“MINES ET RESISTANCE EN PAYS DINE [NAVAJO]”

 

D’après une émission de Laura Flanders
Du 7 juillet 2016,
The Real News Network
Publié sur Censored News
Le 12 juillet 2018
Traduction Christine Prat

 

Un documentaire spécial, filmé sur place, en Dinétah, le nom du Pays des Navajos, qui couvre des territoires en Arizona, au Nouveau-Mexique, dans le Colorado et en Utah. 21 milliards de tonnes de charbon, la plus grande réserve des Etats-Unis, estimée à 100 milliards de dollars, sont restées intactes jusqu’en 1966. Cette année-là, Peabody Coal Company a signé un bail avec un conseil tribal Hopi qu’elle avait contribué à créer. En 1974, le Congrès a adopté la Loi sur la Résolution des Terres Navajo et Hopi, plus connue comme “loi de déportation”. Elle divisait environs 8000 km² de terres entre les tribus Diné et Hopi. Quasiment du jour au lendemain, des dizaines de milliers de Diné et quelques centaines de Hopi étaient devenus “illégaux”.

Depuis, on estime que de 10 000 à 20 000 Diné ont été déplacés de force. Aujourd’hui, seul un petit groupe de Diné, pour la plupart des personnes âgées, continuent d’y vivre, et ceux qui restent subissent des pressions pour partir. Plus de 40% des foyers n’ont pas l’eau courante. Les deux mines de Peabody Energy ont extrait plus de 400 millions de tonnes de charbon et pompé 70% de l’ancienne nappe aquifère. La mine de Peabody à Kayenta alimente la Centrale Navajo, propriété du Ministère de l’Intérieur des Etats-Unis, qui fournit de l’eau et de l’électricité à Phoenix, Tucson, Las Vegas et Los Angeles. Quel est le coût, en vies humaines Navajo, de l’eau et de l’énergie fournies à ces villes? Le jour de la fondation des Etats-Unis, nous avons rendu visite à des jeunes et Anciens Diné, qui se rejoignent pour se battre pour la survie de leur culture, en luttant contre la déportation causée par la politique du gouvernement des Etats-Unis, et contre l’exploitation causée par l’extraction minière et d’autres industries polluantes.

Un officiel a déclaré au Congrès en février 2016 que les familles qui restent seraient chassées fin 2018.

 

Vidéo en cours de traduction, en attendant, cliquer sur cc pour des sous-titres en anglais.
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Chant de l’AIM par Blackfire

 

 

LA CONVENTION DE L’ONG [NAVAJO] DINE CARE DENONCE LES DEGATS DE L’EXTRACTIVISME ET LA POLLUTION EXTREME DES TERRITOIRES AUTOCHTONES

 

La Convention de l’ONG Diné CARE [Citizens Against Ruining our Environment – Citoyens Contre la Destruction de notre Environnement] pour les Gens de l’Ouest de la Nation Navajo, a débuté le 1er juin 2018 à Dilkon dans la Nation [Réserve] Navajo. Une seconde Convention, pour l’Est de la Nation Navajo, a eu lieu du 21 au 23 juin 2018, à Counselor et Lybrook, au Nouveau-Mexique. Diné CARE fête ses vingt-huit ans d’existence.

Brenda Norrell était sur place, en compagnie de Govinda Dalton, de ‘Spirit Resistance Radio’, et elle a transmis des articles sur les sujets discutés. Vous trouverez ci-dessous l’historique du mouvement et un résumé des principales interventions, essentiellement celles qui dénoncent l’extractivisme dont la Nation Navajo est victime depuis des décennies – et même depuis plus d’un siècle, si on prend en considération la déportation, mortelle pour beaucoup, de milliers de Navajos, de 1864 à 1868, suite à une annonce finalement fausse de la probable existence de mines d’or dans leur territoire. Certaines interventions ont déjà été traduites et publiées, si vous ne les avez pas déjà lues, vous les trouverez en cliquant sur le lien “lire la suite”.

Christine Prat

 

 

 

NAISSANCE DU MOUVEMENT POUR LA JUSTICE ENVIRONNEMENTALE, DINE CARE, À DILKON, NATION NAVAJO, EN 1990

Par Brenda Norrell
Publié sur Censored News
6 juin 2018
Traduction Christine Prat

 

DILKON, Nation Navajo – Les photos sont passées et les souvenirs s’effacent. Mais il y a la liste de 127 noms, et les mots des légendes de ce mouvement qui transcendent les années de lutte – 28 ans depuis que la lutte pour la justice environnementale a débuté, comme mouvement de l’époque moderne.

Le Chef Johnny Jackson, Cascade Klickitait, était venu de la Rivière Columbia, le Hopi Thomas Banyacya était présent, et une délégation de Séminoles de Floride s’était jointe à ceux qui combattaient les décharges toxiques, l’extractivisme, l’exploitation forestière, les tests nucléaires, les fuites d’uranium et les attaques secrètes contre les territoires et les peuples Autochtones.

Aujourd’hui, pour célébrer ce mouvement à la Convention de Diné CARE, nous avons lu les paroles de Thomas Banyacya, qui avait prononcé le message des Anciens Hopi lors du premier rassemblement, le 29 juin 1990.

“Peut-être pouvons-nous emmener un peu de ces fuites d’uranium à Washington et les répandre autour de la Maison Blanche et leur dire ‘Ne vous inquiétez pas, ça ne va pas vous faire de mal,’ ” avait dit Banyacya.

Maintenant, 28 ans plus tard, Earl Tulley, vice-président de Diné CARE, revient sur la façon dont le rassemblement original, ici à Dilkon, a donné naissance au mouvement moderne pour la justice environnementale, et comment Indigenous Environmental Network [IEN – Réseau Autochtone pour l’Environnement] et Honor the Earth [Honorez la Terre] sont nés de ce premier rassemblement.

Etaient présentes aujourd’hui, Adella Begaye et Robyn Jackson, respectivement l’épouse et la fille de Leroy Jackson. Leroy a été retrouvé mort en 1993, alors qu’il avait combattu et arrêté l’exploitation forestière dans la forêt aux arbres anciens des Monts Chuska, dans la Nation Navajo.

Adella est aujourd’hui présidente de Diné CARE. Robyn était encore en bas âge quand sont père a été trouvé mort. Elle est actuellement la coordinatrice avec l’extérieur, chargée de l’énergie. Diné CARE veut protéger et défendre le territoire. “Il y a beaucoup de travail à faire. Mon père n’est plus là. C’est pourtant quelque chose dont il faut parler” dit Robyn.

Il y a 28 ans, Wilbur Slockish du Projet de Défense de la Rivière Columbia, à Dalles, dans l’Orégon, et Ray Slockish Sr., de l’état de Washington, étaient parmi ceux qui étaient venus parler des droits de pêche. Beaucoup d’entre eux avaient été en prison pour avoir défendu leurs droits de pêche.

Louise Benally, de Big Mountain, était déjà là il y a 28 ans, et elle l’est de nouveau aujourd’hui. Elle a passé sa vie à lutter, pour combattre la déportation forcée, l’épuisement de la nappe aquifère de Black Mesa par Peabody Coal, la très polluante centrale au charbon appelée Navajo Generating Station [la centrale n’a de Navajo que le nom, ceux qui vivent à proximité ont la pollution mais pas d’électricité – NdT] qui fournit la lumière au sud de l’Arizona – et pour la vérité et la justice. “Ces grandes compagnies mentent” avait dit Louise il y a 28 ans, et elle le répète aujourd’hui.

Parmi les 127 noms de la liste, il y a celui de Winona LaDuke, de Moose Factory dans l’Ontario, et du Réseau des Femmes Autochtones.

Harry H. Lord, Inupiat, était venu du pôle nord, en Alaska, pour le rassemblement d’il y a 28 ans. James Main Sr., Gros Ventre, qui a maintenant rejoint le monde des esprits, était venu de Fort Belknap, dans le Montana. Le Chef Fraser Andrew, de Mount Currie, était venu de Colombie Britannique.

