LA CONVENTION DE L’ONG [NAVAJO] DINE CARE DENONCE LES DEGATS DE L’EXTRACTIVISME ET LA POLLUTION EXTREME DES TERRITOIRES AUTOCHTONES

 

La Convention de l’ONG Diné CARE [Citizens Against Ruining our Environment – Citoyens Contre la Destruction de notre Environnement] pour les Gens de l’Ouest de la Nation Navajo, a débuté le 1er juin 2018 à Dilkon dans la Nation [Réserve] Navajo. Une seconde Convention, pour l’Est de la Nation Navajo, a eu lieu du 21 au 23 juin 2018, à Counselor et Lybrook, au Nouveau-Mexique. Diné CARE fête ses vingt-huit ans d’existence.

Brenda Norrell était sur place, en compagnie de Govinda Dalton, de ‘Spirit Resistance Radio’, et elle a transmis des articles sur les sujets discutés. Vous trouverez ci-dessous l’historique du mouvement et un résumé des principales interventions, essentiellement celles qui dénoncent l’extractivisme dont la Nation Navajo est victime depuis des décennies – et même depuis plus d’un siècle, si on prend en considération la déportation, mortelle pour beaucoup, de milliers de Navajos, de 1864 à 1868, suite à une annonce finalement fausse de la probable existence de mines d’or dans leur territoire. Certaines interventions ont déjà été traduites et publiées, si vous ne les avez pas déjà lues, vous les trouverez en cliquant sur le lien “lire la suite”.

Christine Prat

 

 

 

NAISSANCE DU MOUVEMENT POUR LA JUSTICE ENVIRONNEMENTALE, DINE CARE, À DILKON, NATION NAVAJO, EN 1990

Par Brenda Norrell
Publié sur Censored News
6 juin 2018
Traduction Christine Prat

 

DILKON, Nation Navajo – Les photos sont passées et les souvenirs s’effacent. Mais il y a la liste de 127 noms, et les mots des légendes de ce mouvement qui transcendent les années de lutte – 28 ans depuis que la lutte pour la justice environnementale a débuté, comme mouvement de l’époque moderne.

Le Chef Johnny Jackson, Cascade Klickitait, était venu de la Rivière Columbia, le Hopi Thomas Banyacya était présent, et une délégation de Séminoles de Floride s’était jointe à ceux qui combattaient les décharges toxiques, l’extractivisme, l’exploitation forestière, les tests nucléaires, les fuites d’uranium et les attaques secrètes contre les territoires et les peuples Autochtones.

Aujourd’hui, pour célébrer ce mouvement à la Convention de Diné CARE, nous avons lu les paroles de Thomas Banyacya, qui avait prononcé le message des Anciens Hopi lors du premier rassemblement, le 29 juin 1990.

“Peut-être pouvons-nous emmener un peu de ces fuites d’uranium à Washington et les répandre autour de la Maison Blanche et leur dire ‘Ne vous inquiétez pas, ça ne va pas vous faire de mal,’ ” avait dit Banyacya.

Maintenant, 28 ans plus tard, Earl Tulley, vice-président de Diné CARE, revient sur la façon dont le rassemblement original, ici à Dilkon, a donné naissance au mouvement moderne pour la justice environnementale, et comment Indigenous Environmental Network [IEN – Réseau Autochtone pour l’Environnement] et Honor the Earth [Honorez la Terre] sont nés de ce premier rassemblement.

Etaient présentes aujourd’hui, Adella Begaye et Robyn Jackson, respectivement l’épouse et la fille de Leroy Jackson. Leroy a été retrouvé mort en 1993, alors qu’il avait combattu et arrêté l’exploitation forestière dans la forêt aux arbres anciens des Monts Chuska, dans la Nation Navajo.

Adella est aujourd’hui présidente de Diné CARE. Robyn était encore en bas âge quand sont père a été trouvé mort. Elle est actuellement la coordinatrice avec l’extérieur, chargée de l’énergie. Diné CARE veut protéger et défendre le territoire. “Il y a beaucoup de travail à faire. Mon père n’est plus là. C’est pourtant quelque chose dont il faut parler” dit Robyn.

Il y a 28 ans, Wilbur Slockish du Projet de Défense de la Rivière Columbia, à Dalles, dans l’Orégon, et Ray Slockish Sr., de l’état de Washington, étaient parmi ceux qui étaient venus parler des droits de pêche. Beaucoup d’entre eux avaient été en prison pour avoir défendu leurs droits de pêche.

Louise Benally, de Big Mountain, était déjà là il y a 28 ans, et elle l’est de nouveau aujourd’hui. Elle a passé sa vie à lutter, pour combattre la déportation forcée, l’épuisement de la nappe aquifère de Black Mesa par Peabody Coal, la très polluante centrale au charbon appelée Navajo Generating Station [la centrale n’a de Navajo que le nom, ceux qui vivent à proximité ont la pollution mais pas d’électricité – NdT] qui fournit la lumière au sud de l’Arizona – et pour la vérité et la justice. “Ces grandes compagnies mentent” avait dit Louise il y a 28 ans, et elle le répète aujourd’hui.

Parmi les 127 noms de la liste, il y a celui de Winona LaDuke, de Moose Factory dans l’Ontario, et du Réseau des Femmes Autochtones.

Harry H. Lord, Inupiat, était venu du pôle nord, en Alaska, pour le rassemblement d’il y a 28 ans. James Main Sr., Gros Ventre, qui a maintenant rejoint le monde des esprits, était venu de Fort Belknap, dans le Montana. Le Chef Fraser Andrew, de Mount Currie, était venu de Colombie Britannique.

Danny Billie, Séminole de Floride, était venu parce que les producteurs d’agrumes et de canne à sucre défrichaient le territoire et polluaient l’eau. Billie avait dit alors qu’il était venu pour en apprendre plus sur les incinérateurs qui polluaient l’air.

Au cours de ce premier rassemblement, Paul Rodarte, Paiute et Shoshone de Stillwater dans le Nevada, avait expliqué comment le “développement économique” était utilisé pour empoisonner le sol, l’eau et l’air. Rodarte dit que les contractants grassement payés pour amener des déchets hautement toxiques, avaient promis de l’argent et des emplois, puis n’avaient embauché localement que pour des emplois subalternes.

Citoyens Contre la Destruction de notre Environnement [C.A.R.E.]

Le discours du président de C.A.R.E d’alors, Al Joe, qui a été préservé depuis 28 ans, montre à quelle opposition ils ont dû faire face, quand ils se sont rassemblés pour s’opposer à la destruction et la pollution des territoires Amérindiens. “Nous avons été traités de causeurs de troubles et de militants” avait dit Joe, qui succédait à Jane Yazzie au poste de président de CARE.

Lori Goodman, qui a grandi ici à Dilkon, était parmi les fondateurs de Citoyens Contre la Destruction de notre Environnement. Sa sœur Carol et elle, issues d’une famille de neuf enfants, sont ici aujourd’hui. Lori et Carol dirent qu’elles avaient grandi avec des parents qui leur enseignaient les valeurs traditionnelles Diné. Lori a expliqué comment le CARE local avait surgi après le déversement de déchets toxiques, qui avait menacé Dilkon à la fin des années 1980. Le déversement avait été interrompu par cette lutte. Lori dit que le nom était devenu Diné CARE après que l’organisation nationale CARE les y ait forcés. Lori dit que le premier rassemblement de 1990 avait été au départ organisé pour célébrer le fait que la communauté de Dilkon avait interrompu le déversement de déchets toxiques, qui avait été soutenu par le gouvernement tribal Navajo. Après que des Autochtones soient venus de toutes régions, y compris le grand nord, il était clair que les déchets toxiques, les déchets nucléaires, l’extractivisme, la destruction et les arrestations des défenseurs des droits de pêche, concernaient tous les territoires Indiens.

Le mouvement pour la justice environnementale était né.

Les Légendes de 1990

Sur la liste de 127 noms, il y a Jo Ann Tall, Oglala de Porcupine, à Pine Ridge, et Guy White Thunder, Lakota de Pine Ridge. Ron Hill et Clifford Cornelius venaient d’Oneida, dans le Wisconsin. Le Chef Andrew King, de la Bande Lucky Man, de Saskatoon, dans l’Ontario, était venu avec Rod King, en 1990. Suzanne Brent, Mohawk de la Baie de Quinte, était présente. Norman Under Baggage, Oglala, venait de Kyle, à Pine Ridge, Harry Chison venait du Pueblo Zuni. La délégation Havasupai était composée de Leata Watahomigie, Rex Tilousi et sa famille, et M. et Mme Raph Rogers. Joe Sanchez, Shoshone de l’Ouest, venait du Nevada.

Des Navajos de Church Rock, qui avaient survécu à la plus grande catastrophe nucléaire de l’histoire des Etats-Unis, étaient venus, alors que les eaux radioactives de la rivière Puerco coulaient vers l’Arizona, laissant derrière elles une série de cancers pour les Navajos et tous ceux qui vivaient là-bas. [En 2015, le chercheur Navajo Tommy Rock s’est aperçu qu’un puits d’eau ‘potable’, à Sanders, au bord du Puerco, était encore radioactif – NdT]. L’Association Eau Propre pour la Vallée du Puerco [Puerco Valley Clean Water Association], de Wingate, au Nouveau-Mexique, fait partie de la longue liste d’organisations qui méritent d’être honorées.

Des Navajos de toute la Nation Navajo et de la région étaient présents au premier rassemblement. Tom Bedonie de Big Mountain; Eugene Hasgood de Keams Canyon; Nelda Dugi de Teesto; Carol Goldsmith de Kayenta; Ted Silversmith de Church Rock; Raymond Morgan de Fort Wingate; Mary et Lisa Spencer de Winslow; Alfred Joe et Robert Joe Sr. de Winslow. Alva Morrison et Kristi Jo McKnight, de Citoyens Concernés par la Sécurité Nucléaire [Concerned Citizens for Nuclear Safety] étaient venues du nord du Nouveau-Mexique, où le laboratoire de Los Alamos avait depuis longtemps empoisonné la terre, l’eau et l’air des Pueblos et du Nouveau-Mexique. [C’est à Los Alamos qu’ont été mises au point les bombes d’Hiroshima et Nagasaki – NdT].

Parmi les organisations de première ligne qui se sont rassemblées ici en 1990, il y avait le Projet d’Organisation du Sud-ouest d’Albuquerque [Southwest Organizing Project], représenté par Joe Madeline Montoya et Danny Pena. Chris Peters représentait le Seventh Generation Fund [Fonds pour la Septième Génération].

