VIDEO PAR SACRED STONE VILLAGE

 

RED FAWN AU TRIBUNAL

 

Par Sacred Stone Village
Publié sur Censored News
22 janvier 2018
Traduction Christine Prat

 

Tandis que je marchais vers le Tribunal Fédéral de Bismarck, dans le Dakota du Nord, une boule a commencé à se former dans mon estomac. Depuis la résistance à Standing Rock, plus de 800 protecteurs de l’eau ont été mis en accusation et 6 d’entre eux risquent d’être accusés de crimes dans une Cour Fédérale. Red Fawn Fallis fait partie de ceux qui ont été injustement emprisonnés et a été accusée de 3 crimes au cours de l’année passée. A cause de la corruption et de la menace d’être emprisonnée à vie, Red Fawn Fallis a décidé de signer un accord de plaider coupable de 2 des 3 accusations. Elle se préparait à plaider coupable des crimes de troubles civils et de possession d’une arme à feu et de munitions par un coupable déjà condamnée. L’accord qu’elle a accepté évite l’accusation la plus grave, celle d’avoir tiré avec une arme à feu en relation avec un crime de violence, et recommande une peine ne dépassant pas sept ans, sans amende ni dommages à payer.

Red Fawn est entrée au tribunal menottée et habillée de l’uniforme orange des prisonniers, devant un public de 20 à 30 visages connus. De nombreux supporters avaient été empêchés d’entrer, bien qu’il y ait assez de places. L’avocat de Red Fawn a demandé au Juge Hovland que ses chaînes soient retirées pour l’audience, ce qui a été obtenu. Elle tremblait mais est restée forte quand le juge a posé les questions qu’il devait poser selon la loi. Il lui a tout expliqué afin de s’assurer qu’elle comprenait complètement ce que l’accord impliquait, son comportement était beaucoup plus poli que celui du juge que nous avions vu condamner Mary Redway. Des larmes ont commencé à couler quand le juge s’est préparé à demander à Red Fawn ce qu’elle plaidait pour la première accusation de désobéissance civile. Red Fawn a hésité un moment – j’ai pensé pendant une seconde qu’elle allait se lever et crier ‘Mni Wiconi!’ Cependant, d’une voix brisée elle a lâché “coupable”. J’ai regardé autour de moi et vu des larmes couler sur les joues de femmes et d’hommes parmi les plus forts pendant le mouvement, et qui étaient là pour la soutenir. La deuxième accusation a été lue et encore une fois, “coupable” a résonné dans la salle.

Le Juge Hovland a expliqué ce qui se passerait ensuite, qu’un interrogatoire en profondeur de Red Fawn aurait lieu au cours du mois prochain, environ, et qu’un rapport final serait rédigé. Il dit qu’il prendrait les lettres de soutien en considération. C’est le meilleur moyen, dit-il, de vraiment comprendre la personnalité d’un accusé et de déterminer comment il ou elle contribue à la société dans son ensemble. Les avocats de Red Fawn ont alors demandé s’ils pouvaient soumettre une pétition demandant sa libération. Elle est détenue au Centre de Détention du Comté de Burleigh-Morton, et elle a admis avoir commis une violation des conditions de sa mise en liberté avant le jugement. Hovland dit qu’elle avait disparu un jour entier de la maison de transition où elle résidait depuis octobre. Lorsqu’il lui a demandé de s’expliquer, elle dit à travers ses larmes:

“Je ne veux pas fournir d’excuses, mais j’ai le plus grand respect pour la Cour. Le passage au tribunal approchant, j’avais besoin d’un peu de temps pour réfléchir. C’est dur d’être ici sans famille ni qui que ce soit à qui parler. Je suis désolée.”

Le Juge Hovland dit que même si cela devait être pris en considération, elle devrait être sous surveillance GPS jusqu’à la date où la peine serait prononcée, ce qui prendra 3 à 4 mois. L’avocat de la défense Bruce Ellison dit que les défenseurs de Red Fawn feraient comparaitre quelques témoins à la session où la peine sera prononcée et l’assistant Procureur général Gary Delorme dit qu’il pourrait en appeler quelques-uns aussi. Les avocats de Red Fawn conseillent une peine de 21 à 27 mois, tandis que les procureurs fédéraux pourraient recommander de 46 à 57 mois.

C’était dur de voir quelqu’un qui résiste pour Notre Mère la Terre et notre eau, menacée de peines si extrêmes par notre système de “justice”. Nous continuerons à soutenir tous les protecteurs de l’eau qui ont mis leur vie en jeu pour Notre Mère. Merci Red Fawn pour ce que tu as défendu et continues à défendre.

