Par No More Deaths
Sur Censored News
1er août 2020
Traduction Christine Prat

Arivaca, Arizona – La Patrouille des Frontières des Etats-Unis a attaqué un poste d’aide humanitaire, et arrêté et détenu plus de 30 personnes qui recevaient des soins médicaux, de la nourriture, de l’eau et un abri, par une température d’environ 40°. Au cours d’une démonstration de force colossale, la Patrouille des Frontières – avec l’Unité Tactique de la Patrouille des Frontières, récemment déployée à Portland, dans l’Oregon – a fait une descente dans le camp avec un blindé, trois SUV, deux hélicoptères et des dizaines de véhicules identifiés et banalisés.

Pour son raid contre notre camp d’aide humanitaire, la nuit dernière, la Patrouille des Frontières avait un mandat, mais a refusé de le montrer en entrant. Le mandat spécifiait la saisie de tous les téléphones portables et des documents papier, une tentative évidente de supprimer toute information sur leurs actions, et les agents ne portaient pas de masques. Pendant deux heures, dans le noir, ils ont détenu et pourchassé des gens qui recevaient des soins, un agent de la Patrouille des Frontières filmant la scène. Le jour précédent, des agents avaient pénétré dans le camp sans mandat et avaient détenu une personne qui recevait des soins. Puis la Patrouille a mis en place une surveillance de 24 heures autour du périmètre, décourageant quiconque d’entrer dans le camp pour demander de l’aide.

L’attaque de style militaire de la nuit dernière contre le poste d’aide est un exemple flagrant du système mortel de la Patrouille des Frontière destiné à perturber l’aide humanitaire. Beaucoup de bénévoles de No More Deaths travaillent comme Techniciens Médicaux d’Urgence : du personnel paramédical, des infirmières et des médecins. Les bénévoles sont formés pour respecter l’autonomie des individus qui reçoivent des soins – selon la pratique normale dans le domaine médical, ils n’appellent le 911 et la Patrouille des Frontières qu’avec le consentement du patient. Toutes les personnes dans le camp avaient été évaluées médicalement, étaient dans un état stable et recevaient des soins constants.

La première détention et la surveillance du camp ont été mis en place tout juste 24 heures après que No More Deaths ait publié des emails d’une requête d’informations selon la Loi sur la Liberté d’Information, qui révélaient le rôle de la BORTAC [l’Unité Tactique de la Patrouille des Frontières] et du Syndicat de la Patrouille des Frontières, dans une attaque de 2017 contre le même poste d’aide.

Cette précédente attaque contre le même camp en 2017, s’est produite avant l’arrestation du Docteur Scott Warren, en janvier 2018, pour avoir fourni de l’aide humanitaire à deux individus. Warren avait été arrêté seulement quelques heures avant que No More Deaths ne publie un rapport détaillé sur la perturbation de l’aide humanitaire par la Patrouille des Frontières et une vidéo, devenue virale*, montrant des agents détruisant des tonneaux d’eau. Le message est clair : dénoncez les exactions de la Patrouille des Frontières et attendez-vous à des représailles.

« Hier, la Patrouille des Frontières a nuit à plus de trente personnes de façons irréparables. Quotidiennement, ceux qui migrent à travers le désert d’Arizona sont poursuivis, terrorisés, détenus et déportés » dit le Docteur Scott Warren, « la nuit dernière, nous avons été témoins de ces tactiques employées contre des gens qui cherchaient de l’aide médicale et des secours au poste d’aide de No More Deaths. Comme toujours, quand l’aide humanitaire dans les régions frontalières est visée, ce sont ceux qui ont besoin de soins qui sont confrontés le plus à l’escalade de la violence. »

No More Deaths / No Más Muertes s’engage totalement à continuer son travail d’aide à tous ceux qui voyagent à travers les régions frontalières et sont en danger de souffrance et de mort. L’aide humanitaire n’est pas un crime.

Nous continuerons à vous tenir informés de futurs développements ou d’appels à l’action. Merci encore d’être avec nous en ce temps difficile.

Si vous pouvez soutenir notre travail financièrement, vous pouvez donner ici.

