenda Norrell s’y est rendue et a écrit l’article ci-dessous.

 

A LA FRONTIERE, LES ETATS-UNIS ONT OUBLIE LEUR NOM
Article et photos Brenda Norrell
Censored News
3 mai 2018
Traduction Christine Prat

 

Frontière de SAN YSIDRO, Californie – C’est calme et tranquille à la frontière, aujourd’hui. Tous les gangsters sont à Washington. C’est généralement calme, à la frontière – sauf quand des agents de la Patrouille des Frontières U.S. harcèlent, frappent et tuent des gens de couleur.

Si les agents de la Patrouille des Frontières pouvaient trouver une raison de frapper ou d’abattre quelqu’un aujourd’hui, ils le feraient.

Sur le sentier pour piétons qui mène au Mexique, des femmes avec des litres de laits et des provisions dans leur caddy rentrent chez elles. Des jeunes mangent de la pizza et achètent des téléphones portables.

Il n’y a pas de hordes de migrants se ruant sur la frontière, comme le Président Trump voudrait le faire croire aux gens, en attisant la haine et la violence raciales aux Etats-Unis.

Au bout de la ligne de trolleybus de San Diego, ici à la frontière, il n’y a pas de banderoles “Nous haïssons Trump”, pas d’affiches rappelant à tous que “la Première Dame, Melania Trump, est une immigrée.”

Peut-être que personne ne pourrait accueillir des réfugiés mieux que la Première Dame Melania Trump, qui est elle-même immigrée.

Dans ce calme, le sentier vers le Mexique est très fréquenté, et il semble qu’il y ait plus de gens voulant entrer au Mexique qu’aux Etats-Unis, aujourd’hui.

Mais à seulement quelques dizaines de mètres, de l’autre côté de la frontière, à Tijuana, au Mexique, la caravane de migrants qui cherchent désespérément la sécurité, est arrivée à la frontière.

Il fait froid et il pleut aujourd’hui. Ils n’ont ni nourriture ni abri.

Beaucoup d’entre eux ont marché sur de longues distances, certains ont traversé plusieurs pays, certains avec des bébés dans les bras, pour fuir la violence au Honduras et d’autres pays d’Amérique Centrale, certains pour fuir la violence domestique, d’autres pour fuir le terrorisme.

Ceux qui vivent le long de la frontière, aujourd’hui avec leurs provisions, montrent toute la difficulté de la vie réelle qui attend les migrants qui attendent d’obtenir l’asile aux Etats-Unis.

Ceux qui sont venus du sud et passé leur vie ici aux Etats-Unis sont las. Leurs dos sont courbés par une vie passée à nettoyer des parquets, récolter des légumes, réparer des toits et soulever des charges que personne d’autre ne veut soulever.

Un autre terrorisme attend beaucoup de ceux qui viennent aux Etats-Unis maintenant, à la recherche d’une vie meilleure – l’emprisonnement dans des prisons privées, qui font cela pour l’argent, et qui sont remplies d’immigrants.

Le seul drame visible aujourd’hui, c’est l’océan. Il est agité, frappe de ses vagues qui s’écrasent sur la côte. Peut-être que l’océan sait, se souvient des principes des anciens – d’accueillir les âmes épuisées, d’héberger les désespérés, de nourrir les affamés, d’abriter ceux qui ont tout perdu, et de donner la sécurité aux femmes, qui donnent la vie, et aux petits. L’eau a sa mémoire.

 

Copyright Brenda Norrell, Censored News

 

 

Par Brenda Norrell
Censored News
24 janvier 2018
Traduction Christine Prat

 

C’est avec tristesse que nous apprenons que les bénévoles qui avaient déposé de l’eau pour les migrants ont été arrêtés à la frontière Arizona/Mexique.

Il y a quelques années, une amie m’a emmenée sur ces lieux, et m’a montré les pistes. Il faisait plus de 40 degrés, et sa voiture n’avait pas de climatisation. Nous nous sommes enveloppées dans des serviettes mouillées pour continuer.

