COMMUNIQUE DE PRESSE

Mardi 7 novembre 2017
Contact: Klee Benally
stopcanyonmine@gmail.com
https://www.haulno.org
Egalement publié sur Censored News
Traduction Christine Prat

 

La ville de Flagstaff adopte une résolution contre l’extraction et le transport d’uranium
Elle s’engage à mener une action légale aux niveaux fédéral, de l’état, et municipal

Crédit photos: Caleb Eckert

 

Flagstaff, Arizona – Le Conseil Municipal de la ville de Flagstaff a adopté une résolution s’opposant à l’extraction et au transport d’uranium de Canyon Mine, une mine située à 10 km de la Rive Sud du Grand Canyon du Colorado.

Le scrutin a été de six voix pour et une contre, celle du conseiller Scott Overton.

Leilani Clark, une bénévole de Haul No! a déclaré au conseil: “Adoptez la résolution, adoptez un arrêté municipal, faites tout ce que vous pouvez, parce que nous, le public, ferons tout, par tous les moyens nécessaires, pour empêcher des camions transportant du poison de traverser nos communautés.”

Après le vote, Clark a déclaré “L’acte du Conseil Municipal de la ville de Flagstaff de ce soir est une des nombreuses mesures à prendre pour soulager le traumatisme historique et la souffrance des Peuples Autochtones, causés par l’industrie nucléaire. Nous ferons tout pour nous assurer que nos communautés, les sites sacrés, l’eau si précieuse et le Grand Canyon soient à l’abri des effets toxiques de l’extraction d’uranium.”

Plus de 100 personnes s’étaient entassées dans la salle du conseil, dont une écrasante majorité en faveur d’une action allant plus loin qu’une résolution symbolique. Les personnes présentes ont exprimé leurs inquiétudes face à la perspective de voir jusqu’à 12 camions par jour, transportant chacun 30 tonnes de minerai d’uranium hautement radioactif de Canyon Mine. Le minerai d’uranium serait transporté sur un total de près de 500 km, par Flagstaff et les communautés de la Réserve [Navajo], jusqu’à l’usine de retraitement controversée d’Energy Fuels Inc., “White Mesa Mill”, près de Blanding, en Utah, située sur des terres ancestrales des Ute de Ute Mountain.

Des membres de communautés Autochtones de la région, dont six représentants du Conseil Tribal Havasupai, ainsi que des représentants des nations Diné (Navajo), Hopi, Apache et Pueblo, étaient présents pour être témoins de l’adoption de cette résolution historique. Et on pouvait ressentir de la solidarité à l’échelle de tout l’état, étant donné que des habitants de l’Arizona étaient venus d’aussi loin que Phoenix et Tucson pour manifester leur soutien à l’adoption de la résolution par le Conseil, et pour appuyer un futur arrêté municipal.

Ophelia Watahomigie-Corliss, membre du Conseil Tribal Havasupai, s’est exprimée au nom de tout le Conseil Tribal pour soutenir la résolution et un arrêté municipal: “Depuis plus de 40 ans, la Tribu Havasupai a systématiquement utilisé tous les moyens possibles pour s’opposer à l’extraction d’uranium sur le Plateau du Colorado. Nous considérons l’extraction d’uranium et de métaux lourds dans notre région comme une menace pour notre eau, notre territoire, nos sites sacrés, et notre survie même en tant que peuple.”

Watahomigie-Corliss dit qu’elle était parfaitement consciente des inquiétudes du Conseil Municipal de Flagstaff quant à des conflits possibles avec la loi fédérale, si un arrêté était adopté, [mais] “c’est aussi du pouvoir que d’essayer de créer un précédent en faveur des citoyens, dans un mouvement positif qui durera pendant des générations après la fin de votre mandat.” Watahomigie-Corliss a aussi parlé des inquiétudes causées par l’annonce récente du gouvernement Trump, envisageant d’annuler un moratoire de 2012 sur de nouvelles mines d’uranium autour du Grand Canyon. “Cela rend notre coopération d’autant plus urgente. Nous nous considérons tous chez nous sur ce territoire et nous devons nous unir pour protéger les citoyens et l’environnement des effets nocifs de l’extraction d’uranium.”

