La Nation Navajo est la communauté la plus dévastée par l’épidémie des Etats-Unis. L’article ci-dessous est un extrait d’un texte beaucoup plus long, que vous trouverez sur ce site. Le texte a été écrit en mai 2020 par Klee Benally et publié partiellement à l’époque. Dans ce texte, Klee Benally retrace l’historique de la Réserve Navajo, de son exploitation et du bouleversement que ça a causé dans le mode de vie des Navajos, avec pour conséquence que leur santé s’est beaucoup dégradée, ce qui les a rendus plus réceptifs aux maladies, aux virus, et au coronavirus en particulier. Le texte va beaucoup plus loin que l’analyse de la situation actuelle. Il dénonce le colonialisme, l’exploitation sauvage des ressources minières, les changements forcés du mode de vie Navajo, l’incompatibilité absolue entre la société capitaliste et les – saines – traditions Navajo.

Christine Prat

Par Klee Benally (extraits)
Publié par Indigenous Action Media
22 avril 2021
Traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan

Diné Bikéyah (la Nation Navajo) a fait face au plus haut pourcentage de cas de COVID-19 de tous les états coloniaux de peuplement des Etats-Unis.

Tandis que ce virus respiratoire ravage ces terres, les médias dominants ont à nouveau sacré notre peuple mascotte de la pauvreté et de la victimisation. Les statistiques sont répétées lourdement pour susciter la pitié du colon : Environ 33% des nôtres n’ont ni eau courante ni électricité. Nous vivons dans un ‘désert alimentaire’ avec 13 épiceries pour près de 200 000 résidents. Diné Bikéyah a un taux de chômage d’approximativement 50%. Bien que ces faits ne soient pas faux, la solution n’est pas d’organiser plus de collectes pour les ‘pauvres Indiens’.

Est-ce que cette pandémie a touché notre peuple hors de toutes proportions seulement parce que nous manquons de lignes électriques et de plomberie ? Est-ce seulement parce qu’il n’y a pas d’énormes centres commerciaux dans tous les coins de notre réserve ? Serions-nous vraiment mieux immunisés contre cette maladie si chaque membre de notre tribu avait un emploi ?

Déshumaniser les récits a toujours fait partie du décor, ici dans le Sud-ouest aride. Si vous clignez des yeux sur votre route vers le Grand Canyon, c’est facile de manquer le contexte brutal de colonisation et l’expansion du capitalisme. Nous vivons ici et nous ne le voyons même pas nous-mêmes. Nous sommes trop occupés à planter le panneau ‘Gentils Indiens Derrière Vous’.

Alors que les politiciens de la Nation Navajo imposent des couvre-feu strictes le weekend, interdisent les rassemblements cérémoniaux, et restreignent l’aide mutuelle indépendante. Alors que les soi-disant ‘villes-frontière’ de la réserve, notoirement racistes comme ‘Gallup, Nouveau-Mexique, se débarrassent de nos parents SDF contaminés et instaurent des ‘Décrets anti-Émeute’ pour restreindre le flux de Diné qui dépendent des provisions entassées dans leurs centres commerciaux, le spectre du but historique du système de réserves nous hante comme un fantôme négligé, qui retient chacune de nos respirations, qui s’accroche à nos os.

Ce qui est omis dans le spectacle fiévreux du tourisme de désastre du COVID-19, c’est que ces statistiques sont dues aux attaques permanentes contre nos modes de vie culturels, notre autonomie, et, par extension, notre autosuffisance individuelle et collective.

Alors que les privations économiques et la rareté des ressources sont les réalités auxquelles nous sommes confrontés, notre histoire est beaucoup plus complexe et plus puissante que cela, c’est une histoire d’espace entre l’harmonie et la dévastation. C’est l’histoire de nos ancêtres et des générations à venir. C’est une histoire de ce moment de mutualisme et de résistance Autochtones.

La Colonie d’exploitation des ressources Navajo et le COVID-19

La violence coloniale et la violence contre la terre ont rendu notre peuple plus réceptif aux virus tels que le COVID-19.

Tandis que le virus se répand de manière invisible à travers notre région, un nuage de méthane de 6500 km², dont on ne parle pas non plus, flotte au-dessus des terres Diné, ici, dans la région des ‘Quatre Coins’. Des chercheurs de la NASA ont déclaré que « la source est vraisemblablement l’extraction et le traitement de gaz, de charbon et de méthane de houillères ». Le méthane est le second plus important gaz à effet de serre émis aux soi-disant ‘Etats-Unis’ et peut être jusqu’à 84 fois plus puissant que le dioxyde de carbone.

Deux énormes centrales au charbon, la San Juan Generating Station et la Centrale de Four Corners fonctionnent dans la région. Prises comme une seule entité, ces deux centrales sont le deuxième consommateur de charbon des ‘Etats-Unis’. La plupart de l’énergie produite est transmise directement, en passant le long des maisons de la réserve, aux colons en ‘Arizona, Nevada et Californie’.

On sait depuis longtemps qu’au fil du temps, respirer la pollution de sources telles que des centrales au charbon endommage les poumons et affaiblit la capacité à lutter contre les infections respiratoires. Les universités coloniales des USA et des médias ont admis que l’exposition à la pollution de l’air accroissait le taux de mortalité du COVID-19. En même temps, l’Agence pour la Protection de l’Environnement (EPA) a assoupli les règles environnementales pour les pollueurs, en réaction à la pandémie, ouvrant ainsi la porte à des projets d’extraction coloniaux imposés sur les terres Diné, afin qu’ils intensifient leurs activités.

Selon un récent rapport intitulé « Exposition à la pollution de l’air et mortalité du COVID-19 aux Etats-Unis », les malades atteints du COVID-19 dans les régions impactées par de hauts niveaux de pollution de l’air avant la pandémie, sont plus susceptibles de mourir du virus que les malades d’autres régions des ‘USA’.

Le New York Times a publié un article sur le rapport, disant qu’ « une personne exposée à de hauts niveaux de particules fines a 15% de risque de plus de mourir du coronavirus qu’une autre dans une région avec seulement une unité de pollution aux particules fines de moins. »

Le rapport dit aussi que « bien que l’épidémiologie du COVID-19 évolue, nous avons déterminé qu’il y a une large coïncidence entre les causes de décès de malades du COVID-19 et les maladies causées par une longue exposition aux particules fines. » Le rapport note également que « le 26 mars 2020, l’Agence de Protection de l’Environnement des Etats-Unis a annoncé un assouplissement considérable des règles environnementales en réaction à la pandémie de coronavirus, permettant aux centrales électriques, aux usines et autres sites industriels de déterminer eux-mêmes s’ils sont capables de satisfaire aux exigences légales de signaler la pollution de l’air et de l’eau. »

Selon le site web de la Compagnie du Gaz et du Pétrole de la Nation Navajo (NNOGC), « en 1923, un gouvernement tribal Navajo a été établi en premier lieu pour que le Bureau des Affaires Indiennes approuve des contrats avec des compagnies pétrolières américaines, avides [sic] de commencer des opérations de forage pétrolier sur les terres Navajo. »

Sans doute, presque toutes les décisions économiques prises par le gouvernement tribal depuis (à quelques exceptions près) ont facilité l’exploitation de Notre Mère la Terre pour le profit.

Pour chaque attaque contre Notre Mère la Terre menée par des entités coloniales, les Diné se sont farouchement organisés pour protéger Nahasdzáán dóó Yádilhil Bits’áádéé Bee Nahaz’áanii ou la Loi Naturelle Diné.
[…]
Actuellement, il y a plus de 20 000 puits de gaz naturel, et des milliers d’autres en projet, dans et près de la Nation Navajo, dans le Bassin de la rivière San Juan, une structure géologique d’environ 20 000 km², dans la région des Quatre Coins [Four Corners]. L’Agence pour la Protection de l’Environnement des ‘Etats-Unis’ a trouvé que le Bassin de la San Juan était « le bassin de méthane de houillère le plus productif d’Amérique du Nord. » Rien qu’en 2007, les entreprises ont extrait près de 4000 milliards de m³ de gaz naturel de la région, en faisant la plus grande source aux Etats-Unis. Halliburton, qui fut ‘pionnier’ de la fracturation hydraulique en 1947, a entrepris la ‘refracturation’ de puits dans la région. La fracturation gaspille et pollue une incroyable quantité d’eau. Un seul puits de méthane de houillère peut utiliser jusqu’à 1,6 millions de litres d’eau, et un seul puits de gaz de schistes jusqu’à 45 millions de litres. Comme je l’ai déjà mentionné, c’est une région dans laquelle environ 30% des familles n’ont pas accès à l’eau courante. Le Bassin de la San Juan est aussi considéré comme « le plus prolifique producteur d’uranium des Etats-Unis. » L’uranium est un métal lourd radioactif, utilisé dans les réacteurs nucléaires et la production d’armes. On estime que 25% de tout l’uranium encore exploitable du pays se trouve dans Diné Bikéyah. Pendant la soi-disant ‘Guerre Froide’, les terres Diné ont été extrêmement exploitées par l’industrie nucléaire. De 1944 à 1986, environ 30 millions de tonnes de minerai d’uranium ont été extraits des mines. Les travailleurs Diné ont été peu informés des risques pour leur santé, beaucoup n’ayant même pas été équipés de protections. Quand la demande d’uranium a décru, les mines ont fermé, laissant plus de 1000 sites contaminés. À ce jour, aucun n’a été complètement nettoyé.
[…]

Les Déserts Alimentaires : Un Projet de Violence Coloniale

Notre santé a été détruite par des maladies liées à la malnutrition, imposées par les attaques coloniales contre notre système culturel d’alimentation. Diné Bikéyah n’était pas un ‘désert alimentaire’ avant la colonisation. Selon l’Association Américaine du Diabète, « Les diabétiques ont une plus grande chance d’avoir de graves complications avec le COVID-19. En général, les diabétiques ont plus de chances d’avoir des symptômes graves et des complications quand ils sont contaminés par un virus. » Un Diné sur trois est diabétique ou prédiabétique, dans certaines régions, les soignants signalent avoir diagnostiqué du diabète chez tous les malades.