Danny Billie, Séminole de Floride, était venu parce que les producteurs d’agrumes et de canne à sucre défrichaient le territoire et polluaient l’eau. Billie avait dit alors qu’il était venu pour en apprendre plus sur les incinérateurs qui polluaient l’air.

Au cours de ce premier rassemblement, Paul Rodarte, Paiute et Shoshone de Stillwater dans le Nevada, avait expliqué comment le “développement économique” était utilisé pour empoisonner le sol, l’eau et l’air. Rodarte dit que les contractants grassement payés pour amener des déchets hautement toxiques, avaient promis de l’argent et des emplois, puis n’avaient embauché localement que pour des emplois subalternes.

Citoyens Contre la Destruction de notre Environnement [C.A.R.E.]

Le discours du président de C.A.R.E d’alors, Al Joe, qui a été préservé depuis 28 ans, montre à quelle opposition ils ont dû faire face, quand ils se sont rassemblés pour s’opposer à la destruction et la pollution des territoires Amérindiens. “Nous avons été traités de causeurs de troubles et de militants” avait dit Joe, qui succédait à Jane Yazzie au poste de président de CARE.

Lori Goodman, qui a grandi ici à Dilkon, était parmi les fondateurs de Citoyens Contre la Destruction de notre Environnement. Sa sœur Carol et elle, issues d’une famille de neuf enfants, sont ici aujourd’hui. Lori et Carol dirent qu’elles avaient grandi avec des parents qui leur enseignaient les valeurs traditionnelles Diné. Lori a expliqué comment le CARE local avait surgi après le déversement de déchets toxiques, qui avait menacé Dilkon à la fin des années 1980. Le déversement avait été interrompu par cette lutte. Lori dit que le nom était devenu Diné CARE après que l’organisation nationale CARE les y ait forcés. Lori dit que le premier rassemblement de 1990 avait été au départ organisé pour célébrer le fait que la communauté de Dilkon avait interrompu le déversement de déchets toxiques, qui avait été soutenu par le gouvernement tribal Navajo. Après que des Autochtones soient venus de toutes régions, y compris le grand nord, il était clair que les déchets toxiques, les déchets nucléaires, l’extractivisme, la destruction et les arrestations des défenseurs des droits de pêche, concernaient tous les territoires Indiens.

Le mouvement pour la justice environnementale était né.

Les Légendes de 1990

Sur la liste de 127 noms, il y a Jo Ann Tall, Oglala de Porcupine, à Pine Ridge, et Guy White Thunder, Lakota de Pine Ridge. Ron Hill et Clifford Cornelius venaient d’Oneida, dans le Wisconsin. Le Chef Andrew King, de la Bande Lucky Man, de Saskatoon, dans l’Ontario, était venu avec Rod King, en 1990. Suzanne Brent, Mohawk de la Baie de Quinte, était présente. Norman Under Baggage, Oglala, venait de Kyle, à Pine Ridge, Harry Chison venait du Pueblo Zuni. La délégation Havasupai était composée de Leata Watahomigie, Rex Tilousi et sa famille, et M. et Mme Raph Rogers. Joe Sanchez, Shoshone de l’Ouest, venait du Nevada.

Des Navajos de Church Rock, qui avaient survécu à la plus grande catastrophe nucléaire de l’histoire des Etats-Unis, étaient venus, alors que les eaux radioactives de la rivière Puerco coulaient vers l’Arizona, laissant derrière elles une série de cancers pour les Navajos et tous ceux qui vivaient là-bas. [En 2015, le chercheur Navajo Tommy Rock s’est aperçu qu’un puits d’eau ‘potable’, à Sanders, au bord du Puerco, était encore radioactif – NdT]. L’Association Eau Propre pour la Vallée du Puerco [Puerco Valley Clean Water Association], de Wingate, au Nouveau-Mexique, fait partie de la longue liste d’organisations qui méritent d’être honorées.

Des Navajos de toute la Nation Navajo et de la région étaient présents au premier rassemblement. Tom Bedonie de Big Mountain; Eugene Hasgood de Keams Canyon; Nelda Dugi de Teesto; Carol Goldsmith de Kayenta; Ted Silversmith de Church Rock; Raymond Morgan de Fort Wingate; Mary et Lisa Spencer de Winslow; Alfred Joe et Robert Joe Sr. de Winslow. Alva Morrison et Kristi Jo McKnight, de Citoyens Concernés par la Sécurité Nucléaire [Concerned Citizens for Nuclear Safety] étaient venues du nord du Nouveau-Mexique, où le laboratoire de Los Alamos avait depuis longtemps empoisonné la terre, l’eau et l’air des Pueblos et du Nouveau-Mexique. [C’est à Los Alamos qu’ont été mises au point les bombes d’Hiroshima et Nagasaki – NdT].

Parmi les organisations de première ligne qui se sont rassemblées ici en 1990, il y avait le Projet d’Organisation du Sud-ouest d’Albuquerque [Southwest Organizing Project], représenté par Joe Madeline Montoya et Danny Pena. Chris Peters représentait le Seventh Generation Fund [Fonds pour la Septième Génération].

Bertha Mitchell, Hoopa, était venue de Californie. Des Navajos étaient venus de toute la région, parmi eux, Anna Rondon. Mike Flores, Tohono O’odham, était venu de la soi-disant frontière sud, où la Patrouille des Frontières des Etats-Unis maltraite les gens en tant qu'”armée d’occupation”. Laurie Weahkee, du Pueblo Cochiti, était là en 1990 et de nouveau 28 ans plus tard. Lex Gladstone était venu de l’Association Nationale des Indiens Blackfeet de Seattle. Le photographe Hopi/Navajo Larry Gus était là aussi. Il y avait aussi Cate Gilles, longtemps reporter en territoires Navajo et Hopi, trouvée morte à Tucson plus tard. Dès le début, Cate avait fait des reportages de la ligne de front, sur les déportations. Cate a été aussi la première à dénoncer convenablement la pollution à l’uranium dans la région du Grand Canyon.

Vickie McCullough, de Native Americans for a Clean Environment [Amérindiens pour un Environnement Sain], de Tahlequah, en Oklahoma, était présente. Pat Moss était venu d’Oklahoma pour parler des prisonniers Autochtones. Viola Hatch, Cheyenne Arapaho, était venue d’Oklahoma. Des membres de Greenpeace étaient venus de Californie, entre autres Iretta Tiger, des membres Séminoles de Floride, et Bradley Angel, aujourd’hui membre de Green Action, ainsi qu’une délégation de Greenpeace Canada. DNA Legal Services, Public Health Nursing de Dilkon, et Préservation Navajo avaient également envoyé des représentants.

Convention de 2018, La Lutte Continue

Aujourd’hui, en 2018, Nicole Horseherder, Navajo, et sa fille, ont parlé de la lutte ultime pour défendre les droits sur l’eau et la protéger. Nicole Horseherder a expliqué que le but des soi-disant “colonies pour les droits à l’eau” avait souvent été un moyen pour les non-Indiens d’accaparer l’eau des Autochtones.

En cette chaude journée de juin 2018, tandis que les cuisiniers du camp, ici à Dilkon, préparent la bouillie de maïs bleu [blue corn mush, plat traditionnel Navajo] et les crêpes de maïs bleu [plutôt Hopi] pour le petit-déjeuner, les jeunes agriculteurs Nate Etcitty et Roberto Nutlouis, membres de Black Mesa Water Coalition, donnent des nouvelles sur l’alimentation durable, la permaculture et le ‘dry farming’ [agriculture sans irrigation].

Herb Yazzie, ex-président de la Cour Suprême de la Nation Navajo, a parlé de Hweeldi [déportation des Navajos au camp de Fort Sumner, premier camp de concentration, en 1864, beaucoup sont morts en route, les autres sur place], du Traité de 1868 [libération des survivants de Fort Sumner et ‘attribution’ du territoire de la première réserve Navajo], et du lien vers la Souveraineté. Yazzie parlait de Ceux qui Résistent.

Sam Sage, Diné, a parlé de la façon dont les Diné combattent la fracturation hydraulique, le cancer, les émissions mortelles, le bruit insupportable et la violence des ‘camps masculins’, résultant des forages pour le pétrole et le gaz dans la Région de Chaco et l’est de la Nation Navajo.