Bertha Mitchell, Hoopa, était venue de Californie. Des Navajos étaient venus de toute la région, parmi eux, Anna Rondon. Mike Flores, Tohono O’odham, était venu de la soi-disant frontière sud, où la Patrouille des Frontières des Etats-Unis maltraite les gens en tant qu'”armée d’occupation”. Laurie Weahkee, du Pueblo Cochiti, était là en 1990 et de nouveau 28 ans plus tard. Lex Gladstone était venu de l’Association Nationale des Indiens Blackfeet de Seattle. Le photographe Hopi/Navajo Larry Gus était là aussi. Il y avait aussi Cate Gilles, longtemps reporter en territoires Navajo et Hopi, trouvée morte à Tucson plus tard. Dès le début, Cate avait fait des reportages de la ligne de front, sur les déportations. Cate a été aussi la première à dénoncer convenablement la pollution à l’uranium dans la région du Grand Canyon.

Vickie McCullough, de Native Americans for a Clean Environment [Amérindiens pour un Environnement Sain], de Tahlequah, en Oklahoma, était présente. Pat Moss était venu d’Oklahoma pour parler des prisonniers Autochtones. Viola Hatch, Cheyenne Arapaho, était venue d’Oklahoma. Des membres de Greenpeace étaient venus de Californie, entre autres Iretta Tiger, des membres Séminoles de Floride, et Bradley Angel, aujourd’hui membre de Green Action, ainsi qu’une délégation de Greenpeace Canada. DNA Legal Services, Public Health Nursing de Dilkon, et Préservation Navajo avaient également envoyé des représentants.

Convention de 2018, La Lutte Continue

Aujourd’hui, en 2018, Nicole Horseherder, Navajo, et sa fille, ont parlé de la lutte ultime pour défendre les droits sur l’eau et la protéger. Nicole Horseherder a expliqué que le but des soi-disant “colonies pour les droits à l’eau” avait souvent été un moyen pour les non-Indiens d’accaparer l’eau des Autochtones.

En cette chaude journée de juin 2018, tandis que les cuisiniers du camp, ici à Dilkon, préparent la bouillie de maïs bleu [blue corn mush, plat traditionnel Navajo] et les crêpes de maïs bleu [plutôt Hopi] pour le petit-déjeuner, les jeunes agriculteurs Nate Etcitty et Roberto Nutlouis, membres de Black Mesa Water Coalition, donnent des nouvelles sur l’alimentation durable, la permaculture et le ‘dry farming’ [agriculture sans irrigation].

Herb Yazzie, ex-président de la Cour Suprême de la Nation Navajo, a parlé de Hweeldi [déportation des Navajos au camp de Fort Sumner, premier camp de concentration, en 1864, beaucoup sont morts en route, les autres sur place], du Traité de 1868 [libération des survivants de Fort Sumner et ‘attribution’ du territoire de la première réserve Navajo], et du lien vers la Souveraineté. Yazzie parlait de Ceux qui Résistent.

Sam Sage, Diné, a parlé de la façon dont les Diné combattent la fracturation hydraulique, le cancer, les émissions mortelles, le bruit insupportable et la violence des ‘camps masculins’, résultant des forages pour le pétrole et le gaz dans la Région de Chaco et l’est de la Nation Navajo.

La Convention de Diné CARE pour les habitants de l’est de la Nation Navajo a eu lieu du 21 au 23 juin, à Counselor et Lybrook, au Nouveau-Mexique.

Brenda Norrell, qui publie Censored News, faisait partie des journalistes qui ont couvert le premier rassemblement à Dilkon, en juin 1990, et a également fait des reportages en direct du rassemblement de 2018. En 1990, elle était journaliste pour Associated Press et vivait dans les Monts Chuska, dans la Nation Navajo.

 

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1er juin:

PREMIER JOUR DE LA CONVENTION DE DINE CARE POUR LES GENS DE L’OUEST, A DILKON, NATION NAVAJO

Par Brenda Norrell
Publié sur Censored News
Transmis en direct par Spirit Resistance Radio
1er juin 2018
Traduction Christine Prat

Ce jour, des membres fondateurs de Diné CARE ont expliqué comment l’organisation avait été fondée, suite aux menaces pesant sur leurs territoires Diné, à la fin des années 1980. Lori Goodman parla des premiers jours, et Anna Frazier, de Dilkon, éducatrice, dit comment elle avait été impliquée. Sam Shepherd, de l’Agence de l’est, raconta comment il avait été mis de force dans un pensionnat et s’était échappé. Adella Begaye, Présidente et membre fondatrice de Diné CARE, a raconté comment elle s’est engagée, alors qu’elle était infirmière à Tsaïle. Adella est la veuve du regretté Leroy Jackson, cofondateur, retrouvé mort après avoir empêché l’abattage d’arbres anciens dans les montagnes de Chuska et près de Tsaïle. Ofelia Rivas, O’odham vivant à la frontière US/Mexique, parla des luttes de son peuple. Earl Tulley, cofondateur, dit comment Diné CARE avait commencé le combat pour la justice environnementale, qui s’est développée en de nombreux mouvements, résultant finalement dans la création de l’IEN, Indigenous Environmental Network [Réseau Autochtone pour l’Environnement] et d’autres.

 

OFELIA RIVAS, O’ODHAM, ET EARL TULLEY, DINÉ: REFLEXIONS SUR LE CARACTERE SACRE DE LA VIE

Interview du 1er juin 2018
Govinda Dalton, Spirit Resistance Radio
Article de Brenda Norrell
Publié sur Censored News
Le 12 juin 2018

Traduction Christine Prat

DILKON, Nation Navajo, 1er juin 2018 – Ofelia Rivas, Tohono O’odham, et Earl Tulley, Diné, ont parlé des modes de vie culturels et des fondements spirituels de leur peuples, au cours de la Convention de Diné CARE pour l’ouest [de la Nation Navajo]. Ofelia commença par décrire les vastes territoires qui constituaient les terres ancestrales des Tohono O’odham dans ce qui est maintenant l’Arizona, Etats-Unis, et le Sonora, Mexique.

“Nos terres sont très vastes” dit Ofelia, au cours de la conversation avec Earl Tulley, un Diné de Blue Gap, pour Spirit Resistance Radio.

Le territoire ancestral Tohono O’odham s’étendait d’Hermosillo, à des centaines de kilomètres de la frontière actuelle, et au nord jusqu’à Phoenix, à l’est jusqu’à Benson, à la Rivière San Pedro, et jusqu’à la Mer de Cortez, dans le Sonora, au Mexique, dit-elle.

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2 juin:

SAM SAGE, DINE: “FRACTURATION HYDRAULIQUE, DESTRUCTION ET CANCER DANS L’EST DE LA NATION NAVAJO ET LA REGION DE CHACO”

Par Brenda Norrell
Publié sur Censored News
Le 6 juin 2018
Résumé et traduction Christine Prat

DILKON, Nation Navajo – Sam Sage décrit comment les forages de pétrole et de gaz et la fracturation hydraulique détruisent le sol et empoisonnent l’air de l’est de la Nation Navajo et la région de Chaco.

Sage, qui s’exprimait au cours de la Convention de Diné CARE pour les Peuples de l’Ouest, samedi 2 juin, a déclaré que le Sénateur Démocrate Tom Udall était dans la poche de l’industrie.

Actuellement, alors que plus de 100 organisations combattent le forage et la fracturation dans la région de Chaco, les Navajos sont assiégés par le bruit, la pollution et la destruction du sol, selon Sage. Les femmes sont atteintes de cancers.

Sage expliqua ce qui s’était passé dans sa propre communauté de Counselor, au Nouveau-Mexique, et dans la zone comprise entre Farmington et Cuba, quand la course au développement a commencé, au Bureau d’Aménagement du Territoire [Bureau of Land Management, BLM] en 2013.

Au début, les compagnies pétrolières et gazières ont dit qu’elles faisaient des forages exploratoires.

“En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, c’était devenu de la fracturation industrielle” dit-il, expliquant comment le sol, qui borde des maisons Navajos, avait été détruit par les forages pour le pétrole et la fracturation pour le gaz.

“Certaines sources ont arrêté de couler.”

Les puits avaient été asséchés depuis les années 1990.

Ce fut seulement lorsqu’une des compagnies eut un accident, et qu’un des ouvriers fut tué, qu’on commença a en parler.

Sage dit que la compagnie avait essayé d’empêcher l’information, selon laquelle un ouvrier était mort sur un terrain du BLM, d’être publiée. La communauté Navajo ne l’a su que six jours plus tard.

Puis il y eut une visite du Sénateur Tom Udall, Démocrate du Nouveau-Mexique. “Tom Udall nous a surpris, en arrivant en hélicoptère.” “Nous lui avons dit: vous avez déjà été acheté et payé. Vous êtes déjà dans la poche de l’industrie.”

Sur le territoire, il y a des camions très lourds. Les traces font jusqu’à 15 cm de profondeur. Quand il pleut, ils utilisent des pneus munis de chaines. Quand ils roulent sur le terrain, ils laissent de grands trous et détruisent la route. Des lumières violentes sont allumées à 23h et il y a beaucoup de bruit.

Des Navajos de la région se sont plaint des dégâts faits au sol et aux routes, et du bruit, mais ça dépendait du responsable sur place du BLM, l’affaire a été transmise à Washington. Le Gouvernement Navajo ne voulait pas aider les gens de la région, il fallait trouver de l’aide à l’extérieur.

Sage dit “Daniel Tso a amené le Sierra Club et les choses ont commencé à bouger.” “Maintenant, il y a 111 groupes qui nous aident et nous assistent” dit-il, parlant de la Coalition de la Région de Chaco [Greater Chaco Coalition]. “Nous avons demandé de l’aide”.

Sage dit que la Coalition voulait formaliser le groupe et avoir des représentants officiels, mais, dit-il “ça ne marcherait pas ici. Beaucoup de gens se retireraient si nous formalisions [la Coalition].” Actuellement, ce n’est pas une organisation formelle.

Ils ont commencé à se rendre compte que des femmes mouraient de cancers. Ils ont commencé à évaluer l’état du sol et à contrôler l’air. Les alliés des Navajos étaient prêts à payer les tests onéreux. L’eau a été testée, l’eau potable a été testé.