En 2014, l’organisatrice Diné Dana Eldrige, a publié un rapport accablant sur la Souveraineté Alimentaire Diné, par l’intermédiaire de l’Institut pour les Politiques Diné. Dans le rapport, le concept de Nation Navajo comme ‘désert alimentaire’ était replacé dans le contexte d’un processus de colonialisme et de capitalisme.

Le rapport définissait un Désert Alimentaire comme « une zone, urbaine ou rurale, sans accès à une nourriture fraiche et saine à un prix abordable. Alors que les déserts alimentaires sont privés de nourriture saine abordable, les aliments transformés, mauvais pour la santé, y sont plus facilement accessibles… [Les Déserts Alimentaires] impliquent un fort taux de maladies dues à la malnutrition.
[…]
Nos terres ne sont pas devenues un ‘désert alimentaire’ par accident ou par manque d’infrastructures économiques, l’histoire du manque de nourriture dans nos communautés est directement corrélée à une histoire d’invasion coloniale violente.
[…]

Voir l’histoire de cette colonisation violente dans le texte intégral.

Par Indigenous Action
24 avril 2021
Traduction Christine Prat

Le flic qui a assassiné George Floyd n’est pas un « fruit pourri », tout le système policier est pourri jusqu’au trognon.

Les flics qui assassinent des gens de couleur en toute impunité sont les mêmes qui protègent les grandes entreprises qui commettent un génocide culturel et un écocide.

La violence policière est intrinsèque à la suprématie blanche, à l’hétéro-patriarcat, au capitalisme et au colonialisme.

Selon le professeur Victor E. Kappeler, de l’Université de l’Est du Kentucky, « Les colons de Nouvelle-Angleterre ont nommé des gendarmes indiens pour faire la police chez les Autochtones, la police de St. Louis a été fondée pour protéger les résidents des Amérindiens, dans cette ville-frontière, et beaucoup de services de police du sud ont commencé comme patrouilles des esclaves. En 1704, la colonie de Caroline a développé la première patrouille des esclaves de la nation. Les patrouilles des esclaves aidaient à maintenir l’ordre économique et à assister les riches propriétaires terriens à récupérer et punir les esclaves qui étaient considérés essentiellement comme propriété. »

Le Centre sur la Justice Juvénile et Criminelle déclare : « Le groupe racial dans lequel on risque le plus d’être tué par les forces de l’ordre est celui des Amérindiens, suivi par les Afro-Américains, les Latinos, les Blancs, et les Asiatiques Américains. » Il ne s’agit pas de faire valoir que l’oppression des Autochtones est pire, mais de reconnaitre nos luttes communes pour assurer qu’il n’y ait plus un(e) seul(e) Sarah Lee Circle Bear, Corey Kanosh, Paul Castaway, Allen Locke, Mahivist Goodblanket, John Williams or Loreal Tsingine, et de désigner le terrorisme policier incessant auquel nos communautés sont confrontées, comme issu des mêmes systèmes d’oppression.

Ça signifie aussi connecter nos luttes au-delà de l’adoption de mots dièze comme #NativeLivesMatter. Comme le fait remarque Sabah, de muslimgirl.com, « #BlackLivesMatter représente tout un mouvement et son histoire. Ce n’est pas ‘seulement’ un mot dièze, c’est un puissant cri de protestation, né de l’injustice raciale ressentie par un peuple. Ça ne peut pas, et ne doit pas, être modifié pour convenir à la lutte d’un autre peuple. Et la solidarité, bien qu’importante (en fait, essentielle), n’implique jamais de coopter un autre mouvement. » En fin de compte, #BlackLivesMatter et #NativeLivesMatter signifient tous les deux mettre fin à la violence policière suprémaciste blanche. Au-delà des plaidoyers pour qu’un système enraciné dans le génocide et l’esclavage reconnaisse que nos vies comptent, nos communautés et nos mouvements peuvent apprendre de leurs luttes mutuelles et construire ensemble pour arriver à des solutions durables pour nous défendre nous-mêmes, nos voisins, nos terres, et résoudre les problèmes auxquels nous faisons face de manières plus justes et plus saines.

Pour un monde sans prisons et sans police.
Justice pour toutes les victimes du racisme et de la terreur d’état.

#blacklivesmatter #nativejusticenow #solidarity #smashthepolicestate #ftp #acab #bluelivesmurder

Par Civil Liberties Defense Center*
Publié par Indigenous Action
Egalement publié par Censored News
14 avril 2021
Traduction Christine Prat

Contacts:
Lauren Regan, Executive Director & Senior Staff Attorney, CLDC
info@cldc.org
Chava Shapiro, Tucson Anti-Repression Crew
Chava_tarc@protonmail.com

PAGE, Arizona – Loren Reed, un Diné (Navajo) passera au tribunal le 4 mai 2021, pour une accusation fédérale fabriquée de ‘Menaces d’endommager et détruire un bâtiment par incendie’, après avoir participé à un débat enflammé sur les tactiques de protestation de Black Lives Matter, dans un groupe Facebook privé, créé pour organiser une action locale contre les violences policières. Reed est en détention provisoire au niveau fédéral, sans caution, depuis dix mois, après qu’un ancien condisciple du lycée l’ait dénoncé à la police pour diverses publications satiriques sur l’organisation d’une protestation ou ‘émeute’ au tribunal, qui n’a jamais eu lieu. Un agent du FBI a été infiltré dans le groupe privé et a surveillé de nombreux messages échangés par Reed et ses amis. À la suite de cette surveillance intrusive, et sans aucune preuve réelle, Reed a été arrêté brutalement dans son quartier, le 2 juin 2020. Rien de suspect n’a été trouvé pendant ou après l’arrestation, bien que des policiers aient fouillé minutieusement tout le logement de Reed et même ses colocataires.

« Cette accusation fédérale est anticonstitutionnelle, étant donné qu’il n’y a jamais eu de ‘vraie menace’ justifiée légalement, dans les publications, qui annulerait les protections étendues du Premier Amendement, qui s’appliquent même à des discours au vitriol » dit la Directrice Exécutive du CLDC, Lauren Regan, une des avocats de Loren Reed dans cette affaire. « La ‘menace’ supposée n’a jamais été communiquée à une personne visée ou une victime potentielle, il n’y avait pas d’intention d’agir, ni de preuve d’intention d’agir, et il n’y a donc pas de base légale pour poursuivre quelqu’un au niveau fédéral pour de simples paroles – surtout pas un organisateur Autochtone confronté au racisme dans une région très conservatrice d’Arizona. »

« Poursuivre quelqu’un dans ces circonstances nous entraine sur une pente savonneuse, de ce qui est une parole protégée par opposition à ce qui est une ‘vraie menace’ justifiant une poursuite pour fait criminel. Nous devons tenir jusqu’aux dernières limites du Premier Amendement, sinon nous perdrons tous le droit d’exprimer librement ce que nous pensons. Aujourd’hui, la criminalisation de la parole concerne les protestations de Black Lives Matter, mais demain ce pourrait être la religion, la science, ou d’autres convictions politiques » dit Lauren Regan.

Au cours de ces dix mois, Reed a été détenu sans accusation formelle pendant un mois dans la prison du Comté de Coconino, où il a contracté le COVID-19 et où un ami proche est décédé l’année précédente après qu’on lui ait refusé une aide médicale. Reed a été transféré plus tard dans un centre de détention fédéral privé, à but lucratif, à Florence, en Arizona, une ville polluée de mines de cuivre, transformée en un complexe industriel de détention. Reed n’a été mis en examen que fin septembre. Son procès a été reporté trois fois et est actuellement fixé au 4 mai 2021.

