ILPDC, 15 août 2017

Nos salutations, Amis, Famille et Camarades,

Une bonne nouvelle sur le front médical: Leonard a sa chaise roulante et a plus de mobilité pour aller à diverses activités, comme le cours d’informatique et la salle d’art. Il veut remercier son avocat et son Comité pour leur aide à obtenir la chaise, mais Leonard sait que la vraie bataille sera d’obtenir une nouvelle hanche, afin de ne plus souffrir ni d’avoir besoin de chaise roulante.

Nous avons aussi reçu un superbe don pour le fond légal, et les amis qui l’ont envoyé sont prêts à ajouter les fonds nécessaires jusqu’à 5000 dollars, ce qui sera une aide énorme pour la nouvelle recherche et le but que l’avocat de Leonard veut fixer. Donc, il n’y a pas de montant trop faible pour faire l’appoint. Si vous utilisez PayPal, indiquez simplement le Fond Légal, et nous vous ferons savoir comment ça se déroule dans la prochaine lettre.

J’espère que vous avez tous vu la pub pour le concert qui aura lieu à Tulsa, Oklahoma, le 6 novembre. Vous pouvez voir les détails du concert sur www.doksha.com . Ce sera magnifique de voir ces merveilleux musiciens jouer pour nous aider à lever des fonds et faire prendre conscience de la lutte de Leonard.

Pour tous les soutiens qui ont demandé le t-shirt rouge de Leonard, nous les aurons le 22 août. Si vous avez une commande en attente, elle sera honorée en premier. Ça veut dire que nous l’avons dans toutes les tailles de S à 5X. Je surveillerai votre commande.

Ne voulant pas oublier les amateurs d’art, Kari Ann fait une vente spéciale du tableau Horse Doctor. S.v.p. envoyez un email pour toute question à info@peltierart.com .

Notre Respect et nos Remerciements,

Paulette et Kari Ann

 

MESSAGE DE LEONARD (sur le site www.doksha.com)

Mes salutations, amis, soutiens et personnes concernées par les injustices.

Une amie proche, Connie Nelson, a collaboré avec le vétéran de l’industrie de la musique Johnny Buschardt et l’ILPDC pour lever des fonds afin de payer une équipe de juristes pour me représenter dans diverses procédures légales que j’espère déposer pour obtenir le traitement médical dont j’ai un besoin urgent, et pour essayer de rentrer chez moi. Selon la loi, j’ai fait le temps que je devais faire, ainsi que le minimum requis par la loi quand j’ai été incarcéré – bien que je n’aie jamais commis le crime.

Nous vous demandons de nous aider en participant à un grand concert à Tulsa, Oklahoma. La date sera le 6 novembre et l’affiche est extraordinaire. Nous espérons que vous pourrez nous y rejoindre.

Je sais que je serai plus que reconnaissant, et les Autochtones le seront aussi, vu qu’ils sont prêts à tout essayer pour me faire rentrer chez nous.

Merci, dans l’Esprit de Crazy Horse.

Doksha!

Leonard Peltier

 

Liste des artistes devant participer au concert: http://www.doksha.com/artists

 

 

JEAN ROACH, LAKOTA: LES PROTECTEURS DE L’EAU DEMANDENT LA GRACE DE LEONARD PELTIER

Publié sur Censored News
Le 9 janvier 2017
Traduction Christine Prat

Chers Protecteurs de l’Eau, Parents et Amis,

Permettez-moi de me présenter, je m’appelle Jean Roach, Lakota Mniconjou de la Tribu Sioux de Cheyenne River. Je suis membre du conseil d’administration du Comité International de Défense-Offense de Leonard Peltier (ILPDOC). Je suis aussi une survivante de l’ « Echange de tirs à Oglala en 1975 ». Je me suis présentée à de nombreux représentants qui sont allés à Standing Rock pour soutenir notre combat contre le Pipeline Dakota Access (DAPL).

Il y a beaucoup de Supporters de Leonard Peltier à Standing Rock, au camp appelé Oceti Sakowin. Nous soutenons Leonard Peltier en tant que « Prisonnier Politique », ainsi que sa demande de Grâce Présidentielle, de Justice et de Liberté.

Nous demandons à tous les Protecteurs de l’Eau et leurs alliés de soutenir le COMBAT contre l’oléoduc Dakota Access (DAPL), d’envoyer des résolutions tribales ou des lettres de soutien au Président Obama. Nous avons plusieurs résolutions et des lettres de soutien de la Tribu Sioux de Standing Rock, de la Tribu Sioux Oglala, de la Bande Chippewa de Turtle Mountain, de la Tribu de Spirit Lake, des Sioux Yankton, des Sioux de Crow Creek et de beaucoup d’autres, mais il est urgent d’en rassembler le plus possible!

De nombreux Protecteurs de l’Eau ont été témoins de la destruction de nos sites sacrés par DAPL. Vingt-six sites funéraires ancestraux et de nombreux autels ont été profanés par leurs bulldozers. Il y a de nombreuses effigies le long du Fleuve Missouri, mais une zone est dédiée aux GUERRIERS!! C’est cette zone qui est appelée « Pas de Guerriers Abandonnés ». Ce site sacré est celui où nous nous souvenons de Leonard Peltier et l’honorons. Il est emprisonné depuis plus de quarante ans comme « Prisonnier Politique » pour ses convictions en tant que guerrier protégeant Unci Maka (Notre Mère la Terre) de la destruction.

 

 

Depuis des générations, les Nations Oceti Sakowin (Conseil des Sept Feux) et leurs alliés ont été et sont encore attaqués par les colonisateurs, qui sont aussi bien les compagnies privées que les politiques gouvernementales. Par le passé, les Nations tribales ont combattu le Chemin de Fer, les compagnies Minières, le gouvernement fédéral des Etats-Unis et leurs représentants, pour la terre et les ressources naturelles qui nous avaient été promises par des Traités.

Aujourd’hui, nous continuons toujours la même bataille coloniale, mais maintenant c’est contre une entreprise à un milliard de dollars, DAPL, ses vigiles et les officiels des Etats-Unis qui continuent à violer ces traités pour voler la terre. Dans le cas de Leonard Peltier, il y a plusieurs violations des traités, parmi lesquelles la question de la juridiction et les transferts illégaux de territoires utilisés pour extraire de l’uranium. Comme « Prisonnier Politique », Leonard a subi un traitement inhumain en prison et on lui a dénié les soins médicaux de base. C’est pour ces raisons qu’Amnesty International l’a qualifié de Prisonnier Politique.

Le génocide de Nations a créé des actes criminels tels que s’en prendre à des gens ou des individus et les emprisonner sur la base de leurs vues politiques, et/ou par vengeance. Au cours du génocide permanent mené contre les Nations Autochtones, des Protecteurs de l’Eau ont été emprisonnés comme « Prisonniers Politiques », tout comme des représentants des médias, dans leur combat contre l’oléoduc. Plusieurs violations des droits humains et civils, et des traités ont été perpétrées contre eux! Le COMBAT est plus grand que l’oléoduc DAPL parce qu’il est associé à des générations d’attaques génocidaires contre le territoire et les ressources.

Comprendre le génocide et l’existence de prisonniers politiques comme Crazy Horse, Sitting Bull et Leonard Peltier, et leur combat pour la JUSTICE, demande d’y inclure le combat des années 1800 contre l’extraction d’or et le combat des années 1970 contre l’extraction d’uranium, toujours dans la région des Black Hills, en violation des deux Traités de Fort Laramie de 1851 et 1868. A la fin des années 1800, ils ont été ciblés pour leur participation à la Bataille de l’Herbe Grasse (Bataille de Little Big Horn) où le 7ème de Cavalerie a été éliminé. Beaucoup de guerriers ont souffert dans les prisons des Etats-Unis où ils étaient violemment battus et/ou assassinés.

