DES DINE (NAVAJO) AFFRONTENT JOHN MCCAIN LORS D’UNE ACTION POUR PROTEGER L’EAU ET LES SITES SACRES 

Publié par Indigenous Action Media
16 août 2015
Traduction Christine Prat

Window Rock, Arizona – Le 14 août 2015, des dizaines de Diné (Navajo) ont entrepris de résister aux tentatives du Sénateur John McCain de voler l’eau si précieuse et de profaner des terres sacrées. McCain avait à son agenda des rencontres dans la capitale de la Nation Navajo, avec des politiciens Diné et de l’état d’Arizona, rencontres au cours desquelles devait entre autres être discuté l’accord controversé sur les droits sur l’eau du Petit Colorado Navajo et Hopi.

Près d’une douzaine de jeunes Diné ont manifesté en scandant des slogans et en se tenant par les bras lors d’un sit-in dans le musée de la Nation Navajo, où la réunion devait avoir lieu. Le groupe était soutenu par des dizaines de défenseurs de la communauté Diné qui portaient des panneaux disant, par exemple ‘John McCain = Tueur d’Indiens’ et ‘Sauvez Oak Flat’.

« La marche à travers notre pays nous a donné une compréhension plus profonde de la protection du sacré, de la défense de notre pays » dirent des participants de Nihígaal Bee Iiná, qui ont pris une part importante à l’action de vendredi. « Même si çà implique d’interrompre les réunions secrètes avec des politiciens véreux. Nous ne resterons plus passifs, nous allons protéger notre eau, notre terre et les moyens d’existence pour nos enfants, nos petits-enfants, et pour honorer nos ancêtres par n’importe quel moyen nécessaire ! L’EAU C’EST LA VIE ! »

Un moment, les polices Tribale et de l’état ont empêché les manifestants de quitter le musée. Un Ancien est intervenu pour ouvrir la porte, permettant au groupe de se lancer à la poursuite du convoi de McCain en hurlant ‘Dégage de notre pays !’ La police a bloqué l’accès à l’aéroport dont McCain est parti rapidement. Malgré une forte présence policière, il n’y a pas eu d’arrestations.

McCain a depuis longtemps établi sa réputation d’ennemi des modes de vie Autochtones. Depuis la promotion du déplacement forcé des habitants de Black Mesa au profit de l’extraction de charbon (S.1003), le soutien politique à une station de ski profanant les San Francisco Peaks Sacrés, jusqu’à sa récente attaque contre les Terres Sacrées des Apache San Carlos à Oak Flat pour extraire du cuivre, McCain a depuis longtemps placé les intérêts des entreprises privées au dessus de la survie des Diné et autres Nations Autochtones.

Face à des crises écologique et climatique, McCain et une poignée de politiciens Navajo collaborateurs continuent à promouvoir une pollution extrême par la fracturation hydraulique, l’extraction de charbon, et des centrales électriques au charbon en activité dans la Nation Navajo. Ces actes apparaissent comme contradictoires avec des mesures écologiques comme la Loi de Protection des Ressources Naturelles Diné de 2005, qui a interdit l’extraction et le retraitement d’uranium sur les terres Navajo, le plan de 5 ans pour nettoyer les mines d’uranium abandonnées, et récemment, la déclaration de l’état d’urgence suite à la catastrophe de la mine Gold King, qui menace des cours d’eau sacrés et vitaux comme la rivière San Juan et le Colorado.

La déclaration suivante a été publiée le jour de l’action par la Voix Collective de ceux unis par la solidarité : « N’AUTORISONS PLUS les politiciens de l’état ou fédéraux ni les entreprises qu’ils représentent à entrer dans nos territoires. Ceux qui sont responsables de ce que notre peuple est empoisonné, affamé, maintenu dans la pauvreté et délogé de nos territoires sacrés, ne sont pas les bienvenus ici !! Nous allons reprendre le pouvoir et rétablir nos terres, prendre soin de notre eau, protéger notre peuple et nos sites sacrés, et guider une nouvelle génération de jeunes qui changera le paradigme d’exploitation et de cupidité ! »

 

Communiqué de presse :
14 août 2015
Contact: navajoghostbusters@gmail.com

Les Citoyens Exigent la Transparence et la Protection de la Sécurité de l’Eau Diné

Window Rock, Arizona – Le vendredi 14 août 2015, un groupe intergénérationnel de Citoyens Diné, préoccupés par l’intention derrière la visite de John McCain dans la Nation Navajo, ont organisé une protestation pacifique. Usant du pouvoir du chant et de la prière, un petit groupe a organisé un sit-in dans la salle où la réunion était supposée avoir lieu. Un deuxième groupe a pris position à l’extérieur du musée pour saluer les officiels Navajo élus, leur demandant de se montrer fermes en tant que dirigeants.

