Par le Collectif Légal des Protecteurs de l’Eau
Communiqué de Presse: Red Fawn Condamnée à 57 Mois
Du 11 juillet 2018
Egalement publié sur Censored News
Traduction Christine Prat

 

Bismarck, Dakota du Nord – Ce jour, Red Fawn Fallis a été condamnée à une peine fédérale de 57 mois de prison, suite à un accord de non-coopération, devenant ainsi la deuxième personne à être condamnée à une lourde peine de prison, parmi les Protecteurs de l’Eau arrêtés pour avoir participé à la résistance contre l’oléoduc DAPL à Standing Rock, et son affaire la deuxième des cinq dont s’occupe le Collectif Légal des Protecteurs de l’Eau au niveau fédéral.

En ce qui concerne les termes de l’accord de non-coopération accepté par la Cour le 22 janvier 2018, l’accusation d’avoir ‘Tiré avec une Arme à Feu dans le Cadre d’un Crime Violent’ a été retirée. Si Red Fawn était passée en jugement et condamnée pour cette accusation, elle aurait risqué au minimum dix ans et au pire la perpétuité.

Aujourd’hui, Red Fawn Fallis a été condamnée pour deux chefs d’accusation: Trouble à l’Ordre Public et Possession d’une Arme à Feu et de Munitions par une Délinquante déjà Condamnée. Les Procureurs s’étaient engagés à recommander une peine n’excédant pas sept ans de détention; ils ont demandés la totalité des 84 mois. Bien qu’il n’y ait pas de peine minimum, le Juge Daniel L. Hovland, président du Tribunal, pouvait aller jusqu’à 10 ans. Il a condamné Red Fawn à 18 mois pour l’accusation de Trouble à l’Ordre Public, et à 57 mois confondables pour la Possession d’Arme, plus trois ans de mise à l’épreuve au niveau fédéral, et 200 dollars de frais ($100 pour chaque accusation). Il n’a pas indiqué d’amende.

Red Fawn est incarcérée depuis le 27 octobre 2016, elle l’a été d’abord au Centre Correctionnel Heart of America à Rugby, dans le Dakota du Nord, puis dans une maison de transition à Fargo, également dans le Dakota du Nord, et finalement au Centre de Détention des Comtés de Morton/Burleigh, à Bismarck. Le temps passé dans la maison de transition ne sera pas déduit, étant donné qu’il y avait eu une violation du règlement, mais le temps pendant lequel elle a été incarcérée comptera.

Le juge a recommandé qu’elle soit placée en détention à la Prison Fédérale de Phoenix ou celle de Tucson, où elle ne serait pas isolée des autres femmes Autochtones. Bien qu’il n’y ait pas de libération conditionnelle dans le système fédéral, en cas de bonne conduite, et si elle passe les six derniers mois dans une maison de transition, elle pourrait être libérée de la prison fédérale dès juillet 2020.

“La peine appliquée aujourd’hui exprime la reconnaissance par le juge de ce que son cas est unique et a été compliqué par de nombreux facteurs. Il a écouté le témoignage au Tribunal, a lu les transcriptions des audiences précédentes et les mémorandums déposés par les parties” dit Bruce Ellison, avocat de Red Fawn.

“La peine est entre ce que nous avions demandé et ce que le gouvernement exigeait. Dans un cas délicat comme celui-ci, le juge avait un pouvoir de décision quasiment illimité et il a semblé essayer de comprendre ce qui était logique pour lui” dit-il. “Ça aurait pu sans aucun doute être bien pire. Mais le FBI ne sera jamais poursuivi pour avoir trompé cette femme en lui envoyant, pour obtenir l’accès au camp, un agent qui a feint un intérêt sentimental, et manipulé sa famille pour faire croire que c’était vrai, tout en disant aux gens qu’ils devraient craindre la sécurité privée. Mais c’est eux qui ont apporté les armes.”

Red Fawn Fallis est Lakota Oglala et a grandi entre Denver, dans le Colorado, et Pine Ridge, dans le Dakota du Sud. Dans les camps de Standing Rock, elle était connue et respectée pour son travail avec les jeunes, et en tant que soignante, mais aussi pour son engagement profond pour son peuple et pour protéger l’eau. Pendant l’audience d’aujourd’hui, deux experts ont témoigné sur la physiologie de ce qu’on appelle, à l’entrainement au maniement des armes à feu, “décharger une arme non-intentionnellement” et sur la psychologie et l’impact des traumatismes de l’enfance et intergénérationnels, et des traumatismes historiques; deux membres de la familles ont parlé avec passion de combien Red Fawn était appréciée par sa famille et sa communauté, et combien elle leur manquait, de son évolution personnelle dans les 20 mois depuis son arrestation, et des possibilités d’éducation et d’emplois que sa communauté s’engage à lui proposer quand elle sera libérée.

L’oncle de Red Fawn, Glenn T. Morris, qui est professeur de Sciences Politiques à l’Université du Colorado, à Denver, a dit:

“La Justice n’a pas triomphé aujourd’hui. Si justice avait été faite, les vrais criminels – DAPL, Tiger Swan, le FBI et le Bureau du Sheriff du Comté de Morton – seraient ceux envoyés en prison pour avoir envahi notre camp de prière et avoir blessé notre nièce, sœur et tante Red Fawn. Nous, sa famille, ses amis et ses soutiens, sommes ceux qui rendront justice à Red Fawn, en la soutenant, en étant avec elle chaque jour, chaque semaine, chaque mois de son incarcération, où que ce soit. Nous sommes ceux qui feront qu’elle se remette, et elle nous fera nous remettre, quand nous l’accueillerons à son retour dans notre famille et dans la communauté à Denver, le jour de sa libération.”

Le Collectif Légal des Protecteurs de l’Eau soutient Red Fawn, et nous appelons les Protecteurs de l’Eau et les membres de la communauté à la soutenir pendant tout ce temps difficile. Nous vous prions de suivre le site de son Comité de Soutien pour des renseignements sur comment lui écrire et rester solidaire le temps qu’elle purge sa peine.

Allez sur la page du Comité de Soutien Libérez Red Fawn : https://www.standwithredfawn.org/

*Ce communiqué peut être cité ou reproduit en entier à condition de mentionner les auteurs: Water Protector Legal Collective (à l’exception des citations qui doivent être attribuées à l’orateur cité plus haut).

Le Collectif Légal des Protecteurs de l’Eau (Water Protector Legal Collective – WPLC) se charge de la représentation et de la coordination légale des Protecteurs de l’Eau engagés dans la résistance contre le Dakota Access Pipeline à Standing Rock, Dakota du Nord.

waterprotectorlegal.org

 

 

 

VIDEO PAR SACRED STONE VILLAGE

 

RED FAWN AU TRIBUNAL

 

Par Sacred Stone Village
Publié sur Censored News
22 janvier 2018
Traduction Christine Prat

 

Tandis que je marchais vers le Tribunal Fédéral de Bismarck, dans le Dakota du Nord, une boule a commencé à se former dans mon estomac. Depuis la résistance à Standing Rock, plus de 800 protecteurs de l’eau ont été mis en accusation et 6 d’entre eux risquent d’être accusés de crimes dans une Cour Fédérale. Red Fawn Fallis fait partie de ceux qui ont été injustement emprisonnés et a été accusée de 3 crimes au cours de l’année passée. A cause de la corruption et de la menace d’être emprisonnée à vie, Red Fawn Fallis a décidé de signer un accord de plaider coupable de 2 des 3 accusations. Elle se préparait à plaider coupable des crimes de troubles civils et de possession d’une arme à feu et de munitions par un coupable déjà condamnée. L’accord qu’elle a accepté évite l’accusation la plus grave, celle d’avoir tiré avec une arme à feu en relation avec un crime de violence, et recommande une peine ne dépassant pas sept ans, sans amende ni dommages à payer.

