UNE COUR D’ARIZONA SE PRONONCE CONTRE LA TRIBU HOPI DANS L’AFFAIRE DE L’UTILISATION D’EAUX USEES POUR FAIRE DE LA NEIGE ARTIFICIELLE

In English

Une Cour d’Arizona s’est prononcée contre la plainte déposée par la Tribu Hopi contre la vente d’eaux usées recyclées par la Ville de Flagstaff à la station de ski Arizona Snowbowl, afin de fabriquer de la neige artificielle. C’était le tout dernier recours des opposants à la station de ski. D’autres groupes – Autochtones et écologistes – s’étaient opposés à Snowbowl pendant des décennies. La Coalition Save the Peaks est allée jusqu’à la Cour Suprême, en vain. Les tribunaux ont finalement interdit à tous les groupes et individus qui étaient déjà allés en justice contre Snowbowl d’entreprendre toute autre affaire en justice, prétendant que l’affaire avait déjà été jugée et qu’il est interdit de remettre en cause une affaire jugée. Un avocat a été menacé d’être rayé du barreau. La justice a donné l’ordre de supprimer le site web Save the Peaks! La plainte de la Tribu Hopi contre la vente d’eaux usées recyclées de la Ville de Flagstaff à la station Snowbowl était vraiment le dernier recours. La plainte a été rejetée le 29 novembre 2018, en gros parce que les inconvénients occasionnés aux populations ne touchaient ni à des propriétés privées, ni à des intérêts pécuniers!

Christine Prat

L’affaire opposant la Tribu Hopi à la Ville de Flagstaff était le tout dernier recours. Le 29 novembre 2018, la Cour s’est prononcée contre la Tribu Hopi.

Klee Benally, Diné, a envoyé un message sur Facebook, le 29 novembre (traduction plus bas):


“Une Cour d’Arizona a décidé contre la Tribu Hopi dans la lutte contre la fabrication de neige avec l’eau des égouts. ‘Nous n’avons aucune protection de notre liberté religieuse en ce qui concerne nos sites sacrés, notre survie culturelle est menacée. Cette lutte n’est pas terminée tant que notre culture ne sera pas terminée, nous ne laisserons pas cela se produire.’ Il vaut la peine de lire le texte de la décision [en anglais], l’opinion adverse est remarquable: https://t.co/ywuIASKDuB
La Ville de Flagstaff et le Service des Forêts sanctionnent le génocide culturel et en profitent, pour plus d’informations: www.protectthepeaks.org
#protectthepeaks #protégezlespics #stopsnowbowl #nonasnowbowl #defendthesacred #sacredsites #sitessacrés — sur les San Francisco Peaks.”

Quelques extraits de la décision du tribunal

¶2        L’utilisation d’eau recyclée pour faire de la neige sur les Pics San Francisco, dans le nord de l’Arizona, a été amplement débattue et plaidée. Cette affaire est le dernier chapitre de ce conflit. Il y a plus de 16 ans, la Ville de Flagstaff a signé un contrat de vente d’eaux usées recyclées à la station Arizona Snowbowl Ltd (“Snowbowl”), pour fabriquer de la neige artificielle sur ses pistes de ski sur les Pics. Les Pics étant situés sur des terres fédérales, cela a amené le Service des Forêts des Etats-Unis à entreprendre une longue enquête sur l’impact environnemental, qui s’est conclue par l’approbation du Service. Après cela, diverses tribus (y compris la Tribu Hopi), des groupes écologistes et d’autres parties concernées, ont vainement attaqué le projet de fabrication de neige, s’appuyant sur plusieurs lois fédérales, entre autres la Loi de Rétablissement de la Liberté Religieuse (“RFRA”) de 1993, 42 U.S.C. §§ 2000bb to 2000bb-4. Voir Nation Navajo contre U.S. Forest Serv., 535 F.3d 1058 (9ème Circuit 2008) (en session plénière).

Commentaire: Le 21 septembre 2012, Klee Benally et d’autres protecteurs des Pics portant des bannières – et moi-même, chargée des photos et vidéos – sont allés au bureau de Flagstaff du Service des Forêts, pour remettre une lettre adressée au Ministre de l’Agriculture de l’époque, Tom Vilsack, avec copie au directeur local du Service des Forêts, M. Earl Stewart. L’action terminée, nous sommes restés dehors à bavarder pendant un moment. Un des participants est venu nous dire qu’il y avait de l’affolement à l’intérieur, que le bureau était fermé, à cause d’un seau d’eau amené par un participants, sur lequel étaient indiqués tous les produits potentiellement dangereux contenus dans l’eau recyclée. Près de trois mois plus tard, des mandats d’arrêt ont été promulgués contre quelques-unes des personnes présentes le 21 septembre. Elles l’ont appris – tout comme moi – par un article du quotidien régional Arizona Daily Sun. Le seau renversé était au cœur des accusations. Le quotidien publiait la liste des produits contenus dans l’eau du seau. Quiconque a quelque peu suivi l’affaire de la neige artificielle pouvait reconnaître immédiatement les produits qui, selon les opposants, avaient été trouvés dans l’eau recyclée. L’affolement du Service des Forêts semble indiquer qu’ils ont donné leur accord pour l’emploi d’eau recyclée sans savoir ce qu’il y avait dedans. Ch. P

3        Suite aux plaidoyers auprès de cette cour fédérale, Snowbowl, la Ville, le Ministère de l’Agriculture des Etats-Unis et la Tribu Hopi, ont continué de discuter d’alternatives possibles à l’eau recyclée. Aucun accord n’a été trouvé, […]

En 2010, la Ville a finalement voté en faveur du contrat d’eau recyclée, et, a rejeté une motion demandant de reconsidérer sa position. Ch. P

¶4        La Tribu Hopi a par suite déposé cette plainte en 2011, contre la Ville de Flagstaff, sur la base de diverses lois de l’état, affirmant entre autres que “la vente par la Ville d’eaux usées recyclées pour faire de la neige artificielle” constituait une nuisance publique qui “résulterait en dommages déraisonnables pour l’environnement et la Tribu Hopi.” […] La Tribu a également affirmé qu’elle “avait des intérêts spéciaux dans l’environnement, entre autres la flore et la faune des Pics San Francisco, au voisinage immédiat de la Zone de la Station Snowbowl.” La Tribu a également prétendu qu’elle “souffrirait de torts spécifiques” dus aux “écoulements, à la neige emportée par le vent, à l’accroissement de bruits non naturels, et à l’augmentation de la pollution de l’air [qui] se répandrait, au-delà du site de la Station Snowbowl” et dans des zones que la Tribu utilise “pour des cérémonies, pour la chasse, … la cueillette de ressources naturelles [,] … et des buts utilitaires.” Par exemple, “des ressources naturelles que les Hopis cueillent, tout comme des sanctuaires et tombeaux, des sites sacrés, et les sources des Pics, entreront en contact avec l’eau recyclée soufflée par le vent,” “impactant négativement l’utilisation par la Tribu des zones sauvages et des zones aux alentours. Plus largement, la Tribu affirme que “le projet d’expansion de Snowbowl,” “la circulation routière supplémentaire”, et la “présence même de la Station Snowbowl” aura des effets pernicieux sur l'”environnement naturel” et interférera excessivement avec l’utilisation par la Tribu de la zone sauvage publique dans des buts religieux et cérémoniaux.

Concernant la circulation routière, nos chaînes publiques, France-Info et France-Inter, ont dit, il y a quelques années, au cours des embouteillages des vacances de février, que quand les touristes se précipitaient tous vers les stations de ski, la pollution sur les plus hauts sommets atteignait le même niveau que dans les rues de Paris aux heures de pointe. Ch. P

¶16      La partie adversaire avance que “[c]es affaires n’exigent pas que l’intérêt en jeu soit une propriété [privée] ou soit pécunier.” Infra ¶ 52. Peut-être pas explicitement, mais elles impliquent toutes un dommage ou une interférence à un tel intérêt et ne peuvent admettre de reconnaître une nouvelle catégorie de cas-d’ importance-spéciale. Et nous voyons de bonnes raisons d’adhérer généralement à une approche fondée sur la propriété ou l’intérêt pécunier, parce que, au contraire de la nouvelle catégorie proposée, elle comporte, sous-entendue, une justification en deux parties pour l’exigence de tort spécial.

 

En clair, bien que la Loi ne l’exige pas explicitement, on ne peut se plaindre d’un inconvénient nouveau, quel que soit sa gravité, que s’il touche à la propriété privée ou aux intérêts pécuniers! CAPITALISM IS THE ENEMY OF MOTHER EARTH!