Canyon Mine est située près de Red Butte, une montagne sacrée et une Propriété Culturelle Traditionnelle de la Nation Havasupai. La Nation Havasupai a poursuivi en justice le Service des Forêts des Etats-Unis pour ne pas avoir effectué de consultation effective à propos de Canyon Mine, dans sa Déclaration d’Impact Environnemental de 1986. Une décision de la Cour d’Appel du 9ème Circuit pourrait tomber d’un jour à l’autre.

Milton Tso, Président du Chapitre de Cameron, dans la Nation Diné, a mis la menace de l’uranium en perspective, étant donné que sa communauté compte plus de 100 mines d’uranium abandonnées. Pendant qu’il s’adressait aux conseillers de Flagstaff, son fils brandissait des photos de pancartes prévenant des dangers de l’exposition à la radioactivité. “C’est notre réalité, à Cameron. Ces pancartes se trouvent près d’habitations, près d’enfants. Si ça passe par Flagstaff, ça passera dans ma ville. Nous ne sommes pas seulement contre l’extraction d’uranium, mais contre tout type d’activités minières qui détruit notre eau, et pour beaucoup d’entre nous, nous sommes touchés personnellement par l’uranium. J’ai un grand-père en train de mourir lentement, il était mineur, et ils n’avaient pas été instruits sur les dangers de l’uranium. Donc, ça me touche personnellement, ainsi que ma petite sœur ici présente, qui va avoir un bébé. Ils habitent juste sous cette pancarte. Le danger n’est pas de savoir si un accident va arriver, mais quand. Dans ma ville, nous sommes mal préparés pour quelque chose de ce genre. Nous n’avons pas eu d’instructions sur le nettoyage des fuites importantes. Nous avons toujours des puits ouverts autour de ma ville. Nous avons perdu beaucoup de parents morts de cancers, beaucoup de gens de la région de Cameron ont des cancers à cause des mines. C’est là, et on nous ignore. Je vous en prie, prenez position et combattez ça” dit Tso.

Wenona Benally, membre de la Chambre des Représentants d’Arizona, District 7, a assisté à la réunion et s’est engagée à soutenir l’impulsion du Conseil Municipal de Flagstaff pour prévenir l’extraction et le transport d’uranium, au niveau de l’état et au niveau fédéral.

Wenona Benally déclara “Ce soir, la Sénatrice de l’état Jamescita Peshlakai, le Représentant de l’état Eric Descheenie et moi-même avons publié une déclaration écrite au Conseil Municipal de Flagstaff, soutenant l’adoption de la Résolution No. 2017-38, qui s’oppose au transport de minerai d’uranium par la ville de Flagstaff et les territoires Autochtones. Notre district est malheureusement connu pour son héritage empoisonné de l’extraction d’uranium. Nous remercions la Ville de Flagstaff d’adopter cette résolution et d’accepter de se joindre à nous pour arrêter le cycle mortel qui a ravi des vies dans notre peuple et détruit nos communautés.”

Juste avant que la résolution ne soit soumise au vote, le Maire de Flagstaff, Coral Evans dit “Je veux parler de l’aspect constitutionnel et légal de ceci. Dans sa ‘Lettre de la Prison de Birmingham’, le Dr. King parle de ce qu’il appelle des lois justes et injustes. Je voudrais dire que dans ce pays, historiquement, nous avons vu plusieurs lois changer ou être abolies, au cours des temps, parce que nous, le peuple, avons jugé qu’elles étaient injustes.”

“L’héritage des mines d’uranium dans le Nord de l’Arizona est injuste. Je crois que cela a été clairement démontré par les routes que prend ce minerai… [et] clairement démontré par le taux de cancer et les morts par cancer chez le Peuple Autochtone de notre région.

“Nous avons des voisins Autochtones qui se sont battus et ont demandé de remédier à ce problème depuis des décennies, depuis des générations. Et ils nous demandent, en tant que principale ville du Nord de l’Arizona, de les aider.”

La Conseillère Celia Barotz s’apprêtait à voter et était secondée par la Conseillère Eva Putzova. Celia Barotz déclara: “Avant de passer au vote de la résolution, je veux rappeler à tous que ce n’est qu’un début et que nous allons avoir besoin de vous tous pour nous aider à tous les stades des diverses procédures, au niveau de l’état et au niveau fédéral, si nous voulons réaliser des changements significatifs au cours des prochaines années. Le conseil municipal ne peut certainement pas le faire seul, je vous invite donc tous à rester engagés, ceci n’est qu’un début.”