La Convention de Diné CARE pour les habitants de l’est de la Nation Navajo a eu lieu du 21 au 23 juin, à Counselor et Lybrook, au Nouveau-Mexique.

Brenda Norrell, qui publie Censored News, faisait partie des journalistes qui ont couvert le premier rassemblement à Dilkon, en juin 1990, et a également fait des reportages en direct du rassemblement de 2018. En 1990, elle était journaliste pour Associated Press et vivait dans les Monts Chuska, dans la Nation Navajo.

 

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1er juin:

PREMIER JOUR DE LA CONVENTION DE DINE CARE POUR LES GENS DE L’OUEST, A DILKON, NATION NAVAJO

Par Brenda Norrell
Publié sur Censored News
Transmis en direct par Spirit Resistance Radio
1er juin 2018
Traduction Christine Prat

Ce jour, des membres fondateurs de Diné CARE ont expliqué comment l’organisation avait été fondée, suite aux menaces pesant sur leurs territoires Diné, à la fin des années 1980. Lori Goodman parla des premiers jours, et Anna Frazier, de Dilkon, éducatrice, dit comment elle avait été impliquée. Sam Shepherd, de l’Agence de l’est, raconta comment il avait été mis de force dans un pensionnat et s’était échappé. Adella Begaye, Présidente et membre fondatrice de Diné CARE, a raconté comment elle s’est engagée, alors qu’elle était infirmière à Tsaïle. Adella est la veuve du regretté Leroy Jackson, cofondateur, retrouvé mort après avoir empêché l’abattage d’arbres anciens dans les montagnes de Chuska et près de Tsaïle. Ofelia Rivas, O’odham vivant à la frontière US/Mexique, parla des luttes de son peuple. Earl Tulley, cofondateur, dit comment Diné CARE avait commencé le combat pour la justice environnementale, qui s’est développée en de nombreux mouvements, résultant finalement dans la création de l’IEN, Indigenous Environmental Network [Réseau Autochtone pour l’Environnement] et d’autres.

 

OFELIA RIVAS, O’ODHAM, ET EARL TULLEY, DINÉ: REFLEXIONS SUR LE CARACTERE SACRE DE LA VIE

Interview du 1er juin 2018
Govinda Dalton, Spirit Resistance Radio
Article de Brenda Norrell
Publié sur Censored News
Le 12 juin 2018

Traduction Christine Prat

DILKON, Nation Navajo, 1er juin 2018 – Ofelia Rivas, Tohono O’odham, et Earl Tulley, Diné, ont parlé des modes de vie culturels et des fondements spirituels de leur peuples, au cours de la Convention de Diné CARE pour l’ouest [de la Nation Navajo]. Ofelia commença par décrire les vastes territoires qui constituaient les terres ancestrales des Tohono O’odham dans ce qui est maintenant l’Arizona, Etats-Unis, et le Sonora, Mexique.

“Nos terres sont très vastes” dit Ofelia, au cours de la conversation avec Earl Tulley, un Diné de Blue Gap, pour Spirit Resistance Radio.

Le territoire ancestral Tohono O’odham s’étendait d’Hermosillo, à des centaines de kilomètres de la frontière actuelle, et au nord jusqu’à Phoenix, à l’est jusqu’à Benson, à la Rivière San Pedro, et jusqu’à la Mer de Cortez, dans le Sonora, au Mexique, dit-elle.

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2 juin:

SAM SAGE, DINE: “FRACTURATION HYDRAULIQUE, DESTRUCTION ET CANCER DANS L’EST DE LA NATION NAVAJO ET LA REGION DE CHACO”

Par Brenda Norrell
Publié sur Censored News
Le 6 juin 2018
Résumé et traduction Christine Prat

DILKON, Nation Navajo – Sam Sage décrit comment les forages de pétrole et de gaz et la fracturation hydraulique détruisent le sol et empoisonnent l’air de l’est de la Nation Navajo et la région de Chaco.

Sage, qui s’exprimait au cours de la Convention de Diné CARE pour les Peuples de l’Ouest, samedi 2 juin, a déclaré que le Sénateur Démocrate Tom Udall était dans la poche de l’industrie.

Actuellement, alors que plus de 100 organisations combattent le forage et la fracturation dans la région de Chaco, les Navajos sont assiégés par le bruit, la pollution et la destruction du sol, selon Sage. Les femmes sont atteintes de cancers.

Sage expliqua ce qui s’était passé dans sa propre communauté de Counselor, au Nouveau-Mexique, et dans la zone comprise entre Farmington et Cuba, quand la course au développement a commencé, au Bureau d’Aménagement du Territoire [Bureau of Land Management, BLM] en 2013.

Au début, les compagnies pétrolières et gazières ont dit qu’elles faisaient des forages exploratoires.

“En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, c’était devenu de la fracturation industrielle” dit-il, expliquant comment le sol, qui borde des maisons Navajos, avait été détruit par les forages pour le pétrole et la fracturation pour le gaz.

“Certaines sources ont arrêté de couler.”

Les puits avaient été asséchés depuis les années 1990.

Ce fut seulement lorsqu’une des compagnies eut un accident, et qu’un des ouvriers fut tué, qu’on commença a en parler.

Sage dit que la compagnie avait essayé d’empêcher l’information, selon laquelle un ouvrier était mort sur un terrain du BLM, d’être publiée. La communauté Navajo ne l’a su que six jours plus tard.

Puis il y eut une visite du Sénateur Tom Udall, Démocrate du Nouveau-Mexique. “Tom Udall nous a surpris, en arrivant en hélicoptère.” “Nous lui avons dit: vous avez déjà été acheté et payé. Vous êtes déjà dans la poche de l’industrie.”

Sur le territoire, il y a des camions très lourds. Les traces font jusqu’à 15 cm de profondeur. Quand il pleut, ils utilisent des pneus munis de chaines. Quand ils roulent sur le terrain, ils laissent de grands trous et détruisent la route. Des lumières violentes sont allumées à 23h et il y a beaucoup de bruit.

Des Navajos de la région se sont plaint des dégâts faits au sol et aux routes, et du bruit, mais ça dépendait du responsable sur place du BLM, l’affaire a été transmise à Washington. Le Gouvernement Navajo ne voulait pas aider les gens de la région, il fallait trouver de l’aide à l’extérieur.

Sage dit “Daniel Tso a amené le Sierra Club et les choses ont commencé à bouger.” “Maintenant, il y a 111 groupes qui nous aident et nous assistent” dit-il, parlant de la Coalition de la Région de Chaco [Greater Chaco Coalition]. “Nous avons demandé de l’aide”.

Sage dit que la Coalition voulait formaliser le groupe et avoir des représentants officiels, mais, dit-il “ça ne marcherait pas ici. Beaucoup de gens se retireraient si nous formalisions [la Coalition].” Actuellement, ce n’est pas une organisation formelle.

Ils ont commencé à se rendre compte que des femmes mouraient de cancers. Ils ont commencé à évaluer l’état du sol et à contrôler l’air. Les alliés des Navajos étaient prêts à payer les tests onéreux. L’eau a été testée, l’eau potable a été testé.

“Nous avons dû faire tout ça nous-mêmes” dit Sage.

Des Navajos les ont aidés, entre autres le regretté Larry Emerson, Herbert Benally, David Tsosie et beaucoup d’autres.

Entretemps, les crimes violents augmentaient, à cause des ‘camps masculins’ des compagnies pétrolières et gazières.

Et, étant donné que la fracturation utilise énormément d’eau, et crée beaucoup de déchets, les Navajos posent toujours des questions. Tandis qu’ils se battent contre la fracturation, Daniel Tso emmène des gens pour des ‘tournées réalité’. Tso s’est aperçu que des puits fuyaient.

Et puis il y a la puanteur, et les gaz toxiques. “Quand le temps est couvert et qu’il n’y a pas de vent, ont peut vraiment les sentir.”