Christine Prat

 

 

UNE MANIFESTATION PERTURBE L’OUVERTURE DE SNOWBOWL, QUI S’EST FAITE AVEC 100% D’EAUX USEES RECYCLEES

Par Indigenous Action Media
21 novembre 2017
Traduction Christine Prat

Flagstaff, Arizona – La station de ski Arizona Snowbowl, qui perpétue des années de profanation et d’attaques contre le mode de vie des Autochtones, de destruction de l’environnement et de menaces pour la santé publique, a ouvert avec de la neige faite à 100% avec des millions de litres d’eaux usées recyclées. Après avoir dû repousser deux fois le jour d’ouverture, par manque de neige naturelle, la station a ouvert un remonte-pente et une piste, pour quelques rares visiteurs. Plus d’une douzaine de protecteurs des sites sacrés ont affronté les employés de Snowbowl et les visiteurs, lors d’une action de “quarantaine”, avec des costumes de protection, des banderoles, des rubans d’avertissement, en scandant “Pas de Profanation pour votre Récréation”.

“C’est clairement un exemple de perpétuation du colonialisme. Ce qui se passe, c’est que Dook’o’oosłííd, une montagne sacrée pour de nombreux Peuples Autochtones de cette région, est profanée par la firme Snowbowl” dit Maile Hampton. “Ces capitalistes continuent à venir abattre des arbres et poursuivre la construction de cette station de ski. Non, seulement ils construisent ça, mais ils la remplissent à 100% d’eaux usées recyclées. Accepteriez-vous que quelqu’un déverse de l’eau d’égout sur la pelouse de votre église? Cette montagne est une église pour les Autochtones. Cette montagne est sacrée. Ça ne peut pas continuer comme ça. Cette compagnie profane cette montagne sacrée pour le seul profit et le divertissement. Nous continuerons à résister et faire tout ce que nous pouvons pour attirer l’attention sur ce problème et expulser Snowbowl complètement. BOYCOTTEZ SNOWBOWL!”

“Le manque de respect pour le territoire et tous ceux qui l’habitent est dégoûtant. J’ai parlé à des employés et des clients de Snowbowl, qui ont fait voir qu’ils ne s’intéressaient qu’à leur divertissement”, dit Mary Begay. “Ils se sont moqués de nous et étaient ouvertement sexistes et racistes. Certains clients ont essayé de manger le produit d’égouts, qui contient des produits pharmaceutiques et des hormones, pour prouver quelque chose, mais ils l’ont immédiatement recraché dans notre direction. Nous étions là dans un esprit de prière, pour arrêter la destruction et la profanation de notre eau, de notre écosystème et de notre humanité.”

“Les clients de Snowbowl n’ont pas de hautes valeurs morales et n’ont aucun respect pour ceux qui veulent protester pacifiquement” dit Scott Begay. “Si les clients de Snowbowl font preuve d’un tel manque de respect le jour de l’ouverture, j’ai du mal à imaginer ce que ce doit être le reste de l’année. Snowbowl permet et cautionne cet étalage vulgaire de colonialisme, et il faut y faire quelque chose.”

Au départ, l’action avait pour but de bloquer une section de la piste de ski, mais a dû être déplacée, vu que les agents des forces de l’ordre menaçaient d’arrestations. Six véhicules des forces de l’ordre ont suivi les résistants pendant qu’ils se rendaient plus haut, à travers la zone de construction où Snowbowl continue sa violence contre la montagne.

“Cette montagne est notre église, l’ouverture de Snowbowl aujourd’hui et les menaces d’arrestation pour ‘effraction’ rappellent encore qu’en tant qu’Autochtones, nous n’avons pas de liberté religieuse sur nos propres terres” dit Klee Benally, un bénévole de Protect the Peaks. “Pensez-y, avec vos familles, en vous préparant à célébrer le soi-disant ‘Thanks Giving’: le Service des Forêts des Etats-Unis, Snowbowl et la ville de Flagstaff perpétuent le génocide culturel des Peuples Autochtones pour quelques dollars.”

“Nous étions là pour essayer d’arrêter la profanation de notre montagne sacrée, où nos prières et nos cérémonies ont lieu” dit Dustin Wero, “étant Diné, c’est instinctif, pour nous, de défendre ce qui est sacré.”

Snowbowl est la seule station de ski au monde à faire de la neige avec de l’eau d’égout recyclée.

“Bien que sachant que des eaux usées recyclées étaient utilisées pour faire de la neige à Snowbowl, j’ai été choquée en voyant la neige et cette couleur jaunâtre, j’ai cru avoir un problème d’yeux, ou qu’un chien avait pissé dans la neige” dit Crystal Zevon, “Mais en regardant plus loin, c’était certain, cette neige est jaune au soleil. J’ai grandi en faisant du ski dans le Colorado, mais je n’ai jamais rien vu de semblable.”

Snowbowl est controversée depuis longtemps, à cause de sa présence sur les Pics San Francisco, qui sont sacrés pour plus de 13 Nations Autochtones. La station de ski opère avec un permis spécial d’utilisation, sur des terres publiques gérées par le Service des Forêts des Etats-Unis. Depuis des décennies, elle a connu de nombreuses poursuites en justice, qui constituent un précédent pour la liberté religieuse des Autochtones.

“Les luttes pour protéger nos sites sacrés et notre précieuse eau ne seront pas terminées tant que nos cultures ne le seront pas. Nous ne laisserons pas cela se produire” dit Klee Benally.

 

 

 

 

 

La Police de Flagstaff harcèle des activistes ‘à titre préventif’ avant l’ouverture du festival Dew Downtown

Une Zone de Liberté d’Expression créée à l’occasion de cet évènement écologiquement irresponsable

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

Vendredi 7 février 2014
Par Indigenous Action Media

Publié aussi sur Censored News

See original article in English on Indigenous Action or on Censored News

Traduction Christine Prat

 

FLAGSTAFF, Arizona – Des flics de la Ville de Flagstaff armés et en civil se sont présentés chez un citoyen et dans un centre communautaire hier. Les policiers, Kevin Rued et Eric Greenwald, ont déclaré agir ‘à titre préventif’ et ont dit qu’ils allaient ‘réserver et marquer avec des cordes toute la pelouse devant le tribunal spécialement pour les manifestants’, en tant que zone de liberté d’expression au cours du festival de la Ville de Flagstaff, Dew Downtown, dont Arizona Snowbowl est le principal sponsor.

Les critiques de l’évènement ont remarqué que « plus d’un million de litres d’eau potable pour faire de la neige artificielle au cours d’une manifestation récréative constituait un message négatif alors que nous vivons dans un désert et faisons face à un manque d’eau. Dew Downtown est contraire aux valeurs de viabilité affichées par la Ville de Flagstaff ».

James Kennedy, un habitant qui a été impliqué dans les efforts pour protéger les Pics San Francisco, a été angoissé par la visite. « Çà donne des frissons, c’est terrifiant. Des hommes armés se présentent à mon domicile, je ne savais pas si je n’allais pas me retrouver en prison hier matin ».

L’officier de police de Flagstaff Kevin Rued a indiqué clairement que la visite était « due à Snowbowl et à la fabrication de neige… »
« … nos supérieurs ont dit qu’ils avaient eu l’information sur Facebook et Twitter… que des gens allaient s’enchaîner et causer beaucoup de troubles » a déclaré l’officier de police Rued.

M. Kennedy a demandé pourquoi il était visé et pas les supporters de Snowbowl qui sont connus pour être violents. Il a rappelé l’incident du festival Dew Downtown de l’an dernier au cours duquel une supporter de Snowbowl ivre avait attaqué deux enfants Autochtones. M. Kennedy a déclaré « çà fait mauvais effet que la police vienne nous contrôler alors que lors de l’édition de l’an dernier le seul incident qui s’est produit fut qu’une dame pro-Snowbowl est venue attaquer mes amis ».

Kevin Rued a répondu qu’il était au courant de l’incident : « Je crois que quelqu’un a été battu ». Lors du Dew Downtown de l’an dernier, une supporter de Snowbowl s’est précipitée au milieu d’un cercle de manifestants et avait agressé deux jeunes Diné, âgés alors de 11 et 13 ans, qui chantaient et jouaient du tambour. Après leur avoir donné des coups de poing, elle leur a arraché les tambours et a essayé de les casser.

La police avait d’abord refusé de poursuivre l’auteure de l’agression.