 

Pour plus d’informations sur Red Fawn ou pour lui écrire: http://indi.com/freeredfawn

Pour des mises à jour sur les autres poursuites fédérales: https://waterprotectorlegal.org/federal-cases

 

Par brendanorrell@gmail.com le 23 janvier 2018

 

 

LE REVOLVER PRETENDUMENT TROUVE DANS LA MAIN DE RED FAWN, APPARTENAIT A UN INDIC PAYE PAR LE GOUVERNEMENT

 

Par le Collectif Juridique des Protecteurs de l’eau
Publié sur Censored News
Le 14 décembre 2017
Traduction Christine Prat

 

BISMARCK, Dakota du Nord –

Les avocats de Red Fawn Fallis au niveau fédéral, ont déposé une Requête de Divulgation de Pièces [Motion to Compel Discovery], hier, dans le District du Dakota du Nord. La requête souligne que de nombreuses vidéos et autres documents cruciaux demandés par la Défense n’ont pas été fournis par le gouvernement.

Parmi les documents que le gouvernement n’a pas fournis, il y a des détails sur le rôle joué par l’informateur payé par le FBI, qui était le propriétaire du revolver prétendument trouvé sur le lieu où Red Fawn Fallis a été arrêtée. L’existence de cet informateur a été évoquée publiquement à la fin de l’audition des Requêtes, le lundi 11 décembre, et est également largement décrite dans un récent article du site The Intercept. D’après la requête, les demandes laissées sans réponse par le gouvernement, sont entre autres:

Une demande détaillée de documents et autres informations importantes concernant l’utilisation par le gouvernement d’un informateur payé par le FBI, infiltré dans les camps des Protecteurs de l’Eau, ayant eu une relation intime avec l’accusée, et ayant fourni des informations pendant cette période au gouvernement. Cet informateur a été témoin visuel de l’arrestation de Miss Fallis et de la décharge d’une arme à feu … [et] le revolver prétendument saisi sur Miss Fallis lors de son arrestation, appartenait à l’informateur.

La Défense demande également:

Des documents détaillés et autres informations concernant d’autres informateurs utilisés par le gouvernement, l’état du Dakota du Nord, les services de police impliqués, et/ou la firme DAPL et/ou ses agents.

Cette requête arrive seulement quelques jours après la conclusion d’une audition des Requêtes de la Défense, au cours de laquelle les avocats avaient présenté des preuves démontrant que les forces de l’ordre n’avaient pas de raison valable d’arrêter Miss Fallis. Le témoignage des forces de l’ordre durant cette audience a confirmé l’existence d’au moins un autre informateur, agent infiltré ou employé d’une firme de sécurité, qui fournissait des informations aux forces de l’ordre. L’audience a également permis de fournir des preuves confirmant l’existence de nombreuses caméras de surveillance, placées sur les véhicules des forces de l’ordre ou utilisées par des agents, dont les enregistrements audio ou vidéo n’ont pas été fournis par le gouvernement, ainsi que la loi l’exige.

Red Fawn Fallis a été arrêtée le 27 octobre 2016, et est accusée de Trouble à l’ordre Civil, d’avoir déchargé une arme à feu dans le cadre d’un crime avec violence, et de possession d’arme à feu et de munitions par une délinquante condamnée. L’accusation de ‘Trouble à l’ordre Civil’, rarement utilisée, condamne la participation à des troubles à l’ordre public et a historiquement été utilisée à l’origine contre des activistes politiques et des communautés de couleur. La Requête de communication de pièces exige que le gouvernement révèle si des “actes violents”, qui sont la base de l’accusation de Trouble à l’Ordre Civil, ont été déterminés par une enquête menée par des informateurs payés, des agents secrets ou une firme de sécurité privée.

Miss Fallis est représentée par les avocats Molly Armour, Jessie Cook et Bruce Ellison, et doit comparaitre le 29 janvier 2018, devant la Cour de District des Etats-Unis pour le District du Dakota du Nord, à Fargo. Elle a été incarcérée sans caution pendant un an, et elle est actuellement assignée à résidence dans une ‘maison de transition’, où elle se prépare pour le procès.

Red Fawn Fallis, une Sioux Lakota, est une des sept accusés au niveau fédéral dont les affaires découlent des évènements du 27 octobre 2016, à Standing Rock, et elle sera la première à être jugée. Plus de 300 Protecteurs de l’Eau attendent encore d’être jugés au niveau de l’état.

 

 

Nataanii Means was one of the speakers during the 37th Annual Day of Solidarity with Indians of the Americas organized by the CSIA-nitassinan on October 14th 2017. He talked about his experience in Standing Rock, during the struggle against the DAPL and commented on the documentary “Rise”, by Michelle Latimer, produced by Viceland.