Sage remercia la jeune Diné Kendra Pinto, et dit qu’elle comptait beaucoup pour le groupe. “Elle est revenue dans la communauté et a voulu aider,” dit Sage.

Après le discours de Sage, Earl Tulley, de Diné CARE, dit que les forages de pétrole et de gaz causaient des explosions et des fuites de produits chimiques, et qu’il fallait contrôler l’air. Ça touche le bétail et les gens. “Nous n’allons pas émigrer” dit Tulley. “Ici, c’est chez nous.”

 

LEONA MORGAN: LES ETATS-UNIS VISENT LES AUTOCHTONES ET LES PAUVRES AVEC LES DECHETS NUCLEAIRES, LE TRANSPORT ET L’EXTRACTION D’URANIUM

Intervention de Leona Morgan à la Convention de l’ONG Navajo Diné CARE, le 2 juin 2018, diffusée en direct sur Spirit Resistance Radio et transcrite par Brenda Norrell pour Censored News.

Article de Brenda Norrell
Publié sur Censored News
Le 8 juin 2018
Traduction Christine Prat

DILKON, Nation Navajo – Leona Morgan, Diné, a passé sa vie à combattre les mines et le transport d’uranium, et la décharge de déchets. Actuellement, les Etats-Unis visent les pauvres du sud du Nouveau-Mexique pour décharger des déchets nucléaires, et l’extraction d’uranium menace à nouveau le Mont Taylor, site sacré, dans le nord du Nouveau-Mexique.

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3 juin:

BIG MOUNTAIN: LA LUTTE QUI N’EN FINIT PAS, EN DES TEMPS OU IL NE PLEUT PAS – LOUISE BENALLY

Article de Brenda Norrell
Publié sur Censored News
Le 10 juin 2018
Traduction Christine Prat

 

DILKON, Nation Navajo – Louise Benally, de Big Mountain, a raconté la lutte interminable contre la déportation, Peabody Coal et les confiscations de bétail. Maintenant, il ne pleut pas, la nourriture reste absente, et les moulins à vent à sec.

Pendant des décennies de lutte, les Hopis traditionnels se sont joints aux Diné de Big Mountain qui résistent au déménagement forcé. Ils se sont tous rendu compte que la déportation causée par [la compagnie charbonnière] Peabody Coal est un vol de terres, un vol de terres pour le charbon, pour faire de l’électricité pour d’autres gens, ailleurs.

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Tous les articles, ©Censored News, publiés avec autorisation, utilisation commerciale strictement interdite. Photos de 2018 ©Brenda Norrell, Photos de 1990, ©C.A.R.E., prêtées par Lori Goodman.

 


Manifestation contre Peabody à St-Louis, en 2016, photo Bret Gustafson

 

Peabody Coal à la 16ème place sur la liste des 100 entreprises les plus polluantes du monde

 

Par Brenda Norrell
Censored News
16 juillet 2017
Traduction Christine Prat

 

Peabody Coal est numéro 16 sur la liste des 100 entreprises les plus polluantes du monde. La Nation Navajo vient de prolonger le contrat de la centrale au charbon très polluante, qui utilise le charbon de Peabody de Black Mesa. La nécessité pour Peabody de dégager le terrain pour extraire du charbon de Black Mesa est la véritable cause de la déportation de Navajos [loi de 1974, évacuation commencée en 1987. Les habitants de Big Mountain qui ont refusé de partir sont toujours ‘illégaux’ sur leur propre terre – NdT].

D’après le Guardian, “Seulement 100 compagnies sont responsables de plus de 70% des gaz de serre émis dans le monde depuis 1988, selon une nouvelle étude.”

Le “Carbon Majors Report” – Rapport sur le Carbone des plus grandes Entreprises, un PDF du site britannique Carbon Disclosure Project (Projet de Révélation sur le Carbone) – “souligne comment un nombre relativement réduit de producteurs de carburants fossiles pourraient détenir la clé du changement global dû aux émissions de carbone,” écrit le Guardian.

L’extraction de charbon sur Black Mesa a résulté en 40 ans de malheur pour les Navajos de Black Mesa, aussi bien ceux qui ont été déportés, que ceux qui continuent de résister à la déportation. Peabody continue à empoisonner le sol et l’eau avec l’extraction de charbon de Black Mesa.

Le gouvernement de la Nation Navajo, en collusion avec les politiciens des Etats-Unis et d’Arizona, et les grandes entreprises, vient de prolonger le contrat d’une des centrales au charbon les plus polluants au monde, la Centrale Navajo, près de Page [Page, site touristique, est juste à l’extérieur de la Réserve Navajo, la centrale juste à l’intérieur – NdT], qui fournit de l’électricité au sud de l’Arizona [mais pas aux Navajos de la région qui subissent le gros de la pollution – NdT].

Voir l’article (en anglais) du Guardian sur les plus grands pollueurs du monde, avec un tableau des 100 entreprises les plus polluantes et leur part dans l’émission des gaz à effet de serre.

 

 

StripMineCNphoto

 

 

FAILLITE DE PEABODY: LES NAVAJO DEMANDENT UNE TRANSITION VERS L’ECONOMIE DURABLE

 

COMMUNIQUE à partager et diffuser le plus largement possible :
14 avril 2016
Publié sur Censored News
Traduction Christine Prat

 

Contacts :

Jihan Gearon
Directrice Exécutive
Black Mesa Water Coalition
(00 1) 928 380 6684

Wahleah Johns
Coordinatrice du Projet Solaire pour Black Mesa
Black Mesa Water Coalition
(00 1) 928 637-5281

 

LA DECLARATION DE FAILLITE DE PEABODY N’EST « PAS UNE SURPRISE » :
LES MEMBRES DE LA TRIBU NAVAJO DEMANDENT UNE TRANSITION JUSTE VERS UNE ECONOMIE DURABLE

NATION NAVAJO, Arizona – La plus grande compagnie charbonnière du pays, Peabody Energy Corporation, s’est enregistrée pour bénéficier de la protection du statut de faillite auprès du 11e Chapitre mercredi dernier, alors que l’industrie du charbon se débat avec la baisse du prix du gaz naturel et l’application plus stricte des règles fédérales. Peabody possède des titres de propriété dans 26 mines en Australie et aux Etats-Unis, entre autres la Mine de Kayenta, située dans la région de Black Mesa de la Nation Navajo. Cette déclaration de faillite amène beaucoup de communautés Navajos à demander ce que cela signifie en termes de responsabilité de Peabody envers les ouvriers, les soins de santé et la dépollution des terres et de l’eau de la région, et d’une économie de transition.

« Les réactions diverses des Navajo à la déclaration de faillite de Peabody en disent long » dit Jihan Gearon, Directrice Exécutive de l’ONG Navajo Black Mesa Water Coalition (BMWC). « Certains s’en réjouissent, y voyant la fermeture potentielle de la Mine de Kayenta et la fin de la pollution par le complexe charbonnier de l’environnement et de ses effets sur la santé des gens. D’autres s’inquiètent de la possible perte d’emplois et de l’impact sur l’économie de la Nation Navajo. Cependant tout le monde appelle à un engagement de Peabody et des membres du gouvernement de remplir leur obligation de dépolluer et de soutenir une transition juste vers une nouvelle économie. »

« Avant que les comptes bancaires de Peabody ne soient en faillite, ils avaient déjà mis en faillite l’état naturel de mes terres ancestrales, vidé et pollué notre seule source d’eau potable, profané des sites sacrés et perturbé notre obligation de prendre soin de notre Mère la Terre. De toute évidence, le modèle économique de Peabody est en faillite sur tous les plans » dit Wahleah Johns, membre de la tribu Navajo et Directrice du Projet Solaire pour Black Mesa.

« Aucun d’entre nous ne devrait être surpris de ce que Peabody se déclare en faillite » dit Enei Begay, fondateur de BMWC et membre du conseil d’administration. « Le déclin du charbon a été prévu depuis des décennies, c’est pourquoi BMWC a cherché à concentrer ses efforts sur la recherche d’une transition économique juste depuis plus de 15 ans. Je ne m’inquiète pas pour les cadres de Peabody, si nous avons appris quelque chose des renflouements de 2008, c’est qu’une compagnie et ses cadres supérieurs se sortent des crashs sans une égratignure. Mais est-ce que les Navajo et notre économie naissante seront jamais renfloués après cet effondrement de l’économie du charbon ? »

BMWC est partenaire de plusieurs autres organisations qui travaillent depuis des années pour promouvoir une transition honnête, équitable et juste pour les communautés de Black Mesa et la Nation Navajo.

