DES FEMMES AUTOCHTONES INTRODUISENT UN CAS SPECIFIQUE A L’OCDE CONTRE LE CREDIT SUISSE POUR VIOLATIONS DE DROITS CONCERNANT LE FINANCEMENT D’OLEODUCS

Communiqué de Presse
Jeudi 30 janvier 2020
Contact Katherine Quaid
katherine@wecaninternational.org
WECAN International
Publié par Censored News
Traduction Christine Prat
Voir aussi la traduction d’Aurélie Journée-Duez, présidente du CSIA, sur la page Facebook du CSIA

Communiqué de presse commun, en collaboration avec Divest Invest Protect et le Réseau International d’Action des Femmes pour la Terre et le Climat (WECAN).

SAN FRANCISCO BAY AREA, Californie, 30 janvier 2020 – Divest Invest Protect (DIP), le Réseau International des Femmes pour la Terre et le Climat (WECAN), et le Programme de l’Université d’Arizona pour le Droit et la Politique des Peuples Autochtones, annoncent avoir introduit un « Cas Spécifique » auprès de l’Organisation pour la Coopération et le Développement Economique (OCDE) concernant le Crédit Suisse et les impacts négatifs pour les Peuples Autochtones et l’environnement résultant du financement ininterrompu des entreprises qui construisent l’oléoduc Dakota Access (DAPL) et l’oléoduc Bayou Bridge (BBP).

Cette action des femmes Autochtones intervient après près de deux ans d’échanges entre WECAN et DIP, d’une part, et le Crédit Suisse, d’autre part, sous forme de lettres, de deux rencontres avec des représentants du Crédit Suisse, une correspondance ininterrompue pour fournir des informations sur les violations et les effets négatifs, et la remise de documentation supplémentaire lors de la Réunion Générale Annuelle du Crédit Suisse à Zurich, en Suisse.

Les femmes Autochtones ont maintenu en toute bonne foi le dialogue avec le Crédit Suisse, cependant, vu l’absence d’action du Crédit Suisse, elles introduisent un « Cas Spécifique » auprès de l’OCDE dans l’espoir que cela servira de catalyseur pour susciter une action menant au dialogue, à la justice, à une solution et à la responsabilisation en matière de droits humains.

Alors que le Crédit Suisse a récemment signé les Principes pour une Banque Responsable – une série de principes destinés à aligner la stratégie des institutions financières sur les buts de la société – la banque continue à financer à grande échelle l’industrie des carburants fossiles, qui a des effets négatifs sur les droits des Peuples Autochtones, et contribue lourdement à la crise climatique. Depuis la signature de l’Accord de Paris sur le Climat, le Crédit Suisse a dépensé plus de 57 milliards de dollars pour financer le cycle du carburant fossile et est l’un des dix principaux financiers Européens des carburants fossiles les plus polluants.

Les Directives de l’OCDE sont le seul instrument international soutenu par les gouvernements sur une conduite responsable des affaires, ayant un mécanisme interne pour des réclamations, appelé « Cas Spécifique ». Par ce mécanisme, les représentants à l’OCDE des pays membres (ou Points de Contact Nationaux), constituent une tribune pour une médiation et un engagement compatible avec les politiques de l’OCDE, ainsi qu’une assistance aux actionnaires pour les aider à trouver une solution à des problèmes suscités par une possible non-observance des Directives. Récemment, la Société des Peuples Menacés (STP – Society for Threatened Peoples) – et le Crédit Suisse ont conclu une procédure de médiation via l’OCDE, qui a conduit le Crédit Suisse à inclure la protection des droits des communautés Autochtones dans ses directives sur le financement de projets.

Divest Invest Protect (DIP) et le Réseau International d’Action des Femmes pour la Terre et le Climat (WECAN) a accueilli favorablement cette victoire partielle, cependant, elles ont rapidement montré que ce résultat est insuffisant, parce que les dispositions pour les droits des Autochtones ne s’appliquent pas au financement des grandes entreprises – le genre utilisé par le Crédit Suisse pour financer les entreprises qui construisent et entretiennent l’oléoduc Dakota Access. Il doit y avoir une responsabilité concernant les droits humains et Autochtones, et la protection de l’environnement à tous les niveaux des décisions financières, y compris le financement des grandes entreprises privées.

L’appel au « Cas Spécifique » de l’OCDE composé par les femmes Autochtones démontre leur courage et leur détermination à être des actrices et des voix majeures dans la définition de la responsabilité et le changement légal au sein des banques et des institutions financières pour protéger les droits des Peuples Autochtones, les terres, l’eau, les communautés et le climat.

Voir aussi, en anglais : https://www.wecaninternational.org/divestment-delegations

Cette action auprès de l’OCDE est également soutenue par le Programme des Défenseurs des Droits Humains des Autochtones et de la Responsabilité des Entreprises Privées de l’Université d’Arizona, et par la Clinique Internationale des Droits Humains à l’Ecole de Droit de l’Université de l’Est de la Nouvelle-Angleterre.

Les médias sont encouragés à adresser toutes questions et demandes d’interview à Michelle Cook ou à Osprey Orielle Lake.

« Le Cas Spécial pour l’OCDE, préparé et introduit par les femmes Autochtones, attirera une attention grandement nécessaire sur les négligences structurelles de l’industrie de la finance d’adhérer aux droits humains des Autochtones. Nous croyons que notre action et notre engagement mettrons au grand jour les lacunes qui permettent aux banques et aux entreprises d’agir en toute impunité sur notre survie culturelle, notre climat et notre futur. Le secteur financier doit écouter les mouvements Autochtones et garantir que les droits humains et les droits des Autochtones à un consentement libre, préalable et informé, seront respectés et protégés, le long de toute leur chaîne de production, dans toutes leurs relations d’affaires, quelque soit le type de financement ou de produit financier que les banques fournissent », dit Michelle Cook, avocate des droits humains Diné (Navajo), fondatrice de ‘Divest Invest Protect’ et co-directrice des Délégations de Femmes Autochtones pour le Désinvestissement.

« Je suis une indigène de mon territoire. J’aime mon territoire et tout ce que je veux c’est le protéger pour mes arrière-petits-enfants, en quoi est-ce si condamnable ? Empêchez les grandes entreprises de carburant fossile de détruire la terre et l’eau, maintenant ! Mni Wiconi », dit LaDonna Brave Bull Allard, Ta Maka Waste Win – Her Good Earth Woman, historienne Lakota, Généalogiste et Protectrice de l’Eau, membre de la communauté Sioux de Standing Rock.

« Je descend de la bande de Sitting Bull. En 2014, avant la construction de l’oléoduc Dakota Access (DAPL), notre Conseil Tribal a informé l’entreprise qui voulait construire le DAPL, qu’il ne pouvait pas et ne consentirait pas à la construction de cet oléoduc. Le danger était trop proche et une marée noire serait un désastre pour nos huit communautés de Standing Rock. Nous avons immédiatement lancé un appel mondial. Nous avons demandé aux gens de venir nous soutenir. Pendant presque sept mois, ma famille et moi avons campé au bord de la rivière Cannonball avec des milliers d’autres venus nous soutenir. Durant cette période, mes quatre enfants et moi avons été témoins directs des violations de droits humains extrêmes et violentes commises contre notre peuple et d’autres dans notre terre natale. Ces violations étaient constituées par : des agents de sécurité privés utilisant des attaques de chiens contre des gens sans arme (j’en étais), les gens terrorisés par des avions volant très bas en cercle au-dessus de nos camps 24 heures par jour, des tirs contre nos chevaux et les gens par les forces de l’ordre. Mon Gouvernement Tribal a explicitement dit non au DAPL. Nos communautés de Standing Rock ont dit non au DAPL. Il n’y a pas eu de Consentement Libre, Préalable et Informé, comme l’exige la Loi Internationale selon la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones. Il est temps de rendre les décideurs, les représentants du gouvernement et les institutions financières RESPONSABLES. Il est temps qu’ils répondent aux gens de ma communauté, ceux-là même qui sont affectés par leur financement du DAPL. » Wašté Wi Yellow Lodge-Young, Lakota/Dakota, Standing Rock Nation.