Dans la solidarité,

La communauté No More Deaths / No Más Muertes

Pour rester informés sur les évènements dans notre camp, suivez-nous sur Twitter, Facebook ou Instagram et diffusez l’information dans vos communautés, svp.

***

La vidéo citée dans l’article:

Par Brenda Norrell
Censored News
25 juin 2020
Traduction Christine Prat

Quelques passages sont coupés, s’agissant d’informations intéressant seulement les Navajos. Ch. Prat

Les Navajos horrifiés d’apprendre que le Vice-Président a assisté au rassemblement de soutien à Trump dans une ‘méga-église’ alors que la pandémie monte en flèche en Arizona

PHOENIX, Arizona – De nombreux Navajos ont été horrifiés d’apprendre que le Vice-Président Navajo Myron Lizer avait assisté au rassemblement pour Trump dans la méga-église, Dream City Church, à Phoenix, mardi, alors que les contaminations par le coronavirus augmentent à un rythme inquiétant à Phoenix, que les hôpitaux fonctionnent en mode d’urgence en Arizona, et que les familles Diné luttaient pour rester en vie et se remettre de la perte des êtres chers durant cette pandémie.

Ça rappelle durement l’histoire du gouvernement élu de la Nation Navajo – qui a signé les concessions pour les mines de charbon, les centrales électriques et le forage de pétrole et de gaz avec les grandes compagnies – et n’a pas réussi à utiliser les revenus pour fournir de l’eau et de l’électricité aux gens.

Depuis 50 ans, les Diné de Big Mountain et de Black Mesa souffrent de l’incurie du gouvernement tribal élu. L’eau et le charbon ont servi à produire de l’électricité pour le sud de l’Arizona et d’autres régions du Sud-ouest, pendant que les gens souffraient. Partout dans la Nation Navajo, des Diné manquent d’eau courante, surtout en ce moment de pandémie du coronavirus.

Citations de quelques réactions :

[…]
« C’est un manque de respect pour votre propre peuple. Après tout ce que nous avons perdu, vous pensez que le fait que Myron soutienne Trump est OK ? On parle d’une trahison de votre propre peuple. Nous demandons une déclaration publique garantissant que Myron Lizer sera mis en quarantaine pour deux semaines après avoir été à ce rassemblement, alors que les contaminations au COVID-19 battent des records et que ça s’est passé dans un espace clos. »

Une autre personne dit « Le Vice-Président de la Nation Navajo Lizer nous montre ce qu’il est réellement, même après la négligence volontaire des Navajos par le gouvernement Trump pendant la pandémie, et même après des semaines de traitement scandaleux des Autochtones et des gens de couleur par Trump. Il a tout bousillé. C’est triste. »

Les Navajos disent à Lizer : Arrêtez de christianiser les Diné

Exprimant leur déception de ce que Lizer ait soutenu Trump et participé à un rassemblement de masse pendant la pandémie, les Diné ont rappelé que c’était un pasteur de l’Eglise du Nazaréen qui avait introduit le coronavirus dans la Nation Navajo, au cours d’un rassemblement dans une église, le 7 mars 2020. Depuis, 347 Navajos sont décédés du virus.

Des Diné disent que le gouvernement tribal actuel profite à mauvais escient de son statut d’élu et essaie de ‘christianiser’ les Diné.

Un Diné dit d’une récente émission de radio dans laquelle Lizer faisait de la propagande pour Trump : « Des mensonges et de plus en plus de racisme. Dégage, Lizer, c’est ‘sale’, arrête la colonisation, arrête d’essayer de nous christianiser, tu ne représente pas notre culture Diné. Nous sommes autochtones. Alors arrête ; tu n’as pas la moindre idée de ce que nous sommes. »

Mercredi 24 juin, la Nation Navajo annonçait 69 nouveaux cas, au total 7 157 cas et 348 décès et 3859 guérisons.

[…]
Le coronavirus continue de se répandre dans la Nation Navajo, et le Bureau du Président et du Vice-Président continue d’instaurer des ordres de confinement et des couvre-feux.

Censored News a posé des questions à l’attaché de presse de la Nation Navajo, mais n’avait toujours pas eu de réponse le jeudi 25 juin.