Après le vote, Eva Putzova fit la déclaration suivante: “Avec cette résolution, le Conseil Municipal rejoint les communautés Autochtones dans leur combat pour la justice sociale et environnementale. Je suis impatiente de travailler avec notre représentant au Congrès et les représentants de l’état à une législation qui interdirait pour de bon l’extraction d’uranium et le transport du minerai.”

Après le vote en faveur de la résolution, un tonnerre d’applaudissements éclata dans la foule.

Haul No! a réussi à obtenir des résolutions s’opposant au transport de minerai dans des communautés Diné comme Cameron, Coal Mine, Oljato, Monument Valley, Kayenta, l’Agence Navajo de l’Ouest, et des Tribus Hualapai et Havasupai.

Flagstaff est la première communauté hors réserves à adopter une résolution et pourrait être la première communauté à prendre un arrêté municipal défiant l’autorité fédérale sur le transport d’uranium de Canyon Mine.

 

Pour plus d’informations (en anglais): https://www.haulno.org/

 

 

 

Tournée d’information et d’action pour empêcher l’ouverture de la Mine du Canyon, projetée pour le printemps 2017

 

Article original sur www.HaulNo.org
Egalement publié par Indigenous Action Media
15 décembre 2016
Traduction Christine Prat

 

Grand Canyon, Arizona – La firme Energy Fuels Inc. a le projet d’empoisonner le Grand Canyon, y compris le précieux Fleuve Colorado. Allons-nous laisser empoisonner notre avenir pour des milliers de générations par cette entreprise avide de gains ? Nous disons « Haul no! [Non au transport!] »

#HaulNo! est une tournée d’information et d’action prévue pour le printemps 2017 dans tout le nord de l’Arizona et le sud de l’Utah, le long du futur trajet de transport d’uranium de la Mine du Canyon d’Energy Fuel à son usine de retraitement de White Mesa. Des bénévoles d’organisations comme Diné No Nukes, Clean Up The Mines, Grand Canyon Trust, et des membres de la communauté concernés se sont alliés pour diffuser l’information et permettre l’action pour s’assurer que le Grand Canyon, les sites sacrés, l’eau si précieuse et nos communautés soient protégés de la menace mortelle de la contamination de l’uranium.

La Mine du Canyon [Canyon Mine]

En dépit des poursuites en justice de la Nation Havasupai et de groupes écologistes, concernant les sites sacrés et les violations de la Loi Nationale sur la Protection de l’Environnement [NEPA], la compagnie Energy Fuels Inc., domiciliée au Canada, fore pour trouver du minerai d’uranium à seulement 10 km de la Rive Sud du Grand Canyon.

Actuellement, les avocats de la Nation Havasupai et des groupes écologistes se battent devant les juges fédéraux à San Francisco, pour essayer d’empêcher les activités de la Mine du Canyon de la compagnie, située dans la Forêt Nationale de Kaibab. Si le tribunal n’empêche pas la compagnie d’extraire du minerai d’uranium de la Mine du Canyon, on peut s’attendre à ce que 25 camions, transportant chacun 30 tonnes de minerai hautement radioactif par jour, passent sur les petites routes et les autoroutes d’Arizona. Le minerai passerait par des villes comme Valle, Williams et Flagstaff; et par des communautés de la Réserve Navajo comme Cameron, Tuba City et Kayenta; près de la Réserve Hopi; et finalement arriverait à l’usine d’Energy Fuels sur White Mesa, à peine 5 km de la communauté tribale Ute de Ute Mountain de White Mesa, en Utah.

La Mine du Canyon est située dans un périmètre de plus de 400 km², où les activités minières ont été interdites en 2012 pour protéger le bassin hydrologique du Grand Canyon de milliers de nouveaux permis d’exploiter des mines d’uranium. Ce moratoire de 20 ans pourrait devenir permanent par une proposition de loi visant à établir le Greater Grand Canyon Heritage National Monument [faire de la région du Grand Canyon un Monument National du Patrimoine]. Cependant, ni le moratoire ni la proposition de loi pour un Monument National n’empêchent les mines d’uranium existantes, comme la Mine du Canyon, de fonctionner.

Le trajet de transport couvre au total 480 km. Il s’agit du transport d’environs 700 000 kilos de minerai d’uranium hautement radioactif par jour sur deux cours d’eau importants et sur 290 km dans la Nation Navajo. Cette région de la Nation Navajo a déjà été dévastée par 523 mines d’uranium abandonnées, et 22 puits ont dû être fermés par l’Agence de Protection de l’Environnement à cause du haut niveau de radioactivité.