Dans sa quête de justice et d’atténuation du changement climatique, le WECAN International appelle les institutions financières impliquées dans l’extraction et les projets de développement de carburant fossile à cesser de poursuivre leurs affaires comme d’habitude, étant donné les violations flagrantes qu’elles constituent contre les Peuples Autochtones et leurs territoires au moment ou nous devons faire face au défi sans précédent d’un monde en train de plonger dans le chaos climatique. Le Crédit Suisse doit écouter les femmes Autochtones et accéder à leurs demandes, qui sont fondées sur la demande de base de respecter l’exigence d’obtenir un Consentement Libre, Préalable et Informé des communautés Autochtones, comme la loi internationale l’exige. Il est bien plus que temps que les institutions financières soient tenues pour responsables, aussi bien au niveau du projet qu’à celui du financement des entreprises privées, et l’introduction du Cas à l’OCDE est une contribution centrale à la lutte globale pour le respect du Consentement Libre, Préalable et Informé, et à la transition vers l’abandon des carburants fossiles. C’est maintenant le moment pour les banques d’aller vers un futur juste et durable pour tous, respectant les droits des Autochtones et protégeant notre climat et nos communautés » dit Osprey Orielle Lake, Directrice Exécutive du Réseau d’Action des Femmes pour la Terre et le Climat (WECAN), et co-directrice des Délégations de Femmes Autochtones pour le Désinvestissement.

WECAN :

www.wecaninternational.org – @WECAN_INTL

Le Réseau International d’Action des Femmes pour la Terre et le Climat (WECAN – Women’s Earth and Climate Action Network) est une organisation selon 501(c)3 et fondée sur des solutions, établie pour engager des femmes du monde entier dans la défense d’une politique, des projets sur le terrain, l’action directe, la formation, et la construction d’un mouvement pour la justice climatique globale.

30 janvier 2020

Photos ©Michelle Cook

DES AUTOCHTONES DES ETATS-UNIS APPELLENT A LA PAIX AVEC L’IRAN

Par Brenda Norrell
Censored News
5 décembre 2020
Traduction Christine Prat

Ce jour, des Autochtones se sont rassemblés pour la paix et ont envoyé un message d’amitié au peuple d’Iran. Ils ont aussi demandé que les Etats-Unis se retirent d’Iraq et dénoncé Trump pour des assassinats et des provocations à la guerre. Des Diné [Navajo], des Lakota, des Pueblo et des Tohono O’odham ont lancé un appel urgent à la paix et la diplomatie pour mettre fin aux tragédies de la guerre.

Michelle Cook, une avocate Diné, a exhorté tous les peuples à se lever pour la paix, à s’engager diplomatiquement et à protéger l’Iran.

« Il y a plus de dix ans, dans ce qui semble maintenant avoir été un autre monde, j’ai été accueillie en Iran, où se trouvent encore les ossements du grand Roi Darius et d’Esther. Ce sont aussi des sites sacrés » dit Michelle Cook à Censored News.

« J’ai le cœur brisé pour les Iraniens, pour les tribus nomades d’Iran, nos parents, qui ne devraient jamais être attaqués ou diabolisés.

« Nos mains Diné, comme les mains Persanes, tissent des tapis, avec des fibres de laine qui portent le savoir et l’empreinte de nos ancêtres.

Michelle Cook dit qu’elle est opposée à tout financement des guerres des Etats-Unis.

« Nous avons tellement d’Autochtones dans l’armée, qui seront impactés par ces manœuvres tragiques et mal informées. Je prie pour la protection de nos hommes et femmes qui servent dans l’armée et sont mobilisés pour un ‘devoir’ dangereux, faux et immoral, pour l’intérêt personnel d’hommes nuisibles.

« J’exhorte tous les gens à résister activement à tout appel à employer la force en Iran et à tout message qui utilise des stéréotypes culturels et raciaux négatifs contre le peuple Iranien, ou cherche la violence. J’exhorte tous les peuples à protéger l’Iran, à empêcher la violence et à agir immédiatement pour la paix et la diplomatie. »

Ofelia Rivas, Tohono O’odham, dit, de la frontière sud, « chaque atrocité est camouflée, effacée par les politiciens et les grands médias, puis justifiée par encore plus de morts à la guerre.

« Paix à tous ceux qui dénoncent cela et le combattent chaque jour. »

La Nation Rouge, composée d’universitaires et de défenseurs de la justice sociale Autochtones, se sont exprimés contre l’assassinat et la provocation à la guerre avec l’Iran.

« Pas de Guerre à l’Iran ! Les Etats-Unis hors d’Iraq ! » dit la Nation Rouge à Albuquerque ce jour. « Trois décennies de sanctions américaines, de militarisme et d’occupation ont déchiré l’Iraq et semé le chaos dans la population.

« L’assassinat de Qassem Soleimani, officiel de haut rang de l’armée Iranienne, cette semaine, par un drone, sur le sol Iraquien, est une indication claire de la volonté des Etats-Unis de déclencher une guerre contre l’Iran en utilisant l’Iraq comme scène de base.

« Cet acte criminel, de la part du gouvernement Trump et du Pentagone, n’est pas seulement destiné à provoquer la guerre avec l’Iran, mais une vengeance brutale contre les insurrections populaires en Iraq, contre la violente occupation militaire américaine du pays, qui entre dans sa dix-septième année. »

Joye Braun, Lakota, de la Nation Sioux de Cheyenne River dans le Dakota du Sud, dit que les Lakota sont pour la paix et ne sont pas les ennemis du peuple Iranien.

« Nous avons un lien étroit avec le peuple d’Iran. Il y a des peuples tribaux là-bas, et nous avons une relation commune avec nos oppresseurs, faite de colonisation et d’exploitation.

« Au peuple d’Iran : nous, peuple d’origine de ce pays, nous ne sommes pas votre ennemi. Nous ne soutenons ni ce gouvernement ni ceux du passé qui oppressent nos peuples.

« Nous vous envoyons nos prières, et sachez que nous sommes pour la paix » dit Joye Braun à Censored News.

Waste Win Young, Lakota de Standing Rock, dans le Dakota du Nord, dit que l’American Indian Movement avait été impliqué dans les discussions de paix avec l’Iran, à la fin des années 1970 et dans les années 1980. Waste dit que les Lakota, aujourd’hui, sont suffisamment respectés et ont les capacités pour négocier la paix.

« Notre tante Marilyn Phillips-Harden-Takes the Knife, de Cheyenne River, et Juan Reyna, étaient parmi les négociateurs pour l’affaire des 40 otages Américains à l’Ambassade à Téhéran, » dit Waste Win Young à Censored news.

« Il y avait une Oglala mariée et habitant en Iran, Janeene Lonehill-Geyeagle (mère de Dana Lonehill). Son premier mari était Iranien. L’Iran ne pouvait pas croire qu’elle était Amérindienne et non Iranienne. Nos oncles Bill et Russell Means et notre tante Marilyn l’ont aidée à rentrer chez elle.

« Les Autochtones de Turtle Island ont du respect pour le peuple Iranien. Nous pouvons leur tendre la main et négocier la paix comme nous l’avons fait dans le passé » dit Waste Win Young.