Cependant, des personnes présentes ont insisté pour qu’elle soit mise en accusation et finalement le bureau du procureur a accepté de la poursuivre. Après un an de procédure, elle a accepté un accord impliquant une période de probation, des milliers de dollars d’amendes et dommages et intérêts, et de suivre un cours sur comment maîtriser la colère. Environs 150 personnes ont signé sur Facebook pour soutenir l’organisation d’un boycott de Dew Downtown, qualifié d’ « utilisation irresponsable de l’eau potable précieuse de Flagstaff ».

Les organisateurs du boycott citent entre autres raisons :

. Plus d’un million de litres d’eau potable pour faire de la neige est irresponsable vis-à-vis de l’environnement

. Il fait trop chaud pour la saison et Flagstaff s’attend à une sécheresse

. Arizona Snowbowl, un des principaux sponsors, menace la santé publique et l’environnement et commet une violation des droits humains des Peuples Autochtones en profanant les Pics San Francisco avec de l’eau d’égouts recyclée pour faire de la neige

. Au cours de l’édition 2013 de Dew Downtown, deux enfants Autochtones ont été attaqués par une supporter de Snowbowl raciste et en état d’ébriété. La Ville de Flagstaff a ignoré ce délit de haine.

Les organisateurs du boycott indiquent que « Flagstaff a beaucoup plus à offrir que des loisirs irresponsables pour l’environnement et manquant de respect [vis-à-vis des Autochtones]

 

Utiliser n’importe quelle eau pour faire de la neige a été un sujet de controverses depuis des années. Plus de 50 arrestations ont eu lieu depuis qu’Arizona Snowbowl a commencé à développer la fabrication de neige à partir d’eaux usées contaminées sur les Pics San Francisco. Toutes les manifestations étaient pacifiques et avaient pour but de stopper la destruction de l’environnement et la profanation de la montagne sacrée pour 13 Nations Autochtones.

Le 7 août 2013, la police de Flagstaff a attaqué avec beaucoup d’agressivité une marche pacifique au centre ville. Six personnes ont été arrêtées, certaines malmenées par les agents des forces de l’ordre sans aucune provocation. Les charges ont été abandonnées contre cinq des personnes arrêtées, une seule a dû signer un accord.

 

Pour plus d’informations voir : www.protectthepeaks.org

 

Voir photos de la manifestation de samedi 8 février 2014 sur Censored News

 

Photo by Protect Peaks

Par Brenda Norrell, Censored News
See original article in English
Lundi 13 janvier 2014

Traduction Christine Prat

FLAGSTAFF, Arizona – Le Centre pour la Diversité Biologique a déposé une requête suivant la Loi pour la Liberté d’Information afin de déterminer quels dégâts sont causés par la neige faite d’eau d’égouts sur les Pics San Francisco sacrés. La requête d’Information pour « chaque document » sur la corrosion et les dégâts causés par la neige d’égouts vient après que la station Arizona Snowbowl ait décidé que la neige d’égouts pour les touristes était plus importante que de respecter les Nations Indiennes de la zone et leurs cérémonies de guérison sur les Pics San Francisco.

Les victoires d’Arizona Snowbowl en justice ont abouti à des résultats désastreux.

« La décision de Snowbowl a détruit une relation construite en plus de 25 ans entre le Service des Forêts et les tribus travaillant ensemble comme collègues partageant la responsabilité de l’entretient. Çà a miné la crédibilité du Service des Forêts auprès des Indiens et a créé une cassure qu’il sera très difficile de réparer », peut-on lire dans le rapport des Spécialistes des Ressources Patrimoniales.

Klee Benally et Indigenous Action Media de Flagstaff demandent aux Autochtones d’assister à l’opération portes ouvertes et à la discussion du mardi 14 janvier 2014, à l’Aquaplex de Flagstaff et de s’y exprimer. […]

Klee Benally souligne qu’il n’y a pas de réunions prévues dans les territoires des Nations Indiennes. A part cela, le Service des Forêts des Etats-Unis n’a pas pris en considération une quelconque alternative pour révoquer le Permis d’Utilisation Spéciale de Snowbowl. Le Service des Forêts propose des MOA (mémorandums d’accords) pour tenter de régler le problème des « relations avec les Tribus sévèrement mises à mal », mais n’indique aucune méthode qui assurerait que les mémorandums se préoccupent utilement de la question de Snowbowl.

[…]

 

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Extraits du Rapport des Spécialistes des Ressources Patrimoniales

Pages 11-12

Relations avec les Tribus

Au cours d’une période d’environs 25 ans, la Forêt a constamment construit une relation sensée, respectueuse et productive avec les tribus qui conservent des traditions culturelles associées avec le territoire qui aujourd’hui fait partie de la Forêt Nationale de Coconino. Cette relation de confiance a été sévèrement endommagée par la décision de la Forêt d’autoriser la fabrication de neige avec de l’eau d’égouts recyclée dans le cadre de l’expansion de la station de ski Snowbowl. Les tribus ont fait savoir à la Forêt qu’il n’était pas possible d’atténuer les effets adverses qu’un tel développement aura sur leur bien-être culturel et spirituel. (souligné par l’auteur de l’article)

Résumé des Alternatives

Pour la plupart des zones identifiées comme étant des questions ou des projets Patrimoniaux dans le Plan d’origine pour la Forêt, le Plan Actuel, l’Alternative A, ont soit été réalisés, soit sont devenus la pratique standard au fil des années ou ne constituent plus des problèmes. Il y a, cependant, plusieurs points de ce Plan qui doivent toujours être traités dans la révision du Plan :

1. Bien que se conformant à la lettre de la loi, la réaction des tribus au Développement de Snowbowl indique que la politique actuelle est inadéquate pour protéger les sites sacrés Amérindiens et révèle un manque de sensibilité ou de compréhension quant à l’importance de tels sites pour maintenir l’identité et la viabilité culturelles ;

2. Le niveau actuel d’amélioration et d’interprétation de la notion de site patrimonial est inadéquat pour faire face à des exigences de projets futurs.

3. Les exigences de demandes futures en projet pour le développement et la transmission d’énergie pourraient entrer en conflit avec des ressources culturelles et autres et leurs usages. (QUE VEULENT-ILS DIRE PAR LA ?)

4. La Forêt n’a pas préparé la désignation de la Route Militaire General George Crook au Système de Pistes Historiques. Seulement quelque interprétation, le développement de loisirs en relation et une coordination avec les autres Forêts sur lesquelles passe la route (Prescott et Apache Sitgreaves) ont été faits.

5. Il n’y a pas de prescriptions pour la gestion, de priorités ou d’efforts pour procéder à des études des zones où il n’y a pas de projet. La priorité devrait être accordée aux Zones Sauvages ou Spéciales où on peut prédire de fortes densités de sites.

6. Quand des sites ont été désignés comme Zones Spéciales, des études sur les ressources naturelles et culturelles devraient être effectuées pour recenser les valeurs spéciales de la zone. Des plans de gestion devraient alors être établis pour conserver, protéger, mettre en valeur et interpréter ces valeurs pour l’information et l’éducation du public.

Page 13

Il faudrait prioritairement développer des Mémorandums d’Accord spécifiques aux tribus et faire des efforts pour reconstruire les relations ébranlées par la décision de développer Arizona Snowbowl. Des projets pourraient être proposés pour résoudre spécifiquement les problèmes relevant du patrimoine quand c’est nécessaire.

L’Alternative préférable :

Alternative B

L’Alternative B étendrait la Zone Naturelle de Recherche des San Francisco Peaks et la Zone Sauvage du Cratère Strawberry, créerait deux nouvelles Zones Sauvages, une nouvelle Zone Naturelle de Recherche et la Zone Spéciale Géologique des Fumerolles de Cottonwood. La plupart présentent une très forte densité de sites archéologiques et les San Francisco Peaks et la Zone Sauvage du Cratère Strawberry ont une grande importance culturelle.