  • Après la fermeture de la Centrale de Mojave (MGS) et de la Mine de Black Mesa en 2006, BMWC et d’autres créèrent la Coalition pour une Transition Juste, dont l’activité a culminé en 2013. La Commission des Services Publics de Californie a voté l’utilisation des revenus de la vente des quotas de dioxyde de soufre due à la fermeture de MGS, pour créer un fonds renouvelable de 4,5 millions par ans pour payer le développement de projets renouvelables pour la Tribu Hopi, la Nation Navajo et les contribuables de Californie.
  • En 2009, BMWC a établi la Commission et le Fonds pour une Economie Navajo Verte a sein même du gouvernement tribal de la Nation Navajo, la première législation pour une économie verte introduite par un gouvernement tribal. Le but était d’attirer des fonds fédéraux pour soutenir une transition juste et donner la capacité au gouvernement tribal d’envisager et de commencer à créer une économie plus durable et plus juste.
  • En 2011 BMWC a été l’un des cofondateurs d’un incubateur d’entreprises vertes Navajo, qui s’est maintenant développé pour devenir le Réseau Autochtone d’Incubateur d’Entreprises.
  • BMWC a mené à terme divers projets de recherche qui prouvent la viabilité d’une économie durable. Voir nos résultats [en anglais]
  • BMWC a piloté trois projets, qui prouvent à la fois la viabilité de – et démontrent le potentiel pour – une  économie qui construit sur la base de la culture Navajo et ses points forts, et donne la priorité au caractère durable et à la justice. Ce sont le Projet Solaire de Black Mesa, le Projet d’Amélioration du Marché de la Laine Navajo, et le Projet de Souveraineté Alimentaire.

« Chaque jour, des membres de la communauté Navajo travaillent à la transition vers une économie verte, je travaille depuis des années avec de nombreux partisans tribaux du solaire, et le futur solaire des Navajo est plus brillant que jamais. Mais ça a été difficile d’adopter complètement le solaire pour l’avenir, parce que notre gouvernement tribal était lié à un marché du charbon en train de sombrer » dit Wahleah, qui est aussi Commissaire à l’Economie Verte de la Nation Navajo. « Je suis persuadée que les investissements dans le solaire sont un des grands moyens de pouvoir prendre soin de notre territoire tout en prenant soin des gens. »

« La faillite de Peabody démontre la montagne d’instabilité et réflexion à court terme associées aux marchés spéculatifs » dit Roberto Nutlouis, Coordinateur du Programme de Restauration Economique de la BMWC. « En tant que Navajos, notre culture nous dit que notre économie traditionnelle et les systèmes sociaux compliqués que nous défendons, c’est ce qui va vraiment durer. »

« La faillite de Peabody montre que la transition a déjà commencé pour la Nation Navajo » ajoute Jihan. « C’est à nous, en tant que Navajos, de déterminer comment cette transition se passera et ce qu’elle créera. La Nation Navajo doit prendre des mesures décisives pour se distancer de cette économie instable reposant sur des carburants fossiles et mettre en route un projet de transition juste, vers une économie durable, maintenant plus que jamais. »

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Plus d’informations [en anglais] sur nos partenaires et alliés sur : http://www.ourpowercampaign.org/press-release-peabody-just-transition/

Jihan R. Gearon
Executive Director
Black Mesa Water Coalition
P.O. Box 613
Flagstaff, AZ 86002
Email: jihan.gearon@gmail.com
Office: 928-213-5909
Fax: 928-213-5905

Dons à BMWC: https://donatenow.networkforgood.org/blackmesawatercoalition

Pour plus d’infos:
<http://www.blackmesawatercoalition.org>
<http://www.ourpowercampaign.org/>
<http://www.storybasedstrategy.org>

 

 

LA POLLUTION DE L’EAU DES NAVAJO PLUS EFFRAYANTE QUE CELLE DE FLINT (MICHIGAN)

vendredi 22 janvier 2016

L’eau des Navajo est polluée depuis longtemps par les mines de Peabody Coal sur Black Mesa, les fuites d’uranium et plus récemment l’empoisonnement des rivières Animas et San Juan par l’Agence de Protection de l’Environnement (EPA). Le gouvernement des Etats-Unis savait, lorsqu’il a déplacé des Navajos dans la région de Sanders**, Arizona, que les radiations dues à la fuite d’uranium de Church Rock*, Nouveau-Mexique, empoisonneraient l’eau en s’écoulant dans le Rio Puerco. Dans la région de Four Corners [nord-est de la Réserve Navajo], trois centrales électriques au charbon polluent l’eau par ruissellement.

Censored News

 

A POLLUTION DE L’EAU DES NAVAJO PLUS EFFRAYANTE QUE CELLE DE FLINT

Par Robert Seals
Censored News
Photo de Louise Benally faisant un discours à Washington D.C.
Zie ook Nederlandse vertaling door Alice Holemans
Traduction Christine Prat

Mon nom est Robert Seals. J’ai suivi l’histoire de la crise de l’eau à Flint, dans le Michigan et je souhaite faire la lumière sur une autre histoire de pollution de l’eau bien plus ancienne et tout aussi effrayante que celle de Flint.

Les réserves d’eau de Black Mesa, dans la Réserve Navajo, sont détruites depuis des décennies par l’entreprise minière Peabody. L’eau des puits a été drainée pour mélanger au charbon afin de le transporter par pipeline et le reste de l’eau a été contaminée par de l’uranium qui s’écoule maintenant dans le fleuve Colorado. C’est un abrégé d’une histoire peu connue qui doit désespérément être dite. Il n’y a pas eu d’eau potable dans la Réserve depuis des décennies. Quand une ville comme Flint est en crise, tout le monde s’agite et se sent concerné. Cependant, personne ne parle de la situation tragique qui règne sur Black Mesa et personne n’est tenu pour responsable de ce camouflage. La porte-parole de Black Mesa est Louise Benally. Elle peut vous fournir toute l’histoire.

Voici une brève déclaration de Louise : « Notre eau a été touchée depuis les années 1950 jusqu’à maintenant. Lorsque divers minéraux ont été découverts dans la Réserve Navajo dans les années 1940-1950 – jusqu’à ce jour (maintenant, en 2016), l’eau souterraine a été utilisée pour extraire l’uranium. Les eaux souterraines et de surface ont été utilisées puis rejetées dans des bassins de rétention et/ou dans les eaux de surface. L’extraction de charbon sur Black Mesa a entrainé l’utilisation d’eau pour transporter le charbon sur 445 km et continue à pomper l’eau souterraine pour pousser le charbon de Black Mesa jusqu’à Laughlin, dans le Nevada. Aujourd’hui, les bassins de rétention ne sont plus surveillés sur Black Mesa et infiltrent les ruissellements jusque dans les cours d’eau de surface – et les cours supérieurs.
Il y a beaucoup de pollution dans notre Réserve, dans la plupart des régions comme dans les Nouvelles Terres de Sanders**, Arizona. Il n’y a pas d’eau que les gens puissent boire en toute sécurité. Dans le district de l’ouest, il n’y a pas eu d’eau potable saine depuis les années 1950, quand les firmes d’uranium y sont arrivées. L’eau de Black Mesa est pompée pour les opérations minières de Peabody Coal. La pollution s’infiltre maintenant dans le Fleuve Colorado. »

Je vous remercie immensément de prendre le temps de vous renseigner davantage et de dénoncer cette affreuse situation.

Sincères salutations, Robert Seals

 

*En 1979, une digue de terre qui retenait l’eau irradiée de la mine d’uranium de Church Rock a cédé et l’eau s’est échappée dans le Rio Puerco. C’est à ce jour la plus grande catastrophe nucléaire de l’histoire des Etats-Unis. Elle s’est produite la même année que l’accident de Three-Miles-Island, dont les médias ont beaucoup parlé, alors que pas un mot n’a été dit sur la catastrophe de Church Rock.

