LE MUR DE TRUMP A LA FRONTIERE US/MEXIQUE SIGNIFIE LA MORT DES ESPECES MENACEES ET DES SITES SACRES

Photos ©Ofelia Rivas, Tohono O’odham
Article de Brenda Norrell
©Censored News
31 août 2019
Traduction Christine Prat

AJO, Arizona – Tandis que les bulldozers de Trump détruisent le Désert encore vierge du Sonora, à proximité du site classé du Cactus “Tuyau d’Orgue” [Organ Pipe Cactus National Monument], les Tohono O’odham et des habitants d’Arizona manifestent contre ces destructions inhumaines.

Ofelia Rivas, Tohono O’odham qui vit à la frontière, a déclaré à Censored News “C’est un beau jour dans le pays O’odham, un groupe de gens unis est venu pour être le porte-parole des terres et de la nature contre la politique génocidaire d’un système de gouvernement inhumain, qui attaque toute forme de vie.”

“La Société de ces terres volées devrait condamner en justice les crimes inhumains de cet infâme individu.”

“Le groupe continuera à être une voix pour l’honneur des abeilles, des animaux sacrés menacés, des plantes, et de tout le territoire et des gens qui l’habitent” dit Ofelia Rivas.

Toutes les lois sur les espèces menacées et toutes les lois qui protègent les sites sacrés des Autochtones ont été pulvérisées. La construction du mur de frontière utilise déjà une quantité énorme d’eau du désert pour faire du béton.

Ces défenseurs du territoire protestent aussi contre les tours d’espionnage Israéliennes qui visent maintenant la Nation Tohono O’odham. L’entreprise Israélienne Elbit Systems projette de construire d’autres tours d’espionnage et de détruire des sites funéraires sacrés et des lieux de cérémonie de la Nation Tohono O’odham. Le gouvernement tribal a approuvé ces tours en mars dernier, mais le District de Gu-Vo continue de s’opposer à ce qui constitue une oppression et des destructions. Elbit se charge déjà de la sécurité de l’Apartheid en Palestine.

Ofelia Rivas est la fondatrice de “Voix O’odham contre le Mur” [O’odham Voice Against the Wall], et a passé sa vie à combattre les méfaits de la Patrouille des Frontières des Etats-Unis. Ofelia vit à la frontière, dans la Nation Tohono O’odham et est porte-parole des droits humains.

Vous pouvez faire des dons à Ofelia sur son site, pour payer l’essence nécessaire à son action, sur:

http://tiamatpublications.com/

Les photos ©Ofelia Rivas, Tohono O’odham,
pour Censored News,
ne peuvent être utilisées sans autorisation.

 


Ofelia Rivas en Jamaïque, photo Brenda Norrell

LA SECURITE INTERIEURE U.S. MALTRAITE LES TOHONO O’ODHAM DANS LEUR PROPRE TERRITOIRE. TEMOIGNAGE D’OFELIA RIVAS EN JAMAIQUE.

Photos et article par Brenda Norrell
Censored News
19 mai 2019
Traduction Christine Prat

KINGSTON, Jamaïque – Ofelia Rivas, Tohono O’odham, a dit dans son témoignage que les gens de son peuple étaient maltraités par la Sécurité Intérieure des Etats-Unis, et que son territoire était militarisé, tout comme c’est le cas à Standing Rock.

S’adressant à la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme en Jamaïque, Ofelia parla de 500 ans de politiques génocidaires qui aboutissent aujourd’hui à ce que son peuple soit constamment attaqué par les Etats-Unis. “La Sécurité Intérieure des Etats-Unis a criminalisé les Tohono O’odham” dit Ofelia.

A la suite de son témoignage, lorsqu’elle est retournée chez elle, elle a été retardée pendant deux jours, subissant des fouilles répétées, les autorités des Etats-Unis ayant mis le statut ‘SSSS’ sur ses cartes d’embarquement, de Miami à l’Arizona.

Elle commença son témoignage en Jamaïque en saluant le Peuple Arawak, ancêtres des Autochtones de l’île. Ofelia dit qu’elle parlait en tant que descendante et témoin direct de plus de 500 ans d’atroces politiques de génocide contre les Peuples Autochtones, de la part des gouvernements des Etats-Unis.

Le Traité de Guadalupe Hidalgo en 1848, et l’Acquisition Gadsden en 1953, ont divisé son territoire d’origine entre deux pays, les Etats-Unis et le Mexique, ont déplacé des O’odham et les ont exilés, dit-elle dans son témoignage. “Aujourd’hui, aux Etats-Unis, nous existons sur un dixième de nos territoires d’origine.”

Ofelia dit comment les territoires O’odham au Mexique avaient été perdus. “Nos terres ont été volées et vendues par le gouvernement de l’état, et reprises par les cartels de la drogue” dit-elle dans son témoignage.

Dans la Nation Tohono O’odham [la Réserve dirigée par le Conseil Tribal, dans le sud de l’Arizona – NdT], l’impact le plus récent a été la militarisation de nos territoires, après le 11 septembre [2001]. “Des lois racistes et inhumaines, comme le Patriot Act, et les lois sur l’immigration” ont conduit à des maltraitances constantes des Tohono O’odham. “Maintenant, des gens sont attaqués avec des chiens.” “Leurs domiciles sont envahis et ils sont détenus dans leur propre maison, avec leurs enfants.” “Les gens sont attaqués par des militaires armés, forcés de quitter la route, et détenus sans raison.” “La Sécurité Intérieure des Etats-Unis a criminalisé les Tohono O’odham.”

Ofelia dit avoir été témoin de comment des Anciens O’odham, de plus de 80 ans, avaient été mis à genoux près de la route, les bras en l’air, parce qu’ils n’avaient pas compris les exigences de prouver leur citoyenneté. “Ils parlent leur propre langue et ne comprennent pas les ordres de parler Anglais ou Espagnol” dit-elle dans son témoignage.

Elle dit que l’intention des Etats-Unis était d’éradiquer les gens dits ‘inférieurs’ par sa politique génocidaire. Ofelia dit aussi que l’intention des Etats-Unis était d’appliquer leur politique de ‘destiné manifeste’, comme le monde entier avait pu le voir lors de l’attaque des Protecteurs de l’Eau à Standing Rock.

“Je prie pour que tous les animaux, les plantes, les êtres vivants soient reconnus et protégés” dit-elle pour conclure.

Ofelia a témoigné de la criminalisation des Peuples Autochtones avec Michelle Cook, avocate et organisatrice Diné, Casey Camp, membre du Conseil Tribal Ponca, et Leoyla Cowboy, Diné, épouse du Protecteur de l’Eau emprisonné Michael Little Feather Giron.

La délégation de femmes Autochtones a témoigné le 9 mai, à Kingston, à l’Université des Indes Occidentales.

La Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme a entendu des témoignages de l’ensemble des Amériques.

©Brenda Norrell

LES FEMMES AUTOCHTONES REVENUES DE JAMAIQUE HARCELEES PAR LA SECURITE US À LEUR RETOUR

Par Brenda Norrell
Censored News
12 mai 2019
Traduction Christine Prat

Interview d’Ofelia Rivas par Govinda Dalton, en anglais et O’odham, pas de sous-titres

TUCSON, Arizona – La militarisation de Standing Rock ne diffère pas de celle qui règne à la frontière sud, sur le territoire de la Nation Tohono O’odham.

“Ils veulent essayer de nous traiter comme si nous n’étions pas des êtres humains”, dit Ofelia Rivas, Tohono O’odham, dimanche après-midi [12 mai 2019].

Ofelia, qui rentrait d’une audience de la Commission Interaméricaine sur les Droits de l’Homme en Jamaïque, a raconté comment elle avait été harcelée et victime de profilage en rentrant aux Etats-Unis.

Après l’audience en Jamaïque, vendredi, Ofelia a été repérée et retardée pendant deux jours, après que l’indication “SSSS” ait été imprimée sur ses cartes d’embarquement. Ayant subi des fouilles constantes, des retards et du harcèlement à Miami et à Dallas, Ofelia dit que c’était la même méthode de profilage, de ciblage et de traitement inadmissible à laquelle elle-même et d’autres O’odham sont soumis quotidiennement à la frontière US/Mexique, dans leur propre territoire.

Cet acharnement à fait, qu’elle et d’autres femmes Autochtones ayant témoigné en Jamaïque, ont manqué leur vol.

Le voyage de Miami en Arizona, qui ne devrait prendre que quelques heures en avion, a duré deux jours.

Le billet d’avion d’Ofelia avait été marqué “SSSS”, une tactique du gouvernement américain en train de devenir courante pour les militants des droits de l’homme Autochtones.

Après Tucson, Ofelia doit encore traverser plusieurs points de contrôle. Ça entraîne souvent des retards supplémentaires, surtout pour Ofelia Rivas et d’autres qui parlent O’odham. Ils sont souvent retenus pour une vérification supplémentaire par les agents de la Patrouille des Frontières U.S.

Dans une interview de Govinda Dalton, de Earthcycles, dimanche après-midi, Ofelia Rivas a parlé de 500 ans de pratiques génocidaires, qui continuent jusqu’à aujourd’hui. Ofelia dit que la Patrouille des Frontière, qui relève de la Sécurité Intérieure, essayait d’opprimer les gens.

A l’audience sur les Droits de l’Homme, en Jamaïque, Ofelia Rivas dit que son intention était de décrire la militarisation et la tentative de déshumaniser les gens, menée par le gouvernement des Etats-Unis.

Ofelia Rivas faisait partie d’une délégation de femmes Autochtones qui témoignaient sur la criminalisation des Autochtones.

Jeudi, Michelle Cook, Diné, Leoyla Cowboy, Diné, et Casey Camp Horinek, Ponca, ont témoigné en Jamaïque. Elles ont parlé des violations commises par la police à Standing Rock, et de tous ceux qui maintenant souffrent encore parce qu’ils protègent l’eau.

“Ce que j’ai souligné là-bas, c’était l’état d’esprit du gouvernement des Etats-Unis,” dit Ofelia Rivas, parlant du racisme contre les gens de couleur aux Etats-Unis. “Nous sommes sous surveillance en permanence.”

“Cette politique inhumaine signifie que nous ne sommes pas traités comme égaux en tant qu’êtres humains.”

Ofelia Rivas dit que “des militaires lourdement armés interrogent nos Anciens”, qui ne parlent ni Anglais ni Espagnol. Ils parlent O’odham.

Les nouvelles tours de surveillance ont été approuvées par la Nation Tohono O’odham [id. conseil tribal], dit Ofelia.

La compagnie, Elbit Systems, d’Israël, est la même compagnie qui opprime le peuple de Palestine.

Ofelia Rivas dit que le ciblage et les retards pour rentrer chez soi étaient le type de harcèlement que les Palestiniens et les Autochtones subissent partout dans le monde.

“J’ai dû subir ça pendant deux jours, pour essayer de rentrer chez moi, et je n’y suis pas encore.”

“Nous avons survécu depuis 500 ans à ce type d’attaques contre nos vies.”

“Nous survivrons à ces attaques-ci aussi.”

“J’ai l’impression que ce qui s’est passé à Standing Rock a ouvert les yeux du monde sur la politique génocidaire des Etats-Unis, dans le pays qu’ils appellent le plus grand pays du monde.”

“Seulement, ça ne s’applique pas à certaines personnes, et certainement pas à moi.”

Cette attitude flagrante des Etats-Unis à l’égard des Droits des Peuples Autochtones était évidente à l’audience, où les Etats-Unis ont manqué de respect envers les membres de la Commission.