« Une guerre de l’homme riche, » dit Louise Benally, Diné de Big Mountain, qui a combattu pendant les 40 années passées contre le déplacement forcé de sa terre natale, dû au fait que la firme Peabody s’emparait de l’eau et du sol pour extraire du charbon.

« La guerre ne serait pas une option, » dit Louise. « Le problème est qu’un président inapte a provoqué tout cela pour échapper à la révocation [Impeachment]. Il ferait n’importe quoi, mais la plupart des gens ne soutiennent pas cette idée idiote. »

Louise a été parmi les premiers à s’exprimer contre la guerre en Iraq, quand les bombes tombaient sur Bagdad, et à la comparer à la Longue Marche génocidaire jusqu’à Fort Sumner, à laquelle les Navajos ont été forcés par les Etats-Unis. Les déclarations de Louise ont été censurées par Indian Country Today, alors que la guerre faisait rage en Iraq.

Parlant pour la paix, Michelle Cook dit après son voyage en Iran « en tant que Peuple Navajo, nous avons appris à prendre soin de la terre, qui, en retour, prendra soin de nous ; c’est une pratique ancienne durable et écologique.

« Si nous violons les lois de la nature, ou les enseignements des Gens Sacrés, ils peuvent nous discipliner, ce qui fait qu’on nous enseigne à faire tout ce que nous pouvons pour maintenir le hozho [terme qu’on traduit par ‘beauté’, au sens pratique et spirituel, ‘équilibre’, ‘équité’, mais implique beaucoup plus que ce que nos langues peuvent dire ; c’est LA notion de base pour les Navajos – NdT]. C’est ce que les Anciens ont dit.

« Les gens sacrés nous ont aussi appris comment vivre et ne pas consommer trop de quelque ressource que ce soit, et cet enseignement s’applique aussi à la consommation de pétrole. Il ne faudrait pas qu’il y ait de guerres pour le pétrole. Le pétrole est comme le sang de la terre, notre Mère » dit Michelle. (Lire la suite plus bas).

Tandis que les Etats-Unis continuent leur schéma de guerres fondé sur leur gain politique et le contrôle des réserves de pétrole avec la complicité des médias, le regretté Thomas Banyacya, Hopi, avait plaidé avec force pour la paix.

Banyacya a passé sept ans en prison pour avoir refusé le service militaire et était devenu une voix globale pour la paix, s’exprimant contre la guerre et les armes atomiques.

Soulignant que l’uranium pour les premières bombes atomiques avait été arraché du sol de la région des Quatre Coins sans que les messagers spirituels Hopi aient été consultés, Banyacya avait prévenu le monde des conséquences de guerres ininterrompues.

Michelle Cook, membre de la Commission des Droits Humains de la Nation Navajo, écrivit l’article reproduit plus bas après son voyage en Iran, en 2008.

En faisant une introduction de l’article de Michelle, Ofelia Rivas, Tohono O’odham, dit aujourd’hui :

« Mon hommage à une guerrière au cœur fort qui lutte pour apporter la justice dans un monde de nations industrielles assoiffées de minéraux et de carburants fossiles – ce qui crée des millions de réfugiés et de morts, qui souffrent de systèmes tels que l’immigration aux Etats-Unis.

« Chaque atrocité est camouflée, effacée par les politiciens et les médias dominants, puis justifiée par plus de morts à la guerre.

« Chaque atrocité et chaque souffrance est ce que nous ressentons quand nous sommes déprimés, quand nous sommes tristes et savons que quelque chose n’est vraiment pas juste.

« Paix à ceux qui dénoncent cela et le combattent tous les jours » dit Ofelia Rivas à Censored News.

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HOZHO, VIVRE DANS L’HARMONIE, [Walking in Beauty] COMME CADRE POUR UNE PAIX INTERNATIONALE EN IRAN

La Pacifiste Navajo Michelle Cook réfléchit sur son voyage en Iran

Par Michelle Cook, Diné
Avril 2008
Traduction Christine Prat

La politique et les décisions internationales impactent le peuple Navajo et le Pays Indien de manières très réelles. Si les Etats-Unis attaquent l’Iran, ça aura des conséquences sur les nombreux Navajos et autres Autochtones qui sont actuellement dans l’armée américaine.

Les dirigeants, les défenseurs et les jeunes des Nations Indiennes ont la responsabilité de poser des questions pour protéger les militaires Autochtones hommes et femmes contre des guerres ou des conflits armés qui peuvent être évités ou ne sont pas nécessaires.

Peu d’Américains savent qu’en 1953, les Etats-Unis, par l’intermédiaire de la C.I.A., ont orchestré le renversement d’un gouvernement iranien élu par le peuple et ont installé à la place un gouvernement à leur solde.

C’était au départ une réaction aux efforts de décolonisation des Iraniens, afin de continuer à contrôler et bénéficier de leur pétrole, qui jusque là avait été sous le contrôle direct de compagnies américaines et britanniques.

Ces efforts de décolonisation allaient priver les Etats-Unis et la Grande-Bretagne de leurs profits. Les Etats-Unis ont organisé un coup d’état qui a renversé le Premier Ministre Mossadegh, qui dirigeait la décolonisation, et ont mis à sa place le Shah Mohammed Reza.

Le Shah Mohammed Reza, soutenu par les Etats-Unis, et son régime ont régné sur l’Iran d’une main de fer, au prix de la dignité et des droits humains de quiconque les mettait en question.

Dans les années 1970, la jeunesse et les peuples iraniens se sont engagés dans la Révolution Culturelle Islamique conduite par l’Imam Khomeini et ont renversé le régime soutenu par les Etats-Unis, ce qui a créé la nouvelle nation théocratique appelée la République Islamique.

Depuis la révolution, les Iraniens ont géré leur pétrole. Quelques-uns se rendent compte aussi que les Etats-Unis ont soutenu l’Iraq pendant la guerre Iraq-Iran des années 1980.

Actuellement, des responsables au sein du gouvernement des Etats-Unis prétendent que l’Iran est une menace pour la sécurité nationale, et en conséquence de cette menace supposée, croient que le gouvernement des Etats-Unis a le droit d’entreprendre une attaque militaire contre l’Iran.

Les Etats-Unis prétendent que l’Iran construit des armes de destruction massive, bien qu’ils aient encore à produire des preuves convaincantes pour soutenir cette affirmation. De plus, l’Iran, comme les autres « états non-nucléaires » selon le Traité de 1968 de Non-Prolifération des Armes Nucléaires, a parfaitement le droit de développer de la technologie nucléaire pour des buts pacifiques [sic – NdT], et donc, ne devrait pas être considéré comme agissant en dehors des limitations légales s’il enrichit de l’uranium ou développe de la technologie nucléaire [re-sic tout de même – NdT].

Si les Etats-Unis devaient attaquer l’Iran, ce serait sans autorité morale ou légale. En fait, une attaque contre l’Iran sera illégale selon la loi internationale et pourrait être considérée comme une agression. Considérant l’occupation actuelle de l’Iraq et les situations extrêmement sensibles en Palestine occupée, au Liban, au Pakistan et en Afghanistan, une frappe militaire américaine précipiterait un Moyen-Orient déjà instable dans le chaos, et l’éloignerait irrémédiablement d’une quelconque solution effective d’autodétermination, de paix et de sécurité. Ceci ne veut pas dire que l’Iran est une utopie, l’Iran, comme tous les états, à ses propres dilemmes sociaux, économiques et politiques, et ces problèmes ne peuvent être résolus que par les peuples iraniens eux-mêmes, pas par des Américains à des milliers de kilomètres de distance. Les Iraniens et les peuples du Moyen-Orient ne sont pas « terroristes » quand ils défendent les terres et les ressources qui leur appartiennent de droit.