Red Fawn est entrée au tribunal menottée et habillée de l’uniforme orange des prisonniers, devant un public de 20 à 30 visages connus. De nombreux supporters avaient été empêchés d’entrer, bien qu’il y ait assez de places. L’avocat de Red Fawn a demandé au Juge Hovland que ses chaînes soient retirées pour l’audience, ce qui a été obtenu. Elle tremblait mais est restée forte quand le juge a posé les questions qu’il devait poser selon la loi. Il lui a tout expliqué afin de s’assurer qu’elle comprenait complètement ce que l’accord impliquait, son comportement était beaucoup plus poli que celui du juge que nous avions vu condamner Mary Redway. Des larmes ont commencé à couler quand le juge s’est préparé à demander à Red Fawn ce qu’elle plaidait pour la première accusation de désobéissance civile. Red Fawn a hésité un moment – j’ai pensé pendant une seconde qu’elle allait se lever et crier ‘Mni Wiconi!’ Cependant, d’une voix brisée elle a lâché “coupable”. J’ai regardé autour de moi et vu des larmes couler sur les joues de femmes et d’hommes parmi les plus forts pendant le mouvement, et qui étaient là pour la soutenir. La deuxième accusation a été lue et encore une fois, “coupable” a résonné dans la salle.

Le Juge Hovland a expliqué ce qui se passerait ensuite, qu’un interrogatoire en profondeur de Red Fawn aurait lieu au cours du mois prochain, environ, et qu’un rapport final serait rédigé. Il dit qu’il prendrait les lettres de soutien en considération. C’est le meilleur moyen, dit-il, de vraiment comprendre la personnalité d’un accusé et de déterminer comment il ou elle contribue à la société dans son ensemble. Les avocats de Red Fawn ont alors demandé s’ils pouvaient soumettre une pétition demandant sa libération. Elle est détenue au Centre de Détention du Comté de Burleigh-Morton, et elle a admis avoir commis une violation des conditions de sa mise en liberté avant le jugement. Hovland dit qu’elle avait disparu un jour entier de la maison de transition où elle résidait depuis octobre. Lorsqu’il lui a demandé de s’expliquer, elle dit à travers ses larmes:

“Je ne veux pas fournir d’excuses, mais j’ai le plus grand respect pour la Cour. Le passage au tribunal approchant, j’avais besoin d’un peu de temps pour réfléchir. C’est dur d’être ici sans famille ni qui que ce soit à qui parler. Je suis désolée.”

Le Juge Hovland dit que même si cela devait être pris en considération, elle devrait être sous surveillance GPS jusqu’à la date où la peine serait prononcée, ce qui prendra 3 à 4 mois. L’avocat de la défense Bruce Ellison dit que les défenseurs de Red Fawn feraient comparaitre quelques témoins à la session où la peine sera prononcée et l’assistant Procureur général Gary Delorme dit qu’il pourrait en appeler quelques-uns aussi. Les avocats de Red Fawn conseillent une peine de 21 à 27 mois, tandis que les procureurs fédéraux pourraient recommander de 46 à 57 mois.

C’était dur de voir quelqu’un qui résiste pour Notre Mère la Terre et notre eau, menacée de peines si extrêmes par notre système de “justice”. Nous continuerons à soutenir tous les protecteurs de l’eau qui ont mis leur vie en jeu pour Notre Mère. Merci Red Fawn pour ce que tu as défendu et continues à défendre.

 

Pour plus d’informations sur Red Fawn ou pour lui écrire: http://indi.com/freeredfawn

Pour des mises à jour sur les autres poursuites fédérales: https://waterprotectorlegal.org/federal-cases

 

Par brendanorrell@gmail.com le 23 janvier 2018

 

 

COMMUNIQUE du Collectif Légal des Protecteurs de l’Eau (Water Protector Legal Collective), 16 janvier 2018

UNE CHARGE EST SUPPRIMÉE: LE GOUVERNEMENT RECOMMANDE UN MAXIMUM DE 7 ANS

Par le Collectif Légal des Protecteurs de l’Eau (WPLC)
Publié sur Censored News
Le 16 janvier 2018
Traduction Christine Prat
Voir aussi traduction d’Aurélie Journée (également membre du CSIA-nitassinan)

 

MANDAN, Dakota du Nord – Les avocats de Red Fawn Fallis ont notifié ce jour à la cour un changement de plaidoyer, suite à un accord avec l’accusation. Si le juge accepte l’accord, le gouvernement supprimera l’accusation la plus grave et recommandera une condamnation ne dépassant pas 7 ans pour les deux accusations restantes.

Selon les termes de l’accord proposé, Melle Fallis plaiderait coupable pour les chefs d’inculpation 1 et 3 (Troubles Civils et Possession d’une arme à feu et de munitions par une criminelle condamnée) et le gouvernement abandonnerait le chef d’inculpation 2 (Tir avec une arme à feu dans le contexte d’un crime avec violence). Cette dernière accusation implique une peine minimum de 10 ans de prison et la possibilité de la perpétuité.

La prochaine étape sera l’audience du lundi 22 janvier 2018, à Bismarck, au cours de laquelle le plaidoyer sera présenté à la cour, et une date ultérieure fixée pour que le juge décide de la condamnation de Red Fawn pour les deux chefs d’inculpation restants.

D’après l’accord, l’accusation a accepté de recommander une peine ne dépassant pas 7 ans d’emprisonnement, bien que le juge ait l’autorité d’aller jusqu’à 10 ans pour ces accusations. Il n’y a pas de peine minimum. Si le juge décide de ne pas accepter l’accord, l’affaire passera en jugement pour les trois chefs d’inculpation.

Red Fawn a livré une bataille de plus en plus difficile à chaque étape de l’affaire. Elle est confrontée à la possibilité d’une peine à perpétuité et à celle d’un procès dans le Dakota du Nord, où il y a eu, avant le procès, une campagne médiatique intensive contre les Protecteurs de l’Eau et contre le mouvement NoDAPL. Les décisions contre Red Fawn, à chaque étape de l’affaire, n’ont pas fourni à la défense les informations suffisantes sur l’indicateur du FBI qui était devenu son petit-ami et a l’intention de témoigner contre elle au procès. Le gouvernement a refusé de divulguer toutes les informations, même celles pouvant disculper l’accusée, provenant de la surveillance et autres documents en possession de la firme Tiger Swan et d’autre firmes de sécurité privées, qui ont coordonné leur travail avec les forces de l’ordre durant la période des camps de Standing Rock et avaient ciblé Red Fawn comme meneuse.

Etant donné les circonstances, Red Fawn a pris la douloureuse décision d’accepter un accord qui implique toujours le risque d’une longue peine de prison, mais évite la peine minimum exigée par la loi, et la possibilité d’une condamnation à perpétuité. L’accord ne concerne que Red Fawn et ne nuira pas aux autres Protecteurs de l’Eau.

Red Fawn Fallis est une dirigeante dans sa communauté et une défenseuse des droits de l’homme. Elle est connue et respectée pour son travail avec les jeunes et comme infirmière, tout comme pour son profond dévouement pour son peuple et pour la protection de l’eau. Elle a été incarcérée pendant un an en attente de jugement et est actuellement assignée à résidence dans une maison de transition. Nous attendons avec impatience le jour où elle pourra rentrer chez elle, dans sa famille et sa communauté, et continuer son travail admirable.

Le Collectif Légal des Protecteurs de l’Eau soutient Red Fawn et appelle les Protecteurs de l’Eau et les membres de la communauté à la soutenir dans cette épreuve difficile. Vous êtes priés de continuer à être solidaire de Red Fawn pendant le jugement et pendant le temps qu’elle passera en prison. [Le site du comité de soutien – en anglais – où vous trouverez des informations pour lui écrire et comment la soutenir: http://indi.com/freeredfawn ].

Cet accord ferait de Red Fawn la première des Protecteurs de l’Eau à être condamnée à une peine de prison lourde pour ses activités à Standing Rock. Cinq autres Protecteurs de l’Eau risquant des chefs d’accusation fédéraux se préparent à être jugés dans les mois qui viennent, et plus de 300 autres sont encore sous le coup d’accusations de l’état du Dakota du Nord.

Les avocats représentant Mademoiselle Fallis sont Molly Armour, Jessie Cook et Bruce Ellison.

 

Liens:

L’affaire Red Fawn: https://waterprotectorlegal.org/red-fawn-fallis/
Le Comité de soutien: http://indi.com/freeredfawn

 

La Protectrice Erica Gonzales au procès

 

A Standing Rock comme ailleurs, les chantiers temporaires amènent avec eux des travailleurs logés provisoirement dans des “Camps masculins”. Partout où ces camps existent, des femmes autochtones disparaissent, sont assassinées et/ou violées. On parle déjà depuis des années du nombre incroyable de femmes autochtones disparues ou assassinées au Canada. Bien sûr, le nombre s’accroit à proximité des chantiers, que ce soit les sables bitumineux d’Alberta, les sites de fracturation hydraulique pour le gaz de schistes, ou les chantiers de construction de pipelines. Les autorités n’y font pas grand-chose. Partout aux Etats-Unis où ce genre de chantiers s’ouvre, le même problème se pose.