Le Bureau du Procureur Général met au compte de la pandémie les neufs mois de détention additionnelle, au cours desquels Reed s’est vu refuser une comparution rapide – ou même une libération sous caution – et pendant lesquels trois motions différentes ont été déposées pour ‘étendre’ son affaire. Cependant, ça n’a pas empêché le gouvernement d’essayer d’enterrer ce déni de justice en suggérant de manière informelle un accord de plaidoyer oppressif qui résulterait en une condamnation pour crime et vraisemblablement une peine conditionnelle. « Pour un Autochtone confronté à la réalité du racisme institutionnel dans sa vie quotidienne, être menacé de condamnation pour un crime qu’il n’a pas commis, est un fardeau qui peut ravager sa vie, » a déclaré Klee Benally, depuis longtemps organisateur et défenseur des terres sacrées Diné, de Flagstaff, Arizona. « Loren est courageux de refuser d’accepter cet accord infâme. Ça pourrait lui assurer une libération immédiate, mais ça mettrait en danger tous les organisateurs et les activistes pour le futur, en criminalisant davantage la parole. Loren a pris une position forte et nous devons être là-bas avec lui pour le soutenir. »

Reed, un rappeur connu comme plaisantin sensible et enthousiaste, nie catégoriquement qu’il y ait eu une quelconque menace implicite dans ses publications. Quiconque les lirait sans préjugé serait d’accord. Cependant, l’Etat veut faire porter à un jeune Autochtone une condamnation criminelle qui le hantera le reste de sa vie.

« C’est une tentative de plus pour contrôler la parole et le ton d’une personne de couleur, en pleine année navrante – et de plus en plus mortelle – de violences policières racistes. Ce qui est horrible, c’est que c’est cette situation que l’Etat a choisi pour exploiter la plainte à la police d’un mouchard partial, afin de perpétuer ce cycle de violence » dit L. Regan.

« Nous appelons le procureur fédéral à rejeter l’accusation dans l’intérêt de la justice. M. Reed a déjà fait dix mois de détention provisoire pour un discours qui ne menaçait vraiment personne » » ajouta-t-elle.

« En tant que défenseurs de la justice Autochtone, nous soutenons Loren Reed. La criminalisation de Loren – et de son droit à la libre parole – est une continuation de la violation des droits des Autochtone et de la justice en général » dit Morning Star Gali, de la Tribu de Pit River, qui a défendu toute sa vie les droits des Autochtones, avec ‘Rétablir la Justice pour les Peuples Autochtones’, basé actuellement près de Sacramento, en Californie.

« Nous devons aussi parler du racisme qui s’exerce ici » dit l’Avocate du CLDC, Sarah Alvarez. « Déjà, les fédéraux ont refusé de poursuivre, choisissant de les laisser poursuivre pour petits délits et/ou en négociant des accords indulgents pour les suprémacistes blancs qui ont attaqué le Capitol le 6 janvier. Ils ont aussi complètement fermé les yeux sur les centaines d’individus d’extrême-droite qui ont menacé des politiciens et la police sur les réseaux sociaux. Pendant ce temps, un Autochtone était en prison sans juste procès pour 10 mois – et tout ça pour un échange ironique dans un média social, échange dans lequel il n’y a jamais eu de violence ou de dommage à la propriété ni même une intention à cet effet exprimée. C’est difficile de prouver cela à la Cour, mais le cas de M. Reed est un cas d’école de traitement inégal selon la race, et ça doit finir par un rejet immédiat de l’accusation portée contre lui. »

Reed doit comparaitre devant un jury le 4 mai, mais le Bureau du Procureur des Etats-Unis et le Département de la Justice ont encore le temps de faire ce qui est juste et d’annuler immédiatement l’accusation et de le laisser retourner à sa vie.

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*Civil Liberties Defense Center (CLDC) soutient les mouvements qui essaient de démanteler les structures politiques et économiques à la racine des inégalités sociales et de la destruction de l’environnement.

 

Christine Prat (CSIA-Nitassinan)
30 mars 2021

La « Ligne 3 » est un oléoduc de la compagnie canadienne de transport d’énergie Enbridge, qui en est propriétaire depuis 1968. Il va de Hardisty, en Alberta, au Canada, jusqu’à Superior, dans le Wisconsin, aux Etats-Unis.

Il y a eu de nombreuses marées noires, depuis que l’oléoduc fonctionne, la plus grave s’étant produite à Grand Rapids, dans le Minnesota, en 1991 – ce fut la plus grande marée noire terrestre de l’histoire des Etats-Unis – une autre très importante, s’est produite en 2010, relâchant du pétrole de sables bitumineux de la Ligne 3 dans la Rivière Kalamazoo, dans le Michigan. C’est à cette occasion qu’on s’est aperçu que les détergents utilisés pour nettoyer les marées noires ne marchaient pas pour ce type de pétrole (bitume dilué).

Au fil du temps, de nombreuses fissures et des trous se sont formés le long de l’oléoduc. Enbridge a dû réduire la quantité de pétrole transporté, mais en 2013, la compagnie a produit de nouveaux plans de ‘remplacement’ du vieil oléoduc.

En 2014, Enbridge a annoncé ses projets de construction d’un nouvel oléoduc sur la Ligne 3. Cependant, il s’est avéré qu’il ne s’agissait pas vraiment d’un ‘remplacement’, mais d’un nouvel oléoduc, suivant un autre trajet et accroissant sa capacité. Une fiche d’informations publiée par Honor the Earth [voir plus bas] dit : « De taille et de but similaires au Keystone XL, récemment vaincu, l’oléoduc d’Enbridge Ligne 3 est destiné à transporter du pétrole de sables bitumineux sur plus de 1600 km, de Hardisty, en Alberta, jusqu’à Superior, dans le Wisconsin, en passant par le cœur du territoire Anishinaabe et par les plus beaux lacs et les meilleurs massifs de riz sauvage du monde. Ils appellent ça le ‘Remplacement de la Ligne 3’, mais ne vous laissez pas tromper. C’est un nouvel oléoduc. La Ligne 3 existante traverse sur près de 500 km le nord du Minnesota, à travers les réserves de Leech Lake et Fond du Lac. Cette ligne est vieille et tombe en ruine, mais au lieu de la retirer, ils veulent tout simplement l’abandonner et en construire une nouvelle, dans un corridor totalement nouveau. Le trajet proposé met en danger les Grands Lacs, qui constituent le cinquième de l’eau douce du monde, et des sols extrêmement délicats, des nappes aquifères et des lacs encore purs, dans le nord du Minnesota. Ça menace aussi des ressources vitales sur les terres Ojibwe selon les traités, où les membres des tribus ont toujours les droits de chasser, pêcher, cueillir, tenir des cérémonies et voyager. C’est notre responsabilité, en tant que protecteurs de l’eau, d’empêcher cela. Les gouvernements tribaux, les organisations écologistes et les membres de la communauté sont unis pour arrêter la Ligne 3. »

Cependant, dès 2016, les autorités concernées au Canada, dans le Dakota du Nord et le Wisconsin, avaient approuvé leurs segments de l’oléoduc. Il y a plus de résistance dans le Minnesota : des groupes Autochtones, des groupes pour la justice climatique et des habitants se trouvant le long du trajet, se sont opposés au projet. Mais en juin 2018, la Commission des Services Publics du Minnesota a approuvé le trajet et accordé les permis nécessaires. Pourtant, en 2020, il y avait encore des appels en cours contre les Certificats et la Déclaration d’Impact Environnemental, de la part de communautés Autochtones et de groupes pour la justice climatique, dans le Minnesota. Dans un article écrit pour le MinnPost et publié le 3 décembre 2020 sur le site ‘Great Lakes Now’, Walker Orenstein écrivait qu’Enbridge avait alors tous les permis requis pour commencer la construction. En février 2020, la Commission des Services Publics du Minnesota avait approuvé le Certificat de nécessité et le Permis pour le Trajet, pour la seconde fois. De plus, « À la mi-novembre, l’Agence de Contrôle de la Pollution du Minnesota (MPCA) a accordé à Enbridge un permis clé pour la pollution de l’eau, appelé Certification 401, et le Corps des Ingénieurs de l’Armée des Etats-Unis a suivi, en approuvant son propre permis sur l’eau pure. » Finalement, en décembre 2020, la MPCA a approuvé un permis pour les eaux de ruissellement. Cependant, les tribus luttent toujours contre le projet, et ont déposé une plainte devant la Cour d’Appel du Minnesota, avec plusieurs groupes écologistes. [Article sur Great Lakes Now].

Le Guardian a interviewé Tara Houska, Anishinaabe, avocate et fondatrice du Collectif GINIW, et publié un article le 19 février 2021. A propos du nouveau corridor, le Guardian écrivait : « C’est une partie luxuriante et boisée de l’état, pleine de bouleaux et de pins, de ruisseaux et de lacs pleins de riz sauvage, un produit agricole historiquement important pour les Ojibwe. » « La ligne 3 est un projet de nouveau trajet pour un oléoduc vieux de 52 ans, opéré par Enbridge, une compagnie d’énergie canadienne basée en Alberta. » Plus loin, « Le combat contre la Ligne 3 évoque une série de traités signés entre les Etats-Unis et le peuple Ojibwe, entre autres le traité de 1837, qui accorde explicitement aux Ojibwe les droits de chasser, pêcher et faire la cueillette sur les terres qu’ils ont dû abandonner, et le traité de 1855, dont la Cour Suprême à affirmé en 1999, qu’il maintient ces droits ». The Guardian, 19 février 2021.