 

**Après beaucoup de péripéties, une loi de 1974 – PL 93-531 – a partagé une zone commune aux Navajos et aux Hopis, entrainant l’expulsion de milliers de Navajos et d’une centaine de Hopis. Les expulsions ont eu lieu dans les années 1980. Certains Navajos ont été relogés à Sanders, ville traversée par le Rio Puerco, en aval de Church Rock. La région était donc fortement contaminée par la fuite d’uranium. Une ‘nouvelle’ pollution à l’uranium a été découverte pendant l’été 2015, dans le puits d’eau potable d’un quartier Navajo de Sanders.

Christine Prat

 

 

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LA COP21 IGNORE LES CENTRALES AU CHARBON QUI EMPOISONNENT LES NAVAJOS ET LE RESTE DU MONDE

Par Brenda Norrell, Censored News
7 décembre 2015
Traduction Christine Prat

Note: l’article porte sur les sponsors de la COP21 qui sont impliqués dans l’industrie du charbon et ne dénoncent donc pas les centrales au charbon très polluantes situées en territoire Autochtone. Mais il me semble nécessaire de rappeler que l’EDF, un des principaux sponsors, produit surtout de l’énergie nucléaire et que c’est à ce titre qu’elle a participé à la COP21, pour promouvoir l’énergie nucléaire comme ‘énergie propre’! La Réserve Navajo est encore plus dramatiquement polluée par la radioactivité des mines d’uranium que par le charbon (qui est cependant catastrophique depuis longtemps), quant au territoire Touareg du nord du Niger, il est littéralement détruit par les mines d’uranium d’AREVA, fournisseur de l’EDF qui s’apprête à l’acquérir – Christine Prat

La COP21 à Paris n’a rien dit des centrales au charbon qui empoisonnent le monde. Les Navajos continuent à être empoisonnés par les mines de Peabody Coal et par la Centrale Navajo [qui n’appartient absolument pas aux Navajos, mais se trouve à la limite de la Réserve, où les habitants n’ont pas l’électricité – NdT], tandis que Phoenix et Tucson profitent de l’électricité produite.
« La Centrale Navajo est troisième dans le pays [Etats-Unis] pour les émissions de gaz carbonique et de gaz à effet de serre. En plus du CO², ils ont admis produire également d’énormes quantités d’oxyde d’azote, de mercure, et dans les années passées, de dioxyde de soufre et autres polluants qui ont couvert cette région de brume et de smog » d’après le NPR, en 2015.
La Centrale Navajo est responsable du dégoûtant smog brun que vous voyez si vous survolez le Grand Canyon du Colorado.
Les profiteurs derrière Peabody Coal et la Centrale sont responsables de la déportation de 14000 Navajos et imposent à ceux qui résistent des conditions d’existence extrêmement dures. [Voir article en français ].
La Centrale Navajo est l’une des trois centrales au charbon situées dans la Réserve Navajo, mais dont l’électricité va essentiellement aux non-Navajos du Sud-ouest.
Les médias de la région ont trahi les gens en s’abstenant de dénoncer la situation, causant d’avantage de souffrance et de morts.
Parmi les sponsors de la COP21 à Paris, on trouve quelques-uns des principaux financiers mondiaux des centrales au charbon.

 

DANS LA PRESSE : LES SPONSORS POLLUEURS DE LA COP21

D’après le Financial Times , la BNP Paribas, sponsor de la COP21, finance l’exploration de gisements de sables bitumineux très polluants au Canada.

The Ecologist écrit aussi que la BNP Paribas finance les sables bitumineux. « La BNP Paribas, un des sponsors de la COP21, continue à financer massivement l’expansion mondiale des carburants fossiles. Depuis près de 50 ans, la banque a été liée à l’extraction des sables bitumineux au Canada. Actuellement, c’est l’un des principaux financiers de l’industrie du charbon en France, qui a fourni la moitié du financement total (15 milliards de dollars) de l’industrie du charbon du pays entre 2005 et 2014. »

International Business Times écrit : « Engie et l’EDF possèdent 46 centrales au charbon dans le monde, qui produisent plus de 190 mégatonnes d’’equivalents de CO² par an, selon une étude du groupe environnemental Corporate Accountability International. »

The New Internationalist , souligne dans ses gros titres que « Paris est fermée à la société civile et ouverte à ceux qui ‘lavent plus vert’ ». « Avec pour sponsors des firmes comme le géant de l’énergie Engie (ex-GDF Suez, également sponsor officiel de la COP21), les enthousiastes de la fracturation hydraulique de Suez Environnement et le géant des carburants agricoles Avril-Sofiproteol, le Grand Palais accueille aussi Vinci, la compagnie derrière le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, les financiers du charbon HSBC et BNP Paribas, et Coca-Cola, parmi beaucoup d’autres. »

 

UN APPEL URGENT DE BIG MOUNTAIN

On November 2, 2015, in Big Mountain/Black Mesa, by Chris P

 

La situation à Big Mountain est de plus en plus difficile. Les gens, pour la plupart âgés, se sentent abandonnés et se demandent pourquoi ils ne voient plus les bénévoles qui venaient les aider autrefois.
Le texte ci-dessous est un appel urgent de NaBahii Keediniihii, de Big Mountain, publié par Censored News. Il est bien entendu difficile pour des gens qui vivent très loin de Big Mountain de s’y rendre en novembre. Cependant, le texte donne aussi beaucoup d’informations sur la situation actuelle, en particulier la volonté d’expansion de la multinationale du charbon Peabody Coal, et nous demande de ne pas oublier et de les aider quand nous pourrons (la semaine de solidarité est organisée du 21 au 27 novembre, mais après, en plein hiver, ils auront encore plus besoin d’aide). Ils ne demandent pas d’argent, mais la présence physique de gens qui peuvent aider les gens trop vieux à garder les moutons et couper de bois, mais surtout être témoins si les flics débarquent (la présence de Blancs modère toujours les flics, même en Palestine).

Christine Prat

 

 

BIG MOUNTAIN : RASSEMBLEMENT DECOLONISE ET SPIRITUEL SUR PLACE, DU 21 AU 27 NOVEMBRE ET APRES

Par Nabahii Keediniihii
Publié sur Censored News
29 octobre 2015
Traduction Christine Prat

Yaa’at’eeh (salutations) Parents et Camarades,

J’espère que vous et vos familles apprécient le climat automnal et le changement de saison, et que vous êtes plein de gratitude pour chaque jour que vous vivez.

Nous, moi-même et quelques non-Autochtones et Diné [Navajos], souhaitons vous informer d’une situation d’urgence, en ce moment, sur les terres lointaines de Big Mountain. Nous souhaitons également transmettre ce message au nom de quelques Anciens, qui se sont soulevés contre les politiques génocidaires des Etats-Unis et de Peabody depuis plus de 40 ans. Si vous savez au moins ce que ‘traditionnel’ veut dire, ou ce qu’est la résistance sur sa propre terre, vous comprendrez que ces Anciens Diné ici ont eu de l’influence sur le monde moderne et l’activisme Autochtone moderne. Maintenant nous entrons dans une ère nouvelle, une ère à laquelle ils ont essayé de résister parce que ça finirait par détruire leur vision d’un futur de traditions et d’existence liée à leur terre.

Il est naturel que la vieillesse entraîne beaucoup de vulnérabilité, un affaiblissement physique et des problèmes de santé, et ces anciens guerriers traditionnels continuent à faire tout ce qu’ils peuvent pour rester sur leurs terres chéries. Durant la plupart des saisons, ils sont seuls et la plupart du temps ils n’ont pas de visites de leurs familles parce que la vie urbaine américaine les a engloutis. Cependant, l’agression de la Loi des Etats-Unis sur les Indiens et de Peabody continue et progresse, avec une surveillance policière quotidienne et des intimidations, tandis que Peabody attend le feu vert du Bureau des Affaires Indiennes pour s’étendre.