“Nous avons dû faire tout ça nous-mêmes” dit Sage.

Des Navajos les ont aidés, entre autres le regretté Larry Emerson, Herbert Benally, David Tsosie et beaucoup d’autres.

Entretemps, les crimes violents augmentaient, à cause des ‘camps masculins’ des compagnies pétrolières et gazières.

Et, étant donné que la fracturation utilise énormément d’eau, et crée beaucoup de déchets, les Navajos posent toujours des questions. Tandis qu’ils se battent contre la fracturation, Daniel Tso emmène des gens pour des ‘tournées réalité’. Tso s’est aperçu que des puits fuyaient.

Et puis il y a la puanteur, et les gaz toxiques. “Quand le temps est couvert et qu’il n’y a pas de vent, ont peut vraiment les sentir.”

Sage remercia la jeune Diné Kendra Pinto, et dit qu’elle comptait beaucoup pour le groupe. “Elle est revenue dans la communauté et a voulu aider,” dit Sage.

Après le discours de Sage, Earl Tulley, de Diné CARE, dit que les forages de pétrole et de gaz causaient des explosions et des fuites de produits chimiques, et qu’il fallait contrôler l’air. Ça touche le bétail et les gens. “Nous n’allons pas émigrer” dit Tulley. “Ici, c’est chez nous.”

 

LEONA MORGAN: LES ETATS-UNIS VISENT LES AUTOCHTONES ET LES PAUVRES AVEC LES DECHETS NUCLEAIRES, LE TRANSPORT ET L’EXTRACTION D’URANIUM

Intervention de Leona Morgan à la Convention de l’ONG Navajo Diné CARE, le 2 juin 2018, diffusée en direct sur Spirit Resistance Radio et transcrite par Brenda Norrell pour Censored News.

Article de Brenda Norrell
Publié sur Censored News
Le 8 juin 2018
Traduction Christine Prat

DILKON, Nation Navajo – Leona Morgan, Diné, a passé sa vie à combattre les mines et le transport d’uranium, et la décharge de déchets. Actuellement, les Etats-Unis visent les pauvres du sud du Nouveau-Mexique pour décharger des déchets nucléaires, et l’extraction d’uranium menace à nouveau le Mont Taylor, site sacré, dans le nord du Nouveau-Mexique.

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3 juin:

BIG MOUNTAIN: LA LUTTE QUI N’EN FINIT PAS, EN DES TEMPS OU IL NE PLEUT PAS – LOUISE BENALLY

Article de Brenda Norrell
Publié sur Censored News
Le 10 juin 2018
Traduction Christine Prat

 

DILKON, Nation Navajo – Louise Benally, de Big Mountain, a raconté la lutte interminable contre la déportation, Peabody Coal et les confiscations de bétail. Maintenant, il ne pleut pas, la nourriture reste absente, et les moulins à vent à sec.

Pendant des décennies de lutte, les Hopis traditionnels se sont joints aux Diné de Big Mountain qui résistent au déménagement forcé. Ils se sont tous rendu compte que la déportation causée par [la compagnie charbonnière] Peabody Coal est un vol de terres, un vol de terres pour le charbon, pour faire de l’électricité pour d’autres gens, ailleurs.

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Tous les articles, ©Censored News, publiés avec autorisation, utilisation commerciale strictement interdite. Photos de 2018 ©Brenda Norrell, Photos de 1990, ©C.A.R.E., prêtées par Lori Goodman.

 

Photo Brenda Norrell

 

Le 3 juin 2018, Louise Benally, de Big Mountain, s’est exprimée au cours de la Convention de l’ONG Diné CARE.

 

BIG MOUNTAIN: LA LUTTE QUI N’EN FINIT PAS, EN DES TEMPS OU IL NE PLEUT PAS – LOUISE BENALLY

Article de Brenda Norrell
Publié sur Censored News
Le 10 juin 2018
Traduction Christine Prat

 

DILKON, Nation Navajo – Louise Benally, de Big Mountain, a raconté la lutte interminable contre la déportation, Peabody Coal et les confiscations de bétail. Maintenant, il ne pleut pas, la nourriture reste absente, et les moulins à vent à sec.

Pendant des décennies de lutte, les Hopis traditionnels se sont joints aux Diné de Big Mountain qui résistent au déménagement forcé. Ils se sont tous rendu compte que la déportation causée par [la compagnie charbonnière] Peabody Coal est un vol de terres, un vol de terres pour le charbon, pour faire de l’électricité pour d’autres gens, ailleurs. [Note: il n’y a pas d’électricité à Big Mountain].

Au cours de son intervention à la Convention de Diné CARE, Louise a parlé de la résistance contre la colonisation et l’extractivisme depuis les années 1960, sur Black Mesa.

Dans une interview pour Spirit Resistance Radio, Louise dit que Peabody Coal était arrivé en 1968 et avait commencé à aménager le terrain pour l’extraction de charbon.

“Comme cela, le reste des Etats-Unis aurait de l’électricité et de l’eau à volonté,” dit Louise.

La loi rédigée en 1974, appelait au déplacement de plus de 10 000 Navajos et plus de 200 Hopis. Les Etats-Unis ont tracé les limites sans le consentement des communautés locales.

“Ma communauté a décidé de ne pas déménager.” Louise dit que les gens parlaient des Diné de Black Mesa au passé, mais ils sont toujours là. “Nous sommes toujours là. Nous continuons à vivre selon notre mode de vie.” “Nous continuons à mettre en pratique nos traditions d’unité avec la nature.”

Louise dit qu’ils combattent et font tout pour annuler ce vol de terres. Elle dit aussi que la Centrale [au charbon] Navajo, Navajo Generating Station, près de Page, Arizona, pourrait fermer en 2019. “Nous l’espérons” dit-elle, ajoutant qu’il était temps que l’énergie solaire remplace les centrales au charbon.

Toute la région des Quatre Coins [entre l’Arizona, l’Utah, le Colorado et le Nouveau-Mexique, voir carte] a des puits de pétrole et de gaz, des mines de charbon, et il y a sept centrales électriques dans la région. Tout cela produit beaucoup de gaz à effet de serre, dit-elle.

“Ça nous frappe, nous avons beaucoup de problèmes de santé” dit Louise, citant les toxines et les eaux polluées. “Beaucoup de gens ont perdu la vie, en luttant contre ces maladies et la pollution toxique de l’air, de l’eau et de l’environnement.”

“Il n’y a pas de règles officielles pour ces centrales au charbon.”

Maintenant, c’est la sècheresse. “Nous n’avons pas eu d’hiver en 2017” dit-elle, ajoutant qu’il y avait eu fort peu de pluie. “La terre est en train de mourir.” “Nous n’avons pas d’herbe verte.” C’est une catastrophe. Notre nourriture n’est pas revenue. Nous espérons et prions pour qu’ils ferment ces centrales au charbon.”

La lutte a été interminable. En se joignant au rassemblement de Diné CARE, Louise dit qu’ils pratiquaient tous les vieilles traditions et que les différentes étiquettes mises sur les gens n’avaient pas d’importance. “Nous devons nous unir et être solidaires du mieux que nous pouvons.”

Le niveau de la nappe phréatique a baissé, la nappe aquifère ne peut plus fournir assez d’eau pour les moulins. L’eau aux alentours de Peabody Coal est polluée, et les gens vont chercher leur eau là-bas. Louise dit que les Diné pouvaient creuser dans les ravins de Big Mountain, quand elle était petite, et que le matin suivant de l’eau en sortait. Ça ne se produit plus. L’eau a été pompée de la nappe aquifère pour faire l’électricité qui alimente le sud de l’Arizona [où se trouvent les grandes villes].

“La sècheresse est tellement sévère, qu’il n’y a plus d’eau dans certains des moulins.” “L’eau c’est la vie, tout ce qui vit a besoin d’eau.”

Elle dit que les grandes compagnies voulaient toute l’eau, qu’il n’y avait pas de négociations possibles pour laisser de l’eau au gens.

“Les gens ne veulent pas voir la réalité” dit Louise, expliquant que les Diné n’étaient pas totalement impliqués dans les échanges sur ce qui se passe, ni dans la discussion sur l’eau depuis 20 ou 30 ans.

Louise vit à 25 km de la mine de charbon et elle n’a ni électricité ni énergie, et parce que les sont des résistants, ils n’ont pas accès aux services sociaux de la Nation Navajo, du gouvernement des Etats-Unis ou de quiconque.

“Ils essaient de nous affamer.” Et maintenant, les rangers Hopi “volent nos animaux”. C’est la nourriture des gens, dit-elle. “Nous ne sommes pas autorisés à cultiver pour notre nourriture. Il y a des montagnes de lois contre nous.”

Louise encouragea les gens à parler. Elle dit qu’elle pouvait recevoir des messages sur Facebook, à Louise Benally. Louise dit qu’il y a d’énormes besoins et que les gens peuvent aider. Elle a besoin d’un véhicule pour transporter de l’eau, et de fenêtres pour sa maison. Le toit de sa cave s’est effondré parce que des rangers Hopi avaient roulé dessus.

Il y a actuellement un camp de résistance où les gens peuvent venir.

Louise expliqua que le gouvernement de la Nation Navajo n’était qu’un bras du Gouvernement Fédéral, elle dit que le gouvernement de la Nation Navajo “couchait avec” les grandes compagnies, signant tous les contrats qui liquident les ressources.

“Nous disons NON.”

A cause de cette résistance, le gouvernement de la Nation Navajo “ne veut rien faire pour nous.” “C’est une entité du Gouvernement Fédéral.” Les Diné traditionnels sont des gens ancrés dans la terre et très différents du gouvernement de la Nation Navajo. Les gouvernements résultants de l’Indian Reorganization Act de 1934 sont ceux qui ont toujours travaillé avec les grandes corporations pour signer des contrats d’énergie. L’argent des contribuables des Etats-Unis rendent ces transactions possibles, dit-elle.

Pour conclure, Louise dit “Priez pour que nous ayons de la pluie.”

 

 

Louise Benally, Diné, de Big Mountain, qui résiste à la déportation depuis 40 ans. Photo Christine Prat

 

 

Dans la nouvelle série de Censored News, Racisme en Amérique, notre amie Louise Benally a envoyé la lettre suivante:

 

Bonjour Brenda,

Comme tu sais, le Racisme est toujours vivant et triomphant dans la Belle Amérique, dans toute la politique vis-à-vis des Indiens, sur les droits sur l’eau et les terres.