[…]
D’après le Navajo Times, Lizer se serait excusé d’avoir assisté à ce rassemblement, mais ces excuses ne sont pas convaincantes. Brenda Norrell rappelle que le Navajo Times continue d’employer un reporter non-Autochtone pour ces articles importants, contrairement à la Loi sur la Préférence d’Emploi Navajo.
[…]

Des tests rapides défectueux, des masques défectueux

Au cours de la Table Ronde du 5 mai à Phoenix, à laquelle le Vice-Président Lizer assistait aussi, Trump a fait la promotion du test Abbott, dont la Food and Drug Administration dit qu’il donne 50% de résultats erronés. Trump a donné des tests Abbott à Lizer.

A l’époque, le valet personnel de Trump, un membre de la Marine des Etats-Unis, avait le virus. Trump ne portait pas de masque.

Entretemps, on a appris qu’un ancien conseiller de Trump à la Maison Blanche avait vendu des masques défectueux au Service de Santé Indien pour la Nation Navajo. C’est l’objet d’une enquête au Congrès.

Tandis que le Vice-Président Navajo courtise Trump, les Lakota de Cheyenne River portent plainte

Pendant que le Vice-Président Navajo courtisait Trump, mardi [23 juin 2020], les Lakota de Cheyenne River, dans le Dakota du Sud, portaient plainte contre Trump.

La Tribu Sioux de Cheyenne River a porté plainte contre les attaques contre les points de contrôles sur son territoire. La plainte cite nommément Donald Trump et les officiels de la Maison Blanche pour « avoir menacé d’actions illégales pour supprimer les points de contrôles sanitaires de la Tribu. »

La plainte soutient que la partie adverse a abusé « du pouvoir du gouvernement fédéral pour forcer la Tribu à démanteler » ses points de contrôle, et, quand ça a échoué, a menacé d’empêcher la Tribu d’appliquer sa loi.

Les personnes âgées qui meurent dans les maisons de retraite sont ignorées

Les actions irresponsables des dirigeants Navajo ne font pas honneur à ceux qui décèdent.

Presque chaque jour, des personnes âgées meurent du coronavirus dans les comtés à la frontière de la Nation Navajo, au Nouveau-Mexique. Il s’agit du Comté de San Juan (région de Shiprock et Farmington) et du Comté de McKinley (région de Gallup, une partie de l’est de la Nation Navajo, et la Réserve Zuni Pueblo) dans le nord-ouest du Nouveau-Mexique. Il y a très peu de nouvelles dans les médias sur ce problème.

Censored News a demandé à l’état du Nouveau-Mexique de fournir le nombre total des décès dans toutes les maisons de retraite, mais n’a pas reçu de réponse. Le Life Care Center à Farmington et Red Rocks à Gallup sont parmi les maisons de retraite qui annoncent sans discontinuer des décès du coronavirus.

L’Arizona placé sur les listes de quarantaine de plusieurs états

Comme le nombre de cas de coronavirus en Arizona atteint un nouveau point de crise, les états de New York, du New Jersey et du Connecticut ont mis les voyageurs d’Arizona sur leur liste de quarantaine de 2 semaines, à partir du jeudi 15 juin. Le Kansas avait déjà mis les voyageurs d’Arizona sur la liste de quarantaine.

La Patrouille des Frontières garde le silence sur la propagation du virus parmi les agents de la frontière de l’Arizona

En Arizona, la Patrouille des Frontières a annoncé que 70 agents et employés à la frontière Arizona/Mexique avaient le coronavirus. Ça représente une forte augmentation au cours des deux dernières semaines.

Cependant, les statistiques de la Patrouille des Frontières pour l’Arizona demeurent secrètes. La Patrouille des Frontières n’a renseigné personne sur les lieux où ces agents avaient été, ni sur qui ils avaient pu contaminer.

Les agents de la Patrouille des Frontières continuent de souffler dans la figure des Tohono O’odham qu’ils harcèlent selon un profilage racial, sur le territoire de la Nation Tohono O’odham. Les agents ne portent pas de masques.

Dans tout le pays, 710 agents et employés de la Patrouille des Frontières ont la maladie et cinq sont décédés. Les médias n’ont pas averti le public de ce danger.
[…]

Les noms des personnes dont les commentaires sont cités ne sont pas indiqués, de peur que les officiels Navajos n’exercent des représailles sur ceux qui parlent.