Ligne 3, Fiche d’Informations, par Honor The Earth [co-fondé par Winona LaDuke et les ‘Indigo Girls’, Amy Ray et Emily Saliers]

Résumé
Voir plus haut.

Le Sandpiper est Mort, mais la Ligne 3 Reste

La Ligne 3 d’Enbridge a déjà fait face à 2 ans de résistance féroce dans les Grands Lacs, menée par des tribus Ojibwe et des groupes de base comme Honor the Earth, MN350, et les Amis du Cours Supérieur [du Mississipi – Ch.P.]. Depuis 4 ans, nous combattons le projet d’oléoduc Sandpiper, qui devait établir le nouveau corridor de la Ligne 3. Finalement, en 2015, les Amis du Cours Supérieur ont engagé une poursuite en justice couronnée de succès, qui les a forcés à entreprendre d’établir une Déclaration d’Impact Environnemental (EIS) complète et cumulée pour les 2 lignes. En Août 2016, nous avons vaincu le Sandpiper, mais la bataille contre la Ligne 3 continue. Actuellement, le Minnesota est en train d’écrire une Déclaration d’Impact Environnemental pour la Ligne 3, après des mois de bataille sur ce que l’étude devait inclure et qui ferait les analyses. Le projet de Déclaration d’Impact (EIS) [était] prévu pour avril 2017 et le public [devait pouvoir] le commenter au cours de réunions publiques. La décision de permis définitif [était] attendue au printemps 2018.

Les Problèmes

  • Abandon – La Ligne 3 a été construite en 1961 et présente maintenant des problèmes structurels importants. Enbridge estime qu’il y a plus de 900 ‘anomalies’ dans l’oléoduc, et l’utilise à des pressions réduites. Mais au lieu de le réparer ou de le supprimer, ils veulent tout simplement l’abandonner, et il n’y a malheureusement pas de règle fédérale ou d’état pour protéger les tribus et les propriétaires de terres des problèmes financiers et écologiques prévisibles que cela pose. La Commission des Services Publics du Minnesota (PUC), a le pouvoir et la responsabilité de réguler l’abandon, mais parce que la Ligne 3 est le premier oléoduc à être abandonné dans l’état, il y a un risque que le PUC veuille éviter ses responsabilités et crée un précédent dangereux. Nous pensons qu’Enbridge devrait nettoyer son gâchis et faire travailler des gens du Minnesota pour le faire.
  • Fuites inévitables : Il ne s’agit pas de savoir si l’oléoduc va fuir, mais quand. Enbridge promet la sécurité de l’oléoduc, mais l’histoire montre qu’il en va autrement. Ils ont eu plus de 800 fuites au cours des 15 dernières années, entre autres la plus grande marée noire terrestre de l’histoire des Etats-Unis (plus de 4,5 millions de litres) dans la Rivière Kalamazoo en 2010.
  • Violations des Droits selon les Traités : Le gouvernement des Etats-Unis a la responsabilité, selon la loi fédérale, d’honorer les droits garantis aux membres de tribus dans leurs traités. Le projet de corridor pour la Ligne 3 violerait les droits selon les traités des Anishinaabeg, en mettant en danger leurs zones principales de chasse, de pêche, de riz sauvage et de leurs ressources culturelles dans le territoire défini par le traité de 1855. La Cour Suprême des Etats-Unis a maintenu les droits des peuples Autochtones de chasser, pêcher et subsister hors du territoire. La Ligne 3 menace la culture, le mode de vie et la survie physique du peuple Ojibwe.
  • Droits de propriété : Si le Minnesota approuve la Ligne 3, Enbridge obtiendra des pouvoirs de préemption et d’expropriation, sur des terres publiques qui fournissent des bénéfices publics. Ça les autoriserait à prendre des propriétés sans le consentement du propriétaire, comme le font les gouvernements pour construire des routes et autres infrastructures publiques. C’est un problème : Enbridge est une corporation canadienne privée qui gagnera des milliards de bénéfices en transportant du pétrole privé pour des compagnies pétrolières privées.

Original sur le site de Honor The Earth.

Les Opposants Craignent aussi un Accroissement du Trafic de Drogue et des Agressions Sexuelles

Le 8 mars 2021, le Minnesota Reformer écrivait : « De nombreuses personnes, disant avoir été agressées par des travailleurs de la Ligne 3 d’ Enbridge, dans le nord du Minnesota, ont demandé de l’aide à un abri bénévole près du chantier, selon des documents du gouvernement de l’état obtenus par le Reformer selon une requête de dossiers publics.

Le Projet d’Intervention sur la Violence de Thief River Falls a constaté un accroissement des appels et entendu des rapports de harcèlement sexuel dans les commerces locaux depuis que la construction a commencé en décembre, selon les documents. »

Collectif GINIW – Tara Houska, 2 mars 2021, sur Facebook

« [Tara Houska, Collectif GINIW] a noté les similarités entre les oléoducs [Keystone XL et Ligne 3], les deux étant destinés à transporter du pétrole de sables bitumineux canadiens.

« Même risque, mêmes impacts sur le climat, mêmes violations des droits selon les traités, » dit T. Houska.

En plein débat sur la Ligne 3, des activistes Autochtones ont installé des camps de protestations en divers points le long du trajet de la construction. Des officiels tribaux disent que l’oléoduc affecterait négativement les ressources naturelles dont ils dépendent, entre autres le riz sauvage. »

Dans un communiqué de presse du 15 janvier 2013, le Chef Allan Adam, de la Première Nation Athabasca Chipewyan [où les sables bitumineux sont extraits] disait déjà :

« Notre peuple est devenu le canari dans la mine. Nous sommes tous au bord d’un précipice et d’un tournant essentiel de l’histoire. Nous pouvons ne rien faire et regarder comment le gouvernement admet le droit de détruire les terres et les droits des gens de ce pays, ou nous pouvons résister et protéger nos terres et nos droits. » « Au cours des 50 dernières années, les gens du nord de l’Alberta ont vécu au niveau zéro, au milieu des projets industriels les plus destructeurs au monde, les Sables Bitumineux d’Alberta. » En anglais sur Censored News, en français sur ce site.

Sources (en anglais) :

Stop Line 3 (GINIW Collective)
Honor The Earth
Honor The Earth, factsheet 
Le Guardian du 19 février 2021
Wikipédia Enbridge Pipeline System
Wikipédia Line 3 Pipeline
Great Lakes Now décembre 2021
Public News Service 1er mars 2021
Minnesota Reformer 8 mars 2021

SLAPP, Wikipédia : Une poursuite stratégique contre la participation publique (SLAPP), est une poursuite ayant pour but de censurer, intimider et réduire au silence les critiques, en leur imposant les coûts d’une défense juridique jusqu’à ce qu’ils abandonnent leurs critiques ou leur opposition. Dans une SLAPP typique, le plaignant n’espère normalement pas gagner la poursuite. Ch. P.

LE COLLECTIF LÉGAL DES PROTECTEURS DE L’EAU COMBAT LA POURSUITE STRATÉGIQUE D’ENERGY TRANSFER PARTNERS (DAPL)

Par le Collectif Légal des Protecteurs de l’Eau (WPLC)
Publié par Censored News
18 mars 2021
Traduction Christine Prat (CSIA-Nitassinan)

Contact : Michelle Cook, Membre du C.A., Water Protector Legal Collective, michellecook@email.arizona.edu
Natali Segovia, Avocate du Collectif, Water Protector Legal Collective, defense@waterprotectorlegal.org

BISMARCK, Dakota du Nord – Cinq ans après Standing Rock, la lutte #NoDAPL continue, et le combat n’est pas fini pour le Collectif Légal des Protecteurs de l’Eau (WPLC).

Le WPLC est une organisation bénévole dirigée par des Autochtones, formée dans la tente réservée à l’aide juridique à Standing Rock. Là-bas, les avocats ont fourni du soutien et des services juridiques aux milliers de Protecteurs de l’Eau qui avaient répondu à l’appel de la Tribu Sioux de Standing Rock, et ont participé à la prière, au rassemblement pacifique et la protection de l’eau pour les générations futures. Le Collectif (WPLC) a offert une défense gratuite à plus de 840 Protecteurs de l’Eau et ont triomphé contre la grande majorité des accusations.

Maintenant, Energy Transfer Partners (ETP), la compagnie derrière l’oléoduc (DAPL), a assigné le WPLC à comparaître par une Poursuite Stratégique Contre la Participation Publique (SLAPP), cherchant à accéder aux dossiers confidentiels et aux documents légaux protégés par le Premier Amendement et la relation privilégiée avocat-client. Le WPLC a déposé une objection à cette assignation devant la Cour de District du Dakota du Nord et continuera à la combattre.