Christine Prat

 

Par le Collectif Juridique des Protecteurs de l’Eau (WPLC)
Publié par Censored News
5 janvier 2018
Traduction Christine Prat

 

“Quand ils violent Notre Mère la Terre, ils violent aussi nos femmes.”

MANDAN, Dakota du Nord – Le deuxième groupe de procès contre une action de Standing Rock en commémoration des femmes autochtones disparues ou assassinées, s’est terminé ce jour. C’était les premiers, parmi plus de 20 Protecteurs de l’Eau devant être jugés dans les semaines à venir, pour l’action du 15 novembre 2016 contre ce qu’on appelle un “camp masculin” – des hébergements temporaires pour les travailleurs du pétrole, qui sont devenus des sanctuaires pour la violence contre les femmes, et le trafic de femmes et jeunes filles autochtones.

La Protectrice de l’Eau Rebecca Jessee a été condamnée pour Sabotage d’un Service Publique, crime de classe C. La Protectrice Erica Gonzalez a été acquittée de toutes les accusations.

“Nous voulions tenir notre cérémonie là-bas, pour faire prendre conscience que partout où ces pipelines arrivent, ils amènent ces camps masculins, et les femmes autour des réserves disparaissent et sont assassinées ou violées. L’état n’y fait rien”, dit Mme Gonzalez. “Je ne veux pas prendre de précautions oratoires: quand ils violent notre Mère la Terre, ils violent aussi nos femmes.”

“La sauvagerie doit finir. Il faut arrêter de détourner les yeux et faire comme si ça n’arrivait pas, comme si c’était OK ou acceptable. Ça ne l’est pas”, dit Rebecca Jessee en attendant le verdict.

 

La Protectrice Rebecca Jessee pendant son procès

Rebecca Jessee a eu la même condamnation que le Protecteur de l’Eau Rodrick Joe, le jour précédent, condamné pour le même motif. Tous deux ont eu une peine avec sursis de 360 jours, avec des frais de procès et des amendes ne dépassant pas le montant de la caution de 1500 dollars, et avec deux jours de prison déjà faits déduits.

Une “peine avec sursis défini” est suspendue pendant une certaine période, dans ce cas 360 jours. S’ils ne sont pas arrêtés à nouveau pendant cette période, la condamnation peut être annulée et supprimée de leur casier. R. Jessee et Joe ont été libérés immédiatement après leur jugement.

Plus de 300 Protecteurs de l’Eau attendent toujours d’être jugés pour des accusations de l’état du Dakota du Nord, et six Protecteurs se préparent pour être jugés pour des crimes fédéraux.

 

Cette déclaration peut être reproduite sous forme d’extraits ou en entier, à condition d’indiquer qu’elle est du Water Protector Legal Collective [Collectif Juridique des Protecteurs de l’Eau]. Le Water Protector Legal Collective (WPLC) fournit et coordonne une représentation légale sur place pour les Protecteurs de l’Eau impliqués dans la résistance au Dakota Access Pipeline à Standing Rock, Dakota du Nord. waterprotectorlegal.org
Arrestee Updates, Press Releases, Updates

 

Voir d’autres articles sur les “Camps masculins” sur ce site (en français)

Voir – en anglais – Man Camps Fact Sheet, sur le site de Honor the Earth

#MMIW #NoMoreStolenSisters

 


Madonna Thunder Hawk, Lakota de Cheyenne River, a participé à l’Occupation d’Alcatraz [1969] et à Wounded Knee [1973]. Elle est depuis longtemps membre de l’American Indian Movement.
Madonna était parmi les Anciens de la résistance des camps de Standing Rock au Dakota Access Pipeline. Photo Dawn DeCora.

 


Article de Brenda Norrell
Censored News
9 janvier 2017
Traduction Christine Prat

 

Madonna Thunder Hawk, qui s’est exprimée en direct de Palestine, a parlé des similarités des luttes des Peuples Autochtones partout dans le monde, des Lakotas des états du Dakota, à la lutte en Palestine.

Madonna dit “Je voulais précisément participer à ce voyage. C’était important pour moi personnellement.”

Elle raconte qu’après l’affrontement de Wounded Knee [1973] avec l’armée des Etats-Unis, des soutiens de l’American Indian Movement étaient venus de Palestine et d’Irlande du Nord.

“Nous étions jeunes. Je pensais que nous étions seuls, comme toujours” dit-elle. Madonna ajoute que lorsqu’ils ont entendu parler de cette solidarité, elle a appris ce qui se passait dans d’autres parties du monde pour les Peuples Autochtones, et s’est rendu compte qu’ils n’étaient pas seuls.

Elle appris des mots comme “colonialisme”.

Exprimant sa gratitude d’être en Palestine, elle dit: “nous avons exactement les mêmes problèmes.” “Il y a un peuple qui essaie de maintenir sa base territoriale.” “Ça nous est familier, il y a seulement une différence d’échelle, un niveau différent.”

“C’était merveilleux d’aller au Camp Bédouin.” Elle explique que, comme chez elle, le vieux style de vie traditionnel a disparu, mais est toujours connu. Ils le connaissent toujours, c’est un peuple lié à une terre. Elle dit qu’il y a une mémoire ancestrale. “Nous n’avons pas besoin qu’on nous rappelle sans cesse qui nous sommes. Nous savons qui nous sommes.”

“Mon peuple avait sa base territoriale dans la vallée de la bête.” Elle dit que la dernière bataille avait été Standing Rock, et que les batailles continuent sur le plan juridique. “Nous n’avions pas d’armes” dit-elle à propos des forces venues les poursuivre. “Le système judiciaire a fait de nous des criminels.” Maintenant, les 800 personnes arrêtées à Standing Rock doivent se défendre.

Madonna dit qu’elle adressait des rapports à un groupe d’Anciens, chez elle, et devait être responsable.

Elle dit qu’elle était en train de parler avec un groupe de camarades, en Palestine. Lorsqu’on se rend sur les terres de Peuples Autochtones, c’est important de montrer du respect et de garder ses yeux et ses oreilles grand ouverts, dit-elle.

Elle dit apprécier la Voix Juive pour la Paix [Jewish Voice for Peace]. “J’apprécie d’être ici, et je vous apprécie tous.”

Madonna dit que le camp de Standing Rock, de milliers de personnes, était fantastique. Ça avait commencé avec des Autochtones venus de partout, d’Alaska jusqu’en Amérique du Sud. “En une nuit, notre camp avait triplé.” En une nuit, des jeunes gens blancs sont arrivés en masse.

Elle se souvint qu’elle était assise sur la colline et surveillait ce qui se passait. “Les pouvoirs de tout genre qui bloquaient l’autoroute.” Ainsi, la nuit, sur la seule route qui était ouverte, il y avait un flot de lumière de phares dans les deux sens.

Madonna dit qu’elle célébrait le fait d’y avoir participé et d’avoir pu voir cela arriver.

Maintenant, dans la lutte sans fin pour son peuple, elle dit ne plus voir de lumière au bout du tunnel.

“Le même contrôle des grandes compagnies privées est partout dans le monde.” Mais si vous êtes liés à une terre, vous faites partie du processus. Elle dit que les plus jeunes étaient impliqués dans la campagne de désinvestissement, les anciens sont leurs conseillers.

Lorsqu’elle a été interrogée sur le fait de prendre position, à Standing Rock, Madonna dit que son peuple prenait position automatiquement. “Quand l’appel est parvenu, ils se sont mis en route.” C’est la mémoire ancestrale, c’est un peuple lié à un territoire. Madonna raconta comment [au 19ème siècle] les bisons avaient été tués, l’écosystème avait été dérangé et les maladies étaient apparues. “C’est ce qui a conduit notre peuple aux négociations de paix.” “Le système capitaliste a toujours opéré selon le dollar.” Les Traités ont été signés de nation à nation, et ratifiés par le Congrès. “Ils sont la loi du pays.” C’était une question de survie pour le peuple, mais ce fut un vol de terres massif.

“Je suis là aujourd’hui parce que mes ancêtres ont pensé à plusieurs générations à venir.”

Les premières écoles étaient des écoles chrétiennes, et les valeurs Lakota ont été attaquées, y compris la société matriarcale. Ils ont dit aux gens que l’homme était le chef de famille et qu’il pouvait battre sa femme et ses enfants, et être sauvé le dimanche, dit Madonna. Ils ont attaqué la famille.