Bien que la Nation Navajo ait interdit l’extraction et le retraitement de l’uranium depuis 2005, rien n’empêche le transport de ce matériau dangereux sur les routes d’état et fédérales qui traversent la Nation Navajo.

Il n’y a pratiquement rien qui protège nos communautés et nos terres le long du trajet du transport, à part des bâches goudronnées attachées par des cordes qui couvrent le minerai radioactif, et l’espoir que les chauffeurs de la compagnie sont capables d’éviter des accidents. Comme il a été prouvé en 1987, par deux accidents différents de camions de transport qui ont renversé du minerai sur des autoroutes dans la Réserve Navajo, les accidents sont imprévisibles et dangereux.

La poussière radioactive s’échappe inévitablement des mines d’uranium et des camions de transport. Quand les gens respirent ou ingèrent des particules radioactives, ces particules peuvent rester dans les poumons ou d’autres organes vitaux, et dans la circulation sanguine pour des semaines ou des années. Ceci peut causer des cancers du poumon, des maladies rénales, endommager les tissus et autres maladies.

Sites Sacrés et Eau Précieuse

La Mine du Canyon est située juste à côté de Red Butte, une montagne sacrée et une Propriété Culturelle Traditionnelle du peuple Havasupai. Le site sacré a également une signification culturelle pour les Nations Diné (Navajo) et Hopi, et beaucoup d’autres tribus de la région.

En 1986, le Service des Forêts des Etats-Unis n’a pas consulté la Tribu Havasupai comme il aurait dû le faire, avant d’approuver le forage de la Mine du Canyon. La compagnie opère actuellement selon un Plan d’Opérations et une Etude Environnementale, approuvés dans les années 1980; cependant, la mine a été fermée depuis 1992.

En plus, un quart de siècle plus tard, le Service des Forêts a autorisé la réouverture de la mine selon une Déclaration d’Impact Environnemental et un permis de forer datant de 1986. Le Service a refusé de faire une mise à jour de la Déclaration d’Impact, en dépit de nouvelles informations découvertes au cours des trente dernières années.

Carletta Tilousi, membre du conseil Havasupai déclare: « Nous sommes la communauté la plus touchée sur la ligne de front de cette pollution et nous n’avons jamais obtenu l’occasion de faire des commentaires, je pense que c’est tout à fait anormal. Notre site le plus sacré, notre montagne sacrée la plus spéciale, nous a été retiré et a été totalement pollué. Nous ne pouvons plus nous y rendre et y tenir les cérémonies que nous pratiquions depuis des siècles. Nous ne pouvons plus y cueillir la sauge et le cèdre et les brûler. »

C. Tilousi dit aussi: « La Mine du Canyon ne menace pas seulement les Havasupai et leur territoire, mais potentiellement tous les utilisateurs du Fleuve Colorado en aval, y compris Las Vegas et Los Angeles. Les membres de la Tribu Havasupai, gardiens du Grand Canyon, sont attaqués et demandent votre soutien et vos prières pour protéger le Grand Canyon de l’extraction d’uranium, utilisé dans les réacteurs nucléaires, pour le bénéfice des Etats-Unis et de l’industrie nucléaire mourante. »

Il est estimé que 40 millions de gens dépendent de l’eau du Fleuve Colorado qui coule à travers du Grand Canyon. Les mines d’uranium menacent les réserves d’eau rares et précieuses de la région aride du Grand Canyon. Déjà, 20 suintements et sources de la région du Grand Canyon présentent des concentrations d’uranium dissout dépassant les normes de sécurité pour l’eau potable, à cause de l’extraction d’uranium du passé. La Mine du Canyon menace d’aggraver ces conséquences, et les trajets de transport passent au dessus de deux affluents majeurs du Fleuve Colorado, la Rivière San Juan et le Petit Colorado.

L’usine de retraitement de White Mesa

Le minerai de la Mine du Canyon sera retraité dans l’usine de White Mesa, qui est la seule usine de retraitement conventionnelle aux Etats-Unis. Energy Fuels Inc. possède et gère l’usine et la majorité des mines d’uranium dans la région du Grand Canyon.