Ofelia Rivas souligna que pendant l’audience, la délégation de l’Ambassade des Etats-Unis et du Département d’Etat [Affaires Etrangères], avait dit à la Commission qu’elle était “incompétente” et que les Etats-Unis n’avaient pas à se soumettre à ces lois – des lois qui gouvernent le monde, dit Ofelia Rivas.

“J’espère pouvoir parler au nom de tous les animaux et plantes, et des gens qui ne peuvent pas se faire entendre.”

Ofelia Rivas dit que les grandes compagnies remplissaient certaines poches et impactaient tous les aspects de notre vie.

Quand la Nation Tohono O’odham a approuvé les tours de surveillance, (connues comme tours d’espionnage), ils n’ont pas pensé aux conséquences pour le monde naturel, dit-elle.

Ils n’ont pas pensé aux abeilles, qui pollinisent les plantes, ni aux générations futures, dit-elle.

Malgré les tentatives des Etats-Unis de convaincre les gens que des terroristes pourraient entrer par la frontière sud, Ofelia dit que des enquêtes ont prouvé le contraire. “Nous ne croyons pas en ces foutaises.”

A l’audience en Jamaïque, le Mexique a parlé des femmes et des enfants Autochtones disparus. Elle dit que ça arrive aux femmes et enfants Autochtones partout dans le monde. (Dans l’interview de Govinda Dalton, elle parle des femmes disparues ou assassinées aux Etats-Unis et au Canada).

 

LE RACISME DANS LES PAYS OCCIDENTAUX SOI-DISANT ‘DEMOCRATIQUES’ TUE DES DIZAINES DE MILLIERS DE MIGRANTS POUR MAINTENIR LA DOMINATION DU CAPITALISME UN PEU PLUS LONGTEMPS

Christine Prat  English
24 juillet 2018

 

Depuis quelque temps déjà, les politicards occidentaux et leurs médias répètent tous les jours que nous faisons face à une ‘Crise Migratoire’. Ça a été tellement répété que presque plus personne ne met leur slogan en question. S’il y a des désaccords, c’est sur ce qu’il faudrait y faire. Il est temps d’essayer de dire quelques vérités.

Il n’y a pas de ‘Crise Migratoire’, mais une Crise Raciste largement causée et alimentée par les pouvoirs Suprémacistes Blancs et Européens, dont les dirigeants croient depuis longtemps que leurs électeurs sont avant tout racistes. S’il est malheureusement vrai que beaucoup d’occidentaux, européens ou d’origine européenne, sont racistes – le racisme est totalement irrationnel et fondé sur une ignorance extrême, la connaissance étant remplacée par les cris des médias dominants – les gens ne votent pas d’abord contre l’immigration, mais contre leurs conditions de vie de plus en plus dures sous le joug du capitalisme sauvage. Il est bien sûr très inquiétant que de plus en plus de pays d’Europe ou d’Amérique votent pour des partis d’extrême droite, mais ce n’est certainement pas la faute des migrants.

Il ne faut certainement pas oublier que beaucoup de réfugiés qui essaient d’entrer en Europe fuient des guerres initiées pas les Etats-Unis et/ou des pays européens. Il ne faut pas oublier non plus que les pays d’où viennent les migrants ont été envahis et colonisés longtemps (certains le sont encore) par ces pays occidentaux qui veulent les rejeter à tout prix maintenant. Et il faut savoir qu’il y a encore beaucoup plus de réfugiés de ces guerres qui se trouvent dans les pays voisins, en Afrique ou au Moyen-Orient, que dans n’importe quel pays occidental. (A une époque, l’Iran était le pays qui accueillait le plus grand nombre de réfugiés au monde – pas parce que le régime est plus humain, mais parce que les Iraniens sont généralement moins racistes que les Européens ou les Nord-Américains blancs). Les pays où les réfugiés fuient sont trop pauvres pour les nourrir, c’est pourquoi certains essaient d’atteindre l’Europe – ou les USA, s’ils fuient des régimes d’Amérique du Sud ou Centrale.

Ces gens sont suffisamment désespérés pour risquer – et souvent perdre – leur vie, en essayant d’atteindre des pays qui n’arrêtent pas de se vanter d’être ‘riches’ et ‘libres’. Des dizaines de milliers de migrants meurent en essayant de traverser la Méditerranée, A la frontière US/Mexique, l’association ‘No More Deaths‘ compte les cadavres de migrants trouvés dans le Désert de Sonora, morts en essayant d’atteindre la frontière des Etats-Unis.

Actuellement, les dirigeants européens – et leurs complices des médias – clament qu’ils négocient avec les pays africains pour trouver des accords visant à empêcher les migrants de traverser la Méditerranée, insinuant qu’ils essaient de trouver des solutions pour les réfugiés dans ces pays. Dans un article de Bill van Auken, publié par Counter Currents le 26 juin 2018, on peut lire que deux fois plus de migrants meurent dans le Sahara, que dans la Méditerranée, qu’ils n’ont jamais atteinte. L’article dit aussi que les militaires algériens – qui ont toujours eu beaucoup d’amis parmi les politiciens français et les grandes compagnies – repoussent les réfugiés vers la frontière du Niger, au milieu du Sahara, et les forcent à repartir à pied, sans leur avoir donné de nourriture ni d’eau. Il y a au moins 15km jusqu’à la frontière du Niger, et dans cet environnement, pour des gens qui ont été privés de nourriture et d’eau pendant des jours, c’est la mort quasi certaine.

Citations de l’article:

“Cette sinistre révélation de l’Associated Press est illustrée par des vidéos sur lesquelles on peut voir des centaines de migrants trébuchant dans une tempête de sable, et d’autres transportés dans des camions surchargés, pour être largués à la frontière de l’Algérie avec le Niger et forcés de marcher dans le désert à la pointe du fusil.

Comme l’Associated Press l’a dit clairement, la politique meurtrière du gouvernement algérien est appliquée à la demande de pays de l’Union Européenne, qui cherchent de plus en plus à pousser les régimes d’Afrique du Nord à devenir leur garde-frontière, et à entraver le flux des migrants par l’intimidation, la violence et la mort”, dit l’article de Counter Currents.

Ce n’est qu’un exemple. La même chose se produit partout. Des politiciens français (et d’autres politiciens européens) ont beaucoup de bons amis parmi les militaires et les dictateurs africains. Mais demander au Mali, au Niger ou au Nigeria de coopérer pour contenir les réfugiés? On sait bien qu’ils ne contrôlent pas leurs frontières. La guerre française, supposée ramener la ‘paix’ au nord du Mali est un désastre, ça a tourné à la guerre civile, comme partout où des pays occidentaux sont intervenus. Le pire exemple est la Libye, transformée en chaos mortel depuis que des pays européens ont attaqué, sous prétexte de se débarrasser de Kadhafi. Pourtant, les pays européens demandent toujours à la Libye (y a-t-il encore un pays appelé comme ça?) de les aider à résoudre leur ‘problème’ de migrants. La Libye, comme l’Iraq et la Syrie, a été totalement détruite par les interventions occidentales, ne laissant que des guerres civiles derrières elles. Tout ce que certains militaires libyens peuvent faire, c’est de tirer sur les migrants.

Frontière US/Mexique

Les Murs qu’on construit partout.

Le plus connu est le Mur en Palestine. Ce n’est pas un mur de frontière. Il sépare les territoires occupés en 1948 de ceux qui ont été occupés en 1967. Il sépare les gens de leurs familles, de leurs champs, de leurs sites sacrés, et plus généralement les empêche de voyager. Evidemment, il a été construit entièrement sur des terres palestiniennes, c’est-à-dire que toute la largeur du mur, la route pour les flics et les militaires, et toute autre activité ‘Israélienne’, ont été prises sur des terres appartenant à des Palestiniens, pas un centimètre des terres volées par des colons illégaux n’a été utilisé. Bien entendu, les Palestiniens qui essaient de traverser peuvent se faire tirer dessus, ce que les médias dominants ne diront jamais.

Il y a aussi un mur, par endroits une barrière, construit à la frontière Etats-Unis/Mexique, qui avait été ignoré pendant quelques décennies par les médias, jusqu’à ce qu’il soit rebaptisé “Mur de Trump” par les politicards et journaleux qui n’aiment pas Trump. En fait, la construction a commencé il y a longtemps, et n’a pas été achevée, à cause des coûts exorbitants. Trump a bruyamment clamé qu’il terminerait la construction du mur, le ferait rehausser, et enverrait la facture au gouvernement mexicain – qui a immédiatement répondu qu’il n’en était pas question. Les Tohono O’odham, Yaqui et autres dont le territoire est arbitrairement coupé par la frontière, ont eu des problèmes bien avant l’élection de Trump. Leur territoire a été divisé sur une carte, avec une règle et une plume, par le Traité Guadalupe-Hidalgo de 1848. Jusqu’aux années 1990, les gens des villages traversés arbitrairement par la frontière (les Tohono O’odham disent: nous ne traversons pas la frontière, c’est la frontière qui nous traverse), pouvaient aller de l’autre côté sans trop de problèmes. Puis l’hystérie anti-migrants a commencé. D’après Ofelia Rivas, une Tohono O’odham de la frontière, les vrais problèmes ont commencé juste après le 11 septembre 2001.

Il y a beaucoup plus de murs dans le monde actuel. D’après un article de USA Today, publié le 24 mai 2018, il y aurait 77 murs, existants, en construction ou projetés partout dans le monde. D’après le site World Atlas – mis à jour le 1er août 2017 – il y a 20 murs existants, et d’autres en construction ou projetés – à part la Grande Muraille de Chine, la frontière Etats-Unis/Mexique, et le mur en Palestine. [Existants: Corée du Nord / du Sud, 1953; Chine / Hong Kong, les années 1960: Egypte / Palestine, 1979; Koweït / Iraq, 1991; Melilla – Espagnole – Maroc, 1998, mur anti-migrants; Ouzbékistan / Kirghizstan , 1999; Afrique du Sud / Zimbabwe, années 2000; Turkménistan / Ouzbékistan, 2001; Ouzbékistan / Afghanistan, 2001; Arabie Saoudite / Yémen, 2004; Brunei / Malaisie, 2005; Kazakhstan / Ouzbékistan, 2006; Arabie Saoudite / Iraq, 2014; Bulgarie / Turquie, 2014; Hongrie / Serbie, 2015; Hongrie / Croatie, 2015; Macédoine / Grèce, 2015. En construction: Chine / Corée du Nord; Iran / Pakistan; Emirats Arabes Unis / Oman; Slovénie / Croatie. Projets: Estonie / Russie; Belize / Guatemala]. Le nombre de murs racistes ne fait qu’augmenter. Des compagnies du bâtiment comme Lafarge – actuellement poursuivie pour crimes contre l’humanité pour avoir payé l'”Etat Islamique” pour pouvoir continuer à faire des affaires en Syrie – ne peuvent qu’approuver ces murs qui leur rapportent du fric. (Rappelez-vous des histoires concernant la compagnie de Dick Cheney, au cours de la 2ème guerre d’Iraq: elle vendait du matériel à l’armée américaine pour détruire, et des matériaux aux alliés des Etats-Unis pour reconstruire…)

Les politicards européens et leurs journaleux prétendent être sensible à la misère humaine (ils mentent), mais qu’on ne peut pas accepter tous les migrants! Tant que le monde occidental trouve normal que Gaza ait la plus haute densité de population au monde, mais aucun accès aux produits et services de base, il est hors de question d’admettre que les pays occidentaux ne peuvent pas héberger tout le monde.