Les enfants étaient enlevés de force, leurs cheveux coupés, et ils étaient habillés de vêtements militaires. Ils venaient chercher les enfants avec des équipes et des diligences, puis avec des camions. L’éducation leur était imposée par la force. “Apprendre l’anglais nous a été imposé par la force.” Elle dit qu’elle avait été forcée d’apprendre l’anglais dans un internat. “On était puni si on parlait notre langue.”

Plus tard, après Wounded Knee, [les Lakotas] ont ouvert leur propre école à Rapid City, dans le Dakota du Sud. Ils voulaient que les enfants soient dans un endroit sûr. “Nous voulions surtout acquérir des connaissances.” Ce fut la première école alternative là-bas. Puis, le système scolaire a commencé à faire la même chose. “Nous avons été cooptés,” par des écoles qui pouvaient avoir les fonds pour fonctionner.

Puis, l’eau a été contaminée par l’extraction d’uranium.

Madonna dit qu’elle sait ce qu’est le génocide. Elle a parlé de la mentalité de la charité, comme faisait l’Eglise en payant les services pour les gens. “Ça affaiblit tout le monde.”

 

Vous pouvez écouter toute l’interview (en anglais, 50 minutes). Madonna y compare la Palestine et les Etats-Unis. Elle parle aussi de la solidarité et de comment elle a appris d’autres parties du monde qu’ils n’étaient pas seuls dans leur lutte.

https://www.facebook.com/madonna.hawk/videos/10215247079793379/

 

 

LES PROTECTEURS DE L’EAU DE STANDING ROCK TROMPES ET TRAHIS AU FORUM DU PRIX NOBEL DE LA PAIX, A OSLO

Par Brenda Norrell
Censored News
24 décembre 2017
Traduction Christine Prat

 

‘Last Real Indians’ révèle que le Forum sur le Prix Nobel de la Paix a pris au piège les Protecteurs de l’Eau de Standing Rock et saboté leur participation, et les a systématiquement trompés et trahis.

Le Chef Arvol Looking Horse a réagi, après avoir été invité au Forum du Prix Nobel de la Paix. Auparavant, le Chef Arvol Looking Horse avait demandé à des Protecteurs de l’Eau de Standing Rock de le représenter, lui et la protection du Sacré.

Mais des gens travaillaient en coulisse, les trompant et trahissant, pour amener un officiel du Comté de Morton au Forum en Norvège. Il s’agit du même Comté de Morton, responsable pour la brutalité policière, les emprisonnements et les blessures infligés aux Protecteurs de l’Eau par le Sheriff du Comté de Morton et la police militaire à Standing Rock.

Les Protecteurs de l’Eau représentant le Chef Arvol Looking Horse au Forum du Prix Nobel de la Paix, en Norvège, se sont affolés quand ils ont découvert qu’une “médiatrice neutre”, nommée par elle-même, avait fait entrer un officiel du Comté de Morton au Forum.

Les Protecteurs de l’Eau de Standing Rock ont déclaré que Stephanie Hope Smith n’avait aucun mandat pour arranger des négociations avec le Comté de Morton, ni avec le commandement conjoint, ni pour amener un officiel du Comté de Morton au Forum du Prix Nobel de la Paix en Norvège, où les Protecteurs de l’Eau représentaient le Chef Arvol Looking Horse. – Censored News

 

Le Chef Arvol Looking Horse a déclaré: “Je me sens responsable d’avoir mis mes amis et parents dans une telle situation, dans laquelle ils ne savaient pas que le Commissaire serait présent, étant donné que je leur avais demandé de me représenter. Cette situation inconfortable a mis en cause la réputation et la sécurité de mes amis et parents qui y ont assisté, ainsi que la mienne.”

 

EXTRAIT DE L’ARTICLE DE ‘LAST REAL INDIANS’:

Les Participants Oceti Sakowin au Forum du Prix Nobel de la Paix Parlent

DENVER, Colorado – La semaine dernière, à Oslo, en Norvège, l’Institut Nobel de Norvège a tenu son deuxième Forum Annuel du Prix Nobel de la Paix, intitulé “A Travers les Divisions: les Droits des Peuples Autochtones dans le Contexte de la Justice Sociale et de la Protection de l’Environnement”, à la suite de la remise du Prix Nobel de la Paix, cette année, à l’ICAN, la Campagne Internationale pour Abolir les Armes Nucléaires.

Holy Elk Lafferty, Lakota Mni Conjou, Oglala et Sicangu; Tim Mentz, Dakota Pa Baksa et Lakota Hunkpapa, membre de la Tribu Sioux de Standing Rock, et de la firme Mentz-Wilson Consultants LLC; et Angela Bibens, Esq., Dakota Santee, de Red Owl Law; ont participé aux trois jours du Forum de l’Institut Nobel. Mme Lafferty était invitée comme intervenante et a partagé la scène lundi 11 décembre, avec la très estimée lauréate du Prix Nobel de la Paix, le Dr. Rigoberta Manchu Tum, pour le 25ème anniversaire de son Prix Nobel de la Paix.

Ce fut un choc pour nous tous, d’apprendre, le matin du 12 décembre, juste avant le début de la seconde journée, consacrée au dialogue exclusivement sur invitation, que le Président de la Commission du Comté de Morton, Cody Schulz, était aussi à Oslo, pour le Forum. Aucun de nous de savait que M. Schulz faisait partie des cinq cents invités payants, pour le premier jour de Dialogue de Haut Niveau, où Mme Lafferty et d’autres notables Autochtones devaient intervenir.

Gina Torry, une organisatrice pour l’Institut Nobel, nous a appris plus tard que Stephanie Hope Smith, une autre intervenante, uniquement mandatée par elle-même, s’était adressée à M. Schulz, pour qu’il participe au Forum du Prix Nobel de la Paix. Apparemment, Mme Smith avait assurée à Mme Torry que c’était acceptable pour nous, alors qu’en fait, Mme Smith n’avait consulté aucun d’entre nous avant notre arrivée à Oslo.

“Le fait que nous n’ayons pas été informés de l’invitation de M. Schulz avant, prouve, en ce qui me concerne, qu’il s’agissait d’une tentative intentionnelle de nous piéger dans une situation gênante, avec un représentant haut placé du camp opposé dans notre combat pour l’eau sacrée à Standing Rock. Ce que Mme Smith espérait gagner pour quiconque d’une telle mise en scène, échappe à ma compréhension. Si j’avais su d’avance que son intention était d’imposer ce genre de dialogue inadéquat, j’aurais décliné l’invitation, étant donné que ça me place dans une situation de vulnérabilité et de danger possible, sur le plan légal et émotionnel. Je suis toujours sous le coup de poursuites dans le Comté de Morton, après avoir été arrêtée alors que je priais, et toujours traumatisée directement par les actions inhumaines du Comté de Morton. Il aurait été déraisonnable à tous les niveaux concevables, de me mettre dans une telle situation en connaissance de cause, et je suis profondément insultée de ce que mon droit de prendre une décision en toute conscience de participer au même forum que M. Schulz ait été violé par Mme Smith” dit Holy Elk Lafferty.

“J’ai été amené à croire que mon rôle au forum serait de parler de la destruction de sites sacrés, le long du trajet du Dakota Access Pipeline”, dit Tim Mentz. “C’était pourquoi j’étais venu. J’ai dit que je refuserais de participer à la deuxième journée, avec la présence de M. Schulz, parce que je ne suis pas habilité à entreprendre un dialogue de haut niveau avec le Comté de Morton.”

Le gouvernement du Comté de Morton, dans le Dakota du Nord, est responsable de milliers de violations des droits de l’homme, du fait qu’il supervise le Bureau du Sheriff du Comté de Morton. Avec plus de 300 inculpations en attente de jugement, ces violations continuent. “Les actions de Mme Smith démontrent une grave méconnaissance de l’abrogation historique de nos droits en tant que peuples Autochtones, et de la relation de gouvernement à gouvernement, qui est un impératif éthique pour tout dialogue de cette nature. Etant donné que ni M. Mentz, ni moi-même ne représentons à aucun titre la Tribu Sioux de Standing Rock, nous n’avons pas consenti à la participation de M. Schulz”, dit Angela Bibens. Le dialogue de la deuxième journée a continué sans la présence de M. Schulz. Nous avons envoyé une lettre à l’Institut Nobel pour expliquer nos inquiétudes, le 13 décembre 2017.