Nous avons vu les agents de la Patrouille des Frontières assis dans leurs véhicules climatisés qui jetaient leurs gobelets Starbucks sur le sol, et achetaient de la bouffe de snackbar à Three Points. Ils fainéantaient et aboyaient dans leurs téléphones portables, dans la zone même où des bénévoles plaçaient de l’eau pour sauver des vies et sont maintenant arrêtés.

A un autre moment, j’aurais pu être arrêtée avec eux.

Les bénévoles qui font cela depuis des années sont des héros.

Un autre jour, toujours avec des températures supérieures à 40 degrés, mes amis m’ont demandé de les aider à chercher le corps d’un migrant. La chaleur m’a mise K.O. en quelques minutes. Ils ont continué à marcher sous le soleil brulant et ont trouvé celui que quelqu’un aimait.

D’autres ont fourni un abri, de l’eau, un sandwich ou ont conduit quelqu’un à l’hôpital et sauvé une vie.

Quelques fois, la vie sauvée est celle d’un ou une Autochtone, qui a traversé à pied, depuis le Guatemala ou le Salvador, dans l’espoir de trouver un moyen de nourrir sa famille restée à la maison.

Les petites tombes dans le désert ont quelque fois un collier de perles Maya déposé dessus. Ces bénévoles sont des héros. Nous savons qui sont les monstres.

 

Brenda Norrell, journaliste en pays Indien depuis 36 ans, publie Censored News.

 

Photos: une tombe à la frontière de l’Arizona.
Des chaussures abandonnées par des migrants, photo par Brenda Norrell.
Un agent de la Patrouille des Frontières détruisant un bidon d’eau destiné à sauver des vies, filmé en caméra cachée.

 

Notes: Neuf volontaires de No More Deaths [Plus jamais de Morts] ont été arrêtés et risquent des poursuites fédérales pour avoir laissé de l’eau pour les migrants dans le Désert de Sonora, à la frontière de l’Arizona.

Cette région a l’un des taux les plus élevés de décès de migrants.

Un instructeur de l’Université d’Etat d’Arizona et bénévole de No More Deaths, a été arrêté cette semaine pour avoir aidé des migrants à Ajo, en Arizona, après que No More Deaths ait publié un rapport dénonçant les agents de la Patrouille des Frontières qui détruisent des bidons d’eau qui pourrait sauver des vies dans le désert.

No More Deaths est l’une de plusieurs organisations qui fournissent de l’aide humanitaire. Beaucoup d’individus, entre autres des Tohono O’odham, ignorent tout simplement les lois tribales et fédérales qui interdisent d’aider ou de sauver des vies de migrants.

 

Copyright Brenda Norrell

 

La veille, le 23 janvier, Censored News avait publié un communiqué de No More Deaths:

Chers amis de No More Deaths,

Aujourd’hui, No More Deaths, en collaboration avec La Coalición de Derechos Humanos, publie “Interférence avec l’Aide Humanitaire: Mort et Disparition à la Frontière US-Mexique”. Ce rapport est la deuxième partie d’une série de trois, intitulée “Disparus: Comment les Forces de l’Ordre de la Frontière des Etats-Unis Alimentent une Crise de Personnes Disparues”. Dans la 2ème partie, nous traitons en détail de la destruction intentionnelle de plus de 12 000 litres d’eau déposés pour ceux qui traversent la frontière, la majorité de ceux qui font cela étant de la Patrouille des Frontières des Etats-Unis.

Les dépouilles de plus de 7000 personnes qui, très probablement, avaient essayé de passer la frontière, ont été trouvées dans les régions frontalières au cours des dix dernières années. Entre 2012 et 2015, le Bureau d’Investigation Médicale du Comté de Pima a reçu les restes d’au moins 593 personnes ayant traversé la frontière. Ces chiffres n’incluent pas ceux qui sont morts mais n’ont jamais été retrouvés.