En 2017, ETP a déposé une Plainte Stratégique Contre la Participation Publique (SLAPP), contre Greenpeace et d’autres organisations auprès d’un tribunal fédéral, alléguant, entre autres, qu’elles menaient une ‘campagne de désinformation’ contre ETP, qui « avait pour but, et réussi, à inciter à la violence, la destruction de propriété et au sabotage criminel destiné à arrêter la construction et le fonctionnement du DAPL ». Quand le tribunal fédéral rejeta l’affaire en 2019, ETP a reformulé ses arguments et déposé une nouvelle poursuite SLAPP devant la cour de district de l’état ; l’assignation du WPLC se fonde sur cette dernière affaire toujours en cours.

Les compagnies qui déposent des ‘SLAPP’ envoient un message clair aux organisations et activistes dans le but de réduire la résistance au silence – « Si vous vous exprimez contre nous, nous vous trainerons devant les tribunaux ». Les poursuites SLAPP et les assignations à comparaître qui y sont liées, sont un abus de pouvoir des industries extractivistes et des grandes compagnies pétrolières essayant d’intimider ceux qui défendent la justice et l’environnement.

Malgré cela, et bien que les Peuples Autochtones du monde entier fassent toujours face à la menace d’extinction physique et culturelle, quand leurs droits sont violés pour l’extraction de ressources naturelles par les multinationales, ils restent fermes dans leur engagement de protéger la Terre.

Casey Camp-Horinek, une Ancienne de 70 ans de la Nation Ponca, et membre du C.A. du WPLC, se souvient : « J’étais parmi les centaines de gens qui ont été attaqués par la police militarisée ; nous avons été arrosés de poivre, attachés, nous avons eu des numéros tatoués sur nos bras, mis dans des chenils dans la cave où il gelait de la prison du Comté de Morton, avec mon fils et d’autres parents. 37 femmes étaient entassées dans la cage où j’étais, sans eau ni nourriture, beaucoup sentant le gaz au poivre, malades et blessées. Tout ça parce que nous étions en train de prier. Nous avons survécu depuis plus de 500 ans à ces tactiques, et nous ne serons pas réduits au silence. Nous sommes forts ensembles, au nom de notre unique vraie Mère, la Terre. »

Les ‘SLAPP’ et les assignations invasives qui vont avec, sont des tactiques destinées à enterrer les organisations dans des procédures et les forcer à dépenser des ressources précieuses, du temps et de l’énergie, à se défendre contre les compagnies.

« Il est clair que par cette assignation ‘SLAPP’, ETP entreprend de pêcher des informations qui pourraient donner quelque crédibilité à leur conception infondée selon laquelle les organisations bénévoles et les Protecteurs de l’Eau qui cherchent à protéger les droits humains et la terre pour les générations futures, étaient possiblement engagés dans une activité illicite. En réalité, ce sont ETP et les grandes compagnies qui violent la loi en toute impunité. Une illustration parfaite : à ce jour, et en dépit de la décision contre ETP de la Cour d’Appel de Washington D.C., l’oléoduc Dakota Access (DAPL) continue d’opérer en toute illégalité » dit l’avocate du WPLC Natali Segovia.

Les requêtes d’ETP sont larges, vagues, créent une charge déraisonnable et cherchent à obtenir des informations du WPLC et des Protecteurs défendus par des avocats associés au WPLC dans plus de 800 affaires. En plus, l’assignation cherche des informations sur les sources de financement, ceci encore en violation des droits des organisations bénévoles selon le Premier Amendement.

« Quand des juristes et des organisations légales qui protègent les droits des Autochtones et la terre sont visés par une entreprise à travers le système judiciaire et des tactiques SLAPP, nous devrions tous être outrés » dit la Directrice Exécutive, Leoyla Cowboy. Elle ajouta, résolument : « Notre travail pour les Protecteurs de l’Eau, l’eau et la terre est sacré. C’est un travail que nous faisons pour les générations futures. Nous ne serons pas réduits au silence par la force ou l’intimidation. »

Le WPLC est représenté dans le Dakota du Nord par l’avocat Chad Nodland.

Message de Censored News, du 17 mars 2021 :

Selon Censored News Energy Transfer Partners a également assigné Unicorn Riot, qui fournit de nombreuses vidéos des lignes de front, toujours pour pêcher des informations sur les Protecteurs de l’Eau de Standing Rock poursuivis. Le Protecteur de l’Eau Steve Martinez reste en prison pour refuser de se plier aux exigences du jury.
Auparavant, l’entreprise qui opère le DAPL avait attaqué TigerSwan [la compagnie de sécurité qu’ils avaient embauchée contre les Protecteurs de Standing Rock, NdT], pour avoir remis 16 000 documents d’espionnage à l’état du Dakota du Nord. L’entreprise veut que les documents soient cachés puis détruits, mais le Dakota du Nord dit que ce sont des dossiers publics.

A propos du Collectif Légal des Protecteurs de l’Eau – WPLC :

Le WPLC est une organisation juridique bénévole centrée sur les Autochtones, née du mouvement conduit par des Autochtones pour stopper l’oléoduc Dakota Access (DAPL) à Standing Rock. Le WPLC fournit un soutien légal et une défense juridique aux mouvements Autochtones, pour la Terre et la justice climatique.

Nous vous prions d’envisager de soutenir le travail du WPLC et de l’aider à se défendre contre les puissantes compagnies qui cherchent à réduire au silence ceux qui combattent pour nos terres sacrées.

Le WPLC espère collecter suffisamment de fonds pour la défense contre ETP et continuer le combat pour les Protecteurs de l’Eau et la terre qu’ils protègent. Ceci est un appel urgent à l’action, étant donné que nos informations et notre confidentialité sont aussi sacrées que les gens et la terre que nous protégeons.

Pour en savoir plus sur le Collectif Légal des Protecteurs de l’Eau, visitez notre site

Vous pouvez soutenir en:
Contribuant directement au WPLC sur www.waterprotectorlegal.org/donate
Les dons de $100 ou plus – déductibles des impôts aux U.S.A. – peuvent être faits par l’intermédiaire de notre sponsor fiscal National Lawyers Guild Foundation sur : www.nlg.org/donate/waterprotectorlegal/
Directement au WPLC, par PayPal, Cashapp ou Venmo
En envoyant un chèque par la poste au nom de
Water Protector Legal Collective
P.O. Box 37065
Albuquerque, N.M. 87176

Par Indigenous Action
16 mars 2021
Traduction Christine Prat

« Des Complices, Pas des Alliés » reste une condamnation des déclarations d’ ‘alliance’ artificielles, ce n’est pas un support pour une mise en scène théâtrale de la fausse conscience.

Ceux qui appellent à la ‘justice’ et la ‘liberté’, mais n’offrent leur solidarité qu’à la condition que ça ne mette pas en cause les récompenses qu’ils obtiennent de la colonisation et d’autres systèmes d’oppression, ceux-là sont fondamentalement des imposteurs. Il est impossible de le dire autrement.

Depuis que nous avons produit la provocation intitulée « Accomplices Not Allies » [« Des Complices, Pas d’Alliés »] en 2014, nous avons assisté à son extraordinaire prolifération et récupération. Nous ne sommes pas surpris que des ‘progressistes’ gravitent vers toute impression d’authenticité, leur manque de sincérité est tel que toute vérité peut être manipulée et utilisée pour camoufler et maintenir leurs privilèges.

Pour les opportunistes non-critiques permanents qu’ils sont, ‘la vérité’ ne peut qu’être toujours perdue dès qu’ils s’en emparent. Leur vocation n’est ni la vérité ni la justice, c’est la fomentation d’illusions et de confusion visant à laisser les exploités et les opprimés divisés et intoxiqués par de fausses promesses et dans un défaitisme permanent déguisé en son contraire. Parce qu’au fond, ils savent que ceux qui sont authentiquement opprimés et colonisés ne peuvent pas obtenir justice de leurs colonisateurs et leurs oppresseurs. Ils savent tout autant qu’eux-mêmes, en tant qu’opportunistes, collaborateurs et co-oppresseurs peuvent obtenir ‘justice’ sous la forme de ‘récompenses’, sous le Colonialisme Capitaliste des colons. C’est littéralement le moyen d’échange, vu que la ‘justice’ signifie ‘nous seulement’. Ça présuppose nécessairement le maintient du statu quo, quoique peut-être en des termes plus décoratifs et embellis.

Ce nouvel exemple dans une longue histoire d’activisme théâtrale et d’auto-promotion étalé aux Grammy n’est pas une exception.

Nous aurions pu nous satisfaire d’ignorer ce grandiose spectacle élitiste, mais nous nous sommes sentis piqués quand la musique s’est arrêtée et que cette déclaration gênante, associée à notre analyse initiale, a été faite : « Il est temps que nous exigions la liberté que ce pays promet… Nous n’avons pas besoin d’alliés, nous avons besoin de complices. »

Nous sommes bien obligés de dire clairement qu’un pays volé n’offre aucune promesse de liberté. C’est le grand mensonge historique de envahisseurs coloniaux dont les promesses de liberté et de démocratie ont été accomplies par le génocide, le pillage et l’esclavage. C’est ce que la ‘liberté’ et la ‘’démocratie’ des colons sur des terres volées implique. À moins que nous n’oubliions que le concept même de la ‘Démocratie’ et de la ‘Représentation’ Américaines ait été détourné, volé et corrompu par ces mêmes psychopathes violents, aux dépens des Autochtones soumis à cette violence et au colonialisme.