« Nous étions là pour que notre voix soit entendue et notre présence remarquée, pour signifier que notre eau ne sera jamais bradée et que nos droits, qui nous ont été offerts par Diné Diyiin et Nihima Hahasdzaan, ne nous serons pas retirés. »

Le Porte-parole de la Nation Navajo Lorenzo Bates et le Sénateur d’Arizona Carlyle Begaye avaient invité le Sénateur John McCain dans la Nation Navajo pour rencontrer des délégués du Conseil de la Nation Navajo – une rencontre qui était fermée au public. En dépit du fait que le but déclaré de la visite de McCain était d’assister à la Célébration annuelle des ‘Code Talkers’ Navajo comme intervenant, McCain a passé la plus grande partie de sa visite de quatre heures en compagnie du Porte-parole Lorenzo Bates et du Sénateur Carlyle Begaye. Le Sénateur McCain et le Sénateur Carlyle sont confrontés à des critiques constantes à cause de leurs liens étroits avec des corporations privées, particulièrement dans le secteur de l’énergie et des minéraux, ce qui a beaucoup désavantagé les tribus Amérindiennes dans tout le Sud-ouest. Les exigences des citoyens Navajo pour la protection des droits sur l’eau existants s’inscrivent dans l’affirmation plus large de souveraineté sur le territoire et les ressources, et les actions du Porte-parole Lorenzo Bates sont contraires à ces buts. Un message fondamental de l’action de protestation d’aujourd’hui était la place centrale de l’eau pour l’existence Diné – aussi bien physiquement que spirituellement. L’utilisation du tambour et de la prière pendant la manifestation a été particulièrement efficace pour rassembler le soutien et l’affirmation du public.

« Nous aimerions beaucoup remercier les Code Talkers et leurs Familles pour nous avoir fait cadeau de nourriture et d’eau, et pour avoir pris le temps d’apprendre pourquoi nous étions là. C’était merveilleux de voir les jeunes générations et leurs grands-mères soutenir les Code Talkers et étendre ce soutien à notre cause, quand nous leur avons dit pour quoi nous étions là » – Un Défenseur Diné

Il est évident que les politiques de ‘business as usual’ ne sont plus acceptées et qu’une plus grande responsabilité des élus est exigée par ceux qui comprennent le caractère sacré de l’Eau. L’eau relie toute vie, relie toutes les communautés et relie toutes les luttes.

 

 

LE MINISTRE DE L’INTERIEUR US ORGANISE UNE RENCONTRE AVEC DES OFFICIELS NAVAJO POUR TENTER DE REFORMULER L’ACCORD SUR LES EAUX DU LITTLE COLORADO AFIN DE LE FAIRE PASSER EN DOUCE PAR LE CONGRES DE ‘COHABITATION’

Par Brenda Norrell
Copyright Censored News   See original article in English

Traduction Christine Prat

Mardi 16 octobre 2012

Le ministre de l’Intérieur Ken Salazar veut faire passer en force l’Accord sur les Droits sur l’Eau du Little Colorado des Navajo et Hopi, déjà rejeté par les Navajo, en profitant du Congrès de ‘cohabitation’, d’après une fuite communiquée à Censored News.

Le mémorandum du Bureau de Washington de la Nation Navajo indique qu’il y aura une réunion le 14 novembre à Washington entre Salazar et des officiels Navajo et Hopi pour discuter de l’accord sur les droits sur l’eau, et sur la Centrale Navajo [Navajo Generating Station], l’une des centrales au charbon les plus polluantes des Etats-Unis que les politiciens Navajo et Américains veulent maintenir en activité.

De nombreuses Nations Autochtones d’Arizona ont déjà accepté des « accords sur les droits sur l’eau », que les opposants qualifient de vol de l’eau des Indiens au profit des Etats-Unis grâce à des avocats d’affaires non-Indiens. Ceux qui s’opposent à l’accord sur les eaux du Little Colorado disent qu’il exige que la Nation Navajo renonce à de précieux droits sur l’eau, conformément à la Doctrine Winter et que les futures générations de Navajo en souffriront.

Le plan prévoit que Salazar rencontre des officiels Navajo et Hopi, puis persuade le Sénateur d’Arizona Jon Kyl de modifier le projet de loi qui a déjà été rejeté et de le faire passer en force par le Congrès de ‘cohabitation’ qui suivra les élections.

 

Le document du Bureau Navajo de Washington indique : « Le ministre pense que si les Tribus peuvent arriver à une solution commune sur les parties de l’accord qui ont suscité le plus d’objections, il peut convaincre le Sénateur Kyl d’apporter des modifications au dit accord. Si l’accord peut être modifié, il peut y avoir une opportunité de le faire passer par le Congrès de ‘Cohabitation’ après les élections de novembre ».

Le document du Bureau Navajo de Washington est adressé au Président Navajo Ben Shelly et au Président du Conseil Navajo Johnny Naize.

Dans le style de négociations brutal et le chantage politique typiques des Etats-Unis, Salazar dit dans sa lettre au président du Conseil Navajo qu’ils parleront aussi du logement dans la région soumise au  ‘gel de Bennett’, où les Navajo vivent dans des conditions lamentables.

Une des principales raisons pour lesquelles les Etats-Unis veulent les eaux du Little Colorado, est de maintenir en activité la Centrale Navajo [Navajo Generating Station], une source majeure de réchauffement climatique. La centrale au charbon, située sur le territoire de la réserve Navajo près de Page, Arizona, a été construite en trompant les Navajo. Un avocat de la compagnie charbonnière Peabody Coal a orchestré un soi-disant conflit territorial entre les Navajo et les Hopi afin de déporter plus de 14000 Navajos de Black Mesa, afin que Peabody puisse mettre la main sur le charbon qui s’y trouvait.

Aujourd’hui, le charbon extrait de Black Mesa par Peabody alimente la Centrale Navajo [Navajo Generating Station] qui fournit de l’électricité aux villes du sud-ouest, alors que beaucoup de Navajo vivent sans électricité. L’extraction de charbon vide les nappes aquifères du territoire Navajo, alors que beaucoup d’habitants de Black Mesa n’ont pas l’eau courante.

 

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