L’usine menace les communautés voisines. Elle se trouve à près de 5 km de la communauté de White Mesa de la tribu Ute de Ute Mountain et à 10 km au sud de Blanding, Utah. Tous les déchets radioactifs résultant du retraitement sont jetés sur le site, dans des ‘enfouissements’ radioactifs qui occupent un peu plus d’1 km² à côté de l’usine.

L’usine émet aussi des polluants radioactifs, entre autres du radon et du thoron (sous forme de gaz), de l’anhydride sulfureux et des oxydes d’azote (sous forme de particules). Energy Fuels a entassé des matériaux radioactifs qui ne sont pas suffisamment protégés et peuvent être disséminés par le vent hors du site.

L’usine a été construite sur des terres ancestrales sacrées de la Tribu Ute de Ute Mountain. Plus de 200 sites rares et importants sont situés sur le terrain de l’usine. Il y a des sites funéraires, des grandes kivas, des maisons semi-souterraines, des entrepôts souterrains et des objets archéologiques. Quand l’usine et ses enfouissements de déchets ont été construits, plusieurs sites culturels importants ont été complètement détruits et la Tribu Ute de Ute Mountain n’a jamais été consultée.

Haul No! [Transport Jamais!]

Haul No! a pour but d’informer, de construire et de soutenir la résistance à la Mine du Canyon, à l’usine de White Mesa et au transport d’uranium dans nos communautés. Nous projetons d’organiser la tournée au printemps 2017, partant de White Mesa, allant le long du trajet de transport de la Mine du Canyon, s’arrêtant dans les communautés Autochtones touchées et dans les villes du nord de l’Arizona comme Flagstaff, et bouclant la tournée à Red Butte. Nos buts sont: de répandre l’information et faire prendre conscience, et de mettre en œuvre #StopCanyonMine.

Les Communautés se soulèvent déjà!

Le 11 décembre 2016, le Chapitre d’Oljato, dans la Nation Navajo, a voté par 68 vois contre 0, contre le projet de transport du minerai hautement radioactif de la Mine du Canyon. Les représentants officiels du Chapitre ont aussi demandé au Conseil de la Nation Navajo d’imposer son interdiction du transport de minerai d’uranium dans la Réserve Navajo, y compris sur les routes d’état. Oljato, en Arizona, et les communautés aux alentours ont été affligées par des décennies d’extraction d’uranium, qui ont causé de graves problèmes de santé aux mineurs Diné (Navajo) et à leurs familles.

« Nous avons perdu beaucoup de mineurs [et d’autres] de maladies causées par les radiations de l’uranium, et aussi des enfants. Nous soutenons le conseil tribal Havasupai dans son opposition aux permis d’extraction, parce que ça va profaner leurs terres sacrées et endommager leurs réserves d’eau » dit J.F. Adakai, Président du Chapitre d’Oljato.

Milton Tso est le Président du Chapitre de Cameron, en Arizona, une communauté directement sur la route du transport de la Mine du Canyon, et une région où des dizaines de mines d’uranium abandonnées ont déjà empoisonné le sol, l’air et l’eau. M. Tso déclare: « Notre Mère la Terre est très précieuse; tout être vivant dépend d’elle. L’uranium appartient à notre Mère. Çà lui appartient et c’est où ça devrait rester. Nous allons avoir une bataille, je vous garantie que nous allons avoir une bataille, de ma part et de tous les autres si ce truc commence à venir dans notre direction. »

Ensemble, nous pouvons fermer la Mine du Canyon et protéger notre environnement, nos sites sacrés, et nous assurer d’avoir de l’eau potable pour les générations futures.

 

Nous avons besoin de votre aide

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. Engagez vous à soutenir la résistance à la Mine du Canyon et au transport de minerai radioactif dans nos communautés.
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Déclaration de Klee Benally publiée sur Censored News le 14 décembre 2016:

La Nation Havasupai et des groupes écologistes devant des juges fédéraux à San Francisco, Californie, pour protéger le Grand Canyon, les sites sacrés et l’eau précieuse de la pollution de l’extraction d’uranium

Par Klee Benally, Diné

Aujourd’hui, des avocats de la Nation Havasupai et de groupes écologistes interviennent devant des juges fédéraux, à San Francisco, Californie, pour essayer de protéger le Grand Canyon, des sites sacrés et l’eau si précieuse de la pollution par des mines d’uranium.
Si la Mine du Canyon d’Energy Fuel n’est pas fermée, des millions de tonnes de minerai hautement radioactif seront transportés sur des centaines de kilomètres, par le nord de l’Arizona, jusqu’à l’usine de White Mesa, en Utah.
Laisserons-nous notre avenir être contaminé pour des milliers de générations par cette entreprise avide de profits? Nous disons « Haul no! »