Malheureusement, les Américains ont été manipulés pour croire aux stéréotypes et voient souvent l’Islam et les peuples originaires du Moyen-Orient comme de vulgaires « terroristes » et des gens violents.

Rejetant le dialogue, les Etats-Unis ont menacé de violence et ont imposé des sanctions qui ont isolé l’Iran de la communauté internationale, opposant les sentiments anti-américains à la résolution de problèmes cruciaux. Beaucoup d’Iraniens et d’Américains pensent que la base du conflit entre les Etats-Unis et l’Iran n’est pas la question du ‘terrorisme’, mais le contrôle de l’Iran sur son pétrole.

Une guerre potentielle contre l’Iran ne bénéficierait qu’aux compagnies pétrolières qui veulent monopoliser le marché et dicter le prix du pétrole. Les vies de Navajos et le bien-être des Américains valent beaucoup plus que le billet vert ou des barils sans vie de pétrole iranien pour le profit de compagnies occidentales multinationales.

Je suis allée en Iran, parce que les gens ont le droit d’entendre les deux parties. De plus, les Américains et les Navajos ont le droit de savoir où on nous conduit et méritent une transparence totale quand de telles situations se produisent. J’y suis allée avec une tradition de paix, armée de prières Navajo et de la sagesse des ancêtres.

L’Iran est un pays ancien, sa population est aujourd’hui d’environ 62 millions d’habitants, dont à peu près la moitié ont moins de vingt ans. L’Iran est aussi le pays de plusieurs tribus distinctes, comme les Ashayer, les Gonbad, les Qashqai et les Bakhtiari. Ces tribus sont nomades, elles se déplacent avec les saisons, élèvent des moutons sur de vastes chaînes de montagnes. Les tribus iraniennes, comme la tribu Navajo, sont également expertes dans le tissage. Ce sont les peuples tribaux d’Iran qui sont les tisserands renommés de beaucoup de Tapis Persans. Ces tribus sont confrontées aux mêmes défis que les peuples autochtones des Amériques, la pauvreté, le manque de services de santé, la mobilité traditionnelle, et la revitalisation de leurs langues, entre autres. Aux Etats-Unis, on entend rarement parler de ces tribus ou de la beauté et de la diversité des peuples et cultures iraniens.

J’ai rencontré des jeunes Iraniens qui sont en train de se définir et de se redéfinir dans leur relation avec la République Islamique. J’ai découvert un peuple en train de construire un équilibre entre l’Islam ancien et la modernité. J’ai trouvé des femmes fortes en train de définir les droits des femmes en Iran selon leurs propres termes.

En me promenant dans ces terres sacrées très anciennes, je n’ai pas vu de terroristes. J’ai vu des visages d’êtres humains réels ; j’ai vu des familles, des mères, des pères et des enfants, aucun des stéréotypes racistes qu’on trouve dans les médias. L’Iran héberge de nombreuses cultures et des fois différentes.

J’ai rencontré des gens parmi les plus gentils et les plus hospitaliers que j’aie jamais rencontré. J’ai découvert que les gens qui pratiquent l’Islam sont bons et prient beaucoup, tout comme les Navajos. En Islam, les invités et les étrangers sont traités comme des messagers de Dieu et traités avec un grand respect. J’ai reçu ce degré de respect et j’ai été invitée dans leurs foyers, où nous avons mangé et prié pour la paix entre nous. Nous avons récité des prières Navajo et Musulmanes.

Je voulais que les Iraniens comprennent la diversité de l’Amérique, l’idée de Nations Autochtones souveraines, de peuples distincts, comme nation dans une nation. Je voulais qu’ils comprennent certaines réalités, puissance et défis des peuples autochtones aux Etats-Unis, et, ce qui est le plus important, qu’ils ne voient pas les Navajos comme un peuple en voie de disparition, mais comme des protagonistes actifs dans une longue bataille épique pour l’harmonie complète et l’autodétermination. Je voulais qu’ils connaissent les Navajos, non seulement comme un peuple qui vit en harmonie, mais aussi comme un peuple de guerriers féroces qui se sont battus et se battent encore pour la libération, la restauration et la guérison de nos peuples, de la terre, de ses ressources, de notre culture et de notre langue.

Quand j’ai partagé mon histoire avec des Iraniens, j’ai senti un véritable sens de solidarité, une relation presque familiale. J’ai trouvé des gens pleins de compassion pour les luttes des peuples autochtones d’Amérique du Nord. Bien que nous soyons différents, nous avons une chose en commun. Les peuples iraniens, tout comme les peuples autochtones, veulent déterminer leur propre avenir, mettre en pratique leur culture et leurs religions, sans interférences de l’extérieur, de dirigeants étrangers, ou de leurs influences. J’ai parlé avec des vétérans de la guerre entre l’Iran et l’Iraq des années 1980, qui défendent leur pays et défendent la paix parce qu’ils ne veulent plus jamais connaitre la guerre et les destructions qu’elle a produites dans leurs territoires. En fait, les Iraniens sont encore en train de guérir du traumatisme causé par cette guerre.

Les Navajos ont beaucoup à apprendre aux Américains et au monde en termes de non-violence et de résolution des conflits, comme la Cour des Pacificateurs de la Nation Navajo et les Pacificateurs Navajo.

Le but de la pacification Navajo est de résoudre les conflits et de restaurer l’harmonie aux individus en conflit sur la base non-violente de la tradition et de la croyance Navajo. La structure de pacification Navajo est construite sur la philosophie Navajo de Hozho, et utilise un procédé qui s’appuie sur le dialogue, ce que Robert Yazzie explique par l’expression « parler des choses jusqu’au fond ».

Les Etats-Unis peuvent apprendre beaucoup des Navajos dans ce domaine, étant donné que les Etats-Unis ont toujours échoué dans le dialogue ou la discussion complète des choses avec le peuple ou le gouvernement Iranien. Cet échec ne menace pas seulement la sécurité des Américains, mais aussi la vie des peuples Iraniens et des jeunes soldats autochtones et Navajos. Si le gouvernement des Etats-Unis est incapable ou n’a pas la volonté de mener ce dialogue, la société civile et les Nations Indiennes doivent défendre et créer ces discussions.

En tant que Navajos, on nous a appris à prendre soin de la terre, qui, en retour, prendra soin de nous. C’est une pratique ancienne d’écologie durable. Si nous brisons les lois de la nature, et les enseignements de Gens Sacrés, ils peuvent nous discipliner. Donc, on nous a appris à faire tout ce que nous pouvons pour maintenir l’harmonie [hozho]. C’est ce qu’ont dit les Anciens. Les Gens Sacrés nous ont aussi appris à vivre et à ne pas consommer trop de quelque ressource que ce soit, et ça s’applique à la consommation de pétrole. Il ne devrait pas y avoir de guerres pour le pétrole. Le pétrole est comme le sang de la terre, notre mère. Le peuple Navajo et les Américains doivent se tourner vers la sagesse ancienne et réévaluer les conséquences de la surconsommation des ressources de la terre. Aussi bien les carburants ‘naturels’ comme l’huile de palme et l’éthanol que les carburants fossiles comme le pétrole ou le charbon.

Il n’y a qu’à observer les changements climatiques, les ouragans, les inondations, les déséquilibres atmosphériques pour voir les conséquences de la rupture avec nos pratiques durables et écologiques. Certains appellent ça un changement climatique, peut-être que les Navajos le voient comme un acte des Gens Sacrés pour nous ramener à la discipline, parce que nous avons rompu l’équilibre de notre vie avec la terre et ne l’avons pas respectée. Nous sommes les Diyin Nohookáá Diné, les Gens de la Surface Sacrée de la Terre. Les Navajos sont investis de la responsabilité sacrée de maintenir le Hozho. Les Gens Sacrés nous ont enseigné à valoriser et respecter toute vie comme sacrée. Ça comprend la Terre et la vie humaine.