Il y a des similitudes entre les Camps des Protecteurs et le Camp Oglala dans la manière dont ils ont été ciblés par des agresseurs qui utilisaient des stéréotypes et la désinformation pour justifier leurs pratiques illégales. DAPL a payé de nombreux agitateurs qui viennent dans les camps, causent des troubles et répandent des rumeurs. Il y en a un exemple dans les années 1970, quand le FBI dirigeait un programma appelé « cointelpro » dans le même but de perturbation et de désinformation. A la fin des années 1800, après le Massacre de Wounded Knee, les médias dominants l’appelaient « BATAILLE » de Wounded Knee et oubliaient de mentionner que les gens n’étaient PAS ARMES, et qu’il y avait des femmes, des enfants et des vieillards parmi ceux qui ont été massacrés. Après l’échange de tirs à Oglala, les médias ont appelé les gens qui vivaient là-bas « 30 Gorilles Bien Armés » et il s’est avéré qu’il s’agissait d’environs 10 adolescents et de 5 à 7 adultes. Aujourd’hui, les médias dominants parlent à peine des évènements concernant les Protecteurs de l’Eau et mettent en avant des histoires trompeuses sur des « disparitions de bétail près du camp », histoires révélées fausses et dont les auteurs se sont rétractés sur le tard. Les médias dominants ont servi d’armes du génocide, pour semer la confusion dans le public à propos des VRAIS problèmes.

La GUERRE Génocidaire contre les Nations Autochtones ne s’est jamais interrompue!! Ça arrive aujourd’hui et certains ne peuvent pas le comprendre parce que la colonisation les a aveuglés et qu’ils ont subi un lavage de cerveau! Une compréhension totale de l’importance vitale de libérer Leonard Peltier par une Grâce Présidentielle AIDERA à promouvoir le sens de la Justice et commencera à neutraliser un système judiciaire déséquilibré. Les Nations Unies ont soutenu la libération de Peltier en recommandant à Obama d’examiner son cas.

Aujourd’hui, Leonard Peltier a souffert plus de 40 ans en prison et a été incarcéré sur la base de ses convictions en tant que membre de l’American Indian Movement; pour sa participation à Wounded Knee 73, Oglala 75 et d’autres actions qui demandaient un traitement égal pour les Nations Autochtones. Leonard est un homme de 71 ans qui souffre de diabète et d’un anévrisme de l’aorte qui demande un traitement médical spécial. Nous pouvons aider Leonard à rentrer chez lui, dans sa famille, et rencontrer ses petits-enfants et d’autres membres de sa famille qu’il n’a jamais rencontrés.

Je vous prie d’écrire, d’envoyer des mails ou des messages sur Facebook, ou d’écrire une lettre de soutien à la demande de Grâce Présidentielle de Leonard, au Président Obama. Le temps est compté, quelques jours avant qu’Obama ne quitte sa fonction. Je vous prie d’envoyer des lettres au Président Obama et d’envoyer une copie de votre lettre de soutien au LPDOC à contact@whoisleonardpeltier.info

 

Mitayuye Oyasin

Jean Roach

 

 

3 janvier 2017
Kari Ann Boushee, Contact de la Famille et Codirectrice du Comité International de Défense de Leonard Peltier
contact@whoisleonarpeltier.info
Publié sur Censored News
Traduction Christine Prat

 

Le mois dernier, une lettre plaidant la clémence pour le prisonnier fédéral Leonard Peltier a été envoyée au Président Obama par l’ex Procureur des Etats-Unis, James H. Reynolds.

Tous ceux qui le soutiennent sont convaincus que l’activiste Autochtone Leonard Peltier a été injustement condamné en 1977 pour la mort de deux agents du FBI. Emprisonné depuis plus de 41 ans, Peltier a le soutien d’Amnesty International et d’autres organisations des droits de l’homme. Plus de 50 Membres du Congrès et d’autres – parmi lesquels le Juge Gerald Heaney (de la Cour d’Appel du 8ème Circuit) qui a siégé comme membre de la Cour lors de deux appels de Peltier – ont demandé sa libération immédiate.

Comme il l’indique dans sa lettre au Président Obama, M. Reynolds avait été nommé au poste de Procureur des Etats-Unis pour le District de l’Iowa, par l’ancien Président Jimmy Carter. Il était en poste en 1977, l’année où l’affaire de Leonard Peltier est passée en jugement, et il supervisait les procureurs, y compris l’Assistant Procureur des Etats-Unis Evan Hultman, lors du jugement et des appels. Plus tard, il a été nommé Procureur des Etats-Unis pour le Dakota du Sud.

Des Cours d’Appel ont reconnu à répétition des preuves de fautes du gouvernement dans l’affaire Peltier – entre autres, avoir fait de fausses déclarations à un tribunal Canadien pour obtenir l’extradition de M. Peltier aux Etats-Unis, et avoir forcé des témoins à mentir à l’audience. Un procureur fédéral a admis par deux fois que le gouvernement « ne pouvait pas prouver qui avait tiré sur ces agents. » Pour la Cour d’Appel du 8ème Circuit, « le FBI a utilisé des méthodes inappropriées pour s’assurer de l’extradition de Peltier du Canada et dans l’enquête et le jugement de l’affaire Peltier. » La Cour a conclu que le Gouvernement a dissimulé des preuves de la défense, favorables à Peltier, « ce qui met fortement en doute la position du Gouvernement », et que si ces preuves avaient été produites « il est possible qu’un jury aurait acquitté Leonard Peltier. » En 2003, les juges du 10ème Circuit ont déclaré: « Une bonne partie de la conduite du Gouvernement dans la Réserve de Pine Ridge et ses poursuites de M. Peltier est condamnable. Le Gouvernement a dissimulé des preuves. Il a intimidé des témoins. Ces faits sont indiscutables. »

Selon le Ministère de la Justice des Etats-Unis, de l’époque de la condamnation de Peltier en 1977 jusqu’au milieu des années 1990, la durée moyenne d’emprisonnement pour homicide aux Etats-Unis, avant une libération conditionnelle, allait de 94 à 99,8 mois (environs 8 ans). Selon les standards de l’époque de sa condamnation, Peltier aurait dû être libéré depuis longtemps. Selon les standards de 1977, il a subi l’équivalent de cinq condamnations à perpétuité. Mais, en violation de la Loi sur la Réforme des Condamnations de 1984 (et ses amendements), le Gouvernement a prolongé illégalement l’emprisonnement de Peltier. Entrée en application le 12 octobre 1984, la loi ordonnait des libérations conditionnelles pour tous les prisonniers de l’ « ancien système » au cours des cinq années suivantes, période au bout de laquelle (le 11 octobre 1989), la Commission des Libérations Conditionnelles cesserait d’exister. Après avoir techniquement cessé d’exister, la Commission a prétendu avoir besoin de plus de temps pour finir son travail. Inexplicablement, le Congrès a accordé plusieurs prolongations après coup. Ces prolongations étaient nulles selon la loi, et donc inapplicables, étant donné qu’à l’époque où elles ont été accordées, la Commission avait déjà été abolie.

De plus, en fixant sa date de libération, le Gouvernement n’a pas appliqué sa règle des 30 ans. Après 30 ans, toutes les condamnations doivent être confondues et le prisonnier libéré. Et en plus, le gouvernement n’a pas pris en considération le temps gagné par Peltier pour bonne conduite (20 ans, entretemps). Peltier a depuis longtemps droit à une libération sans conditions.

Reynolds dit dans sa lettre au Président Obama que la clémence est « … dans l’intérêt supérieur de la justice, considérant la totalité des questions impliquées. »

Agé de 71 ans et en mauvaise santé, Peltier a officiellement demandé la grâce le 17 février 2016, et attends la décision du Président Obama.

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Lettre du 21 décembre 2016, adressée au Président Obama

 

Ce que VOUS pouvez faire: demandez au Président Obama de libérer Leonard Peltier

Tél.: (00 1) 202-456-1111 ou (00 1) 202-456-1414
Email: http://www.whitehouse.gov/contact/submit-questions-and-comments
Facebook: https://www.facebook.com/whitehouse (ou https://m.me/whitehouse )
Twitter: President Obama @POTUS ou @WhiteHouse

International Leonard Peltier Defense Committee
Headquarters: 202 Harvard Drive SE, #5, Albuquerque, NM 87106
Tél.: (00 1) 505 217-3612
Courrier: PO Box 24, Hillsboro, OR 97123
www.whoisleonardpeltier.info

 

Publié par brendanorrell@gmail.com

 

LEONARD PELTIER APPELLE LA RADIO DE RESISTANCE SPIRITUELLE DE STANDING ROCK POUR SON 72ème ANNIVERSAIRE!