 

13 juin 2020: 6554 cas, 308 décès

Par Brenda Norrell
Censored News
8 juin 2020
Photos ©Karney Hatch,
Navajo Hopi Families COVID-19 Relief Fund

20 états des Etats-Unis ont signalé une augmentation des cas de coronavirus. La Nation Navajo a signalé 102 nouveaux cas et trois décès dimanche 7 juin. Cela porte le nombre total de décès, dans la Nation Navajo, à 277, et le nombre de cas signalés à 6020.Dimanche, le Comté de San Juan a signalé le plus grand nombre de nouveaux cas de l’état du Nouveau-Mexique. Le Comté de McKinley a signalé le plus grand nombre de décès de l’état de la semaine.

Des individus et des organisations de base se débattent pour parer aux besoins de ceux qui sont en quarantaine à domicile, pendant que le gouvernement de la Nation Navajo est fermé.

Les Navajos atteints de pneumonie ou du coronavirus sont renvoyés chez eux des hôpitaux à une cadence inquiétante et sont enjoints de rester en quarantaine chez eux, avec peu de médicaments ou d’information. Ils sont trop faibles pour sortir chercher la nourriture fournie par des dons aux bénévoles et beaucoup d’entre eux n’ont ni moyen de transport, ni électricité ni eau courante.

Les bénévoles du Navajo Hopi Families COVID-19 Relief Fund apportent de la nourriture et du matériel aux domiciles des personnes âgées et vulnérables, après avoir collecté leurs propres fonds, acheté des aliments en gros et stérilisé tout ce qu’ils apportent.
« La quantité de nourriture offerte à notre communauté est incroyable. Nous ne pouvions le croire, tant de variétés de produits, toutes ces provisions » dit Emerson Curley, Président de la Commission du Chapitre de Steamboat. « J’aurais voulu que vous entendiez tous ces remerciements des membres de notre communauté. »
Curley dit que les personnes âgées Diné dépendent de leurs petits-enfants qui rentrent le weekend et achètent ce dont ils ont besoin, mais tant que la Nation Navajo est fermée le weekend, ce n’est pas possible. »
« Nous apprécions du fond de notre cœur, merci, merci, merci. »

Cette semaine marque trois mois de livraisons de colis essentiels, entre autres deux semaines d’aliments bons pour la santé, de masques, de désinfectant pour les mains et de produits de nettoyage fournis aux personnes âgées Navajo et Hopi, aux personnes à haut risque et à des familles sans ressources.

LES TERRITOIRES INDIENS ONT UN NOMBRE CROISSANT DE CAS DANS TOUT LE PAYS
Les cas de coronavirus continuent d’augmenter dans tout le pays Indien. Ça se produit après des rassemblements pour la Fête des Mères et le Jour du Mémorial, et que des états aient ‘déconfiné’ pour le commerce. Parmi les cas de contamination massive aux Etats-Unis, il y a les usines d’empaquetage de viande dans le Midwest [en France aussi].

Le rapport du Service de Santé Indien du 6 juin montre une augmentation de cas extrême dans la Nation Navajo, et dans les agences de Phoenix et Albuquerque. Le Service de Santé Indien, qui comprend l’Arizona, le Nevada et l’Utah a montré une forte augmentation cette semaine [la semaine jusqu’au 7 juin 2020]. La Réserve Apache de White Mountain, en Arizona, a signalé une épidémie importante.

Le coronavirus se répand dans le Sud-ouest après que les états aient déconfiné

Le Colorado signale que des épiceries, dont une grande épicerie à Denver, ont actuellement des contaminations. Deux employés de King Soopers à Denver, sont décédés. Trois décès d’employés ont été signalés au Walmart d’Aurora en avril et il a rouvert récemment. Les usines d’empaquetage de viande à Greeley ont également signalé un grand nombre de cas.

Environ un tiers des décès aux Etats-Unis se sont produits dans des maisons de retraite.