Au cours de la même période, plus de 13 000 litres d’eau placés par No More Deaths sur des pistes lointaines et difficiles dans le désert, ont été détruits intentionnellement, tout comme de la nourriture et des couvertures. Les vidéos et l’analyse statistique publiés dans le nouveau rapport impliquent la Patrouille des Frontières dans la destruction à grande échelle d’aide humanitaire. Des témoignages personnels nous montre que la Patrouille des Frontières est également coupable d’interférences routinières avec les actions d’aide humanitaire, entre autres par le harcèlement et la surveillance des bénévoles sur le terrain.

No More Deaths appelle instamment à mettre un terme à la politique de Prévention par le Découragement, qui force les gens à s’aventurer dans cette zone dangereuse. En attendant, la fourniture d’eau et autre aide humanitaire sont essentielles.

Les agents de la Patrouille de Frontières doivent être tenus pour responsables de ces actions. Nous vous demandons d’appeler la Police des Frontières du Secteur de Tucson à adopter une politique qui interdit formellement la destruction d’aide humanitaire et assure qu’elle sera passible de mesures disciplinaires. Appelez le (00 1) 520-748-3000 ou envoyez un email à steven.passement@cbp.dhs.gov . Demandez à ce que votre message soit transmis au vice-chef Raleigh Leonard, ou à Tom Martin, Chef de Division des Programmes Opérationnels d’Application de la Loi. Ils ont des années d’expérience dans le secteur de Tucson, et l’autorité pour faire passer cette politique immédiatement.

Nous demandons qu’il soit mis fin immédiatement à la destruction ou la confiscation d’eau, de nourriture, de couvertures et tout autre article d’aide humanitaire déposés pour ceux qui traversent la frontière. Nous demandons aussi la cessation immédiate de toute interférence avec les actions d’aide humanitaire. Nous exigeons que vous appliquiez une Procédure d’Opération Standard (SOP) ou une directive similaire, désignant formellement la destruction d’aide humanitaire et l’obstruction d’actions humanitaires comme des délits pouvant entrainer le renvoi d’agents de la Police des Frontières des Etats-Unis. Nous vous demandons aussi de détailler ces mesures et toutes les autres mesures disciplinaires internes dans des dossiers accessibles au public.

Merci pour votre soutien. Vous pouvez trouver le rapport complet sur http://www.thedisappearedreport.org/

Solidarité,

La communauté de No More Deaths

 

 

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Vendredi 4 mars 2016 des O’odham du Mexique ont coupé la clôture sur la frontière qui bloquait une voie traditionnelle pour les O’odham. La clôture, située à la Porte San Miguel, au sud de Sells, en Arizona, avait été installée jeudi 3 à 10h du matin. Cette clôture empêchait l’accès des O’odham [du côté mexicain] aux soins médicaux et aux commerces du côté nord des terres O’odham, dans la Nation Tohono O’odham.

 

Par Ofelia Rivas
Publié sur Censored News
Copyright Ofelia Rivas
Ne pas reproduire sans autorisation préalable
8 mars 2016
Traduction Christine Prat  (Zie Nederlandse vertaling)

 

Territoire O’odham – Des O’odham du Mexique ont entrepris une action vendredi 4 mars pour ouvrir la voie d’accès aux territoires du nord [USA] en retirant la clôture, les piquets et les poteaux indicateurs qui avaient été placés jeudi 3 mars 2016.
Depuis longtemps, des éleveurs Mexicains ont empiété sur les terres O’odham et se sont appropriés illégalement des terres O’odham. Ces éleveurs Mexicains ont squatté des terres O’odham.
Jeudi, ils ont fermé l’accès à une voie traditionnelle O’odham.
Vendredi 4 mars des O’odham, au Mexique, ont coupé la clôture à la frontière, qui bloquait une voie traditionnelle O’odham. La clôture à la Porte San Miguel, au sud de Sells, Arizona, avait été érigée la veille à 10h du matin. Cette clôture empêchait les O’odham d’avoir accès aux soins médicaux et aux commerces du côté nord [USA] des terres O’odham, dans la Nation Tohono O’odham.