Ça comprend aussi les vies des peuples du Moyen-Orient et des Iraniens, quelque soient les différences entre nos cultures. Je crois que le Hozho, vivre en harmonie, peut être appliqué pour créer l’harmonie à des échelles locales ou globales. Pour créer et défendre un monde et une société où la paix et l’harmonie règnent sur les plans personnel, local, national et international.

Vivre en harmonie ou sur la voie du pollen, est un chemin difficile, mais c’est une voie que les ancêtres ont transmise personnellement et collectivement pour trouver la paix. Aller en hozho ou en paix c’est aller comme un guerrier, mais pas tous les guerriers portent des armes, certains portent des chants, certains portent du cèdre, et certains portent des prières pour la paix.

©Brenda Norrell et Michelle Cook, Censored News.

Michelle Cook, a Diné attorney, was one of the guests of the Annual Solidarity Day of the CSIA-Nitassinan, on October 12th, 2019. She is now preparing a Ph.D. in political sciences at Arizona University, on the, in the USA not separable issues of Indigenous Human Rights, disinvestment and gender. She is founder of the Water Protectors Legal Collective (for those who tried to stop the DAPL in Standing Rock, from February 2016 to April 2017). She is a member of Women Earth and Climate Action Network (WECAN). She has been touring Europe for a campaign (Divest Invest Protect) that aims to put pressure on banks and insurance companies to remove their funds from racist projects, deadly to environment and peoples depending on it.

Michelle Cook  en français
Also on Censored News
October 12th, 2019
Transcription and photos Christine Prat

I think in terms of Divest, Invest, Protect, I don’t consider myself so much a lobbyist as a reality check, and someone who is merely delivering facts and truths. And ultimately, I think that one of the important things we are doing is that we are not there to ask these banks to pity us, we are giving them a very clear warning that their time of dominating this earth is coming to an end.

After the Dakota Access Pipeline, which was a pipeline that over 10,000 people fought, in the heartlands of the United States of America, we were able to achieve, within the Obama administration, a halt to the pipeline. Yet, when the Trump administration came to power, within days that easement was denied and the pipeline was allowed to go through and under the Missouri River. Before that, since August 20, 2016, I had to watch our people being abused. I watched and had to witness and document the dog attacks, the bite marks on the breasts of my peers, on the breasts of the women. I had to sleep wondering whether or not my friends would be murdered. We had to watch as two of our precious Diné tribal members were injured. Their eyes were blinded through the use of so called non-lethal weapons by the police forces.

So, when the pipeline was going through, after the Trump administration took office, for me, for my own healing and my own wellness, I needed to know who paid for this. I had to see them, it was important. I needed to go where they thought they were safe. And they had to see me, so that whatever tears and whatever pains I had to carry was no longer mine, that all that violence and all that trauma that was given to us by their finance, they were going to take it back to them. So, when we visit these banks, I leave that pain with them, I leave that suffering, I leave that trauma within the walls of their institutions. I think that, on a very  basic level, what we are doing is trying to change financial laws, but I think on a much deeper level, what we are doing is really an exorcism of the system, of the spirit of predation, that has existed on this planet, that has disconnected us from who we are, that has alienated us from our inheritance as sacred creatures, sacred children of this earth.

So, I learned a lot from these meetings. From that particular A.G.M., this Annual General shareholders Meeting. As we approached the building, I could see the snipers on the roof. And here we are, Indian women. What have we done? Why do we need a sniper on our head? What more did we have than my feathers and pollen, and the medicine? So, I went to that meeting with those guns on us, and so did those women. And we were watched and we were followed by maybe security officers. Every time I went to the bathroom I was followed, every move I made, I was watched, in that space. Because we had entered into the temple of their god. Because money is the god of the colonialists. It has taken the place of the sacred. So, instead of chants you hear corporate songs, instead of seeing the sacred symbols of life you see their corporate image. This is a reverse prayer. When I was in that meeting I felt – a lot of people see that and say “Oh, you must be so brave”, but we are only brave because we have to be, only brave because of necessity, we have to, I have to. And, even though I had these men with guns following me, I had to meditate in there, and say to myself “I am going to do this, I can do this.” I think everyone has moments where you are going to be confronted with something that you feel that you can’t do. But you have to work through those fears, to be able to take the steps that are going to be necessary to save this planet. So, I was the last person to speak at the A.G.M. and as soon as my first colleague was on the stage, the audience was hissing at us, yelling and hissing at us. Immediately, as we entered the stage, despite of the fact that there were more shareholders there who were speaking, as soon as we got on the stage, we felt all this wave of malice and hostility. And the meditation that was required, in the face of that adversity, was very difficult. Because the point is, they are to knock you off so that you can’t communicate the truth. But I understood what was happening and through that meditation, through that prayer, I was able to maintain that calm center and to give them a message to hiss about. So, I think the process of taking women into those institutions is on its own an act of exorcism, because I think the very presence of Indigenous women is an act of purification of these temples of this so-called Western Civilization.

What I think is unique about the campaign and the message we carry as Indigenous women within this divestment movement, is that it’s not just about taking money from that bad bank and placing it somewhere else. Centrally, what we are asking is for individuals to question the construction and the abstraction of money itself. We really need to understand the creation story of the banks of Europe in order to understand and to revive, to restore the ancient economic traditions of Indigenous Peoples that can be alternatives and that can heal this climate genocide that we are currently faced with. I think it’s also asking people: “Ask yourself what are your values, what have you been told as your value? Is your value just based on what you earn? Is your value based on your gender? Is your value based on your race? Are you good enough, are we ever good enough? Are we ever whole? Are we ever full?” We are never full in this capitalist system, there is never enough and is that value? What is your value? For us, as Indigenous people, we are taught even before we are born. When the baby is still in the womb, it receives songs, inside, in-utero, it is already encoded with the ancient knowledge of who you are. That is how it works, because when you are removed from your true identity as a sacred being of this universe, you don’t understand your power, and you don’t understand that you are never alone, that you are always connected, that you are always surrounded by your ancestors and by Creation, the elements are your relatives.

And this has been the civilizing mission of the so-called Western Civilization since the cult of Rome began. And it was those papal bulls issued by Pope Alexander Borgia that issued the Doctrine of Discovery that allowed the “Manifest Destiny” theory, to allow the colonization of the entire world, but also here against the tribes of Europe. You just happen to be closer to the seat of the empire, centuries ago. We just happen to be farther away, so we remember the time before the cult of Rome came. But that knowledge and your connections have been removed violently from you, by the Inquisition. That history of colonization, of imperialism, and inherently that racism and that feminicide, is all part of the intersectional forces that are bringing us to that problem that we have now with climate genocide.

So, as Indigenous Peoples we are the guardians of that knowledge of the time before, and that is why it is so important to listen to Indigenous Peoples and to follow their leadership. Because, in order for us to survive, we have to realign, in order for us to survive, you have to heal yourself. We are coming up to the 400th anniversary of the first ships coming to our shores, and now Indigenous Peoples are coming back here, so we see this full circle coming, and I see our presence here as what I hope will be a real awakening for the people of Europe. To re-awaken and to rekindle that sacred spirit that is inside us all, so that we can heal and bring together back what has been broken.