Nous voulons qu’il soit parfaitement clair que nous ne demandons rien des dirigeants d’un empire de mensonges construit par et sur des vies volées. Que l’appel à l’action ait été adressé à Biden et non aux gens qui continuent à se soulever et combattre pour la libération souligne le manque de sincérité et d’inspiration, ainsi que les aspirations limitées de la déclaration et du slogan ‘jusqu’à la liberté’. Lancer un tel appel rend tout alignement, sans parler de complicité, impossible. Mais nous ne nous attendons pas à ce qu’une telle nuance puisse venir, sans même parler du niveau de conscience, des Grammy Awards, ou des activistes progressistes, sous les projecteurs d’une scène ou en s’emparant du mégaphone dans la rue. Ceux-là SONT des ‘Alliés’ qui cherchent encore la légitimité dans cette représentation : la mise en scène d’une esthétique militante avec des exigences progressistes, devant un public d’élite, les applaudissements de la foule, puis la vie habituelle continue, pas les actions, pas la conduite ni les positions des Complices, mais plus exactement les actions de traitres, ou, comme disait Malcolm X, de Renards libéraux au service des Loups. Il nous faut un sens de l’histoire et de la nuance pour en comprendre la signification, mais nous sommes assez critiques pour SAVOIR effectivement comment sont réellement nos parents à quatre pattes et fourrure. Nous ne pensons pas qu’ils se choqueraient de l’analogie, après tout, vu qu’ils SONT nos Complices et nous sommes les Leurs.

Ce schéma de pirouette rhétorique et de déformation a toujours été la manière typique dont le complexe industriel à but non-lucratif et l’activisme/progressisme professionnel déguisé en militant, ont détourné et utilisé comme arme Accomplices Not Allies et la plupart des appels à la solidarité radicale contre les mouvements même qu’il prétend soutenir. Ils sont littéralement les gens même qu’Accomplices Not Allies décrit et critique. Nous en avons fait l’expérience dans nos propres luttes et nous en avons été témoin avec le mouvement Black Lives Matter, nous avons été l’auteur de la provocation d’origine pour désigner expressément ce fait. À moins que ce que nous disons maintenant ne soit encore déformé par ces agents pathogènes appelés ‘Alliés’, ou sous d’autres déguisements, nous voulons être clairs, nous soutenons sans équivoque Black Lives Matter dans sa rébellion militante contre la suprématie blanche et la violence d’état. La solidarité des communautés BIPOC [Noirs, Autochtones, Gens de Couleur] est essentielle pour notre lutte collective vers la libération totale. Cependant, la plupart des déclarations de ‘complicité’ (comme certains entrepreneurs du mouvement l’appellent regrettablement) sont des interprétations de l’article d’origine qui en réalité le détourne au profit de la cooptation et de la position contre-insurrectionnelle au service de la continuation absolue du colonialisme, du génocide et de l’esclavage. Dans un monde où les faits de nos vies quotidiennes sont matériellement abjects et visiblement allant de soi, il n’y a rien à interpréter, il n’y a pas d’histoire, pas besoin de suites, c’est ce que nous vivons.

Si vous ne défiez ni n’ébranlez le pouvoir par des actions qui brisent les liens, les lois et l’ordre social qui sont notre condition permanente de génocide colonial, vous n’êtes pas NOTRE complice. Quoique vous soyez certainement le complice de quelqu’un.

Cependant, notre pouvoir est avec le peuple, nos ancêtres et nos terres sacrées.

Nous vous invitons à lire le texte original, à déterminer votre position, à vous impliquer et à agir dans la lutte anticoloniale.

Article original en anglais:
https://www.indigenousaction.org/accomplices-not-allies-abolishing-the-ally-industrial-complex/

Traduction – approximative:
http://www.chrisp.lautre.net/wpblog/?p=2339

 

Article de Tara Houska
Sur Stop the Money Pipeline
8 mars 2021
Traduction Christine Prat (CSIA-Nitassinan)

Il y a actuellement plus de 130 Protecteurs de l’Eau menacés d’accusations criminelles pour avoir protégé le territoire des sables bitumineux de la Ligne 3.

Pendant ce temps, les criminels contre le climat sont libres de continuer à raser au bulldozer les terres sacrées de mon peuple.

Ça fait mal, physiquement, de voir la terre déchirée, de votre notre manoomin (se rapporte au riz sauvage, très important pour les Anishinaabeg) irrémédiablement endommagé par une compagnie qui n’a d’autres préoccupations que le profit. C’est aussi profondément puissant de résister avec ceux qui mettent leurs corps sur la ligne de front pour défendre le territoire.

Depuis des mois, nous avons entrepris des actions directes fermes et constantes pour retarder la construction de la Ligne 3. Dans le froid glacial de l’hiver du Minnesota, les gens ont rampé dans les tuyaux, se sont dressés devant les excavatrices, ont occupé des arbres, ont grimpé sur des échasses, ont retardé la construction par des prières, et se sont enchaînés pour bloquer les bulldozers.

Maintenant, nous vous demandons d’organiser des actions dans vos propres communautés contre les financiers de l’oléoduc toxique Ligne 3

Il y a près de trois semaines, je vous ai écrit à propos du lancement de la campagne #DésinvestissezDeLaLigne3. Depuis, les PDG et les cadres ont reçu 600 000 emails et près de 1500 coups de téléphone, exigeant qu’ils cessent de financer la Ligne 3.

Quand j’ai lancé cette campagne, je vous ai dit que le 31 mars, 18 banques avaient un prêt de 2,2 milliards de dollars fait à Enbridge, qui devait être renouvelé. Cependant, il y a quelques jours, nous avons appris que le prêt du 31 mars avait été annulé. A sa place, les mêmes banques avaient accordé à Enbridge un prêt « de solution durable » de 800 millions de dollars.

C’est du ‘laver plus vert’ de la pire espèce. Donner un prêt de solution durable à Enbridge, c’est comme donner un prêt ‘pour la paix’ à un fabricant d’armes ; c’est comme donner un prêt de ‘santé’ à une firme de cigarettes. Même si Enbridge avait effectivement l’intention de construire quelques panneaux solaires avec cet argent, on ne peut pas éteindre un incendie et verser dessus des millions de barils de sables bitumineux en même temps.

Quand j’ai entendu parler ce nouveau prêt, j’étais écœurée. Depuis des mois, j’ai vu Enbridge déchirer le pays de mon peuple afin de construire un oléoduc qui empoisonnerait notre eau et dégagerait la même quantité de gaz à effet de serre que 50 centrales au charbon.

Des activistes à Minneapolis, Seattle et New York ont déjà commencé à préparer des manifestations dans des succursales des banques qui financent la Ligne 3. Maintenant, nous vous demandons de nous rejoindre et d’organiser une manifestation #DésinvestissezDeLaLigne3 – #DefundLine3 – dans votre communauté. Que vous puissiez organiser une manifestation sécurisée par rapport au COVID avec vos amis, ou si vous avez la possibilité de vous rendre dans une succursale locale et d’y remettre notre pétition @DefundLine3 directement au directeur, nous vous appelons à agir avec nous.

En 2016, quand les Protecteurs de l’Eau faisaient face à la brutalité policière à Standing Rock, tout comme nous le faisons en ce moment même dans le Minnesota, des manifestations #DefundDAPL ont éclaté devant des succursales de banques dans tout le pays. Des millions de dollars ont été retirés de banques qui soutenaient l’oléoduc. Des grandes villes se sont engagées à rompre les liens avec les banques coupables. Maintenant, nous avons besoin de la même énergie pour tenir les banques responsables de financer la Ligne 3.

Nous rejoindrez-vous en organisant des actions dans votre communauté ?

Chase, Bank of America, Citi, TD Bank and Wells Fargo prêtent toujours des milliards à Enbridge afin qu’il puisse construire la Ligne 3. Dans quelques mois, ces banques auront 5,8 milliards de dollars de prêts qui doivent être renouvelés.

Nous n’allons pas laisser faire jusqu’à ce que les banques aient tiré jusqu’au dernier dollar d’Enbridge. Nous n’arrêterons pas de parler d’action directe sur les lignes de front, jusqu’à ce qu’Enbridge renonce à la Ligne 3 et quitte le territoire Anishinaabe défini par Traité. Et nous ne laisseront pas tomber jusqu’à ce que Wall Street commence à financer de vraies solutions pour le climat, pas les astuces pour laver plus vert par des prêts de « solutions durables » accordés à des compagnies de carburants fossiles.

Nous vous prions d’être avec nous dans la solidarité et d’organiser l’action #DésinvestissezDeLaLigne3 dans votre communauté.