After having presented himself, as Lakota, Omaha and Dineh, and thanked the people in the audience for having taken time from their Saturday in order to be there, Nataanii talked about what he had been going through last year.

Christine Prat

 

Nataanii Means in Paris, en français
37th Day of Solidarity with American Indians
organized by CSIA-nitassinan
Recording and transcript Christine Prat
October 14th, 2017
Also published on Censored News

 

“For the past two years, the CSIA has brought me out to perform, to speak, and last year I was living at the camps, I was living in a Teepee with my friend Tyler, in the Camp Red Warrior. I took time to fly over here and then I went back. The tension had grown a lot and I ended up being arrested, on November 27th. It was the day we called ‘The Treaty Camp Raid’. I think our initial charges were a felony charge and three misdemeanor charges.

Just watching that film brought back a lot of memories, a lot of good memories, a lot of bad memories, a lot of regret, a lot of pain, and a lot of anger. You know, a lot of us, we gave up a lot to go out there and our whole lives changed after that. The film was very beautiful, the pictures are very beautiful, of my people, and I don’t want you to keep that in your head as how we are all the time. Because we come from very hard circumstances. Our biggest fight, our whole fight, was with each other. I have to tell you straight away, because we fought each other hard. And it was really a struggle to even go on, like to physically stop the pipeline, we were fighting eternally just to do that. Because a lot of people in the camps did not respect the diversity of tactics.

A lot of people gained a lot of things from this fight, you know, as far as Eagle boots, as far as money… For me, I gained a lot of regret. I was just talking to Tara [Houska], right there, we were watching the end of that video… Fuck that, man! It ends so badly! And all those veterans coming, it did not help anything. From the beginning of the camps – you have to understand – our people have been oppressed for so long, that we have just not gained the knowledge and the just understanding of what matriarchy is. But ideas of patriarchy are so implemented into older people, they have suffered through the system, it has just been in them, for generations. It was really hard to work in that camp because of those ideas of patriarchy, they kind of reign supreme, even though we were trying to stay true to ourselves. Myself and a few of my friends, we stayed through the winter, after we were ended, we stayed three months after that. And that’s when we’ve really seen the corruption of Standing Rock Sioux Tribe [council], of IRA [Indian Reorganization Act] governments. We’ve seen how those veterans showed up, ended up infiltrating into certain groups and dividing the people. Later on, we found out that those infiltrating groups were bringing drugs in. And the winter was really hard, one of the hardest we’d been through, we got four blizzards. And that’s when I learned how to be, it was one of the hardest times of my life. It was how I learned to be a human being, I think. Because we had to care for each other, we had to watch out for each other. It was not about any kind of groups in the camp, it was about who is living there. And it was about not freezing to death. And that kind of detoured us from thinking about the pipeline. During that time, the work was presumably halted. But they were drilling underneath the river the whole time they were not supposed to be working. We did not have the numbers, we did not have the support, and we did not have the energy to even carry out any kind of action to stop the drilling.

I tell you the story because I thought it would help, but I don’t want to keep these guys [other speakers] waiting because I tell a long story. I tell you the story on this one:

There is one point in February when with Witko and Tufawon, we got back from a trip [to call banks to disinvestment], and our friends Yazz and Sage, and a few other people said “we have an idea”. They had this paper, it was divided in three sections and one said ‘weeks’, the other said ‘months’ and the other said ‘years’. I said ‘what is this?’ And they told me ‘if you had to do time, how much do you wanna do, to stop this pipeline?’ I just looked at it and I thought ‘no time’. We were suffering of severe paranoia, and we were tired all the time, and it was cold, and there are a lot of things that are not seen on camera: we fought the cops many times on the bridge, the National Guard… and by that time we got arrested most of the time, so I looked at that paper and I said ‘years’. And that’s not to brag, that’s not to be seen as this much of a warrior, I don’t think of myself as a warrior. I mean, I would have preferred it to be weeks, but I looked at it, ‘if I want to do this, it is when I want to sacrifice’. And it was only me and Sage that picked years. And each category had a role to play in our plan. Anyway, they had a women gathering a couple of days after that, a few of my aunts came to share wisdom with those young women and they got some power in camps, it was really good to see. When I say ‘my aunts’, it’s Madonna Thunderhawk and Marbella Philips. They were part of that women’s camp. We went to them with the plans to ask their advice, because those women were at Wounded Knee in 1973 and since that time, they’ve done so much work for the movement. So, I asked them what they thought. And they told me ‘you’re too young, we don’t need you in prison yet. There are already enough of us in prison’. And it confused me. I did not know how to feel about that. And they really did not want us to do it. So, we listened to them. For we value them, we value their opinions, their wisdom. So, we did not go through with the plan, we went through with another one, which did not even work. The cops had finally found out about it. That’s the end of February, that’s when they closed the camps. And they had done drilling in March. But ever since that decision, every day I think about that.