L’actuelle Loi de déportation 93-531 est une loi extrêmement raciste, qui existe encore aujourd’hui.

Cette loi veut l’eau et la terre de notre communauté, ici, à Black Mesa – charbon et eau – pour maintenir en vie le centre et le sud-ouest des Etats-Unis, en ce qui concerne ses besoins en énergie.

La raciste Hillary, encore lycéenne à l’époque, a aidé Barry Goldwater à rédiger le projet de loi.

Merci Louise (Brenda Norrell, Censored News)

 

D’après un article de factcheck.org de 2008, en 1964 Hillary Clinton, encore lycéenne, était membre des Jeunes Républicains et “Goldwater girl” pendant la campagne électorale d’alors. Toujours d’après l’article, elle a rejoint le Démocrate Eugene McCarthy en 1968 et soutenu la campagne de McGovern en 1972.

L’article la cite aussi disant “je ne suis pas née Démocrate”. Mais apparemment, elle l’est devenue quand elle a remarqué qu’il y avait des gens aussi réactionnaires au Parti Démocrate qu’au Parti Républicain. D’ailleurs, il faut noter que le Parti Démocrate a d’abord été le parti des Sudistes qui se battaient pour maintenir l’esclavage, le Parti Républicain était celui d’Abraham Lincoln et des Nordistes. (Il ne faut pas se faire d’illusions: si les Nordistes voulaient supprimer l’esclavage, c’était parce que les villes industrielles étaient en plein boom, et les patrons trouvaient plus avantageux de payer des salaires de misère aux ouvriers Noirs et de les laisser se débrouiller pour se loger et se nourrir, tandis que pour les planteurs du sud, ça revenait moins cher de loger leurs esclaves dans une grange et de les nourrir avec ce qui poussait sur leurs immenses propriétés). Le Parti Démocrate a viré à gauche délibérément au début du 20e siècle, afin d’éliminer les partis effectivement de gauche qui avaient encore beaucoup d’électeurs à l’époque).

Christine Prat

 

 

LOUISE BENALLY: ‘L’AGENCE DE PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT (EPA) NIE LE DESASTRE CAUSE AUX NAVAJOS PAR L’EXTRACTION MINIERE’

Lettre de Louise Benally (Diné, de Big Mountain) à l’Agence de Protection de l’Environnement fédérale.
Publiée sur Censored News, Nederlands
Vendredi 18 mars 2016
Traduction Christine Prat
Photos Christine Prat*

Hello Reyes [responsable de l’EPA- NdT],

J’appartiens à la Nation Navajo et j’y ai vécu toute ma vie, et nos ressources ont été polluées par l’extraction de Charbon dans la région de Black Mesa, par l’Uranium dans les régions du Nouveau-Mexique et certaines régions en Arizona l’ont été également par le Pétrole et le Gaz, et dans les régions de notre Réserve au Nouveau-Mexique et en Utah, et l’EPA n’a rien fait pour nous aider, et pourquoi ? Nous exigeons pour ces sites qui en ont tant besoin, un plan de décontamination à mettre en route le plus vite possible. Nous sommes toujours très inquiets à propos de ces problèmes environnementaux qui ont touché les terres de la Réserve depuis les années 1940 jusqu’à aujourd’hui. Nous exigeons que des Politiques de Justice Environnementale soient appliquées à nos Terres et nous exigeons que tout exploitant de carburant fossile soit déclaré responsable et doive rendre des comptes.

Merci, Louise Benally

 

Carte de la Réserve Navajo: Big Mountain en rouge, mine de Peabody en noir, Church Rock dans la réserve Navajo juste au-dessus de Gallup, Blue Gap à l’est de la réserve Hopi

Photo 1: Louise Benally chez elle à Big Mountain, septembre 2015
Photo 2: Mine de Peabody Coal, septembre 2012 (Peabody est actuellement en faillite, cependant, il est fort probable qu’une autre compagnie reprendra l’affaire)
Photo 3: Church Rock, Nouveau-Mexique, Réserve Navajo, site du plus grave accident nucléaire de l’histoire des Etats-Unis
Photo 4: Blue Gap, Arizona, Réserve Navajo, eau radioactive

 

WaterConnectUsOweAku6-3-2016

 

LES EAUX NOUS RELIENT : GRAND RASSEMBLEMENT DE PLUS DE 10 NATIONS A GILA RIVER

COMMUNIQUE DE PRESSE

Des Autochtones de plus de 10 Nations se rassemblent dans la Communauté Indienne de Gila River pour discuter de comment

LES EAUX NOUS RELIENT

Avec un hommage poétique et musical à John Trudell à Phoenix
Publié par Owe Aku
6 mars 2016
Traduction Christine Prat

Communauté Indienne de Gila River, Pii Paash Nyamat, Arizona – Pii Paash Uumish (communauté) de la Communauté Indienne de Gila River invite au rassemblement LES EAUX NOUS RELIENT, pour discuter de comment l’eau sacrée est menacée et protégée dans la région du Sud-ouest et à travers tout le Continent, du 11 au 13 mars 2016. Les points de discussion sont: protéger l’eau sacrée, contamination par les grandes entreprises, impact des industries minières liées à l’énergie, utilisation d’eau recyclée sur nos terres, fuites de déchets miniers dans les nappes aquifères et les rivières, surutilisation des nappes aquifères et barrages sur les rivières, stratégie dans les médias et autres histoires des lignes de front.

L’oratrice d’honneur DEBRA WHITE PLUME, Oglala Lakota/Cheyenne du nord de Pine Ridge devait présenter des histoires du territoire Lakota, entre autres les menaces sur l’eau sacrée par des mines d’uranium nouvelles ou en expansion près de la Réserve de Pine Ridge et des Black Hills, et le transport de pétrole de sables bitumineux par l’oléoduc Keystone XL.

«Ils ne peuvent pas arrêter le tremblement de terre, le volcan et la tornade. Ils ne peuvent pas arrêter la puissance. Nous sommes une connexion spirituelle avec la Terre. Comme individus nous avons de la puissance et, collectivement, nous avons la même puissance que le tremblement de terre, la tornade et les ouragans. » – John Trudell

Le VENDREDI SOIR a été consacré au grand JOHN TRUDELL, qui a dirigé par l’exemple et nous inspire pour continuer le combat… avec des poètes de la résistance, des chanteurs et des musiciens qui ont honoré sa vie et son œuvre. Parmi les poètes et les chanteurs, il y avait Simon Ortiz (Pueblo Acoma), Louise Benally (Diné), Nina Was’te (Nakota/Cree), Mercury Bitsuie (Diné), Maldito Angel y Yolotlce (de Culture O’Muerte), le poète Phil Freedom, l’artiste hip hop Kite 9d3, le poète Dominique Hunter, et l’artiste hip hop Che Christ (Pii Paash, Quechan), et l’hôtesse Rosy Torres de Chicago.

Sujet des Conférences de samedi [12 mars] et dimanche [13 mars]:

– Luttes pour l’eau dans la Communauté Indienne de Gila River, avec Reuben Cruz (Pii Paash) et des membres de la communauté O’odham

– L’héritage des mines d’uranium dans la région de Four Corners, avec Manny Pino (Pueblo Acoma), Leona Morgan (Diné) et Mercury Bitsuie (Diné)

– L’organisation et la mobilisation d’Idle No More avec une fondatrice, Nina Was’te (Nakota/Cree)

– La fuite des déchets de la mine Gold King dans la rivière Animas, mise à jour de Janene Yazzie (Diné)

– Le combat du Bastion Apache pour arrêter Rio Tinto [Resolution Copper – NdT] avec Wendsler Nosie (Apache) et Naelyn Pike (Chiricahua Apache)

– Contre Peabody Coal sur Black Mesa, avec Louise Benally de Big Mountain, dans le nord de l’Arizona (Diné)

– Protéger l’eau des Navajo et être victorieuse contre un projet de centrale au charbon, avec Elouise Brown, de Chaco Rio, Nouveau-Mexique

– L’impact et le rôle des Médias de la Base

Samedi soir [12 mars] il doit y avoir des Chants et Danses d’Oiseau par la Pii Paash Uumish.

Toutes nos précieuses, et limitées, sources d’eau sont reliées, des cours d’eau de surface sur Notre Mère la Terre aux nappes aquifères en dessous de nous, aux gouttes de pluie qui tombent des nuages au dessus, toute l’eau est reliée. Les protecteurs de l’eau et les défenseurs des terres peuvent se rassembler pendant ce temps pour honorer l’eau et les terres ancestrales, et élaborer des stratégies pour renforcer et construire la solidarité afin d’accroître l’efficacité des nombreux mouvements fondés pour protéger les terres et les eaux.

C’est notre devoir en tant que gardiens de la Terre d’apprendre comment les cours d’eau et les nappes aquifères sont menacés, exploités et pollués. Par le savoir et la construction d’une vaste communauté, le mouvement se renforce pour défendre et protéger l’avenir de nos eaux pures, précieuses et sacrées.

Les Pii Paash les accueillent avec le cœur et l’esprit ouverts sur leurs terres à l’extrémité ouest de la Communauté Indienne de Gila River, auprès du lit de la rivière de leurs ancêtres maintenant à sec, au pied des Montagnes Sacrées Estrella.

Les hôtes sont la Pii Paash Uumish, Owe Aku et le Peoples Media Project, avec le soutien de nombreux individus et organisations.

[…]

CONTACTS:

Reuben Cruz, Pii Paash (773) 747-2700, intoxicatedmc@hotmail.com . Pour la presse ou pour joindre les participants, prendre contact avec Kent Lebsock d’Owe Aku, iamkent@me.com
BIOGRAPHIE DE QUELQUES PARTICIPANTS:

LOUISE BENALLY, une grand-mère, mère et mère de clan de 55 ans, de la communauté de Big Mountain sur Black Mesa, au Nord de l’Arizona. Elle est cultivatrice, fait de la permaculture, est herboriste, avocate traditionnelle et conseillère sur divers aliments bio. Louise a chanté lors de l’hommage à John Trudell et parlé de son engagement [de John Trudell] dans la lutte de Black Mesa contre Peabody Coal et les problèmes d’eau qui s’ensuivent en Pays Navajo. Elle a été activiste toute sa vie dans les luttes environnementales pour l’eau, les sites sacrés, l’eau et les mines, et racontera des histoires et des leçons tirées de son travail.