Après avoir fait admettre qu’on ne pouvait pas les accueillir tous, ils insistent sur la différence impérative entre réfugiés ‘politiques’ et réfugiés ‘économiques’. C’est une mauvaise blague. La définition officielle de ‘réfugié politique’ est beaucoup trop étroite, celle de ‘réfugié économique’ beaucoup trop vague.

Dans la deuxième moitié des années 1990, j’ai été amenée à m’occuper du problème des réfugiés. J’ai rencontré des tas de gens, j’ai travaillé à temps complet pendant des mois, j’ai assisté à la cérémonie de Doctorat d’un mec qui avait fait sa thèse sur le Droit des Réfugiés Palestiniens dans la Loi Internationale, j’ai appris beaucoup, j’ai eu des tas d’informations et de témoignages, et ce que je peux dire est que tout ce qu’ils proclament sur leur politique vis-à-vis des réfugiés n’est que mensonges. La loi internationale ne résout rien, vu que les Etats ne sont pas tenus d’accepter des réfugiés, seulement de les traiter selon ladite loi s’ils en ont accepté.

D’abord, la définition de ‘réfugié politique’ s’applique seulement aux gens menacés par leur propre gouvernement (surtout si c’est un gouvernement ennemi de l’Occident), et de ce fait ne peuvent pas demander la protection des autorités de leur pays. Ça s’arrête là.

Quand les gens fuient une zone de guerre en passant par un pays voisin – parce qu’ils ne peuvent pas atteindre l’aéroport – et que ce pays est considéré comme ‘sûr’, mais n’a aucun moyen de les aider, ce qui fait qu’ils sont sûrs de mourir de faim et de soif, leurs demandes d’asile sont rejetées par les pays occidentaux, vu que la certitude de mourir de faim en fait des ‘réfugiés économiques’! En cas de guerres civiles, les gens qui tentent de s’échapper de régions tenues par des groupes d’opposition – même si ces groupes sont considérés comme ‘terroristes’ par l’occident – ne peuvent pas obtenir le statut de réfugiés politiques, vu que c’est leur gouvernement qui doit les protéger! Pendant l’atroce guerre civile en Algérie, dans les années 1990, des gens menacés par les ‘Islamistes’ essayaient d’obtenir l’asile politique en France – vu que les pays occidentaux étaient tellement horrifiés par les ‘Islamistes’ – mais leur demande était rejetée, les islamistes n’étant pas au pouvoir, c’était leur gouvernement qui devait les protéger! A l’époque, environs 200 réfugiés palestiniens du Liban avaient demandé l’asile aux Pays-Bas. “On” leur avait “conseillé” de dire qu’ils étaient menacés par le Hezbollah (considéré comme le pire ennemi par les pays occidentaux). Mais le Hezbollah n’était pas au gouvernement, donc ils n’étaient pas des ‘réfugiés politiques’. En plus, ce n’était pas le Hezbollah qui les menaçait, mais plutôt la milice Amal. Cependant, ils ne pouvaient pas changer leur déclaration, étant donné qu’ ‘avoir menti’ signifiait un refus et une expulsion immédiats et définitifs.

Le rejet des demandes d’asile au prétexte ‘d’avoir menti’ est une méthode courante pour se débarrasser des gens. L’interprétation de ceux qui décident est qu’il ne doit y avoir aucune différence entre la première déclaration du réfugié et ce qu’il ou elle peut dire au cours d’interrogatoires ultérieurs. Les gens qui arrivent directement d’un lieu de massacre peuvent être en état de choc et donc incapables de raconter ce qui leur est arrivé convenablement; puis, lorsqu’ils ont un peu récupéré et disent toute la vérité, leur demande est rejetée, parce que leur nouvelle version n’est pas exactement identique à la première, même si les nouveaux faits qu’ils racontent ne font que confirmer qu’ils sont en danger. Un cas extrêmement courant est celui de femmes qui ont été violées, dans des pays où c’est encore une honte, et ne peuvent pas en parler en arrivant. Puis, si elles sont à nouveau interrogées des semaines ou des mois plus tard, des travailleurs sociaux ont pu les convaincre qu’avoir été violée n’est pas une honte, que c’est être victime. Si elles le disent, leur demande d’asile est rejetée, pour avoir ‘menti’ la première fois!

A l’époque, une journaliste française qui voulait enquêter sur le droit d’asile, avait passé 10 mois dans un syndicat d’un pays d’Amérique du Sud où les dirigeants syndicaux pouvaient être assassinés, arrêtés, torturés. Elle a tout appris sur le syndicat, a réussi à se faire faire de faux papiers, et est arrivée à Roissy comme demandeuse d’asile. Elle a été immédiatement enfermée dans une cage où il y avait au moins 50 demandeurs d’asile, dont un type qui avait complètement pété les plombs, vu ce qu’il venait de vivre, et ne savait plus qui il était. Les réfugiés devaient passer plusieurs jours dans la cage, sans possibilité de dormir, de se laver, d’avoir une assistance médicale, et la nourriture était absente ou immangeable. Finalement, seulement deux personnes ont été autorisées à demander l’asile, elle-même – typiquement une fausse réfugiée – et un homme dont elle ne savait rien, mais certainement pas le type complètement traumatisé. Ensuite, elle a fait le parcours de demande d’asile, queues interminables devant les administrations, logement insalubre, interrogatoires, etc.

Maintenant, il y a ce débat sur le ‘partage équitable’ des réfugiés entre pays de l’Union Européenne. Evidemment, les gouvernements d’extrême droite ne veulent pas en entendre parler. Mais l’idée même est odieuse: si les migrants veulent aller dans un pays en particulier, c’est parce qu’ils y ont de la famille, connaissent la langue, savent où aller. Les envoyer dans d’autres pays, sous prétexte de ‘partage équitable’ (outre le caractère franchement raciste, comme si c’était une plaie d’accueillir des réfugiés), les couperait de leur famille, et rendrait très difficile pour eux de faire des études, trouver un emploi, et les exposerait à la haine des pays racistes, si l’Union Européenne arrivait à les forcer à les accepter.

Séparer les familles est une politique courante depuis longtemps en Europe. Ici, à Rennes, où j’habite depuis 15 ans, j’ai connu des gens qui, à 18 ans, devaient demander leur propre permis de séjour, qui pouvait être refusé, bien que leur mère et autres membres de la famille vivent ici légalement. Aux Pays-Bas, à la fin des années 1990 (c’est probablement pire maintenant qu’ils ont l’extrême droite au gouvernement), des jeunes Marocains qui atteignaient l’âge de 18 ans, devaient demander leur propre permis de séjour, ce qui était souvent refusé, bien que leur père ait vécu légalement aux Pays-Bas depuis au moins 30 ans. Certains cas ont été signalés dans les médias, parce que les personnes concernées avaient été membres d’un syndicat, alors que le Roi de l’époque, Hassan Deux, interdisait absolument aux Marocains vivant à l’étranger d’être membre d’une organisation non-marocaine, surtout d’un syndicat, ce qui voulait dire ‘Communisme’ pour lui. Ces gens risquaient leur vie en retournant au Maroc et faisaient la grève de la faim.

Les politicards européens ont toujours prétendu que ‘bien qu’il ne soit pas possible d’accepter tous les migrants’ (salauds!), il fallait accueillir les réfugies dans le respect et la dignité. C’est un mensonge. Leur politique est de leur en faire baver au maximum dans l’espoir qu’ils laissent tomber. Encore une fois, j’ai rencontré des gens qui travaillaient pour les réfugiés, j’ai rencontré des réfugiés, j’ai eu beaucoup d’informations sur les centres de détention où ils mettent les demandeurs d’asile le temps que leur cas soit examiné. La situation dans ces lieus est épouvantable. Ils doivent attendre longtemps pour avoir une aide médicale nécessaire, les femmes enceintes font des malaises avant de recevoir une quelconque assistance, la nourriture est infecte et rare, les conditions de logement abominables. Un jour, j’ai rencontré deux sœurs Iraquiennes, qui avaient été autorisées à sortir un dimanche – mais devaient rentrer au centre de détention le soir. Elles disaient qu’elles ne pouvaient pas dormir, vu qu’elles n’avaient qu’un matelas dans une salle commune où il y avait aussi des hommes d’autres pays, d’autres cultures, qui n’avaient pas vu de femmes depuis longtemps. Elles n’osaient pas dormir de peur d’être agressées. Nous ne pouvions même pas leur donner un savon, ça aurait été confisqué. Les réfugiés ne pouvaient qu’acheter ce dont ils avaient besoin à la boutique du centre de détention, pas au prix du supermarché, mais au prix de snack bars ou d’hôtels. Bien entendu, ils n’avaient pas d’argent, mais ils pouvaient en gagner un peu en acceptant des travaux très durs et dangereux. On m’a dit que dans certains centres de détention, du porc finement haché était mélangé à la nourriture, afin que seulement les Chrétiens puissent manger (il y avait alors des réfugiés de Somalie et d’Erythrée, où il y a les trois religions monothéistes et aussi quelques animistes). Une amie qui tenait à rendre visite à un réfugié dont elle avait entendu l’histoire, a pu joindre la seule organisation chrétienne autorisée à entrer dans le centre. Ils lui ont dit qu’ils pouvaient la faire entrer, à condition qu’elle promette de ne rien dire de ce qu’elle aurait vu ou entendu. Elle a donc décliné, vu qu’elle voulait voir le réfugier pour pouvoir en parler et faire campagne.

Puis vous avez ces réfugiés qui ne sont ni ‘politiques’ ni ‘économiques’, et de ce fait n’existent pas dans la loi internationale. Par exemple, en 1998, il y a eu le cas de Samira Adamu, 20 ans, du Nigeria, assassinée par la police belge qui essayait de la mettre de force dans en avion pour le Nigeria. Elle avait fui parce que sa famille – très pauvre – voulait la forcer à épouser un homme de 65 ans, connu comme violent, qui avait déjà tué une épouse précédente en cognant trop fort. Les autorités belges ont décidé que ce n’était pas politique. Plus récemment, parmi les réfugiés du Honduras qui essayaient d’entrer aux Etats-Unis, il y avait une fille de 17 ans, avec un bébé d’un an, qui fuyait parce que le père du bébé voulait la tuer. Sa demande d’asile avait déjà été rejetée plusieurs fois par les autorités de Californie, mais elle dit qu’elle resterait à la frontière et continuerait d’essayer, vu qu’elle n’avait pas d’autre solution.

Bien sûr, la distinction entre réfugiés ‘politiques’ et non ‘politiques’ est une connerie. Les dirigeants occidentaux prétendent que les étrangers doivent respecter les ‘valeurs démocratiques’ (comme si le capitalisme admettait d’autres valeurs que l’argent!). Si une musulmane porte un foulard dans un pays occidental, c’est politique, mais si une femme demande l’asile pour échapper à un mariage forcé ou à la violence conjugale, ce n’est pas politique et tant pis pour ‘nos valeurs’.

En ce qui concerne les réfugiés ‘économiques’, ils viennent de pays qui ont été colonisés, envahis par les Européens. Ils ont été forcés de renoncer à leur agriculture utile pour produire des produits d’exportation pour les colonisateurs. Maintenant, qu’ils soient toujours colonisés ou prétendument ‘indépendants’, ils n’ont pas de sécurité alimentaire, alors qu’une minorité de gens, c’est-à-dire les grandes compagnies occidentales, s’enrichissent en pillant leurs ressources.