What remain is torment and regret. I don’t think we won. I think we lost, we lost our fight. And I know about losing fights!

I don’t know what the answer is, I don’t want to pretend to know what the answers are. I know what I have to do as an indigenous young man. I am honored to be up here, with these people, I am honored to be here with you and I am honored to represent my Nation, and I just came to the realization a while ago, that we’re gonna have to fight every single day in our life and that’s something I don’t expect you to understand, I don’t think you will understand it, but that’s what we do, that’s who we are. And I think that balances my torment, because I am so proud to be this person I am, so proud to have my ancestors running through my veins. So, I am going to honor them the best way I can, every single day of my life. And I’ll continue to fight, whether that be through music, through art, through court systems, through frontline work, for community development or with the youth.”

 

 

STANDING ROCK: LES PROTECTEURS DE L’EAU SONT LE FUTUR

Par Brenda Norrell
Publié sur Censored News
Le 13 juillet 2017
Photo Rob Wilson
Zie Nederlandse vertaling door Alice Holemans
Traduction française Christine Prat

 

STANDING ROCK – Les protecteurs de l’eau et leurs camps – sont le futur.

Pourquoi? Parce que ce mouvement, conduit par des Autochtones, a résisté, sans compromis, au point où l’armée et la police militarisée ont été appelées pour les écraser.

Mais même ces forces n’ont pas été capables de casser leur esprit.

Si le monde n’avait pas été témoin, il ne fait aucun doute que la police aurait été encore plus violente envers les femmes, les enfants et les Anciens.

Une révélation devrait clarifier la question pour le monde entier. C’est arrivé par une fuite sur le site The Intercept.

Les rapports de sécurité ridicules des mercenaires de TigerSwan à Standing Rock ont servi de base à l’escalade coordonnée et massive de la police, avec tanks et armes de guerre.

Ce service de renseignements fabriqué est tout le symbole de ces actes guidés par le profit, qui aboutissent aux guerres fallacieusement initiées et justifiées par les Etats-Unis.

Ne soyez pas induits en erreur par la pause actuelle.

Standing Rock a été une graine dans un sol fertile.

La terre donne naissance à la résistance.

 

JURISPRUDENCE: DIX NOUVEAUX NON-LIEUX

 

 

Par le Water Protector Legal Collective [Collectif Légal de Protecteurs de l’Eau]
Publié le 10 juin 2017
Par Censored News
Traduction Christine Prat

 

Une grande victoire pour les Protecteurs de l’Eau, la semaine dernière: 10 poursuites concernant les arrestations du 22 octobre 2016, qui devaient passer en justice le jeudi 6 et le vendredi 7 juillet 2017, se sont terminées par des non-lieux. Les dix accusés étaient menacés d’accusation d’Infraction Criminelle et de Participation à une Emeute, et sept parmi eux étaient défendus par le Collectif Légal de Protecteurs de l’Eau (WPLC).

Toutes les poursuites résultaient des arrestations de masse qui ont eu lieu à Standing Rock le 22 octobre 2016 et sont en tout point comparables à celles qui ont été traitées le 29 juin 2017, lorsque le verdict de la Cour de District du Comté de Morton a été: non coupable.

La motion présentée par l’Assistant du Procureur du Comté de Morton Brian Grosinger dit: “Sur la base des décisions de l’audience du 29 juin 2017, et les respectant, l’état anticipe en substance que la preuve dans ces affaires est la même.” Ayant appris que le non-lieu avait été prononcé, l’avocat du WPLC Brian Fitzpatrick, dont le client était un des dix accusés, déclara: “Le Procureur de l’état, à mon avis, a agi selon son devoir éthique de prononcer un non-lieu dans tout cas où il ne peut pas donner de preuve au-delà du doute raisonnable. Toutes ces affaires sont dans cette catégorie. Je l’applaudie pour avoir fait ce qui était juste.”