 

Photos © Ofelia Rivas. Ne pas reproduire sans autorisation préalable

 


Par VOIX O’odham Contre le MUR
Publié sur Censored News
Photo Brenda Norrell
Traduction Christine Prat

Cat Mountain Lodge, contact@catmountainlodge.com
Site: www.catmountainlodge.com

Ofelia Rivas, www.solidarity-project.org
Dan Todd, langgore.dt@gmail.com

Dates: du 27 février au 26 mars 2016

TUCSON, Arizona – VOIX O’odham Contre le MUR annonce un évènement de soutien, présentant des poètes nouveaux ou déjà célèbres, des écrivains et des universitaires, à Tucson, à Cat Mountain Lodge – un des dix meilleurs gites à Tucson, d’après Trip Advisor – du 27 février au 26 mars.

Simon J. Ortiz, Pueblo Acoma, et Laura Tohe, poète lauréate 2015-2017 de la Nation Navajo, sont les têtes d’affiche de la série de Conférenciers Prestigieux 2016. Il y aura également le poète Ruben Cu:uk Ba’ak et les universitaires Dr. Julian Kunnie de l’Université d’Arizona et John Zerzan.

Ofelia Rivas, fondatrice de VOIX O’odham Contre le MUR, s’exprimera lors de toutes les manifestations. VOIX O’odham Contre le MUR est solidaire de tous les O’odham du Sud-ouest de l’Arizona et du Nord du Sonora pour maintenir la culture traditionnelle et les terres ancestrales dans les régions où elles sont illégalement occupées par les Etats-Unis et le Mexique. Depuis 2003, l’organisation a lutté contre la militarisation de la frontière et pour les droits garantis par les lois inhérente, nationale et internationale, et a fait des rapports sur les infractions contre les peuples autochtones en terre O’odham.

Simon J. Ortiz, Pueblo Acoma, qui s’exprimera le 26 mars, est l’une des personnalités clé de la deuxième vague de ce qui a été appelé la Renaissance Amérindienne. Il est l’un des poètes Amérindiens les plus respectés et les plus lus. Auteur de 25 livres, Ortiz est actuellement Professeur d’Anglais et d’Etudes Amérindiennes à l’Université d’Etat d’Arizona.

Les œuvres de Laura Tohe, qui parlera le 19 mars, ont été publiées dans les magazines Ploughshares, New Letters, Red Ink, World Literature Today, et beaucoup d’autres. Elle est professeur d’Anglais à l’Université d’Etat d’Arizona et sa publication la plus récente est Code Talkers Stories (2012), une histoire orale des Navajo ‘parlant en code’ [pendant la 2e guerre mondiale].

Ruben Cu:uk Ba’ak, Tohono O’odham, qui s’exprimera le 12 mars, est poète et écrivain en prose et est récemment diplômé en économie du pays Tohono O’odham.

Le Dr. Julian Kunnie, invité le 5 mars, est professeur d’études Religieuse, Latines Américaines, Moyen-Orientales et Nord-Africaines à l’Université d’Arizona. Il est auteur de nombreux articles publiés dans divers magazines et livres reconnus internationalement. Son dernier livre est The Cost of Globalization: Dangers to the Earth and Its People [Le Coût de la Mondialisation: Dangers pour la Terre et ses Habitants] (2015).

John Zerzan, qui parlera le 27 février, a milité dans le mouvement antiautoritaire depuis les années 60 et a développé une théorie de la technologie et de la civilisation qui met en lumière leur aspect régressif. Son livre le plus récent est Why Hope ? The Stand Against Civilization [Pourquoi Espérer? Prendre Position Contre la Civilisation] (2015).