Rejoignez-nous et engagez-vous à résister à Canyon Mine.
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Publié par Indigenous Action Media
6 novembre 2013
See original article in English
Traduction Christine Prat

 

Grand Canyon, Arizona – D’après un communiqué de presse publié par le Sierra Club, Energy Fuels Resources, Inc. a « décidé de placer la [Mine du Canyon] sous statut non opérationnel mardi ». L’arrêt devrait durer jusqu’à la décision de la Cour en décembre 2014.

La Mine du Canyon (Canyon Mine) représentait une grave menace pour Red Butte, un site considéré comme sacré par la Nation Havasupai.

 

Voir articles précédents:

LA TRIBU HAVASUPAI ET DES GROUPES DE PROTECTION DE LA NATURE ATTAQUENT EN JUSTICE LA MINE D’URANIUM QUI MENACE LE GRAND CANYON DU COLORADO, 7 mars 2013

L’exploitation de l’uranium Commence près du Grand Canyon, par Klee Benally, mars 2010

 

Ci-dessous, le communiqué intégral du Sierra Club:

Pour publication immédiate, 6 novembre 2013

Contacts :
Roger Clark, Grand Canyon Trust, (928) 890-7515
Robin Silver, Center for Biological Diversity, (602) 799-3275
Sandy Bahr, Sierra Club, (602) 253-8633

 

La Mine ‘Zombie’ du Grand Canyon arrêtée

PARC NATIONAL DU GRAND CANYON – Pour la seconde fois au cours de nombreuses décennies, les opérations d’ouverture de la mine d’uranium du Canyon, à une dizaine de km au sud du Parc National du Grand Canyon, ont été suspendues. La Tribu Havasupai, qui avait déjà par le passé engagé des poursuites contre la mine, et des groupes pour la conservation du site s’efforcent d’arrêter le développement de cette mine à cause des dégâts potentiels pour les eaux et la vie sauvage dans le Grand Canyon, ainsi qu’à des ressources culturelles.

Suite à un accord avec la Tribu Havasupai et les groupes de protection, et citant des « raisons économiques », Energy Fuels Resources, Inc. a décidé mardi de placer la mine sous un statut non opérationnel. Les prix de l’uranium ont baissé pendant les trois derniers mois au niveau le plus bas depuis cinq ans. La mine avait déjà été arrêtée en 1992, après que les prix de l’uranium soient tombés à un niveau exceptionnellement bas. La compagnie a repris les opérations de fonçage de puits au début de 2013 ; la présente interruption doit durer au moins jusqu’à ce qu’une décision de justice soit prise ou jusqu’au 31 décembre 2014.

« La Mine du Canyon fait courir des risques de dégâts irréversibles pour les Havasupai et l’eau du Grand Canyon, la vie sauvage, le tourisme et l’économie, donc cette fermeture est une très bonne nouvelle » dit Roger Clark, du Grand Canyon Trust. « La fermeture est temporaire. Suivant la politique actuelle, les administrations fédérales autoriseront cette mine tout comme d’autres ‘mines zombies’ de la région à rouvrir l’année prochaine, ou dans 10 ou 20 ans sans nouvelle étude environnementale ou réparation. Çà doit changer ».

La Tribu Havasupai et les groupes de protection ont poursuivi le Service des Forêts des Etats-Unis pour sa décision de 2012 d’autoriser la mine controversée à ouvrir sans les consultations préalables requises avec les tribus et sans mettre à jour le rapport environnemental fédéral de 1986. La mine est située dans les limites de la Propriété Culturelle Traditionnelle de Red Butte, que le Service des Forêts a classée en 2010 pour son importance religieuse et culturelle pour les tribus, spécialement les Havasupai. Elle menace des valeurs culturelles, la vie sauvage, et l’eau, y compris les nappes aquifères qui alimente les cascades du Grand Canyon.