Ces protecteurs de l’eau étaient parmi les nombreuses personnes qui prenaient part à une prière ou appartenaient aux groupes de soutien, le 22 octobre, quand les forces de l’ordre leur ont dit de se disperser, dans un champ à l’ouest de la nationale 1806, près des sites sacrés et du site du DAPL. Il n’y a eu aucune enquête ou constatation déterminant si ces ordres de dispersion étaient légaux. Cependant, avant que les protecteurs de l’eau puissent se retirer, ils ont été encerclés et bloqués par les forces de l’ordre, dans un champ, et arrêtés. L’avocat du WPLC, Andrea Carter, dit à propos des non-lieux, “ce qui a été déterminant pour nous, dans ces affaires, n’a pas été seulement le travail légal infatigable, mais plus fondamentalement, la force et le courage de la culture et des valeurs des peuples Autochtones, et le soutien de milliers de supporters, locaux et de tout le pays, créant de nouvelles façons de s’exprimer, en dépit de toutes les difficultés, et dans des conditions d’injustice et de traitement différent extrêmes.”

Les six premiers protecteurs de l’eau devant comparaitre, avaient été arrêtés le 27 octobre 2016, et devaient passer au tribunal le 14 juillet 2017. Le 27 octobre 2017, environs 147 des plus ou moins 400 protecteurs de l’eau, avaient été arrêtés après avoir quitté le camp, alors qu’ils étaient en train de marcher, prier et inviter à prendre conscience. La plupart des personnes arrêtées ont renoncé à une comparution devant un jury, de peur, hélas, de ne pas pouvoir avoir un procès équitable dans cette région. Il pourrait y avoir une autre comparution, et deux autres audiences finales, respectivement les 11 et 14 juillet, pour des individus qui ont aussi été arrêtés alors qu’ils priaient, le 27 octobre ou le 18 décembre.

Les protecteurs de l’eau qui ont besoin d’un avocat bénévole ou qui ont vu ou subi des préjugés ou de la discrimination de la part des officiels, à cause du fait qu’ils sont Autochtones ou des organisations politiques auxquelles ils appartiennent, sont encouragés à prendre contact avec le Collectif Légal de Protecteurs de l’Eau, pour des conseils ou pour être représentés, au 701-566-9108.

 

Contacts:
Andrea Carter, Avocat du WPLC : (701) 425-5406, andreacarter@protonmail.com
Jessica Beheler, Porte-parole, contact medias: (701) 595-1509 pr@wplegal.org

 

 

Vendredi 10 mars 2017

Les Protecteurs de l’Eau et leurs soutiens ont manifesté à Washington, devant la Maison Blanche. Le combat continue. Les médias dominants – entre autres Radio France – ont enfin commencé à en parler. Les manifestants ont essentiellement exprimé la nécessité vitale de défendre l’eau, et le fait que les travaux du DAPL, l’occupation par le Corps de Ingénieurs de l’Armée, et les camps des Protecteurs étaient situés sur des territoires appartenant aux Lakota suivant les Traités. D’après le Guardian daté du 10 mars, une femme qui aidait à porter une grande pancarte « C’est une Terre Volée », scandait « l’Occupation est un crime, de Standing Rock à la Palestine ».

 

 

L’armée et la police ont commencé à attaquer les camps fin février : le 23, ils ont attaqué le camp Oceti Sakowin, où il ne restait que 47 personnes, qui ont toutes été arrêtées. En prévision de l’attaque, les autres avaient pu quitter le camp dans des bus loués pour l’évacuation.

 

Photo Censored News, voir d’autres photos de l’attaque du 23

 

Parmi les 47 personnes qui ne voulaient pas quitter le camp et ont été arrêtées, se trouvait Regina Brave, environs 80 ans. Elle a heureusement été libérée depuis. C’est une militante de longue date, elle était à Wounded Knee en 1973.

Voir d’autres photos des attaques par Rob Wilson sur Censored News

 

Le 1er mars, les ‘forces de l’ordre’ ont attaqué le nouveau camp ‘7ème Génération’, où les Protecteurs qui se trouvaient en zone inondable venaient de déménager, le camp de Rosebud et le camp de Sacred Stone, qui se trouvait pourtant sur la propriété privée de LaDonna Brave Bull Allard – le terrain appartient à sa famille depuis des générations – et elle avait invité les Protecteurs à y camper. Le 1er mars, elle a été bloquée à un barrage de la police et n’a pas été autorisée à rentrer sur son propre terrain.

Le 18 janvier, le Conseil Tribal de la Tribu Sioux de Standing Rock avait promulgué une résolution – 007-17 – donnant l’ordre d’évacuer les camps et faisant appel à toutes les forces de l’ordre pour le faire. Le Conseil Tribal arguait que la rigueur du climat était une menace pour les Protecteurs, cependant beaucoup d’entre eux ont parlé de ‘trahison’ (les habitants du Dakota du Nord savent bien que les hivers y sont très rudes).