La vérité est que le Capitalisme est arrivé au bout de ses possibilités de fonctionner. Les Maîtres – illégitimes – du monde ne font que repousser leur fin inévitable. Ils sont de toute évidence capables de détruire le monde au cours de leur propre effondrement. En attendant, ils essaient de gagner un peu de temps en tournant la colère des gens contre les étrangers. Tandis que les partis fascistes gagnent de plus en plus d’influence, les partis soi-disant ‘démocratiques’ ou ‘progressistes’ essaient de freiner leur ascension en imitant leur racisme, vu qu’ils croient bêtement que les pauvres sont forcément racistes. Evidemment, cette politique ne peut que rallier plus de soutien aux partis fascistes racistes. Mais les partis politiques n’ont pas de solution. Ils doivent forcément disparaître avec le monde capitaliste qui les rend utiles. Les électeurs – par définition des individus isolés – ne peuvent rien faire. C’est seulement quand les gens descendront dans les rues qu’ils comprendront qu’ils ne sont pas seuls, et qu’il y a une solution, la Révolution.

 

 

RACISM IN SO-CALLED ‘DEMOCRATIC’ WESTERN COUNTRIES IS KILLING TENS OF THOUSANDS OF MIGRANTS FOR THE SAKE OF CARRYING ON WITH CAPITALISM A LITTLE BIT MORE

Christine Prat   Français
July 24, 2018

 

Nowadays, you can hear every day from Western politicians and their corporate media that we are going through a ‘Migrants Crisis’. It has been repeated so many times that almost nobody questions the fact anymore. The only disagreements are about what to do about it. It is time to restore some truth about the facts.

There is no ‘migrants crisis’, there is a ‘racist crisis’ among the White Euro-Supremacist governments, as well as a prejudice among the so-called ‘democratic’ leaders that their voters are necessarily racists. It is unfortunately true that many white people are racists – as racism is totally irrational and based on extreme ignorance, knowledge being replaced by faith in what corporate media say. However, people don’t primarily vote against migrants, they vote because their life is too hard under the yoke of wild capitalism. It is still very worrying that more and more European and American countries vote for fascist or extreme-rightist parties, but it is certainly not the migrants fault.

We must not forget that many refugees trying to get into Europe are running away from wars started by the United States or European countries. We must not forget either that the countries migrants are coming from had been invaded and long been colonized (some are still) by those Western countries that are rejecting them now.

It must be clear too that there are many more refugees from those wars in neighboring countries in Africa and the Middle East than in any Western country. (At a time, Iran was the country sheltering the highest number of refugees in the world. Not because their regime was so much better, but because Iranian people are usually less racists than Europeans or white North Americans). The countries where people are fleeing to are usually too poor to feed them, that’s why some try to make it to Europe – or the USA when they escape from South or Central American countries.

Those people are so desperate that they risk – and in many cases lose – their life trying to get to countries that boast about being ‘rich’ and ‘free’. Tens of thousands of migrants die trying to cross the Mediterranean Sea. ‘No More Death‘ has been counting for years the dead people they found in the Sonora Desert, trying to reach the US border.

At the moment, European leaders – and their accomplices in the big media – claim that they are negotiating with African countries to cooperate and reach agreements about stopping migrants to try to cross the sea (also insinuating that they try to find solutions for the refugees in those countries). In an article by Bill van Auken, published by Counter Currents on June 26th, 2018, it is said that twice as many migrants die in the Sahara Desert as in the Mediterranean Sea. Algerian militaries – who always had good friends among French politicians and corporations since the ‘Independence’ – push back people to near the Niger border, in the middle of the Sahara, in the Ténéré – meaning sand dunes desert in Tuareg language – and force them to walk back without having given them food or water. It is over 9 miles to the border with Niger, but in that environment, for people who have been without food or water for days, it is certain death.

“The shocking revelation by the Associated Press was substantiated by videos showing hundreds of migrants stumbling through a sand storm and others being driven in massive convoys of overcrowded trucks to be dumped at Algeria’s southern border with Niger and forced into the desert at gunpoint.

As the AP itself makes clear, the murderous policy of the Algerian government is being carried out at the behest of the countries of the European Union, which have increasingly sought to induce North African regimes to act as their border guards, impeding the flow of migrants by means of intimidation, violence and death” says the Counter Currents article.

It’s just an example. The same is happening everywhere. French politicians (and other European politicians) have a lot of good friends among African militaries and dictators. But ask Mali, Niger, Nigeria to cooperate with keeping the refugees? They can’t control their northern border at all. The French war supposed to bring ‘peace’ in northern Mali is a disaster, it turned into a civil war as everywhere where Western countries interfered. Worst example is Libya, which is just a murderous mess since European countries attacked, on the ground of getting rid of Khadhafi. Still, European countries are asking Libya (is there still a country called that name?) to help with the migrants’ “problem”. Libya, as Iraq and Syria, has been totally destroyed by Western interventions, leaving only ‘civil’ war behind. What some Libyan militaries do to ‘help’ is to shoot migrants trying to reach the coast.

 

US/Mexico border

 

Then, you have those Walls being built everywhere.

The best know is the Wall in Palestine. It is not a border wall. It separates the territories occupied in 1948 from those occupied in 1967. It separates people from their families, from their fields, from going to their holy places, from travelling in general. Of course, it has been built entirely on Palestinian – 1967 – territory, meaning that the whole breadth of the wall, the road for militaries and police, and any ‘Israeli’ facilities, have been taken from Palestinian land, not one inch from Israeli settlers’ stolen land. Of course, Palestinians who try to cross can be shot, which won’t be reported by the corporate media.

There is also the wall, or fence, built on the US/Mexico border, which has been ignored by media for decades, until it was renamed “Trump’s Wall” by European politicians and media who don’t like Trump. As a matter of fact, the building started years ago, and was not finished because it was too expensive. All Trump did, was to claim that he would finish the Wall and make it higher, sending the bill to the Mexican government – which immediately replied that it was out of question. The Tohono O’odham and Yaqui, whose territory is arbitrarily cut by the border, have had problems long before Trump was elected. Their land has been cut on a map, with ruler and pen, by the Guadalupe-Hidalgo Treaty of 1848. Until the 1990’s, people from tribes and villages arbitrarily crossed by the border, could go to the other side without too many problems. According to Ofelia Rivas, Tohono O’odham from the border, the real problems started just after September 11, 2001.

There are many more walls in today’s world. According to an article in USA Today, published on May 24th 2018, there would be 77 walls completed, under construction or planned all over the world. According to a post on World Atlas – updated on August 1st, 2017 – there were 20 walls completed, some more under construction or planned – apart from The Great Wall of China, the USA/Mexico border wall and the ‘Israeli’ wall in Palestine. [Completed: between North and South Korea, 1953; China and Hong Kong, 1960s; Egypt and Palestine, 1979; Kuwait and Iraq, 1991; Melilla – Spanish – and Morocco, 1998, anti-migrants wall; Uzbekistan and Kyrgyzstan, 1999; South Africa and Zimbabwe, 2000s; Turkmenistan and Uzbekistan, 2001; Uzbekistan and Afghanistan, 2001; Ceuta – Spanish – and Morocco, 2001, anti-migrants; Botswana and Zimbabwe, 2003; India and Pakistan, 2004; Saudi Arabia and Yemen, 2004; Brunei and Malaysia, 2005; Kazakhstan and Uzbekistan, 2006; Saudi Arabia and Iraq, 2014; Bulgaria and Turkey, 2014; Hungary and Serbia, 2015; Hungary and Croatia, 2015; Macedonia and Greece, 2015. Under construction: Between China and North Korea; Iran and Pakistan; United Arab Emirates and Oman, Slovenia and Croatia. Planned: Estonia Russia; Belize Guatemala]. The number of racist walls is still increasing. Building companies like Lafarge – now indicted for crime against humanity for having paid a lot of money to Da’ish in order to keep working in Syria – can only approve of all these walls. (Remember the stories about Dick Cheney’s company during the 2nd war against Iraq: selling to the US Army materials to destroy, and to US allies in Iraq materials to rebuilt…)

So-called ‘democratic’ European politicians and their media claim that they are sensitive to people’s suffering (which is a lie) but cannot possibly accept all migrants. As long as the world finds it normal that Gaza has the highest population density in the world and no access to any basic products or services, you can’t accept that Western countries claim that they cannot let all people in.

Once they have claimed that they cannot take all of them, they insist on the difference to be made between ‘political’ refugees and ‘economic’ refugees. This is a hoax. The definition of ‘political refugee’ is too narrow, that of ‘economic refugee’ is too vague.

In the late 1990’s, I happen to have been involved with the refugees’ issue. I learned a lot, I met a lot of people, I have been busy full time for months, I attended a PhD ceremony about Palestinian Refugees in International Law, I got a lot of information and testimonies, and all I can say is, everything they claim about their policies are lies and international law does not solve anything.

First, there is the distinction between ‘political’ and ‘non-political refugees. A ‘political refugee’ is someone threatened by his or her own government, so that he or she cannot ask for protection in their own country. That’s it. When people first flee a war zone through a neighboring country, which is considered safe but has no means to help them, so that they are sure to die of starvation, they are rejected from Western countries, as the certainty of starving to death makes them ‘economic’ refugees. In case of civil wars, people trying to escape from areas held by non-governmental groups – even those officially considered as terrorists by the West – can’t get political refugee status, as it is their government that should protect them! During the horrible Algerian civil war of the 1990’s, people threatened by ‘Islamists’ tried to ask political asylum in France – the Western countries hating ‘Islamists’ so much – but they were rejected, as it was up to their government to protect them. At the time, about 200 Palestinian refugees from Lebanon asked asylum in the Netherlands. They had been “advised” to say that they were threatened by Hezbollah (as it was considered absolute enemy in Western countries). However, Hezbollah was not in the Lebanese government, thus they were not political refugees. Moreover, it was not true that they were threatened by Hezbollah, but by other groups. However, they could not change their story, as having ‘lied’ means immediate and definitive rejection.

Rejection on the ground of ‘having lied’ is a very common method to get rid of people. The interpretation by those who take the decision is that there should be no difference at all between the refugee’s first statement and what he or she can say during other questionings in the course of the examination of their case. People can be in a state of shock when they arrive directly from a massacre site and be unable to tell their story properly, then come by and tell the truth, which is rejected as being ‘different’ from the first version, even if the new facts only confirm that they are threatened. There is for instance the case of women who have been raped, in countries where it is a terrible shame, and are unable to talk about it when they arrive. If interrogated again weeks or months later, they can have been convinced by social workers that being raped is not a shame, that it is being a victim. If they tell the truth, there application for asylum is immediately rejected for not having said the same the first time!

At the time, a French journalist who wanted to investigate about asylum seekers, spent 10 months in a South American country where trade union leaders and activists were often killed or arrested and tortured. She learned everything about a trade union and then managed to get false papers to come back to France, posing as an asylum seeker. At Paris airport, she was put in a cage with about 50 asylum seekers. She described how bad it has been for days, sick people getting no help, no possibility to sleep, pregnant women screaming in vain, one man totally freaking out from what he had just be through… Ultimately, only two persons out of 50 were allowed to apply for asylum, herself, who was typically a false refugee, and a man whom she knew nothing about. The totally traumatized guy was rejected. Then she went through the whole process of trying to get refugee status, it was very hard too, having to queue for days at administration buildings, being very poorly housed, being interrogated as a suspect, and so on. She managed to publish a book about what she saw and experienced.