L’Arizona a connu une augmentation inquiétante des cas de coronavirus toute la semaine [celle qui se termine le 7 juin 2020]. En Arizona, ceux qui risquent le plus d’être contaminés ont entre 20 et 44 ans. Le plus grand nombre de cas sont à Phoenix, Comté de Maricopa. Le plus grand nombre de décès concerne des personnes de plus de 65 ans, surtout dans les maisons de retraite de Phoenix et Tucson.

Will Humble, de l’Association pour la Santé Publique de l’état d’Arizona, dit que le comportement des gens avait changé rapidement après que l’état ait déconfiné.
« C’est le phénomène en Arizona » dit-il « l’ordre de confinement a été levé, et le comportement des gens a changé brutalement et ils ont recommencé à se conduire comme avant la pandémie. »

Le plus grand nombre de décès de la semaine s’est produit dans le Comté de McKinley – qui inclut Gallup, et une partie de la Nation Navajo et le Pueblo Zuni.
Dimanche [7 juin 2020], le Comté de San Juan a signalé trois décès et le Comté de McKinley, un. Le plus grand nombre de nouveaux cas, dimanche, concerne le Comté de San Juan, avec 44 cas en 24 heures.

Les soignants du Nouveau-Mexique indiquent une montée en flèche du nombre de cas à Bernalillo, et dans les Comtés de San Juan et McKinley. En mai, 492 soignants ont été testés positifs au Nouveau-Mexique.
Le coronavirus se propage dans la Patrouille des Frontières des Etats-Unis

Pendant ce temps, la Patrouille des Frontières U.S. signale 436 cas de coronavirus. La Patrouille n’a pas informé les gens de qui avait été en contact avec les agents.
A la frontière Arizona/Mexique, 24 employés et agents de la Patrouille des Frontières ont le virus, ce qui représente une forte augmentation cette semaine.
Cependant, dimanche [7 juin 2020], les agents de la Patrouille des Frontières au point de contrôle sur la frontière-est de la Nation Tohono O’odham – entre la Réserve et Tucson – ne portaient pas de masques.
Les Pascua Yaqui et la Nation Tohono O’odham, qui dépendent du Service de Santé Indien de Tucson, ont maintenant 61 cas de coronavirus. Ces zones sont fréquemment patrouillées par la Patrouille des Frontières.
A New York, il y a 110 cas dans la Patrouille des Frontières U.S., et 96 cas en Californie, et d’autres dans le reste du pays.
Alors qu’ils se vantaient, sur les médias sociaux, de patrouiller dans les rues de Washington D.C. pour « réprimer » les manifestants, les agents de la Patrouille des Frontières U.S. étaient la cible de plus en plus de critiques pour n’avoir pas alerté sur les agents contaminés.

UNE CAMERA CACHEE SURPREND DES AGENTS DE LA PATROUILLE DES FRONTIERES SAISISSANT DES COUVERTURES ET DE LA NOURRITURE ALORS QU’IL GELE

 

Par No More Deaths*
17 janvier 2013
Publié par Censored News
See original article in English
Traduction Christine Prat

 

TUCSON, Arizona – Une vidéo prise par une caméra cachée et publiée par l’organisation humanitaire No More Deaths montre un agent de la Patrouille des Frontières des Etats-Unis retirant des couvertures propres et de la nourriture destinée aux migrants en détresse. La vidéo du 8 janvier fait voir un agent de la Patrouille des Frontières sur une piste dans le désert, près de la petite ville d’Arivaca, Arizona, à environs 20 km au nord de la frontière avec le Mexique. L’agent s’arrête, ouvre un sac de plastique contenant des couvertures sèches et des boîtes de nourriture, inspecte le contenu, puis s’en va en emportant les provisions vitales. Entre le 9 et le 15 janvier, la température dans le sud de l’Arizona est tombée aux plus bas niveaux dans l’histoire et les couvertures et la nourriture étaient fournies par des organisations humanitaires pour éviter des décès et des maladies causées par ces températures extrêmes. La vidéo du 8 janvier est sur You Tube (elle dure 30 secondes et est muette) : https://www.youtube.com/watch?v=JqJUUf2EKhg

Le Conseiller Médical de No More Deaths, le docteur Norma Price dit: « Nous savons que l’hypothermie peut être aussi mortelle qu’un coup de chaleur en été. Ce mois-ci a été l’un des plus froids que l’Arizona ait jamais connu. La question ne se pose pas, des gens traversent le désert et leurs vies pourraient être sauvées si on leur donnait des couvertures et des vêtements chauds. » Durant l’année 2012 les dépouilles de 178 personnes ont été retrouvées dans le désert du sud de l’Arizona.