Page 18 :

Les Relations Tribales

Au cours de nombreuses années de coopération avec les tribus Indiennes qui ont des valeurs ancestrales, traditionnelles, religieuses et culturelles attachées au territoire qui se trouve maintenant à l’intérieur des limites de la Forêt Nationale de Coconino, l’équipe chargée du Programme du Patrimoine a pris conscience de l’existence de nombreuses propriétés culturelles traditionnelles dans la Forêt. Parmi elles, les San Francisco Peaks sont prééminents, étant donné qu’ils ont une signification et une importance profondes pour au moins 13 groupes tribaux, et à des degrés divers pour presque toutes les autres tribus de l’ouest des Etats-Unis. Depuis 1939, il y a une piste de ski sur les San Francisco Peaks, ce qui constitue un affront pour de nombreux Indiens. A la fin des années 1970 et à nouveau dans les années 2000, le Service des Forêts a approuvé des extensions de Snowbowl, en dépit des objections des tribus quant aux effets que ces développements auraient sur les valeurs religieuses et culturelles de leurs peuples. Au cours des deux périodes, ces projets ont été attaqués en justice, l’affaire allant jusqu’à la Cour Suprême, et par deux fois la Cour Suprême a refusé de la prendre en considération. La plainte la plus récente concernait l’intention de Snowbowl de faire de la neige artificielle en utilisant de l’eau d’égouts recyclée. La source de vie la plus précieuse dans le désert du sud-ouest est l’eau. Au cœur de pratiquement toute culture, religion et système de valeur des tribus du sud-ouest, il y a l’eau, et la plupart des tribus voient les San Francisco Peaks comme, de loin, la principale source d’eau, et donc de toute vie. Pour eux, la fabrication de neige est une intrusion dans l’ordre naturel et une invasion de royaumes dont seules des puissances supérieures sont responsables. La décision de Snowbowl est vue par les tribus comme un effort de plus du gouvernement pour continuer à éroder leur culture, et sans leur culture, ils ne peuvent plus continuer à exister comme peuple.

La décision de Snowbowl a détruit une relation construite sur plus de 25 ans entre la Forêt et les tribus travaillant ensemble comme des collègues partageant la responsabilité de son entretien. Çà a miné la crédibilité du Service des Forêts auprès des Indiens et a créé une cassure qu’il sera difficile de réparer.

 

Christine Prat, 26 juin 2013

Plus d’un siècle après la fin de la conquête de l’Amérique, et plus particulièrement la « conquête de l’Ouest » par les Etats-Unis, les Autochtones doivent toujours se battre contre des tentatives d’appropriation des lambeaux de territoire qu’ils ont pu récupérer et contre la profanation de leurs sites sacrés. Dans ce que l’industrie cinématographique appelle « le Far West », c’est-à-dire essentiellement l’Arizona et le Nouveau-Mexique, les Autochtones luttent encore désespérément pour leurs sites sacrés, l’environnement et leurs maigres ressources en eau. La liste ci-dessous n’est malheureusement pas exhaustive.

 

 000-35769

Les Pics San Francisco

Les Pics San Francisco, dans le nord de l’Arizona, sont sacrés pour au moins 13 tribus. Pour les Navajos, ils sont la limite ouest de leur Territoire Mythique, le Territoire de l’Emergence (‘La Création’), la limite Nord étant le Mont Hesperus, la limite Est le Pic Blanca – tous les deux dans l’actuel Colorado – et la limite Sud le Mont Taylor, au Nouveau-Mexique (voir plus bas). Pour les Hopi, c’est l’endroit où résident les Kachinas, quand ils ne descendent pas parmi les humains. Pour les Apaches de la région, c’est la porte de l’Au-delà. Dès les années 1930, des Blancs ont commencé à faire du ski sur les Pics. Les Autochtones ont commencé à s’insurger en 1969, lorsqu’une firme privée a voulu construire une véritable station de ski avec remonte-pente, resto, parking, etc. Après 10 ans de protestations et batailles juridiques, le Service des Forêts a accordé l’autorisation et les travaux ont été effectués au début des années 80. En 1997, les propriétaires de la station ont proposé de l’étendre, et, afin de la rentabiliser et donc de pallier au manque de neige dans cette région désertique, ils ont proposé de faire de la neige artificielle à partir d’eaux usées. Pour les Indigènes, c’est une profanation. De plus, les pentes des Pics abritent une flore alpine rare, menacée de disparition. Les Hommes-Médecine y cueillent des plantes médicinales. Il semble que la neige artificielle contienne des composants dangereux pour la santé. L’affaire a été portée jusqu’à la Cour Suprême, cependant les tribunaux ont rejeté toutes les plaintes, et le 24 décembre 2012, la station de ski Snowbowl a commencé à arroser les pentes de neige artificielle – qui s’est révélée être jaune. Les défenseurs des Pics sont harcelés, arrêtés, condamnés, intimidés.

(voir bref résumé de l’histoire de la station de ski http://www.chrisp.lautre.net/wpblog/?page_id=300 et nombreux articles sur la lutte http://www.chrisp.lautre.net/wpblog/?cat=9 )

 

La Confluence

La Confluence du Colorado et du Petit Colorado, située dans une région désertique, et encore sauvage, de l’est de la Réserve Navajo, est sacrée pour les Navajo et les Hopi, et d’autres tribus. Et pour les Hopi, la voie qui y mène passe par la ‘Piste de Sel’, où on trouve de nombreux pétroglyphes et autres signes anciens et sacrés.

Un promoteur de Phoenix, apparemment avec l’accord du Président Navajo Ben Shelly, veut y développer une station qui devrait accueillir jusqu’à 3 millions de touristes par an. Le projet prévoit une promenade au fond du canyon, un hôtel, des restos, des parkings, un terrain pour camping-cars, un tramway, une télécabine, etc. (voir http://www.chrisp.lautre.net/wpblog/?p=1176 )

 

Red Butte Et Les Mines D’uranium ‘Arizona 1’ Et ‘Canyon Mine’

Red Butte, située près du Grand Canyon du Colorado, dans le nord-ouest de l’Arizona, est un site sacré pour plusieurs tribus, en particulier les Havasupai.

Deux mines d’uranium menacent le site et les sources d’eau vitales pour les Autochtones. L’une – Arizona 1 – est située au nord du Grand Canyon, l’autre – Canyon Mine – est située au sud et à environs 6 km à vol d’oiseau de Red Butte.

Les deux mines ont des histoires très similaires. Dans les années 80, la firme Energy Fuels Nuclear, Inc. a déposé une demande d’exploration des concessions minières qu’elle avait acquises, puis obtenu l’autorisation du Bureau de Gestion du Territoire (BLM) d’exploiter Arizona 1, après une « étude détaillée » supposée indiquer que l’exploitation de cette mine n’aurait pas d’effets significatifs sur la qualité de l’environnement et que le plan d’opérations était conforme aux règlements de l’époque. L’exploitation a cessé dès 1992, suite à la chute du prix de l’uranium. Arizona 1 a été vendue, revendue et appartient maintenant à Denison Mines (compagnie Canadienne), qui a décidé en 2007 de reprendre l’exploitation, le tout sur la base du vieux rapport environnemental de 1988 qui n’a jamais été mis à jour. Les opposants ont déposé une première plainte en 2009. Après des années de batailles juridiques et l’espoir suscité par le moratoire prononcé par le gouvernement Obama contre l’exploitation de mines dans le Parc National du Grand Canyon début 2012, la Cour d’Appel du 9ème Circuit a décidé le 4 février 2013 d’autoriser l’exploitation. Le 7 mars, à peu près les mêmes opposants ont déposé une nouvelle plainte, contre la décision du Service des Forêts d’autoriser Energy Fuels Resources, Inc. à commencer l’exploitation de Canyon Mine, sans entreprendre ni mener à terme des consultations formelles avec les tribus ni mettre à jour une étude environnementale fédérale dépassée, datant de 1986.

La mine est située dans les limites de la Propriété Culturelle Traditionnelle de Red Butte, définie en 2010 par le Service des Forêts en raison de son importance religieuse et culturelle cruciale pour plusieurs tribus, en particulier les Havasupai.

(Voir  http://www.chrisp.lautre.net/wpblog/?p=1596 et http://www.chrisp.lautre.net/wpblog/?p=1614 )

 

Le Mont Taylor

Le Mont Taylor, situé près de Grants, au Nouveau-Mexique, est considéré comme sacré par de nombreuses Nations Autochtones du Sud-ouest, dont les Diné [Navajo], Hopi, Acoma, Laguna et Zuni. Pour les Navajo, c’est la limite Sud de leur Territoire Mythique (voir plus haut).

La firme Roca Honda Resources – un partenariat entre Strathmore Minerals (Canada) et Sumitomo (Japon) – veut y ouvrir une des plus grandes mines d’uranium des Etats-Unis pour les 30 années à venir.

Le Service des Forêts Nationales de Cibola (CNFS – branche locale du Service des Forêts US) a publié un Projet de Déclaration d’Impact sur l’Environnement pour ce projet de mine sur le Mont Taylor qui enfreint le Plan de Gestion des Forêts existant.

Au lieu de s’en tenir à ses normes actuelles concernant le patrimoine historique et culturel, le CNFS a l’intention d’en ‘dévier’ pour autoriser la profanation du Mont Taylor par un « Amendement, Spécifique au Projet, du Plan de Gestion des Forêts ».