MERCURY BITSUIE est un berger Diné de Sanders, en Arizona, qui a découvert récemment que la fuite de déchets de la mine de Church Rock [en 1979 – NdT] dans le Rio Puerco avait atteint les puits d’eau potable de sa communauté.

ELOUISE BROWN est de Chaco Rio, au Nouveau-Mexique, dans la Nation Navajo. En 2006, elle a découvert qu’un projet d’énorme centrale au charbon nommée ‘Desert Rock’ faisait des forages pour de l’eau près de chez elle. Avec amour pour leur terre, Elouise et sa famille ont érigé une barricade. Deux ans et demi plus tard, le projet de centrale au charbon de 1500 mégawatts a été abandonné. Elouise Brown Présidente, Organisation Doodá (NO) Desert Rock, Chaco Rio, Nation Navajo, Nouveau-Mexique.

REUBEN CRUZ, (Pii Paash/Quechan), les eaux à Gila River
Reuben est Pii Paash (Maricopa), Quechan, et père, musicien, poète, organisateur, humaniste des Montagnes Estrella, à l’ouest de Phoenix, Arizona. En tant qu’emcee [MC, Microphone Controller, DJ, rappeur] (sous le nom de Che Christ), il se sert de ses dons de conteur pour parler de justice sociale et de respect de tous les peuples dans une musique hip-hop positive. Reuben enseigne dans des ateliers d’écriture pour les jeunes des centres urbains et des communautés Autochtones. Il a été publié dans High Times, Waging Non Violence, As Us Journal, Ghazals For Foley et Hinchas de Poesia. Il a publié lui-même HAARP (Heavy Anti-Authoritarian Rap Poems – Poèmes Rap Anti-Autoritaires Lourds) en 2010. Reuben participe à des manifestations qui utilisent la musique, l’art et le film pour célébrer les mouvements sociaux contemporains. Reuben a collaboré avec Prairie Dust Films pour Crying Earth Rise Up et Standing Silent Nation et dans les rues avec le Projet de Médias Populaires. www.chechrist.com

LEONA MORGAN (Diné) de la Nation Navajo, a travaillé comme organisatrice de la communauté et enseignante des problèmes d’uranium depuis 2007. L. Morgan s’est occupée à la base d’empêcher la pollution de l’eau par une opération de Lixiviation In Situ dans l’est du territoire Navajo. En 2014, elle a co-fondé Diné No Nukes (DNN – Pas de Nucléaire Navajo). DNN est une initiative centrée sur l’éducation, sur toute la Chaîne de Carburant Nucléaire avec un intérêt spécial pour les terres comprises entre les Quatre Montagnes Sacrées pour les Diné. http://www.dinenonukes.org/

WENDSLER NOSIE SR. est actuellement Conseiller pour le District de Peridot et ex-Président du Conseil Tribal des Apaches de San Carlos, qui sont environs 15000 dans la Réserve Apache de San Carlos, dans le sud-est de l’Arizona. Wendsler est né en 1959 et a été élevé dans la tradition Apache. En 2000, il a fondé les Coureurs de l’Esprit de la Montagne, une organisation de coureurs traditionnelle. Il a créé le journal Apache Messenger en 2011, dont il est propriétaire et qu’il gère actuellement. Wendsler Nosie est marié à Theresa Beard Nosie, de la Nation Navajo. Ils vivent à Peridot, en Arizona, dans la Réserve Indienne Apache de San Carlos et ils ont six enfants : Lian, Vanessa, Wendsler Jr., Angel, Alicia et Taegan, et 12 petits-enfants. Wendsler Nosie se consacre à la préservation et la protection de la culture et des objets Amérindiens, à l’histoire religieuse et à la tradition. Il a fondé le Bastion Apache, qui occupe toujours Oak Flat depuis plus d’un an. Il s’est battu toute sa vie pour les droits des autochtones et a décidé de se consacrer à la protection de l’avenir pour les générations à venir.

NAELYN PIKE, 16 ans, est membre de la Tribu Apache de San Carlos. Elle est au lycée de Globe et membre de la National Honor Society. Naelyn a été Coureuse de l’Esprit de la Montagne depuis l’âge de 2 ans, un groupe de coureurs traditionnels qui continuent de protéger le Mont Graham, sacré, contre un projet de télescopes de l’Université d’Arizona et du Vatican. Naelyn est membre du Bastion Apache, qui continue d’occuper et défendre Oak Flat contre la compagnie minière étrangère Resolution Copper. Le site Sacré d’Oak Flat a été bazardé par le biais d’un truc de dernière minute fourré dans la Loi d’Autorisation de la Défense Nationale de 2015. Naelyn a témoigné deux fois devant le Congrès sur l’Echange de Terres du Sud-est de l’Arizona et le projet de loi Sauvez Oak Flat. En 2015, elle s’est aussi rendue à Washington avec le Convoi du Bastion Apache pour unifier tous ceux qui se préoccupent de la protection de Notre Mère la Terre et de l’avenir des prochaines générations.

MANUEL PINO est Pueblo Acoma du Nouveau-Mexique. Il est actuellement professeur de sociologie et coordinateur des Etudes Amérindiennes à l’Université Communautaire de Scottsdale. Les recherches de Manuel portent sur les problèmes environnementaux qui touchent les Amérindiens et les Peuples Autochtones du monde entier. Il se concentre surtout sur la chaîne du carburant nucléaire, particulièrement les mines d’uranium, et ses effets sur les Peuples Autochtones. Manuel a été délégué dans de nombreuses conférences internationales sur l’environnement aux Nations Unies et est actuellement membre de plusieurs conseils d’administration d’organisations écologiques dans tous les Etats-Unis. Manuel travaille actuellement avec des ouvriers de l’uranium au Nouveau-Mexique, en Arizona, dans le Dakota du Sud et l’état de Washington, sur les problèmes de santé liés aux radiations et dans des communautés qui s’opposent à l’entreposage de déchets nucléaires et à de nouvelles mines. En 2008, il a reçu le Prix du Futur Sans Nucléaire à Munich, en Allemagne, pour son activisme.

SUREE TOWFIGHNIA, (Grassroots and Mainstream Media Strategies, Stratégies des médias pour la base et le grand public) est réalisatrice, productrice et enseignante en documentaires. Elle a mis en scène et co-produit Crying Earth Rise Up (2015), un documentaire de PBS (Public Broadcasting Service – Service Public de Diffusion) qui révèle les effets de l’extraction d’uranium sur l’eau et les habitants des Grandes Plaines. Suree avait précédemment réalisé Standing Silent Nation (2007), un documentaire de PBS sur la lutte d’une famille Amérindienne pour cultiver du chanvre industriel sur les terres souveraines de leur Réserve. Elle a mis en route le Projet de Médias Lakota (LMP) avec Owe Aku en 2003, pour enseigner à des jeunes filles et des femmes Lakota comment raconter leurs propres histoires dans des documentaires. Suree enseigne aux jeunes, aux Anciens et à quiconque, les techniques du documentaire et la stratégie médiatique dans des organisations, des communautés, des universités et des écoles. Suree est Iranienne, Mexicaine, Polonaise/Allemande, née à Chicago, et réside actuellement en Arizona avec son mari et ses deux enfants.

NINA WAS’TE WILSON est du Territoire du Traité 4 au sud du Saskatchewan. Nina est mère, grand-mère et co-fondatrice du Mouvement Idle No More qui a éclaté partout en 2012. Nina s’est spécialisée dans le mouvement pour enseigner comment devenir meilleur Défenseur de l’Eau Sacrée et de Notre Mère la Terre par la stratégie, l’organisation et le développement des talents nécessaires. Nina est aussi profondément immergée dans sa langue et sa culture et se conforme aux Lois Traditionnelles des Nakota Dakota Nehiyawak. Nina croit et met en pratique la culture et l’émancipation des jeunes femmes de sa communauté, sa famille et sa nation avec le soutien et l’approbation de ses parents [compatriotes] du Territoire du Traité 4 et au-delà. Nina enseigne l’analyse de la propagande, le développement du guerrier et la déconstruction de la pathologie coloniale.

DEBRA WHITE PLUME, née en 1954, est descendante du Tiospaye de Red Cloud du côté paternel, et de la Nation Cheyenne du Nord du côté maternel, et est membre cooptée de la Bande Oglala de la Nation Lakota. Debra a vécu dans la Réserve Indienne de Pine Ridge, dans le Dakota du Sud, toute sa vie, et sur les rives du Ruisseau Wounded Knee depuis 30 ans. Debra a commencé à s’impliquer dans le domaine des Traités et Droits du Sol et la préservation et revitalisation de la culture Lakota dès l’âge de 17 ans, quand elle a obtenu le diplôme d’études secondaires [‘baccalauréat’]. Elle s’occupe de problèmes locaux et internationaux. Sa tribu l’a honorée en lui remettant le Drapeau Tribal dans les années 1990. En 1997, Debra a été co-fondatrice, à Pine Ridge, d’une ONG de base, pour le changement social, appelée ‘Owe Aku’, Bring Back the Way [Retrouvez la Voie]. Debra est mère de 3 enfants, grand-mère de 15 petits-enfants, et Mère et Grand-mère Spirituelle de nombreux jeunes dans beaucoup de Nations. Debra a été publiée en tant qu’écrivaine et poète, a produit des films, a été animatrice à la radio, et rédactrice et éditrice de journaux.

ROSEBUD WHITE PLUME est membre de la Nation Oglala Lakota et du Tiospaye (famille élargie) White Plume. Depuis 2002, Rosebud a étudié la théorie, la technique et la production du film documentaire et dirige actuellement le Lakota Media Project. Rosebud a l’inspiration d’utiliser les médias pour préserver son mode de vie par des documentaires sur des histoires et des problèmes représentant des alternatives aux représentations limitées de son peuple dans les médias officiels. Elle fait de courtes vidéos sur le mode de vie Lakota, les mouvements pour la justice sociale dans les communautés autochtones, la jeunesse de la Réserve de Pine Ridge, et réalise The Indigenous View [le Point de Vue Autochtone], une émission de télévision en ligne. Rosebud est mère de sept enfants qui vivent sur les rives du Ruisseau Wounded Knee.