 

LPeltierCNArticle de Brenda Norrell
Publié sur Censored News
Enregistrement par Govinda
Radio de Résistance Spirituelle de Standing Rock
12 septembre 2016
Traduction Christine Prat

 

 

CANNON BALL, Dakota du Nord – Leonard Peltier a appelé la Radio de Résistance Spirituelle de Standing Rock de la prison de Coleman en Floride, pour son 72ème anniversaire

Peltier a dit que les gens de Standing Rock étaient des héros.
« Vous manifestez beaucoup d’amour, je vous admire. Je suis si fier de vous. Ça me donne des frissons d’y penser » dit Leonard Peltier à ceux qui campent à Standing Rock, pour défendre l’eau du Missouri et les sépultures ancestrales.
« Vous êtes des héros pour moi, vous êtes de vrais héros. Je ne pourrai jamais vous remercier assez. »

Peltier dit qu’il vivait les choses au jour le jour, et que c’est comme ça qu’il a pu survivre pendant 41 ans d’emprisonnement. Avec des espoirs de grâce, Peltier a parlé de sa santé. Il dit que la tumeur dans sa poitrine était suivie. « Ils surveillent mon anévrisme, c’est une tumeur dans la poitrine. »

Peltier a parlé du temps passé, quand le mouvement pour les droits des Autochtones commençait, et la réalité de la menace d’élimination à l’époque.
Le projet d’élimination des Tribus Autochtones était déjà mis en route par le gouvernement des Etats-Unis. Les premiers visés par l’élimination étaient les Menominee et ceux de Klamath Falls, dit-il.
« A cette époque, nous n’avons pas semé des troubles pour rien. »
« Nous nous sommes révoltés contre eux. »

A Standing Rock, le soir de son anniversaire, Sheila Peltier, sa sœur, a parlé et des chants ont été chantés pour lui rendre hommage.

 

Ecoutez Leonard Peltier (en anglais):

https://soundcloud.com/bnorrell/leonard-peltier-on-standing-rock-spirit-resistance-radio

 

Et n’oubliez pas qu’Obama est la dernière chance d’obtenir la grâce de Leonard Peltier :

Envoyez des mails: http://www.whitehouse.gov/contact/submit-questions-and-comments

Et des commentaires sur la page Facebook d’Obama: https://www.facebook.com/potus/?fret=ts&hc_location=ufi

Et des messages: https://www.facebook.com/whitehouse
Ou https://m.me/whitehouse

 

PeltierCombination

LETTRE DU 26 JUIN DE LEONARD PELTIER

Lettre de Leonard Peltier du 26 juin 2016
Publiée (entre autres) sur Censored News
Traduction Christine Prat

26 juin 2016

Sœurs, frères, amis et soutiens :

Ce 26 juin, a marqué 41 ans depuis ce long jour d’été au cours duquel trois jeunes hommes ont été tués au domicile de la famille Jumping Bull, près d’Oglala, lors d’une fusillade à laquelle moi-même et des dizaines d’autres ont participé. Bien que je n’aie pas tiré sur les agents du FBI Ronald Williams et Jack Coler (et donc ne les aie pas tués), j’ai beaucoup de remords, à cause de la perte de leurs jeunes vies, de la perte de mon ami Joe Stuntz, et pour le chagrin de leurs proches. Je suppose que, comme moi, beaucoup de mes frères et sœurs présents ce jour-là, souhaiteraient avoir pu faire quelque chose pour changer ce qui s’est passé et éviter les tragiques conséquences de la fusillade.

Ce n’est pas un évènement auquel j’ai pensé à l’occasion, puis suis passé à autre chose. C’est quelque chose à quoi je pense tous les jours. Quand j’y repense, je me souviens des expressions de peur et de courage sur les visages de mes frères et sœurs lorsque nous avons été attaqués. Nous pensions que nous allions être tués! Nous défendions les Anciens et les enfants qui couraient en tous sens pour se protéger et s’échapper. Les Autochtones ont connu des assauts de ce genre depuis des siècles, et le traumatisme historique de nombreuses générations est tombé sur les épaules de ceux qui étaient présents ce jour-là – et dans les communautés à nouveau traumatisées au cours des jours qui ont suivi la fusillade, pendant lesquels les autorités recherchaient ceux d’entre nous qui s’étaient échappés de la propriété des Jumping Bull.

En tant que Peuples Premiers de l’Ile de la Tortue, nous vivons quotidiennement avec des faits qui nous rappellent des siècles d’efforts pour éliminer nos nations, nos cultures, et pour détruire nos parents et nos familles. Jusqu’à ce jour, partout où nous allons des choses nous les rappellent – des souvenirs et des monuments de la quasi extermination de la glorieuse population des Peuples Autochtones. Des Indiens comme mascottes, le taux d’incarcération disproportionné de nos parents, l’appropriation de notre culture, les actions incessantes pour prendre encore plus de terre aux Autochtones et l’empoisonnement ce cette terre, tout contribue à nous rappeler notre histoire de survivants d’un génocide massif. Nous vivons quotidiennement avec ce traumatisme. Nous respirons, nous mangeons et buvons avec. Nous le transmettons à nos enfants. Et nous luttons pour le dominer.

Comme tant d’enfants Autochtones, j’ai été arraché à ma famille à l’âge de 9 ans et emmené, pour éliminer l’ ‘Indien’ en moi, dans un pensionnat. A l’époque, les Autochtones ne pouvaient pas parler nos langues d’origine de peur d’être battus ou pire. Les cheveux longs des hommes, qui sont une part importante de notre vie spirituelle, étaient coupés de force afin de nous humilier. Nos noms traditionnels étaient remplacés par des noms Euro-américains. Ces efforts pour nous assimiler de force continuent aujourd’hui. Il n’y a pas longtemps, je me rappelle, une jeune Menominee a été punie et expulsée de l’équipe de basket de l’école parce qu’elle avait appris à une camarade de classe comment dire ‘bonjour’ et ‘je t’aime’ dans sa langue maternelle. On entend tout le temps des histoires d’athlètes et d’étudiants qui ont des problèmes parce qu’ils ont les cheveux longs ou une plume sur leur casquette.

Avec ce peu de mon histoire personnelle en tête, je pense qu’il est compréhensible que j’aie été actif, en tant que jeune dans les années 1960-1970, dans la lutte Autochtone pour affirmer nos droits humains, civiques et ceux indiqués dans les traités. Notre mouvement était un mouvement spirituel pour retrouver nos cérémonies et nos traditions et pour exercer notre souveraineté en tant que nations Autochtones ou tribales. Pendant plus de 100 ans, certaines de nos plus importantes cérémonies ne pouvaient être organisées. Nous ne pouvions pas chanter ni danser au son de nos tambours. Quand mes contemporains et moi-même étions activistes, il n’y avait pas de danse du soleil connue. Toute cérémonie qui avait lieu devait être cachée de peur de représailles. Un de nos rôles en tant qu’activistes, pour le bien-être de nos Peuples, était de créer de l’espace et de la protection pour les Autochtones qui essayaient de se reconnecter à nos anciennes cultures et notre vie spirituelle. C’était mortellement dangereux. Ça signifiait exposer nos vies parce que les gens qui participaient à ces cérémonies, et les gens qui s’engageaient pour nos Anciens et notre mode de vie traditionnel étaient violemment battus, tués ou disparaissaient. Des groupes paramilitaires et des escadrons de la mort dirigeaient certaines réserves et chaque jour était une bataille. Si un véhicule non invité, inconnu ou non reconnu s’approchait de votre maison, la première réaction était que le visiteur était quelqu’un qui vous voulait du mal, d’une manière ou d’une autre. C’était la conduite apprise dans les réserves. C’était abominablement vrai dans les années 1970.