C’est la ligne de front de l’extraction et exportation de carburants fossiles pour produire toujours plus d’électricité et de maximiser les profits des multinationales. Sans parler des émissions continues de gaz à effet de serre de la Centrale Navajo, et des politiques gouvernementales qui ont attiré l’activisme Autochtone vers le siège des compagnies, loin de la ligne de front. Si nous n’arrêtons pas cette invasion quasi militarisée des compagnies privées, plus de 180 000 hectares de terres vierges de Big Mountain disparaitront sous les champs industriels empoisonnés, la poussière de charbon étouffante et un interminable réseau de routes créées pour développer la fracturation hydraulique. La société jusque là traditionnelle de Big Mountain disparaitra, et c’est l’un des derniers bastions autochtones traditionnels qui restent aux Etats-Unis.

En ce moment, des Anciens résistants se demandent ce qui est arrivé aux mouvements nationaux et internationaux défendant notre Mère la Terre, et surtout pourquoi n’y a-t-il pas de présence physique et de soutien ici même.

Bessie Begay de Mesquito Springs, le 20 octobre 2015 : « Où sont les bergers, ceux qui venaient nous soutenir ? Notre situation n’a pas changé. Ils sont peut-être quelque part dans le coin ? Nous n’entendons pas parler d’eux… »

D’autres Anciens sont occupés par des visites à l’hôpital et ne s’aventurent pas dehors, leurs moutons ne sortent pas dans les pâturages, et leurs provisions de bois se réduisent.

NOUS n’avons pas l’intention de faire un discours, puis de vous laisser là avec un ‘ça doit cesser !’
Plutôt, nous souhaitons vous fournir un guide et vous informer que les outils sont ici pour faire que ça cesse. NOUS AVONS BESOIN DE VOTRE PRESENCE PHYSIQUE ICI ! NOUS ne vous demandons pas d’argent, seulement votre bonne volonté de venir pour quelques jours/semaines/mois et de vous immerger dans notre communauté culturelle qui vit sous la menace, et accepter les défis quotidiens qu’implique le soutien apporté à ces Anciens Autochtones. Et effectivement, nous ne demandons pas d’argent, parce que nous voulons maintenir la souveraineté humaine, pas chercher des avocats ou voyager vers des villes lointaines pour protester. Cependant, vous devez amener vos propres moyens pour séjourner et si vous souhaitez partager le travail réparateur d’amour et de nourritures, ce sera bienvenu.

Collectif des Bergers Saisonniers non-Autochtones : « Les libertés et l’autonomie que les habitants Autochtones de Big Mountain méritent, sont bafoués tous les jours. Se tenir à l’écart n’est pas un choix. Soutenez les Autochtones qui prennent soin de Black Mesa dès aujourd’hui ! »

Etre berger est un travail dur, mais si vous aimez faire des excursions et êtes passionnés par la nature, çà peut-être une expérience enrichissante. Couper du bois et aider à d’autres travaux sont des tâches ininterrompues. Rien n’est automatisé ici, mais les terres possèdent beaucoup d’énergie positive et sont dans un état vierge. Faites l’expérience de la vie quotidienne de ces Diné Anciens et de toutes les générations passées, base de l’écologie. Peut-être devez-vous voir cet engagement en comprenant que votre futur en dépend, que c’est la survie, et un peu de compréhension spirituelle. J’espère que vous quitterez ce territoire glorieux avec une meilleure connaissance des outils de la résistance, qui vous donneront la capacité de survivre naturellement, et des outils qui assurent un degré beaucoup plus élevé de résilience.

Mais cet appel s’adresse aussi et spécialement à la jeunesse Autochtone et Diné. Un travail effectif chez nous, sur notre terre (Diné-Hopi) ancestrale, est un élément clef, pour affirmer notre position souveraine et décolonisée contre les invasions des multinationales.
Nous avons tenu des discours sans fin devant les sièges de l’empire coloniale, devrions-nous continuer sur les même voies pour les 20 ans à venir ?

Faisons-le ensemble, au cœur de Big Mountain, du 21 au 27 novembre :

– Boycotter la ‘Semaine de Couverture du Génocide’ (qu’ils appellent Thanksgiving) et nous rendre au domaine des Blackgoat sur Thinrock Mesa,

– Garder les moutons pour une famille, pendant votre premier jour, afin que les Anciens puissent se reposer et s’occuper d’activités culturelles importantes,

– Amener votre propre véhicule ou votre tronçonneuse, pour aider à plusieurs projets,

– Vous joindre aux équipes de ramassage de bois de chauffage et effectuer quelques travaux nécessaires de réparation des routes

– Assister à l’assemblée du dernier jour, pour fêter et célébrer la solidarité, vendredi 27 novembre 2015.

Enfin, le changement climatique nous menace, alors soyez prêts pour un mauvais temps soudain, prenez de bonnes bêches, des vêtements appropriés et même des chaînes pour les pneus. Prenez contact aux adresses ci-dessous pour coordonner vos arrivées et départ, ou pour toute autre question. N’oubliez pas, c’est de l’Action Directe loin de chez vous.

Nous voulons vous remercier encore pour le temps que vous nous accordez. En notre nom et en celui de résistants Diné Anciens et traditionnels, nous espérons vous voir ou avoir de vos nouvelles bientôt,

Sincères salutations,

Kat (Bahe)
Contacts :

Danny Blackgoat: dblackgoat@mac.com or (00 1) 928-587-2860

Owen: (00 1) 434-607-7677
Nephew Jake: (00 1 ) 937-479-4214

Black Mesa Indigenous Support: blackmesais@gmail.com

 

 

 

Vidéo enregistrée le 10 septembre 2015, chez Louise Benally, à Big Mountain

 

LOUISE BENALLY DE BIG MOUNTAIN: LES PROBLEMES SONT TOUJOURS LA, NE NOUS OUBLIEZ PAS!

Le 10 septembre 2015, j’ai été invitée à Big Mountain par Louise Benally, qui résiste depuis toujours aux pressions de ceux qui veulent en chasser les derniers Navajo, sous prétexte que la zone où ils vivent depuis toujours a été attribuée à la Réserve Hopi en 1974. Louise demande qu’on n’oublie pas Big Mountain et la situation dramatique de ses habitants, qu’on en parle, qu’on les soutienne.

Christine Prat

 

 

En 1974, le Congrès des Etats-Unis a adopté la loi PL 93-531, qui décidait du partage d’une zone jusque là commune aux Navajo et aux Hopi, et de la déportation et ‘relocalisation’ forcée de milliers de familles Navajo de Big Mountain. La loi a été votée en plein scandale du Watergate, par conséquent, la plupart des Sénateurs et Représentants étaient absents des discussions de la loi PL 93-531, ne venaient que quand ils entendaient la cloche annonçant le moment de voter, demandaient à leurs assistants quelle était la position des Sénateurs-vedettes afin de décider de leur vote. A l’époque, le plus célèbre et influent était le Sénateur d’Arizona Barry Goldwater, ex-candidat aux présidentielles, connu alors en Europe comme démagogue populiste d’extrême droite.
Juste avant que la question de Big Mountain ne soit noyée par le scandale du Watergate, le conseiller juridique – Mormon – de la tribu Hopi, qui s’est avéré plus tard avoir été aussi le conseiller juridique de la firme Peabody Coal – fondée par des Mormons – (qui est toujours la plus grande compagnie charbonnière du monde), et avoir travaillé pour la firme de Relations Publiques – Mormone – qui se chargeait de manipuler les médias, avait réussi à présenter l’affaire comme une guerre tribale dévastatrice entre les Hopi et les Navajo. C’était bien sûr un mensonge ridicule. En réalité, il y avait bien eu des problèmes de voisinage, des conflits entre familles, mais pendant tous ces siècles depuis lesquels les Hopi et les Navajo sont voisins, il n’y a jamais eu de guerre généralisée entre les deux tribus. Il y a aussi toujours eu des mariages mixtes, et beaucoup de familles appartiennent aux deux tribus. En fait, c’était surtout les dirigeants Hopi de l’époque, occidentalisés – et, pour certains, convertis à la religion des Mormons – intéressés par les profits rapportés par l’exploitation du charbon, qui avaient choisi Peabody, contre leurs voisins Navajo et leurs propres administrés ‘traditionnels’, qui n’apprécient pas non plus la pollution au charbon de l’air qu’ils respirent, et l’épuisement des ressources en eau déjà rare.