“Fairly ‘sharing’ refugees between European Countries”: This is heavily discussed at the moment. Of course, the fascist governments won’t hear about it. But the very idea is unacceptable: if migrants want to go to a specific country, it is usually because they have family there, understand the language, know where to go. Sending them to other countries on the ground of ‘faire share’ would cut them off from their families, make it very difficult for them to study or find a job and expose them to people’s hatred, if the European Union manages to force racist countries to accept some refugees.

Separating families has long been a policy in Europe. Here in Rennes, where I now live, I have known people over 18 who had to ask their own stay permit, and were refused, although their mother and many other family members were living here legally. In the Netherlands, in the late 1990’s (it’s probably even worse now), young Moroccans over 18 had to get their own permit, which was often refused and were ordered to go ‘back’ to Morocco, although their father had been living legally in the Netherlands for 30 years. Some cases came to the media, because the people had been member of a trade union in the Netherlands, while the then king of Morocco, Hassan Number Two, strictly forbade Moroccans living abroad to become members of non-Moroccan organizations, especially trade unions which were equivalent to Communism to him. They risked their lives in Morocco and were on hunger strike.

European politicians always claimed that, ‘although it is not possible to accept all migrants’ (bastards!), they want to welcome and treat refugees with respect and dignity. This is a lie. Their policy is to make it as hard as possible for refugees in the hope that they will give it up. I met people who were working with refugees, I met refugees, I got a lot of information about the detention centers where they put asylum seekers before their case can be examined. The situation is terrible. They have to wait long before getting necessary medical care, pregnant women faint and are not helped, food is disgusting and scarce, they are housed in horrible conditions. I once met two Iraqi sisters who had been allowed to go out on a Sunday – but had to be back to the center in the evening. They said that they could not sleep at all, as they only got a mattress on the floor in a big room where men, from other cultures and languages, who had not seen women for a long time, were also housed. They were so scared of being assaulted that they did not dare to sleep. We could not even give them a piece of soap, it would have been taken. The refugees could only buy what they needed from the detention center, not at a supermarket price, but at a snack bar or hotel price. Of course, refugees did not have any money, but they could earn some by accepting very hard, dangerous work. I was told that in some detention centers, they mixed finely ground pork into the food, so that only Christians could eat. A friend of mine who very much wanted to visit a refugee she had heard of, got in touch with the only Christian organization that was allowed inside. She was told that they could get her in, at the condition that she would never tell what she had seen or heard. She declined, as the reason why she wanted to get in, was to start a campaign for the guy’s release.

Then you have those asylum seekers who are neither ‘political’ nor ‘economic’ refugees and thus don’t exist in international law. For instance, in 1998, there was the case of Samira Adamu, a 20-years-old woman from Nigeria, killed by the Belgian police when they tried to force her into a plane back to Nigeria. She had fled because her – poor – family wanted to force her to marry a 65-years-old man, known as violent, who had killed a previous wife by beating her too hard. The Belgian authorities ruled that it was not a political matter. More recently, among the refugees from Honduras who tried to enter the United States, there was a 17-years-old girl with her one-year old baby, running away because the baby’s father wanted to kill her. She had been thrown out by the US authorities in California several times, but said she would keep trying, having nowhere else to go.

Of course, the distinction between ‘political’ and ‘non-political’ refugees is bullshit. Western leaders claim that foreigners must respect their ‘democratic values’ (as if Capitalism left any room for other values than that of money!) When a Muslim woman wears a scarf in a Western country, it is political, but when a woman asks asylum to escape forced marriage or domestic violence, it is not political and it is too bad for ‘our values’. As to the ‘economic’ refugees, they come from countries that have been colonized, invaded by Europeans. They were always forced to give up their useful crops to produce export resources for the colonizer. Now, whether they are still colonized or not, they don’t have food security, while a minority of people, especially Western companies, are getting rich by exploiting their resources.

The truth is that Capitalism has reached the end of its functioning. The – illegitimate – Masters of the world are just trying to delay their necessary fall. They are clearly ready to destroy the world while they collapse. In between, they are trying to gain some time by turning people’s anger against foreigners. As fascist parties are getting more and more support, the so-called ‘democratic’ or ‘progressive’ parties try to stop them by imitating them in their racism, believing that the stupid poor are mainly racist. Of course, that policy can only bring more support to the fascist, racist parties. But political parties don’t have a solution. They have to disappear together with the capitalist world that makes them useful. Voters – per definition isolated individuals – won’t do it. Only when people will come into the streets and realize that they are not alone, there will be a solution, a Revolution.

 

Earl Tulley et Ofelia Rivas

 

OFELIA RIVAS, O’ODHAM, ET EARL TULLEY, DINÉ: REFLEXIONS SUR LE CARACTERE SACRE DE LA VIE

 

Interview du 1er juin 2018
Govinda Dalton, Spirit Resistance Radio
Article de Brenda Norrell
Publié sur Censored News
Le 12 juin 2018
Traduction Christine Prat

 

DILKON, Nation Navajo, 1er juin 2018 – Ofelia Rivas, Tohono O’odham, et Earl Tulley, Diné, ont parlé des modes de vie culturels et des fondements spirituels de leur peuples, au cours de la Convention de Diné CARE pour l’ouest [de la Nation Navajo]. Ofelia commença par décrire les vastes territoires qui constituaient les terres ancestrales des Tohono O’odham dans ce qui est maintenant l’Arizona, Etats-Unis, et le Sonora, Mexique.

“Nos terres sont très vastes” dit Ofelia, au cours de la conversation avec Earl Tulley, un Diné de Blue Gap, pour Spirit Resistance Radio.

Le territoire ancestral Tohono O’odham s’étendait d’Hermosillo, à des centaines de kilomètres de la frontière actuelle, et au nord jusqu’à Phoenix, à l’est jusqu’à Benson, à la Rivière San Pedro, et jusqu’à la Mer de Cortez, dans le Sonora, au Mexique, dit-elle.

La vie des plantes – médicinales et alimentaires – et la vie animale, nourrissaient les gens. “Nos histoires sur la Création disent que nous étions là dès le début, pour être témoins de la formation de nos Montagnes Sacrées.” “Le commencement de nos Montagnes Sacrées est le commencement de qui nous sommes.”

La culture O’odham est fondée sur les pluies qui apportent de l’eau au désert, dit-elle. “Les chants et les cérémonies les plus sacrés reconnaissent la mer, et le lieu où les nuages se forment et traversent les terres pour apporter la pluie à la saison où on plante, et qui renouvelle notre nourriture, sur les terres.”

Ofelia a été élevée dans la tradition O’odham, dans laquelle les femmes s’asseyaient à part et ne disaient rien. Mais tôt dans sa vie, elle a été reconnue par les Conducteurs de Cérémonies pour son rôle. “Ça commence par la prière” dit-elle du cycle Cérémoniel, et dit comment de jeunes hommes continuent la tradition cérémonielle.

Quand le saguaro [cactus typique du sud-ouest] mûrit, fin juin ou début juillet, c’est le Nouvel An des O’odham.

Pour Ofelia, la résistance est de parler sa langue et de continuer le mode de vie O’odham. Ofelia encourage les autres à, comme elle, survivre aux pensionnats et maintenir la vie suivant les pratiques traditionnelles.

Earl Tulley demanda à Ofelia comment elle saluait d’autres gens qui venaient dans son pays. “Nous sommes toujours là”, dit Earl, à propos du salut Diné Ya’at’eeh. Ofelia répondit que la façon traditionnelle était de faire savoir que vous êtes présent et la personne de la famille présente donne de l’eau et de la nourriture.

Earl dit que les jeunes Diné qui ne parlent pas la langue, utilisent souvent des signes de la main, ou de la tête, pour communiquer et montrer du respect aux Anciens qui ne parlent que Diné. Il dit aussi qu’avant les temps du Traité, les Diné vivaient selon des lois naturelles, en comprenant la lune et le soleil.

Selon Ofelia, les O’odham ne séparent jamais la vie du monde naturel dans des mots comme “environnement”.

“Les femmes avaient leur propre rôle, et étaient très puissante” dit-elle.

Elle dit que pendant des milliers d’années les O’odham récoltaient du sel de la mer. “Il faut connaître les chants, pour récolter cette médecine appelée le sel.” Quand il n’était pas récolté de la manière appropriée, ça causait un déséquilibre. Elle ajouta que quand les gens ne sont pas connectés aux lois naturelles, ça provoque un déséquilibre.

“Nous espérons que la Septième Génération apprendra ce que nous avons appris en grandissant,” dit Ofelia.

Il y a beaucoup de manque de respect parce que les gens ne parlent ni ne comprennent le O’odham. Ofelia dit de son peuple, “Je suis du peuple, des Etoiles qui Apparaissent.” Aujourd’hui, les jeunes gens sont déconnectés, et ils prononcent mal, même à la radio. Elle donna l’exemple de l’expression “maïs qui commence à pousser,” et comment les Anciens disent qu’une légère erreur de prononciation peut être un manque de respect.

Ofelia parla du respect pour les montagnes et la terre, et pour les gens qui y ont été autrefois, quand on marche sur le territoire.

Earl dit qu’avoir grandi, pour un enfant, de façon traditionnelle, est un mode de vie, comme offrir du pollen de maïs au lever du jour. Il parla de la façon dont l’éduction est vue des nos jours, et comment la société actuelle appelle l’imitation “éducation”, qu’on considère souvent comme “devenir instruit.” Mais traditionnellement, l’éducation a une signification différente, qui inclut des accords tacites, comme quel membre de la famille doit parler.

“Celui qui Fait la Terre nous donne nos talents” dit Earl.

A propos de l’éducation moderne, Ofelia raconta que son neveu avait dit que ses diplômes étaient sans valeur, quand la Rivière San Juan a été polluée par une mine d’or, parce qu’il ne pouvait pas empêcher la pollution.

Ofelia se souvient avoir écouté les Anciens et suivi la lune, et le monde naturel. Aujourd’hui, dit Ofelia, les O’odham sont forcés de parler anglais pour pouvoir parler à d’autres. Les Peuples d’Origine du Territoire sont connectés à l’univers, et les Chants et les Prières sont pratiqués chaque année pour la régénération, dit-elle.

Earl raconta comment certains, qui avaient fréquenté des écoles comme Carlisle, avaient appris des techniques, comme par exemple fabriquer des chaussures. Mais quand ils retournaient au Pays Navajo, les gens portaient des mocassins, pas des chaussures. “Ils se sont enfuis à cause de cela,” dit-il, parce que leurs capacités n’avaient plus de place chez eux.

Se souvenant des paroles des Anciens O’odham, Ofelia dit “Quand le vent souffle, nous devons nous courber pour ne pas casser.”

Ofelia dit que le gouvernement tribal était bureaucratique et n’avait pas encouragé les jeunes à partir pour acquérir une éducation et revenir au Pays O’odham avec ce qu’ils avaient appris. Les jeunes O’odham sont partis, ont acquis une éducation et doivent être encouragés à revenir, même ceux qui ont appris à s’occuper d’argent. Elle dit qu’elle avait cessé de travailler au problème de la frontière pendant cinq ans, et attendu que les jeunes reviennent avec des solutions, mais aucun n’est venu avec des solutions contre les exactions de la Patrouille des Frontières, qui se perpétuent actuellement.

Elle expliqua comment travailler avec les jeunes. Ils plantent des graines, les arrosent, puis regardent grandir les plantes et les protègent pendant qu’elles poussent. Le savoir de base peut être utilisé à tous les niveaux, dit-elle. Les jeunes ont besoin de leur éducation.