Dans un article publié le 9 mars sur Censored News, Brenda Norrell écrivait: « La police fédérale a attaqué les protecteurs de l’eau avec la même violence brutale, la même force excessive incontrôlée, que les forces dirigées par le Sheriff du Comté de Morton, Kyle Kirchmeier.

« Tous les protecteurs de l’eau ont été arrêtés ou expulsés, suivant les ordres du Conseil Tribal. Maintenant, les camps sont rasés au bulldozer et les possessions des protecteurs de l’eau sont détruites. » L’article indique également que le 8 mars, l’école du camp de Sacred Stone a été rasée.

 

 

Hier Donald Trump a pris par décrets plusieurs décisions capitales et controversées. Entre autres, il a émis deux décrets qui ouvrent la voie à l’autorisation de deux oléoducs particulièrement controversés, le Keystone XL et le Dakota Access. En ce qui concerne Standing Rock, la Garde Nationale avait déjà placé des lanceurs de missiles pointés vers les camps des Protecteurs de l’Eau, dès le 18 janvier, et le même jour, la police avait lancé une nouvelle attaque au cours de laquelle il y a eu des arrestations et des blessés. Ils avaient probablement anticipé les décisions de Trump.
La plupart des Autochtones sont plus que jamais prêts à résister. Cependant, des divisions se sont produites entre les Protecteurs et les dirigeants de Standing Rock depuis décembre dernier. Déjà, les Red Warriors avaient décidé de se retirer, suite à des dissensions politiques (voir article). Ensuite, les dirigeants avaient appelé à fermer les camps ‘à cause du froid’, argument déjà utilisé par l’Armée pour décréter illégale et passible d’amende, toute présence sur les lieus. En même temps, des rumeurs circulaient sur l’utilisation des fonds – en millions de dollars – envoyés par de nombreux donateurs. Il est maintenant certain que les dirigeants de Standing Rock ont ‘réattribué’ une bonne partie de ces fonds, pour payer les dettes du Conseil Tribal, au prétexte que les actions de résistance lui avaient coûté beaucoup d’argent.

Vous trouverez ci-dessous la traduction française de plusieurs articles sur ces questions

Christine Prat
25 janvier 2017

 

Dès le 18 janvier – date à laquelle Obama a rejeté la demande de grâce de Leonard Peltier – Censored News publiait l’article suivant :

Article par Brenda Norrell
Censored News
18 janvier 2017
La Garde Nationale a placé deux lanceurs de missiles pointés vers les Protecteurs de l’Eau de Standing Rock. L’un des lanceurs Avengers, peut être armé de fusils rotatifs et de missiles sol-air.

Le Sheriff du Comté de Morton Kyle Kirchmeier a admis que les lanceurs étaient déployés, mais a prétendu qu’ils n’étaient pas encore chargés.

Un jour après avoir été dénoncée par les Protecteurs de l’Eau dans les médias, la Garde Nationale du Dakota du Nord dit aujourd’hui, mardi 17 janvier, qu’elle retire les lanceurs pointés sur Standing Rock, où les Protecteurs de l’Eau résistent à un froid intense pour défendre le Fleuve Missouri contre l’oléoduc Dakota Access.

Ce soir [18 janvier 2017] des vidéos diffusées en direct du Pont Backwater montrent que du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc ont été tirées sur les Protecteurs de l’Eau.

 

Mardi 24 janvier 2017, l’article suivant était publié sur Censored News, la déclaration de l’IEN qui y figure ayant déjà été distribuée par d’autres canaux.

LES AUTOCHTONES JURENT DE RESISTER IMMEDIATEMENT EN REACTION AUX DECRETS SIGNES PAR TRUMP QUI PROMEUVENT LES OLEODUCS KEYSTONE XL ET DAKOTA ACCESS

Par Brenda Norrell
Censored News
24 janvier 2017

Hier, le Président Donald Trump a promulgué des décrets qui suppriment les obstacles à la construction des oléoducs Keystone XL et Dakota Access.

« La construction sera ‘soumise à des délais et conditions qui seront négociés par nous » dit Trump, citant comme exemple l’exigence que les composants pour les tuyaux soient fabriqués aux Etats-Unis.

Le Camp Oceti Sakowin de Standing Rock appelle à la Désobéissance Civile de Masses :
Déclaration du Camp Concernant l’Annonce de Trump :

« Nous lançons un appel immédiat à nos alliés et à nos peuples de résister où ils se trouvent sous la forme d’une désobéissance civile de masse pour manifester leur solidarité avec Standing Rock, le feu existe en eux et il est temps qu’ils le rallument.