So, I invite you to join us and to really understand that I am not different from you, that we are one, that we are one people. We should not be divided and we have to unite, we have to come together now, there is no more time. I invite you to join and give yourself permission to follow your higher purpose and to find what you can contribute and what you can do to participate in the healing of this earth and to heal what has been wounded through colonization. In terms of the bank work, that kind of the simple part, that is just asking to follow Human Rights. But in order to really shift and transform society, we have to shift and transform you. So, what is it you need, what is it you want to hear, because you are here listening to us, you are all here, why are you here, what is it that you need to hear from us? I want you to ask for that from yourself: to wake up in the morning at dawn – this is what we do and this is maybe a knowledge I give you so that you can reconnect. So, in the morning wake up very early, when the sun is beginning to come up. Be disciplined. Wake up and give what you have, if it’s tobacco or if it’s corn pollen or if it’s corn meal. Offer that to the Earth. And ask for your healing, ask for the Creator to give you the strength and the knowledge. It is through this reciprocity, through this spiritual currency that you can realign and find what true power is. And that is your true inheritance as a sacred child of this universe.

Michelle Cook, avocate Diné [Navajo], était invitée à la Journée Annuelle de Solidarité du CSIA-Nitassinan 2019. Elle a fondé le « Collectif Légal des Protecteurs de l’Eau » pour aider ceux qui avaient tenté d’empêcher la construction de l’oléoduc DAPL, à Standing Rock, de février 2016 à avril 2017. Elle prépare actuellement un doctorat en Sciences Politiques à l’université d’Arizona, sur les questions, indissolublement liées aux Etats-Unis, de Droits Humains Autochtones, de désinvestissement de projets nuisibles et de sexisme. Elle est membre du WECAN (Women Earth and Climate Action Network – Réseau d’Action des Femmes pour la Terre et le Climat) et a effectué une tournée en Europe pour la Campagne intitulée « Divest, Invest, Protect », visant à faire pression sur les banques et les compagnies d’assurance européennes qui investissent dans des projets racistes. Le 12 octobre, au cours de la Journée Annuelle de Solidarité, elle s’est exprimée comme suit.

Michelle Cook  in English
12 octobre 2019
Also in English on Censored News
Traduction et photos Christine Prat

« Je pense qu’en termes de campagne de désinvestissement, je ne me considère pas tant comme une lobbyste, que comme un agent de contrôle de la réalité, et quelqu’un qui ne fait qu’exprimer des faits et des vérités. En fin de compte, je pense qu’une chose importante, dans ce que nous faisons, est que nous ne demandons pas à ces banques d’avoir pitié de nous, mais que nous leur donnions un clair avertissement de ce que leur temps de domination de cette Terre touche à son terme.

« Après l’affaire du Dakota Access Pipeline, un oléoduc combattu par plus de 10 000 personnes, au cœur même des Etats-Unis d’Amérique, nous avions pu obtenir, sous le gouvernement Obama, que la construction de l’oléoduc soit interrompue. Cependant, lorsque le gouvernement Trump est arrivé au pouvoir, en quelques jours cette décision a été niée, et le projet d’oléoduc a été autorisé à continuer, et à passer sous le Fleuve Missouri. Avant cela, à partir du 20 août 2016, j’avais dû voir comment les gens de notre peuple étaient maltraités. J’ai vu, j’ai été témoin, et j’ai fait des rapports sur les attaques de chiens, les traces de morsures sur la poitrine de mes semblables, sur la poitrine des femmes. J’ai dû dormir en me demandant si mais amis ne seraient pas assassinés. Nous avons dû voir deux de nos précieux membres de tribus Diné gravement blessés. Ils ont perdu des yeux à cause de l’utilisation par la police d’armes soi-disant ‘non-léthales’.

« Ainsi, lorsque l’oléoduc a été autorisé, après que le gouvernement Trump entre en fonction, pour moi, pour ma propre guérison et mon propre bien-être, j’ai eu besoin de savoir qui payait pour cela. Il fallait que je les voie, c’était important. Il fallait que j’aille là où ils se croyaient en sécurité. Et il fallait qu’ils me voient, afin que toutes les larmes et toute la souffrance que je devais porter ne soient plus les miennes, et qu’ils reprennent pour eux toute la violence et tous les traumatismes qui nous ont été causés par leurs finances. Alors, quand nous sommes allées dans ces banques, j’ai laissé toute cette souffrance avec eux, j’ai laissé les traumatismes dans les murs de leurs institutions. Je pense que si, à la base, ce que nous faisons est d’essayer de changer les lois de finance, à un niveau beaucoup plus profond, ce qui nous faisons est en fait un exorcisme du système, de l’esprit de prédation, qui existe depuis longtemps sur cette planète et nous a déconnecté de qui nous sommes, nous a aliéné de notre héritage en tant que créatures sacrées, d’enfants sacrés de cette terre.

« Ainsi, j’ai appris beaucoup de ces réunions. En particulier d’une Assemblée Générale Annuelle des actionnaires. Quand nous nous sommes approchées de l’immeuble, je pouvais voir des snipers sur le toit. Et nous étions là, des femmes Indiennes. Qu’avions nous fait ? Pourquoi fallait-t-il un sniper au-dessus de nos têtes ? Qu’avions-nous de plus que mes plumes, du pollen et des herbes médicinales ? Donc, je suis allée à cette réunion avec ces fusils pointés sur nous, et c’est ce qu’ont fait aussi les autres femmes. Et nous étions surveillées et suivies, probablement par des agents de la sécurité. Chaque fois que j’allais aux toilettes, j’étais suivie, chaque geste que je faisais été surveillé. Parce que nous étions entrées dans le temple de leur dieu. Parce que l’argent est le dieu des colonialistes. Il a remplacé le sacré. Alors, au lieu d’incantations on entend leurs chansons affairistes, au lieu de voir les symboles sacrés de la vie, on voit leur image affairiste. C’est une prière renversée. Quand je me suis trouvée dans cette réunion, j’ai ressenti … Beaucoup de gens qui nous ont vu disent ‘Oh, vous devez être si courageuses !’, mais nous ne sommes courageuses que parce que nous devons l’être, courageuses par nécessité, il le faut, il faut que je le sois. Et, malgré ces hommes armés qui me suivaient, j’ai dû méditer et me dire ‘je vais le faire, je peux le faire.’ Je pense que tout le monde a de ces moments où on va être confronté à quelque chose qu’on pense ne pas pouvoir faire. Mais il faut s’efforcer de surmonter ces peurs, afin d’être capable de faire ce qui va être nécessaire pour sauver cette planète. J’étais la dernière à prendre la parole à cette Assemblée Générale des actionnaires, mais dès que ma première collègue fut sur scène, le public s’est mis à nous siffler, à hurler et à nous huer. Immédiatement, lorsque nous sommes montées sur scène, bien qu’il y eût encore des actionnaires qui parlaient, nous avons senti comme une vague de méchanceté et d’hostilité. Et la méditation indispensable, face à l’adversité, fut très difficile. Parce qu’il faut savoir qu’ils veulent vous faire tomber, afin que vous ne puissiez pas dire la vérité. Mais j’ai compris ce qui se passait, et grâce à la méditation et la prière, j’ai pu maintenir un certain calme intérieur et leur délivrer un message qui leur donnait de bonnes raisons de nous huer. Alors, je pense que le simple fait d’amener des femmes Autochtones dans ces institutions est en soi un acte d’exorcisme, parce que je pense que la présence même de femmes Autochtones est un acte de purification de ces temples de la soi-disant ‘Civilisation’ Occidentale.