JANENE YAZZIE est une militante des droits de l’homme et des Autochtones, qui a contribué à fonder Sixth World Solutions [Solutions du Sixième Monde], une entreprise vouée à promouvoir un développement durable de la communauté, dans la Nation Navajo. Originaire de Lupton, Arizona, elle a grandi dans une région de la Nation Navajo fortement touchée par la mine d’uranium de Church Rock. Ses expériences l’ont conduite à collaborer avec d’autres défenseurs de la sécurité de l’eau dans la Nation Navajo pour fonder l’Association des Chapitres du Bassin Hydrologique du Petit Colorado (LCRWCA), dans laquelle elle travaille comme planificatrice pour aider à développer un modèle de planning dirigé et géré par la communauté pour le bassin hydrologique, qui renforce l’autonomie locale et l’autodétermination pour créer la sécurité de l’eau, de la nourriture, et la résilience au changement climatique pour le présent et les générations futures, en utilisant le savoir écologique traditionnel.

 

 

Vidéo enregistrée le 10 septembre 2015, chez Louise Benally, à Big Mountain

 

LOUISE BENALLY DE BIG MOUNTAIN: LES PROBLEMES SONT TOUJOURS LA, NE NOUS OUBLIEZ PAS!

Le 10 septembre 2015, j’ai été invitée à Big Mountain par Louise Benally, qui résiste depuis toujours aux pressions de ceux qui veulent en chasser les derniers Navajo, sous prétexte que la zone où ils vivent depuis toujours a été attribuée à la Réserve Hopi en 1974. Louise demande qu’on n’oublie pas Big Mountain et la situation dramatique de ses habitants, qu’on en parle, qu’on les soutienne.

Christine Prat

 

 

En 1974, le Congrès des Etats-Unis a adopté la loi PL 93-531, qui décidait du partage d’une zone jusque là commune aux Navajo et aux Hopi, et de la déportation et ‘relocalisation’ forcée de milliers de familles Navajo de Big Mountain. La loi a été votée en plein scandale du Watergate, par conséquent, la plupart des Sénateurs et Représentants étaient absents des discussions de la loi PL 93-531, ne venaient que quand ils entendaient la cloche annonçant le moment de voter, demandaient à leurs assistants quelle était la position des Sénateurs-vedettes afin de décider de leur vote. A l’époque, le plus célèbre et influent était le Sénateur d’Arizona Barry Goldwater, ex-candidat aux présidentielles, connu alors en Europe comme démagogue populiste d’extrême droite.
Juste avant que la question de Big Mountain ne soit noyée par le scandale du Watergate, le conseiller juridique – Mormon – de la tribu Hopi, qui s’est avéré plus tard avoir été aussi le conseiller juridique de la firme Peabody Coal – fondée par des Mormons – (qui est toujours la plus grande compagnie charbonnière du monde), et avoir travaillé pour la firme de Relations Publiques – Mormone – qui se chargeait de manipuler les médias, avait réussi à présenter l’affaire comme une guerre tribale dévastatrice entre les Hopi et les Navajo. C’était bien sûr un mensonge ridicule. En réalité, il y avait bien eu des problèmes de voisinage, des conflits entre familles, mais pendant tous ces siècles depuis lesquels les Hopi et les Navajo sont voisins, il n’y a jamais eu de guerre généralisée entre les deux tribus. Il y a aussi toujours eu des mariages mixtes, et beaucoup de familles appartiennent aux deux tribus. En fait, c’était surtout les dirigeants Hopi de l’époque, occidentalisés – et, pour certains, convertis à la religion des Mormons – intéressés par les profits rapportés par l’exploitation du charbon, qui avaient choisi Peabody, contre leurs voisins Navajo et leurs propres administrés ‘traditionnels’, qui n’apprécient pas non plus la pollution au charbon de l’air qu’ils respirent, et l’épuisement des ressources en eau déjà rare.

Les Diné (Navajo) qui sont restés chez eux envers et contre tout, sont des résistants, des gens qui n’abandonneront jamais. Louise Benally est l’une d’entre eux et sans doute la plus active.

Des articles ont été publiés l’an dernier, lorsque des habitants très âgés de Big Mountain ont été brutalement agressés par la police Hopi venue saisir leurs moutons. Mais quand il ne se passe rien de spécial, ils sont oubliés. Cependant, la situation à Big Mountain ne s’est pas améliorée. Les gens n’ont pas l’eau courante, l’eau des sources est épuisée et ils doivent avoir recours à des procédés ingénieux (voir vidéo) pour recueillir l’eau de pluie, ils n’ont pas d’électricité – alors que le charbon extrait par Peabody fournit des centrales électriques très polluantes, qui alimentent les grandes villes de la région, mais pas les Navajo qui vivent à proximité –, ils n’ont pas de routes goudronnées – les pistes se transforment en torrents de boue dès qu’il pleut. Selon PL 93-351, ils sont ‘illégaux’ sur leurs propres terres et n’ont donc aucun droit. Pendant des années, ils n’étaient pas autorisés à effectuer la moindre réparation dans leurs maisons à cause d’une loi connue aux Etats-Unis sous le nom de ‘Bennett Freeze’, beaucoup de maisons sont donc en mauvais état, et beaucoup de gens n’ont pas les moyens de les réparer. La plupart des résistants sont âgés, les jeunes ont tendance à partir chercher du travail ailleurs, ce qui rend la situation d’autant plus difficile pour ceux qui restent. En plus des conditions de vie très dures, ils subissent un harcèlement quasi constant de la part de la police et des ‘Rangers Hopi’, leur bétail est saisi, ce qui aggrave le manque de nourriture. Une bonne part de leur bétail, qui fournit de la viande à manger et de la laine à vendre, avait déjà été saisie l’an dernier, en octobre, juste avant l’hiver, période où ils ont particulièrement besoin de nourriture, vu les difficultés de circulation sur les pistes boueuses et dans la neige. Il y a eu de nouvelles saisies de bétail au printemps dernier, les bêtes ont été vendues aux enchères, et des gens ont dû s’endetter pour racheter leurs propres bêtes.

Bien sûr, le harcèlement a pour but de pousser les gens à partir, étant donné que Peabody veut s’étendre. Des Hopi, au Conseil Tribal, soutiennent Peabody, vu qu’ils ont besoin de l’argent que çà leur procure. Les dirigeants Navajo ont aussi des intérêts dans l’exploitation des ressources – la mine principale est en territoire Navajo – et ont récemment donné leur accord pour prolonger le permis d’exploitation de Peabody de 25 ans.

Les gens en ont assez d’être empoisonnés par le charbon, et de manquer d’eau à cause des quantités phénoménales utilisées par Peabody pour extraire le charbon.

Dans la vidéo ci-dessus, Louise Benally parle du manque d’eau et des projets qu’elle a implémenté sur sa propre terre pour compenser un peu les effets du vol d’eau.
Son message est qu’il ne faut pas oublier Big Mountain, les problèmes s’aggravent, Peabody veut s’étendre, les gens vieillissent, ils sont harcelés, ils manquent d’eau, de nourriture, de communications et ils ont besoin d’attention et de soutien !

Christine Prat

 

Louise Benally, de Big Mountain

 

LES HABITANTS DE FOUR CORNERS SONT FATIGUÉS D’ETRE SACRIFIES POUR LA PRODUCTION D’ELECTRICITE AVEC DU CHARBON POLLUANT, ILS EN ONT TEMOIGNE AU COURS D’UNE AUDITION DU BLM