Le cœur de Standing Rock bat partout, le feu a été repris par 10 000 organisateurs potentiels dans tout le pays et nous avons besoin de vos actions immédiatement. Exigez des gens qu’ils désinvestissent des grandes banques et nous aident à priver DAPL de fonds. Nous sommes la révolution et la résistance continue. » #NoDAPL

Le Conseil Médical Guérisseur [Medic Healer Council] du Camp de Standing Rock a immédiatement réagi aux décrets de Trump appuyant le DAPL et le KXL, en publiant un appel à plus de bénévoles pour le Conseil Médical Guérisseur du camp des protecteurs de l’eau. Des centaines de protecteurs de l’eau sont toujours dans le camp et continuent à résister à l’oléoduc Dakota Access, destiné à transporter du brut sous le Fleuve Missouri, qui pourrait empoisonner la source d’eau de millions de gens.

Le Conseil Médical Guérisseur dit « La décision du gouvernement Trump de continuer le KXL et le DAPL est décourageante mais attendue, vu les mois d’oppression militarisée à laquelle Standing Rock et le mouvement NoDAPL ont dû faire face, même avec un président ‘progressiste’. Nous continuerons à soutenir les Protecteurs de l’Eau aux niveaux local et global, dans ce combat à l’intersection de ceux pour nos eaux, nos terres et notre peuple. »

« Le Conseil Médical Guérisseur reste engagé à protéger les protecteurs. Nous appelons ce gouvernement à arrêter de permettre et de perpétuer la violence systématique contre nous et ceux qui sont avec nous. Nous appelons nos parents et amis à ce joindre à nous pour soutenir les Protecteurs de l’Eau et contre le DAPL. »

Le Réseau des Femmes pour l’Action pour la Terre et le Climat [Women’s Earth and Climate Action Network] a dit immédiatement « Donald Trump a signé un décret pour promouvoir les oléoducs Dakota Access et Keystone XL. Nous sommes effondrées, mais pas surprises par la nouvelle, et sommes prêtes à agir avec tous nos alliés qui résistent avec beaucoup de force et de courage sur la ligne de front de ce combat vital. »

A environs 11h du matin, heure de Washington, le Président Trump a signé cinq décrets, dont deux vont permettre la construction des oléoducs controversés Keystone XL et Dakota Access. Les trois autres serviront à expédier les études environnementales pour les projets hautement prioritaires.

Tom BK Goldtooth, Directeur Exécutif du Réseau Environnemental Autochtone a immédiatement publié la déclaration suivante :
« Le Réseau Environnemental Autochtone est extrêmement préoccupé, suite à l’annonce par le Président Donald Trump de deux Décrets ouvrant la voie à l’approbation des deux projets d’oléoducs pour pétrole très polluant, le Keystone XL de TransCanada et le Dakota Access.

« La Tribu Sioux de Standing Rock et d’autres Tribus Sioux, en tant que Nations souveraines, n’ont jamais été consultées par Trump ni par son Gouvernement sur la décision de continuer à violer les droits selon les traités des peuples Lakota, Nakota et Dakota. Trump se révèle tel qu’il est en se joignant aux forces obscures des oléoducs du Serpent Noir qui traverse le paysage riche culturellement et naturellement des prairies d’Amérique.

« Ces actions du Président Trump sont folles et extrémistes, et rien moins que des attaques de nos terres ancestrales en tant que Peuples Autochtones. Les actions du Président ce jour démontrent que le Gouvernement est plus que désireux de violer la loi fédérale faite pour protéger les droits Autochtones, les droits de l’homme, l’environnement et la sécurité générale de communautés, au profit de l’industrie des carburants fossiles.

« Ces attaques ne seront pas ignorées, notre résistance est maintenant plus forte que jamais auparavant, et nous sommes prêts à repousser toute décision irresponsable prise par ce Gouvernement. Si Trump ne fait pas marche arrière avant d’appliquer ces décrets, il en résultera une mobilisation encore plus massive et la désobéissance civile à une échelle jamais vue d’un Président des Etats-Unis nouvellement élu. »

 

Cependant, malgré l’importance fondamentale d’unité contre les décrets, il faut malheureusement rappeler les dissensions qui règnent à Standing Rock depuis un moment déjà.

LA TRIBU SIOUX DE STANDING ROCK DIT VOULOIR PASSER LES CAMPS AU BULLDOZER DANS LA PLAINE INONDABLE, LE 30 JANVIER 2017

Par Brenda Norrell
Censored News
21 janvier 2017

La Tribu Sioux de Standing Rock [c.à.d. le Conseil Tribal – NdT] a voté à l’unanimité, vendredi 20 janvier, que tous ceux qui se trouvaient dans les camps devaient partir. Elle a voté en soutien à la résolution du District de Cannonball et a annulé tous les projets de nouveau camp pour l’hiver. La résolution de la Tribu de fermer les camps concerne tous les camps, Oceti Sakowin, Rosebud et Sacred Stones.