« Je pense que ce qui est unique dans cette campagne et dans le message que nous portons, en tant que femmes Autochtones, dans ce mouvement de désinvestissement, c’est qu’il n’est pas seulement question de retirer de l’argent de ces mauvaises banques pour le placer ailleurs. Essentiellement, ce que nous demandons, c’est aux individus de remettre en question cette abstraction qu’est l’argent lui-même. Il faut absolument comprendre l’histoire de la création des banques d’Europe, afin de comprendre et de raviver, de rétablir les anciennes traditions économiques des Peuples Autochtones comme alternatives possibles qui pourraient conjurer le génocide climatique auquel nous sommes actuellement confrontés. Je pense que nous demandons aussi aux gens : ‘demandez vous quelles sont vos valeurs, que vous a-t-on dit sur votre valeur ? Est-ce que votre valeur est seulement fondée sur ce que vous gagnez ? Est-ce que votre valeur est fondée sur votre sexe ? Est-ce que votre valeur est fondée sur votre race ? Etes-vous assez bien, sommes-nous jamais assez bien ? Sommes-nous complets ? Atteignons-nous jamais la plénitude ?’ Nous n’atteignons jamais la plénitude dans ce système capitaliste, il n’y en a jamais assez et est-ce cela, la valeur ? Pour nous, Autochtones, on nous l’enseigne avant la naissance. Quand le bébé est encore dans le ventre de sa mère, il entend des chants, in-utero, et a déjà reçu le code de l’ancienne connaissance de qui on est. C’est comme ça que ça marche, parce que quand on vous a ôté votre véritable identité, en tant qu’être sacré de cet univers, on ne peut plus comprendre qu’on a du pouvoir, ni comprendre qu’on n’est jamais seul, qu’on est toujours relié, toujours entouré des Ancêtres et de la Création, et que les Eléments sont nos parents.

« Et ça a été la mission ‘civilisatrice’ de la soi-disant ‘Civilisation’ Occidentale, depuis le début du culte de Rome. Et se sont les bulles papales, prononcées par le Pape Alexandre Borgia, qui ont produit la Doctrine de la Découverte, qui a permis la théorie de la ‘Destinée Manifeste’, pour autoriser la colonisation du monde entier, également ici, contre les tribus d’Europe. Vous êtes seulement plus près du siège de l’empire, depuis des siècles. Il se trouve que nous en sommes plus éloignés, et qu’ainsi, nous nous souvenons du temps d’avant le culte de Rome. Mais ce savoir et vos connections vous ont été arrachés violemment par l’Inquisition. Cette histoire de la colonisation, de l’impérialisme, et du racisme et du féminicide qui y sont inhérents, fait partie des forces d’intersection qui nous ont amenés à ce problème actuel de génocide climatique.

« Ainsi, nous les Peuples Autochtones, sommes les gardiens du savoir du temps d’avant, et c’est pourquoi il est si important d’écouter les Peuples Autochtones et de suivre leur direction. Parce que, pour survivre, nous devons nous réaligner, pour que nous survivions tous, vous devez vous guérir. Nous approchons le 400ème anniversaire du débarquement des premiers navires sur nos côtes, et maintenant, des Autochtones reviennent ici, et nous voyons le cercle s’accomplir. Et je vois votre présence ici comme ce que j’espère être un réveil des peuples d’Europe. Se réveiller et rallumer l’esprit sacré à l’intérieur de nous tous, afin que nous puissions guérir et recoller ce qui a été brisé. Alors, je vous invite à vous joindre à nous, et à bien comprendre que je ne suis pas différente de vous, que nous ne sommes qu’Un, que nous sommes un seul peuple. Nous ne devrions pas être divisés et nous devons nous unir, nous devons nous rassembler maintenant, il ne reste plus de temps. Je vous invite à nous rejoindre et à vous autoriser à suivre votre but le plus élevé et à trouver comment vous pouvez contribuer et ce que vous pouvez faire pour participer à la guérison de cette Terre et guérir ce qui a été blessé par la colonisation. En ce qui concerne les banques, c’est la partie la plus simple, il suffit de leur demander de respecter les Droits Humains. Mais pour vraiment changer et transformer la société, nous devons vous changer et vous transformer. Alors, de quoi avez-vous besoin, que voulez-vous entendre, étant donné que vous nous écoutez, que vous êtes tous ici, que voulez-vous entendre de nous ? Je veux que vous exigiez ceci de vous-mêmes : de vous lever à l’aube – c’est ce que nous faisons et ce peut être un savoir que je vous donne afin que vous puissiez vous reconnecter. Donc, levez-vous très tôt le matin, quand le soleil commence juste à se lever. Soyez disciplinés. Réveillez-vous et donnez ce que vous avez, un peu de tabac, ou du pollen de maïs, ou de la farine de maïs. Offrez-le à la Terre. Et demandez à guérir, demandez au Créateur de vous en donner la force et le savoir. C’est par cette réciprocité, cette monnaie spirituelle que vous pouvez vous réaligner et trouver ce qu’est le véritable pouvoir. Et c’est votre véritable héritage en tant qu’enfant sacré de cet univers. »

 

Michelle Cook, photo Brenda Norrell

CRIMINALISATION DES PEUPLES AUTOCHTONES, LES COMPAGNIES PETROLIERES INVENTENT DE NOUVELLES LOIS CONTRE “L’INCITATION A L’EMEUTE” APRES STANDING ROCK, MICHELLE COOK, DINÉ [NAVAJO] TEMOIGNE DEVANT LA COMMISSION INTERAMERICAINE DES DROITS DE L’HOMME EN JAMAIQUE

Témoignage de Michelle Cook, Diné
Photos et article par Brenda Norrell
Censored News
21 mai 2019
Traduction Christine Prat

KINGSTON, Jamaïque – Les Etats-Unis ont entrepris de criminaliser les Peuples Autochtones à Standing Rock, et continuent d’abroger des droits humains par une nouvelle législation, inventée par les compagnies pétrolières, dit Michelle Cook, Diné, à la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme, en Jamaïque.

Les Etats-Unis vous diront que leur Etat protège les Peuples Autochtones et soutiennent la Déclaration des Droits des Peuples Autochtones des Nations Unis, dit-elle. “Ils vous parleront d’une politique de consultation, en accord avec les droits de l’homme.” “Ce qu’ils ne vous diront pas, c’est que ces droits sont abrogés, anéantis et détournés pour les profits privés de compagnies pétrolières comme ETP (Energy Transfer Partners) et TransCanada.”

“Je suis ici pour exprimer le point de vue Indien sur ce que nous avons appris pendant et après les évènements de Standing Rock contre l’oléoduc Dakota Access.”

“Dans le cas du Dakota Access, pendant sept mois, de septembre 2016 à février 2017, au moins 76 services de maintien de l’ordre et 35 services fédéraux et firmes de sécurité privées, embauchés par la compagnie pétrolière, ont été présents à un moment ou un autre.”

“Au cours des sept mois, des procureurs agressifs ont condamné 841 protecteurs de l’eau qui usaient pacifiquement de leur Droit constitutionnel d’Assemblée.” Beaucoup de ceux qui ont été arrêtés ont été détenus dans des conditions inacceptables et maltraités. Ils ont été fouillés et déshabillés sans raison et enfermés pendant des heures dans des conditions humiliantes, dit Michelle à la Commission.

Les autorités locales ont agressivement poursuivi 841 protecteurs de l’eau, en dépit du manque de raisons valables et de ce qu’il n’y ait pas de preuve dans la grande majorité des cas. “Le Collectif Légal des Protecteurs de l’Eau a entamé une poursuite collective [‘class action’] pour les blessures infligées le 20 novembre.”