 

 

 

17 janvier 2016
Rapport Spécial
Le Combat des Ouvriers de Ciudad Juarez traverse la Frontière en 2016
Par Frontera NorteSur
Publié par Censored News
Traduction Christine Prat

Durant l’été et l’automne 2015, une vague de protestations ouvrières contre les bas salaires, le harcèlement sexuel et autres mauvaises conditions de travail, a éclaté dans quatre usines possédées par des étrangers, ou maquiladoras, dans la ville frontière du nord du Mexique, Ciudad Juarez. Dans une ville où une véritable représentation syndicale dans les usines d’exportation est pratiquement inconnue, les demandes des travailleurs pour des syndicats indépendants a été particulièrement remarquée.

Au fil des jours, puis des semaines et des mois, des spéculations ont beaucoup circulé dans la presse de Juarez, qui se demandait si les compagnies, que les militants syndicalistes accusent de licencier les travailleurs impliqués dans les protestations et l’organisation de syndicats, allaient simplement attendre que le mouvement s’éteigne avec l’arrivée du froid et de la faim.

Début 2016, non seulement les manifestations ont défié le temps hivernal et ont continué dans au moins trois entreprises – Lexmark, Eaton et la division Scientifique d’Atlanta de Foxconn – mais les actions de soutien aux travailleurs actuels et aux licenciés s’étendent aux niveaux national et international.

La semaine dernière, des manifestations de solidarité avec les ouvriers de Lexmark ont été organisées à Mexico, El Paso et à Lexington au Kentucky, d’après l’Assemblée Régionale Populaire de Paso del Norte, un regroupement d’organisations de droits de l’homme et de droits des travailleurs, et d’individus à Juarez, El Paso et Chihuahua.

« Il y a beaucoup de harcèlement sexuel dans l’industrie. La forme la plus commune est que les chefs et superviseurs demandent des faveurs sexuelles en échange de choses aussi communes que les heures supplémentaires » dit un ouvrier de Lexmark à un journaliste de Mexico. « Le salaire de base ne permet jamais de survivre, et (les superviseurs) mettent comme condition pour travailler plus, ce que les ouvrières acceptent de leur accorder. »

Pendant ce temps, à Juarez, des dizaines d’anciens ouvriers de Lexmark brûlent leurs uniformes de travail devant le bâtiment de l’entreprise Américaine. « (Lexmark) n’a pas pris contact avec nous pour proposer une solution. Nous continuerons jusqu’à ce qu’il y ait une solution positive » dit Miguel Angel Sedano, un ouvrier de Lexmark cité dans El Diario de Juarez. « Nous organisons un boycott, et demandons au public de ne pas acheter de produits (de Lexmark) étant donné que cette entreprise viole les droits humains et les droits du travail des ouvriers. »

Parmi d’autres plaintes des travailleurs de Lexmark, il y a des déductions non-autorisées de leur fiche de paie et l’exposition à des produits chimiques dangereux dans les ateliers. Lexmark, qui a son siège principal à Lexington, au Kentucky, fabrique des cartouches pour imprimantes et des produits associés.

Il n’y a pas eu de réaction immédiate sur le site web de Lexmark, aux manifestations à Lexington et d’autres villes, mais le site de la compagnie proclame son adhésion aux ‘responsabilités sociales’, avec des buts de développement durable et ‘d’équilibre entre les préoccupations économiques, écologiques et sociales’.

En décembre, des centaines d’ouvriers de Lexmark à Juarez ont organisé des interruptions du travail pour appuyer leurs revendications. Le Lexington Herald Leader a attribué une déclaration de la firme, faite après les manifestations de décembre, à Leea Haarz, directeur général de l’usine de Juarez, qui assurait écouter les employés et se conformer à un engagement d’avoir « des conversations ouvertes et honnêtes avec nos employés afin d’assurer que Lexmark demeure un endroit gratifiant pour travailler. »
D’après le site de Lexmark, l’entreprise a rapporté 3,7 milliards de dollars de revenus en 2014, dont 57% venant de ventes internationales.