Trois jours plus tôt, le 17 janvier, la Tribu Sioux de Standing Rock a dit avoir l’intention de détruire au bulldozer les camps situés dans la plaine inondable le 30 janvier. Beaucoup de protecteurs de l’eau disent que ça ne donne pas assez de temps pour déménager plus haut et qu’il n’y a pas besoin de supprimer les camps si tôt dans la saison.

Bien que la Tribu [le Conseil Tribal – NdT] ait promis de fournir du terrain plus élevé pour les camps, elle a dit vendredi qu’elle annulait sa promesse de nouveau camp.

La Tribu Sioux de Standing Rock a annoncé dans une déclaration écrite le 17 janvier 2017 :

« Ce jour, les représentants de divers camps et la Tribu Sioux de Standing Rock se sont longuement consultés pour mettre au point un plan de déménagement des camps en zone inondable. La Tribu prépare un nouveau site en enlevant la neige, et il est prévu de l’ouvrir vendredi 20 janvier. Les directions de la Tribu et du camp demandent à tous ceux qui sont encore dans les camps de la plaine inondable de déménager avec leurs effets dans le nouveau site d’ici au 29 janvier. »

« Lundi 30 janvier, la Tribu enverra du matériel dans les camps de la plaine inondable pour retirer et se débarrasser de ce qui restera de déchets et matériaux afin de se préparer à des inondations précoces. La Tribu et le camp coopèrent pour profiter de ce bref répit dans les conditions météorologiques extrêmes, pour prendre les précautions nécessaires pour garantir la sécurité des protecteurs de l’eau qui restent et pour empêcher que des matériaux du camp ne se retrouvent dans le fleuve. Nous apprécions la coopération de tous ».  17 janvier 2017

Le 5 janvier 2017, le Conseil Tribal Sioux de Standing Rock avait discuté de la fermeture des camps, à cause du fait que la plaine était inondable. Chase Iron Eyes, Paula Antoine et LaDonna Allard ont répondu au Conseil sur Facebook.

En décembre, la Tribu avait voté la ‘réattribution’ de 3,2 millions de dollars qui avaient été donnés aux protecteurs de l’eau dans les camps, pour payer les dettes de la Tribu…

Le point 10 précisait : UNE MOTION A ETE REDIGEE PAR FRANK WHITE BULL, SECONDE PAR JAMES ‘JOE’ DUNN, POUR APPROUVER : MAINTENANT, ET DONC RESOLU, LE CONSEIL TRIBAL SIOUX DE STANDING ROCK AUTORISE PAR LA PRESENTE LA REATTRIBUTION DE JUSQU’A 3,2 MILLIONS DE DOLLARS DU COMPTE NO DAPL, SUR LA BASE D’UNE NECESSITE ET SUJETTE A L’APPROBATION DE CONSEIL TRIBAL, POUR FINANCER LE GOUVERNEMENT TRIBAL VITAL

 

Pour résumer : Trump a déjà promulgué des décrets ouvrant la voie à la construction de l’oléoduc DAPL (et du Keystone XL). Les Autochtones sont prêts à résister à tout prix. Cependant, le Conseil Tribal de la Tribu Sioux de Standing Rock a, depuis un moment déjà, exprimé son désir de fermer les camps de résistance, d’abord en arguant de la rigueur de l’hiver – argument aussi employé par les militaires – ensuite invoquant le fait que les camps se trouvent dans une plaine inondable, quoique le dégel ne soit pas prévu de si tôt. Après avoir promis de dégager un terrain situé plus haut pour déménager les camps, le Conseil Tribal a décidé de les supprimer, après avoir décidé de ‘réattribuer’ 3,2 millions de dollars donnés par des supporters du monde entier, au budget du Conseil. Certains résistants ont parlé de ‘trahison’. Le Conseil Tribal invoque les coûts causés par la résistance, comme l’électricité consommée par les camps, les détours imposés aux transports de marchandises, mais surtout le fait que, le pont menant directement à la Réserve ayant été bloqué par la police, le Casino n’a quasiment plus de clients, Casino dont les revenus arrivent directement au Conseil Tribal, sans qu’il ait besoin de justifier l’emploi qu’il en fait, si ce n’est d’assurer qu’il l’emploie pour le bien de la Tribu…

Christine Prat, 25 janvier 2017