La procédure en cours accuse le Service des Forêts d’enfreindre la Loi Nationale sur la Préservation Historique, pour n’avoir pas consulté la Tribu Havasupai pour déterminer si les impacts de la mine sur Red Butte pouvaient être évités avant d’approuver l’exploitation minière. Elle suppute également des infractions à la Loi Nationale sur la Politique Environnementale pour n’avoir pas analysé les nouvelles circonstances et découvertes scientifiques depuis le rapport dépassé de 1986 sur l’impact environnemental. Ces circonstances incluent la désignation de Red Butte comme Propriété Culturelle Traditionnelle, la réintroduction du condor de Californie menacé et de nouvelles découvertes scientifiques montrant que l’extraction d’uranium pourrait contaminer des nappes aquifères profondes et les suintements et les ruisseaux du Grand Canyon.

« Il est clair depuis des années que le public ne veut pas d’exploitation d’uranium autour du Grand Canyon. Maintenant que l’activité de cette mine est à l’arrêt, le Service des Forêts a une nouvelle occasion de faire ce qu’il faut : protéger les gens, la vie sauvage et ce paysage incroyable de l’exploitation minière à l’échelle industrielle et de toute la pollution et destruction qui l’accompagnent » dit Robin Silver du Centre pour la Diversité Biologique.

La mine se trouve dans le périmètre de la zone de « retrait minier » approuvée par le gouvernement Obama en janvier 2012 pour protéger la ligne de partage des eaux du Grand Canyon des impacts d’une nouvelle exploitation de mines d’uranium. Le ‘retrait’ interdit de nouvelles concessions minières et l’exploitation de vieilles concessions n’ayant pas de « droits valables existants » d’exploiter. En avril 2012, le Service des Forêts a déterminé qu’il y avait des droits valables existants pour la Mine du Canyon et a publié en juin un rapport justifiant sa décision d’autoriser l’ouverture de la mine sans mettre à jour le rapport environnemental vieux de 27 ans.

« Il est temps de fermer cette mine de façon permanente » dit Sandy Bahr, directrice du Sierra Club du district du Grand Canyon. « C’était une mauvaise idée il y a 27 ans quand la déclaration d’impact environnemental dépassée a été émise, c’est une mauvaise idée aujourd’hui, et ce sera très certainement une mauvaise idée demain. Maintenant, nous en savons encore plus sur la menace que la Mine du Canyon fait peser sur l’eau, la vie sauvage et les ressources culturelles du Grand Canyon ».

Les requérants dans l’affaire sont la Tribu Havasupai, le Grand Canyon Trust, le Centre pour la Diversité Biologique et le Sierra Club.

 

Historique

La Mine du Canyon est située dans la Forêt Nationale de Kaibab, à une dizaine de kilomètres au sud du Parc National du Grand Canyon. L’approbation initiale de la mine en 1986 a fait l’objet de protestations et de poursuites judiciaires de la part de la Tribu Havasupai et d’autres objectant les impacts potentiels de l’exploitation d’uranium pour les eaux souterraines de la région, les sources, les ruisseaux, les écosystèmes et les valeurs culturelles attachées à Red Butte.

L’infrastructure au sol a été construite au début des années 90, mais l’effondrement des prix de l’uranium a entraîné la fermeture de la mine avant que les puits aient été creusés. Des forages d’exploration ont drainé l’eau souterraine sous le site de la mine, éliminant selon les estimations 40 millions de litres d’eau par an des sources de la région alimentées par les eaux souterraines. En 2010, un rapport de l’US Geological Survey a noté que des échantillons d’eau souterraine sous la mine présentaient des concentrations d’uranium dissout supérieures aux normes pour l’eau potable. Les eaux souterraines menacées par la mine alimentent des puits municipaux et des eaux de suintement et des sources dans le Grand Canyon, entre autres les Sources Havasu et le ruisseau Havasu. Les Permis de Protection de la Nappe Aquifère délivrés pour la mine par l’ADEQ, Service de la Qualité de l’Environnement d’Arizona, n’exigent pas la surveillance des nappes aquifères profondes et ne comprennent pas de plan ou d’exigence pour remédier à la contamination des nappes aquifères profondes.

La mine, à l’origine propriété d’Energy Fuels Nuclear, a été achetée par Denison Mines en 1997 et par Energy Fuels Resources Inc., l’actuel propriétaire, en 2012. Energy Fuels a géré la mine depuis avril 2013, procédant au fonçage du puits et préparant la mine pour l’extraction du minerai d’uranium.

Le Grand Canyon Trust est une organisation de conservation protégeant et réhabilitant le Plateau du Colorado.