(Voir article de Klee Benally : http://www.chrisp.lautre.net/wpblog/?p=1692 )

 

Oak Flat Et La Firme ‘Resolution Copper’

Oak Flat Campground, à une centaine de kilomètres à l’est de Phoenix, Arizona, est une zone sauvage protégée. Quatre espèces d’oiseaux sont sur une liste d’espèces en déclin. Les Autochtones utilisent le site pour des activités culturelles et spirituelles, mais aussi pour leur subsistance. Le site inclut aussi Apache Leap, une falaise dont plus de 80 guerriers Apaches ont sauté, à la fin du 19e siècle, préférant se tuer plutôt que de se rendre à la Cavalerie.

Les compagnies Rio Tinto et BHP-Billiton ont créé une branche appelée Resolution Copper Company dans le but d’y exploiter une mine de cuivre qui devrait être la plus grande d’Amérique du Nord. Le site se trouvant sur des terres publiques actuellement protégées, la firme Rio Tinto s’occupe de réaliser un ‘échange de terres’ et une privatisation du site. Toutes les tribus Indiennes d’Arizona sont opposées au projet.

Voir http://www.chrisp.lautre.net/wpblog/?p=1586 )

 

La ‘Montagne Du Sud’ Et Le Peripherique 202

La Montagne du Sud, très proche de Phoenix, Arizona, est sacrée pour les Autochtones de la région, entre autres les Tohono O’odham, les Akimel O’odham, et la Communauté Indienne de Gila River (GRIC). La firme Pangea et le Service des Transports d’Arizona se proposent de construire une nouvelle ville, et une autoroute – en fait un prolongement du périphérique sud de Phoenix, le 202 – qui mordrait sur la petite réserve GRIC. Ce projet monumental s’inscrit dans le cadre d’ALEC (voir Lettre de Nitassinan 54-55). Le Conseil Tribal et l’Association des Propriétaires Terriens se sont laissés convaincre que le projet pouvait leur être favorable, mais les jeunes de la réserve, les non-propriétaires et tous les Autochtones d’Arizona s’opposent au projet, qui causera certainement beaucoup de pollution et de dommages à la montagne sacrée. (Voir http://www.chrisp.lautre.net/wpblog/?p=1094 et http://www.chrisp.lautre.net/wpblog/?p=1838)

 

Le Mont Graham

Le Mont Graham est considéré comme sacré par les Apaches. Sur ce site classé Forêt Nationale résident diverses plantes, animaux et insectes qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Les Apaches utilisent le site depuis des centaines d’années pour des cérémonies et des enterrements et comme source de plantes médicinales.

Depuis 1992, l’Université d’Arizona de Phoenix est à la tête d’un projet international de construction d’un observatoire sur le Mont Graham. Le projet est lié au Ministère de la Défense US dans le cadre de ‘Star Wars’. Parmi les partenaires on trouve le Max Planck Institut en Allemagne, le Vatican et l’Observatoire Astrophysique Arcetri en Italie. Sept autres partenaires, dont l’Université de Harvard et le Smithsonian Institute, se sont retirés.

Dans la coalition luttant contre le projet, il y a le Conseil Tribal de San Carlos (Apaches), les Amis du Mont Graham, l’Apache Survival Coalition, les Américains Autochtones et leurs supporters.

Dès 1988, le Congrès Américain a exempté l’Université d’Arizona de la Loi Nationale sur l’Environnement, sans audience ni débat publiques.

(Source : http://www.ringnebula.com/project-censored/1993/1993-story25.htm d’après des articles de Cultural Survival. Voir aussi la traduction d’un article de Sandra Rambler, Apache San Carlos)

 

2012-12-24-SnowYellow1

SAN FRANCISCO PEAKS : LE SERVICE DE LA QUALITÉ DE L’ENVIRONNEMENT D’ARIZONA REJETTE LA PLAINTE DES DEFENSEURS DES PICS

Par Christine Prat

13 février 2013 – Le 26 décembre 2012, deux membres de True Snow, défenseurs des Pics, et résidents de Flagstaff, Rudy Preston et Kathleen Nelson, ont adressé une plainte au Service de la Qualité de l’Environnement d’Arizona (ADEQ – Arizona Department of Environnemental Quality) et à la Ville de Flagstaff, après avoir constaté des irrégularités à la station de ski Arizona Snowbowl (voir l’article du 27 janvier « Bras de Fer avec le Service de la Qualité de l’Environnement » et celui du 26 décembre de True Snow, sur la plainte). Ils avaient constaté, entre autres,  que la station n’avait pas placé les avertissements exigés par la loi aux endroits les plus fréquentés par le public, que les skieurs traînaient de la neige artificielle sur leurs chaussures et leurs vêtements jusque dans le restaurant, utilisaient les robinets d’eau potable avec de la neige artificielle sur leurs gants, etc. De plus, en lisant le contrat de Snowbowl avec la Ville et les règles de l’ADEQ, ils avaient conclu que skier sur de l’eau d’égout traitée était illégal, vu que ces règles interdisent explicitement son utilisation pour la natation, le surf ou le ski nautique ou toute autre activité impliquant l’immersion et le risque d’ingestion. Le Service de la Qualité de l’Environnement (ADEQ) devait produire un rapport dans les 30 jours.

Le rapport, daté du 24 janvier 2013, a été adressé à M. Kevin Burke, pour la ville de Flagstaff, avec une lettre datée du 28 janvier, ainsi qu’à M. Eric Borowski, propriétaire de la station de ski Arizona Snowbowl, avec une lettre recommandée, également datée du 28 janvier.

L’ADEQ dit avoir effectué une inspection de la station le 27 décembre 2012 et avoir noté des « déficiences ». Cependant, l’ADEQ dit ne pas considérer le ski comme étant une activité impliquant l’immersion et l’ingestion potentielle, contrairement à la natation, le surf ou le ski nautique, et que la fabrication de neige artificielle et son utilisation pour skier étaient en fait ‘anticipées’ par l’ADEQ et sont donc tout à fait acceptables.

Quant aux « déficiences » constatées à Snowbowl, l’ADEQ dit avoir envoyé une ‘injonction informelle’ – bien que recommandée – à la station.

Evidemment, les responsables de Snowbowl se sont empressés de mettre des panneaux aux endroits spécifiquement indiqués dans la plainte de Rudy Preston et Kathleen Nelson, et ont affirmé qu’ils en avaient commandés d’autres. On ne sait toujours pas ce qu’ils comptent faire pour empêcher les skieurs de traîner de la neige jusqu’au restaurant avec leurs chaussures.

Pour ce qui est des traces de produits chimiques trouvés dans l’eau d’égout traitée, l’ADEQ se contente de dire que cette eau a été testée depuis plus de dix ans et qu’elle est utilisée pour l’irrigation dans des centaines de résidences et des dizaines de terrains de golf, cours d’écoles et parcs, sans qu’aucune maladie liée à cette utilisation ait jamais été signalée. Comme les défenseurs des Pics l’ont déjà fait remarquer, en générale les gens ne broutent pas les pelouses ou les terrains de golf, mais ils peuvent tomber dans la neige – rien de plus casse-gueule que le ski – et en avaler par accident. L’ADEQ admet qu’il y a une évolution constante dans l’étude des risques pour la santé, et que certaines inquiétudes ont été formulées à propos de la présence de produits chimiques dans l’eau traitée. C’est pourquoi ils ont formé une Commission Consultative sur les Nouveaux Contaminants (Advisory Panel on Emerging Contaminants) afin de réfléchir à la question. La municipalité de Flagstaff y participe. Donc, on verra, un jour, quand la Commission aura fini de se réunir, de réfléchir, de consulter des experts et contre-experts, de produire des rapports, etc.

Le rapport ne répond absolument pas aux arguments suivants :

– L’effet cumulatif des polluants : le fait qu’aucune maladie n’ait été signalée dans les dix ans passés ne veut pas dire qu’il n’y en aura pas demain, certains produits ayant un effet cumulatif à long terme.

– Des analyses ponctuelles de l’eau d’égouts traitée ne prouvent pas grand-chose : le taux de produits chimiques peut varier d’un jour à l’autre, selon ce que les gens ont consommé, ce qu’ils ont utilisé comme détergents, etc.

– Les infiltrations possibles dans le sol, les sources d’eau, les nappes souterraines (c’est la principale objection des Autochtones).