Par Brenda Norrell
Censored News
20 août 2015

FARMINGTON, Nouveau-Mexique – S’exprimant contre les lois qui visent les Amérindiens et leurs ressources naturelles, des Autochtones ont dit au Bureau d’Aménagement du Territoire(BLM) d’effectuer la transition vers l’énergie renouvelable et de mettre fin au génocide des Amérindiens au profit de l’énergie sale du charbon.
Des Amérindiens, des scientifiques, des agriculteurs et des travailleurs ont décrit la réalité faite de maladies et de mort dans la région sacrifiée de Four corners, au cours d’une audition du BLM.
Louise Benally, Diné de Big Mountain qui résiste à la déportation forcée, a témoigné et dit qu’elle était victime de la destruction causée par l’extraction de charbon par Peabody Coal sur Black Mesa, d’où de nombreux Diné (Navajo) ont été déportés par la force pour faire place aux activités minières de Peabody Coal.
L. Benally a dit qu’en ce moment même des moutons et autre bétail étaient saisis sur Black Mesa.
L. Benally dit aussi que le Sénateur d’Arizona John McCain persiste à essayer de voler les droits sur l’eau du Colorado au profit de ceux qui vivent dans le luxe dans le sud de l’Arizona et de la Centrale Electrique Navajo, alimentée au charbon, à Page, en Arizona, qui fournit de l’électricité au sud de l’Arizona.
« Les compagnies d’énergie mangent la terre et sucent sa respiration. »
Décrivant comment les compagnies charbonnières détruisent la terre, elle dit: « Nous somme écœurés et fatigués de votre cupidité. »
Louise Benally dit que les Etats-Unis continuent à tuer les gens par leurs lois.
« Les forages dans l’Arctique doivent cesser » dit-elle, se référant à la décision d’Obama d’octroyer à Shell le droit de forer dans l’Arctique.
« Le pipeline d’Alberta doit cesser de fonctionner » dit-elle encore à propos du pétrole de sables bitumineux et de ses oléoducs, parmi lesquels le Keystone XL.
Elle dit que l’Inde et la Chine avaient besoin d’énergies renouvelables au lieu de continuer à demander de ces énergies polluantes.
« Faites votre travail et faites cette transition » dit Louise Benally au BLM.
Lester Begay dit dans son témoignage que les Anciens Diné savaient, et avaient prédit, que ce qui était extrait du sol tuerait les gens.
Begay dit que les Anciens Diné enseignaient le respect de ce qui est dans la nature. Il raconta une histoire des Anciens: Quand les Blancs ramassent une pierre, ils la regardent toute la journée, puis ils la vendent.
Des Amérindiens ont dit dans leurs témoignages que de l’asthme et des crises cardiaques étaient provoqués chaque année rien que par les centrales de Four Corners et San Juan, au Nouveau-Mexique.
Les centrales de la région de Four Corners signifient que la région est devenue zone de sacrifice, produisant de l’électricité avec du charbon polluant pour des grandes villes lointaines.
Des Pueblos ont témoigné de ce que la mine d’uranium Jackpile Mine avait causé la mort chez les Pueblos Laguna et Acoma, au Nouveau-Mexique. Des mineurs Pueblo travaillaient sans protection, et les radiations se propageaient dans leur eau, leur nourriture et les pâturages de leur bétail.
« Notre mode de vie même a été volé » dit une femme Pueblo qui parlait de la mort de son grand-père. « Ils n’ont pas été obligés de nettoyer les dégâts qu’ils avaient faits ». Elle ajouta qu’aucune somme d’argent ne pourrait ramener son grand-père.
Un membre de l’association des hommes et femmes médecine Diné dit: « Vous devez être très prudent quand vous dérangez notre Mère la Terre. »
« Nous devons respecter notre Mère la Terre », dit-elle en décrivant les poisons des centrales électriques.
Une personne qui témoignait au nom des Autochtones et des gens de couleur, dit que les habitants de Four Corners qui étaient venus témoigner n’avaient pas été respectés par les officiels du BLM pendant leur prière à l’extérieur un peu plus tôt. Elle dit aussi qu’ils n’avaient pas été salués convenablement par le BLM.
Les Amérindiens vivant dans la région de Four Corners dirent que les enfants étaient de ceux qui souffraient d’asthme et de maladies respiratoires causés par les centrales au charbon.
La Centrale de San Juan et les centrales de Four Corners utilisent d’énormes quantités d’eau potable et rejettent de l’eau polluée toxique, selon les témoignages des habitants.
L’extraction de charbon vise les pauvres et les plus vulnérables, dirent-ils.
Un de ces habitants, qui vit en aval des centrales de Four Corners, dit que son fils de cinq ans avait failli mourir de la pollution causée par la centrale la plus en aval. Il dit aux officiels du BLM d’aller là-bas et de boire l’eau sale qui sort des centrales de Four Corners. Il dit qu’il s’attendait à ce que sa famille et ses enfants en boivent, et donc qu’ils devaient en faire autant.
« Il n’y a pas de charbon propre » dit un des habitants de Four Corners.
Il a été demandé aux Etats-Unis de cesser de subventionner l’énergie polluante du charbon.
Charles Pacheco a décrit le travail dans les centrales électriques, des déchets dangereux et des radiations.
Pacheco dit que le gouvernement Obama ne se soumettait pas aux règlements sur les appareils respiratoires sûrs et l’arsenic de la Centrale de San Juan.
Quand Pacheco s’est plaint, il a été viré.
« Si vous étiez travailleur et disiez quoique ce soit sur le sujet, ils vous licenciaient. »
Donna House, Diné, raconta comment les centrales détruisaient des espèces rares et menacés de plantes. Les centrales ont détruit l’habitat des plantes et des gens, dit D. House.
Des agriculteurs ont dit avoir besoin d’eau propre pour leurs cultures. Le Nouveau-Mexique a une riche culture et les gens n’arrêteront pas de combattre le charbon polluant, dit un agriculteur.
Le BLM a aussi été critiqué pour ne pas avoir annoncé cette session dans d’autres langues que l’anglais, alors qu’au Nouveau-Mexique plusieurs langues sont parlées.
« Nous voulons un changement de système, pas un changement climatique » dit un habitant.
Un lycéen de Santa Fe dit que l’électricité produite au charbon est la première cause de réchauffement climatique.
Peabody Coal et d’autres firmes de charbon polluant font faillite et les contribuables devront payer les coûts de cette énergie sale qui a causé la mort et la maladie à grande échelle, dirent des habitants.
Parmi ceux qui ont témoigné sur le changement climatique et les politiques destructrices de l’énergie du charbon aux Etats-Unis, il y avait des Diné, des Pueblo, des étudiants, des scientifiques, des agriculteurs, des travailleurs, des bergers, des réalisateurs de films, et des membres de communautés, de Big Mountain à Taos Valley et au Colorado, de Santa Fe, Albuquerque et au-delà.

 

 

Protégez le climat, dites au Ministère de l’Intérieur de garder le charbon dans le sol !

Depuis des décennies, le gouvernement fédéral a laissé les compagnies charbonnières exploiter nos terres publiques. Le Bureau d’Aménagement du Territoire loue des ressources publiques à des compagnies charbonnières privées. Pendant que le BLM rend possible les profits des compagnies charbonnières, les communautés locales subissent l’essentiel de la pollution qui les accompagne, et qui menace la santé publique, l’air, l’eau et le climat.

Le Ministère de l’Intérieur des Etats-Unis s’adresse au public américain dans un ‘échange honnête’ sur comment améliorer la façon dont il gère le charbon publique. La série d’auditions à Farmington se terminait jeudi. C’était pour nous l’occasion de cimenter le message.

Si nous voulons être honnêtes, il est temps de dire au DOI et au BLM de garder le charbon dans le sol. Le temps des enquêtes est terminé – nous SAVONS que le charbon tue et il ne fait pas de doute que brûler du charbon alimente en grande partie un changement climatique catastrophique. Le Nord-ouest du Nouveau-Mexique et la Nation Navajo ne seront plus considérés comme une ‘zone de sacrifice à l’énergie’. Le moment est venu pour une vraie révolution et pour une nouvelle économie de l’énergie dans l’intérêt des communautés locales et de tous les habitants du Nouveau-Mexique. […]

 

 

LA RAPACITE DE PEABODY COAL: VOL D’OBJETS SACRES NAVAJO ET HOPI

Par Brenda Norrell
Censored News
See original article in English

Lundi 22 avril 2013

Traduction Christine Prat

BLACK MESA, Arizona – Alors que la compagnie Peabody Coal arrachait le charbon de Black Mesa, entraînant la déportation forcée de 14000 Navajos et les plongeant dans le malheur, elle s’est emparée d’un million de vestiges Navajo et Hopi sur le site. Ces vestiges se trouvent maintenant à l’Université du Sud de l’Illinois, à Carbondale.

Louise Benally, une Diné de Big Mountain, dit « Ils volent les âmes de nos ancêtres qui reposaient dans cette terre afin de violer de nos droits de l’homme actuellement. L’acte d’avoir sorti les ossements et les restes de nos ancêtres révèle tout simplement une chose : l’injustice de l’impérialisme qui a empiété sur nos terres natales.

« Tout ce que nous pouvons dire c’est ré enterrez les ossements où ils les ont pris. Voler les ossements des ancêtres révèle une seule chose : la violation de nos droits de l’homme.

« Ils ont tué la terre quand ils y ont creusé des mines. C’est la mentalité des colonialistes qui ne respecte pas les lois de la nature.

« On ne doit pas toucher à des ossements. Tout doit être laissé en paix et replanté là-bas. La compagnie Peabody Coal ne respecte rien ni personne, il n’y a que leur rapacité qui compte » a dit L. Benally à Censored News.

Peabody Coal, avec l’aide d’avocats et de politiciens, a fabriqué la soi-disant ‘dispute Navajo Hopi pour la terre’ afin de chasser les Navajo de Black Mesa et d’en extraire le charbon.

Maintenant, à l’Université du Sud de l’Illinois, le Centre pour les Recherches Archéologiques dit que la prise des vestiges Navajo et Hopi a été financée par Peabody Coal. L’université va jusqu’à se vanter de la prise :

Nous travaillons actuellement sur un projet de 5 ans et demi pour inventorier et reloger les collections du Projet Archéologique de Black Mesa (BMAP). Ce projet est un des plus importants, en volume et dans le temps, de l’histoire de l’archéologie d’Amérique du Nord. Le travail sur le terrain s’est étendu sur sept ans, de 1967 à 1983, et a employé jusqu’à 200 personnes en un seul été. Près de 2500 sites archéologiques ont été identifiés et plus de 200 ont été fouillés, sur les 256 km² que Peabody Energy loue aux Hopi et Navajo sur Black Mesa. Le travail sur le terrain a mis au jour plus d’un million d’objets dont le Centre de Recherches Archéologiques est le curateur, ainsi que des notes prises sur le terrain, des cartes, des photographies et autres documents associés. Ce projet, mené en collaboration avec les Hopi et les Navajo et généreusement financé par Peabody Energy, assurera que les collections soient gérées de manière adéquate, maintenant et dans un lointain futur.

 http://cai.siu.edu/staffpages/lapham.html

DES FEMMES NAVAJO SOLIDAIRES DE LA PALESTINE S’OPPOSENT AUX PRATIQUES GENOCIDAIRES D’ISRAEL ET DISENT QUE LES NAVAJOS N’ONT PAS BESOIN DES PRODUITS CHIMIQUES ISRAELIENS POUR PRODUIRE LEUR NOURRITURE

Par Brenda Norrell
Censored News
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Traduction Christine Prat

Mercredi 12 décembre 2012

Des femmes Navajo solidaires de la Palestine s’opposent à la visite du Président Navajo Ben Shelly en Israël cette semaine et dénoncent la politique génocidaire permanente d’Israël et les violations des droits de l’homme de longue date de Ben Shelly chez lui.

Les femmes Navajo disent que Shelly et Israël font partie de la machine de guerre. Etant donné que les Navajos pratiquent une agriculture durable, ils disent que Shelly n’a pas besoin d’aller en Israël pour apprendre à utiliser des produits chimiques pour produire de la nourriture.

Louise Benally, Diné [Navajo] qui résiste à la déportation forcée à Big Mountain, Arizona, dit « Ben devrait rester en Israël pour apprendre l’agriculture, ils ne sont que des pantins pour les machines de guerre. »

« Apprend-il a produire de la nourriture ou des armes de destruction massive ? » L. Benally et d’autres Diné de Black Mesa disent que le gouvernement de la Nation Navajo n’est qu’un gouvernement fantoche aux mains de celui des Etats-Unis et qu’il les a abandonnés pour les dollars des mines de charbon et des centrales électriques.

Janene Yazzie, une Navajo qui travaille dans l’agriculture durable, dit que Shelly n’a pas besoin d’aller en Israël pour apprendre comment utiliser des produits chimiques pour produire de la nourriture.

« Entendre que notre président croit que le gouvernement d’apartheid d’Israël a plus a offrir que les Diné de son propre pays qui combattent sa politique est douloureux et révèle une incroyable ignorance. »

J. Yazzie souligne que la visite de Shelly en Israël cette semaine n’est que la manifestation la plus récente d’une longue liste de violations des droits de l’homme, parmi lesquelles des manigances pour vendre les droits sur l’eau des Navajos et l’envoi d’équipes d’intervention spéciales pour intimider les Navajos dans des forums publiques. Janene Yazzie dit : « Çà ne devrait ni nous choquer ni nous surprendre que le Président de notre Nation Navajo Ben Shelly entreprenne un voyage inattendu en Israël, un gouvernement qui s’est voué à exercer des pratiques génocidaires contre sa population Palestinienne Autochtone. »

« Dans des communautés à travers notre nation il y a une lutte pour ramener la production de nourriture la niveau local en retournant aux méthodes d’agriculture et d’irrigation traditionnelles qui conviennent à notre climat, notre sol, notre cuisine autochtone et aux valeurs de notre culture » dit J. Yazzie.