Earl dit que nous vivions dans un monde où on peut manger des choses hors saison, mais que ce n’est pas pareil. Il dit aussi que le respect ne devait pas être oublié, comme laisser son siège à une personne âgée, ou la laisser passer en premier dans la queue pour la nourriture. Earl dit que la connaissance n’est pas faite pour être gardée pour soi, mais pour être partagée. Il dit aussi que beaucoup de Diné avaient des enfants et des petits-enfants et étaient liés à d’autres peuples.

Ofelia dit que cependant, dans une Cérémonie, c’est inclusif, qu’il n’y a ni couleur ni race. “Ça nous enrichit” dit-elle des O’odham qui sont O’odham et d’autres tribus. Elle dit que si nous savons qui est notre grand-mère, il n’y a pas de déconnexion.

Earl dit que dans l’histoire, il n’y avait pas d’école, ni personne qui pouvait supprimer la langue d’origine. “Nous nous le faisons à nous-même.” Il dit qu’au pensionnat, ils étaient forcés de répéter le Serment d’Allégeance tous les matins. Mais ils disaient le mot Diné signifiant “les moutons arrivent” au lieu du mot “Amérique”.

Earl dit que les prières Diné demandaient la bénédiction de tous ceux A Cinq Doigts, c’est-à-dire tous les gens.

“Nous sommes tous un seul peuple”, dit Ofelia. “Où que nous allions, nous devons nous en souvenir, Nous sommes un seul peuple, et nous avons tous nos façons d’être.”

A propos de la violence domestique, Earl dit “si nous sommes de vrais guerriers, nous devons comprendre notre rôle particulier et que la vie est sacrée.” “C’est alors que Celui qui Fait la Terre sera très fier de nous.”

Ofelia dit que les produits chimiques dans la nourriture et les médicaments devaient être supprimés.

Earl dit que Ceux Qui Ont Deux Esprits avaient des points de vue différents et devaient être respectés. Aujourd’hui, Ceux Qui Ont Deux Esprits ne sont pas complètement acceptés.

“Toute vie est sacrée” dit Ofelia.

 

©Ofelia Rivas et Censored News. Article traduit avec autorisation. Utilisation commerciale strictement interdite.

 

La Réserve Tohono O’odham actuelle, avec la frontière tracée sur une carte à la règle. Certains villages ont le même nom des deux côtés, parce qu’ils ont été coupés en deux par la frontière.

 

 

Ofelia Rivas photo copyright Jason Jaacks

 

HARMONIE ET SURVIE: OFELIA RIVAS, O’ODHAM, INTERVIEWEE PAR TIOKASIN DE LA RADIO FIRST VOICES

 

Les missionnaires chrétiens les ont réduits en esclavage et torturés. Le gouvernement des Etats-Unis leur a imposé un gouvernement tribal du Bureau des Affaires Indiennes, complice de la Patrouille des Frontières des Etats-Unis. Cependant, les O’odham traditionnels survivent avec leurs chants et leurs cérémonies, dans leur pays.

 

Article de Brenda Norrell
Censored News
D’après une émission de Tiokasin Ghosthorse, Lakota de Cheyenne River, pour la Radio First Voices
10 mai 2018
Traduction Christine Prat

 

L’émission est à réécouter sur le site de First Voices Indigenous Radio, WBAI
https://firstvoicesindigenousradio.org/program/20180510

ou sur WPKN
http://archives.wpkn.org/bookmarks/listen/223033/first-voices-radio

 

L’animateur de First Voices, Tiokasin Ghosthorse, a parlé avec Ofelia Rivas, O’odham, de la vie des O’odham, actuellement, à la frontière.

Ofelia a décrit la façon de vivre en harmonie avec toute vie: “Nous connaissons les noms de tous les animaux et de toutes les plantes.”
Ofelia a décrit le quatrième niveau de la vie O’odham aujourd’hui. “Cette frontière n’a pas de place dans notre mode de vie O’odham.”

Dans leur territoire traditionnel, les O’odham sont forcés d’avoir toujours des papiers d’identité sur eux.

Quand la barrière pour bloquer les véhicules a été construite à travers son village, les anciens vivaient encore. Ofelia se souvient d’un ancien O’odham disant: “Quand le vent souffle, ces gens l’arrêteront-ils pour lui demander ses papiers?”
Cette remarque rappelle le pouvoir de la connexion au monde naturel. Ofelia rappelle la force de ces gens, qui vient de ce qu’ils savent qui ils sont.

Ofelia dit que les migrations ont toujours existé depuis la nuit des temps. Elle parle des voyages pour le commerce du sel. “Cette frontière n’est pas un de nos concepts.” Et “imposer ces lois à notre peuple cause beaucoup de dégâts.”
Elle dit que les immigrants viennent dans ce pays parce qu’ils cherchent un endroit sûr.

Puis, Ofelia décrivit comment la question de papiers avait causé des problèmes aux gens. Maintenant, la Patrouille des Frontières U.S. restreint le transport de nourriture vers la partie sud du territoire O’odham. Les O’odham du côté sud de la frontière souffrent de l’insuffisance de nourriture.

Du côté de la frontière situé en Arizona, certains membres de la tribu vivent dans le confort et sont réticents à l’idée de perdre leur dépendance de l’argent du gouvernement fédéral.
Ofelia dit que sa famille, son peuple, ne reconnaissent pas le gouvernement tribal Tohono O’odham mandaté par les Etats-Unis. Le gouvernement tribal Tohono O’odham a travaillé avec le Bureau des Affaires Indiennes et la Patrouille des frontières pour faire les fondations pour les tours de contrôle, les tours fixes, en approuvant des routes, des détournements de cours d’eau et des relevés archéologiques.
Pour la construction de ces tours d’espionnage, des sépultures O’odham devaient être forées. Les restes humains avaient déjà été dérangés et réenterrés pendant la construction de la barrière contre les véhicules.

Ofelia dit qu’elle souhaitait la bienvenue à des migrants du Honduras fuyant la violence. Récemment, elle avait souhaité la bienvenue aux migrants de la caravane venant d’Amérique Centrale.
Elle dit que le gouvernement tribal Tohono O’odham n’approuvait pas qu’elle accueille ces réfugiés, mais c’est la véritable façon de faire des O’odham.
Elle dit qu’au Chiapas elle avait vu les terres des gens accaparées par des firmes privées, et dans d’autres pays, des guerres qui avaient résulté dans la saisie des terres et le déplacement des Autochtones.
“J’ai fait passer un message aux gens, pour dire que le peuple Autochtone du pays les accueillait avec joie.”
Elle dit que son peuple avait toujours accueilli les autres, avec de la nourriture et de l’eau. Dans sa région, les migrants devaient avoir beaucoup de mal à trouver de l’eau dans ces montagnes désertiques. “C’est un mode de vie très simple” dit-elle.

En avril dernier, Ofelia a récolté des fonds pour les O’odham de la frontière, qui sont coupés de leur source d’alimentation par la Patrouille des Frontières. Elle dit que son frère avait aidé à livrer de la nourriture. Ils ont crevé un pneu et cassé une traverse de son camion quand ils ont fait la première livraison d’urgence au sud de la frontière, en avril. “Je ne fais qu’essayer de faire le mieux que je peux pour aider” dit-elle.

Tiokasin fit remarquer que le gouvernement tribal mandaté par les Etats-Unis n’était pas le gouvernement traditionnel. Ils n’entretiennent pas et ne protègent pas notre mode de vie, dit Ofelia.

Tiokasin rappela les mots de John Trudell: “Il y a une façon de vivre avec la Terre, et une façon de ne pas vivre avec la Terre.”
Ofelia dit qu’avec les années, les conditions étaient toujours les mêmes. Mais les O’odham survivent. “Nous sommes le peuple de la Terre.” “Je récolte toujours des aliments sauvages” dit-elle, ajoutant qu’elle plante toujours des graines traditionnelles et célèbre toujours les cérémonies.

Quand des missionnaires chrétiens sont arrivés dans leurs territoires, les O’odham ont été réduits en esclavage et forcés de devenir chrétiens, dit-elle. “Si vous ne faisiez pas le signe de croix correctement, vous perdiez un membre.”
Les O’odham se sont révoltés contre cette blessure physique et spirituelle que constituait la conversion.

“Toutes ces choses que les gens ont subies – et ils survivent toujours.”
Elle dit que c’est un testament montrant combien les O’odham sont forts, ils pouvaient faire le signe de croix pour survivre, puis continuer à célébrer leurs cérémonies.

Maintenant, les chants O’odham transmettent la connaissance.

 

O’odham Solidarity Project accepte les dons pour fournir d’urgence de la nourriture aux O’odham au sud de la frontière. Faire les dons par PayPal sur le site d’Ofelia, pour la nourriture et l’essence pour la livrer.

http://www.solidarity-project.org/

 

 

Le 4 avril 2018, des réfugiés du Honduras étaient signalés au Mexique, se dirigeant vers le Nord. Trump a déclaré vouloir leur envoyer la Garde Nationale. La vidéo ci-dessous est une réaction à cette annonce. Ofelia Rivas, une Tohono O’odham qui vit près de la frontière, et dont la famille est divisée depuis que le passage est quasiment impossible, rappelle qu’il s’agit du territoire O’odham, que c’est à eux de décider de qui peut y venir, et que la tradition des O’odham est d’accueillir les réfugiés. La vidéo a été tournée par Michelle Cook, Diné [Navajo].

 

 

OFELIA RIVAS, O’ODHAM, ‘BIENVENUE A LA CARAVANE DE MIGRANTS DU HONDURAS’

Article de Brenda Norrell
Censored News
Traduction Christine Prat

Pays O’odham – Ofelia Rivas, O’odham, et Michelle Cook, Diné, se sont exprimées en direct du Pays O’odham. Ofelia réagissait à l’annonce de Trump, qui disait vouloir envoyer l’armée à la frontière. Elle a aussi répondu aux fausses accusations de Trump, sur la caravane de migrants venus du Honduras, alors arrivés au Mexique et voyageant vers le nord.

Ofelia a souhaité la bienvenue à ces réfugiés, qui luttaient pour survivre, en territoire O’odham.

“Cette militarisation n’est pas notre façon de vivre dans notre pays.”
“Nous connaissons les conditions qui règnent là d’où ils viennent.”
“Accueillez-les, c’est la façon de faire O’odham.”

Michelle a demandé à Ofelia de parler des tours de surveillance qui maintenant visent sa communauté, dans la Nation Tohono O’odham. Les tours de surveillance, des tours permanentes, sont en projet pour le district où vit Ofelia. La firme de défense d’Israël, pays d’Apartheid, Elbit Systems, a signé un contrat avec la Sécurité Intérieure des Etats-Unis pour construire ces tours d’espionnage dans la Nation Tohono O’odham.

Ofelia parle de la barrière empêchant les véhicules de passer la frontière, qui rend très difficile pour les familles de traverser et de célébrer des cérémonies. Maintenant, les O’odham doivent avoir des papiers d’identité dans leur propre pays.

Les agents de la Patrouille des Frontières des Etats-Unis visent la tête des O’odham avec leurs fusils, exigeant des papiers, quand les gens ne comprennent pas l’anglais.

Ofelia raconte que, récemment, un agent de la Patrouille des frontières s’est garé sur la route, de façon à bloquer l’entrée de sa maison. Il a sorti son arme et l’a menacée quand elle lui a demandé de partir.