 

Il s’agit encore et toujours de mauvaise foi évidente et de parti pris pour les entreprises privées qui font valoir les gains possibles au-dessus de toute autre considération. Et pour justifier, là-bas comme ici, ils agitent la formule magique, purement incantatoire : « Créer des emplois ! Créer des emplois ! »

 

Sources: Rapport de l’ADEQ du 24 janvier 2013, lettre de l’ADEQ à M. Kevin Burke, pour la municipalité de Flagstaff du 28 janvier 2013, lettre de l’ADEQ à M. E. Borowski du 28 janvier 2013 (le tout téléchargé le 7 février en PDF, qui n’est apparemment plus disponible maintenant)

 

DEUX JEUNES AUTOCHTONES ATTAQUES PAR UNE ADEPTE DE LA STATION DE SKI SNOWBOWL

 

Publié par Protect the Peaks et Indigenous Action Media
Publié aussi sur Censored News

CONTACT:
protectpeaks@gmail.com
http://www.protectthepeaks.org

To see the article in English click on one of the above mentioned sites

Traduction Christine Prat

Samedi 9 février 2013

 

Jeunes Autochtones jouant du tam-tam attaqués par une adepte de la station Snowbowl à Flagstaff lors d’une fête organisée par la station de ski

 

FLAGSTAFF, Arizona – Dans le cadre d’une semaine d’actions [voir l’article sur l’appel à la semaine d’actions] pour protéger les Pics, 50 personnes s’étaient rassemblées dans le centre le Flagstaff pour une action-éclair sous forme de ronde, selon l’habitude d’Idle No More.

L’action de protestation, qui coïncidait avec Dew Downtown, une manifestation sponsorisée par la Ville de Flagstaff en partenariat avec Arizona Snowbowl, était organisée contre l’expansion des pistes de ski de Snowbowl et la fabrication de neige avec de l’eau d’égout traitée.

Apparemment pour éviter un conflit entre les participants de Dew Downtown et la Ronde, des organisateurs de l’action de protestation furent invités à parler sur la scène de la Place de l’Heritage et à chanter une chanson. Rudy Preston, qui défend les Pics depuis longtemps, s’est vu passer un micro à 17h pour parler des dangers de la fabrication de neige avec de l’eau des toilettes recyclée. Il s’est adressé pendant environs 5 minutes à un public mêlé de participants à Dew Downtown et de danseurs d’Idle No More. Il a invité la foule à rejoindre la ronde et proposé de la littérature aux gens qui voulaient plus d’informations. C’est à ce moment que les tam-tams pour la Ronde ont commencé à résonner et une majorité des gens dans la foule s’y sont joints.

« C’est une question qui divise beaucoup notre communauté et c’est avec gratitude que j’ai accepté cette occasion de parler à une foule de gens qui ne sont probablement pas d’accord avec mon point de vue et j’espère que certains d’entre eux se demanderont si faire du ski sur de l’eau des toilettes recyclée est bien une sage décision. Même si çà devait rapporter quelques dollars à une ville déjà à court d’argent, çà ne vaut pas la peine de courir des risques pour la santé et le bien-être de quiconque. » dit Rudy Preston responsable du site TrueSnow.org.

A la fin de la ronde, une marche impromptue a quitté la place et s’est dirigée vers la principale piste de ski installée pour Dew Downtown. La police de Flagstaff a empêché le cortège de pénétrer sur le site, déclarant que les organisateurs de Dew Downtown avaient un permis et que les manifestants n’étaient pas autorisés à emprunter le trottoir. Le cortège s’est alors arrêté à l’entrée de Dew Downtown et les manifestants ont commencé à scander des slogans et chanter des chansons.

Danny Blackgoat, un Diné (Navajo) de Black Mesa s’est exclamé « Voilà comment est faite la vraie neige ! » en montrant d’un geste vers le ciel la neige qui tombait.

Le groupe scandait « Protégez les Sites Sacrés, Défendez les Droits de l’Homme ! », « Pas de Profanation pour votre Récréation, Protégez les Pics ! » et « Pas de neige de caca ! », quand une adepte de Snowbowl isolée a commencé à hurler des remarques racistes, des grossièretés, y compris le mot « crevez » à l’adresse des manifestants.

Le groupe formait un cercle et terminait la manifestation en chantant l’hymne de l’American Indian Movement quand l’adepte de Snowbowl, apparemment en état d’ébriété, a forcé le cercle des manifestants en agitant les bras, a déchiré une grande banderole, l’a arrachée des mains de ceux qui la tenaient et l’a jetée par terre. Puis elle a continué à forcer le cercle et a agressé deux jeunes Diné qui chantaient et jouaient du tam-tam. Après leur avoir donné des coups de poing, elle a saisi les tam-tams et essayé de les casser.

« J’ai la sensation que si les rôles étaient inversés, çà se serait terminé autrement », dit Leslyn Begay, Navajo et mère des deux jeunes de 11 et 13 ans qui ont été agressés. « Si j’attaquais un enfant caucasien, j’irais directement en prison. Cette femme blanche nous attaque, arrache leurs tambours, et pourrait bien s’en tirer comme çà. C’est du racisme. Les flics ont rejeté ma demande de l’arrêter pour agression. Ils lui ont juste donné une contravention pour inconduite mais ils ont refusé de l’accuser d’agression ou de l’arrêter pour ce qu’elle a fait à mes enfants. »

En réaction à l’agression, l’officier de police Jim Radloff a dit « vous pouvez choquer certaines personnes avec vos slogans… c’était sa (celle de l’agresseur) liberté d’expression. »

Quelques manifestants ont réagi rapidement et ont séparé d’agresseur des deux garçons, puis elle a essayé de quitter les lieus. Quelques personnes l’ont suivie tandis que quelqu’un appelait la police.

La police a établi que la femme avait bu et l’ont sanctionnée pour inconduite et l’ont laissée partir. Beaucoup de témoins de la scène étaient très choqués qu’elle soit autorisée à partir comme çà, et bien qu’elle ait été vue en train de frapper et de brandir le poing devant quiconque se trouvait en travers de son chemin, la police n’a pas jugé qu’il y avait des éléments suffisants pour l’accuser d’agression.

L’officier de police Radloff, de la police municipale de Flagstaff, a défendu sa décision, lorsqu’on lui a demandé pourquoi il ne l’avait pas arrêtée, en déclarant « de toutes façons çà revient au même, elle sera convoquée au tribunal. »

Lorsqu’on a insisté sur le fait que beaucoup de gens avaient vu l’agresseur attaquer plusieurs personnes, il a déclaré qu’il mettrait tout cela dans son rapport et laisserait le procureur décider s’il y avait suffisamment de preuves pour l’accuser d’agression.

Le policier Radloff ne semblait pas croire un jeune garçon qui disait que la femme l’avait frappé. En fait, s’il n’avait pas été entouré par au moins une demi douzaine de témoins qui insistaient pour que la femme soit poursuivie pour agression, il n’est pas évident que l’agresseur aurait même été sanctionnée pour inconduite. Cependant l’officier de police Radloff a finalement déclaré que « c’était clairement de l’inconduite. »

De nombreux témoins de l’agression étaient visiblement secoués de voir la femme autorisée à partir avec une simple contravention.

 

Photo en haut de l’article: Protect the Peaks. Photo du bas: Dawn Dyer, publiée par Censored News

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Le 10 février, Protect The Peaks a rajouté un commentaire :

Une note importante est que la police s’apprêtait à escorter l’adepte de Snowbowl hors des lieus sans plus réagir à l’incident (pas de contravention ni d’arrestation). Quelqu’un qui s’est improvisé ‘copwatch’ a demandé aux flics ce qui se serait passé si un manifestant avait été accusé d’avoir frappé un gosse participant à la fête officielle, Dew Downtown… le flic a dit qu’il aurait été arrêté immédiatement.

Au début de la vidéo, Kat, un des deux gamins agressés

 

PROTESTEZ CONTRE LA DESTRUCTION DES PICS! ARRETEZ SNOWBOWL ! NE LAISSEZ PLUS FAIRE [IDLE NO MORE] !

Actions du 1er au 9 février 2013
A Flagstaff, Arizona

Publié par Censored News
See original article in English
Traduction Christine Prat

 

Les propriétaires multimillionnaires d’Arizona Snowbowl s’apprêtent à célébrer « 75 ans » de destruction écologique et de génocide culturel. Nous avons l’intention d’y être pour honorer 500 ans de résistance !

Nous n’avons JAMAIS laissé faire […been idle].

En 1983, après des décennies de résistance persistante de la communauté, Snowbowl a été autorisé par une décision du tribunal de développer une station de ski sur un peu plus de 3 km2 des pentes des Pics. Snowbowl prétend avoir 75 ans, mais en fait ils n’exploitent une station de ski que depuis le milieu des années 80. Leur célébration est prématurée, et sert à promouvoir un bluff faisant croire que leur existence est contemporaine aux premiers temps de la fondation de Flagstaff.