Mais je ne veux pas être seulement sombre et pessimiste. J’ai vu au cours des décennies que la vie de nos Peuples s’était améliorée sur des points importants. Les efforts extraordinaires du Président Obama pour forger une relation forte avec nos Nations Tribales constituent une raison importante d’être optimiste quant à la garantie de notre souveraineté. Par l’exercice de notre souveraineté, la vie de notre peuple pourrait s’améliorer. Nous pourrions peut-être commencer à guérir et entamer la longue route pour surmonter le traumatisme des 500 dernières années. Mais que ferons-nous si le prochain gouvernement revient sur tous les acquis de ces 8 dernières années ?

Je reçois souvent des lettres de supporters qui s’enquièrent de ma santé. Mes problèmes de santé n’ont pas été complètement pris en compte, et je n’ai toujours pas les résultats de l’IRM réalisée il y a plus d’un mois pour mon anévrisme abdominal.

Plus les derniers mois du mandat d’Obama s’écoulent, plus mon anxiété augmente. Je crois que ce Président est mon dernier espoir de liberté, et je vais sans aucun doute mourir ici si je ne suis pas libéré avant le 20 janvier 2017.

Alors je vous le demande à nouveau, ceci étant la période la plus cruciale de la campagne pour ma libération, continuez d’organiser le soutien publique pour ma libération et suivez toujours la direction du Comité International de Défense de Leonard Peltier.

Merci pour tout ce que vous avez fait et continuez à faire pour moi.

Dans l’Esprit de Crazy Horse

Doksha,

Leonard Peltier

 

Envoyez des emails, téléphonez à la Présidence:

Obama: president@whitehouse.gov

https://www.whitehouse.gov/contact
(00 1) 202-456-1111

The White House
1600 Pennsylvania Avenue NW
Washington, DC 20500

 

 

LEONARD PELTIER: ‘QUARANTE ANS EN PRISON’

‘Le 6 février, j’aurai été incarcéré depuis 40 ans! J’ai 71 ans et je suis toujours dans un pénitencier de haute sécurité.’ Leonard Peltier

 

Leonard Peltier
International Leonard Peltier Defense Committee
Publié sur Censored News
6 février 2016
Traduction Christine Prat

Salutations à vous, amis, soutiens et à tous les Peuples Autochtones.

Que pourrais-je dire que je n’aie pas déjà dit avant? Je suppose que je peux commencer par dire ‘à plus tard’ à tous ceux qui sont décédés au cours de l’année passée. Nous, les Autochtones, n’aimons pas dire leurs noms. Nous croyons que si nous prononçons leurs noms, çà troublera leur voyage. Ils pourraient se perdre et leurs esprits errer pour toujours. Si trop de gens les appellent, ils essaieront de revenir. Mais leurs esprits savent que nous pensons à eux, alors tout ce que je dirai est ‘bon voyage et j’espère vous voir bientôt’.

Le 6 février, j’aurai été emprisonné pendant 40 ans! J’ai 71 ans et je suis toujours dans un pénitencier de haute sécurité. A mon âge, je ne suis pas sûr d’avoir encore beaucoup de temps.

J’ai gagné 4 ou 5 ans pour bonne conduite que personne ne semble vouloir reconnaître. Ça ne compte pas, je suppose? Et quand j’ai été condamné, le temps moyen pour ceux condamnés à perpétuité avant de pouvoir obtenir une libération conditionnelle était de 7 ans. Ça signifie que j’ai fait près de 6 fois perpétuité et je devrais avoir bénéficié d’une libération conditionnelle il y a très longtemps. Ensuite, la libération est obligatoire au bout de 30 ans de détention. J’ai fait 10 ans de plus. Le gouvernement n’est pas censé changer les lois pour vous garder en prison – SAUF si vous êtes Leonard Peltier, apparemment.

Maintenant, on me dit que je resterai à l’USP Coleman jusqu’en 2017, quand on décidera que je peux aller dans un établissement de sécurité normale – ou PAS. Mais, vous pouvez vérifier, j’ai été classé comme prisonnier à risque modéré depuis plus de 15 ans, et le règlement dit que les prisonniers âgés doivent être placés dans des établissements moins dangereux. Mais PAS si vous êtes Leonard Peltier, je suppose.

Vous vous souvenez sans doute que l’histoire de ma demande de clémence est longue. Ma première demande était adressée à Jimmy Carter. Il l’a rejetée. Ronald Reagan a promis au Président Mikhaïl Gorbatchev qu’il me libèrerait si l’Union Soviétique relâchait un certain prisonnier, mais Reagan est revenu sur sa promesse. George H.W. Bush n’a rien fait. La demande suivante était adressée à Bill Clinton. Il a terminé son mandat sans rien entreprendre bien que la Procureur ait mené une enquête qui a duré 11 mois (habituellement ça prend 9 mois) et on nous a dit qu’elle avait recommandé la clémence. George W. Bush a nié cet avis en 2009. Et pour chaque demande, le FBI est intervenu pour bloquer le décret. C’est totalement illégal!

Aujourd’hui, je suis confronté à un autre dilemme – un anévrisme de l’aorte abdominale (AAA). Il est de la taille d’une pile AAA. Le docteur me dit que s’il éclate, je risque de mourir d’hémorragie. En plus, c’est très proche de la moelle épinière et je pourrais rester paralysé. La bonne nouvelle est qu’on peut le traiter et que l’opération réussit à 96-98%. MAIS je suis dans une prison haute sécurité. Nous ne sommes pas envoyés pour un traitement avant que ce ne soit à un stade terminal.

Alors que le Président Obama terminera la dernière année de son mandat, j’espère qu’il continuera à se battre pour réaliser ses promesses, et qu’il poussera plus loin les progrès faits par son Gouvernement pour travailler en partenariat avec les Peuples Premiers. Ça me donne de l’espoir, que ce Président ait travaillé dur pour consolider la relation de confiance avec les Nations Tribales. Avec VOTRE encouragement, je crois qu’Obama aura le courage et la conviction suffisante pour commuer ma peine et me renvoyer chez moi à ma famille.

En repensant à ces 40 années d’efforts faits pour moi, je suis bouleversé et honoré. Je voudrais remercier tous les soutiens qui ont cru en moi au cours des années. Certains d’entre vous m’ont soutenu dès le début. Vous vous êtes arrangés pour que j’ai des livres à lire et des fonds pour acheter ce dont j’ai pu avoir besoin pour avoir le confort qu’on peut espérer dans un tel lieu. Vous avez aussi fait des dons au comité de défense afin que nous puissions continuer le combat pour ma liberté. Vous avez tous travaillé dur – et vous continuez – pour diffuser l’information sur ce qu’on appelle maintenant la condamnation la plus choquante de l’histoire des Etats-Unis. Il y a des gens qui ont bon cœur dans ce monde, et vous en êtes. Je suis désolé de ne pas pouvoir répondre à toutes vos lettres. Mais je vous remercie pour l’amour que vous m’avez manifesté. Sans cela, je n’aurai jamais pu tenir aussi longtemps. J’en suis sûr.

Je suis convaincu que mon incarcération, les manquements constitutionnels dans mon affaire, et la conduite inqualifiable du gouvernement au cours du procès, sont des problèmes infiniment plus importants que ma vie ou ma liberté. J’ai le sentiment que chacun de vous qui a combattu pour ma libération fait partie d’une lutte plus grande des Peuples Autochtones – pour les Traités, la souveraineté et notre survie même. Si je devais être rappelé, n’abandonnez pas notre lutte, s’il vous plait.

Dans l’Esprit de Crazy Horse…

Doksha,

Leonard Peltier

#89637-132
USP Coleman I
PO Box 1033
Coleman, FL 33521

 

LPeltierCN

LEONARD PELTIER SOUTIENT LE BASTION APACHE

Publié sur Censored News
19 juillet 2015
Traduction Christine Prat

 

Salutations, mes amis et parents,

La plupart des cours d’histoire vous enseigneront que la politique de ‘Termination’ des Etats-Unis [suppression des Réserves Indiennes et assimilation forcée] a été abandonnée officiellement à la fin des années 1960. Les peuples Autochtones ne savent que trop bien que beaucoup d’aspects et de buts de la ‘Termination’ persistent jusqu’à aujourd’hui. Les croyances voulant que les Autochtones abandonnent leur vie traditionnelle et leur culture, qu’ils abandonnent encore plus de terres ancestrales et deviennent « civilisés », assimilés, sont mises en œuvre par la profanation continuelle de nos sites sacrés, l’utilisation de notre image comme mascottes, et le racisme écologique qui a des effets dévastateurs sur la vie des Autochtones.