Miigwech

Tara Houska, pour Stop the Money Pipeline

~ Tara Houska (Couchiching, Première Nation Anishinaabe) est avocate tribale, fondatrice du Giniw Collective, et ancienne conseillère de Bernie Sanders pour les Affaires Indiennes. Elle a passé six mois sur les lignes de front, pour combattre l’oléoduc Dakota Access, et est actuellement engagée dans le mouvement pour désinvestir des carburants fossiles et combat depuis des années contre l’oléoduc Ligne 3 d’Enbridge. Elle est co-fondatrice de ‘Not Your Mascots’ – Pas Vos Mascottes – un groupe dédié à une représentation positive des peuples Autochtones.

Par le Bastion Apache (Apache Stronghold)
Publié par Censored News
5 mars 2021
Traduction Christine Prat

Contact :
Dr. Wendsler Nosie Sr., Apache Stronghold, apaches4ss@yahoo.com
Michael V. Nixon, J.D., michaelvnixon@yahoo.com

OAK FLAT, Arizona – Cet après-midi, la Cour d’Appel du 9ème Circuit a rejeté l’appel du Bastion Apache, de la décision du 12 février 2021 du Juge Steven Logan, de la Cour de District. La Cour d’Appel a refusé d’accéder à la requête du Bastion Apache par un vote de 2 contre 1, à cause du retrait de dernière minute, par le Service des Forêts, de sa Déclaration Finale d’Impact Environnemental. Avant le retrait, l’abandon d’Oak Flat devait avoir lieu le 11 mars 2021. La Cour d’Appel est tombée dans ce truc du Service des Forêts, bien que le Juge Bumatay ait fait remarquer que « La Cour Suprême ait récemment suggéré que nous n’acquiesçons pas à de telles tactiques. »

Néanmoins, la Cour d’Appel a décidé ainsi parce que « le Gouvernement a aussi déclaré, sous peine de parjure, que le Service de Forêts des Etats-Unis ‘préviendra le Bastion Apache 30 jours à l’avance’ de la publication d’une nouvelle Déclaration Finale d’Impact Environnemental. Cela signifie que le Bastion Apache n’a pas démontré avoir ‘besoin de secours dans les 21 jours, pour éviter des torts irréparables’ à la suite de sa requête d’urgence. »

Mais les magistrats ont ajouté que « de ce fait, un examen des justifications de la requête du Bastion Apache d’une injonction préliminaire – rejetée par la cour de district et actuellement pendante en appel – est prématuré. Nous n’exprimons pas d’opinion sur les justifications. Le calendrier établit préalablement reste en effet. »

« Le Bastion Apache a fait reculer les Etats-Unis sur le bradage de notre Chi’chil Bildagoteel sacré. Cette décision n’était pas inattendue » dit l’ex-Président de la Tribu Apache San Carlos et dirigeant du Bastion Apache, le Dr. Wendsler Nosie Sr. Nous sommes grandement encouragés par le fait que la Cour d’Appel continue d’écouter nos soucis à propos d’un calendrier accéléré s’achevant le 6 mai. Ça n’a été qu’un cauchemar depuis le premier jour. »

« Bien que le rejet de secours urgent soit décevant, il y a de fortes raisons de penser que le Bastion Apache finira par gagner dans cette affaire » dit l’avocat de Becket Law, Luke Goodrich, qui représente le Bastion Apache en appel.

Le Juge de la Cour d’Appel Bumatay a écrit dans la Décision :

« Pour beaucoup de gens, la tradition religieuse et spirituelle fait partie de leurs héritages les plus précieux. Il en va de même pour les Apaches de l’Ouest. Depuis des centaines d’années, ils ont pratiqué leur religion sur un lieu dans la Forêt Nationale de Tonto, en Arizona, qu’ils croient être le site le plus sacré – Oak Flat. …Ce n’est pas une surestimation que de dire qu’Oak Flat est l’élément vital spirituel des Apaches de l’Ouest, ce qui les connecte au Créateur depuis bien avant la fondation de la Nation. …Le Congrès a décidé, en des termes clairs, que le gouvernement ne peut pas imposer un fardeau trop lourd sur l’exercice de la religion, sauf pour une raison impérieuse et par les moyens les plus limités. Voir 42 U.S.C. § 2000bb-1(a). …Ceci est de toute évidence un lourd fardeau sur l’exercice de leur religion, et un que le Gouvernement n’a pas essayé de justifier. Et les promesses du Gouvernement de délai de la onzième heure, et la consultation des Apaches de l’Ouest ne suffisent pas pour apaiser la menace de tort irréparable. La loi permet aux Apaches de l’Ouest plus que des promesses. …Le Bastion Apache a établi une forte vraisemblance de succès sur la validité de ses arguments. » …

Le Juge Bumatay a ajouté,

« Le Juge Gorsuch écrivit qu’il est question d’un fardeau trop lourd quand le gouvernement « empêche le plaignant de participer à une activité motivée par une croyance religieuse sincère. » …Dans cet esprit, ce n’est pas une affaire difficile. …Les activités minières de Resolution Copper ne feront pas qu’exclure les Apaches de l’Ouest temporairement d’Oak Flat, ou seulement d’y interrompre l’exercice de leur foi. Mais Resolution Copper va transformer Oak Flat en un cratère de 3,6 km de large et de plus de 300 m de profondeurs. …La pratique de la religion des Apaches de l’Ouest à Oak Flat ne sera pas seulement rendue plus difficile – elle sera oblitérée. Tout simplement, le transfert du terrain rendra l’essentiel des pratiques religieuses des Apaches de l’Ouest impossibles, et leur méthode fondamentale de faire l’expérience du divin non-existante. …Notre Constitution et nos lois ont rendu la protection de la liberté religieuse fondamentale. Le Bastion Apache a clairement établi que l’exercice de la religion des Apaches de l’Ouest sera lourdement touché par les actions du Gouvernement ici. »

« L’intervention de dernière minute du Gouvernement des Etats-Unis dans ses sales affaires à Oak Flat n’a fait que mettre une pause temporaire à l’appel urgent devant la Cour du 9ème Circuit » dit l’avocat du Bastion Apache Michael Nixon. « Tandis que le Gouvernement est remanié, nous espérons un accord plus juste en justice, pour la liberté religieuse des Apaches, et pour leurs droits selon le Traité de 1852 sur la terre d’Oak Flat. »

Notez que le Lis Pendens du Bastion Apache sur le titre de propriété d’Oak Flat au Tribunal du Comté de Pinal, à Florence, est toujours en effet.

Photos prises par le photographe Shoshone Carl Bad Bear Sampson, le 3 mars 2021 sur le lieu ou une firme canadienne veut ouvrir une énorme mine à ciel ouvert.

Article de ©Brenda Norrell
Photos ©Carl Samson
Censored News
6 mars 2021
Traduction Christine Prat

C’est le côté obscur des piles et batteries au lithium utilisées dans les véhicules électriques, les laptops et les téléphones portables.

Des compagnies des Etats-Unis sont poursuivies pour les décès d’enfants travaillant dans des mines de cobalt au Congo, suite à la demande de cobalt pour les batteries au lithium.

Maintenant, une compagnie canadienne projette d’ouvrir une mine de lithium au Col de Thacker, dans le Nevada, un site encore naturel. En plus des destructions causées par les mines à ciel ouvert, l’extraction de lithium exige d’énormes quantités d’eau.

Il y a cinq ans, Amnesty International a dénoncé les firmes technologiques qui utilisent des enfants à partir de sept ans pour extraire du cobalt pour les batteries à lithium-ion, utilisées dans les téléphones portables et autres machines électroniques.

Après que des enfants aient été tués ou mutilés dans les mines de cobalt du Congo, une plainte a été déposée contre Tesla, Google, Apple, Dell et Microsoft.

Article ©Brenda Norrell, photos ©Carl Sampson

Cliquer sur la carte pour la voir lisible

Par Indigenous Action Media
28 février 2021
Publié le 4 mars
Traduction Christine Prat

Les flics Visent et Arrêtent une Personne

Kinłani Occupé (prétendument « Flagstaff, AZ ») – Le 28 février 2021, plus de cent personnes se sont rassemblées sur Heritage Square, puis ont défilé dans le centre-ville, pour réagir à la violence policière perpétuelle contre les SDF membres de la communauté Autochtones. Immédiatement après la manif, un individu a été arrêté et accusé d’« agression grave. »

La manifestation avait été organisée par des Autochtones et leurs complices, après qu’un Autochtone SDF ait été brutalement attaqué par la Police de Flagstaff, début février. Les manifestants ont également condamné la faillite totale des politiciens de Flagstaff, en ce qui concerne la protection des Autochtones SDF, avant et pendant la pandémie. À côté du harcèlement policier quotidien et des rapports habituels de violence, nos parents SDF ont été confrontés aux abris gérés en dépit du bon sens et discriminatoires, et ont été abandonnés à des températures en dessous de 0 et un risque accru d’être contaminés par le coronavirus.

Plus de cent personnes se sont rassemblées sur la Place, où 11 policiers et une unité tactique sur un toit, étaient visibles.

En solidarité avec nos parents SDF, des participants avaient monté, avant la manif, des tables avec des fournitures, entre autres des blousons, des gants et des bonnets, en prévision de températures extrêmes.