Dans une conférence de presse d’El Paso retransmise sur Internet avant Noël, Susana Prieto, avocate des ouvriers de Lexmark et d’autres travailleurs de maquiladora, a accusé l’entreprise d’avoir licencié des ouvriers après qu’ils aient demandé des augmentations de salaire de moins de quinze centimes par jour pour augmenter leur salaire hebdomadaire d’environs 40 dollars. Elle a accusé l’entreprise d’appeler la police de Juarez pour intimider les travailleurs, qui ont commencé à craindre que les flics locaux ne les mettent en détention.

Pendant les mois de protestations, le coût du travail pour les entreprises Américaines ayant des usines à Juarez et le reste du Mexique a encore baissé, suite à l’effondrement du cours du peso. Samedi 16 janvier, des bureaux de change au Mexique affichaient à nouveau un cours de 19 pesos pour un dollar.

A la veille du Nouvel An, alors que le Mexique était plongé dans les festivités, le Bureau de Juarez du Conseil de Conciliation et d’Arbitrage du Travail a rejeté les pétitions des ouvriers de Lexmark et Foxconn demandant la reconnaissance officielle de syndicats indépendants. Dans sa décision, le conseil fédéral du travail a cité la confusion quant au nom proposé pour un syndicat et un plan de gestion financière inadéquat. Les travailleurs ont juré d’aller en appel contre la négation de leurs revendications.

Sur le front juridique, l’avocat du travail Juan Pablo Delgado a déposé le 14 janvier une plainte auprès de la Commission des Droits de l’Homme de l’état de Chihuahua contre le directeur du bureau du Secrétariat au Travail de Chihuahua, au nom des travailleurs de maquiladora qui accusent les officiels de promouvoir une liste noire des travailleurs militants.

Samedi 16 janvier, le mouvement des travailleurs de maquiladora s’est uni à une autre lutte sociale importante au Mexique, lorsque trois parents de jeunes faisant partie des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa dans l’état de Guerrero en septembre 2014, se sont rendus au camp de protestation des travailleurs de Lexmark, devant le bâtiment de l’entreprise.

Avec les mères de jeunes femmes de Juarez disparues dans la ville frontière, les parents d’Ayotzinapa ont tenu un forum en plein air sur la répression et les disparitions, aux portes de Lexmark.

Autre évènement remarquable, la plus grande organisation syndicale des Etats-Unis exprime son soutien à la lutte des ouvriers de Juarez.
Le 11 janvier, sur le blog de l’AFL-CIO, Kathy Feingold a appelé à la réintégration des ouvriers licenciés, à la reconnaissance des syndicats, à l’intervention du gouvernement fédéral Mexicain et à un rapport des instances locales, d’état et fédérales des Etats-Unis pour déterminer si certains des produits qu’ils achètent proviennent de maquiladoras à Juarez « qui pourraient utiliser des dollars des contribuables américains pour subventionner des violations des droits du travail. »
K. Feingold a également souligné la contradiction entre les conditions de travail à Juarez et les nouvelles réformes soutenues par le gouvernement de Pena Nieto afin que le Mexique puisse accéder au projet de Partenariat TransPacifique qui implique la ratification de la Convention 98 de l’Organisation Internationale du Travail (un accord comportant le droit de s’organiser et les négociations collectives), des changements dans les conseils du travail Mexicains et de nouveaux protocoles pour l’inspection du travail.
« Si ces changements étaient mis en pratique, ils pourraient permettre aux travailleurs de Ciudad Juarez et d’autres centres industriels d’exercer effectivement leurs droits » écrit K. Feingold. « Malheureusement, ces annonces n’ont eu aucun effet sur les autorités du travail et les directeurs d’entreprises à Ciudad Juarez. »

Alors que les actions ouvrières se développaient à Juarez et que le soutien pour le mouvement grandissait à l’étranger, une nouvelle affaire de possible empoisonnement alimentaire de masse, un problème récurent dans les maquiladoras de la frontière, était signalé, jeudi 14 janvier, dans une usine de Lear Corporation. Plus de 160 travailleurs de Lear ont commencé à vomir et présenter d’autres symptômes après avoir mangé dans une cafétéria de l’entreprise. Eloy Coral Banda, chef de la commission du Chihuahua pour les risques sanitaires, dit que des échantillons de nourriture étaient relevés à l’usine pour essayer de déterminer la cause des maladies des travailleurs.