En mai 2012, une autre vidéo prise par une caméra cachée a surpris des agents de la Patrouille des Frontières vandalisant des réservoirs d’eau cachés pour sauver des vies. Une vidéo de cet incident a été diffusée le 20 juillet 2012 dans l’émission de PBS ‘Need to Know’, dans le cadre d’une série sur les exactions commises par des agents contre des migrants en garde à vue (la vidéo de mai 2012 est sur You Tube : https://www.youtube.com/watch?v=za_Tmt9rSGI). En réaction à cet incident, le Chef de Secteur de l’époque, Rick Barlow, a envoyé une note à tous les agents, leur donnant l’ordre de respecter les humanitaires et leurs fournitures. Malgré cette note, les bénévoles ont continué à constater des actes de vandalisme et des saisies d’eau, de nourriture et de couvertures, répétés et à grande échelle (voir des photos récentes – 15 janvier 2013 – sur : http://stevepaige.zenfolio.com/p600885186).

Afin d’empêcher des décès et des souffrances courants à la frontière Etats-Unis/Mexique, No More Deaths et d’autres organisations humanitaires fournissent de la nourriture, de l’eau et une aide médicale d’urgence aux individus en détresse. Il est choquant de voir les agents de la Patrouille des Frontières saboter ces efforts au lieu d’aider à réagir à la catastrophe humanitaire que la stratégie des Etats-Unis sur la frontière a elle-même déclenché.

 

Contact : Sarah Launius
Mobile : (001) 520 240 1641
Email : media@nomoredeaths.org

 

*No More Deaths est une organization de base, entièrement bénévole, qui fournit une assistance humanitaire directe aux femmes, hommes et enfants perdus, blessés ou tombés malades en traversant le désert d’Arizona. Plus de 6000 personnes ont trouvé la mort le long de la frontière depuis 1998. En octobre 2011 ‘No More Deaths’ a publié ‘Une Culture de la Cruauté’, qui rapporte des milliers d’exactions – violences, humiliation, absence de soins médicaux – commises par des agents de la Patrouille des Frontières contre des individus placés sous leur garde. Le rapport fait aussi des recommandations pour l’adoption de normes claires et applicables sous la supervision de toute la communauté afin de s’assurer qu’elles soient respectées. Voir, en anglais : www.cultureofcruelty.org

 

 

LA PATROUILLE DES FRONTIERES US A OUVERT LE FEU SUR UN JEUNE DE 16 ANS QUI JETAIT DES PIERRES A NOGALES, MEXIQUE, IL A ETE TUE

Le groupe Frontera NorteSur News appelle au contrôle de la Sécurité à la Frontière

 

17 octobre 2012
Human Rights News / Nouvelles des Droits de l’Homme
Par Frontera NorteSur

Publié par Censored News
Traduction Christine Prat

 

Une organisation d’El Paso défendant les immigrants et les droits de l’homme a renouvelé une demande adressée à Washington d’établir une commission de contrôle indépendante chargée d’examiner la transparence des procédures, la violence institutionnelle et « la stratégie générale d’application de la loi à la frontière et ses implications sur les communautés et familles vivant près de la frontière ».

Le Réseau Frontalier pour les Droits de l’Homme a fait cet appel suite à la mort par arme à feu du jeune Jose Antonio Elena Rodriguez, âgé de seize ans, apparemment tué par un agent de la Patrouille des Frontières, sur la ligne de démarcation internationale séparant la ville de Nogales, en Arizona, de la ville jumelle de Nogales, dans l’état du Sonora, au Mexique.

Le jeune homme a reçu six coups de feu provenant du côté U.S. de la frontière alors qu’il se trouvait au Mexique, d’après l’avocat qui représente la famille de la victime. Citée dans la presse locale, la Patrouille des Frontières a dit que les coups de feu avaient été tirés du territoire des Etats-Unis lorsque ses agents avaient été visés par des lanceurs de pierres après qu’ils aient observé des trafiquants balançant de la drogue au dessus de la barrière marquant la frontière.