Une des rares choses que je puisse faire dans cette prison, c’est de suivre les informations du dehors. Çà fait du bien de voir la Caravane du Bastion Apache qui veut stopper la profanation d’Oak Flat, et les supporters, qui sont organisés et réussissent à obtenir l’attention des médias et du gouvernement Américains. Votre esprit et votre force soulèvent mon propre esprit et me donnent de l’espoir. Les Apaches devraient savoir qu’ils ne sont pas seuls dans cette lutte pour la survie, et l’organisation qui travaille pour moi vous offre son soutien et sa solidarité.

Les Autochtones voient partout atour de nous le mépris de notre souveraineté, de nos droits humains et de nos droits selon les traités: à Oak Flat; par la profanation des San Francisco Peaks; pour le sport; dans l’occupation toujours en cours des Black Hills; dans l’accaparement et l’empoisonnement de notre Mère la Terre par l’exploitation minière d’uranium, de charbon et autres minéraux; et dans les pratiques telles la fracturation et le forage pour du pétrole et du gaz naturel – actions qui laissent toutes un héritage durable d’eau et d’air empoisonnés qui rendent notre peuple malade et le tuent.

Si toutes les nations commençaient à respecter et appliquer les principes et les directives définis dans la Déclaration des Droits des Peuples Autochtones des Nations Unies, le courant pourrait être renversé, d’une direction allant à la ‘termination’ des tribus, vers la survie et la prospérité de tous nos parents, nos langues, notre spiritualité et aussi la guérison de notre Mère la Terre.

Mitakuye Oyasin.

Dans l’Esprit de Crazy Horse,

Leonard Peltier

 

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Les Nations Unies devaient entendre les violations des droits humains aux Etats-Unis lundi 11 mai : décès dus à la police, enlèvement d’enfants Autochtones, cancers des régions d’extraction de charbon et d’uranium, violence contre les immigrants à la frontière, emprisonnements non justifiés, espionnage, torture et assassinats.

 

Brenda Norrell
Censored News
8 mai 2015
Traduction Christine Prat

Les violations des droits humains par les Etats-Unis devaient être examinées le 11 mai 2015, devant le Conseil des Droits Humains des Nations Unies à Genève. Les meurtres de Noirs désarmés par des agents de police, COINTELPRO, et la libération de Leonard Peltier et Mumia Abu Jamal figuraient à l’agenda.

La discrimination raciale et les emprisonnements injustifiés sont en tête de la liste des violations des droits humains par les Etats-Unis. Le retrait d’enfants Autochtones de leurs foyers et la mort due à la pollution de l’environnement, particulièrement en ce qui concerne les Autochtones du Sud-ouest, font aussi partie des crimes contre les droits humains aux Etats-Unis.

Le fait que les Etats-Unis continuent de financer Israël, qui applique l’Apartheid en Palestine, fait partie des violations des droits humains. Comme on pouvait s’y attendre, les Etats-Unis ont déjà essayé de défendre leur emploi de l’espionnage, de la torture et des assassinats ciblés.

Prenant l’initiative, le Réseau des Droits Humains des Etats-Unis, a appelé, dans sa déclaration pour l’Examen Périodique Universel de lundi, à la libération des prisonniers politiques Leonard Peltier et Mumia Abu Jamal.

« Plus de 20 activiste pour la justice raciale et sociale et des défenseurs des droits humains languissent dans des prisons dans tous les Etats-Unis. Ces prisonniers politiques sont des activistes de l’ère de COINTELPRO [COunter INTELligence PROgram, Programme de Contre Espionnage, une ancienne branche du FBI – NdT] et de la lutte pour les Droits Civiques, qui furent persécutés pour leurs convictions et actions politiques. Ils sont maintenant indigents, âgés, infirmes et ont droit à une assistance immédiate. Les Recommandations 92.94, 92.153 et 92.154 de l’Examen Périodique Universel appellent le gouvernement des Etats-Unis à ‘mettre un terme à la discrimination contre les personnes d’origine Africaine ;’et à ‘libérer tous ses prisonniers politiques … entre autres Leonard Peltier et Mumia Abu Jamal. »

Le Réseau des Droits Humains des Etats-Unis souligne le racisme environnemental, qui a résulté en de nombreux décès parmi les pauvres des Etats-Unis. L’exemple cité est le Nouveau-Mexique, où les centrales au charbon, l’extraction d’uranium et les essais atomiques empoisonnent la région et frappent les communautés Autochtones et Chicano. Les centrales au charbon et l’extraction d’uranium empoisonnent la Nation Navajo, tandis que les Pueblos souffrent de l’héritage mortel des mines d’uranium et des essais atomiques.

Le Réseau des Droits Humains déclare : « A travers tous les Etats-Unis, les communautés de couleur et les Peuples Autochtones sont exposés à la pollution de l’environnement de façon disproportionnée. Au Nouveau-Mexique, par exemple, ils souffrent d’effets sur la santé – surtout du cancer – de manière disproportionnée à cause de la pollution causée par les activités industrielles et minières (y compris l’extraction et le traitement de l’uranium), et cependant, beaucoup se voient refuser un recours légal effectif. »

Sur la question des droits humains au niveau mondial, le Réseau des Droits Humains des Etats-Unis souligne que les Etats-Unis continuent à financer Israël, en dépit des atrocités en train d’être commises par Israël en Palestine.

« Depuis 2010, Israël est de loin le principal bénéficiaire de l’assistance militaire des Etats-Unis. L’assistance militaire à Israël, et l’impunité de longue date des crimes contre les droits humains représentent l’échec des Etats-Unis à appliquer totalement la Loi Internationale Humanitaire et les mesures de responsabilisation relevant des Lois Américaines Leahy. »

Le Département d’Etat Américain minimise les violations

Entretemps, selon ce que Russel Means, Lakota, appelait souvent « un nouveau numéro de chien et poney », le Département d’Etat Américain a déjà fait une déclaration minimisant ses violations des droits humains.

Dans la réaction du Département d’Etat, il n’est pas fait mention des assassinats par drones des Etats-Unis. Les Etats-Unis ont peu de choses à dire pour leur défense sur l’espionnage de leurs propres citoyens (ce que la Cour d’Appel des Etats-Unis vient de déclarer illégal) ou l’espionnage des dirigeants et citoyens du reste du monde.

Si ce n’était pas tragique, la réaction des Etats-Unis sur ses activités d’espionnage prêterait à rire.

La réponse du Département d’Etat est brève : « Voir les commentaires généraux. Nous ne collectons des informations sur nos citoyens qu’en conformité avec la législation des Etats-Unis et leurs obligations internationales. »

Recommandation 142 : En finir avec les assassinats ciblés commis par des agents sous contrat et la privatisation des conflits par l’utilisation de compagnies militaires privées.
Position des Etats-Unis : Voir les commentaires généraux. Nos agents sous contrat ne sont pas autorisés à s’engager dans des hostilités directes ou des opérations offensives ou à commettre des assassinats. Tout comme le personnel du gouvernement des Etats-Unis, les agents sous contrat ne peuvent utiliser la force que conformément à nos obligations légales, internationales et intérieures. Nous avons exprimé notre soutien au Code International de Conduite pour les Fournisseurs de Services de Sécurité Privés.

Comme on pouvait s’y attendre, le Département d’Etat Américain nie avoir violé les Conventions de Genève en utilisant la torture à grande échelle, des disparitions et des assassinats ciblés. De plus, les Etats-Unis nient leur rôle dans la violence contre les migrants aux frontières et les plans de prisons-pour-le-profit concernant des immigrants. Les Etats-Unis n’assument aucune responsabilité dans la militarisation de la frontière Américaine, ni ne confessent que la Sécurité Intérieure Américaine a choisi la firme de défense Israélienne Elbit Systems pour construire cette année des tours d’espionnage à la frontière de l’Arizona, y compris sur le territoire de la Nation Tohono O’odham.