Alors que le mouvement des travailleurs se durcit et s’étend, tous les regards à Juarez sont tournés vers la visite, le mois prochain, du Pape François, dont beaucoup s’attendent à ce qu’il s’exprime sur la pauvreté et les conditions de travail. Entretemps, les habitants de la zone frontière de Paso del Norte de Juarez, El Paso et du sud du Nouveau-Mexique auront une occasion d’avoir des informations de première main sur le mouvement des travailleurs de maquiladora.

Samedi 23 janvier, le Projet d’Education en Justice Sociale d’El Paso parrainera, à 10 heures du matin, un forum auquel participeront l’avocate des travailleurs de Lexmark Susana Prieto et l’ouvrière militante de maquiladora de Juarez Miriam Delgado. Les Docteurs Kathy Staudt et Oscar Martinez, co-fondateurs du Projet d’Education en Justice Sociale, universitaires vétérans de la frontière et écrivains, doivent aussi y faire des commentaires. Le forum du samedi matin doit se tenir dans l’auditorium de la Bibliothèque Publique d’El Paso, au 501, N. Oregon, au centre de la ville jumelle de Ciudad Juarez [c.à.d El Paso, Texas].
Autres sources (en Espagnol ou en Anglais) :
Arrobajuarez.com, January 16, 2016. El Mexicano, January 16, 2016. Article by Juan Ramon Rosas. El Diario de Juarez, January 14, 2016. Article by Francisco Chavez. Nortedigital.mx, January 14, 2016. Article by Carlos Omar Barranco. El Diario de El Paso, January 14, 2016. Article by Juliana Henao. Lapolaka.com, January 14 and 16, 2016. Elpasoheraldpost.com, January 11, 2016. Article by Chris Babcock. La Jornada, December 31, 2015; January 13, 15, 16 and 17, 2016. Articles by Ruben Villalpando, Patricia Munoz Rios, Gloria Munoz Ramirez and Elio Henriquez. Lexington Herald Leader (kentucky.com), December 16, 2015.
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Las Cruces, Nouveau-Mexique

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UN PACTE ENTRE LES ETATS-UNIS ET ISRAEL POUR CONSTRUIRE DES TOURS D’ESPIONAGE VISE LES TOHONO O’ODHAM TRADITIONNELS ET LEUR MONTAGNE SACREE

Par Brenda Norrell
Sur Censored News
7 septembre 2015
Traduction Christine Prat

GU-VO, Tohono O’odham Nation – Les Etats-Unis visent deux districts traditionnels des Tohono O’odham, celui de Gu-Vo et celui de Chukut Kuk, avec 15 nouvelles tours d’espionnage construites par la firme Israélienne pratiquant l’Apartheid Elbit Systems, qui est responsable pour la sécurité ségrégationniste entourant la Palestine.

Dans le territoire Tohono O’odham, les Etats-Unis cachent le fait que la Sécurité Intérieure a accordé le contrat pour les tours de surveillance à la firme Elbit Systems, responsable de la sécurité fondée sur l’Apartheid autour de la Palestine et fabricant de drones.

Le District de Gu-Vo s’oppose au projet. Gu-Vo est le district le plus à l’ouest de la Nation Tohono O’odham.