Maintenant, suite à Standing Rock, dit Michelle, “les intérêts du pétrole et du gaz poussent à criminaliser les protestations contre leurs projets de carburants fossiles, en inventant des lois visant explicitement à protéger leurs infrastructures les plus sensibles contre le sabotage.” Actuellement, 95 lois anti-protestations sont proposées dans 35 états, y compris le Dakota du Nord. 14 d’entre elles sont passées, 24 sont encore en suspens, et 55 ont expiré ou ont été repoussées. Il y en a actuellement 28 en attente dans la législation d’états. Au Texas, la Proposition 3557 ferait de certaines formes de protestations un crime de second degré, équivalent à un meurtre de second degré. Dans le Dakota du Sud, la loi sur l’incitation à l’émeute a créé un fonds spécial pour poursuivre des groupes qui ne se trouvent pas dans l’état, en réaction directe à Standing Rock.

“Nous encourageons la Commission à examiner ces lois et à suivre les recommandations du Rapporteur Spécial.”

Michelle a témoigné avec Ofelia Rivas, Tohono O’odham, qui témoignait sur la militarisation de la frontière; Casey Camp Horinek, membre du Conseil Tribal Ponca, sur les arrestations abusives à Standing Rock; et Leoyla Cowboy, Diné, épouse du Protecteur de l’Eau emprisonné, Michael Little Feather Giron, Chumash.

Michelle Cook est une avocate Diné [Navajo], et l’organisatrice de la délégation de femmes à la Commission en Jamaïque.

Elle est fondatrice de Désinvestir, Investir, Protéger. Michelle est membre de la Commission des Droits de l’Homme de la Nation Navajo et co-fondatrice du Collectif Légal des Protecteurs de l’Eau à Standing Rock. En tant que diplômée du Programme Fulbright [un programme d’échanges universitaires], elle a vécu en Nouvelle-Zélande et étudié la culture Maori. Elle est allée en Iran au cours d’un échange culturel et était présente à la Conférence sur la Terre Mère à Cochabamba, en Bolivie, en 2010. Elle poursuit actuellement des études pour obtenir un diplôme supérieur, dans le cadre du Programme de Droit et Politique des Peuples Autochtones à l’Université de Tucson, Arizona.

©Brenda Norrell

COMMISSION INTER-AMERICAINE DES DROITS DE L’HOMME,
A KINGSTONE, JAMAÏQUE: UNE DELEGATION DE FEMMES AUTOCHTONES DES ETATS-UNIS PARLE

ELLES DENONCENT LES VIOLATIONS DES DROITS COMMISES A STANDING ROCK CONTRE LES PROTECTEURS DE L’EAU ET CELLES COMMISES A LA FRONTIERE US/MEXIQUE PAR LA PATROUILLE DES FRONTIERES

Photos et article par Brenda Norrell
Censored News 9 mai 2019
Traduction Christine Prat

KINGSTON, Jamaïque – La Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme a entendu le témoignage de Leoyla Cowboy, Diné, et la délégation des Femmes Autochtones a apporté un témoignage impressionnant sur les violations des droits par la police, et la criminalisation des protecteurs de l’eau.
Leoyla a lu une déclaration de la Protectrice de l’Eau emprisonnée, Red Fawn. Leoyla, Diné, est l’épouse du prisonnier Little Feather, Chumash, et a parlé de tous les Protecteurs de l’Eau emprisonnés.

Casey Camp, membre du Conseil Tribal Ponca, a raconté comment elle-même et d’autres protecteurs de l’eau ont été enfermés dans des chenils, sur un sol en béton, après avoir prié à Standing Rock. Casey a décrit les souffrances et le désespoir créés par les industries minières.
Casey a raconté comment les matons de la prison du Comté de Morton ont mis des numéros sur leurs bras, comme pour les Juifsdestinés aux chambres à gaz.
L’eau a été empoisonnée par les industries minièreset le commerce du carbone, et des tremblements de terre causés en Oklahoma, a-t-elle déclaré à la Commission.
Lorsqu’elle est allée à Standing Rock, c’était pour protéger l’eau de son peuple et toutes les formes de vie en aval. Maintenant, les Ponca ont reconnus les Droits de Notre Mère la Terre, et ils pourront être défendus dans des tribunaux, dit-elle à la Commission.
C’est le résultat de prières qui l’a conduite à Standing Rock pour protéger l’eau. Lorsqu’elle est arrivée à Standing Rock, la police a chargé les femmes, les hommes et les enfants avec des armes, des grenades assourdissantes, du gaz poivré, et les a enfermés dans des chenils. Les enfants diabétiques se sont vu refuser les médicaments et ont eu des crises, dit-elle à la Commission.

Ofelia Rivas, O’odham, fondatrice de Voix O’odham Contre le Mur, a parlé des violations des droits des Tohono O’odham à la frontière, sur un territoire souverain. Ofelia a raconté comment elle-même et d’autres avaient été brutalisés et terrorisés par la Patrouille des Frontières, dans leurs propres communautés.
Elle a parlé d’attaques de O’odham par des chiens et de détentions arbitraires.
“Les Tohono O’odham ont été criminalisés par la Sécurité Intérieure des Etats-Unis” dit-elle à la Commission. Ofelia raconta aussi comment les territoires O’odham au Mexique avaient été volés, vendus et réappropriés par les cartels.

Michelle Cook, avocate Diné et membre fondatrice du Collectif Légal des Protecteurs de l’Eau, a décrit la criminalisation de Protecteurs de l’Eau pacifiques.
Michelle a décrit les actions des Etats-Unis visant à criminaliser les protecteurs de l’eau et résultant en de nouvelles lois d’état, suite aux actions de protection de l’eau à Standing Rock. Des manifestants pacifiques tombent maintenant sous le coup de nouvelles lois de l’état. La nouvelle législation du Dakota du Sud criminalise les activistes pacifiques et leurs alliés, maintenant qualifiés de “promoteurs d’émeutes.”
Au Texas, la nouvelle législation pourrait conduire à des accusations de crimes pour ceux qui mettent en pratique la liberté de parole.
Michelle dit à la Commission que le Collectif Légal des Protecteurs de l’Eau avait engagé une poursuite [“class action” une procédure collective beaucoup discutée en France, mais pas encore adoptée] contre les violations commises par la police à Standing Rock.
Michelle est fondatrice de Désinvestir, Investir, Protéger, qui soutient la délégation de femmes à l’audience de la Commission.

Réagissant au récit des exactions commises par la police et les agents de la Patrouille de Frontières des Etats-Unis, l’un des membres de la Commission a demandé “Comment est-ce possible ?”

En réponse aux questions de la Commission, Leoyla dit que Little Feather avait subi 14 enfermements. Sa famille ne pouvant pas prendre contact avec lui pendant tout ce temps, “nous ne savons pas s’il est encore en vie.”
Casey dit qu’elle-même et d’autres Anciennes Autochtones souffraient toujours des blessures causées par les arrestations et emprisonnements par le Service du Sheriff du Comté de Morton – Dakota du Sud – et par la police et les militaires qui ont commis ces violations des droits de l’homme à Standing Rock. “Nous souffrons toutes de syndrome post-traumatique.”

Les Etats-Unis ont envoyé des officiels de l’Ambassade des Etats-Unis et du Ministère des Affaires Etrangères à Washington et en Jamaïque pour réagir au cours de l’audience d’une heure, tenue à l’Université des Indes Occidentales. Malgré une tentative ratée de présenter les Etats-Unis comme un pays respectant le droit, les représentants officiels des Etats-Unis n’ont pas été capables de présenter un témoignage qui pourrait justifier les violations des droits par la police et les militaires Américains ni les injustices commises par les tribunaux Américains.
Les Etats-Unis ont bien rapporté l’action en justice contre des mercenaires privés, de TigerSwan, qui ont agi dans le Dakota du Nord sans licence.
Les représentants officiels ont affirmé que les Etats-Unis honorent et respectent la souveraineté tribale, mais les protecteurs de l’eau ont souligné que les actes des Etats-Unis prouvent le contraire.