Nous saluons l’Institut Nobel pour avoir pris l’initiative de recevoir le Forum du Prix Nobel de la Paix et sommes heureux de ce que le sujet du Forum de cette année reconnaisse les droits des peuples Autochtones comme “l’un des problèmes les plus urgents pour la paix et la sécurité internationales de notre temps.” Nous ne souhaitons absolument pas que le dialogue important mis en avant par le Forum d’Oslo soit dévalorisé par cette erreur. Nous espérons avoir toujours le soutien de l’Institut Nobel, pour continuer à renforcer nos connexions avec les autres communautés et nations autochtones, et avec nos alliés dans le monde, qui comprennent que nos droits de protéger nos territoires et sites sacrés aborigènes et de préserver nos langues et nos cultures, tout comme notre responsabilité de protéger l’eau en tant que source de toute vie, sont des problèmes de portée globale.

 

CONTACTS:
Holy Elk Lafferty
Holyelk97@gmail.com
Angela Bibens, Esq.
abibens@redowllaw.com

 

LA REACTION DU CHEF ARVOL LOOKING HORSE

A qui de droit,

J’aimerais dire à quel point je suis déçu d’apprendre comment mes amis et parents ont été traités à Oslo, Norvège. J’avais cru comprendre qu’il devait y avoir un dialogue sur les Sites Sacrés et une discussion sur les droits de l’homme. Stephanie Hope Smith m’avait encouragé à participer à cette conférence, mais j’étais déjà engagé ailleurs.

Au retour de la délégation, on m’a fait savoir que le Président de la Commission du Comté de Morton, Cody Schulz, avait été invité par Stephanie à assister à la conférence. Je me sens responsable d’avoir mis mes amis et parents dans une telle situation, dans laquelle ils ne savaient pas que le Commissaire serait présent, étant donné que je leur avais demandé de me représenter. Cette situation inconfortable a mis en cause la réputation et la sécurité de mes amis et parents qui y ont assisté, ainsi que la mienne.

Je n’ai pas été informé de projets d’une quelconque discussion de groupe à laquelle participeraient des personnalités politiques, et qui maintenant a été mise en avant dans les médias américains. Les médias ont présenté la situation comme si le meeting d’Oslo avait été préparé avec l’accord de toutes les parties concernées, préalablement informées, ce qui n’est pas le cas. J’ai été informé par les délégués, pris par surprise à l’annonce de sa présence. Le problème a été résolu et Cody Schulz a été exclu de tout contact ou dialogue avec les délégués. Je suis très déçu de ce que la manifestation n’ait pas été conforme à ce dont j’avais été informé.

Les Sites Sacrés et les Droits de l’Homme sont au centre de mon travail pour la paix. Je suis un guide spirituel, je ne suis pas un politicien, potentiellement d’accord avec quelque représentant officiel d’un gouvernement pour entamer une discussion sur quelque question que ce soit concernant Standing Rock.

Mitakuye Oyasin,

Chef Arvol Looking Horse

 

Mise à jour de Censored News: Les Protecteurs de l’Eau disent que Stephanie Hope Smith avait déjà amené des négociateurs du Comté de Morton et du commandement conjoint, sans la permission de protecteurs de l’eau de Standing Rock, ni consultation avec les Anciens, en 2016. Puis, elle a amené un officiel du Comté de Morton au Forum du Prix Nobel de la Paix, où les Protecteurs de l’Eau représentaient le Chef Arvol Looking Horse. D’après une organisatrice du Forum, elle était seule responsable de l’invitation.

Stephanie Hope Smith, à l’extrême gauche, près du Chef Arvol Looking Horse – Photo Green Peace

Mme Smith avait donc déjà organisé une rencontre entre le commandement conjoint des forces de l’ordre et une délégation autochtone en octobre 2016. Lors de cette rencontre, le commandement conjoint a discuté des détails de l’intervention du 27 octobre 2016, y compris l’arrestation de Red Fawn.

Roberto Borrero, qui était présent lors de cette rencontre, a raconté: “Le lundi 31 octobre, le Grand Chef John et moi-même avons rencontré des représentants officiels des forces de l’ordre pour un point d’information, à Mandan, dans le Dakota du Nord. Aucun média n’était autorisé à assister à cette rencontre. Elle avait été organisée par Stephanie Hope Smith, ‘Médiatrice Neutre’ inscrite auprès de l’Administrateur du Tribunal du Dakota du Nord, et introduite par le Sheriff du Comté de Cass, Minnesota, Paul D. Laney, chef du commandement conjoint. Les officiels, neuf au total, y compris un représentant politique du Comté, ont présenté un résumé de l’opération du 27 octobre.”

Voir l’article de R. Borrero (en anglais):

https://www.culturalsurvival.org/news/human-rights-observer-report-mission-standing-rock-sioux-reservation

 

Stephanie Hope Smith, qui agissait comme médiatrice sans aucun mandat, et s’était présentée au Forum Nobel comme conciliatrice pour les sites sacrés et culturels, a permis au Président de la Commission du Comté de Morton d’amener sa propagande insultante sur la scène internationale.

Dans un communiqué de presse [lien ci-dessous] le Commissaire du Comté de Morton Cody Schulz dit avoir rencontré des représentants de Norway’s Mineral Industry, une grande compagnie minière, pendant qu’il était au Forum.

Schulz dit aussi avoir rejeté les points de vue favorables à Standing Rock publiés dans des médias.

http://www.co.morton.nd.us/index.asp?SEC=6B7E762B-5A0D-4B8C-AB6B-54078E4A47FE&DE=E332FE2F-64CA-4AE8-86C3-0360D936A7AC&Type=B_PR

 

Description préalable du forum par l’Institut Nobel

L’idée d’Alfred Nobel était que des prix internationaux portant son nom, et financés par sa fortune privée, inspireraient et récompenseraient des travaux “pour le plus grand bien de l’humanité”. Le travail de l’Institut Nobel Norvégien contribue à l’esprit du Prix Nobel de la Paix et à l’avancement de la paix et de la sécurité internationales.

Le Forum du Prix Nobel de la Paix à Oslo

Le Forum du Prix Nobel de la Paix à Oslo – qui a lieu le lendemain de la cérémonie de remise du Prix Nobel de la Paix – fournit une occasion unique de traiter et de faire avancer une action politique coordonnée sur les problèmes internationaux de paix et de sécurité les plus urgents de notre époque.

Le 11 décembre, le Forum du Prix Nobel de la Paix d’Oslo organise une discussion de haut niveau de deux heures, retransmise internationalement. Plus de 500 dirigeants se rassemblent dans le magnifique grand amphithéâtre historique de l’Université d’Oslo, décoré d’étonnantes peintures d’Edvard Munch. Le Forum rassemble une constellation unique de lauréats du Prix Nobel de la Paix et d’autres dirigeants nominés; des représentants de gouvernements et d’organisations internationales; des universitaires; des dirigeants de la société civile et des activistes, spécialement ceux qui construisent la paix dans des situations fragiles, de conflit et d’après-conflit; des acteurs du secteur des affaires et privé; des journalistes; et des jeunes du monde entier, entre autres des étudiants.

Le jour suivant, le Forum s’efforcera d’amener un groupe de délégués sélectionnés à engager une conversation significative, dans le but de faire progresser stratégiquement le travail sur le sujet de l’année, au cours d’une journée entière de congrès pour la paix.

Le Forum du Prix Nobel de la Paix 2017 à Oslo: “A Travers les Lignes de Division”

Le Forum du Prix Nobel de la Paix 2017 aura lieu le 11 décembre 2017, avec pour thème “A Travers les Lignes de Division”.

En 1992, le Prix Nobel de la Paix a été attribué à Rigoberta Manchu pour son “travail pour la justice sociale et la réconciliation ethnoculturelle fondée sur le respect des droits des peuples autochtones”. Comme le Comité Nobel Norvégien l’a souligné à l’époque, “Rigoberta Manchu se distingue comme symbole vivant de la paix et de la réconciliation, à travers les lignes de division ethniques, culturelles et sociales, dans son propre pays, sur le continent Américain, et dans le monde”.

Lors du 25ème Anniversaire du Prix Nobel de la Paix du Dr. Manchu, et du 10ème Anniversaire de l’adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones, le Forum du Prix Nobel de la Paix d’Oslo portera sur les droits des peuples autochtones dans le contexte de la justice sociale et de la protection de l’environnement et sur la nécessité de travailler pour la paix, le dialogue et la réconciliation pour contrer l’extrémisme violent.