Les représentants du District de Gu-Vo ont déclaré : « Le District de Gu-Vo s’oppose à la localisation projetée pour les tours, pour de protéger des sites culturels sur la montagne sacrée aujourd’hui appelée Chaine Ajo. La montagne recèle des restes humains de notre peuple, ainsi que des sites de pratiques culturelles (sacs médecine) et l’habitat d’animaux faisant partie de nos cérémonies, comme le cerf, le mouton à longues cornes et les tortues de la montagne, qui sont protégés par la Loi sur les Espèces Menacées. »

« Les forces militaires du gouvernement des Etats-Unis et la Patrouille des Frontières n’ont pas présenté d’informations sur l’impact potentiel, tel que des effets sur la santé, et ont délibérément fourni de fausses informations sur l’impact immédiat sur l’environnement, comme les routes qu’ils construiront sur la montagne et l’installation de lignes à haute tension sur les sites, et le fait que les tours projetées auront un effet pendant au moins 25 ans sur la vie de la montagne, des animaux et des plantes, et les vies des O’odham. »

« Le paysage du District de Gu-Vo a déjà été énormément touché par des routes non autorisées et la destruction de nos montagnes et collines qui ont une grande importance pour le mode de vie O’odham. Nos futures générations seront confrontées à encore plus de restrictions pour vivre sur nos terres d’origine, étant donné que nos droits en tant que peuples Autochtones continuent à se dégrader. »

« Ces tours, projetées par les Etats-Unis ne sont pas sur la frontière mais dans nos communautés et à la limite de la Nation Tohono O’odham, répétant ainsi la discrimination et les attaques délibérées contre les O’odham » disent les représentants du District de Gu-Vo.

Alors que les Etats-Unis essaient de cacher à qui ce contrat pour la frontière a été attribué, il est fêté en Israël.

L’an dernier, la Sécurité Intérieure des Etats-Unis a attribué le contrat de 145 millions de dollars pour la Tour Fixe Intégrée à Elbit Systems, une firme Israélienne qui travaille pour la défense, au lieu de choisir une firme américaine. Avant la signature de ce contrat, Boeing avait dépensé 1 milliard pour tenter de construire des tours de surveillance, avant d’annoncer que les tours à la frontière d’Arizona ne marchaient pas.

Les tours d’espionnage Israéliennes sont la dernière attaque en date contre les O’odham traditionnels, et un moyen de surveillance et d’oppression des O’odham qui vivent dans leur pays souverain.

L’accroissement de la militarisation par les Etats-Unis et Israël en territoire Tohono O’odham souverain a résulté en de nombreuses violations des droits humains, entre autres des viols et des meurtres commis par les agents de la Patrouille des Frontières des Etats-Unis.

Des agents de la Patrouille des Frontières ont été arrêtés dans toutes les régions frontières des Etats-Unis pour trafic de drogues. Une audience du Congrès a révélé que des centaines d’agents de la Patrouille des Frontières et de l’ICE ont été arrêtés et condamnés pour trafic de drogue ou comme «spotters». Les ‘spotters’ sont des vigies au service des cartels mexicains et assurent, pour les cartels, le passage aux Etats-Unis de gros transports de drogue.

Le gouvernement des Etats-Unis a armé les cartels mexicains depuis 2005 à travers trois opérations (Projet Gunrunner, Wide Receiver et Fast and Furious). Les médias américains se sont abstenus de dénoncer la façon dont des agents des Etats-Unis sont impliqués dans le trafic de drogue à la frontière sud. Les Etats-Unis utilisent l’excuse d’une soi-disant guerre contre la drogue pour tenter de justifier l’installation de ces tours d’espionnage Américano- Israéliennes, qui violent toutes les lois sur la protection de la vie privée et les droits de l’homme des Etats-Unis.

Entretemps, des universités sont devenues partenaires d’Israël pour viser les Peuples Autochtones par la création de drones et la surveillance.

L’Université d’Arizona de Tucson est boycottée par les militants des droits de l’homme O’odham pour avoir conçu des drones et une surveillance de la frontière qui touchent et tuent des Autochtones en général. Les Apaches San Carlos boycottent l’Université d’Arizona pour avoir conduit, avec le Pape, l’installation d’énormes télescopes sur le Mont Graham sacré, en Arizona.