« Les ordres des agents exigeant que cela cesse ont été ignorés » dit la Patrouille des Frontières. Le porte-parole des Douanes et de la Protection de la Frontière U.S. Victor Brabble a ajouté qu’une vidéo de l’incident avait été remise au FBI.

L’Ambassade du Mexique aux Etats-Unis a promptement condamné la fusillade du 10 octobre, ajoutant que l’enquête préliminaire « soulevait une fois de plus de sérieux doutes sur l’usage meurtrier de la force par des agents de la Patrouille des Frontières… »

J. Elena Rodriguez a été enterré dimanche 14 octobre après que 200 personnes aient assisté à la messe à Nogales. Sa famille a engagé un avocat des Etats-Unis et envisagent des poursuites légales.

« Nous attendons les conclusions de l’enquête des deux côtés de la frontière » dit l’avocat de la famille Luis Parra cette semaine. « La famille veut la justice, la transparence et une réponse aux doutes qu’ils ont encore sur la mort du jeune homme ».

Parra a décrit J. Elena Rodriguez comme « un jeune homme très bien » sans fichier criminel qui avait l’intention de terminer sa scolarité et de s’engager dans l’armée Mexicaine. L’adolescent était peut-être en route pour rencontrer son frère quand il a été tué, selon Parra.

La fusillade de Nogales est le troisième meurtre connu d’un citoyen mexicain par la Patrouille des Frontières depuis l’été. Le 7 juillet, les tirs de la Patrouille des Frontières ont été jugés responsable de la mort de Juan Pablo Perez Santillan, 29 ans, au passage de la frontière de Brownsville-Matamoros, entre le Texas et le Tamaulipas. Guillermo Arevalo Pedraza, 36 ans, a été tué au cours d’une fusillade de la Patrouille des Frontières, le 3 septembre au passage de Laredo/Nuevo Laredo, toujours dans le corridor entre le Texas et le Tamaulipas.

Le Réseau Frontalier a mis en question le fait de jeter des pierres comme justification standard pour des tirs mortels, craignant que la décision d’un juge des Etats-Unis qui a rejeté la plainte de la famille d’un jeune de 15 ans, Sergio Adrian Hernandez Guereca, tué par un agent de la Patrouille des Frontières à Ciudad Juarez – côté mexicain – en 2010 pour avoir prétendument jeté des pierres, ne puisse résulter en un dénie de justice dans l’affaire de Nogales de ce mois-ci.

Le Directeur Exécutif du Réseau Frontalier a replacé, dans une déclaration, les fusillades dans le contexte plus large de l’ « échec » de la stratégie des Etats-Unis à la frontière. « Nous avons répété que les conséquences de la répression et de la militarisation massives de la frontière, et plus spécialement le manque de responsabilité et de contrôle, nous avaient menés à une situation des droits de l’homme et civils désastreuse à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique » dit Garcia.

D’après le groupe de Garcia, des demandes passées au Président Obama d’utiliser son pouvoir exécutif pour mettre en place un corps indépendant pour surveiller, enquêter et superviser les activités du Ministère de la Sécurité Intérieure et celles d’autres services de sécurité actifs à la frontière, sont toujours restées sans réponse.

 

Autres sources (dans d’autres langues) : Laopinion.com/EFE, October 16, 2012. Nuevo Dia/El Universal, October 16, 2012. Nogalesinternational.com, October 15, 2012. Article by Jonathan Clark. Meganoticias.mx, October 15, 2012. Proceso/Apro, October 11, 2012. Frontera.info/Notimex, October 11, 2012. La Jornada, September 7, 2012. Article by Martin Sanchez, Carlos Figueroa and Notimex.