Les gens du rassemblement pouvaient aussi utiliser ces vêtements afin de préserver leur anonymat face à l’hypersurveillance du Service de Police de Flagstaff (FPD), qui impliquait des agents infiltrés. Tout le monde respectait les mesures anti-COVID, en portant des masques et respectant la distance. Des snacks, des bouteilles d’eau, des masques, des moufles et du gel hydroalcoolique étaient distribués. Des tracts indiquant « Connaissez vos droits » et des informations sur le soutien en prison ont également été distribués et l’attention des participants a été attirée sur ceux d’entre eux qui étaient médecins de rue et observateurs légaux.

Les participants ont présenté des statistiques sur le racisme et la violence du FPD [Flagstaff Police Department]. Par exemple, du 1er janvier 2015 au 31 juillet 2020, 60% des arrestations du FPD à ‘Flagstaff’ visaient des Autochtones – 7,8 plus que si le taux d’arrestations n’était pas fondé sur les races – les hommes Autochtones constituant près de la moitié (46,4%) de toutes les arrestations.

Cette politique clairement raciste s’exerce dans une ville où la police fait face à très peu de danger. En 2019, il n’y avait que 2,6 graves crimes violents (« catégorie I) par policier à Flagstaff, et seulement 3,5% des arrestations effectuées par le FPD du 1er janvier 2015 au 31 juillet 2020 étaient faites pour des crimes violents.

En fait, le FPD est le plus prolifique en meurtriers dans la soi-disant Flagstaff. Les homicides commis par la police représentaient 36,4% de tous les homicides de Flagstaff de 2015 à 2019, les policiers du FPD tirant et tuant à un taux 6 fois supérieurs à la moyenne nationale.

Ces statistiques exigent de poser la question de savoir ce que fait exactement le FPD avec son budget annuel de 25 millions de dollars.

Supprimer les revenus de la police permettrait de fonder des ressources et des infrastructures alternatives.

Par exemple, réallouer 3% du budget du FPD permettrait d’héberger tous les SDF de soi-disant Flagstaff, une ville notoire pour sa cruauté envers nos parents Autochtones SDF. Près de la moitié des SDF de « Flagstaff » sont Autochtones, alors que seulement 7,7% de la population de la ville est Autochtone. De plus, des Autochtones étaient visés par 88% des arrestations dues à la criminalisation du fait d’être SDF. Résultat, Flagstaff a été citée comme l’une des 10 villes les pires des soi-disant Etats-Unis pour les SDF.

Puis, les participants au rassemblement ont informé les spectateurs d’un avertissement de la force excessive employée par l’officier de police Nick Rubey, qui a toute une histoire de violence envers les SDF Autochtones, entre autres une tentative de meurtre contre Matt Dearing en 2019.

Les participants ont ensuite projeté une vidéo d’une caméra-piétonne rendue publique par le FPD avec du texte et des interruptions de la vidéo, pour décrire ce qui se passe et l’horreur avec laquelle un de nos parents a été traité par les officiers de police Nick Rubey (badge #8) et Tyler Davids (badge #4).

La vidéo projetée pendant la manifestation:

Horrifiés par ce que la foule venait de voir, des expériences furent alors partagées par des parents SDF qui parlaient de traitements du même genre, et exigeaient la révocation de l’ordonnance anti-camping de la ville, étant donné que ça donne essentiellement aux flics le droit de harceler et de viser les SDF pour le simple fait de dormir ou de « se rassembler ». À ce moment, la foule était prête à défiler.

80 à 90 personnes ont alors défilé dans les rues, troublant l’activité habituelle du Samedi soir de soi-disant Flagstaff. Le groupe était conduit tactiquement par des banderoles placées à des endroits stratégiques, qui offraient une couverture et la sécurité. Certaines banderoles disaient : « Rendez nos terres » et « Des Logements, pas de Menottes. » La police courait pour suivre, et luttait pour dépasser la foule. Il a été remarqué que les officiers de police se tenant sur les côtés de la marche, essayaient d’identifier ceux qu’ils présumaient être des meneurs. La sécurité a agi rapidement pour détecter ceux qui avaient été profilés par la police raciste.

L’énergie de la foule, enhardie par la vidéo de la brutalité policière, était collective et batailleuse, quand le groupe a emprunté la fameuse Route 66. Le mouvement de la foule a bloqué la circulation de plusieurs rues et sa taille a permis de prendre plusieurs voies en même temps, et d’occuper de nombreux carrefours dans tout le centre-ville. À un moment, les manifestants scandaient : « Sortez de chez vous et descendez dans les rues », et des complices sont sortis de chez eux et rejoint l’action. Des complices de villes voisines ont voyagé jusqu’à Kinłani pour exprimer leur solidarité, escortés par des parapluies noirs et des pancartes disant « ACAB » et « Abolition Now ! »

Quand la foule s’est mêlée à la zone très animée du centre, les gens ont montré encore plus de soutien. À un moment, en traversant un croisement, un véhicule qui passait s’est mis à jouer à fond « Fuck The Police » de N.W.A. Pendant toute la manifestation, les manifestants ont exprimé leur solidarité avec les Noirs en scandant « Black Lives Matter » et « Mains en l’air, ne tirez-pas », vu que les Noirs et les Autochtones sont les plus susceptibles de mourir entre les mains des flics. En fait, plus de 40% des homicides à « Flagstaff » sont le fait des mains ensanglantées de la police.

Après s’être renforcée pendant près de deux heures, la marche a formé un cercle à un grand carrefour. Les participants ont fait circuler de l’eau, des gants et d’autres produits de soin, en scandant « Nous nous assurons de notre sécurité », qui a résonné dans toute la ville. On a fait passer un micro, pour permettre aux gens de raconter leurs expériences de brutalité policière de la part de la police de « Flagstaff ». Des histoires de futurs abolitionnistes et de libération de la communauté, ont encouragé les gens à identifier la direction Autochtones et les efforts de résistance et à montrer des compétences plus précises.

La marche a culminé en un rassemblement à Wheeler Park, où la communauté est restée le thème central. Des manifestants locaux et de l’extérieur de la ville ont discuté de projets pour former des réseaux complices dans tout le soi-disant Arizona. Nos parents SDF ont raconté comment ils partageaient leurs ressources limitées avec d’autres dans la rue, montrant par là la vérité du slogan « Nous nous assurons de notre sécurité ». Pendant ce temps, les flics intensifiaient leur harcèlement, encerclant le groupe en plus grand nombre. Ayant en tête la violence des flics, et une conscience subtile de l’infiltration secrète, le groupe a décidé collectivement de se disperser. Avant de se séparer, on a rappelé aux participants leurs droits et on leur a conseillé d’avoir recours au système mutuel. Des escortes ont été organisées pour garantir la sécurité des gens. Presque tous les participants ont pu rentrer chez eux.

Après avoir quitté Wheeler Park, des participants ont organisé des transports sécurisés pour nos parents SDF, vers des hôtels ou d’autres lieux où ils choisissaient de se rendre.

Quelques participants marchaient avec des parents SDF pour organiser des transports quand deux voitures de police se collèrent à leur gauche, et deux à leur droite, l’une étant un véhicule banalisé. Des agents de police sautèrent de véhicules à peine arrêtés et attaquèrent un individu dans le groupe. Un petit groupe de participants accourut vers la police pour perturber l’arrestation. La police a tout de même arrêté le participant pour « attaque aggravée ». Des participants ont filmé l’échange et hurlé contre la police.

L’équipe réagit rapidement à l’arrestation en trouvant du soutien légal et aux prisonniers. La trajectoire de l’arrestation a été suivie toute la nuit, et neuf soutiens se sont rassemblés au matin pour exprimer leur solidarité lors de la libération du membre visé.

Le fait que des organisateurs soient ciblés en rentrant chez eux, loin de la vue du public, n’est ni un fait isolé ni une coïncidence. C’est une tactique utilisée à répétition par la police de Flagstaff, et son but est de terroriser et d’isoler les membres visés, devenus vulnérables sans le soutien d’une foule d’une centaine de personnes. Ça permet aussi à la police de Flagstaff de ne pas toucher de personne publique par rapport à la surveillance des manifestations et de l’action directe. La réalité étant que la police traite le moment suivant l’action comme une chasse aux sorcières, en utilisant la police en civil et l’hypersurveillance, sous la forme de traque et d’intimidation des organisateurs Autochtones sur une base quotidienne.

La Police de Flagstaff a toute une histoire de viser toujours les mêmes organisateurs Autochtones dans le nord de l’Arizona, pour tenter d’écraser la construction d’un mouvement et les appels à l’action. Pour ceux qui ne se rendent pas compte, l’exposition systématique au système répressif n’est pas seulement épuisante moralement, mais ça épuise aussi les ressources et les soutiens de la communauté, et peut conduire à de nombreuses incarcérations, vu que les organisateurs du mouvement continuent d’être hyper-criminalisés par un état qui souhaite maintenir le statu quo de la violence.

Ces stratégies armées par l’état pour réprimer les voix Autochtones ne réussiront jamais parce que la Résistance Autochtone est continuelle et ne sera jamais obsolète sur des terres occupées par des porcs sauvages suprématistes blancs. Restez vigilant.