Ofelia décrit les tours, et les ondes magnétiques, qui affecteront tout ce qui vit à la frontière, entre autres les abeilles et autres insectes qui amènent le pollen.

“Nous serons toujours là” dit-elle, “et nous avons une voix.”

Ofelia dit que les O’odham traditionnels peuvent recevoir des gens en terre O’odham, sans que la politique s’en mêle.

Michelle demanda à Ofelia de parler du Mur de frontière que Trump dit vouloir construire. Ofelia dit que les O’odham continueront de s’opposer à ces menaces, qui n’amèneraient que la dévastation.

Elle dit que, quand ils ont creusé la terre pour y mettre les pieux métalliques pour la barrière contre les véhicules, elle entendait crier la nuit. “Le son était comme si Notre Mère la Terre pleurait.”

Elle dit que c’était effrayant pour les gens de réagir, à cause du Gouvernement Tribal, de la police tribale et de la Patrouille des Frontières.

Michelle dit que l’intervention militaire, quand elle était à Standing Rock, était très choquante, mais qu’ici, à la frontière, la militarisation était en cours depuis de nombreuses années.

Michelle parla de Jose Matus, un guide de cérémonies Yaqui, qui est passé dans le Monde des Esprits récemment. Jose avait passé sa vie à aller en voiture chez les Pueblos Yaqui du Sonora, à six heures de route de Tucson, pour ramener les Danseurs Yaqui traditionnels, pour conduire leurs cérémonies.

“Ce sont des cérémonies anciennes,” dit Michelle. “Avec cette escalade de la militarisation, ils ne peuvent plus pratiquer leurs cérémonies.”

Ofelia dit que les Autochtones n’ont pas “eu de siège à la table” [de négociations sur leur sort].

La Patrouille des Frontière a jeté des femmes enceintes hors de leurs véhicules et braqué des armes sur des personnes âgées et les a forcées à se mettre à genoux, ce qui est inhumain.

Ofelia dit aux gens de prendre contact avec leurs dirigeants élus et de parler de ces violations.

Les Etats-Unis ont décrété que les tours de surveillance n’auraient “pas d’impact significatif” sur les O’odham et leur terre. Ofelia a demandé aux gens de signer la pétition pour empêcher l’installation de ces tours.

Michelle dit que les migrants du Honduras venant vers le nord ne devraient pas être maltraités, parce que ce sont des gens qui souffrent. “Il faut qu’ils sachent qu’il y a ici des gens qui les aiment et se soucient d’eux.”

“Les femmes et les enfants ne devraient pas être mis en danger.” Michelle dit qu’ils essayaient de trouver de la sécurité et ne devraient pas se faire entendre dire que Trump envoie la Garde Nationale à la frontière.

“Ces gens viennent de très loin,” dit Ofelia, “accueillez-les.”

Ofelia a demandé aux gens d’accueillir ces migrants avec de l’eau, de la nourriture, des vêtements et des chaussures. “Accueillez-les. C’est la façon de faire O’odham.”

 

Ofelia Rivas, O’odham, s’adressa à la caravane de migrants du Honduras: “C’est le territoire O’odham. Nous ne reconnaissons pas de gouvernement étranger. Je leur souhaite la bienvenue.” (Ofelia réagissait aux bizarres accusations de Trump, sur la caravane de migrants, essentiellement des femmes et des enfants, venant vers le nord d’Amérique Centrale, pour échapper à la violence et à la faim.)

Le Site du Projet de Solidarité d’Ofelia Rivas:
http://www.solidarity-project.org/
Contacter Ofelia:
4oodhamrights@gmail.com

 

Voir d’autres articles en français sur la Frontière


Par VOIX O’odham Contre le MUR
Publié sur Censored News
Photo Brenda Norrell
Traduction Christine Prat

Cat Mountain Lodge, contact@catmountainlodge.com
Site: www.catmountainlodge.com

Ofelia Rivas, www.solidarity-project.org
Dan Todd, langgore.dt@gmail.com

Dates: du 27 février au 26 mars 2016

TUCSON, Arizona – VOIX O’odham Contre le MUR annonce un évènement de soutien, présentant des poètes nouveaux ou déjà célèbres, des écrivains et des universitaires, à Tucson, à Cat Mountain Lodge – un des dix meilleurs gites à Tucson, d’après Trip Advisor – du 27 février au 26 mars.

Simon J. Ortiz, Pueblo Acoma, et Laura Tohe, poète lauréate 2015-2017 de la Nation Navajo, sont les têtes d’affiche de la série de Conférenciers Prestigieux 2016. Il y aura également le poète Ruben Cu:uk Ba’ak et les universitaires Dr. Julian Kunnie de l’Université d’Arizona et John Zerzan.

Ofelia Rivas, fondatrice de VOIX O’odham Contre le MUR, s’exprimera lors de toutes les manifestations. VOIX O’odham Contre le MUR est solidaire de tous les O’odham du Sud-ouest de l’Arizona et du Nord du Sonora pour maintenir la culture traditionnelle et les terres ancestrales dans les régions où elles sont illégalement occupées par les Etats-Unis et le Mexique. Depuis 2003, l’organisation a lutté contre la militarisation de la frontière et pour les droits garantis par les lois inhérente, nationale et internationale, et a fait des rapports sur les infractions contre les peuples autochtones en terre O’odham.

Simon J. Ortiz, Pueblo Acoma, qui s’exprimera le 26 mars, est l’une des personnalités clé de la deuxième vague de ce qui a été appelé la Renaissance Amérindienne. Il est l’un des poètes Amérindiens les plus respectés et les plus lus. Auteur de 25 livres, Ortiz est actuellement Professeur d’Anglais et d’Etudes Amérindiennes à l’Université d’Etat d’Arizona.

Les œuvres de Laura Tohe, qui parlera le 19 mars, ont été publiées dans les magazines Ploughshares, New Letters, Red Ink, World Literature Today, et beaucoup d’autres. Elle est professeur d’Anglais à l’Université d’Etat d’Arizona et sa publication la plus récente est Code Talkers Stories (2012), une histoire orale des Navajo ‘parlant en code’ [pendant la 2e guerre mondiale].

Ruben Cu:uk Ba’ak, Tohono O’odham, qui s’exprimera le 12 mars, est poète et écrivain en prose et est récemment diplômé en économie du pays Tohono O’odham.

Le Dr. Julian Kunnie, invité le 5 mars, est professeur d’études Religieuse, Latines Américaines, Moyen-Orientales et Nord-Africaines à l’Université d’Arizona. Il est auteur de nombreux articles publiés dans divers magazines et livres reconnus internationalement. Son dernier livre est The Cost of Globalization: Dangers to the Earth and Its People [Le Coût de la Mondialisation: Dangers pour la Terre et ses Habitants] (2015).

John Zerzan, qui parlera le 27 février, a milité dans le mouvement antiautoritaire depuis les années 60 et a développé une théorie de la technologie et de la civilisation qui met en lumière leur aspect régressif. Son livre le plus récent est Why Hope ? The Stand Against Civilization [Pourquoi Espérer? Prendre Position Contre la Civilisation] (2015).

 

 

CHASSER MCCAIN: LES ACTES ‘INSOLENTS’ DES AUTOCHTONES DES ETATS-UNIS EN 2015

LES ACTES INSOLENTS DONT LES NOUVEAUX MEDIA DE CARTON-PATE N’ONT RIEN VOULU SAVOIR EN 2015

Par Brenda Norrell, Censored News
©copyright Censored News
Mardi 22 décembre 2015
Traduction Christine Prat

Censored News a sélectionné comme action la plus insolente de 2015: des Navajos chassant le Sénateur d’Arizona John McCain du territoire de la Nation Navajo. Brillamment surnommé ‘Sneaky Snake McCain’ [McCain le Serpent Faux-cul, mais en anglais c’est une allitération – NdT] par les Apaches de San Carlos, qui combattent la nouvelle mine de cuivre de McCain et de ses chers copains de Resolution Copper, le statut de McCain comme degré de référence le plus bas est absolu.

 

 

Le fait que McCain est toujours membre du Comité du Sénat américain pour les Affaires Indiennes ne fait que révéler que le Comité a été établi pour voler les droits des Indiens sur la terre et l’eau, et faire croire à tous les autres que le système des Etats-Unis fonctionne.

Pendant ce temps, la Sécurité Intérieure des Etats-Unis a accordé un contrat pour la ‘sécurité’ de la frontière sud à l’entreprise Israélienne Elbit Systems, qui fabrique des drones et autres équipements d’Apartheid qui encerclent la Palestine.

Maintenant, Elbit est installé sur la frontière sud de l’Arizona et impose ses nouvelles tours de surveillance en territoire Tohono O’odham, dans les communautés O’odham traditionnelles.

Le District de Gu-Vo [dans la réserve Tohono O’odham – NdT] a dit ‘NON!’ à ces tours d’espionnage qui menacent des sites funéraires traditionnels.

Cependant, les défenseurs des droits de l’homme Tohono O’odham rappellent que le gouvernement tribal a été coopté par le gouvernement des Etats-Unis depuis longtemps, et n’a aucun pouvoir pour protéger les Tohono O’odham des ravages de l’oppression du gouvernement américain et de son nouveau partenaire Israël.

L’AFFAIRE ULTIME: PEABODY COAL SUR BLACK MESA

Louise Benally de Big Mountain, qui a témoigné devant le Bureau d’Aménagement du Territoire à propos de l’extraction de charbon, à Farmington, au Nouveau-Mexique, l’a le mieux exprimé cette année.

Bien que les médias régionaux aient été achetés avec les dollars de Peabody Coal et l’influence politique parasite aux alentours, Louise Benally a décrit 40 ans de résistance à l’extraction de charbon, à la déportation forcée et le rôle de McCain dans son témoignage au Bureau d’Aménagement du Territoire :

Dans ma communauté de Black Mesa, en 1974, il y a eu une décision du Congrès, connue sous le nom de Loi 93-531, qui décidait que 10 000 Navajos et 300 Hopis devaient être déportés pour faire de la place pour la firme Peabody Coal.

A l’heure actuelle, le Bureau d’Aménagement du Territoire est le principal propriétaire de la Centrale Navajo, et si l’on doit parler de changement climatique et de justice climatique pour tous, fermons la Centrale Navajo! Parce qu’elle est autorisée à continuer de polluer et tuer des gens. Ça continue encore maintenant.

Je veux que vous, en tant que fonctionnaires du Ministère de l’Intérieur fassiez votre travail et demandiez au gouvernement Hopi de cesser les saisies de bétail. Les moutons, les chèvres, les chevaux, le bétail est ce dont nous vivons. C’est notre nourriture. C’est notre économie. C’est tout ce que nous avons.

Nous n’avons pas d’électricité. Nous n’avons pas d’eau courante.

Cependant, l’énergie tirée de Black Mesa va dans le sud, là où John McCain s’étale au soleil avec ses parasols, et il faut qu’il arrête de voler notre eau.

Il recommence à s’en prendre au fleuve Colorado, après que nous lui ayons dit non tellement de fois.

Les compagnies d’énergies, bouffent la terre, ici, pompent sa respiration jusqu’au bout, afin d’avoir de l’électricité, et nous, nous n’avons rien. Point. Rien. A part nous-mêmes et ce que nous avons. Mais cependant, ces compagnies de charbon polluent notre air, tuent notre environnement, tuent les gens par des actes politiques douteux. Il faut que ça cesse. Nous sommes malades et fatigués de votre avidité!