Le Haut Commissaire des Nations Unies énumère certaines violations des Droits Autochtones

Cependant, dans son résumé pour l’Examen, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les Droits Humains a énuméré des violations des droits humains par les Etats-Unis – comme indiquées par ceux que les Nations Unies présentent comme « parties intéressées » [JS dans son rapport].

Le retrait d’enfants Autochtones à leurs foyers fait partie des violations des droits humains actuels énumérés. Cela fait suite à des générations de maltraitance, de torture et de meurtres d’enfants Autochtones kidnappés par des agents des Etats-Unis et placés de force dans des pensionnats, laissant des enfants disparus, des familles éclatées et des générations de traumatisme. [Photo ci-contre: les enfants jamais revenus du pensionnat de Carlisle, photo Brenda Norrell]. Les pensionnats ont aussi militarisé les enfants Autochtones, qui par la suite rejoignaient les forces armées des Etats-Unis en grand nombre, et servaient dans cette force militaire Américaine responsable du génocide des Autochtones.

Actuellement, le retrait des enfants Autochtones à leurs familles par les services sociaux et autres agents de l’autorité Américaine, en violation de la loi, est combattu par les Lakota, dans les Dakota du Nord et du Sud, et par d’autres Autochtones partout aux Etats-Unis.

Dans son rapport, le Haut Commissaire déclare : « JS10 déclare que les enfants Autochtones sont retirés à leurs familles et leurs communautés à des taux disproportionnés, comparés aux autres enfants et une fois retirés, ils souffrent souvent de dommages psychologiques, économiques et culturels. »

Un des crimes largement ignorés par les médias aux Etats-Unis est la recherche médicale sur des gens de couleur sans qu’ils le sachent. Quel genre de recherche menait Johns Hopkins à l’hôpital de Fort Defiance [dans la Réserve Navajo – NdT] en Arizona, et ailleurs, pendant toutes ces années ? Beaucoup de Navajo qui y sont allés ne parlaient pas anglais et faisaient confiance aux médecins et aux traducteurs qui prenaient les décisions pour eux. Johns Hopkins est poursuivi pour avoir contaminé des Guatémaltèques avec des MST.

En plus, le Service de Santé Indien a-t-il pris de l’ADN sans que les patients Amérindiens le sachent ? (Une jeune Autochtone a été distinguée pour avoir réussi à créer un kit d’ADN pour le SSI).

C’est un fait connu que le Service de Santé Indien stérilisait systématiquement les femmes Autochtones aux Etats-Unis, surtout dans les années 1970, comme il a été dit dans la vidéo de Censored News de l’interview de Jean Whitehorse, Diné, au rassemblement de l’AIM Ouest. De vastes enquêtes sont en train de révéler comment des enfants Autochtones dans des pensionnats au Canada ont été utilisés secrètement pour des expériences médicales et psychologiques. On sait moins de choses sur ces expériences dans les pensionnats et hôpitaux des Etats-Unis. Voir vidéo de l’interview de Jean Whitehorse.

Dans le rapport sur les Etats-Unis du Haut Commissaire, des violations des droits humains « de minorités et de peuples Autochtones » sont énumérées :

JS46 a indiqué que l’Alaska et Hawaii étaient des états de peuples reconnus par la loi des nations et la loi internationale comme nations, demandant l’auto-détermination et l’auto-gouvernance. D’après JS46, les Etats-Unis ont présenté des rapports trompeurs pour dissimuler les violations de la Charte des Nations Unies et la loi internationale. 250 87. Tout en reconnaissant les efforts faits par le Gouvernement ces dernières années pour faire avancer les droits des peuples Autochtones, JS5 a noté avec inquiétude que les peuples Autochtones, y compris les Amérindiens, les Autochtones d’Alaska et les peuples Autochtones d’Hawaii, étaient toujours confrontés à des défis importants liés à la discrimination historique, à des actes d’oppression et des politiques gouvernementales inadéquates. 251. JS5 a recommandé au Gouvernement d’adopter des mesures pour protéger efficacement les sites sacrés des peuples Autochtones contre l’exploitation et la dégradation de l’environnement. 252. JS19 a fait des recommandations similaires. 253 88. JS48 a demandé que le Groupe de Travail de l EPU recommande que les Etats-Unis appliquent complètement la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones, sans chercher à réduire les droits inhérents des Peuples Autochtones à l’auto-détermination, au consentement libre, préalable et informé, les droits sur les terres, territoires et ressources traditionnellement possédés, occupés et utilisés, les droits culturels et les sites sacrés. 254. JS44 a fait des remarques similaires et recommandé de protéger les paysages à caractère culturel et zones sacrées des peuples Autochtones et que A/HRC/WG.6/22/USA/3 11 assure que des consultations aient lieu avec les communautés affectées par le développement de projets et l’exploitation des ressources naturelles. 255. JS42 a fait une recommandation similaire. 256 89. JS26 a déclaré que le principe de consentement libre, préalable et informé en ce qui concerne les Peuples Autochtones, devait avoir une place centrale dans les politiques intérieure et étrangère. Les sites sacrés doivent être protégés dans tout le pays. 257 90. JS40 a souligné que le retour des terres traditionnelles et des ressources naturelles était un but primordial pour la Nation Nipmuc et la Tribu Chappaquiddick Wampanoag. 258. Les membres des tribus sont continuellement attaqués dans leur droit de chasser et pêcher sans licence. Dans certains cas, çà a conduit à l’arrestation de membres des tribus. 259. WSNC a recommandé que le Gouvernement réagisse à ses demandes de négociations sur les droits des traités et du sol. 260 91. JS45 a indiqué que les Etats-Unis continuent à prendre des décisions unilatérales pour extraire des ressources (or, uranium, charbon, bois, eau, etc.) et à exécuter des projets de développement qui ont des effets dévastateurs sur les zones sacrées, y compris les eaux et autres ressources. 261 92. JS48 a demandé que le Groupe de Travail de l’EPU recommande que les Etats-Unis reconsidèrent leur rejet, lors de son premier examen de l’EPU, de la recommandation 92.154262 concernant la fin de l’incarcération de l’activiste Indien Leonard Peltier. 263 93. JS42 a demandé que le Groupe de Travail de l’EPU recommande que les Etats-Unis s’engagent dans un processus de paix avec les Peuples Autochtones en leur accordant un accès sûr à la terre, l’eau et l’éducation et la sécurité contre la violence. 264.

A part les Etats-Unis, le Conseil des Droits de l’Homme examinera aussi les droits humains en Belarus, au Liberia, au Malawi, en Mongolie, au Panama, aux Maldives, à Andorre, en Bulgarie, au Honduras, aux Iles Marshall, en Croatie, en Jamaïque et en Libye, durant la 22ème session, du 4 au 15 mai 2015.

 

 

DECLARATION DE LEONARD PELTIER DESTINEE A ETRE LUE POUR LE DOSSIER DU TRIBUNAL DE LA FONDATION BLUE SKIES, QUI S’EST TENU A ONEIDA, WISCONSIN, DU 22 AU 25 OCTOBRE 2014

Par Leonard Peltier
Publié sur Censored News,
Le 29 janvier 2015
Traduction Christine Prat

A l’automne 1953, je vivais avec ma grand-mère, Mary Dubois Peltier (originaire du Canada), veuve, ma sœur Betty Ann et ma cousine Pauline Peltier. J’avais 9 ans, Betty et Pauline 6 ans. Nous habitions dans une hutte en bois de deux pièces, sur la colline réputée la plus haute de la réserve. Grand-père (Alex O. Peltier) l’avait construite à la fin des années 1940. Grand-père venait de mourir de pneumonie vers novembre ou décembre 1952. Nous vivions dans la bande d’Autochtones du Petit Coquillage de la Montagne de la Tortue, à Belcourt, dans le Dakota du Nord.
En ce jour de septembre, je jouais dehors, en attendant le petit-déjeuner. Je pouvais voir venir d’en bas de la route, à quelques kilomètres, cet énorme nuage de poussière qui semblait provenir d’une voiture très rapide. Je savais que les gens avec des voitures si rapides étaient du Bureau des Affaires Indiennes. Je savais que j’étais supposé courir dans les bois et me cacher, c’était normal et on l’apprenait aux enfants dès leur plus jeune âge. Si nous ne nous cachions pas, le gouvernement nous volerait et nous pourrions ne jamais revenir. J’étais intrigué et voulais voir où cette voiture allait si vite. Je regardais, comme en transe et hypnotisé, je regardais cette voiture rouler tout droit vers notre entrée. Ce type Blanc en descendit et commença à marcher avec notre grand-mère.
Grand-mère ne le connaissait pas, elle parlait très peu d’anglais et avait des difficultés à le comprendre. Je ne parlais pas beaucoup d’anglais non plus et avais aussi des difficultés à le comprendre, mais j’ai entendu le mot pensionnat. Ce mot, tous les enfants Autochtones le connaissaient et étaient terrifiés en l’entendant prononcer. J’ai eu peur. Je voulais m’enfuir dans les bois pour me cacher mais je ne voulais pas laisser ma grand-mère, ma sœur et ma cousine. Tout ce que je voulais, c’était me mettre à pleurer et crier de nous laisser tranquilles. Je voyais l’homme commençant à paraître frustré et terriblement furieux de ce que ma grand-mère ne comprenait pas tout ce qu’il disait. Là, j’avais peur qu’il leur fasse du mal.