Le Sierra Club est une organisation de conservation de 2.1 millions de membres et supporters dans tous le pays et des districts dans chaque état, dont le district du Grand Canyon en Arizona. La mission du Sierra Club est d’explorer, apprécier et protéger les zones sauvages de la planète.

Le Centre pour la Diversité Biologique est une ONG nationale de plus de 625 000 membres qui se consacre à la protection des espèces menacées et des endroits sauvages.

 

 

GRAND CANYON, ARIZONA : LA COUR D’APPEL DU 9ÈME CIRCUIT DECIDE EN FAVEUR DE LA MINE D’URANIUM, CONTRE LES AUTOCHTONES ET LES PROTECTEURS DE LA NATURE

Christine Prat

 

Le 4 février 2013, la Cour d’Appel du 9ième Circuit s’est prononcée pour l’autorisation de l’exploitation de la mine d’uranium Arizona 1 par la compagnie Denison Mines, et contre la plainte déposée conjointement par le Centre pour la Diversité Biologique, le Grand Canyon Trust, le Sierra Club, la Bande d’Indiens Paiutes de Kaibab et la Tribu Havasupai contre le Ministre de l’Intérieur Ken Salazar, le Bureau de Gestion du Territoire [Bureau of Land Management] et la firme Denison Mines.

La controverse remonte à 1984, lorsque la compagnie Energy Fuels Nuclear, Inc. a déposé une demande d’exploration des concessions minières qu’elle avait acquises dans le Comté de Mohave, demande approuvée par le Bureau fédéral de Gestion du Territoire [U.S. Bureau of Land Management – BLM]. En 1988 Energy Fuels a déposé une demande d’autorisation pour exploiter la mine Arizona 1, demande approuvée le 9 mai de la même année par le BLM, après une « étude détaillée » supposée indiquer que l’exploitation de cette mine n’aurait pas d’effets significatifs sur la qualité de l’environnement et que le plan d’opérations était conforme aux règlements de l’époque. En 1992, suite à une baisse vertigineuse du prix de l’uranium, Energy Fuels a cessé d’exploiter la mine. En mai 1997, la mine a été vendue à International Uranium Corporation, USA, qui n’a pas repris l’exploitation. En 2007, International Uranium a fusionné avec Denison Mines (compagnie Canadienne, comme il se doit). D’après la Cour, les diverses compagnies ont pendant tout ce temps entretenu les bâtiments, payé les impôts et les primes d’assurance, etc. conformément à la loi et lorsque Denison a annoncé son intention de reprendre l’exploitation de la mine en 2007, la compagnie s’est acquittée de diverses obligations prévues par la loi.

Cependant, les opposants à la mine ont objecté que le plan d’opération et l’étude d’impact environnemental n’ont pas été revus depuis 1988 et peuvent très bien être totalement dépassés. Ils ont donc déposé une première plainte en novembre 2009. Depuis, les batailles juridiques ont continué.

Début janvier 2012, les adversaires de la mine ont cru pouvoir crier victoire : le gouvernement fédéral avait décidé d’interdire l’exploitation de mines d’uranium dans une zone d’environs 400 000 hectares autour du Grand Canyon. Mais quelques mois plus tard, il s’est avéré que la mine Arizona 1 pouvait être à nouveau exploitée. Elle est située à 10,4 km de la limite du Parc National du Grand Canyon !

Dans sa décision du 4 février 2013, la Cour n’invoque que des arguments purement légaux. La décision ne tient pas compte des nouvelles inquiétudes et connaissances concernant la pollution, le changement climatique, etc. qui se sont beaucoup développées depuis 1988, affirmant seulement que la loi n’oblige pas à effectuer une nouvelle étude d’impact environnemental.

RedButte1

Outre la proximité du Parc National du Grand Canyon, patrimoine de l’humanité, merveille du monde, etc., la mine n’est pas loin non plus de Red Butte, site sacré des Havasupai. La forêt de Kaibab est aussi classée Forêt Nationale (donc le Service des Forêts – toujours lui – a du aussi donner son accord !)

 

 

Source :
https://docs.google.com/viewer?url=https://media.azpm.org/master/document/2013/2/4/pdf/11-17843.pdf
(reproduction de la décision de la Cour, 14 pages, pdf)

Voir aussi:
Article du 9 janvier 2012
Article de Klee Benally de mars 2010, en Français, in English