Frontera NorteSur: on-line, U.S.-Mexico border news
Center for Latin American and Border Studies
New Mexico State University
Las Cruces, New Mexico

 

Publié par Brenda Norrell le 18 septembre 2012
See original article in English

 

EN SECRET, LA PATROUILLE DES FRONTIERE DES ETATS-UNIS DEVELOPPE UN PROJET DE COMPLEXE GIGANTESQUE POUR INTENSIFIER LA MILITARISATION DU TERRITOIRE TOHONO O’ODHAM

Article et photo : copyright Brenda Norrell
Traduction Christine Prat

 

SELLS, Arizona, 18 septembre 2012 – Ignorant les appels pour les droits de l’homme et l’indignation causée par les exactions subies par les Tohono O’odham de la part des agents de la Patrouille des Frontières US, la Sécurité Intérieure a le projet de construire un énorme complexe sur le territoire souverain des Tohono O’odham dans le district de Pisinemo.

Le complexe hébergerait 32 agents de la Patrouille des Frontières, une aire de décollage pour hélicoptères, des chevaux, des chiens, une tour d’espionnage, selon des documents fédéraux découverts en fin de journée [18 septembre 2012].

Comme d’habitude, un rapport déclarant que l’impact serait sans conséquence a été établi en août, bien que les cactus saguaro de la région hébergent une espèce protégée au niveau fédéral de chauve-souris rare. Bien que le projet ait été délibérément caché, la période ouverte aux commentaires publiques s’achève aujourd’hui, mardi 18 septembre 2012.

Le complexe projeté sur plus de 12000 mètres carrés comprendrait une aire de décollage pour hélicoptères, des logements, des écuries, des niches pour les chiens, des véhicules tout terrain et une tour de surveillance.

D’après le document fédéral, le site du district de Pisinemo est une alternative, les O’odham ayant rejeté le complexe dans les communautés de Dirtburn et Kupk sur le territoire Tohono O’odham.

Dans cette région, il y a des plantes importantes culturellement pour les Tohono O’odham, comme le saguaro, la cholla, le Palo Verde, le figuier de barbarie, le mesquite et la baie du lyciet.

Le gigantesque complexe augmenterait le bruit et les risques pour la population locale O’odham à cause des hélicoptères, de la pollution accrue, de l’augmentation de la consommation d’eau par la Patrouille des Frontières, et troublerait la terre fragile du Désert du Sonora. De plus, une portion de territoire O’odham serait à nouveau confisquée pour aménager un corridor pour une ligne de transmission électrique séparée qui devrait être construite au nord, d’après les documents.

Les O’odham protestent contre la militarisation, le harcèlement constant et les exactions des agents de la Patrouille des Frontières US ici. Un O’odham a été battu devant des écoliers près d’un bus scolaire, et d’autres agents ont menacé des femmes et des Anciens O’odham de leurs fusils. D’autres agents ont éclairé au flash l’intérieur de maisons de femmes O’odham la nuit, harcelé des femmes O’odham, mis en danger les vies de O’odham en circulant à grande vitesse et détruit le sol fragile du désert avec leurs 4×4. De plus, l’espionnage constant et les fouilles des agents fédéraux font vivre de nombreux O’odham dans un état constant de peur.

Le Tohono O’odham Bennett Patricio, 18 ans, a été renversé et tué par un véhicule de la Patrouille des Frontières dans cette région. Bennett a été écrasé alors qu’il rentrait chez lui à l’aube. La famille de Bennett a demandé justice dans une cour fédérale, jusqu’au 9ème Circuit et a accusé les agents de la Patrouille des Frontières US de l’avoir assassiné intentionnellement. Ils croient que Bennett est tombé sur des agents impliqués dans un trafique de drogue dans le désert. Les agents de la Patrouille des Frontières n’ont jamais été poursuivis.

Les O’odham qui protestent contre la Patrouille des Frontières disent ne pas pouvoir compter sur leur gouvernement tribal pour les protéger car il aurait été coopté par le gouvernement des Etats-Unis.

Des centaines d’agents de la Patrouille des Frontières US ont été arrêtés pour trafique de drogue, conspiration et pour avoir touché des pots de vin au cours des deux années passées et les faits ont été révélés par des témoignages devant le Congrès. Le Service de l’Alcool, des Tabacs et Armes à feu (ATF) des Etats-Unis a déjà été dénoncé pour le Projet Gunrunner, qui a fourni des armes d’assaut aux cartels de la drogue depuis qu’il a été initié à Laredo, au Texas, en 2005, puis étendu à la frontière de l’Arizona.

Pour autorisation de reproduire cet article, contacter brendanorrell@gmail.com