Le discours liminaire du Dr. Manchu reviendra sur les 25 années écoulées depuis qu’elle a reçu le Prix Nobel de la Paix et présentera son point de vue sur le sujet traité. Nous estimons que son discours liminaire sera de 20 à 25 minutes, suivi par un débat de 60 minutes dirigé par un journaliste ou un hôte international éminent. La discussion sera centrée sur deux récents exemples de conflits intérieurs impliquant des peuples autochtones, à propos des ressources énergétiques et environnementales. Plus spécifiquement, les orateurs discuteront et comparerons le conflit de Standing Rock, qui a conduit à des conditions de zone de guerre à l’intérieur des Etats-Unis de septembre 2016 à février 2017, et un conflit un peu comparable entre la population autochtone Sami de la partie arctique de la Norvège et l’Etat Norvégien. La Tribu Dakota et le peuple Sami seront représentés au panel. Le Forum aura lieu dans le Grand Amphithéâtre de l’Université d’Oslo, une salle splendide décorées de peintures originales d’Edvard Munch. Nous pensons que jusqu’à 500 personnes d’origines diverses y assisteront. Le Forum sera diffusé en direct par NRK, le principal réseau norvégien de radio et de télévision, et peut-être par une autre grande chaine d’information internationale. Le Forum sera enregistré en direct par Nobel Media, l’unité digitale globale de la Fondation Nobel, et mis à la disposition du monde entier sur YouTube. Nous nous attendons aussi à une large couverture médiatique, par les médias internationaux présents à Oslo pour la Cérémonie de Remise du Prix Nobel de la Paix le 10 décembre.

Le jour suivant, le Forum s’efforcera d’engager un groupe de délégués sélectionnés dans une conversation significative, qui se déroulera sous la règle de Chatham House, dans le but stratégique de faire progresser le travail sur le sujet sélectionné cette année, au cours d’un congrès de la paix d’une demi-journée.

 

Voir aussi (en anglais):

Obama a reçu le Prix Nobel de la Paix alors qu’il menait la guerre d’Afghanistan https://www.seattletimes.com/nation-world/despite-nobel-peace-prize-obama-has-had-2-full-terms-of-war/

 

 

LE REVOLVER PRETENDUMENT TROUVE DANS LA MAIN DE RED FAWN, APPARTENAIT A UN INDIC PAYE PAR LE GOUVERNEMENT

 

Par le Collectif Juridique des Protecteurs de l’eau
Publié sur Censored News
Le 14 décembre 2017
Traduction Christine Prat

 

BISMARCK, Dakota du Nord –

Les avocats de Red Fawn Fallis au niveau fédéral, ont déposé une Requête de Divulgation de Pièces [Motion to Compel Discovery], hier, dans le District du Dakota du Nord. La requête souligne que de nombreuses vidéos et autres documents cruciaux demandés par la Défense n’ont pas été fournis par le gouvernement.

Parmi les documents que le gouvernement n’a pas fournis, il y a des détails sur le rôle joué par l’informateur payé par le FBI, qui était le propriétaire du revolver prétendument trouvé sur le lieu où Red Fawn Fallis a été arrêtée. L’existence de cet informateur a été évoquée publiquement à la fin de l’audition des Requêtes, le lundi 11 décembre, et est également largement décrite dans un récent article du site The Intercept. D’après la requête, les demandes laissées sans réponse par le gouvernement, sont entre autres:

Une demande détaillée de documents et autres informations importantes concernant l’utilisation par le gouvernement d’un informateur payé par le FBI, infiltré dans les camps des Protecteurs de l’Eau, ayant eu une relation intime avec l’accusée, et ayant fourni des informations pendant cette période au gouvernement. Cet informateur a été témoin visuel de l’arrestation de Miss Fallis et de la décharge d’une arme à feu … [et] le revolver prétendument saisi sur Miss Fallis lors de son arrestation, appartenait à l’informateur.

La Défense demande également:

Des documents détaillés et autres informations concernant d’autres informateurs utilisés par le gouvernement, l’état du Dakota du Nord, les services de police impliqués, et/ou la firme DAPL et/ou ses agents.

Cette requête arrive seulement quelques jours après la conclusion d’une audition des Requêtes de la Défense, au cours de laquelle les avocats avaient présenté des preuves démontrant que les forces de l’ordre n’avaient pas de raison valable d’arrêter Miss Fallis. Le témoignage des forces de l’ordre durant cette audience a confirmé l’existence d’au moins un autre informateur, agent infiltré ou employé d’une firme de sécurité, qui fournissait des informations aux forces de l’ordre. L’audience a également permis de fournir des preuves confirmant l’existence de nombreuses caméras de surveillance, placées sur les véhicules des forces de l’ordre ou utilisées par des agents, dont les enregistrements audio ou vidéo n’ont pas été fournis par le gouvernement, ainsi que la loi l’exige.

Red Fawn Fallis a été arrêtée le 27 octobre 2016, et est accusée de Trouble à l’ordre Civil, d’avoir déchargé une arme à feu dans le cadre d’un crime avec violence, et de possession d’arme à feu et de munitions par une délinquante condamnée. L’accusation de ‘Trouble à l’ordre Civil’, rarement utilisée, condamne la participation à des troubles à l’ordre public et a historiquement été utilisée à l’origine contre des activistes politiques et des communautés de couleur. La Requête de communication de pièces exige que le gouvernement révèle si des “actes violents”, qui sont la base de l’accusation de Trouble à l’Ordre Civil, ont été déterminés par une enquête menée par des informateurs payés, des agents secrets ou une firme de sécurité privée.

Miss Fallis est représentée par les avocats Molly Armour, Jessie Cook et Bruce Ellison, et doit comparaitre le 29 janvier 2018, devant la Cour de District des Etats-Unis pour le District du Dakota du Nord, à Fargo. Elle a été incarcérée sans caution pendant un an, et elle est actuellement assignée à résidence dans une ‘maison de transition’, où elle se prépare pour le procès.

Red Fawn Fallis, une Sioux Lakota, est une des sept accusés au niveau fédéral dont les affaires découlent des évènements du 27 octobre 2016, à Standing Rock, et elle sera la première à être jugée. Plus de 300 Protecteurs de l’Eau attendent encore d’être jugés au niveau de l’état.

 

 

Nataanii Means was one of the speakers during the 37th Annual Day of Solidarity with Indians of the Americas organized by the CSIA-nitassinan on October 14th 2017. He talked about his experience in Standing Rock, during the struggle against the DAPL and commented on the documentary “Rise”, by Michelle Latimer, produced by Viceland.

After having presented himself, as Lakota, Omaha and Dineh, and thanked the people in the audience for having taken time from their Saturday in order to be there, Nataanii talked about what he had been going through last year.

Christine Prat

 

Nataanii Means in Paris, en français
37th Day of Solidarity with American Indians
organized by CSIA-nitassinan
Recording and transcript Christine Prat
October 14th, 2017
Also published on Censored News

 

“For the past two years, the CSIA has brought me out to perform, to speak, and last year I was living at the camps, I was living in a Teepee with my friend Tyler, in the Camp Red Warrior. I took time to fly over here and then I went back. The tension had grown a lot and I ended up being arrested, on November 27th. It was the day we called ‘The Treaty Camp Raid’. I think our initial charges were a felony charge and three misdemeanor charges.

Just watching that film brought back a lot of memories, a lot of good memories, a lot of bad memories, a lot of regret, a lot of pain, and a lot of anger. You know, a lot of us, we gave up a lot to go out there and our whole lives changed after that. The film was very beautiful, the pictures are very beautiful, of my people, and I don’t want you to keep that in your head as how we are all the time. Because we come from very hard circumstances. Our biggest fight, our whole fight, was with each other. I have to tell you straight away, because we fought each other hard. And it was really a struggle to even go on, like to physically stop the pipeline, we were fighting eternally just to do that. Because a lot of people in the camps did not respect the diversity of tactics.