« Au lieu d’aller voir ces projets ou de les étudier, le Président Shelly va en Israël étudier la ‘fertirrigation’ [irrigation avec de l’eau contenant des engrais], une méthode dépendant de l’utilisation d’engrais chimiques. » [Voir la suite de la déclaration de J. Yazzie – en anglais – sur : http://bsnorrell.blogspot.com/2012/12/navajo-janene-yazzie-solidarity-with.html ]

Angela Davis, Navajo, rappelle que la Nation Navajo utilise des graines génétiquement modifiées depuis des années dans son exploitation agricole commerciale, Navajo Agricultural Products Industry – NAPI [Industrie de Produits Agricoles Navajo], qui a fait la promotion de Monsanto sur son site web. A. Davis ajoute « Si Ben Shelly se préoccupe tellement d’agriculture il devrait arrêter d’acheter des graines génétiquement modifiées à Monsanto. Il dit aussi reconnaître des problèmes communs dans la contamination aux radiations de l’eau israélienne, alors qu’il ignore délibérément les gens de son peuple qui sont malades et qui meurent suite à l’irradiation de leur eau par l’exploitation des mines d’uranium qu’il soutient !
« Il voit aussi des similarités avec les luttes des Israéliens dans leur pays et partage les préoccupations de leurs dirigeants. Il est comme Benjamin Netanyahu, un dictateur coupable du génocide de gens opprimés dans leurs propres territoires occupés. Nous avons plus de choses en commun avec les Palestiniens qu’avec le régime Sioniste d’Israël. Ben Shelly est un menteur et je ne crois pas que ses intentions de visite soient dans l’intérêt du peuple. »

 

Publié par brendanorrell@gmail.com

 

Louise Benally, Navajo, éclipse Obama

Original article in English

Par Brenda Norrell

Censored News

Vendredi 2 décembre 2011

 Traduction Christine Prat

 

TEMPE, Arizona –  Des Amérindiens protestant contre une centrale au charbon et la rapacité des grandes compagnies ont éclipsé le Président Obama. Bien qu’à chaque extrémité du pays, Louise Benally, une Navajo protestant en Arizona, et Obama, ont commencé à parler au même moment en direct sur le web, vendredi 2 décembre.

Louise Benally, une Navajo qui résiste à la déportation de Big Mountain, dans la Nation Navajo, a éclipsé Obama qui, à Washington s’adressait à la Conférence des Nations Tribales à la Maison Blanche.

La rhétorique d’Obama a paru fade à côté des mots puissants de Louise Benally sur les dégâts des centrales à charbon à la manifestation de protestation en Arizona.

L. Benally a dit, « Nous n’avons pas d’eau dans notre communauté. Les puits s’assèchent, le niveau des points d’eau et de la nappe aquifère diminue, beaucoup de polluants sont rejetés dans les eaux sous-terraines. Des terres se lézardent, ce qui ne s’était jamais produit auparavant. La végétation est totalement empoisonnée par l’anhydride sulfureux . »

Des Amérindiens ont protesté contre le Projet Salt River au cours de quatre jours de manifestations contre l’American Legislative Exchange Council (ALEC) et son exploitation raciste en Arizona au profit des grandes compagnies.

Le Projet Salt River gère la centrale au charbon située en Nation Navajo, près de Page, Arizona. La dite Centrale Navajo (Navajo Generating Station) fournit de l’électricité à ses clients en Arizona, au Nevada et en Californie et fournit l’énergie pour pomper de l’eau pour le Central Arizona Project. Pendant ce temps, les Navajos doivent vivre avec les maladies dues à la pollution. Beaucoup de Navajos vivent sans eau courante et sans électricité. L. Benally a décrit comment les activités du Projet Salt River détruisent l’environnement et des vies humaines sur le territoire de la Nation Navajo.

« Nous essayons de leur inculquer, de leur faire comprendre, que ce qu’ils font, que leurs pratiques sur Black Mesa frappent nos communautés. Nous avons beaucoup de problèmes de santé qui ne sont pas pris en compte. »

L. Benally dit que le charbon est vendu aux centrales pour un prix dérisoire, au tarif des années 1960. Les Navajos ne veulent plus vendre de charbon à des prix bien inférieurs à ceux du marché.

L. Benally a dit aussi qu’il est temps d’amorcer la conversion aux énergies revouvelables.

« Le fuel fossile est près de sa fin. »

L. Benally dit que des décennies d’exploitation du charbon à Black Mesa ont laissé les Navajos souffrant de beaucoup de problèmes de santé.

« J’ai de l’asthme. J’ai beaucoup de problèmes de santé. Quatre-vingt dix pour cent des gens de ma communauté ont des problèmes de santé. Les enfants naissent avec ces problèmes. Les gens développent toutes sortes de maladies qui n’existaient pas avant que l’exploitation des mines de charbon ne commence. »

Elle dit que les mines de charbon et les centrales électriques relâchent beaucoup d’agents polluants, entre autres de l’arsenic et du mercure. Les émanations sont quotidiennes – 24 heures par jour et 7 jours pas semaine – et les compagnies concernées ne font rien.

L. Benally dit aussi qu’un officiel du SRP avait accepté une lettre de la communauté, mais qu’il était impossible de savoir si la compagnie donnerait suite et ferait quelquechose.

Elle dit qu’à l’intérieur du QG, des Amérindiens s’étaient enchaînés afin de faire passer leur message.

Elle dit que ce qui se passe à Black Mesa est révélateur des problèmes généraux de changement climatique. Le SRP et les autres compagnies produisant de l’énergie ignorent délibérément les règles de l’Agence pour la Protection de l’Environnement (EPA – Environmental Protection Agency – NdT), et les règles Américaines sur la pureté de l’eau et de l’air.

« Nous sommes venus ici pour leur faire savoir que nous ne sommes pas aveugles. Nous continuerons à exercer des pressions sur eux. Leur rapacité frappe notre communauté à grande échelle. »

Elle dit que l’exploitation des mines de charbon et les centrales électriques vident la nappe aquifère locale et détourne les eaux du fleuve Colorado. « Nos eaux sont détournées vers Phoenix, Tucson et d’autres communautés du Sud-ouest. »

« Beaucoup de gens ont été déportés ou déplacés à cause de Peabody Coal, SRP et la Centrale Navajo. »

L. Benally dit que les représentants officiels de SRP « doivent venir rencontrer les membres de la communauté, s’asseoir et parler directement avec nous, sans que le gouvernement tribal ne prenne des décisions nous concernant, étant donné que nous ne votons pas pour ses membres. C’est une extension du gouvernement fédéral. »

Les Navajos du Nord de l’Arizona ont été rejoints par des Tohono O’odham (Pima pour les Blancs – NdT) de la frontière sud entre les Etats-Unis et le Mexique, pour protester contre le SRP.

Ofelia Rivas, fondatrice de la VOIX O’odham contre le Mur, était aussi venue protester contre le SRP. Madame Rivas, une Ancienne et militante, dit qu’ « en tant que Peuple Autochtone nous comprenons que l’équilibre de la terre est l’équilibre de notre peuple et que toute rupture de cet équilibre est extrêmement destructeur, non seulement de notre santé spirituelle, mais de notre profonde connexion avec la terre et tout ce qui vit. En tant que Peuple Autochtone nous ne sommes pas séparés de notre environnement. Nous sommes profondément liés à tout ce qui existe dans l’univers : la terre, les montagnes, l’eau, l’air et toute vie végétale et animale. »

O. Rivas dit que la construction de l’autoroute, y compris le projet de bretelle 202 qui menace la Montagne du Sud (près de Phoenix – NdT), ravagera d’avantage de terre sacrée. De plus, les O’odham s’opposent à la poursuite de la construction du mur de frontière entre les Etats-Unis et le Mexique et à sa militarisation.

« Les politiques commerciales telles que NAFTA et CANAMEX altèrent notre mode de vie et menacent notre Him’dag (mot Pima, qui n’a pas de traduction officielle dans les langues occidentales, mais désigne plus ou moins un mode de vie, une culture, allant « en équilibre » – NdT). Nous n’accepterons pas plus longtemps la violence que l’état essaie de nous imposer le long de leur frontière, et plus particulièrement la législation agressive de l’ALEC. Les Peuples Autochtones exigent l’application de la Déclaration des Droits des Peuples Autochtones, ainsi que des droits de notre Mère la Terre » dit O. Rivas. « La coupe est pleine, la limite est atteinte, maintenant c’est fini ! »

Les canaux construits à profusion avant l’invasion coloniale des terres O’odham sont maintenant utilisés par le Projet Salt River. La culture O’odham est profondément enracinée dans cette région, qui va de la vallée de Pheonix au Nord, à la côte du Mexique aujourd’hui appelée Rocky Point à l’Ouest, à la rivière San Pedro à l’est et jusqu’aux montagnes Hermosillo et à la Sierra Madres au sud.

Ray Aguilar dit que « la climatisation et l’électricité dont nous profitons et l’eau que nous buvons viennent au prix de la souffrance causée par le SRP et Peabody au pays et aux gens. Quand nous rendrons nous compte que c’est le fondement de nos privilèges ? Nous devons agir. Je viens de passer une semaine à fournir de l’aide directe, sur place, aux habitants de Black Mesa, pour leurs besoins humanitaires de base. C’est pourquoi je suis ici aujourd’hui. Cette situation dramatique n’existerait pas sans ces compagnies rapaces. »

Peabody Energy, qui est aussi membre de l’ALEC, est la plus grande compagnie charbonnière privée du monde. Avec, en 2010, la vente de 246 millions de tonnes et presque 7 milliards de dollars de revenu, Peabody produit 10% de l’énergie des Etats-Unis et 2% de l’électricité dans le monde.

Depuis 1974, plus de 14 000 familles Diné (Navajo) ont été déplacées par la force de leurs terres ancestrales, en grande partie à cause des conseils tribaux soutenus par les Etats-Unis et de l’exploitation des mines de charbon.

 

Voir aussi les deux articles précédents

Et pour plus d’informations en Anglais www.ALECexposed.org