Pour tout le continent, les forages dans l’Arctique doivent cesser. Les pipelines pour les pétroles dans le Middle West doivent cesser, les pétroles qui viennent d’Alberta. Vous envoyez tout cela à d’autres pays. L’Inde et la Chine doivent apprendre comment se reconvertir aux énergies renouvelables qui ne polluent pas. C’est notre seul espoir.

Alors, faites votre boulot. Faites que ça change.

LA PATROUILLE DES FRONTIÈRES DES ETATS-UNIS : UNE ARMEE D’OCCUPATION

Sur la question de l’occupation par l’Armée de la Patrouille des Frontières du territoire Tohono O’odham, et ce que ça signifie pour leur souveraineté, Mike Wilson, Tohono O’odham, et Mark Maracle, Guerrier Mohawk, sont ceux qui l’ont le mieux exprimé.

Mike Wilson, Tohono O’odham, a décrit et montré les exactions de la Patrouille des Frontières et indiqué une augmentation de la violence contre les O’odham de la part des agents des frontières. Wilson considère la Patrouille des Frontières comme une armée d’occupation sur le territoire de la Nation Tohono O’odham.

« Le gouvernement tribal Tohono O’odham a complètement capitulé devant la Sécurité Intérieure des Etats-Unis » selon une déclaration de Wilson lors de la diffusion en direct de la Conférence de l’AIM Ouest en novembre.

Wilson a dit aux gens qui lui demandaient pourquoi – si la Nation Tohono O’odham est souveraine – il y a la Patrouille des Frontières US sur le territoire de la Nation Tohono O’odham : « En pays Indien, nous ne sommes pas des nations souveraines, nous ne sommes même pas un peuple souverain ».

En guise de réponse, le Guerrier Mohawk Mark Maracle a dit que les Mohawks ne comptaient sur personne pour leur dire qu’ils sont souverains. « Vous n’avez pas de souveraineté tant que vous ne la réalisez pas vous-même » dit Maracle à Censored News.

« Les Etats-Unis et le Mexique ne sont pas des nations souveraines. »
« Nous leur disons que nous sommes souverains. Nous n’attendons pas qu’ils nous disent que nous sommes souverains. Nous leur disons. Si vous voulez la souveraineté, vous devez faire des sacrifices. »
Maracle dit que les Mohawks ont résisté à la police de l’état, aux agents fédéraux et à toute forme de gouvernement. « Nous n’arrêtons pas de leur rappeler que ce pays nous appartient » dit-il.
Maracle dit que c’est la même chose d’avoir affaire à des brutes ou des lâches. « Ils doivent savoir que le pouvoir est dans le peuple. »
« Nos pires ennemis sont dans notre propre peuple, ceux qui sont traitres. Traitres au service des envahisseurs. »

MEDIA 2015 : DES ARTISTES DE CARTON-PATE CAFOUILLENT DANS L’OMBRE

La question la plus censurée en 2015 concerne les médias eux-mêmes. Un escroc en carton-pâte se débat là où le journalisme a existé autrefois.

Voici comment le système fonctionne. Les médias et sites web nationaux Amérindiens trompent leurs lecteurs en faisant croire qu’ils ont de vrais reporters couvrant les informations. C’est un grand système de fraude qui utilise le plagiat, la réécriture et des reporters en chambre qui passent des coups de téléphone pour dissimuler le plagiat.

Grâce au copier-coller, ils plagient le web sans permission, et réécrivent pour n’avoir pas à être présents comme de vrais journalistes. Ils récrivent des communiqués de presse et volent des photos sous copyright, et sont payés pour cela.

Le financement pour faire du vrai journalisme n’est pas un problème. Indian Country Today appartient à la Nation Oneida de New York. ICT s’est débarrassé de ses vrais journalistes, qui se déplaçaient effectivement pour couvrir les évènements, à partir de 2006 et a remplacé ses reporters par des plagiaires restant chez eux.

Indianz appartient à la riche compagnie Ho-Chunk Inc. du Nebraska. Ho-Chunk Inc. a également un contrat avec le gouvernement des Etats-Unis pour l’espionnage intérieur et international, avec un bureau au Pentagone.

Quel est le véritable agenda des médias nationaux? A vous de voir.

Pourquoi le Navajo Times continue-t-il à employer, en 2015, des journalistes non-Indiens pour ses reportages, alors que la majorité des journalistes Autochtones ne trouvent pas de travail?

Le problème est le contrôle. Les éditeurs et rédacteurs en pays Indien ont-ils peur de ne pas pouvoir contrôler d’authentiques journalistes Autochtones?

Peut-être les éditeurs et rédacteurs craignent-ils que les vrai problèmes soient révélés – par exemple le fait que le but du Sénateur McCain est de voler les Autochtones – alors qu’ils paradent en faux héros.

Peut-être est-ce trop difficile de faire taire des vrais reporters sur les trois centrales au charbon dans la Nation Navajo et sur le fait qu’elles sont en tête des pollueurs au charbon du monde entier.

Peut-être que des vrais reporters indiqueraient qu’une usine de Missiles Raytheon se trouve à l’intérieur de la ferme commerciale Navajo, NAPI, et demanderaient si des années de plantation de graines Monsanto ont résulté dans la mutation des cultures traditionnelles.

Et pour ce qui est des médias nationaux en pays Indien, il est maintenant très clair que le financement par les casinos n’a pas créé une nouvelle ère de journalisme authentique.

Le financement par les casinos des informations nationales a résulté en une nouvelle ère de plagiat, de fraude et de raccourcis.

LE RESTE DES HISTOIRES CACHEES PAR LES MEDIAS

En attendant, les médias ne vous ont jamais dit le reste de l’histoire. L’ex-Président Navajo Peter McDonald n’a jamais pris de pot de vin de plusieurs millions de dollars de l’agent immobilier Byron ‘Bud’ Brown pour la vente du ranch de Big Boquillas.

Le témoignage de Brenda Norrell, dans un article publié le 26 novembre 2015:
« Des années après avoir couvert les procès tribaux et fédéraux de l’ancien Président Navajo Peter McDonald en tant que reporter pour Associated Press et d’autres agences, je me suis rendu compte en 1990 que quelque chose n’allait pas du tout. Il est devenu de plus en plus clair que McDonald n’avait jamais reçu les millions de la vente du Ranch de Big Boquillas. C’était une supercherie. Il était clair que les Etats-Unis voulaient réduire McDonald au silence pour une autre raison.
J’étais à Prescott, Arizona, au tribunal fédéral, quand un homme d’affaires Navajo m’a dit ‘C’est de l’eau qu’il s’agit’.
A l’époque, peu de gens parlaient des droits sur l’eau des Navajos. Peu après, au tribunal fédéral de Phoenix, l’agent immobilier Byron ‘Bud’ Brown a admis qu’il n’avait jamais donné à Peter McDonald les 4 millions de dollars pour la vente du Ranch, ce pourquoi McDonald était poursuivi.
Un procureur fédéral m’a dit en privé, dans le tribunal, que Brown ne pouvait pas être poursuivi pour avoir menti sous serment, parce que le gouvernement fédéral lui avait garanti l’immunité de toutes poursuites en échange de son témoignage. Brown a eu l’immunité en échange de l’emprisonnement de Peter McDonald. Le procureur dit que Brown avait mis ces millions sur son compte dans une île étrangère. Un jour, Brown s’est arrêté en sortant du tribunal pour me dire ‘Je veux dire la vérité’.
Cependant, je n’ai plus jamais entendu parler de Brown après. »

McDonald a passé dix ans en prison. Brown admit plus tard devant un tribunal fédéral qu’il avait mis ces millions sur un de ses comptes à l’étranger. Brown a admis devant un tribunal fédéral qu’il avait menti sous serment et reçu l’immunité du gouvernement pour cela.

Tous les mensonges sous serment de Brown venaient de ce que le gouvernement des Etats-Unis voulait réduire McDonald au silence à propos des droits sur l’eau des Navajos.

McDonald avait l’intention d’insister au tribunal fédéral pour faire appliquer la Doctrine Winter sur les droits sur l’eau aux Navajos, pour assurer que les Navajos aient tous leurs droits sur l’eau nécessaires pour les générations futures.

Cependant, avec l’intervention d’avocats non-Indiens employés par la tribu, McDonald alla en prison, et les droits sur l’eau selon la Doctrine Winter furent perdus.

Les plans pour dépouiller les Nations Amérindiennes de leurs droits sur l’eau se sont maintenant étendus à travers l’ouest. Ces plans soi-disant destinés à arriver à des accords sur les droits sur l’eau sont appliqués par des membres du Congrès et des avocats non-Indiens employés par les tribus.

 

Pendant ce temps, les Apaches continuent à se battre contre la mine de cuivre que le Sénateur McCain a introduit subrepticement dans la loi de finance pour la Défense, mine qui profanerait les sites cérémoniels d’Oak Flat en éventrant la terre pour creuser la monumentale mine de cuivre pour la firme Resolution Copper.

Quand des Apaches de San Carlos ont conduit une délégation à Washington pour combattre le projet de loi, et défendre le site sacré d’Oak Flat, des grand-mères Apaches ont rendu visite au Représentant Paul Gosar dans son bureau au Congrès à Washington.

Gosar a appelé les flics contre elles.

Actuellement, les Apaches continuent de résister dans leur camp de résistance à Oak Flat.

Pour défendre Oak Flat, la jeune Apache Naelyn Pike, 16 ans, petite-fille de Wendsler Nosie, est montée en première ligne. Ecoutez ce qu’elle en dit sur la vidéo enregistrée à Oak Flat par Christine Prat :
With article in English on Censored News
Avec article en français

 

Le fond de ces affaires est le lent et toxique génocide en pays Indien, perpétré par le gouvernement des Etats-Unis, des officiels tribaux corrompus, des membres du Congrès, des avocats non-Indiens, et les grands parieurs que sont les médias qui peuvent être achetés et vendus.

 

POUR EN SAVOIR PLUS, LIRE

Sur Censored News: Navajos Chase McCain off Navajo Nation
Traduction française sur ce site

Censored News: Israel’s Elbit targets Tohono O’odham with spy tower
Traduction française sur ce site

Censored News: Gosar calls cops on Apache grandmothers
Traduction française sur ce site

Censored News: Tohono O’odham and Mohawk on US Border Patrol and Sovereignty
Voir articles en français sur la frontière US/Mexique

Censored News: The Rest of the Story: Peter MacDonald: How lies under oath sent MacDonald to prison, and Navajo Winter’s Doctrine water rights were lost, with letter from MacDonald to Censored News on water rights
See article of November 26th, 2015
En français, voir extrait plus haut

 

Brenda Norrell a été reporter en pays Indien pendant 33 ans. Elle a commencé comme journaliste pour le Navajo Times, pendant les 18 ans au cours desquels elle a vécu dans la Nation Navajo. Pendant ces années, elle était pigiste pour Associated Press et USA Today, pour lesquels elle couvrait la Nation Navajo et les tribunaux fédéraux. Après avoir travaillé longtemps comme journaliste d’Indian Country Today, elle a été censurée, puis licenciée en 2006. C’est pourquoi elle a créé Censored News, sans publicité, sans subventions, sans revenus, pour dénoncer ce qu’Indian Country Today censurait. Depuis 2006, elle a voyagé avec les Zapatistes à travers le Mexique, et couvert les évènements en direct dans tous l’ouest des USA, ainsi que la Conférence sur la Terre Mère en Bolivie, sans être payée.

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