A lot of people gained a lot of things from this fight, you know, as far as Eagle boots, as far as money… For me, I gained a lot of regret. I was just talking to Tara [Houska], right there, we were watching the end of that video… Fuck that, man! It ends so badly! And all those veterans coming, it did not help anything. From the beginning of the camps – you have to understand – our people have been oppressed for so long, that we have just not gained the knowledge and the just understanding of what matriarchy is. But ideas of patriarchy are so implemented into older people, they have suffered through the system, it has just been in them, for generations. It was really hard to work in that camp because of those ideas of patriarchy, they kind of reign supreme, even though we were trying to stay true to ourselves. Myself and a few of my friends, we stayed through the winter, after we were ended, we stayed three months after that. And that’s when we’ve really seen the corruption of Standing Rock Sioux Tribe [council], of IRA [Indian Reorganization Act] governments. We’ve seen how those veterans showed up, ended up infiltrating into certain groups and dividing the people. Later on, we found out that those infiltrating groups were bringing drugs in. And the winter was really hard, one of the hardest we’d been through, we got four blizzards. And that’s when I learned how to be, it was one of the hardest times of my life. It was how I learned to be a human being, I think. Because we had to care for each other, we had to watch out for each other. It was not about any kind of groups in the camp, it was about who is living there. And it was about not freezing to death. And that kind of detoured us from thinking about the pipeline. During that time, the work was presumably halted. But they were drilling underneath the river the whole time they were not supposed to be working. We did not have the numbers, we did not have the support, and we did not have the energy to even carry out any kind of action to stop the drilling.

I tell you the story because I thought it would help, but I don’t want to keep these guys [other speakers] waiting because I tell a long story. I tell you the story on this one:

There is one point in February when with Witko and Tufawon, we got back from a trip [to call banks to disinvestment], and our friends Yazz and Sage, and a few other people said “we have an idea”. They had this paper, it was divided in three sections and one said ‘weeks’, the other said ‘months’ and the other said ‘years’. I said ‘what is this?’ And they told me ‘if you had to do time, how much do you wanna do, to stop this pipeline?’ I just looked at it and I thought ‘no time’. We were suffering of severe paranoia, and we were tired all the time, and it was cold, and there are a lot of things that are not seen on camera: we fought the cops many times on the bridge, the National Guard… and by that time we got arrested most of the time, so I looked at that paper and I said ‘years’. And that’s not to brag, that’s not to be seen as this much of a warrior, I don’t think of myself as a warrior. I mean, I would have preferred it to be weeks, but I looked at it, ‘if I want to do this, it is when I want to sacrifice’. And it was only me and Sage that picked years. And each category had a role to play in our plan. Anyway, they had a women gathering a couple of days after that, a few of my aunts came to share wisdom with those young women and they got some power in camps, it was really good to see. When I say ‘my aunts’, it’s Madonna Thunderhawk and Marbella Philips. They were part of that women’s camp. We went to them with the plans to ask their advice, because those women were at Wounded Knee in 1973 and since that time, they’ve done so much work for the movement. So, I asked them what they thought. And they told me ‘you’re too young, we don’t need you in prison yet. There are already enough of us in prison’. And it confused me. I did not know how to feel about that. And they really did not want us to do it. So, we listened to them. For we value them, we value their opinions, their wisdom. So, we did not go through with the plan, we went through with another one, which did not even work. The cops had finally found out about it. That’s the end of February, that’s when they closed the camps. And they had done drilling in March. But ever since that decision, every day I think about that.

What remain is torment and regret. I don’t think we won. I think we lost, we lost our fight. And I know about losing fights!

I don’t know what the answer is, I don’t want to pretend to know what the answers are. I know what I have to do as an indigenous young man. I am honored to be up here, with these people, I am honored to be here with you and I am honored to represent my Nation, and I just came to the realization a while ago, that we’re gonna have to fight every single day in our life and that’s something I don’t expect you to understand, I don’t think you will understand it, but that’s what we do, that’s who we are. And I think that balances my torment, because I am so proud to be this person I am, so proud to have my ancestors running through my veins. So, I am going to honor them the best way I can, every single day of my life. And I’ll continue to fight, whether that be through music, through art, through court systems, through frontline work, for community development or with the youth.”

 

 

In English

Nataanii Means était l’un des intervenants, lors de la 37ème Journée de Solidarité avec les Indiens des Amériques organisée par le CSIA-nitassinan. Il a parlé de son expérience à Standing Rock, lors de la lutte contre l’oléoduc DAPL, de ses regrets et de ses espoirs, et commenté le documentaire de Michelle Latimer “Rise”, sur Standing Rock.

Après s’être présenté, comme Lakota, Omaha et Diné, il a remercié les personnes présentes d’avoir pris du temps sur leur samedi pour être là, Nataanii a raconté ce qu’il avait vécu, l’an dernier, à Standing Rock.

J’ai transcrit et traduit l’essentiel de ce qu’il a dit.

Christine Prat

 

“Ces deux dernières années, le CSIA m’a invité ici pour chanter et pour parler. L’an dernier, je vivais dans les camps, je vivais dans un Tipi avec un ami, dans le camp Red Warrior. J’ai pris le temps de venir ici en avion, puis je suis retourné là-bas. La tension avait beaucoup monté, et j’ai finalement été arrêté, le 27 novembre 2016. C’était le jour que nous avons baptisé ‘Le Raid du Camp du Traité’. Je crois que les accusations initiales portées contre nous constituaient un délit et trois infractions.

“Le film que nous venons de voir a fait remonter beaucoup de souvenirs, beaucoup de bons souvenirs, beaucoup de mauvais souvenirs, beaucoup de regrets, beaucoup de souffrance, et beaucoup de colère. Vous savez, la plupart d’entre nous ont renoncé a beaucoup de choses pour aller là-bas, et nos vies ont été complètement changées, après ça. Le film est très beau, les images sont très belles, ces images de mon peuple, mais je ne voudrais pas que vous gardiez cela dans vos esprits comme étant ce que nous sommes tout le temps. Parce que nous avons traversé des circonstances très dures. Notre plus grand combat, l’essentiel de notre combat, était entre nous. Je dois vous le dire tout net, nous nous sommes combattus les uns les autres très durement. Et c’était une véritable lutte pour, ne serait-ce que continuer, à bloquer l’oléoduc physiquement, nous nous battions éternellement rien que pour faire cela. Parce que beaucoup de gens dans les camps ne respectaient pas la diversité des tactiques.

Un grand nombre de gens ont gagné beaucoup de choses dans ce combat, jusqu’à des bottes [de marque] Eagle, jusqu’à de l’argent… Pour ma part, j’ai gagné beaucoup de regrets. Je parlais justement à Tara [Houska], il y a un instant, nous regardions la fin de cette vidéo… Putain, mec! Ça se termine tellement mal! Et tous ces vétérans qui sont venus, ça n’a absolument pas aidé. Il faut que vous compreniez que, dès le début des camps, parce que notre peuple avait été opprimé pendant si longtemps, nous n’avions pas acquis la connaissance, la compréhension, de ce qu’est le matriarcat. Les idées patriarcales sont tellement incrustées chez les plus âgés, qui ont souffert du système, que c’est en eux, depuis des générations. C’était extrêmement difficile de travailler dans ce camp, parce que ces idées patriarcales, régnaient, étaient suprêmes, même si nous essayions de rester honnêtes avec nous-même. Avec quelques amis, nous sommes restés pendant l’hiver, après que nous ayons arrêté notre camp, nous sommes restés trois mois. Et c’est alors que nous avons vu la corruption de la Tribu Sioux de Standing Rock [le Conseil Tribal], et des gouvernements selon l’IRA [Indian Reorganization Act, une loi sur le statut des Réserves]. Nous avons vu ces vétérans apparaître, et finalement infiltrer certains groupes, et diviser les gens. Plus tard, nous avons découvert que ces groupes qui infiltraient, faisaient entrer de la drogue. Et l’hiver était particulièrement dur, un des plus durs que nous ayons connu, nous avons eu quatre blizzards. Et c’est alors que j’ai appris à être, ça a été une des périodes les plus dures de ma vie. C’est comme cela que j’ai appris à être un être humain, je crois. Parce que nous devions prendre soin les uns des autres, et nous avions à nous méfier les uns des autres. Il ne s’agissait pas de certains types de groupes dans le camp, il s’agissait de qui vivait là. Pendant ce temps, les travaux [du DAPL] étaient supposés être arrêtés. Mais ils creusaient sous le fleuve, tout le temps où ils n’étaient pas supposés travailler. Nous n’étions pas assez nombreux, nous n’avions pas assez de soutien, et nous n’avions pas l’énergie pour entreprendre une quelconque action pour les empêcher de creuser.