Depuis deux ans, les excavatrices de Snowbowl découpent notre Mère, pour étendre les pistes de ski et placer l’infrastructure pour les eaux d’égout recyclées. Depuis, nous ne pouvons ignorer le bruit assourdissant de milliers d’arbres anciens s’écrasant dans la terre déchirée.

Alors, nous avons marché à l’aube et nous sommes enchaînés pour bloquer leurs machines violentes. Nous avons défilé pacifiquement avec des centaines d’amis et de voisins lorsque la police de Flagstaff nous a attaqués sans aucune provocation de notre part (depuis les poursuites ont été abandonnées). Nous avons bloqué la route de Snowbowl et avons subi de nouveau la violence d’état, blessés par leurs marteaux piqueurs et leurs scies à métaux. Près de 50 arrestations ont marqué notre profond engagement à mettre fin à la violence coloniale de l’état et la folie des entreprises rapaces. Nous avons été contraints de le faire pour la protection de cette montagne sacrée, la protection de cette zone alpine sauvage et rare, pour la protection de la santé publique, la protection des animaux dont les Pics sont l’habitat, la protection de la packera franciscana des Pics menacée et la protection de tous ceux qui connaissent leurs liens sacrés avec ces montagnes.

Snowbowl est maintenant la première station de ski au monde à faire de la neige artificielle avec 100% d’eau d’égout traitée. Nous avons perdu temporairement cette bataille face aux attaques du Service des Forêts des Etats-Unis et du soi-disant « système de justice » des Etats-Unis, mais nous pouvons encore arrêter la fabrication de neige et nous le ferons.

Nous invitons tous ceux qui ressentent dans leurs cœurs l’appel à résister, s’opposer et affronter Snowbowl à nous rejoindre dans l’esprit d’Idle No More [Ne nous laissons plus faire]. « Idle No More appelle tous les gens à se rejoindre dans une révolution qui honore et réalise la souveraineté Autochtone qui protège la terre et l’eau ». – www.idlenomore.ca

Nous respectons la diversité des tactiques et encourageons l’organisation fondée sur l’affinité. Nous appelons aussi à d’autres actions aux dates suggérées et en tous autres lieus.

Notre action est notre prière.

 

Voir tous les articles précédents sur la lutte pour les San Francisco Peaks
Voir résumé de l’histoire de la station de ski et de la lutte pour les Pics

 

SAN FRANCISCO PEAKS: LA TRIBU HOPI PARVIENT A UN ACCORD AVEC LES AUTORITES DES ETATS-UNIS

Article publié par le site True Snow,
le 28 décembre 2012
See original article in English

Traduction Christine Prat

 

KYKOTSMOVI, Arizona – La Tribu Hopi et les Etats-Unis sont parvenus à un accord intérimaire suite à la plainte de la Tribu affirmant que le Service des Forêts des Etats-Unis enfreint la Loi sur les Espèces Menacées [Endangered Species Act ‘ESA’] en autorisant la fabrication de neige à partir d’eaux usées recyclées à la station de ski Arizona Snowbowl.

Les Etats-Unis se sont engagés à : (1) permettre une consultation directe, de gouvernement à gouvernement entre la Tribu Hopi et le Service des Poissons et de la Vie Sauvage des Etats-Unis étant donné que c’est le Service des Poissons et de la Vie Sauvage qui doit examiner la question, (2) effectuer une analyse de modélisation atmosphérique indépendante des opérations de fabrication de neige et (3) mettre en place un système de surveillance supplémentaire du milieu critique où pousse la packera franciscana des San Francisco Peaks, une plante menacée qui n’existe que sur les San Francisco Peaks et précisément aux environs de la zone d’utilisation spéciale d’Arizona Snowbowl.

 

La Tribu Hopi continue à s’opposer au projet de fabrication de neige à partir d’eaux usées recyclées et est en désaccord avec le point de vue du Service des Forêts selon lequel la fabrication de neige proposée est sûre pour l’environnement et la santé publique. « La Tribu Hopi attend avec intérêt de faire valoir directement auprès du Service des Poissons et de la Vie Sauvage son point de vue selon lequel le projet de fabrication de neige causera des dégâts irréversibles aux San Francisco Peaks », dit Robert Lyttle, Conseiller Juridique Général de la Tribu Hopi.

La question de la sécurité et de la protection de la packera franciscana des San Francisco Peaks menacée et de son milieu fragile est maintenant portée devant le Service des Poissons et de la Vie Sauvage des Etats-Unis pour examen et réflexion. Le Service des Poissons et de la Vie Sauvage, dont la mission est de préserver, protéger et renforcer les poissons, la vie sauvage, les plantes et leurs habitats, va maintenant examiner la plus récente Evaluation Biologique du Service des Forêts. Le Service des Poissons et de la Vie Sauvage peut aussi préparer son propre Avis Biologique.

L’accord auquel la Tribu Hopi et les Etats-Unis sont parvenus établit que l’analyse de modélisation atmosphérique supplémentaire, la surveillance et la consultation soient effectuées avant que le Service des Poissons et de la Vie Sauvage prononce sa décision. « Cet examen aurait dû avoir lieu depuis longtemps. Nous continuons à demander au Gouvernement Obama de revoir cette décision autorisant la fabrication de neige à Snowbowl à la lumière de la politique actuelle vis-à-vis des Sites Sacrés et en se fondant sur les nouvelles données concernant les risques pour l’environnement et la santé publique » dit Leroy Shingoitewa, président de la Tribu Hopi.

La préservation du fragile écosystème alpin des San Francisco Peaks demeure un but central pour la Tribu Hopi, de nombreuses autres Tribus Amérindiennes et beaucoup d’autres. Les Pics sont un lieu sacré pour beaucoup à cause de leur valeur environnementale, culturelle et religieuse.

 

Voir article de novembre 2012 sur la plainte déposée par la Tribu Hopi

 

ReclaimSignNAUBRAS DE FER AVEC LE SERVICE DE LA QUALITE DE L’ENVIRONNEMENT : DES CITOYENS DECOUVRENT DES INFRACTIONS DANS L’EAU RECYCLEE DE SNOWBOWL

Par Under The Concrete
See original article in English
27 janvier 2013

Traduction Christine Prat

 

Le 26 décembre 2012, deux jours après que la station de ski Arizona Snowbowl ait commencé à faire de la neige artificielle à partir d’eaux usées recyclées, des résidents inquiets, Rudy Preston et Kathleen Nelson, ont déposé une plainte, accompagnée de photographies, affirmant que Snowbowl a enfreint des lois de l’état et ne s’est pas conformé à de nombreuses conditions stipulées dans son contrat de vente d’eaux usées passé avec la ville de Flagstaff. La plainte a été déposée auprès de la ville et du Service de la Qualité de l’Environnement d’Arizona. Mardi 15 janvier, la Ville de Flagstaff a voté à l’unanimité l’ouverture d’une enquête approfondie sur la plainte. De même, le Service de la Qualité de l’Environnement d’Arizona a réagi à la plainte le 23 janvier.

Après plus de dix ans de poursuites judiciaires et de farouche résistance de la part de groupes écologistes, de citoyens inquiets et de Nations Autochtones, on aurait pu croire que le moment où les canons à neige tireraient leur premier coup serait un moment à fêter. Cependant, comme le suggère un titre récent du New York Times, « Les Pentes de Couleur Douteuse Gâchent le Lancement de la Fabrication de Neige », la neige artificielle était jaune.

Le même article dit aussi que « la couleur anormale de la neige a aggravé un conflit déjà épineux ». Tandis que le directeur général de Snowbowl, J.R. Murray, attribue la couleur à des résidus de rouille dans les tuyaux neufs qui transportent les eaux usées en haut de la montagne à partir de la station de traitement de Rio de Flag à Flagstaff, d’autres voient la manœuvre comme l’une des nombreuses manières par lesquelles la station continue de fuir ses responsabilités impliquant de respecter la loi et les conditions stipulées par son contrat avec la ville.