Grand-mère me disait « Leonard cours te cacher » (en Midcef, un langage franco-Chippewa créé par les Autochtones). Mais j’étais comme hypnotisé. Je ne pouvais pas bouger, j’étais gelé sur place. Finalement, ma grand-mère comprit qu’elle pouvait être emmenée en prison. En pleurant, elle nous dit que nous devions suivre cet homme, sinon il la mettrait en prison et nous prendrait quand même. Betty et Pauline se mirent à pleurer et à crier, ce qui me fit frissonner du haut en bas. Grand-mère continuait à me dire que je devais être fort, être un homme et prendre soin de ma sœur et ma cousine. Elle dit : « Ne leur fais pas voir que tu pleures, ou ils te puniront ». MAIS je ne voulais pas être un homme. Je voulais appeler au secours. Je ne les ai plus jamais laissé me voir pleurer depuis, même quand mes partisans leur ont demandé de me passer le téléphone, dans mon lit, en prison, quand mon père mourut.

La voiture nous emmenait à toute allure et tout ce que je pouvais voir était un gros nuage de poussière par la vitre arrière, sur le chemin de Belcourt, notre plus grande communauté sur la Réserve. Dans la cour d’école de Belcourt, nous voyions des bus jaunes, de la fin des années 1940, début des années1950, alignés. Les pauvres Betty et Pauline pleuraient toujours, comme de pauvres petits bébés. Aujourd’hui encore, je ne peux pas oublier ces pleurs. J’ai tout essayé pour qu’elles cessent de pleurer. Elles étaient si jeunes, je crois maintenant qu’elles n’auraient pas pu s’arrêter même si elles avaient voulu. La peur sur leurs visages est une image que j’ai essayé d’oublier mais qui me hante toujours après toutes ces années. J’ai essayé de leur expliquer qu’elles devaient faire attention au cas où nous pourrions nous échapper. NOUS DEVIONS SAVOIR QUEL ETAIT LE CHEMIN DE LA MAISON. C’est tout ce à quoi je pouvais penser pour échapper à ces gens qui nous avaient capturés, nous ne savions pas si nous allions en prison ou quoi, vu que personne ne nous expliquait rien, si ce n’est que nous allions dans un pensionnat. Nous avions appris à les fuir et nous cacher dans les bois, sauf quand les anciens voulaient nous faire peur pour nous faire obéir et nous menaçaient de ce qui devait être un monstre pour nous, un pensionnat Indien, et c’est tout ce à quoi je pouvais penser pendant les 400-480 km suivant. Je ne savais absolument pas comment j’allais protéger ma sœur et ma cousine.

Il me semblait que nous avions voyagé toute la journée. Je me souviens que nous nous sommes arrêtés une fois pour aller aux toilettes sur une aire de repos. A cette époque, elles étaient toutes à l’extérieur. Betty et Pauline ne voulaient pas bouger de leurs sièges et j’ai dû les supplier d’aller aux toilettes. Ils nous ont donné un sandwich mais les filles ne mangeaient pas, alors j’ai mis les sandwichs dans mes poches, au cas où nous nous évaderions. Je me suis rendu compte plus tard qu’elles refusaient de manger JUSQU’AU JOUR SUIVANT ET SEULEMENT APRES M’AVOIR VU DANS LA CANTINE.

Betty me dit qu’elle ne souvient pas de tout çà. Je suppose que c’est un souvenir dont elle ne veut pas se rappeler. Qui le voudrait ? Je sais que j’ai essayé d’oublier ces souvenirs-là toute ma vie. Pauline ne s’est jamais vraiment remise. Elle a été placée dans une institution psychiatrique à Grafton, dans le Dakota du Nord, pendant plusieurs années, jusqu’à ce que les lois de la fin des années 1960 et des années 1970 deviennent plus souples et qu’elle soit libérée. Ils ont prétendu qu’elle était tombée des marches en ciment au pensionnat et avait un léger traumatisme au cerveau. Je lui ai rendu visite une fois et n’ai pas pu supporter ce que je voyais. Je n’ai jamais pu y retourner. Je le regrette maintenant et le regretterai jusqu’à ma mort. J’ai grandi en me demandant quel crime nous avions commis, à part nous entendre dire que nous n’étions que des Indiens. Nous sommes arrivés quelques heures plus tard au pensionnat Indien de Wahpeton, dans le Dakota du Nord. Je dirais qu’il était environs 14-15 heures. On nous a dit de tous nous mettre en rang et ils ont commencé à nous classer par âge et par niveaux scolaires. Je ne savais pas dans quelle classe j’étais, donc quand l’enfant à côté m’a dit 3ème [de l’école primaire, CE2 – NdT], j’ai dit oui, 3ème.

Nous étions tous en rang, par âge et par taille et en formation comme dans une maison de redressement. On nous a fait défiler jusqu’à ce que nous ayons appris à connaître le Hall Central. Il y avait des pièces à l’est et à l’ouest, toutes dans le sous-sol. A l’est il y avait la laverie, le coiffeur, la distribution de vêtements et les douches. A l’ouest il y avait les salles de récréation pour l’hiver ou quand il faisait trop froid ou pleuvait trop pour aller dehors.

On nous a dit de nous mettre en rang devant les chaises de coiffeur et nous avons tous eu les cheveux coupés ras, façon militaire. Tout à coup, nous étions différents et ne reconnaissions plus les enfants avec qui nous étions devenus copains. Les plus jeunes se mirent à pleurer, nous les grands, enfin, nous croyons maintenant que nous étions les grands, essayions de les faire cesser et les prenions dans les bras pour les assurer qu’ils étaient toujours avec leurs amis. Un petit appelé Macloud s’est accroché à moi de toutes ses forces et on m’en a rendu responsable pour le faire se laver, m’assurer qu’il se levait le matin et était au lit à 21h tous les soirs, avait à manger, faire nos lits, ce que je ne savais pas faire moi-même, mais des plus grands m’ont appris à plier le bout du lit au carré, façon militaire. Les garçons et les filles mangeaient dans la même cantine.

Quand nous sommes allés aux douches, avant que nous ne nous mettions en rang, ils nous ont arrosés de DDT pour tuer les poux. Çà brûlait terriblement. Là encore, les plus jeunes pleuraient. Quand çà a été notre tour d’entrer dans la douche, comme le petit s’accrochait à moi, on m’a dit qu’il faudrait que je le lave et on m’a appris comment utiliser le savon et la brosse (j’ai appris plus tard que c’était le même genre de savon et de brosse utilisés pour les sols en ciment) pour le frotter derrière les talons, les avant-bras et les coudes et un chiffon pour les parties intimes. On nous mettait de la vaseline sur les avant-bras, les coudes et les talons puis ils nous frottaient ces endroits avec une serviette blanche, et si des peaux mortes se détachaient, ceux d’entre nous qui étaient responsables de quelqu’un étaient frappés avec une lourde règle. C’était le surveillant plus grand qui frappait. Certains grands refusaient de frapper des petits. Ceux-là étaient qualifiés de causeurs de troubles, nous les appelions les résistants, LES GUERRIERS !! Les autres, qui acceptaient de frapper les petits, nous les appelions Indiens du BIA [Bureau des Affaires Indiennes – NdT], les vendus, les Indiens de l’homme blanc. Nous avions beaucoup de noms pour les qualifier.
Lors de cette première douche, j’ai goûté à la règle pour la première fois, parce que le petit se mettait à pleurer quand je le frottais trop fort et ils ont trouvé des peaux mortes derrière ses talons. Alors j’ai vite rejoint les résistants et haï les surveillants et les mouchards.