Je vous raconte cette histoire parce que je pense que ça peut aider, mais je ne veux pas laisser les autres [intervenants] attendre, en racontant une longue histoire. Je vous raconterai encore celle-ci:

A un moment, en février [2017], alors que Witko, Tufawon et moi rentrions d’un voyage [pour appeler les banques à désinvestir du DAPL], nos amis Yazz et Sage, et quelques autres nous dirent ‘nous avons une idée’. Ils avaient un papier, divisé en trois sections, l’une appelée ‘semaines’, l’autre ‘mois’ et la troisième ‘années’. J’ai demandé ‘qu’est-ce que c’est que ça?’ Et ils me dirent ‘si tu dois faire de la prison, combien de temps est tu prêt à faire, pour arrêter cet oléoduc?’ J’ai regardé et pensé ‘pas de prison du tout’. Nous souffrions de sévère paranoïa, nous étions tout le temps fatigués, il faisait froid, et il y avait beaucoup de choses qui n’ont pas été filmées par la caméra: nous avons combattu les flics à de nombreuses reprises, sur le pont. Et à ce moment-là nous étions arrêtés la plupart du temps, alors j’ai regardé le papier et j’ai dit ‘des années’. Et ce n’est pas pour me vanter, ce n’est pas pour être vu comme un grand guerrier, je ne me considère pas comme un guerrier. Je veux dire, j’aurai préféré des semaines, mais j’ai réfléchi, ‘si je veux faire ça, c’est le moment de me sacrifier’. Et seuls Sage et moi avons choisi les années. Chaque catégorie avait un rôle à jouer dans notre plan. Enfin, il y a eu une réunion de femmes, quelques jours plus tard, certaines de mes tantes étaient venues pour partager leur sagesse avec ces jeunes femmes, et elles ont acquis un certain pouvoir dans les camps, ça faisait plaisir à voir. Quand je dis ‘mes tantes’, il s’agit de Madonna Thunderhawk et de Marbella Philips. Elles étaient dans ce camp de femmes. Nous sommes allés les voir avec nos plans pour leur demander conseil, parce que ces femmes étaient à Wounded Knee en 1973, et depuis, elles ont accompli tellement pour le mouvement. Alors, je leur ai demandé ce qu’elles pensaient. Et elles me dirent ‘vous êtes trop jeunes, nous n’avons pas besoin de vous en prison pour le moment. Il y a déjà suffisamment d’entre nous en prison.’ Et j’étais troublé. Je ne savais pas ce que je devais en penser. Et elles ne voulaient vraiment pas qu’on le fasse. Alors, nous les avons écoutées. Parce que nous les estimons, que nous estimons leurs opinions et leur sagesse. Donc, nous n’avons pas mis notre plan en pratique, nous en avons essayé un autre, qui n’a même pas marché. Les flics avaient fini par le découvrir. C’était fin février, quand ils ont fermé les camps. Et ils avaient creusé en mars. Mais depuis cette décision, j’y pense tous les jours.

Ce qui reste, c’est le tourment et les regrets. Je ne pense pas que nous avons gagné. Je pense que nous avons perdu, nous avons perdu notre combat. Et j’en sais quelque chose, des combats perdus!

Je ne connais pas la réponse, je ne veux pas prétendre connaître les réponses. Je sais ce que j’ai à faire en tant que jeune Autochtone. C’est un honneur d’être ici, avec ces gens, je me sens honoré d’être ici avec vous, et c’est un honneur pour moi de représenter ma Nation. Et je me suis rendu compte, il y a peu de temps, que nous devrons combattre chaque jour de notre vie, c’est quelque chose que je n’attends pas que vous compreniez, je ne pense pas que vous le comprendrez, mais c’est ce que nous devons faire, c’est ce que nous sommes. Et je pense que ça compense mon tourment, parce que je suis fier d’être la personne que je suis, et si fier d’avoir mes ancêtres coulant dans mes veines. Alors, je vais leur rendre honneur de la meilleure façon que je peux, chaque jour de ma vie. Et je continuerai à combattre, par la musique, par l’art, part les tribunaux, sur le front, pour le bien de la communauté, ou avec les jeunes.”

 


Photo MuckRock

 

Note: MuckRock est, d’après Wikipedia, une association fondée par deux diplômés de Cornell University, pour défendre la Loi sur la Liberté d’Information.

 

DES PROMOTEURS D’APARTHEID REDUISENT LES CRITIQUES AU SILENCE, INSTALLENT DES TOURS DE SURVEILLANCE ET SONT OBSEDES PAR LA PRESENCE D’UN DRAPEAU PALESTINIEN A STANDING ROCK

Par Brenda Norrell
Censored News
20 juillet 2017
Traduction Christine Prat

 

Quarante-trois Sénateurs des Etats-Unis veulent faire un crime du boycott d’Israël et du soutien à la Palestine. Pendant ce temps, le site MuckRock révèle que les mercenaires non-autorisés de TigerSwan ont harcelé des Palestiniens dans les camps de Standing Rock. Les firmes de relations publiques engagées par Dakota Access Pipeline – et leur réseau de médias – étaient particulièrement obsédées par un drapeau Palestinien vu à Standing Rock.

Ceci arrive alors que l’entrepreneur Israélien pro-Apartheid Elbit Systems s’apprête à construire des tours de surveillance dans une zone du territoire de la Nation Tohono O’odham où se trouvent des sites funéraires O’odham.

 

Un entrepreneur Israélien s’apprête à construire des tours de surveillance sur des cimetières O’odham

Les Etats-Unis ont déjà attribué le contrat pour construire des tours d’espionnage en territoire Tohono O’odham à Elbit Systems, un entrepreneur sous contrat avec le gouvernement Israélien qui pratique l’Apartheid quotidiennement sur les frontières Palestiniennes et dans le ciel avec des drones.

Jusqu’à maintenant, le Conseil Législatif Tohono O’odham élu n’a pas soutenu le District de Gu Vo [le district de Gu Vo est une subdivision administrative de la Réserve Tohono O’odham, à la frontière Arizona/Mexique]. Gu Vo avait exigé que les Etats-Unis et Israël mettent un terme aux projets actuels de construire ces tours de surveillance en territoire Tohono O’odham, là où il y a des sites funéraires. Gu Vo a rédigé une résolution pour objecter, elle a été ignorée.

A Standing Rock, le soutien des Palestiniens était surveillé par TigerSwan, les mercenaires embauchés par Dakota Access Pipeline. Ces mercenaires extrêmement bien payés, ont été embauchés pour espionner, infiltrer et finalement, organiser une force de police militarisée contre des personnes âgées, des femmes et des enfants sans armes. TigerSwan n’avait pas la licence pour travailler dans le Dakota du Nord. Auparavant, des plaintes avaient été déposées contre le propriétaire de TigerSwan, pour violence familiale. TigerSwan, sans licence, dirigeait la sécurité de DAPL à Standing Rock, supervisant de nombreux contractuels de firmes de sécurité privées, et, à la fin, des forces de police lourdement armées, entre autres avec des véhicules militaires.

Dakota Access Pipeline s’appuyait sur les mercenaires de TigerSwan, et des firmes de relations publiques, pour faire son sale travail à Standing Rock

Le site de MuckRock relate aujourd’hui [20 juillet 2017] comment les camps des Protecteurs de l’Eau de Standing Rock étaient surveillés, et plus particulièrement, le drapeau Palestinien dans l’un des camps.

“La plaie des Relations Publiques qui travaillaient pour les guerres de Bush, ont travaillé pour discréditer le mouvement #NoDAPL comme ‘agitateurs venus de l’extérieur de l’état’, avec des liens avec la Palestine et Soros” écrivait MuckRock.

“Des emails montrent que les firmes Delve et Off the Record Strategies, apparemment contractées par l’Association Nationale des Sheriffs (NSA), ont travaillé en secret sur les points de discussion, l’influence des médias et la formation aux communications pour les forces de l’ordre s’occupant des opposants au Dakota Access mobilisés dans la Réserve Sioux de Standing Rock, à Cannon Ball, dans le Dakota du Nord” selon les reportages de MuckRock.

“Comme il a été rapporté par le Blog DeSmog, la firme DCI Group, liée au Parti Républicain [GOP], a dirigé les relations publiques de façade pour Dakota Access, via un groupe servant de devanture appelé Midwest Alliance for Infrastructure Now (MAIN). Aujourd’hui, MAIN s’est transformé en une activité nationale connue sous le nom Grow America’s Infrastructure Now (GAIN).”

Voir l’article de MuckRock.