Les Diné (Navajo) qui sont restés chez eux envers et contre tout, sont des résistants, des gens qui n’abandonneront jamais. Louise Benally est l’une d’entre eux et sans doute la plus active.

Des articles ont été publiés l’an dernier, lorsque des habitants très âgés de Big Mountain ont été brutalement agressés par la police Hopi venue saisir leurs moutons. Mais quand il ne se passe rien de spécial, ils sont oubliés. Cependant, la situation à Big Mountain ne s’est pas améliorée. Les gens n’ont pas l’eau courante, l’eau des sources est épuisée et ils doivent avoir recours à des procédés ingénieux (voir vidéo) pour recueillir l’eau de pluie, ils n’ont pas d’électricité – alors que le charbon extrait par Peabody fournit des centrales électriques très polluantes, qui alimentent les grandes villes de la région, mais pas les Navajo qui vivent à proximité –, ils n’ont pas de routes goudronnées – les pistes se transforment en torrents de boue dès qu’il pleut. Selon PL 93-351, ils sont ‘illégaux’ sur leurs propres terres et n’ont donc aucun droit. Pendant des années, ils n’étaient pas autorisés à effectuer la moindre réparation dans leurs maisons à cause d’une loi connue aux Etats-Unis sous le nom de ‘Bennett Freeze’, beaucoup de maisons sont donc en mauvais état, et beaucoup de gens n’ont pas les moyens de les réparer. La plupart des résistants sont âgés, les jeunes ont tendance à partir chercher du travail ailleurs, ce qui rend la situation d’autant plus difficile pour ceux qui restent. En plus des conditions de vie très dures, ils subissent un harcèlement quasi constant de la part de la police et des ‘Rangers Hopi’, leur bétail est saisi, ce qui aggrave le manque de nourriture. Une bonne part de leur bétail, qui fournit de la viande à manger et de la laine à vendre, avait déjà été saisie l’an dernier, en octobre, juste avant l’hiver, période où ils ont particulièrement besoin de nourriture, vu les difficultés de circulation sur les pistes boueuses et dans la neige. Il y a eu de nouvelles saisies de bétail au printemps dernier, les bêtes ont été vendues aux enchères, et des gens ont dû s’endetter pour racheter leurs propres bêtes.

Bien sûr, le harcèlement a pour but de pousser les gens à partir, étant donné que Peabody veut s’étendre. Des Hopi, au Conseil Tribal, soutiennent Peabody, vu qu’ils ont besoin de l’argent que çà leur procure. Les dirigeants Navajo ont aussi des intérêts dans l’exploitation des ressources – la mine principale est en territoire Navajo – et ont récemment donné leur accord pour prolonger le permis d’exploitation de Peabody de 25 ans.

Les gens en ont assez d’être empoisonnés par le charbon, et de manquer d’eau à cause des quantités phénoménales utilisées par Peabody pour extraire le charbon.

Dans la vidéo ci-dessus, Louise Benally parle du manque d’eau et des projets qu’elle a implémenté sur sa propre terre pour compenser un peu les effets du vol d’eau.
Son message est qu’il ne faut pas oublier Big Mountain, les problèmes s’aggravent, Peabody veut s’étendre, les gens vieillissent, ils sont harcelés, ils manquent d’eau, de nourriture, de communications et ils ont besoin d’attention et de soutien !

Christine Prat

 

 

NIHIGAAL BEE IINA À BIG MOUNTAIN : PEABODY COAL ENDOMMAGE LA NAPPE AQUIFERE NAVAJO

LES MARCHEURS DINÉ (NAVAJO), EN ROUTE VERS LES MONTAGNES SACREES, PERMETTENT A LA VERITE SUR PEABODY COAL ET SES DEGATS SUR BLACK MESA D’ETRE EXPRIMES

Par Nihígaal Bee Iina
Publié sur Censored News
16 juillet 2015
Traduction Christine Prat

Hier nous avons été invités à Big Mountain pour l’abattage et pour écouter les histoires de familles qui ont résisté à la déportation et ont combattu pour maintenir le style de vie Diné. Les 20000 Diné qui résident sur le plateau Black Mesa vivent sans eau courante ou électricité.
Depuis 1968, Peabody Energy exploite deux mines de charbon sur Black Mesa (plus de 400 millions de tonnes de charbon ont été extraites), utilisant des MILLIARDS de litres d’eau par an de la Nappe Aquifère Navajo depuis 47 ans pour fournir de l’énergie BON MARCHE et de l’eau à tous le sud-ouest des Etats-Unis.

La Nappe Aquifère Navajo, qui se trouve sous Black Mesa, est naturellement supérieure à ce qu’exigent les critères de l’Agence pour la Protection de l’Environnement pour l’eau potable. Les dégâts causés par Peabody à la Nappe Aquifère Navajo et à Black Mesa à conduit à l’éradication de la vie sacrée qui donnait des sources et des infiltrations dans la région. Peabody Energy est une multinationale et la plus grande compagnie charbonnière privée au monde, mais elle ne paie au gouvernement de la Nation Navajo qu’1/8 de PENNY par gallon [environs 4 litres] d’eau qu’ils utilisent.
Les Diné qui vivent sur Black Mesa paient au moins 8 fois ce prix pour un même gallon d’eau. Actuellement, Peabody Energy utilise près de 20 millions de litres d’eau potable par an à la Mine de Charbon de Kayenta, POUR ARROSER LES PISTES POUSSIEREUSES!
C’est une utilisation irresponsable de notre eau précieuse. Si l’eau c’est la vie, Peabody condamne tout moyen d’existence sur Black Mesa. Tó éí iiná áte. Dził Yíjiin éí nihimá áte. Táá ałtso biyázhí da’needłí.

 

 

 

KRACH BOURSIER ET EFFONDREMENT FINANCIER POUR PEABODY COAL

Par Brenda Norrell
Censored News
3 juillet 2015
Traduction Christine Prat

Peabody Coal s’effondre financièrement. Le PDG a démissionné.
Alors, maintenant que Peabody pourrait ne plus avoir les moyens d’acheter les médias en Pays Indien avec ses pubs, peut-être y aura-t-il des articles à la une révélant que la ‘Centrale Navajo’ alimentée par Peabody, est depuis longtemps l’une des centrales électriques au charbon les plus sales et polluantes au monde.
Est-ce que le sud de l’Arizona est en train de se débattre pour trouver d’où toute son électricité gaspillée va venir maintenant ?
Peut-être que les Sénateurs d’Arizona John McCain et Jeff Flake sont occupés à trouver un moyen de voler plus de terres et d’eau aux Autochtones pour l’extraction de charbon, et à faire passer quelques lois de plus au Congrès, pour le charbon polluant, pour l’électricité sale et pour empoisonner les Autochtones.
Maintenant que Peabody Coal s’effondre, peut-être que le vol de Black Mesa pour exploiter le charbon, la déportation forcée alors orchestrée*, seront enfin rapportés comme une des plus grandes atrocités contre les droits de l’homme.
Le site Desmog écrit: « les actions de Peabody Energy (NYSE : BTU) de Saint-Louis étaient aujourd’hui à la clôture à 1,87 dollar, tombant d’un maximum de 84 dollars en 2008. Le Directeur financier de la compagnie, Michael C. Crews, a soudainement démissionné le 28 juin, en pleine chute libre. »

* Après de longues luttes juridiques et politiques, le Congrès a décidé en 1974 de déporter des milliers de Navajos de Big Mountain, sur Black Mesa. Le prétexte officiel était que les Hopis avaient des droits sur ce territoire, mais les Navajos et les Hopis traditionnels savaient fort bien qu’il s’agissait de faire sauter la montagne pour exploiter l’énorme veine de charbon de Black Mesa. NdT