Puis nous sommes allés à la laverie et avons reçu des tabliers comme ceux qu’utilisaient les fermiers, et des chaussures de travail marron. On nous a attribué des lits et entretemps c’était l’heure du dîner/souper. Nous étions tous affamés. J’étais très impatient quand on m’a dit que je pourrais revoir Betty et Pauline.

Plus tôt, j’avais été appelé dans le dortoir des filles et on m’avait dit que je devais faire cesser Betty et Pauline de pleurer. Je leur ai expliqué que je ne pouvais pas rester mais que j’étais juste à côté et que si elles n’arrêtaient pas de pleurer je serais encore puni. Je leur ai montré ce qu’ils avaient fait à mes cheveux et les marques encore rouges sur mon dos. J’ai dit : « S’il vous plait, ne pleurez plus. Je ne vais pas vous quitter. S’il vous plait. Nous allons bientôt manger et je vous verrai au dîner. »

Quand nous sommes allés bouffer, j’ai vu Betty et Pauline assises à la table qui leur avait été assignée, penchant leurs têtes. De temps en temps, Betty relevait la sienne, me cherchant. Elle finit par me voir et hurla à Pauline : « Leonard est là-bas » en faisant des signes de la main, très excitée ! Je souris et leur fit signe de manger, alors elles ont commencé à manger. Je ne me souviens pas qu’elles aient jamais pleuré pour moi depuis.

La première fois que j’ai pu les rencontrer seules dans la cour, je leur ai dit que nous devions grandir et être forts pour pouvoir nous échapper. IL A FALLU AU MOINS 2 ANS AVANT QUE JE FASSE MA PREMIERE TENTATIVE D’EVASION ET MANQUE DE ME NOYER dans la Red River. C’était le printemps et mon cousin Daniel Peltier me dit qu’il voulait rentrer à la maison et me demanda si je voulais m’enfuir avec lui. Le temps se réchauffait, MAIS, si la maison me manquait et aussi grand-mère, vu qu’elle était la seule mère que j’avais connu ou pouvais me rappeler, je lui dis que je ne pouvais pas partir sans ma sœur et la cousine Pauline. Je leur manquerais et elles recommenceraient à pleurer, mais Danny a insisté et j’ai accepté. Sans argent et sans vêtements de rechange, et surtout sans nourriture, nous sommes partis sans savoir quelle était la bonne direction à prendre. Nous sommes partis, comme cela, pour ce que nous pensions être une longue route, et nous avons ri, poussé des cris de joie et dansé à notre nouvelle liberté. Puis nous sommes arrivés à la Red River et nous avons vu que la glace était mince et que ce serait très dangereux de traverser. Ne pouvant trouver d’endroit pour traverser et sachant que nous allions devoir traverser, nous avons choisi l’endroit le plus étroit et nous sommes séparés de quelques mètres.

Je me rappelle que d’autres gosses de la Nation m’avaient dit comment traverser la glace mince si je devais vraiment le faire, ce à quoi faire attention et écouter la glace. Je dis à Danny, « Surveille la glace et si çà craque cherche l’endroit le plus court vers la berge. Si nécessaire, allonge-toi sur la glace. » Et nous avons commencé à traverser. Quand nous avons approché de la berge, Danny y est arrivé et s’est mis à rire de bonheur. J’étais probablement à 1,5 mètre de la rive et la glace a commencé à craquer, si fort que j’ai su qu’elle allait casser. J’ai essayé de glisser et de me faire léger. J’ai vu la branche d’un très jeune arbre au-dessus de la rive et ai essayé de l’atteindre. Juste au moment où j’y arrivais, la glace a cédé et j’ai coulé complètement dans l’eau glacée. Ma main a saisi la branche et je me suis hissé vers le haut. Quand ma tête fut hors de l’eau, j’ai saisi une autre branche et me suis tiré, Danny a saisi ma main et m’a tiré, et j’ai rejoint la terre, terriblement trempé mais vivant. Après quelques minutes j’ai commencé à trembler comme un fou, comme si le soleil s’était couché et que le froid s’intensifie rapidement. J’ai retiré tous mes vêtements et nous les avons essorés, nous demandant comment faire du feu, vu que le froid s’intensifiait rapidement. Il se mettait aussi à faire nuit très vite et j’avais de plus en plus froid, alors nous nous sommes demandé que faire. Danny dit « Retournons-y », alors nous avons réfléchi une seconde et décidé que c’était peut-être mieux et avons marché dans une certaine direction jusqu’à ce que nous arrivions sur une route. Nous avons marché un peu et une voiture est arrivée qui nous a pris en stop jusqu’à l’école. Nous nous sommes rendu compte que nous n’étions pas allés loin et étions un peu honteux de notre tentative de fuite.

Maintenant il fallait faire face. Nous décidions de dire que nous avions eu l’idée tous les deux, nous sentant seuls vu que nous n’avions pas vu nos familles depuis plus de 2 ans. Mais vu que nous avions enfreint les règles, nous devions tout de même être punis. Dix coups de règles sur les fesses et une autre coupe de cheveux à ras et nous devions porter des chaussures et vêtements trop grands pour que les gens puissent voir que nous étions des fuyards. Nous étions aussi privés de cinéma en ville pour un an. Mais çà, çà n’avait pas d’importance vu que nous n’avions pas l’argent pour payer des billets à 10 cents.

J’ai finalement pu sortir de Wahpeton après que des changements soient survenus à Washington D.C. en 1956, un des changements de règlement étant qu’ils ne pouvaient plus nous garder si nous avions quelque part où aller. Dès lors, ils ne pouvaient plus nous retenir pendant les mois d’été à cause de manquements mineurs au règlement, afin que les employés aient une raison d’y être et de toucher leur salaire. Si nos parents voulaient venir nous chercher, nous pouvions rentrer à la maison. J’ai écrit à ma mère, pensant toujours que j’étais à des centaines de kilomètres, pour voir si elle pourrait venir nous chercher. Elle est venue dès qu’elle a reçu la lettre, quelques jours après que je l’aie envoyée, mais elle ne pouvait pas emmener Pauline qui n’était pas son enfant, ce qui nous amène à un autre passage dur de cette histoire. Nous avons dû laisser la pauvre Pauline, qui, d’après ce qu’on en a entendu, a pleuré pendant des jours. Peu de temps après, elle a été placée dans une institution.

Ainsi, au bout de 3 ans, j’ai quitté la prison du pensionnat. Je ne sais pas ce qui a changé depuis mon époque. Certains disent que ce n’est plus comme avant, d’autres disent que si. Je sais que personne dans ma famille, aucun de mes enfants n’ont jamais été mis dans une de ces écoles. Cependant, je sais que certaines familles ne s’occupent pas de leurs enfants et que certains internats sont nécessaires. MAIS je sais que mes expériences à Wahpeton resterons le souvenir d’un enfer, qui me poursuivra jusqu’à ma mort.
J’ai été un résistant à la tentative de génocide de mon peuple depuis ce temps, et pour cela je vais plus que probablement mourir en prison. Le 6 février 2015, j’aurai passé 40 ans dans des prisons fédérales, même après que le procureur d’une haute Cour ait dit en 1984 que le gouvernement ne savait pas qui avait tué ses agents et n’avait pas de preuve contre moi, vu qu’il n’y en a pas. J’ai été condamné 2 fois à la perpétuité, peines qui ne peuvent être confondues. Lorsque j’ai été condamné, la perpétuité se ramenait en fait à 7 ans, ce qui veut dire que j’ai fait 5 fois la perpétuité plus 4 ans, pour avoir résisté au génocide des Autochtones. Je suis seulement coupable d’être Indien.