En bref, bien que la question de la neige jaune ait fait la une des médias locaux et nationaux, la plainte n’a rien à voir avec l’aspect de la neige. « Nous n’avons pas porté plainte parce que la neige est jaune » dit Rudy Preston, un de ceux qui ont porté plainte. « Nous l’avons fait parce que Snowbowl enfreint les termes de son contrat avec la ville ainsi que de nombreuses lois sur l’environnement. »

Finalement, Daniel Czecholinski, Inspecteur de la Qualité de l’Eau de l’ADEQ, a dit que son service « n’allait pas faire de déclaration sur des conclusions factuelles avant que le rapport d’inspection soit publié » et a ajouté « je ne vais certainement pas faire de déclaration sur la manière d’interpréter le règlement et ne pourrais le faire de toutes façons vu que je n’ai pas le règlement sous les yeux. »

Tandis que ni M. Czecholinski, ni le Directeur des Communications de l’ADEQ, Mark Shaffer, n’ont voulu, quand on leur a demandé, faire de commentaire sur les paramètres utilisés par le service pour son inspection – si des tests de qualité de l’eau seraient effectués ou si l’enquête de terrain serait le seul critère – le service a été mandaté pour publier son rapport d’inspection dans les 30 jours ouvrables. « Lorsqu’il sera finalisé » ajouta M. Czecholinski, « nous l’enverrons à tous les intéressés et à toutes les parties responsables. C’est aussi un dossier public, à ce stade. »

A la réunion du conseil municipal au cours de laquelle la plainte a été présentée, Kathleen Nelson a souligné le fait que, Snowbowl n’ayant pas de permis d’utilisation d’eaux usées délivré par l’ADEQ, l’utilisation de cette eau par la station dépend de la liste de la ville des utilisateurs nommés dans son permis. « C’est le travail de la ville de faire appliquer les termes de ce permis » dit elle. « La ville est susceptible de perdre son permis octroyé par l’ADEQ… Pour cette raison, il est important que la ville examine soigneusement ce problème… nous sommes les détenteurs du permis. »

Le contrat de vente d’eaux usées de la Ville de Flagstaff avec Snowbowl stipule : « L’utilisateur devra se conformer strictement aux exigences suivantes : Fournir et installer en quantité suffisante des panneaux indiquant ‘Neige faite à partir d’Eaux Usées Recyclées, ne pas manger de neige ni boire de la neige fondue’ ou autres avertissements similaires. De tels panneaux devront être placés de manière à être bien visibles à chaque site de réutilisation. »

La plainte affirme qu’ « aucun panneau affichant la formulation citée plus haut n’a été vu dans la station de ski. » Au lieu de cela, après des heures d’inspection du site, on a trouvé deux petits panneaux violets, à trois mètres du sol, indiquant « Afin de préserver les ressources naturelles, de l’eau recyclée est utilisée pour faire de la neige. Ne pas avaler. » A part la formulation, qui n’est pas similaire à celle mentionnée dans le contrat, les plaignants avancent l’argument selon lequel la formulation constitue une double manipulation. Premièrement, le mot « usées » est omis, ce qui minimise la menace et la légalité de l’ingestion de cette eau.

Deuxièmement, la formulation est exprimée sous la forme d’une certaine rhétorique écologique, un procédé qui n’est pas nouveau en Arizona. Cependant, considérant que des études récentes et toujours en cours ont révélé la présence de produits pharmaceutiques, d’hormones, de produits industriels et ménagers toxiques, de perturbateurs endocriniens et d’une bactérie résistant aux antibiotiques, il est clair que ceux qui ont formulé la plainte voient ceci comme une pollution travestie en préservation de la nature. Mais leurs préoccupations vont plus loin quant au discours plus général sur cette source d’eau dans l’ouest. « Les mots ‘eaux usées recyclées’ ou pire, ‘eau recyclée’ constituent un problème en soi étant donné que le terme légal pour cette eau est ‘eau d’égout traitée.’ En la rebaptisant, la Ville a réduit l’avertissement au point de lui faire perdre presque complètement son sens, » est il écrit dans le texte de la plainte.

En ce qui concerne le signalement adéquat, le contrat de la ville stipule aussi où les panneaux doivent être placés. « Ces panneaux seront placés à tous les points pouvant logiquement servir d’entrée au site de réutilisation, à l’entrée de tous les lacs et mares de chaque site de réutilisation, à toutes les sorties de pompes et à tous les robinets fournissant de l’eau usée recyclée. » La plainte indique qu’aucun panneau n’était visible dans ces zones ni aux points d’entrée, y compris au point de départ des télésièges Hart Prairie et Sunset, aux billetteries, aux entrées de l’école de ski, ni à proximité du matériel de fabrication de la neige ou du bassin de rétention.

Le problème le « plus grave » relatif à la signalisation, selon la plainte, concerne une zone où les enfants jouent et roulent dans la neige, et où il n’y a pas non plus de panneaux. « Lorsqu’on a demandé aux parents s’ils savaient de quoi la neige était faite, beaucoup ont déclaré qu’ils ne le savaient pas et ont fait une grimace de dégoût. » Cependant, comme Preston l’a clairement indiqué lors de la réunion du conseil municipal, la question de la signalisation est « la plus petite partie de [la] plainte. »

La plainte reprend un argument soulevé au tribunal en plus d’une occasion (au cours des affaires de la coalition Save the Peaks contre le Ministère de l’Agriculture et de la Tribu Hopi contre la Ville de Flagstaff), mais n’a jamais été traité directement. Le contrat ave la Ville déclare « Les Eaux Usées Recyclées fournies selon cet accord ne seront ni directement ni indirectement utilisées ou cédées pour d’autres utilisations que la fabrication de neige. » Bien que la « fabrication de neige » soit couverte par le contrat parmi les utilisations acceptables, la plainte dénonce la faiblesse du langage légal pour affirmer que skier est aussi une « réutilisation directe » de cette eau, de même « s’asseoir dans, se rouler sur ou faire du traineau sur la neige d’eaux usées recyclées. » Des activités comme la natation, le surf, le ski nautique et autres activités constituant une « immersion totale » sont interdites par la loi de l’état. La plainte plaide que le ski et les activités annexes « constituent une immersion » et « présentent une forte probabilité d’ingestion par les yeux, le nez, la bouche, les oreilles et la peau. »

Dans le même ordre d’idées, il faut prendre en considération la question de l’hygiène dans les zones de restauration. D’après la loi de l’état, « Un détenteur de permis irrigant avec de l’eau usée recyclée devra : 3. empêcher que l’eau recyclée entre en contact avec les points d’eau potable, les rafraîchisseurs d’eau ou les zones où on mange. » On ne sera pas surpris d’apprendre que, selon la plainte, « des skieurs ont été vus traînant de la neige d’eau usée traitée dans le chalet et les zones de restauration et, en plus, utilisant et touchant les robinets d’eau potable avec de l’eau usée recyclée sur leurs vêtements et leurs gants. »

Bien sûr, le problème est l’incertitude qui entoure une investigation de ces questions. Quand l’eau usée recyclée se mélange avec la neige normale, jusqu’à quel degré de dilution y-a-t-il un risque ? Considérant que certains jours la neige d’eau recyclée constitue la couche supérieure et d’autres jours est utilisée comme couche de base, comment la loi peut-elle vraiment définir des notions concrètes d’exposition ? Considérant que l’eau d’égout recyclée n’est pas une chose homogène, que les constituants qu’on y trouve changent de jour en jour, faudrait-il mettre en place des systèmes qui peuvent signaler les jours où l’eau est dangereuse ?

Un récent article de Mother Jones se sert de la question de la fabrication de neige à Snowbowl comme base pour parler de l’utilisation grandissante du recyclage des égouts, particulièrement dans le sud-ouest. « L’accroissement de la population et le changement climatique font que la pénurie d’eau devient de plus en plus pressante dans le sud-ouest. » L’article affirme que « L’Agence de Protection de l’Environnement estime que les Etats-Unis recyclent environs 8% de l’eau des égouts ; quatre états – l’Arizona, la Californie, la Floride et le Texas – en représentent 90%. »

S’adressant au Conseil Municipal de Flagstaff, Kathleen Nelson a présenté la plainte qu’elle et M. Preston ont déposée, en montrant les implications plus vastes, au-delà de Snowbowl, au-delà de l’Arizona, de l’utilisation de cette eau. « Plus nous utilisons ces eaux usées recyclées, plus il est nécessaire de s’assurer que cette utilisation se fait selon une méthode sûre et adéquate. » Peu importe jusqu’à quel point la plainte est susceptible de se heurter à des objections tatillonnes sur la formulation du contrat et de la loi, les implications dépassent de loin les détails et mettent en jeu l’empoisonnement rapide et incessant de notre environnement global. La ville de Flagstaff et les pratiques de Snowbowl ont attiré l’attention de la nation. Les décisions qui seront prises ici devraient l’être avec intention, encadrées par des idées sur la direction que nous voulons prendre – vers un futur raisonnable et durable respectant les réseaux aquifères naturels auxquels nous devons notre vie ? Ou un futur de plus en plus toxique ?

 

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